Armenie
Question de :
M. Falco Hubert
- Union pour la démocratie française
M Hubert Falco attire l'attention de M le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, sur l'aggravation de la situation dramatique a laquelle est confrontee la population armenienne. Les voies d'acces sont aujourd'hui coupes. Les approvisionnements en gaz, electricite, carburants, ne sont plus assures. Le pain, rationne, manque. Dans ce pays ou la temperature descend en hiver a - 20oC, le chauffage est pratiquement inexistant. Faute d'energie, les usines sont fermees, de meme que les ecoles. A ces conditions de vie s'ajoute l'horreur de la guerre : celle qui sevit au Caucase et toucherait desormais les regions frontalieres de l'Armenie ; celle du Haut-Karabakh avec ses devastations. Il apparait aujourd'hui vital que la France use de son autorite pour tenter d'obtenir des pays limitrophes la libre circulation des biens et des personnes. Il lui demande quelles demarches la France compte entreprendre en ce sens.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Le Gouvernement partage la profonde preoccupation qu'exprime l'honorable parlementaire quant a la situation difficile que connait aujourd'hui le peuple armenien, auquel nous lie une amitie seculaire. Depuis le 7 decembre, date de l'appel solennel lance par le president Ter Petrossian a la communaute internationale, notre pays s'est trouve au premier rang de la solidarite active avec l'Armenie. Des demarches diplomatiques ont ete menees aupres de l'Azerbaidjan pour le libre passage de l'aide humanitaire a l'Armenie, qui ont recu une reponse favorable du president Eltchibey. Le ministre d'Etat, ministre des affaires etrangeres, a ecrit a ses collegues du Turkmenistan et de l'Ouzbekistan, en vue de faciliter la fourniture du gaz. Il est intervenu aussi aupres de M Chevardnadze pour que la Georgie tache d'assurer le libre passage des biens destines a l'Armenie, malgre la crise interieure qu'elle connait. Notre effort diplomatique s'est tourne vers la Turquie, notamment a l'occasion de la visite privee du President de la Republique dans ce pays, a la fin decembre, ou il a rappele le prix que la France attache au retablissement des communications normales avec la Republique d'Armenie a travers le territoire turc. La France a pris l'initiative d'une demarche communautaire aupres des autorites d'Ankara, qui ont pu constater que nos preoccupations humanitaires etaient partagees par les autres Etats europeens. Le gouvernement turc a accede en principe a notre demande, en insistant sur le caractere humanitaire des biens qui transiteraient a travers son territoire. Toutes garanties lui ont ete donnees a ce sujet. Un train est donc en voie d'affretement vers l'Armenie, qui transportera d'importantes quantites de denrees alimentaires. De meme, la fourniture de fuel lourd destine aux centrales electriques armeniennes est en cours d'etude, malgre les importants obstacles techniques a une telle operation. Enfin, sans attendre, le gouvernement francais a fait parvenir a Erevan, en liaison avec les associations armeniennes, plusieurs chargements aeriens, qui doivent parer aux besoins les plus criants. Ces rotations seront poursuivies, en tant que de besoin. Dans le meme temps, notre pays s'attache a contribuer au reglement pacifique de la crise du Haut-Karabakh dans le cadre de la CSCE. Des reunions preparatoires a une conference internationale, proposee par la France, qui se tiendrait a Minsk, doivent reprendre a la fin du mois de fevrier. Elles representent, avec le soutien de l'ONU, la meilleure perspective d'une solution negociee. Enfin, desireux de fournir un cadre solide aux relations multiples qui se tissent aujourd'hui entre la France et l'Armenie, notre pays a propose au gouvernement armenien de signer prochainement un traite d'amitie et de cooperation entre nos deux pays, qui marque notre souhait de promouvoir activement le retour de l'Armenie dans les relations internationales.
Auteur : M. Falco Hubert
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Date :
Question publiée le 8 février 1993