Collectivites locales : caisses
Question de :
M. Mignon Jean-Claude
- Rassemblement pour la République
M Jean-Claude Mignon appelle l'attention de M le secretaire d'Etat aux collectivites locales sur les vives inquietudes des maires d'Ile-de-France et de l'ensemble des personnels de la fonction publique territoriale sur le devenir de la CNRACL (Caisse nationale de retraite des agents des collectivites locales). La CNRACL compte actuellement environ 500 000 retraites et 1,5 millions de cotisants. Le rapport cotisants-retraites est superieur a 3, ce qui correspond a l'un des meilleurs taux pour l'ensemble des regimes de securite sociale. En 1992, l'encours des reserves a pu ainsi atteindre le montant de 15,5 milliards de francs. Or l'intention du Gouvernement d'operer un prelevement de 3,6 milliards de francs sur ces reserves risque, a moyen terme, d'entrainer un deficit, pour une caisse de retraite jusqu'alors en bonne sante financiere. Ce prelevement opere par l'Etat necessitera un relevement d'un point du taux des cotisations en 1994, puis de deux points en 1995, pour les fonctionnaires territoriaux comme pour les collectivites employants. Il lui demande, par consequent, s'il entend donner suite a la deliberation du 26 novembre 1992 prise par le comite des finances locales, qui s'est vivement emu de cette decision et a souhaite l'instauration d'un debat afin de reequilibrer le mecanisme de surcompensation et la situation financiere de la CNRACL.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Le Gouvernement suit attentivement le devenir de la CNRACL dans le contexte global de l'evolution de l'ensemble des regimes de retraite existant en France. Son analyse l'a conduit a estimer qu'un relevement de la compensation specifique entre regimes speciaux de retraite devait etre envisage. L'etat des comptes de la CNRACL et la structure de ce regime, comparativement a la situation des autres regimes speciaux et compte tenu de la necessaire solidarite entre ceux-ci, qui est l'un des mecanismes essentiels de notre systeme de protection sociale, rendent possible un tel accroissement, lequel ne necessite pas un relevement des cotisations, le besoin de financement complementaire pour la CNRACL pouvant, dans l'immediat, etre assume compte tenu de ses reserves importantes. Les mecanismes de compensation et de surcompensation ont ete mis en place, progressivement, pour remedier aux inegalites provenant des desequilibres demographiques et des disparites contributives entre les differents regimes de securite sociale. La loi no 74-1094 du 24 decembre 1974 a institue une compensation generalisee entre regimes de base de securite sociale au titre des risques : maladie-maternite, prestations familiales, et vieillesse. La loi no 85-1403 du 30 decembre 1985 (loi de finances pour 1986) a institue une compensation supplementaire, dite « surcompensation », specifique aux regimes speciaux (Etat, collectivites territoriales, SNCF, RATP, EDF-GDF, marins, mineurs, ouvriers de l'Etat, etc). Le legislateur a manifeste sans equivoque sa volonte d'accroitre le necessaire effort de solidarite entre les regimes de protection sociale en instaurant des flux financiers qui compensent les disparites extremement importantes des rapports demographiques des regimes speciaux, c'est-a-dire du rapport, pour chacun d'eux, entre le nombre de cotisants et le nombre des pensionnes dont les retraites sont, par definition, payees par les contributions des actifs. Ainsi, il n'y a qu'un actif cotisant pour dix retraites mineurs (40 000 pour 400 000), moins d'un actif pour un retraite dans les regimes de la SNCF, des marins, ou des ouvriers de l'Etat. Pour les fonctionnaires dans leur ensemble, il y a pres de 2,5 cotisants pour un retraite, ce nombre restant a pres de 3,5 pour la fonction publique territoriale et hospitaliere. Il est, dans ces conditions, apparu legitime que les regimes speciaux, qui offrent a leurs beneficiaires des avantages souvent importants par rapport aux autres regimes de retraite (regime general, regimes complementaires), contribuent a prendre en charge globalement le cout du maintien de ces avantages, sans le faire supporter, a travers une prise en charge par le seul budget de l'Etat, par ceux qui n'en beneficient pas. Les besoins de financement des regimes speciaux deficitaires, accrus par la degradation de leur situation, ont rendu necessaire pour 1992 et 1993 une majoration du taux de la surcompensation. Pour la CNRACL, dont les resultats excedentaires depuis 1989 ont permis de degager plus de 15 milliards de francs de reserves, cette majoration s'est traduite par le decret no 92-1296 du 11 decembre 1992 qui aboutit a une augmentation de la surcompensation d'environ 3,8 milliards de francs en 1993.
Auteur : M. Mignon Jean-Claude
Type de question : Question écrite
Rubrique : Retraites : regimes autonomes et speciaux
Ministère interrogé : collectivités locales
Ministère répondant : intérieur et sécurité publique
Date :
Question publiée le 1er février 1993