Personnel
Question de :
Mme Sauvaigo Suzanne
- Rassemblement pour la République
Mme Suzanne Sauvaigo attire l'attention de M le ministre de l'equipement, du logement, des transports et de la mer sur les inquietudes formulees par la grande majorite des pilotes de lignes francais quant a la formation de leurs futurs collegues. Alors que les techniques aeronautiques evoluent vers une plus grande complexite, la formation des jeunes recrues ne semble plus etre assuree dans de bonnes conditions. En effet, les eleves pilotes de lignes admis a l'ecole de l'aviation civile suivaient avant 1988 un cursus de formation theorique et pratique d'une duree de trois ans sanctionnee par le brevet de pilote de 1re classe qui permettait l'acces a toutes les compagnies. Aujourd'hui, les eleves pilotes de transport admis a l'ENAC suivent une formation theorique et pratique d'une duree de dix-huit mois seulement et ne recoivent plus la formation pratique complementaire. Celle-ci est maintenant dispensee par les compagnies aeriennes qui ont du creer leurs propres ecoles et ce desengagement de l'Etat peut, a terme, sans nul doute porter atteinte au niveau de formation du personnel navigant. L'association generale des pilotes de lignes a depose un projet ambitieux visant a apporter des solutions concretes pour ameliorer la formation des futurs pilotes. D'autre part, le deficit en pilotes ne cesse d'augmenter, ce qui a conduit l'administration de tutelle a accorder un nombre croissant de derogations et de validations de licences etrangeres, 600 pilotes sur les 3000 exercent en France aujourd'hui sans le niveau de licence requis. Cette penurie conduit les compagnies a envoyer leurs eleves pilotes en formation dans les ecoles allemandes, americaines et bientot italiennes. Dans le cadre du marche europeen de la formation aeronautique dans lequel la France se doit d'occuper une place de tout premier rang, elle lui demande donc quelles directives il entend donner pour que les pilotes francais retrouvent le niveau d'excellence qui etait le leur et quelle suite pourra etre reservee au projet de formation des jeunes pilotes depose a l'automne dernier par l'association generale des pilotes de lignes.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Il n'y a pas de desengagement de l'Etat dans la formation des pilotes de transport, mais modernisation des programmes, adaptation des moyens materiels et modification des regles de financement, pour repondre dans le meilleur delai possible aux besoins en equipages des transporteurs aeriens francais dont l'activite est en fort developpement. La suppression du brevet de pilote professionnel de premiere classe, conformement aux nouvelles regles de l'organisation de l'aviation civile internationale, permet une segmentation de la formation des equipages mieux adaptee que precedemment aux exigences du transport aerien moderne. La duree de formation des jeunes copilotes se trouve legerement raccourcie, sans diminution du niveau de competence vis-a-vis des taches de leur premier emploi, tandis que des formations complementaires viendront se greffer, le moment venu, en cours de carriere sur une experience deja precieuse des vols de transport. Ce cursus rapproche la formation francaise des pratiques en vigueur chez nos principaux voisins europeens. Le choix offert aux transporteurs d'une fin de formation initiale sur biturbopropulseur ou sur bireacteur permet en outre la mise en oeuvre de programmes bien adaptes aux conditions reelles de l'exploitation des differentes entreprises, une diminution sensible du cout dans de nombreux cas et une acceleration du processus global. En ce qui concerne le financement de la formation, l'Etat a accru les moyens budgetaires qui lui sont consacres et, soucieux d'en faire beneficier un nombre de jeunes gens qui reste significatif par rapport a des besoins en forte expansion, a choisi de prendre a sa charge la formation d'un effectif largement augmente mais sur un segment reduit en consequence. Il a mis en place, en concertation avec les transporteurs, un mecanisme de financement par ceux-ci des segments complementaires de formation, de telle maniere que les jeunes gens n'aient pas a supporter les consequences des modifications intervenues. Ainsi, l'Etat recrute, pour l'annee en cours, 180 eleves pilotes de transport. Il en a recrute 140 en 1988 et autant en 1989. Ces effectifs sont a comparer aux 30 eleves pilotes de ligne dont il prenait en charge la formation, sur un programme plus large, les annees precedentes. Les plans de formation deposes par les transporteurs, en application de regles fixees par l'Etat en 1989, correspondent a une depense annuelle de plus de 300 millions de francs. Cela devrait permettre que le deficit actuel en pilotes soit resorbe au plus tard en 1993. Dans l'attente que ces mesures aient produit leur plein effet, la necessite a ete reconnue de recourir a des validations temporaires de licences etrangeres. A la date du 1er avril 1990, cela concernait 230 navigants dans le transport aerien francais, soit moins de cinq pour cent de l'effectif. Les propositions de l'association generale des pilotes de ligne en matiere de formation ont ete etudiees avec soin. Elles enrichissent une reflexion qui tend a adapter en permanence les regimes et methodes de formation aux besoins du transport aerien, mais sans aucune concession par rapport aux exigences de la securite des vols, fondee pour une bonne part sur la competence et le savoir-faire des equipages. Le dialogue est constant, a ce sujet, entre les services de l'Etat et les divers organismes representatifs, tant des transporteurs que des navigants.
Auteur : Mme Sauvaigo Suzanne
Type de question : Question écrite
Rubrique : Transports aeriens
Ministère interrogé : équipement, logement, transports et de la mer
Ministère répondant : équipement, logement, transports et de la mer
Date :
Question publiée le 2 juillet 1990