Conditions d'attribution
Question de :
M. de Gastines Henri
- Rassemblement pour la République
M Henri de Gastines appelle a nouveau l'attention de M le ministre d'Etat, ministre de l'education nationale et de la culture, sur les conditions d'octroi des bourses d'enseignement secondaire aux enfants d'agriculteurs. Il lui expose le cas d'un agriculteur qui a ete avise par l'inspecteur d'academie que ses deux enfants ne pourraient beneficier d'une bourse au motif qu'une note de son ministere, du 10 fevrier 1992, precisait qu'il fallait reintegrer dans les ressources les dotations aux amortissements. Saisi de cette decision de refus, le juge administratif vient d'annuler la decision de l'inspecteur d'academie en estimant que la note en question presentait un caractere reglementaire et que le ministre ne tenait d'aucun texte le pouvoir de reglementer les conditions d'octroi des bourses nationales d'enseignement secondaire. Il lui demande s'il entend tenir compte de ce jugement et donner aux inspecteurs d'academie des directives, afin qu'ils cessent de prendre en compte les dotations aux amortissements pour determiner le revenu des familles et qu'ils retiennent, pour ce faire, les memes regles de calcul des revenus que celles utilisees par les services fiscaux.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Les textes qui servent de base a la reglementation des bourses nationales d'etudes du second degre et d'enseignement superieur sont les decrets nos 59-38 et 59-39 du 2 janvier 1959. Ces textes n'obligent pas les autorites academiques a s'en tenir a la seule definition du revenu imposable retenue par les services fiscaux. En effet, les bourses sont une aide accordee aux familles les plus demunies pour les aider a assurer les frais de scolarite de leurs enfants ; elles n'ont pas pour objet de les aider dans d'autres domaines, notamment d'ordre patrimonial. C'est la raison pour laquelle les deductions autorisees par la legislation fiscale en cas d'achat d'un logement ou d'amortissement ne sont jamais prises en compte. Aussi, les sommes consacrees a la reconstitution du capital de l'exploitation agricole ne peuvent, pour des raisons analogues, etre exclues des ressources totales prises en consideration pour l'attribution eventuelle d'une bourse. Toutefois, la necessite d'eviter une appreciation trop stricte des situations soumises a l'examen des services academiques a conduit a adresser aux autorites academiques, par note de service no 92-082 du 10 fevrier 1992, des instructions leur demandant de calculer une moyenne des trois derniers resultats d'exploitation auxquels sont reintegrees les dotations aux amortissements. Cette procedure parait de nature a corriger, pour l'examen des aides a la scolarite, l'application d'une pratique comptable qui, en augmentant les charges, a pour effet de diminuer le resultat imposable. Elle presente, en outre, l'avantage de pouvoir apprecier, de maniere significative, l'activite de l'exploitation dans le temps. En outre, la jurisprudence administrative n'est pas univoque en ce qui concerne cette reintegration de la dotation aux amortissements dans les revenus des agriculteurs puisqu'elle considere que celle-ci ne constitue ni une erreur de droit, ni une erreur d'appreciation de la part des services academiques.
Auteur : M. de Gastines Henri
Type de question : Question écrite
Rubrique : Bourses d'etudes
Ministère interrogé : éducation nationale et culture
Ministère répondant : éducation nationale et culture
Date :
Question publiée le 8 février 1993