Liban
Question de :
M. Mesmin Georges
- Union pour la démocratie française
M Georges Mesmin appelle l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, sur la situation au Liban et sur les aspirations des citoyens libanais. En effet, la population libanaise n'a pas vote depuis dix-huit ans. La volonte des Libanais de moins de quarante ans n'est jamais ressortie des urnes, puisque cette fraction de la population active n'a jamais vote. Dans la situation actuelle, il n'est qu'un seul moyen de respecter la souverainete nationale : donner la parole au peuple libanais tout entier. Des elections libres sous le controle des Nations Unies, pour eviter les menaces et les trucages, garantiraient aux Libanais leur droit de s'exprimer sur leur propre avenir. Ce droit est maintenant reconnu aux peuples d'Europe de l'Est. Il est inconcevable que les Libanais en soient indefiniment prives. En consequence et compte tenu des relations d'amitie qui unissent historiquement la France au Liban, il lui demande s'il est dans son intention de proposer une telle solution aux Nations Unies ainsi qu'une participation de notre pays aux operations de surveillance.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Apres quinze annees de guerre et de dechirements, tout doit effectivement etre fait pour que le peuple libanais puisse recouvrer l'exercice de ses droits politiques parmi lesquels figure, bien entendu, celui de choisir ses representants et de se prononcer, hors de toute pression exterieure, sur les options qui determinent son avenir. C'est bien le sens de l'action menee par la France pour la pleine restauration de l'Etat libanais et de sa souverainete. Comme le sait l'honorable parlementaire, la tenue d'elections necessite, toutefois, que les autorites legales soient en mesure d'assurer l'organisation du scrutin et de veiller a son bon deroulement, ce qui implique que le processus engage par l'accord de Taef soit effectivement mis en oeuvre. La communaute internationale pourrait apporter son concours aux autorites libanaises mais non se substituer a celles-ci dont elle reconnait la legalite. Cela signifie que son action aurait a s'exercer en accord avec le gouvernement libanais et en prolongement des initiatives qu'il prendrait. Dans l'immediat, le plus urgent est donc de promouvoir la reconciliation nationale ce qui, a l'evidence, ne peut se faire que par un ralliement aux autorites legales de toutes les forces politiques du pays. C'est ainsi que le peuple libanais sera mis en mesure, le moment venu, de choisir a nouveau ses representants. L'appel solennel au ralliement et a la mise en oeuvre du processus de Taef lance par le Conseil des ministres le 11 juillet et l'accueil positif qui lui a ete reserve au Liban et dans le monde arabe ouvrent, a cet egard, de nouvelles perspectives. Aussi la France a-t-elle, le 13 juillet, releve la volonte de promouvoir le processus de reconciliation qui inspirait cet appel et exprime l'espoir que toutes les forces politiques libanaises y apporteraient leur concours. Une fois ce processus engage, les Libanais qui auraient retrouve, a sa faveur, la possibilite d'etablir entre eux un dialogue effectif, se trouveraient en mesure de s'exprimer sur l'avenir de leur pays. Si le concours de la France etait demande pour l'organisation de cette libre expression des choix libanais, elle ne manquerait pas a son devoir d'aider le Liban et le peuple libanais tout entier a restaurer leur Etat afin qu'il puisse exercer pleinement sa souverainete, dans l'independance et l'unite.
Auteur : M. Mesmin Georges
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Date :
Question publiée le 9 juillet 1990