Boissons alcoolisees
Question de :
M. Perrut Francisque
- Union pour la démocratie française
M Francisque Perrut attire l'attention de M le ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale sur les consequences que ne manquera pas de susciter sa volonte d'interdire ou de reduire toute publicite sur les boissons alcoolisees. Car si chacun se doit de participer activement a la lutte contre le fleau que represente l'alcoolisme, il lui semble cependant que la suppression de la publicite en ce domaine ne soit pas une solution efficace. En effet, aucune publicite n'est faite en faveur de la drogue et pourtant, on constate que sa consommation augmente considerablement et regulierement. Par ailleurs, les plus recentes etudes demontrent clairement que la publicite pour les boissons alcoolisees n'augmente pas la consommation, mais qu'elle deplace plutot celle-ci entre produits de meme categorie, d'une marque vers une autre. Aussi il lui demande s'il ne pense pas qu'une politique de prevention et d'education contre l'alcoolisme soit plus efficace qu'une interdiction ou une limitation severe de toute publicite dont les effets contribueraient, d'autre part, a favoriser les grands groupes au detriment d'autres producteurs appeles a disparaitre, sans que cette disparition corresponde en realite a une reduction de la consommation.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Il est indeniable que les publicites en faveur des boissons alcooliques s'efforcaient d'etre de plus en plus persuasives et constituaient donc un facteur d'incitation a une consommation excessive. Il n'en est pour preuve que les exemples du whisky et de la vodka. Depuis l'intervention, en 1980, de l'arret de la Cour de justice europeenne, condamnant la France pour traitement discriminatoire, ces boissons ont pu acceder, a egalite avec les boissons d'origine francaise, aux supports publicitaires ; des lors, leurs ventes ont augmente de facon spectaculaire. Dans ces conditions, les restrictions apportees aux possibilites de faire de la publicite en faveur des boissons contenant de l'alcool par la loi no 91-32 du 10 janvier 1991 desavantagent relativement les grands groupes par rapport aux petits producteurs qui, de toute facon, ne peuvent proceder aux memes investissements publicitaires. Il faut, en effet, observer que la publicite par voie de presse et d'envoi de circulaires par les producteurs negociants et commercants, a domicile, demeure autorisee. Par ailleurs, l'argument avance concernant le developpement de la drogue ne parait pas pouvoir etre retenu car aucun element ne permet de conclure a une consommation de drogue en augmentation. En effet, les statistiques en ce domaine attestent d'une stabilite, depuis plusieurs annees, du nombre des toxicomanes, soit autour de 100 000, alors qu'il y a plus de 5 millions de buveurs excessifs. Le ministre delegue a la sante convient avec l'honorable parlementaire qu'il est utile de developper, en corollaire d'un renforcement de la reglementation, des actions de prevention. C'est pourquoi une campagne nationale a ete notamment developpee en 1991 et sera poursuivie en 1992, par le Comite francais d'education pour la sante.
Auteur : M. Perrut Francisque
Type de question : Question écrite
Rubrique : Boissons et alcools
Ministère interrogé : solidarité, de la santé et de la protection sociale
Ministère répondant : santé
Date :
Question publiée le 2 juillet 1990