Question écrite n° 79109 :
Azerbaïdjan

12e Législature

Question de : Mme Chantal Robin-Rodrigo
Hautes-Pyrénées (2e circonscription) - Socialiste

Les observateurs européens ont dénoncé dernièrement les élections législatives azerbaïdjanaises « non conformes » aux normes internationales, alors que l'opposition, évoquant des fraudes massives, a engagé un bras de fer avec le pouvoir en annonçant des manifestations pour faire annuler le scrutin. Les résultats préliminaires du vote ont donné une victoire écrasante au parti du président Ilham Aliev. Après dépouillement de la moitié des bulletins déposés dans les urnes dimanche, le Yeni Azerbaïdjan (Nouvel Azerbaïdjan, YAP), a remporté 64 sièges, soit plus de la moitié des 125 sièges de l'assemblée, a annoncé la commission électorale centrale. Le président de la principale coalition de l'opposition Azadliq (Liberté), Panakh Gousseïnov, a dénoncé les élections comme étant « les plus frauduleuses de toute l'histoire de l'Azerbaïdjan », en promettant une révolution « à l'ukrainienne ». En réponse, le pouvoir azerbaïdjanais a assuré qu'il ne tolérerait aucun trouble et resterait très ferme, mais n'a toutefois pas intérêt à aller à la confrontation, et pourrait faire quelques gestes pour apaiser les tensions. Mais rien n'est moins sûr. Compte tenu de cette situation troublée au sein d'une des régions les plus sensibles du monde, Mme Chantal Robin-Rodrigo demande à M. le ministre des affaires étrangères de lui indiquer la position et les intentions du Gouvernement au sujet de ce dossier.

Réponse publiée le 7 février 2006

La France avait envoyé des observateurs dans le cadre de la mission internationale d'observation des élections en Azerbaïdjan, organisée sous l'égide du bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE. Elle a par conséquent fait siennes les conclusions du rapport intérimaire de cette mission, qui soulignaient les quelques progrès accomplis par rapport aux scrutins précédents (en particulier concernant l'enregistrement des candidats, l'encrage des doigts des électeurs et l'observation des opérations de vote par les ONG), mais concluait que, du fait des nombreuses irrégularités constatées durant la campagne et le jour du scrutin, l'Azerbaïdjan avait laissé passer l'occasion de faire la preuve de son attachement aux normes démocratiques. Dans sa déclaration du 7 novembre 2005, la présidence en exercice de l'Union européenne a, au nom de l'ensemble des États membres, exprimé sa préoccupation concernant le déroulement de la campagne et du scrutin, et appelé les autorités azerbaïdjanaises à instruire les plaintes déposées à cette occasion avec la plus grande diligence et à sanctionner les responsables des fraudes. Nous avons pris note de l'annulation des résultats du scrutin dans une dizaine de circonscriptions, qui devront tenir de nouvelles élections le 13 mai prochain. La France suivra attentivement le déroulement de ces élections partielles, ainsi que les suites qui seront données aux plaintes portant sur le scrutin du 6 novembre. Elle saisira chaque occasion, dans son dialogue bilatéral avec l'Azerbaïdjan et au sein des enceintes internationales appropriées (OSCE et Conseil de l'Europe notamment), de réitérer ses appels à la construction d'un État de droit démocratique et respectueux de la liberté d'expression et de rassemblement en Azerbaïdjan.

Données clés

Auteur : Mme Chantal Robin-Rodrigo

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Dates :
Question publiée le 29 novembre 2005
Réponse publiée le 7 février 2006

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