Politique agricole commune
Question de :
M. Guichard Olivier
- Rassemblement pour la République
M Olivier Guichard souhaite attirer l'attention de M le ministre de l'agriculture et de la foret sur la situation reservee aux agriculteurs par la commission de Bruxelles dans ses travaux sur la fixation des prix agricoles 1990-1991. En effet, le conseil des ministres de l'agriculture a conclu globalement a un gel des prix en ECU qui pourrait, en fonction des ajustements monetaires et de mesures d'accompagnement, se traduire en France par une hausse moyenne de l'ordre de 2 p 100. Cette decision intervient apres deux annees de degradation entrainant une nette deterioration de la situation economique et financiere de nombreuses exploitations agricoles, en particulier dans certains secteurs comme la production ovine. Une deuxieme annee de secheresse risque d'aggraver les consequences defavorables de cette evolution. Par ailleurs, ces decisions n'offrent pas de perspectives aux agriculteurs puisqu'elles sont assorties du maintien des taxes de co-responsabilite sur le lait et les cereales et de l'absence de decision immediate sur l'encouragement des productions agricoles pour des debouches non alimentaires. Au moment ou les agriculteurs sont confrontes a des contraintes agro-climatiques graves, il est incomprehensible que l'encadrement des productions oleo-proteagineuses, moins exigeantes en eau, n'ait pas ete assoupli. De meme le secteur ovin, fortement deficitaire au niveau francais, doit faire l'objet de mesures significatives. Comment ne pas exprimer une grande deception devant cet accord qui ne repond pas a l'attente profonde de l'agriculture francaise, au moment ou les Etats-Unis engagent une politique agricole ambitieuse et exercent une forte pression au sein du GATT pour conforter leur agriculture. Il lui demande quelles mesures compte prendre le Gouvernement pour remedier a cette situation.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Le monde agricole a connu cet ete une grave crise dont les causes sont connues : une secheresse exceptionnelle et la degradation des marches ovins et bovins. En ce qui concerne la crise ovine, en mai 1990, le Gouvernement obtenait de Bruxelles un montant de prime compensatoire ovine fixee a 142 francs par brebis et la decision de verser une prime supplementaire de 31 francs par brebis, en zone defavorisee en 1991. A partir de mai egalement ont ete versees aux eleveurs des indemnites compensatoires de zone difficile (ISM) revalorisees de 14 p 100 par rapport a l'annee precedente. En juillet, 150 MF ont ete affectes pour l'aide au revenu des eleveurs ovins, les primes payees par l'Ofival onte ete avancees et, en juillet egalement, 60 MF etaient affectes a l'allegement des charges financieres des producteurs de moutons. En ce qui concerne la crise bovine, la baisse des cours, amorcee en juillet, s'est precipitee debut aout, lorsque ont commence a circuler des informations ou plutot des rumeurs faisant etat d'importations massives de vaches en provenance de RDA La reaction du Gouvernement a ete rapide puisque, des la fin d'aout, la commission officialisait le programm d'exportation des excedents de viandes de RDA qui atteignent les niveaux suivants : 140 000 tonnes de viandes bovines, 100 000 tonnes de viandes porcines, 5 000 tonnes de viandes ovines. En ce qui concerne la secheresse, le plan secheresse, annonce fin aout, representait de la part de l'Etat un effort important de 1,2 milliard de francs corespondant a un effet sur la tresorerie des exploitants de 3 milliards de francs et etait cible sur les departements les plus touches par la secheresse et sur les eleveurs specialises dans la production de viande bovine et ovine qui subissaient egalement la baisse des cours. Ces aides, auxquelles il faut ajouter d'une part le paiement des indemnites secheresse 1989 pour 1,5 milliard de francs et d'autre part les mesures annoncees fin septembre pour la restructuration financiere devraient permettre aux exploitants agricoles les plus touches par la secheresse et la baisse des cours de faire face a leurs echeances. Enfin, en ce qui concerne le GATT, il s'agit d'en finir avec la guerre des subventions alimentee par le budget des Etats, qui desorganise le marche mondial sans aucun benefice ni pour les producteurs, ni pour les contribuables. Le Gouvernement francais a une position claire qui tient en deux points : d'une part, la baisse des soutiens doit concerner l'ensemble des aides accordees a l'agriculture, qu'il s'agisse des restitutions a l'exportation accordees par la CEE ou les paiements compensatoires dont beneficient les agriculteurs americains ; d'autre part, cette baisse doit etre equilibree et concertee. Nous n'avons pas de concessions particulieres a faire. Enfin, le Gouvernement francais ne saurait accepter un accord, tant que la commission n'a pas precise les politiques d'accompagnement de ces mesures et clairement defini leurs moyens.
Auteur : M. Guichard Olivier
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politiques communautaires
Ministère interrogé : agriculture et forêt
Ministère répondant : agriculture et forêt
Date :
Question publiée le 11 juin 1990