Question écrite n° 31475 :
SIDA

9e Législature

Question de : M. Autexier Jean-Yves
- Socialiste

M Jean-Yves Autexier attire l'attention de M le ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale sur l'information sur le sida. Le gouvernement a lance, depuis quelques annees, un vaste programme d'information et de prevention sur cette dramatique maladie. Les formes en sont diverses mais une grande part de ces actions necessite l'achat tres couteux d'espaces publicitaires. C'est pourquoi il lui demande si, dans le cadre des cahiers des charges qui lient les societes de television a l'Etat, les « communications du gouvernement » peuvent etre utilisees afin de delivrer une information sobre, precise et simple sur la seule maniere utile d'eviter la contamination. De tels messages, marques par le serieux et la gravite qui s'attachent a une communication du gouvernement, s'eloignant des formes sophistiquees ou etherees qu'appelle la publicite televisee, viserait, a coup sur, beaucoup mieux le public concerne. Les economies realisees sur l'achat d'espace publicitaire permettrait de multiplier les messages. Il lui demande si la lutte contre le sida, qui est d'interet national, ne legitimerait pas le recours a ce moyen.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Depuis la mise en place d'un plan global sur le SIDA en octobre 1988 une serie de campagnes d'information en direction du grand public et de publics specifiquement concernes par la maladie se sont inscrites dans un cadre strategique coherent (dix campagnes en 1989 et 1990). Une recente enquete realisee par l'INSERM en 1990 met en valeur le bon maintien des attitudes sociales de solidarite auxquelles les campagnes de temoignages initiees par l'AFLS ont certainement participe. En ce qui concerne les comportements de prevention, des evolutions importantes ont pu etre constatees. Ainsi dans la region d'Ile-de-France, la plus touchee par l'epidemie, le pourcentage de personnes declarant utiliser des preservatifs est passe de 11,8 p 100 en 1987 a 26,9 p 100 en 1990. Les campagnes de promotion du preservatif sont l'objet d'un accueil tres favorable, les interviewes se declarant de plus en plus impliques par les messages publicitaires qui les confortent dans l'adoption des conduites de prevention. Car si l'information globale sur le risque de transmission du VIH est un savoir communement partage, cette information n'est pas toujours suffisante : les personnes les mieux informees ne modifient pas toujours leurs comportements sexuels. Pour les aider, il faut faire appel a des techniques de persuasion, mettre en place un univers de referents et de normes susceptibles d'aider ces modifications de comportements : c'est l'objet meme de la communication publicitaire. Cependant, cette communication ne constitue qu'un des volets de la politique de communication de l'AFLS En 1991 priorite est egalement donnee a des actions de proximite. Un appel a projets vient d'etre lance privilegiant les actions en direction des populations les plus concernees par le risque de transmission du VIH (toxicomanes, homosexuels, populations migrantes, personnes desinserees socialement). Enfin, des actions d'information n'impliquant pas d'achat d'espace sont egalement mises en place (mise a disposition du grand public d'une ligne telephonique permanente d'information, diffusion de materiel d'information, etc). C'est dans ce cadre effectivement que des communications gouvernementales pourraient etre realisees, qui mettraient en valeur l'implication des pouvoirs publics sur le sujet. En effet, le succes de la prevention depend egalement de la portee des paroles et de gestes symboliques des leaders de la societe civile et des responsables politiques. Elles contribuent tres certainement au soutien de la politique de lutte contre le SIDA menee par les pouvoirs publics depuis bientot trois ans, mais ne seraient necessairement qu'un volet de plus du dispositif mis en oeuvre actuellement.

Données clés

Auteur : M. Autexier Jean-Yves

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sante publique

Ministère interrogé : solidarité, de la santé et de la protection sociale

Ministère répondant : santé

Date :
Question publiée le 16 juillet 1990

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