Prix et concurrence
Question de :
M. Koehl �mile
- Union pour la démocratie française
M Emile Koehl rappelle a M le ministre d'Etat, ministre de l'economie, des finances et du budget, que la Communaute europeenne est dans sa septieme annee de croissance ininterrompue. La reprise, qui a debute en 1982, a mis un terme a la recession qui a suivi les deux chocs petroliers. Les annees 1980 ont ete marquees par la reussite de la desinflation, alors que la forte croissance des annees 1960 etait inflationniste. Il semble que la « nouvelle croissance » s'explique essentiellement par la baisse du cout du travail. Apres une augmentation tres forte dans les annees 1970, les couts unitaires du travail ont amorce une decrue a partir de 1982, ce qui les a amenes en dessous de leur niveau d'avant les chocs petroliers des annees 1970. Partout ou existait une indexation des salaires, elle a ete amoindrie ou meme abolie. Ainsi, le taux de croissance des remunerations reelles, qui etait de 4,6 p 100 par an en moyenne dans les annees 1960 et de 3,1 p 100 dans les annees 1970, n'a pas depasse 1,1 p 100 dans les annees 1980. C'est probablement ce qui explique l'essor de l'investissement dans les annees 1980, malgre des taux d'interet reels eleves. Cependant, actuellement, les deux seules economies qui poursuivent leur desinflation sont celles ou le processus a commence le plus tardivement : la France et le Danemark. Il lui demande ce qu'il compte faire pour eviter le redemarrage possible de l'inflation, qui reste une preoccupation dans des pays comme l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Republique federale d'Allemagne.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - La lutte contre l'inflation a toujours ete une priorite du Gouvernement. D'abord parce que l'inflation menace les revenus des salaries, des retraites et des epargnants. Ensuite, parce que le derapage des prix a toujours affaibli dans le passe notre competitivite et entraine un chomage accru. Apres la hausse des prix du petrole, la premiere preoccupation du Gouvernement a ete d'eviter la repetition des enchainements inflationnistes qui avaient accompagne les deux premiers chocs petroliers, et notre dispositif anti-inflation a ete renforce. Ce dispositif repose sur trois piliers : une monnaie solide, qui a pour effet d'amortir la hausse des prix a l'importation, mais aussi d'inciter les entreprises a moderer leurs prix et leurs couts si elles veulent rester competitives face a leurs concurrentes etrangeres ; la desindexation des revenus. Ce principe mis en oeuvre depuis 1982 permet a notre economie de mieux resister a un choc exterieur ; il n'est pas question de le remettre en cause. Pour etre efficace et equitable, il doit s'appliquer a l'ensemble des revenus : revenus salariaux et non salariaux, prestations sociales ; une politique fiscale appropriee avec une baisse de TVA et un allegement des charges des entreprises pour les aider a absorber le surcout energetique. Ce dispositif a permis a l'economie francaise de bien resister a l'inflation importee. La hausse des prix a ete limitee a 3,4 p 100 en 1990 ; elle a ete plus faible que l'annee precedente malgre la hausse des produits petroliers consecutive a la crise du Golfe. Hors energie, le resultat obtenu par l'economie francaise en 1990 (3,1 p 100 en glissement) est le meilleur depuis plus de vingt ans. Il est donc possible d'affirmer que l'inflation interne est bien maitrisee. La position de la France a continue de s'ameliorer vis-a-vis de l'ensemble des pays industrialises en 1990. La France est maintenant en seconde position au sein des pays du G 7 derriere la RFA (2,9 p 100) mais devant le Japon (3,8 p 100), le Canada (5 p 100), les Etat-Unis (6,1 p 100), l'Italie (6,8 p 100) et le Royaume-Uni (9,3 p 100).
Auteur : M. Koehl �mile
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique economique
Ministère interrogé : économie, finances et budget
Ministère répondant : économie, finances et budget
Date :
Question publiée le 11 juin 1990