Question écrite n° 31213 :
URSS

9e Législature

Question de : M. Raoult �ric
- Rassemblement pour la République

M Eric Raoult attire l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, sur la situation des Armeniens du Caucase. En effet, a la suite des recents evenements de Bakou, des exodes massifs ont eu lieu dans la region du haut Karabakh. De source sovietique officielle, 200 000 Azeris, souvent d'origine paysanne, ont ainsi quitte les confins de l'Armenie pendant que plus de 300 000 Armeniens quittaient l'Azerbaidjan pour se rendre en Armenie, a Moscou ou en Asie centrale. Cet exode massif a revetu un caractere particulierement dramatique dans le secret le plus absolu, impose par le pouvoir sovietique. La diaspora armenienne, a travers le monde et sa communaute en France, est particulierement inquiete de cette absence totale d'information sur la situation caucasienne. Les autorites sovietiques doivent accepter qu'une mission de parlementaires francais puisse se rendre sur place, rapidement, pour se rendre compte, comme l'a propose le groupe d'etudes sur la question armenienne de l'Assemblee nationale. Le Quai d'Orsay devrait appuyer cette demarche aupres du pouvoir sovietique. Il lui demande ce qu'il compte entreprendre en ce sens pour soutenir cette initiative.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - L'honorable parlementaire a bien voulu exprimer au Gouvernement son inquietude sur le sort de la communaute armenienne d'URSS Ce sentiment est partage par le Gouvernement francais qui suit depuis deja de longs mois avec une extreme attention les evenements survenant dans le Caucase. Depuis 1987, la situation dans cette region n'a en effet cesse de se compliquer et de s'aggraver. Le difficile probleme du Haut-Karabakh, territoire enclave dans la Republique d'Azerbaidjan, mais peuple majoritairement d'Armeniens et dont l'Armenie reclame le rattachement, n'a pu etre regle par aucune des formules mises en place par Moscou (notamment la mise sous tutelle directe du pouvoir central). La situation est explosive depuis plusieurs mois, risquant a tout moment de degenerer en violences et en affrontements interethniques, comme cela fut deja le cas a plusieurs reprises, notamment en janvier dernier. En outre, l'Armenie et le Haut-Karabakh sont soumis a un quasi-blocus dont les consequences sont tres prejudiciables pour les populations. La France a reagi avec diligence et compassion au terrible seisme qui a detruit un tiers de l'Armenie en decembre 1988 et donne lieu a un exceptionnel elan de solidarite dans notre pays. Elle reste tres attentive au sort de la communaute armenienne a laquelle elle est liee par des liens tres forts et tres anciens. Aussi bien, sans vouloir interferer dans un probleme interieur de l'URSS, les autorites francaises saisissent-elles toutes les occasions pour formuler leur preoccupation aux autorites sovietiques et leur exprimer l'espoir que soient retablies les conditions d'une coexistence durable et pacifique entre les communautes en presence. Le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, a adresse, le 21 janvier dernier, un message au ministre des affaires etrangeres de l'URSS, M Chevardnadze, pour lui exprimer la tres vive emotion de la France, en soulignant combien des evenements dramatiques qui se deroulaient alors en Armenie et en Azerbaidjan etaient douloureusement ressentis dans notre pays. Le sujet est regulierement evoque dans les entretiens ministeriels. La France est bien consciente de l'extreme gravite et de la complexite de la situation. Tout en evitant tout ce qui peut exacerber les tensions intercommunautaires, la France apporte son soutien aux initiatives susceptibles de soulager le sort des populations eprouvees comme, par exemple, la recente decision de la Commission des communautes d'accorder aux populations refugiees armeniennes et azeries une aide d'urgence, notamment medicale de 500 000 ECU (dont 300 000 ECU pour l'Armenie). Dans cette periode douloureuse, le Gouvernement tient a assurer la communaute armenienne de France, dont il connait les sentiments, de sa vigilance et de sa solidarite. Le ministere des affaires etrangeres n'a pas, a ce stade, ete saisi d'une demande de parlementaires souhaitant se rendre sur place ; il va de soi que le ministere est dispose, le cas echeant, a effectuer les demarches necessaires aupres des autorites sovietiques afin de faciliter l'organisation d'une telle mission.

Données clés

Auteur : M. Raoult �ric

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Date :
Question publiée le 9 juillet 1990

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