Question au Gouvernement n° 295 :
sécurité des biens et des personnes

12e Législature

Question de : M. Ghislain Bray
Seine-et-Marne (4e circonscription) - Union pour un Mouvement Populaire

Question posée en séance, et publiée le 15 janvier 2003

POLITIQUE DE SÉCURITÉ

M. le président. La parole est à M. Ghislain Bray, pour le groupe UMP.
M. Ghislain Bray. Monsieur le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, pendant de trop longues années, vos prédécesseurs ont traité par le défaitisme et le mépris les questions liées à l'augmentation de la délinquance. Pendant de trop longues années, ils ont cherché à nous expliquer que la société était par essence violente, que l'on n'y pouvait pas grand-chose et que, après tout, les Français exagéraient et se complaisaient dans ce qu'ils avaient baptisé le « sentiment d'insécurité ». Aujourd'hui, les résultats que vous commencez à obtenir prouvent de manière incontestable que les socialistes avaient tort !
M. Richard Mallié. Eh oui !
M. Ghislain Bray. En effet, grâce à la politique résolue que nous avons menée ensemble, le nombre des crimes et délits n'a augmenté l'an passé que de 1,28 %, contre 7,7 % en 2001.
Plus significatif encore est le contraste que l'on peut observer entre la période de janvier à avril, de gestion socialiste (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste), où la délinquance a augmenté de 4,8 %, et celle d'avril à décembre, où elle a baissé de 0,74 %. Monsieur le ministre, après ces résultats encourageants, que comptez-vous faire pour maintenir le cap ? (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française.)
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.
M. Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. Monsieur le député, la première chose à faire, c'est que l'ensemble de la représentation nationale remercie les policiers et les gendarmes pour le travail remarquable qu'ils ont engagé durant l'année 2002. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française.) Cela fait longtemps qu'elle ne l'a pas fait !
Ensuite, dans vingt minutes, je vous proposerai, au nom du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, un texte de loi sur la sécurité intérieure qui nous permettra de rendre nos policiers et nos gendarmes plus efficaces pour rétablir la tranquillité publique. Si j'en juge par le ridicule de la manifestation de samedi dernier, il est temps de nous mettre au travail sérieusement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française.) Rien que sur les bancs de cette assemblée, nous sommes plus nombreux que ceux qui protestaient en vain samedi dernier, ce qui est déjà une bonne nouvelle. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française. - Exclamations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.) Nous en aurons ainsi terminé avec le volet « répression », mais n'oublions pas qu'il ne suffit pas de voter des lois, il faut encore les appliquer ! (« Très bien ! » et applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle.)
Puis nous engagerons trois actions. Avec Dominique Perben, nous mènerons une action résolue en matière de prévention, que nous a confiée le Premier ministre. La prévention doit faire l'objet de priorités. Elle doit être hiérarchisée. On ne cesse d'en parler sans jamais la définir.
M. Claude Goasguen. Très juste !
M. le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. De surcroît, la politique de prévention doit être évaluée, car elle est financée par l'argent des contribuables et il est temps de leur rendre des comptes. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française.) L'évaluation n'est pas un gros mot !
Quant à l'immigration, nous travaillons avec Dominique de Villepin pour qu'enfin la France se dote d'une politique de l'immigration éloignée de tous les extrémismes : celui des professionnels de la générosité, qui conduit à l'irresponsabilité, et celui des professionnels de la fermeture, qui oublient que la France est et doit rester un pays ouvert et généreux.
Enfin, avec François Fillon, nous travaillerons sur un autre mot qui a été oublié ces dernières années, l'« intégration ». C'est notamment tout ce que nous faisons avec nos compatriotes musulmans, qui ont bien besoin de notre solidarité en ce moment. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française.)

Données clés

Auteur : M. Ghislain Bray

Type de question : Question au Gouvernement

Rubrique : Sécurité publique

Ministère interrogé : intérieur

Ministère répondant : intérieur

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 15 janvier 2003

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