Question écrite n° 95456 :
Chine

12e Législature

Question de : Mme Marcelle Ramonet
Finistère (1re circonscription) - Union pour un Mouvement Populaire

Mme Marcelle Ramonet appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur le protocole de coopération signé entre les gouvernements français et chinois dans le domaine agricole. Ainsi face à une crise de son agriculture qui pèse encore 15 % du PIB et fournit 40 % des emplois en Chine, le gouvernement de ce pays a sollicité l'aide de la France. Elle souhaite connaître, outre les contours de l'accord, les espoirs en termes de débouchés escomptés pour notre pays. Elle lui rappelle d'ailleurs que la Chine figure parmi les douze pays prioritaires pour notre industrie agroalimentaire.

Réponse publiée le 26 septembre 2006

À l'occasion de la visite officielle en France du vice-premier ministre chinois, Monsieur Hui Liang Yu, les gouvernements français et chinois ont signé une déclaration conjointe sur la coopération agricole. La Chine est aujourd'hui le 10e importateur mondial de produits agricoles et alimentaires (17,9 milliards d'euros). La part de marché de l'UE est de 6,2 %. Bien que représentant plus du tiers des exportations de l'UE, le niveau de nos exportations (286 millions d'euros) apparaît cependant modeste au regard du potentiel de ce marché. En effet, l'agriculture chinoise doit nourrir 21 % de la population mondiale sur 9 % de la surface agricole et seulement 6,5 % des ressources en eau de la planète. Aussi, en même temps que la Chine deviendra un marché plus ouvert, elle deviendra également un compétiteur pour différents produits à forte intensité de main-d'oeuvre. Ces considérations conduisent, dans une vision à moyen terme, à renforcer nos échanges professionnels, techniques, scientifiques et commerciaux avec la Chine : pour lever les barrières techniques ou commerciales qui entravent nos exportations vers ce pays ; pour établir une réciprocité réelle en matière d'échanges de chercheurs et de respect de la propriété intellectuelle ; pour développer des partenariats mutuellement avantageux dans les filières où les opérateurs français ont acquis une notoriété mondiale : les productions viticoles, le secteur laitier ou de la viande ou la gestion forestière durable. Deux domaines de coopération doivent être mis en avant : 1. Celui des filières, source d'efficacité pour l'ensemble de l'agriculture. Étant entendu que le système français n'est pas transposable immédiatement dans le contexte chinois, la déclaration conjointe a cependant retenu le principe d'accentuer la coopération sur les questions d'organisation de la production, notamment sous leurs formes coopératives ; 2. La Chine, qui a besoin de relever la productivité de son secteur céréalier, a souhaité développer avec la France une coopération dans le domaine de la production, de la transformation et de l'amélioration variétale du blé ; en complément de la déclaration conjointe a donc été signé un protocole bilatéral pour la mise en place d'un centre pilote dédié à la recherche fondamentale et appliquée sur le blé. Outre les travaux communs sur l'amélioration variétale, ce centre doit également constituer le laboratoire technologique pour l'utilisation du blé (produit localement ou importé) dans des produits alimentaires adaptés aux habitudes alimentaires chinoises. La coopération avec la Chine dans le secteur agricole et alimentaire est un investissement d'avenir, mais de long terme, dont l'efficacité reposera sur la mobilisation durable et vigilante de l'ensemble des opérateurs concernés. Afin de définir les priorités de cette coopération et d'en assurer le suivi, un comité mixte agricole franco-chinois a été mis en place. Il se réunit une fois par an sous la présidence conjointe des ministres français et chinois de l'agriculture. La prochaine session devrait avoir lieu à Pékin avant la fin de l'année.

Données clés

Auteur : Mme Marcelle Ramonet

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique extérieure

Ministère interrogé : agriculture et pêche

Ministère répondant : agriculture et pêche

Dates :
Question publiée le 30 mai 2006
Réponse publiée le 26 septembre 2006

partager