Russie et Estonie
Question de :
Mme Chantal Robin-Rodrigo
Hautes-Pyrénées (2e circonscription) - Socialiste
Un certain parfum de « paix froide » entre l'Estonie et la Russie se fait ressentir depuis peu. En effet, Moscou refuse de reconnaître la frontière avec son ex-satellite, ce que regrette vivement le gouvernement estonien. À l'origine du « niet » russe, la mention ajoutée dans le préambule par les Estoniens de l'« agression » soviétique dont leur pays a été victime et de son « incorporation illégale » à l'URSS au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant conclu après près de dix ans de tractations, l'accord avait été salué en Europe comme un premier pas vers une réconciliation. La situation paraît actuellement bloqué, et le gouvernement russe a déclaré qu'il fallait recommencer les négociations. En face, l'Estonie estime être dans son bon droit en mettant entre parenthèses la République soviétique de l'après-guerre et en revendiquant la continuité historique avec l'État estonien de 1918. Elle a même fait un geste en évitant le terme « occupation » qui avait provoqué une polémique lors du soixantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis mai 2004, l'Estonie est membre de l'Union européenne. Ses frontières avec la Russie sont aussi désormais celles de l'Union, qui veut mener une politique de rapprochement avec Moscou. Un tel incident est donc particulièrement inquiétant, d'autant qu'un troisième traité (entre la Lettonie et la Russie) reste dans les limbes, les deux pays ayant des relations difficiles à propos du traitement de la minorité russophone. Compte tenu de cette situation, Mme Chantal Robin-Rodrigo demande à Mme la ministre déléguée aux affaires européennes de lui indiquer la position et les intention du Gouvernement au sujet de ce dossier.
Réponse publiée le 7 février 2006
L'Union européenne a toujours souligné l'importance qu'elle attachait à la signature et à la ratification des accords frontaliers entre la Russie et l'Estonie, d'une part, la Lettonie, d'autre part. Cette préoccupation a pris un relief particulier depuis l'adhésion de ces deux États à l'Union européenne en mai 2004. C'est pourquoi elle fondait beaucoup d'espoir dans la signature du traité frontalier entre la Russie et l'Estonie intervenue le 18 mai dernier à Moscou. Elle regrette les difficultés récentes qui ont fait obstacle à l'aboutissement à la conclusion des traités frontaliers avec la Lettonie et avec l'Estonie. La France, qui souhaite promouvoir une relation stable et confiante entre l'UE et la Russie, appelle de ses voeux la poursuite du dialogue afin de parvenir à une solution satisfaisante pour toutes les parties.
Auteur : Mme Chantal Robin-Rodrigo
Type de question : Question écrite
Rubrique : Relations internationales
Ministère interrogé : affaires européennes
Ministère répondant : affaires européennes
Dates :
Question publiée le 19 juillet 2005
Réponse publiée le 7 février 2006