Question écrite n° 70533 :
politique de l'emploi

12e Législature

Question de : Mme Chantal Robin-Rodrigo
Hautes-Pyrénées (2e circonscription) - Socialiste

La France privilégie le secteur industriel, moins créateur d'emplois. En effet, notre pays résiste sur ce plan par rapport à la tendance qui se fait jour au sein des pays industrialisés, mais son image se dégrade auprès des investisseurs étrangers. En 2004, la France a conservé sa deuxième place en Europe, derrière le Royaume-Uni, pour le nombre d'implantations internationales. Ces investissements sont réalisés essentiellement dans le secteur industriel, où l'Hexagone détient la place de numéro un en Europe pour les unités de fabrication et de logistique. Avec une conséquence : ils génèrent deux fois moins d'emplois que la moyenne européenne (cinquante et un par implantation en moyenne, contre cent treize en Europe), le secteur tertiaire étant beaucoup plus gourmand en main-d'oeuvre. La France vient, par exemple, de se faire doubler par la Pologne en terme d'emplois créés par les implantations internationales (22 546 contre 21 858). Par ailleurs, le Gouvernement, parle, lui, de la nécessité de constituer « un pôle industriel » français. Les récentes décisions prises par ce dernier vont toutes dans le même sens : le lancement d'un appel d'offres pour les « pôles de compétitivité » vise à instituer des partenariats public-privé sur des domaines d'excellence et la création de l'agence pour le financement des infrastructures de transport a pour objectif de relancer les grands travaux. Autant d'initiatives qui tendent à renforcer les domaines où la France apparaît déjà comme compétitive. Un choix qui affiche une « cohérence de surface », mais qui ne sera assurément pas efficace à court et moyen terme en termes de créations d'emplois, un objectif affiché pourtant comme prioritaire par le Gouvernement. Compte tenu de cette tendance, Mme Chantal Robin-Rodrigo demande à M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie de lui indiquer les mesures urgentes et correctives qu'il compte prendre au sujet de ce dossier

Réponse publiée le 18 octobre 2005

Le Gouvernement mène une politique industrielle qui vise à maintenir et créer des emplois. En effet, le rapport de MM. Fontagné et Lorenzi (conseil d'analyse économique) montre que notre industrie gagnerait à investir plus dans la recherche et développement afin d'améliorer son positionnement de gamme face à ses concurrents. Le rapport met aussi en évidence un transfert de main d'oeuvre du secteur de l'industrie vers le secteur des services, du fait de l'organisation des entreprises lorsque les entreprises industrielles externalisent certains emplois, statistiquement ceux-ci réduisent l'emploi industriel et augmentent l'emploi dans les services quand la situation globale est identique. En encourageant l'effort de R&D des entreprises principalement industrielles (mais pas exclusivement), le Gouvernement maintient et développe donc non seulement l'emploi industriel mais l'emploi dans les services aux entreprises. Par ailleurs, le Gouvernement se préoccupe également de développer l'ensemble des activités offrant des gisements d'emplois, notamment les activités de services aux particuliers. Tel est notamment l'objet du plan d'urgence pour l'emploi mis en place par les ordonnances du 2 août 2005, destiné dans l'ensemble de ses volets à soutenir les créations d'emplois dans les très petites entreprises et à faciliter leur développement. Récemment, la loi n° 2005-882 du 2 août 2005 (publiée au Journalofficiel du 3 août 2005) en faveur des petites et moyennes entreprises a créé de nouvelles conditions pour assurer la pérennité et la transmission de ces entreprises aux fins d'y préserver les savoir-faire (tutorat, prime à la transmission d'entreprise). Plus spécifiquement, la loi n° 2005-841 du 26 juillet 2005 relative au développement des services à la personne entend mettre en oeuvre des mesures en ce sens, notamment par la création du chèque emploi service universel, et de celle de l'Agence nationale des services à la personne. Le volet cohésion sociale greffé à ce texte procède quant à lui à un ajustement de certaines dispositions de la loi de cohésion sociale du 18 janvier 2005, plus précisément le contrat d'avenir, le contrat d'insertion-revenu minimum d'activité et l'apprentissage. L'objectif de cette loi est la création de 500 000 emplois au cours des trois prochaines années.

Données clés

Auteur : Mme Chantal Robin-Rodrigo

Type de question : Question écrite

Rubrique : Emploi

Ministère interrogé : économie

Ministère répondant : économie

Dates :
Question publiée le 19 juillet 2005
Réponse publiée le 18 octobre 2005

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