Question écrite n° 141 :
Chili

9e Législature

Question de : M. Bourg-Broc Bruno
- Rassemblement pour la République

M Bruno Bourg-Broc attire l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres sur la situation des personnels enseignants francais et titulaires en service dans les lycees de l'Alliance francaise au Chili. Prenant pretexte du fait que l'administration de ces etablissements a fixe la duree des cours a quarante-cinq minutes au lieu de cinquante-cinq minutes, l'employeur local exige des heures de compensation. C'est ainsi qu'un professeur certifie pour lequel le statut definit un volume horaire de dix-huit heures est conduit a assurer un minimum de vingt et une periodes. S'il est exact que ces etablissements sont prives et de droit local, cette situation n'autorise pas le non-respect de regles statutaires dans la mesure ou ces personnels sont effectivement detaches par leur ministere d'origine. Il s'etonne egalement du fait que le responsable du service culturel francais au Chili ait autorise ou laisse autoriser une telle derive. Il souhaite connaitre les motifs d'une telle situation.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Le ministere des affaires etrangeres n'ignore pas la situation des personnels enseignants en poste dans nos lycees au Chili auxquels il est demande, en raison de dipositions reglementaires locales, un service hebdomadaire calcule differemment de celui auquel ils sont astreints en France. En premier lieu, il convient de rappeler que le fait d'exercer a l'etranger n'est pour un enseignant titulaire de l'education nationale ni une obligation ni un droit. Il resulte d'un acte de volontariat qui implique que l'interesse accepte les conditions de travail definies par la reglementation et les usages du pays d'accueil, des lors qu'ils sont raisonnables. Or, peut-on soutenir qu'une « periode » de cinquante minutes (ou de quarante-cinq comme c'est le cas dans certains etablissements) est equivalente en travail et effort a une heure ? Ou bien on fait du concept de cours et de classe une entite abstraite independante de sa duree, ou bien, ce qui parait de bon sens, on tient compte du temps reel et de son contenu pedagogique. Un rapide calcul fait apparaitre alors que les enseignants concernes ne sont pas penalises a faire vingt et une periodes, tandis que leurs eleves le seraient s'ils beneficiaient seulement de dix-huit cours ou classes hebdomadaires d'une duree de moins d'une heure. Enfin, il serait difficilement admissible, au sein d'une meme communaute scolaire, que la minorite des enseignants francais dits « au bareme », c'est-a-dire retribues selon le regime des fonctionnaires en mission (soit, au Chili, plus de deux fois leur traitement de France) ait des obligations de service hebdmadaire moindres que celles de leurs collegues recrutes locaux, notamment nationaux, dont les revenus sont d'un niveau tres sensiblement inferieur.

Données clés

Auteur : M. Bourg-Broc Bruno

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Date :
Question publiée le 4 juillet 1988

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