Question écrite n° 104 :
Oeufs

9e Législature

Question de : M. Houssin Pierre-R�my
- Rassemblement pour la République

M Pierre-Remy Houssin attire l'attention de M le ministre de l'agriculture et de la foret sur la production et la consommation d'oeufs en France. On assiste en effet depuis quelque temps a une stagnation alarmante de la consommation en France d'oeufs puisqu'elle se situe a 260 pieces par personne et par an, y compris les utilisations industrielles. De plus, les exportations se revelent de plus en plus difficiles puisque les exportations europeennes vers les pays tiers sont passees de 2,3 milliards d'oeufs a 1,1 milliard en 1986. Enfin le marche national commence a etre envahi par les oeufs neerlandais. La situation est telle qu'en 1987, nous avons importe plus de 5 p 100 en oeufs alors qu'il y a cinq ans, inversement, nous exportions 5 p 100 de notre production. Aussi il lui demande les mesures qui vont etre prises pour eviter les consequences dues a cette situation pour les aviculteurs, et notamment pour favoriser nos exportations.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - La demande interieure en France progresse depuis une vingtaine d'annees d'environ trois oeufs par personne et par an et, plus precisement, sur les six dernieres annees, de 2,7 oeufs par personne et par an. La consommation se situerait en 1987 a 271 oeufs par personne et par an, le leger flechissement constate en 1986 semblant avoir ete suivi d'un rattrapage en 1987. Le niveau actuel de la consommation en France place notre pays au-dessus de la moyenne communautaire, et meme americaine et japonaise. Aucun indice ne permet de penser que la demande interieure s'essouffle et risque de plafonner au cours des prochaines annees ; cependant, il convient de rester vigilant : ainsi dans les pays anglos-saxons, traditionnellement consommateurs d'oeufs, on a observe durant les deux dernieres decennies un recul de la consommation (diminution de trois oeufs par an aux USA, de deux au Royaume-Uni et au Canada, de quatre et demi en Nouvelle-Zelande). Cette diminution de la consommation dans ces pays pourrait provenir de l'image negative associee a l'oeuf quant a l'apport de matieres grasses et notamment de cholesterol. Cette observation a conduit les service du ministere de l'agriculture et de la foret a constituer un groupe de travail sur les aspects nutritionnels de l'oeuf, auquel participeront l'ensemble des organisations professionnelles de la filiere. A partir des conclusions de ce groupe de travail, il sera adopte des mesures qui auront pour objectif d'eviter que la situation constatee dans les pays anglo-saxons ne se reproduise en France, et notamment que l'oeuf ne soit associe a une image negative quant a ses effets sur la sante humaine. La France est le premier producteur d'oeufs europeen et n'occupe que la quatrieme place au rang des exportateurs. Une etude recente a permis de constater que les exportations francaises sont plus le resultat d'une situation de surproduction, comme en 1975 et en 1982, que la consequence d'une politique commerciale reguliere. Afin d'eviter cette politique d'exportation a prix tres bas, insuffisamment remunerateurs pour les operateurs, pendant les periodes de crise du marche de l'oeuf, la France se doit donc avant tout de rationaliser la filiere des oeufs de consommation. Aussi, en 1988, le ministere de l'agriculture et de la foret a finance une experimentation sur le stockage d'oeufs afin de mieux connaitre les bases techniques de cette operation qui pourrait permettre d'alleger le marche en periode de surproduction. Cette experimentation s'est revelee tres positive et permet aujourd'hui de penser que le stockage pourrait etre utilise par les professionnels comme un outil de regulation du marche de l'oeuf. Par ailleurs, il convient de preciser que le secteur de l'oeuf etant soumis a une organisation commune de marche, aucune intervention nationale de type economique ne peut etre realisee.

Données clés

Auteur : M. Houssin Pierre-R�my

Type de question : Question écrite

Rubrique : Agro-alimentaire

Ministère interrogé : agriculture et forêt

Ministère répondant : agriculture et forêt

Date :
Question publiée le 4 juillet 1988

partager