Europe de l'Est
Question de :
M. Koehl �mile
- Union pour la démocratie française
M Emile Koehl demande a M le ministre d'Etat, ministre de l'economie, des finances et du budget, depuis quand la croissance economique des pays communistes d'Europe de l'Est et de l'Union sovietique a pris du retard sur celle de l'Occident. Il y a une trentaine d'annees, Khrouchtchev predisait que l'economie sovietique allait rattraper l'economie americaine. Certains affirment que les economies de l'Europe de l'Est ont connu, jusque vers le milieu des annees 1970, une croissance aussi rapide que celle des pays d'Europe occidentale. Or l'echec de l'economie planifiee et centralisee est devenu patent. Deux problemes doivent etre resolus dans ces pays : d'une part, la desorganisation de la production, d'autre part, une hyper-inflation latente. La liberation des prix, indispensable pour le bon fonctionnement d'une economie de marche, provoque des hausses importantes qui sont en realite la remontee a la surface d'une inflation auparavant artificiellement contenue. De plus, l'economie de marche implique l'autonomie de gestion des entreprises, et donc de ne conserver que les effectifs dont elles ont reellement besoin. D'ou l'apparition d'un chomage qui etait jusque-la dissimule. Il lui demande son point de vue sur la proposition de certains economistes consistant a liberaliser les prix et les marches tout en absorbant l'epargne excedentaire evaluee a environ 300 milliards de roubles en URSS Au marche parallele, ces 300 milliards de roubles representent environ 25 milliards de dollars. D'ou l'idee selon laquelle 25 milliards de dollars de biens importes de l'Ouest, qui seraient vendus sur le marche sovietique a leur veritable prix, absorberaient la totalite de l'epargne sovietique et supprimeraient la cause de la desorganisation actuelle et l'obstacle a la liberalisation des marches. A raison de 5 milliards de dollars par an, cinq annees suffiraient pour assurer une transition credible vers la liberalisation des marches.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Il est tres difficile d'evaluer la croissance economique des pays d'Europe de l'Est et de l'Union sovietique a partir des statistiques officielles disponibles parce que, outre leur manque de fiabilite, celles-ci se referent a la notion de produit national net (PMN) et qu'elles sont fondees sur un systeme de prix sans reelle signification economique. En effet, le PMN ne recouvre que les biens et les services lies a leur production ; il exclut donc les services « non materiels » qui connaissent une croissance rapide dans les pays de l'OCDE mais qui se sont peu developpes dans les pays de l'Est. Par ailleurs, les produits nouveaux (notamment les biens durables), dont la production s'est fortement accrue, se sont vus affecter des prix anormalement eleves dans les pays de l'Est, ce qui leur a donne un poids excessif dans les indices de production. Aussi les taux de croissance du PMN, qui sont relativement eleves bien que marquant un ralentissement certain depuis le milieu des annees soixante-dix, surestiment fortement la progression des niveaux de vie a l'Est, d'autant que les processus de production y sont inefficaces ainsi que l'attestent l'importance des stocks constitues et de la consommation d'energie. Voir tableau dans le JO no 49 (annee 1990). Voir tableau dans le JO no 49 (annee 1990). S'agissant du deuxieme point souleve par l'honorable parlementaire, le probleme pose en Union sovietique par une epargne involontaire accumulee par les menages, il convient d'abord d'observer que celle-ci reflete une distribution de revenu excessive et une inflation artificiellement contenue ainsi probablement que l'absence d'instruments de placement attractifs. L'introduction des principes d'une economie de marche et le developpement d'un secteur financier efficace devraient repondre a terme a ces desajustements. Pour ce qui est de la resorption ou de la consolidation du stock d'epargne accumule, outre la possibilite evoquee par l'honorable parlementaire, qui a pour inconvenient d'utiliser des ressources rares en devises a des fins de consommation, il peut etre fait appel a d'autres solutions, non exclusives les unes des autres : reforme monetaire, lancement d'emprunts a des conditions attractives, mise en vente d'actifs publics comme les logements Il appartient naturellement aux autorites sovietiques de determiner le dispositif paraissant le mieux adapte a la situation economique et sociale de l'URSS.
Auteur : M. Koehl �mile
Type de question : Question écrite
Rubrique : Commerce exterieur
Ministère interrogé : économie, finances et budget
Ministère répondant : économie, finances et budget
Date :
Question publiée le 12 mars 1990