Question écrite n° 29591 :
Assurance construction

9e Législature

Question de : M. Besson Jean
- Rassemblement pour la République

M Jean Besson appelle l'attention de M le ministre d'Etat, ministre de l'economie, des finances et du budget, sur l'article 49 de la loi de finances rectificative pour 1990. En effet cet article comporte une disposition visant a appliquer a tous les professionnels de la construction, de 1991 a 1996, une taxe de 0,4 p 100 de leur chiffre d'affaires pour resorber le deficit du fonds de compensation des risques de l'assurance construction. Ce fonds a ete cree par voie legislative en 1983 pour indemniser les sinistres en decennale survenus sur les batiments construits avant cette date. Le secteur de l'artisanat et du batiment est oppose a l'application de cette mesure pour les raisons suivantes : 1o une taxe de 0,4 p 100 sur le chiffre d'affaires de chaque professionnel est injuste et aveugle, car elle ne tient absolument pas compte de la situation de chaque entreprise, de chaque profession, au regard de son risque reel en responsabilite decennale et donc au regard de sa sinistralite ; 2o cette taxe est injuste, car elle conduira l'artisanat du batiment a contribuer a hauteur de 0,4 p 100 d'un chiffre d'affaires representant 50 p 100 du chiffre d'affaires total du batiment, alors que les sinistres qu'il genere au sein du fonds ne depassent pas 24 p 100 du total. Les artisans veulent contribuer a resorber le deficit, mais seulement pour leur juste part, ce qui n'est pas le cas avec cette mesure. Aussi, il lui demande s'il envisage de modifier le dispositif actuel et de mettre en place, en concertation avec les professionnels, des mesures adaptees a chaque entreprise.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - L'article 42 de la loi de finances rectificative pour 1989 a etabli un dispositif coherent visant a permettre au Fonds de compensation des risques de l'assurance construction de faire face durablement aux charges qui lui incombent. L'economie generale de ces mesures est de partager de maniere equilibree l'effort contributif entre l'Etat, le secteur du batiment et le secteur des assurances. L'institution, au benefice du Fonds, d'une contribution additionnelle de 0,4 p 100 assise sur le chiffre d'affaires correspondant a l'execution de travaux de batiment, due par toute personne ayant souscrit un contrat d'assurance de responsabilite decennale, est un element essentiel de cet ensemble de mesures de redressement. La mesure prolonge celle votee en 1983 qui avait institue une contribution au Fonds de compensation des risques de l'assurance construction de 8,5 p 100 pour les artisans et de 25,5 p 100 pour les grosses entreprises. De 1983 a 1989, les artisans ont participe a hauteur de 6 p 100 aux recettes du Fonds alors qu'ils sont a l'origine en 1989 de 25 p 100 des sinistres et qu'ils representent 43 p 100 du chiffre d'affaires du batiment. Dans ce contexte, il est legitime que le principe de solidarite, clairement affirme lors de la mise en place des mesures precitees, se manifeste au sein meme du secteur du batiment et que, de ce fait, la contribution additionnelle sur le chiffre d'affaires des professionnels de ce secteur s'impose, selon les memes modalites, a toutes les personnes ayant souscrit un contrat de responsabilite decennale.

Données clés

Auteur : M. Besson Jean

Type de question : Question écrite

Rubrique : Assurances

Ministère interrogé : économie, finances et budget

Ministère répondant : économie, finances et budget

Date :
Question publiée le 4 juin 1990

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