Question écrite n° 31163 :
Vietnam

9e Législature

Question de : M. Mesmin Georges
- Union pour la démocratie française

Alors que les mesures adoptees par le gouvernement francais a l'egard de l'Afrique du Sud semblent aujourd'hui porter leurs fruits, on est en droit d'attendre des mesures similaires pour amener le regime stalinien de Hanoi a respecter les droits de l'homme. Or la realite de notre politique etrangere est contraire a cette logique puisqu'elle encourage et developpe nos relations avec le Viet-Nam. A l'Assemblee nationale, le 11 avril 1990, le secretaire d'Etat a l'action humanitaire declarait : « nous devons developper nos relations avec le Viet-Nam et faire en sorte que ses ressortissants vivent dans des conditions telles qu'ils quitteront moins leur pays. Je ne me fais aucune illusion sur ce point mais c'est la seule solution. » Or cette politique n'est pas la seule solution, comme le montre l'exemple de l'Afrique du Sud. Elle coute de l'argent aux contribuables et porte un mauvais coup a l'image de la France. En effet, deux mois a peine apres le voyage du ministre des affaires etrangeres au Viet-Nam et apres avoir obtenu de la France un don de 45 millions de francs, le secretaire general du parti communiste vietnamien, M Nguyen Van Linh declarait : « Nous devons rester vigilants face a la democratie bourgeoise et a la liberte anarchique. Nous ne permettrons pas que soit negligees la lutte de classe et la lutte contre l'imperialisme et les reactionnaires. Nous procederons a une repression resolue de toute tentative de trouble de l'ordre public et de la securite. » Le general Doan Chuong rencherissait dans un article du 23 mai 1990 du journal L'Armee du peuple : « En se fondant sur le concept de pluralisme politique, l'ennemi critique notre systeme antidemocratique parce que nous n'avons pas de parti d'opposition. Est-ce une opposition au role dirigeant du PC ? Si c'est le cas, il est logique de conclure que cette opposition est aussi une opposition contre la souverainete populaire, et c'est ce que nous rejetons definitivement. Notre peuple sait quelle sorte de democratie les Francais et les Americains ont exercee au Viet-Nam. C'est une sorte de democratie ou le peuple n'est pas souverain. » Ces declarations alarmantes ne sont pas restees sans consequences. Fin mai dernier, une vague de repression s'est abattue sur le pays. Des pretres, des membres du parti qui ont ose emettre des avis quelque peu critiques sur la direction du PC ont ete emprisonnes. Les agences de presse annoncaient l'arrestation de plusieurs milliers de personnes. En consequence M Georges Mesmin demande a M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, quelle lecon il entend tirer de ces faits. Il lui demande s'il entend continuer a aider economiquement et financierement un regime dont les plus hauts dirigeants non seulement traitent les gouvernements des pays libres avec le plus vif mepris et le plus grand cynisme, mais encore vilipendent les valeurs de societe de l'Occident. A quelques jours des premiers renvois forces des boat people de Hong Kong, il lui demande quelle est la position du gouvernement francais sur ces mesures inhumaines.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Le Gouvernement se felicite de l'appreciation positive que l'honorable parlementaire porte sur l'efficacite des mesures adoptees par le gouvernement francais a l'egard de l'Afrique du Sud. En revanche, il ne peut pas retenir le parallele qu'il etablit entre le regime de ce pays et celui du Viet-Nam. Le gouvernement francais suit avec une particuliere vigilance les signes d'evolution politique, economique, et sociale au Viet-Nam. La, comme ailleurs, il se preoccupe de respect des droits de l'homme. C'est pourquoi tout au long des entretiens que le ministre a eus lors de la visite qu'il a effectuee au Viet-Nam en fevrier dernier, il a tenu a souligner aupres de ses interlocuteurs que la France esperait voit le Viet-Nam s'engager plus avant dans la voie du respect des libertes et droits fondamentaux et avancer resolument dans celle des reformes non seulement economiques, mais egalement politiques. L'aide que nous accordons a ce pays, contribue a l'emergence de conditions economiques plus favorables, de nature a freiner l'exode des refugies de la mer. Comme elle l'a fait par le passe dans d'autres pays, la France estime qu'il est de son devoir de soutenir, aujourd'hui au Viet-Nam, les tendances reformatrices et d'encourager le debat d'idees qui doit permettre de faire progresser le processus de democratisation d'un regime encore marque par le poids du passe. Le gouvernement francais est convaincu que les autorites vietnamiennes ont mesure l'importance que la France attachait a ces questions.

Données clés

Auteur : M. Mesmin Georges

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Date :
Question publiée le 9 juillet 1990

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