Question écrite n° 45345 :
sécurité des biens et des personnes

12e Législature

Question de : M. Yvan Lachaud
Gard (1re circonscription) - Union pour la Démocratie Française

M. Yvan Lachaud appelle l'attention de M. le ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur la recrudescence de la violence dans les stades et lors de manifestations sportives. Il évoque non tant la violence survenant lors d'une compétition que les actes de vandalisme et les agressions perpétrés par une minorité de jeunes extérieurs aux associations sportives. Ces agissements, qui se nourrissent d'un sentiment d'impunité, ont fait naître une insécurité latente qui affecte la vie associative locale et décourage le bénévolat. De fait, 91 % des mineurs auteurs de délits peu graves et 85 % de ceux qui commettent des délits graves n'ont jamais été détectés par la police. Ils ne sont malheureusement pas le propre des banlieues et des grandes cités urbaines. Ces actes de violence sont inadmissibles car ils constituent non seulement des infractions aux lois mais aussi une atteinte aux valeurs et à l'éthique sportives. Certes, le ministère de la jeunesse et des sports a pris l'initiative d'un renforcement de l'arsenal législatif. En particulier dans la loi n° 98-146 du 6 mars 1998 qui permet que les individus utilisant le sport pour manifester leur violence et leur rejet des autres soient condamnés par la justice et interdits d'accès aux stades. De même avec la Commission nationale de prévention et de lutte contre la violence dans le sport créée conjointement avec le ministère de l'intérieur. Il n'empêche. Ces mesures visent avant tout la violence dans le sport. Le problème dont il est question ici a trait à la violence autour du sport, les activités sportives devenant à la fois le prétexte et l'objet de manifestations de violence. Devant un tel phénomène, tant les dirigeants associatifs que les élus locaux ? le Gouvernement entend prendre dans ce domaine pour appuyer les collectivités locales et les associations dans leur mission, et permettre ainsi au sport de demeurer un vecteur d'intégration et d'épanouissement.

Réponse publiée le 28 décembre 2004

Afin d'assurer un meilleur contrôle de la sécurité des manifestations sportives, la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure a renforcé la législation préexistante, en complément de l'article 42-11 de la loi n° 84-610 du 16 juillet 1984 modifiée relative à l'organisation et à la promotion des activités physiques et sportives. Aux termes de ces nouvelles dispositions, le préfet de département peut communiquer aux fédérations sportives et aux associations de supporteurs agréées par le ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative (MJSVA), au titre de l'article 42-13 de la loi du 16 juillet 1984 susmentionnée, l'identité des personnes condamnées à la peine complémentaire d'interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule une manifestation sportive. La mise en oeuvre de ce dispositif est subordonnée à l'intervention d'un décret en Conseil d'État, actuellement en cours d'élaboration. Le projet de texte préparé conjointement par le ministère de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales et le ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative a été validé le 14 septembre 2004 au Conseil national des activités physiques et sportives (CNAPS), au sein duquel le mouvement sportif est largement représenté. Outre ces dispositions relatives à la sécurité des manifestations sportives, le MJSVA accompagne et soutient financièrement de nombreuses actions menées sur le territoire en matière de sensibilisation aux valeurs du sport, en particulier par les fédérations sportives et les associations locales, qu'il s'agisse de projets spécifiques, d'actions conduites en matière d'arbitrage ou de formation de l'encadrement. Enfin, l'opération « Solidar'été », initiée cet été par le ministère auprès de jeunes qui ne bénéficiaient pas de vacances (plus de 4 300 jeunes concernés), a permis la pratique d'activités sportives et culturelles au sein des établissements du ministère, dans des conditions exploitant au maximum les potentialités et les valeurs du sport. Ce dispositif sera reconduit et amplifié en 2005. Pour mener à bien cette politique prioritaire en matière de prévention de la violence et de lutte contre les incivilités, le MJSVA s'appuie sur son réseau de référents « Fonctions sociale et éducative du sport (FSES) », désignés au sein de chaque direction régionale et direction départementale ainsi que sur le pôle « Ressources nationales FSES » créé en fin d'année 2003 et implanté au CREPS de Reims.

Données clés

Auteur : M. Yvan Lachaud

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité publique

Ministère interrogé : jeunesse et sports

Ministère répondant : jeunesse et sports

Dates :
Question publiée le 3 août 2004
Réponse publiée le 28 décembre 2004

partager