Question écrite n° 236 :
Politique et reglementation

9e Législature

Question de : M. Marcellin Raymond
- Union pour la démocratie française

Alors que tout le monde s'accorde sur la necessite, face au chomage, de prendre les mesures necessaires au developpement de la formation, M Raymond Marcellin demande a M le ministre d'Etat, ministre de l'education nationale, de la jeunesse et des sports s'il n'estime pas indispensable d'entreprendre une adaptation courageuse et coherente de l'ensemble de notre systeme educatif.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Le President de la Republique a fait de l'education et de la formation une priorite essentielle de son septennat. L'education constitue en effet une condition determinante de l'egalite des chances, de l'epanouissement de chacun ainsi que de l'adaptation de notre societe aux perspectives de la construction europeenne et aux exigences de la competition economique internationale. Dans l'enseignement primaire, la politique gouvernementale est pour l'essentiel axee sur les actions propres a placer l'ensemble des enfants dans une situation de reussite au moment ou ils aborderont les etudes de premier cycle du second degre. Dans le domaine des connaissances bien sur, mais surtout dans les habitudes de reflexion et d'organisation du travail, une pedagogie adaptee aux situations particulieres dans un cadre ou l'egalite des chances sera le plus possible assuree, doit permettre d'atteindre le but recherche. Cette politique passe par un renforcement des actions mises en oeuvre depuis 1981 dans les zones d'education prioritaires ou se manifestent des difficultes scolaires importantes, et cela par des efforts coordonnes des differents partenaires de l'ecole, des moyens particuliers sont degages a cet effet ; ils permettront des actions specifiques destinees a compenser les inegalites sociales. Dans les etablissements secondaires, des actions sont engagees depuis plusieurs annees pour a la fois elever le niveau de formation des jeunes et rapprocher le systeme educatif du monde economique : mise en place des quatriemes technologiques et des bacs professionnels, restructuration des diplomes CAP et BEP, aide aux jeunes en difficulte en LP, developpement des sequences educatives en entreprise, des jumelages, de l'alternance. Le dispositif d'insertion de l'education nationale permet a tout etablissement, college ou LP et lycee, pour l'annee scolaire 1988-1989, d'effectuer le suivi des jeunes qui interrompent ou terminent leurs etudes, en offrant un ensemble d'actions adaptees a chaque situation. Apres un premier bilan dresse lors d'un entretien ou a l'issue d'une session d'information et d'orientation, les jeunes les plus en difficulte sont accueillis dans un cycle d'insertion professionnelle par alternance dont l'objectif est la reprise d'une formation qualifiante ou l'entree dans l'emploi. Ainsi, en 1988, a l'issue d'un CIPPA, 30 p 100 ont repris une formation qualifiante (a l'education nationale ou en apprentissage), 11 p 100 sont entres en stage de preparation a l'emploi, 7,2 p 100 ont trouve un emploi. Pour ceux qui ont echoue a un examen, il est propose des modules specifiques de nouvelle preparation, fondes sur une forte individualisation et appuye sur des periodes en entreprise. Enfin, les jeunes diplomes peuvent etre aides dans leur recherche d'emploi ou beneficier d'une formation complementaire d'initiation locale negociee entre une entreprise et un etablissement, en fonction des besoins precis de qualification. Pour 1989, l'objectif est de doubler les places d'accueil en CIPPA, MORE et FCIL et d'ouvrir 10 000 places destinees a des jeunes issus des lycees, avec ou sans bac, et desireux d'entrer rapidement dans la vie active. S'agissant de l'enseignement superieur, il convient d'abord de noter que toutes les etudes recentes, notamment celles menees par le Centre d'etudes et de recherche sur les qualifications (CEREQ), confirment a quel point les etudes superieures et la lutte contre le chomage sont etroitement liees. En particulier, une etude menee en 1987 et portant sur les diplomes de 1984 montre qu'un an apres la fin de leurs etudes 90 p 100 des diplomes ont trouve un emploi, Il n'en reste pas moins que l'effort doit etre poursuivi de facon prospective. La volonte d'accroitre sensiblement le pourcentage d'une classe d'age accedant au niveau du baccalaureat aura d'importantes repercussions sur la demande de formation superieure. L'effet le plus sensible sera observe dans le champ des formations relevant du premier cycle de l'enseignement superieur. C'est pourquoi il a ete decide de mettre en oeuvre dans chaque academie un schema concerte de developpement des premiers cycles regroupant toutes les formations organisees entre bac et bac + 2 et favorisant l'orientation des etudiants et la lutte contre l'echec. En outre, et de facon generale, il est admis qu'une meilleure insertion des etudiants passe par un renforcement des relations entre les etablissements et leur environnement. Ce renforcement doit aller de pair avec une autonomie plus grande des universites et des ecoles qui accroisse leurs capacites d'action et leur propre responsabilite dans la conduite de leur avenir. C'est dans cet esprit que seront elaborees des relations contractuelles avec les etablissements permettant sur une periode de quatre ans de fixer des objectifs de developpement des enseignements et d'en evaluer les resultats. Ces derniers prendront en compte les donnees sur l'insertion professionnelle des etudiants dans la perspective d'une meilleure adequation des formations a l'emploi. Enfin, l'effort de lutte contre le chomage passe egalement par le developpement de la formation professionnelle qu'elle soit initiale ou continue, qu'elle s'adresse a des jeunes avant l'entree dans la vie active ou a des chomeurs venant a l'universite mieux se former pour mieux se reinserer. Le developpement de la formation professionnelle constitue une priorite pour l'enseignement superieur dans les prochaines annees.

Données clés

Auteur : M. Marcellin Raymond

Type de question : Question écrite

Rubrique : Formation professionnelle

Ministère interrogé : éducation nationale, jeunesse et sports

Ministère répondant : éducation nationale, jeunesse et sports

Date :
Question publiée le 4 juillet 1988

partager