Pollution et nuisances : Indre-et-Loire
Question de :
M. Weber Jean-Jacques
- Union du Centre
M Jean-Jacques Weber attire l'attention de M le secretaire d'Etat aupres du Premier ministre, charge de l'environnement, sur les conclusions qui ont ete dressees par le groupe de hauts fonctionnaires qu'il avait depeche a Auzouer-en-Touraine a la suite de la pollution des rivieres de la Brenne et de la Cisse provoquee par l'incendie de l'usine Protex le 8 juin 1988. Il lui demande egalement quels sont les resultats des mesures effectuees pour mesurer la pollution eventuelle de la Loire entre le 7 et le 20 juin dernier.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Une inspection generale a ete realisee sur l'accident survenu chez la societe Protex a Auzouer-en-Touraine. Les conclusions de cette mission, en particulier sur l'analyse de la prevention mise en oeuvre, font l'objet d'un rapport qui est a la disposition du public. Au-dela des points forts et des dysfonctionnements observes durant la maitrise de l'accident, ce rapport releve une attention insuffisante portee par l'administration aux risques inherents a cette activite. L'attention de l'ensemble des prefets a ete appelee sur la necessaire vigilance a apporter au controle des installations classees susceptibles de creer des risques importants. Parallelement, une commission d'evaluation a ete mise en place pour proceder a l'evaluation de l'ensemble des dommages et des depenses decoulant du sinistre et determiner les mesures susceptibles de remedier aux effets de la pollution. Celle-ci a remis son rapport qui est a la disposition du public. Au-dela des constatations sur le milieu naturel, la commission d'evaluation a clairement mis en evidence la necessite d'une prevention active dans les etablissements industriels. En effet, les mesures de prevention demandees avant l'accident par l'inspection des installations classees, et realisees seulement apres l'incendie, representaient une depense de 3 millions de francs a comparer aux dommages internes et externes engendres par le sinistre, chiffres a plus de 100 millions de francs dont 49 millions de francs dus aux atteintes portees a l'environnement. Cette necessite doit s'exprimer par une action reglementaire determinee des prefets et de leur inspection des installations classees chargee de l'application de la loi du 19 juillet 1976 pour la protection de l'environnement. Pour developper cette action, les moyens de l'inspection des installations classees ont ete renforces en 1988 par 20 nouveaux postes en vue de faciliter le controle des 500 000 installations classees (dont 50 000 soumises a autorisation) presentes sur le territoire francais. Ce mouvement doit etre poursuivi. D'ores et deja afin de faire face a des pollutions accidentelles creees par un incendie, des bassins de confinement des eaux notamment d'extinction d'incendie ont ete realises dans une centaine de sites a l'initiative de l'inspection. Ces bassins peuvent atteindre des volumes considerables (plus de 10 000 metres cubes) et representent un investissement parfois important. Mais ils sont un des prix a payer pour eviter le renouvellement d'un accident comme celui survenu a Protex.
Auteur : M. Weber Jean-Jacques
Type de question : Question écrite
Rubrique : Risques technologiques
Ministère interrogé : environnement
Ministère répondant : environnement
Date :
Question publiée le 24 octobre 1988