Question écrite n° 66728 :
Revenus fonciers et revenus immobiliers

9e Législature

Question de : M. Godfrain Jacques
- Rassemblement pour la République

M Jacques Godfrain attire l'attention de M le ministre du budget sur la disparite des systemes de taxation des revenus immobiliers et mobiliers. Pour un meme rendement economique avant l'impot, l'incidence de la fiscalite immobiliere est plus forte que celle de la fiscalite des valeurs mobilieres. Ainsi, la fiscalite abaisse le rendement des actions et des obligations de 0,8 a 1,3 point selon le taux marginal d'imposition, et de 2 points et meme davantage pour l'immobilier d'habitation. En outre, depuis le debut des annees 1980 on a pu assister a l'alourdissement de la fiscalite des obligations et des SICAV a court terme, etc. Ces evolutions sont apparues au detriment de la neutralite fiscale et de la tradition ancienne qui reconnaissait explicitement ou implicitement au bien immobilier un statut de bien economique a part entiere. Il lui demande ce qu'il pense de cette inegalite de traitement fiscal.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - D'une maniere generale, il faut eviter tout amalgame entre une etude theorique de la fiscalite immobiliere et l'analyse de la crise actuelle du secteur immobilier. En effet, la situation difficile que traverse ce secteur resulte a la fois du ralentissement de l'activite economique et du contrecoup des exces speculatifs constates jusqu'en 1991, sur ce marche. La fiscalite immobiliere n'a jamais ete consideree, dans les dernieres annees, comme un frein a l'expansion du secteur. De plus, nos voisins, quelles que soient les regles fiscales qu'ils appliquent, connaissent des difficultes analogues. En outre, il est assez contradictoire d'appeler dans le meme temps a une fiscalite moins interventionniste sur l'ensemble de cette activite et a une fiscalite plus incitative sur tel ou tel point particulier. Cela dit, il convient de rappeler la coherence des mesures prises depuis 1988 et articulees autour de quatre axes. En ce qui concerne l'accession a la propriete, le plafond de deduction des interets sur emprunts contractes pour l'acquisition d'une habitation principale a ete releve par la loi de finances pour 1992 de 30 000 francs a 40 000 francs pour un couple marie et de 15 000 francs a 20 000 francs pour une personne seule. S'agissant de l'investissement locatif, la reduction d'impot consentie aux particuliers qui achetent un logement pour le donner en location est accordee pour deux logements au lieu d'un. Pour les souscriptions de parts de societe civile de placement immobilier (SCPI), la reduction d'impot est calculee sur la totalite de l'investissement au lieu des trois quarts precedemment. La loi de finances pour 1993 a releve le taux de reduction de 10 p 100 a 15 p 100 et le plafond de 600 000 francs a 800 000 francs pour un couple (de 300 000 francs a 400 000 francs pour une personne seule). Le Parlement a, par ailleurs, adopte une disposition exonerant de revenus fonciers les contribuables qui louent un logement vacant depuis plus d'un an. Dans le cadre du financement des travaux d'entretien et d'amelioration, le champ d'application de la reduction d'impot accordee au titre des travaux de grosses reparations, d'isolation et de regulation du chauffage de l'habitation principale a ete etendu aux travaux de mises aux normes de confort moderne, en particulier pour les installations d'equipements sanitaires, de securite ou d'acces pour les personnes handicapees. Cette disposition a ete reconduite jusqu'en 1995. En vue de la limitation du cout fiscal des transactions, les droits de mutation dus en cas d'acquisition d'un logement seront progressivement plafonnes a 5 p 100 d'ici a 1995. De plus, l'application d'un abattement a la base, accorde par les collectivites locales dans la limite de 300 000 francs, a ete decidee lors de la discussion du projet de loi de finances pour 1993. Le Gouvernement ne reste donc pas inactif devant la crise conjoncturelle qui touche le secteur de l'immobilier, mais incite de maniere reguliere et coherente, par des mesures fiscales appropriees dont les principales sont sommairement rappelees ci-avant, les differents secteurs economiques a investir sur ce marche.

Données clés

Auteur : M. Godfrain Jacques

Type de question : Question écrite

Rubrique : Impot sur le revenu

Ministère interrogé : budget

Ministère répondant : budget

Date :
Question publiée le 1er février 1993

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