Question écrite n° 29646 :
Minitel

9e Législature

Question de : M. Godfrain Jacques
- Rassemblement pour la République

M Jacques Godfrain rappelle a M le ministre des postes, des telecommunications et de l'espace que les annexes de la convention kiosque grand public (36-15) autorisent les messageries pornographiques, pourvu qu'elles ne fassent l'objet d'aucune publicite. Si l'on tient compte de la reponse a la question ecrite no 26402 (Journal officiel, Assemblee nationale, Debats parlementaires, questions, du 21 mai 1990), plus de cinquante d'entre elles ont ete resiliees apres avis du comite consultatif du kiosque telematique, afin de moraliser le media et d'eviter la prostitution enfantine. Or la loi de finances rectificative pour 1989 institue une taxe de 30 p 100 sur les services de communication audiovisuelle a caractere pornographique et, de ce fait, legalise ce type de publicite, pourvu que l'Etat percoive le montant de la taxe. Il lui demande quelle serait, au regard de la convention, la consequence pour les entreprises de communication audiovisuelle qui s'engageraient dans la voie des publicites pornographiques. Si l'avis du comite consultatif est la resiliation du service incrimine, n'y-a-t-il pas la une certaine incoherence ? La loi de finances prevaut-elle juridiquement sur le texte contractuel de la convention.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Le code de deontologie annexe a la convention kiosque telematique grand public prevoit que le fournisseur de service s'engage a ne pas employer, dans sa communication publicitaire, d'images degradantes du corps humain et a ne pas faire de publicite, directe ou indirecte, pour les services a caractere pornographique. On ne saurait toutefois conclure de la que les annexes a la convention kiosque grand public autorisent les messageries pornographiques pourvu qu'elles ne fassent l'objet d'aucune publicite. Si ces messageries tombent sous le coup des dispositions legales relatives aux bonnes moeurs, qui sont rappeles dans le code de deontologie, et notamment dans l'article 334-6 du code penal, France Telecom sera en droit de resilier la convention qui le lie au fournisseur de messageries, de meme qu'il peut engager une procedure de resiliation a l'encontre des fournisseurs qui ne respectent pas leurs engagements au titre de la promotion des services. Les entreprises audiovisuelles qui s'engageraient dans la voie des publicites pornographiques s'exposeraient donc a voir leur convention resiliee apres avis du comite consultatif du kiosque telematique. Par ailleurs, ainsi qu'il est rappele dans la question, les sommes percues par ces entreprises en remuneration des services a caractere pornographique seront grevees d'une taxe de 30 p 100, en application de l'article 23 de la loi de finances rectificatives pour 1989. Cette taxe ne sera toutefois due que sur la periode precedant la resiliation, puisque celle-ci aura pour effet d'interrompre le service. On ne peut donc, dans ces conditions, soutenir que la loi de finances prevaut juridiquement sur le texte contractuel de la convention. Bien au contraire, l'effort entrepris depuis plusieurs annees par France Telecom dans le cadre du dispositif deontologique des conventions kiosque, dont l'honorable parlementaire a bien voulu rappeler les resultats, devrait aboutir a la reduction, voire la disparition, de l'assiette de cette taxe. Cet effet repond a l'objectif poursuivi par les parlementaires qui ont propose l'amendement dont est issu l'article 23 precite, qui etait bien davantage de faire disparaitre, en les penalisant fiscalement, les services telematiques a caractere pornographique, que d'assurer de nouvelles ressources a l'Etat.

Données clés

Auteur : M. Godfrain Jacques

Type de question : Question écrite

Rubrique : Telephone

Ministère interrogé : postes, télécommunications et espace

Ministère répondant : postes, télécommunications et espace

Date :
Question publiée le 11 juin 1990

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