Turquie
Question de :
M. Vial-Massat Th�o
- Communiste
M Theo Vial-Massat attire l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, sur la situation dans les provinces kurdes de Turquie. La tres brutale repression declenchee par le gouvernement d'Ankara contre les populations kurdes depuis le 10 avril dernier, date a laquelle le kurdistan de Turquie a ete soumis a l'etat d'urgence, ne saurait laisser la France indifferente. Celle-ci ne peut, par son silence, sanctionner les violences sans precedent auxquelles se livre l'armee turque dans cette region pour tenter de mettre fin au soulevement populaire dont elle est le theatre. Elle doit condamner les mesures prises par le gouvernement de M Ozal qui ont deja coute la vie a des centaines de kurdes, entraine d'innombrables arrestations. Elle doit denoncer l'ordre fasciste, le black-out que ce dernier impose au Kurdistan, la censure totale que subit l'ensemble de la presse a propos de ces evenements. Paris a le devoir d'agir pour obtenir que le gouvernement turc mette fin a la veritable guerre qu'il conduit contre le peuple kurde, pour qu'il reconnaisse un droit a disposer de lui-meme. La France devrait, a cet egard, mettre fin a ses livraisons d'armes a Ankara, oeuvrer pour parvenir a une condamnation plus ferme du regime turc par les instances europeennes et onusiennes et a l'envoi d'observateurs internationaux au Kurdistan. Il lui demande s'il entend prendre des initiatives en ce sens.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - L'aggravation, au cours des derniers mois, de la situation dans les provinces du Sud-Est de la Turquie a effectivement conduit les autorites d'Ankara a prendre une serie de mesures restrictives, notamment dans le domaine de la liberte de la presse. Ces mesures, sur lesquelles il n'appartient evidemment pas au gouvernement francais de se prononcer, ont fait l'objet de vives critiques de la part des partis d'opposition turcs et des associations locales de defense des droits de l'homme. Elles s'inscrivent dans le contexte d'une nette recrudescence des actions armees menees par la rebellion dans cette region. A cet egard, s'il est exact qu'au cours des dernieres annees plusieurs centaines de civils ont trouve la mort du fait de ces evenements, tous n'ont pas, loin s'en faut, ete victimes de la repression. A plusieurs reprises depuis 1984, des villageois, dont le seul tort etait d'appartenir a un clan ou a une tribu soupconnes de cooperer avec les autorites, ont ainsi ete massacres, femmes et enfants compris. Sans doute les methodes repressives employees par les forces de l'ordre sont-elles souvent brutales et les abus malheureusement trop frequents. Les progres, certes encore a bien des egards insuffisants, realises dans la derniere periode dans le sens d'un meilleur respect des libertes fondamentales en Turquie ont cependant permis que de tels exces puissent etre aujourd'hui publiquement denonces et certains de leurs auteurs poursuivis et condamnes. Soucieux d'encourager le processus de democratisation en Turquie, le gouvernement francais demeure attentif a l'evolution de la situation des droits de l'homme dans ce pays et se reserve le droit d'appeler, chaque fois qu'il l'estime necessaire, l'attention des autorites turques sur tel ou tel manquement au respect de ces droits.
Auteur : M. Vial-Massat Th�o
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Date :
Question publiée le 16 juillet 1990