climatologie et océanographie
Question de :
Mme Marcelle Ramonet
Finistère (1re circonscription) - Union pour un Mouvement Populaire
Mme Marcelle Ramonet appelle l'attention de M. le ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche sur la coopération franco-allemande en matière de recherche. Ainsi des actions en matière de recherche sur les changements climatiques et sur la biologie marine ont été annoncées par les ministres des deux États dans ces domaines le 7 juillet 2005, lors des entretiens bilatéraux. Elle souhaite connaître les mesures arrêtées.
Réponse publiée le 1er novembre 2005
Les conclusions des différents groupes de travail qui se sont réunis lors du 2e forum franco-allemand à Postdam, les 6 et 7 juillet 2005, sont en cours de rédaction. Sans attendre leur publication, les réponses suivantes peuvent être apportées. Les ministres ont tout d'abord encouragé le renforcement de la collaboration dans le domaine de la recherche océanographique entre l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER) et l'Alfred Wegener Institute (AWI). De longue date, la France et l'Allemagne ont été attentives aux recherches menées dans le domaine marin et à leurs applications (biotechnologie, énergie, climat...). Cet intérêt commun s'est concrétisé depuis une vingtaine d'années par le développement d'une collaboration exemplaire entre l'IFREMER et l'AWI, campagnes communes ou mutualisation d'innovations technologiques, logicielles ou sous-marines. Lors du forum franco-allemand de Potsdam, les deux ministres ont souhaité formaliser, dans le domaine des technologies marines, cette collaboration qui a démontré son efficacité et sa vitalité, par la création d'un département commun pour la conception, le développement et la mise en oeuvre d'engins téléopérés d'exploration et de surveillance, ainsi que de capteurs sous-marins originaux. De tels équipements sont notamment nécessaires pour assurer la surveillance, dans un cadre international, des risques d'origine naturelle ou anthropique (notamment lors de l'exploitation des énergies fossiles en mer profonde par exemple). Par ailleurs, le forum a mis en évidence de bons exemples de contributions communes des instituts français et allemands de recherche océanographiques dans les projets européens, ainsi que les premiers modèles de coopération maritime interrégionale franco-allemande (par exemple, la Bretagne et le Schleswig-Holstein). Sur la base des collaborations actuelles, la France et l'Allemagne pourraient constituer le coeur de la création d'un réseau d'observatoires de l'Océan Long Terme pour la recherche scientifique sur les risques naturels, le changement climatique, les écosystèmes profonds. Ces défis technologiques majeurs nécessitent le développement de nouveaux capteurs de véhicules sous-marins et de protocoles de transmission de données. Les recherches nationales en Europe concernant ces observatoires méritent d'être mises en réseau communautaire. Des projets prometteurs, à l'instar du système d'alerte basé sur les principes bioniques contre la capture accidentelle de mammifères marins « dolphin warning », ont été identifiés. Ces coopérations seront enfin renforcées par la participation plus importante d'industriels, à travers des séminaires franco-allemands, notamment dans le domaine des technologies « sous-marins et offshore ». Dans le domaine des actions sur le changement climatique, la réduction de l'effet des transports sur les émissions de CO2 fait partie des objectifs prioritaires de la coopération bilatérale DEUFRAKO, impliquant la participation du programme français PREDIT. En ce qui concerne les recherches phénoménologiques, deux thématiques de coopération ont été identifiées : la coopération avec des pays tiers, comme sur les questions concernant la mousson en Afrique de l'Ouest dans le cadre du projet européen d'analyse multidisciplinaire de la mousson africaine (AMMA) ; l'étude des possibilités d'une collaboration sur la modélisation des changements climatiques par un réseau de centres de calcul intensif ; la poursuite de la collaboration au Spitzberg (Arctique), sur une plate-forme commune gérée par l'Institut polaire français Paul-Emile-Victor (IPEV) et l'AWI, qui a été établie pour l'étude de l'atmosphère et du changement climatique.
Auteur : Mme Marcelle Ramonet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Recherche
Ministère interrogé : enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : enseignement supérieur et recherche
Dates :
Question publiée le 16 août 2005
Réponse publiée le 1er novembre 2005