XVe législature
Session extraordinaire de 2017-2018

Séance du mercredi 01 août 2018

L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement. La parole est à Mme Elsa Faucillon, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Monsieur le président, mes chers collègues, ma question s’adresse à M. le ministre des affaires étrangères. Quelques jours après le vote de la loi qui légalise de fait le régime d’apartheid existant en Israël, un bateau de la Flottille de la liberté accueillant à son bord vingt-deux militants de la paix, dont une ressortissante française, a été arraisonné en haute mer par l’armée israélienne.
Regroupant des associations du monde entier, l’objectif de cette flottille est de passer outre le blocus illégal de Gaza, avec des médicaments à bord, pour limiter l’actuelle pénurie qui sévit dans ses hôpitaux. Hier, le bateau a été abordé par les soldats de Tsahal dans les eaux internationales ; le capitaine du navire a été sommé de détourner sa route, puis l’équipage a été violemment arrêté, à coup de taser pour certains, et emprisonné à Givon. Après Salah Hamouri, une autre Française est donc désormais en prison en Israël, sans que cela ne semble provoquer d’émoi diplomatique.
Plusieurs questions se posent à la suite de cet événement. Tout d’abord, pouvez-vous nous dire, ou nous rappeler, pourquoi la France ne condamne pas le blocus illégal de Gaza ? Toute une population est emprisonnée depuis onze ans, n’ayant accès ni à son espace aérien, ni à son espace maritime, et ne peut compter que sur son geôlier pour subvenir à ses besoins.
Elle fait la guerre, cette population ! La France semble trouver cela normal ; c’est extrêmement choquant.
Pourquoi la France n’a-t-elle toujours pas condamné publiquement l’arraisonnement d’un navire battant pavillon norvégien en haute mer ? Cela s’apparente à de la  piraterie. Mais il est encore temps de protéger le deuxième  navire, le
Freedom .
Pourquoi Sarah Katz, militante française de l’Union juive française pour la paix, est-elle encore en prison ? La diplomatie française est-elle à ce point aux ordres du gouvernement israélien d’extrême droite ? Et quand la France compte-t-elle réagir pour enfin exprimer sa solidarité envers le peuple gazaoui…
Ça n’existe pas, le peuple gazaoui ! …et agir pour mettre fin à l’impunité d’Israël ? C’est cela, le prix de la paix. (Applaudissements sur les bancs des groupes NG, FI et GDR ainsi que sur quelques bancs du groupe MODEM) La parole est à Mme la ministre chargée des affaires européennes. Madame la députée, vous faites référence à ce qui vient de se passer dans la bande de Gaza. S’il est vrai qu’il y a rarement de bonnes nouvelles en provenance de Gaza, la situation est récemment devenue particulièrement préoccupante.
Il y a deux éléments dans votre intervention : le premier porte sur la situation d’un bateau et de l’une de nos compatriotes, le second concerne la situation générale à Gaza. Ce n’est pas la première fois qu’une flottille se rend en direction de Gaza pour protester contre le blocus et apporter de l’aide humanitaire ; ce n’est pas la première fois non plus que les bateaux d’une telle flottille sont arraisonnés par la marine israélienne. Dimanche, tous les passagers de l’
Al-Awda ont été arrêtés. Parmi eux figure l’une de nos compatriotes, Sarah Katz. C’est naturellement notre première préoccupation : le consulat lui a rendu visite dès hier. Nous vérifions que le droit international lui est appliqué et nous mettons en œuvre toute la protection consulaire à laquelle elle a droit. Pendant ce temps, la cargaison humanitaire que contenait le bateau est acheminée vers Gaza.
Plus largement, la situation à Gaza est particulièrement préoccupante. Bien sûr, il y a une crise humanitaire, mais sans crise politique, il n’y aurait pas de crise humanitaire. Cette crise politique est due à l’absence de perspective de paix pour les territoires palestiniens.
Notre position est connue et claire mais je la répète encore plus clairement aujourd’hui, puisque vous m’y invitez : nous souhaitons que le blocus de Gaza soit levé, en tenant compte des garanties de sécurité nécessaires pour l’État israélien. Nous souhaitons naturellement que les négociations reprennent et qu’une solution à deux États, vivant côte à côte dans des frontières sûres, dans la paix et la sécurité, avec Jérusalem comme capitale, puisse prévaloir. Nous y travaillons ; Jean-Yves Le Drian se trouve aujourd’hui en Jordanie, pour travailler notamment sur ce sujet.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et FI.) La parole est à M. Guillaume Kasbarian, pour le groupe La République en marche. Ma question s’adresse à Mme la ministre des transports. J’y associe ma collègue Aurore Bergé, députée de Rambouillet.
La gare de Paris-Montparnasse accueille chaque année plus de 50 millions de voyageurs, parmi lesquels les milliers d’usagers quotidiens de la ligne TER Paris-Chartres, l’une des plus fréquentées de France. Pour ceux-là, chaque retard engendre du stress, de la fatigue, des risques professionnels et des tensions familiales.
L’incendie survenu vendredi dernier dans un transformateur électrique de la société RTE a eu des conséquences considérables sur la circulation des trains. La liaison a été totalement coupée pendant plusieurs jours entre La Verrière et Paris. Vous avez réagi aussitôt, en annonçant l’ouverture d’une enquête. La SNCF et RTE se renvoient la balle de la responsabilité. En attendant, ce sont les usagers qui subissent. Nous avons été nombreux à organiser une solidarité citoyenne. J’ai moi-même pris plusieurs de nos concitoyens en covoiturage.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Au-delà de cette crise exceptionnelle, 10 % des trains de la ligne Paris-Chartres sont en retard, souvent à cause des infrastructures : panne de matériel, de signalisation, défaut d’aiguillage… Ces retards quotidiens appellent des investissements, mais aussi une réponse immédiate à la hauteur de l’insatisfaction des usagers : des statistiques incontestées, des indemnisations justes, des solutions de substitution agiles, une information claire.
Madame la ministre, qui sont les responsables de la crise de vendredi dernier en gare Montparnasse et quelles sont les solutions pour que cette situation ne se reproduise pas ? Plus généralement, quels sont les investissements prévus pour moderniser les infrastructures ferroviaires et pour améliorer le service aux usagers, pour tous les Français qui se lèvent tôt et qui se couchent tard, qui attendent des solutions concrètes pour améliorer leurs trajets du quotidien ?
La parole est à Mme la ministre chargée des transports. En panne ! Monsieur le député, je peux vous assurer que Nicolas Hulot et moi-même avons suivi de près dès vendredi midi l’incident qui a affecté la gare Montparnasse. Je suis consciente que cet incident a été très pénalisant pour les voyageurs, ceux qui partaient en vacances ou en revenaient, mais aussi les voyageurs du quotidien.
Cet incident a révélé une grande fragilité dans l’alimentation électrique de la gare Montparnasse. Personne ne peut comprendre une telle fragilité et le Gouvernement ne l’accepte pas. C’est pourquoi, dès samedi, Nicolas Hulot et moi-même avons annoncé le lancement d’une mission d’enquête pour comprendre pourquoi il n’y a pas de solution de substitution en cas de panne sur un poste de RTE et pour en tirer les leçons. Je peux vous assurer que je n’attendrai pas que cela arrive ailleurs. Ce sont toutes les grandes gares qui seront examinées dans le cadre de cette mission. Nous avons demandé des résultats pour la fin du mois d’août et les conclusions au cours de l’automne.
Au-delà de cet incident exceptionnel, vous évoquez aussi les retards du quotidien. C’est une préoccupation que je partage totalement. C’est pourquoi le Gouvernement a fait le choix de donner la priorité aux transports du quotidien. C’est le sens du plan d’investissements sans précédent que nous avons voulu pour moderniser notre réseau ferroviaire. Vous connaissez les chiffres : 10 millions d’euros par jour pendant dix ans, 50 % de plus que ce qui a été fait au cours de la décennie précédente.
Je peux vous assurer de ma détermination totale à ce que les Français bénéficient d’un réseau ferroviaire fiable, que ce soit pour partir en vacances ou pour les transports du quotidien.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. Dino Cinieri, pour le groupe Les Républicains. Je souhaiterais poser plusieurs questions à M. le Premier ministre en y associant tous mes collègues du groupe LR.
Monsieur le Premier ministre, le pouvoir d’achat des Français a-t-il progressé ?
(« Non ! » sur les bancs du groupe LR. – « Oui ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Est-ce que la consommation des ménages s’est relevée ? Non ! (« Non ! » sur les bancs du groupe LR. – « Oui ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Est-ce que la fiscalité des particuliers a diminué ? (« Non ! » sur les bancs du groupe LR. – « Oui ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Après la Banque de France, c’est l’INSEE qui vient de confirmer le ralentissement de la croissance, alors que la consommation des ménages faiblit.
Quant au pouvoir d’achat, les Français sont bien conscients qu’il a reculé depuis le début de l’année sous le poids de la hausse des taxes et des impôts. Les agriculteurs qui doivent faire face à l’augmentation du coût des carburants, à titre privé et pour leur exploitation ; les chômeurs, les familles, les élus ruraux, les responsables associatifs qui tentent de compenser la perte des contrats aidés, mais aussi les retraités qui subissent de plein fouet la hausse de la CSG que vous avez décidée…
Eh oui ! …tous sont légitimement excédés par vos effets d’annonce, qui tentent de masquer la réalité du matraquage fiscal ! En effet, la France reste le pays le plus fiscalisé et le plus taxé socialement de l’Union Européenne.
Monsieur le Premier ministre, qu’avez-vous fait des fruits de l’embellie économique de 2017 ?
Il n’en a rien fait ! Vous n’avez pas baissé la dépense publique qui continue de progresser, atteignant cette année 55,9 % du PIB. Vous n’avez pas réduit l’écart de notre pays avec nos partenaires européens. Nous sommes les champions du monde de la dépense publique et ce titre n’a pas de quoi nous réjouir !
Les Français savent, eux, qu’ils ont dû à nouveau cette année puiser dans leurs économies pour maintenir le train de vie de l’État. Ils sont inquiets au quotidien, mais aussi pour l’avenir, redoutant déjà la future réforme des retraites, qui risque une fois de plus de favoriser les très riches au détriment des classes moyennes.
Alors, monsieur le Premier ministre, allez-vous enfin agir pour rendre du pouvoir d’achat à nos concitoyens…
Merci, mon cher collègue.
La parole est à M. le ministre de l’action et des comptes publics.
Monsieur le député Dino Cinieri, il est bon que vous posiez cette question avant qu’elle ne soit périmée, puisque, dès le mois d’octobre, l’augmentation du pouvoir d’achat sera significative pour nos concitoyens. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) On peut continuer encore une minute vingt comme ça, si M. le président le souhaite ! (Applaudissements et rires sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Je continue, puisque le président Jacob m’y invite : étiez-vous pour la suppression de plus de 20 milliards d’euros pour les dotations aux collectivités totales ? (« Oui ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Avez-vous voté, monsieur Cinieri, pour le maintien des dotations aux collectivités locales ? (« Non ! » sur les bancs du groupe LaREM.) Je pourrais m’arrêter là, mais j’ai envie à mon tour de vous poser quelques questions.
Étiez-vous favorable à l’augmentation de deux points de la TVA ?
(« Oui ! » sur les bancs du groupe LaREM.) 
Avez-vous voté pour la suppression de la taxe d’habitation pour tous les Français ? (« Non ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Avez-vous voté pour la suppression, dès le mois d’octobre, des cotisations qui pèsent sur tous les salariés ?  (« Non ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Avez-vous voté la suppression des cotisations des indépendants que vous prétendez défendre ? (« Non ! » sur les bancs du groupe LaREM.)
Elles sont en baisse ! Vous êtes un fieffé menteur ! Je crois, monsieur le député Cinieri, qu’avant de dénoncer une hypothétique baisse du pouvoir d’achat, il serait bon de retourner dès le mois d’octobre devant vos électeurs pour leur dire que vous n’avez pas soutenu la baisse de la fiscalité, l’augmentation des crédits qui touchent tous vos électeurs. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
Je crains que des vacances ne soient nécessaires, pour vous comme pour nous ! ( Mmes et MM. les députés des groupes LaREM et MODEM se lèvent et applaudissent vivement. – Protestations sur les bancs du groupe LR.) La parole est à M. Jean-Luc Lagleize, pour le groupe du Mouvement démocrate et apparentés. Ma question, à laquelle j’associe notre collègue de Toulouse Pierre Cabaré, s’adresse à Frédérique Vidal, notre ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
Mercredi dernier, où bien des choses se sont passées, Ariane 5 a parfaitement réussi son troisième lancement de l’année depuis le Centre spatial guyanais
(Applaudissements sur les bancs des groupes MODEM et LaR EM) . Elle a mis en orbite quatre nouveaux satellites du programme européen Galileo ; ce nouveau succès permet désormais à la constellation Galileo d’être pleinement opérationnelle. C’est là un projet d’indépendance stratégique défendu par la France depuis 1993, puis par l’Europe depuis 2003.
Il nous permet de disposer du système de navigation par satellites le plus précis, fiable et sécurisé, qui servira en matière d’agriculture, de protection civile ou encore de transports. Cet outil donne à la France et à l’Europe une indépendance stratégique aujourd’hui plus que nécessaire compte tenu de la versatilité américaine et de l’instabilité mondiale. Comment, en effet, rester insensible devant un fournisseur, même allié, qui déciderait seul de couper la couverture GPS d’une zone de conflit ou de changer la puissance d’un signal ?
Mais ce remarquable succès français et européen ne doit pas masquer les bouleversements majeurs que connaît le secteur spatial.
Tout d’abord, les acteurs privés du « New Space » comme SpaceX, Amazon, Google ou Facebook bousculent nos champions industriels, notamment avec des projets innovants comme des lanceurs réutilisables et à bas coût.
Ensuite, les pays qui ambitionnent d’entrer dans le « club spatial » n’ont jamais été aussi nombreux : la Chine, la Corée, l’Inde ou les Émirats Arabes Unis.
La création du CNES, le Centre national d’études spatiales, par le Général de Gaulle, voilà cinquante ans, a permis à la France de se projeter dans la conquête et la construction de l’espace.
Madame la ministre, face à ces défis, quelles mesures le Gouvernement met-il en œuvre pour préserver nos activités spatiales…
Je vous remercie. … et conserver notre leadership, notre excellence ? (Applaudissements sur les bancs du groupe MODEM et sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député, comme nous tous ici, je me réjouis évidemment du succès de ce quatre-vingt dix-neuvième lancement d’Ariane 5.
C’est d’abord un succès pour ce lanceur, qui témoigne de l’excellence du CNES, mais aussi de l’Agence spatiale européenne, l’ESA, ou encore de notre industrie, puisque le portage est réalisé par l’industrie européenne.
C’est aussi le succès du Centre spatial guyanais, lieu que l’on nous envie internationalement, et c’est aussi celui de Galileo, donc de la Commission européenne et, une fois encore, du CNES, de l’ESA et du Centre spatial de Toulouse.
Oui ! Bravo ! C’est, enfin, un succès pour notre recherche, avec ce système de localisation extrêmement précis qu’est Galileo : on a l’habitude de dire que lorsqu’un GPS indique dans quelle rue on se trouve, Galileo indique sur quel trottoir.
Il importe donc de penser également aux retombées économiques, que ce soit dans le domaine de l’agriculture – les intrants pourront être diffusés d’une manière beaucoup plus précise – ou dans celui de l’automobile, où Galileo nous permettra de conserver notre avance.
L’année 2018 est un moment clé. Le 14 juin dernier, le conseil de l’ESA a voté l’ensemble des financements du programme Ariane 6. La Commission européenne prévoit quant à elle un investissement de plus de 16 milliards d’euros pour l’espace dans le prochain programme-cadre. En ce qui concerne le « New Space », nous développons à la fois Cal listo, Themis et Prometheus, le moteur à bas coût réutilisable, les satellites OneWeb au travers d’Airbus. Enfin, le CNES est en train de mettre en place un fonds CosmiCapital qui nous permettra de répondre aux défis dans le domaine spatial.
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à M. Sébastien Huyghe, pour le groupe Les Républicains. Monsieur le Premier ministre, l’arrogance et la suffisance n’ont jamais fait baisser les déficits, ni augmenté le pouvoir d’achat des Français, ni même fait revenir la croissance (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.)
L’arrogance et la suffisance, ce sont elles qui ont présidé à votre réponse aux motions de censure déposées hier. L’effet miroir ! L’arrogance et la suffisance, ce sont elles qui ont présidé à la réponse de votre ministre de l’action et des comptes publics, il y a quelques instants, à la question ô combien importante de mon collègue Dino Cinieri (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.) Le pouvoir d’achat des Français est une chose suffisamment importante pour en parler sérieusement. Nous ne sommes pas au cirque ! (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM. – Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Nous sommes dans l’hémicycle, où nous représentons le peuple français. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)
Les éléments économiques qui nous parviennent sont alarmants : la diminution de la croissance, telle que l’INSEE vient de l’annoncer, vous oblige à revoir vos prévisions ; les déficits se creuseront, car vous en avez gagé la diminution sur le seul maintien de la croissance.
Vous avez massivement augmenté les impôts des Français…
Lesquels ? …et à ce constat, vous venez de répondre : « Vous verrez bien demain ! » – vous verrez en septembre, vous verrez en octobre, vous verrez en 2019… Sauf que les Français ont déjà vu l’augmentation de la CSG, l’augmentation des taxes sur les carburants, sur le gaz, j’en passe et des meilleures. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Vous ne dites rien de la suppression de la taxe d’habitation ? Votre politique rétrécit le portefeuille des Français et aggrave le déficit !
Alors, monsieur le Premier ministre, allez-vous enfin privilégier les économies sur les dépenses de l’État plutôt que d’augmenter les impôts des Français et le déficit de notre pays ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) La parole est à M. le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Un traître peut en cacher un autre ! Monsieur le député, je pourrais finalement vous répondre exactement comme Gérald Darmanin, puisque vous posez les mêmes questions que votre collègue.
Vous souvenez-vous qu’il y a un an, vous souteniez une augmentation de deux points de la TVA, qui aurait coûté 13 milliards d’euros aux Français ?
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Vous ne disiez pas la même chose il y a huit mois ! Il y a un an, vous étiez contre le Gouvernement ! Pourquoi n’avez-vous pas voté le budget ? Nous, nous allons supprimer la taxe d’habitation, et dans un département comme le vôtre, 86 % des ménages bénéficieront de sa diminution.
Soutenez-vous la généralisation du chèque énergie que nous nous apprêtons à déployer ? La réponse est non.
Vous avez entendu, il y a un instant, la réponse à la question de votre collègue Cinieri, qui a rendu cette dernière sans objet. Vous avez pu constater que l’outrance et la caricature ne suffisent pas à emporter un raisonnement, et le ton que vous avez employé ne masque pas mieux l’absence totale de propositions de votre formation politique.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Ce sont les Français qui jugent ! Nous sommes devant vous avec des hypothèses et un travail budgétaires. Nous avons une loi de programmation. Nous avons réduit les déficits et fait en sorte, pour la première fois depuis quinze ans, de tenir les engagements européens que votre famille politique n’a jamais su tenir. Nos hypothèses de travail sont prudentes. Elles s’appuient sur la croissance, sur des mesures en faveur du pouvoir d’achat qui seront mises en œuvre au mois d’octobre.
Puisque vous nous avez posé la question du pouvoir d’achat, laissez-moi vous rappeler que la prime d’activité va augmenter.
C’est faux ! Il y a un an, vous étiez au PS ! Laissez-moi vous rappeler que, le 1er novembre, nous augmenterons l’allocation aux adultes handicapés de 50 euros. Vous n’y croyez même pas ! Laissez-moi vous répéter – je l’ai dit à l’instant – que nous ferons bénéficier 4 millions de foyers d’un chèque énergie de 150 euros. Ce sont là autant de mesures en faveur du pouvoir d’achat sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir, autant de mesures en faveur des ménages les plus fragiles, que vous avez quant à vous renoncé à défendre depuis bien longtemps. Nous travaillons pour eux, nous travaillons pour les Français, et les hypothèses sur lesquelles nous avons construit et préparé le budget 2019 permettront à la France de tenir ses engagements et au Président de la République de tenir les siens. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à Mme Blandine Brocard, pour le groupe La République en marche. Madame la ministre des solidarités et de la santé, alors que la période de débat que nous avons traversée ces dernières semaines a fait grimper – un peu artificiellement, je vous l’accorde –, la température de cet hémicycle, ce sont bien la France et les Français qui traversent actuellement une période de très forte chaleur. Nous devrions ainsi connaître, à partir de vendredi, des niveaux caniculaires, avec un mercure dépassant localement 40o C. Et cette situation devrait se prolonger au-delà du week-end.
Les prévisions établies ces dernières décennies se confirment : les épisodes de canicule vont, à l’avenir, se multiplier et s’aggraver, tant en termes de durée que d’intensité, et ce, partout dans le monde. À l’évidence, notre action ne peut se limiter à une échelle nationale. Elle va déjà bien au-delà, puisque toutes nos communes, nos villes et nos villages, nos associations de quartiers et nos élus locaux, partout en France, agissent quotidiennement et prennent soin de nos populations les plus vulnérables, nos aînés, bien évidemment, mais aussi les sans-abris, les nourrissons et tous ceux qui travaillent à l’extérieur.
Ce qui se joue va bien au-delà d’un simple phénomène météorologique, dont il nous faudrait maîtriser les conséquences. Il s’agit de mesurer notre capacité à regarder l’autre, à « prendre du souci » comme l’on dit à Lyon, bref, à s’intéresser au bien-être de ceux qui nous entourent.
Madame la ministre, je vous sais très sensible à cette question et entièrement mobilisée pour lutter contre les effets de la canicule. Pouvez-vous nous en dire davantage sur l’action du Gouvernement en cette période un peu particulière qui exige, de notre part à tous, vigilance et solidarité à l’égard des plus fragiles ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) La parole est à Mme la ministre des solidarités et de la santé. Madame la députée, je vous remercie de mettre l’accent sur cette situation, qui va se répéter et s’aggraver dans les années qui viennent. Nous avons évidemment tiré les leçons des canicules de 2003 et 2006, et les services de l’État sont complètement engagés pour déployer des procédures qui visent à améliorer la sécurité de nos concitoyens en période de grande canicule.
Aujourd’hui, le plan canicule a été déployé dans quinze départements et le sera dans trente-quatre à partir de demain, puisque la grande chaleur va s’installer sur le centre et le nord du pays. Ces activités sont évidemment très suivies par les agences régionales de santé – ARS –, qui sont mobilisées avec les collectivités territoriales. Je rappelle que les mairies mettent en place des salles réfrigérées pour les personnes âgées et qu’il existe des procédures pour suivre les personnes retraitées qui vivent dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes – EHPAD –  ou qui sont hospitalisées.
Il faut également faire très attention aux personnes qui travaillent à l’extérieur, et la Direction générale du travail vient d’envoyer une circulaire contenant des recommandations, notamment pour les travailleurs du BTP. Nous suivons également les automobilistes, en diffusant des spots sur les autoroutes, rappelant qu’il ne faut pas laisser les enfants dans les voitures.
Nous suivons tous les jours, au centre de crise du ministère, la tension dans les hôpitaux, notamment l’affluence dans les services d’urgences et les appels à SOS Médecins. Nous avons constaté, ces derniers jours, une augmentation du nombre d’appels liée à la canicule. Il importe de souligner que les personnes âgées ne sont pas les seules touchées et que ces appels concernent des personnes de tous les âges, notamment des enfants et des adolescents ayant fait du sport, mais aussi des adultes.
C’est aujourd’hui un enjeu de solidarité. Je rappelle que les dernières canicules ont essentiellement tué des personnes vivant dans la rue, sans domicile fixe, et que les grandes associations sont aujourd’hui totalement mobilisées.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à M. Charles de Courson, pour le groupe UDI, Agir et indépendants. Monsieur le Premier ministre, les nuages s’amoncellent sur la croissance économique française. («  Eh oui  ! » sur quelques bancs du groupe LR.) Les trois facteurs favorables qui avaient expliqué le surcroît de croissance en 2017 se sont  inversés. Les taux d’intérêts remonteront dès la fin de cette année, du fait de la fin des politiques monétaires accommodantes de la Réserve fédérale des États-Unis – la Fed – et de la Banque centrale européenne, la dégradation de la parité entre l’euro et le dollar et la forte hausse du baril de pétrole pénaliseront la croissance française.
De plus, le Brexit, avec les incertitudes qu’il fait peser sur l’avenir des relations entre le Royaume-Uni et le reste du monde, et, surtout, la stratégie protectionniste du Président des États-Unis en matière de commerce international déstabilisent les acteurs économiques. Le ralentissement de la croissance est là : l’INSEE a dressé le constat d’une faible croissance de 0,2 % au premier comme au second trimestre de 2018, ce qui signifie que l’objectif retenu par le Gouvernement, qui tablait sur une croissance du produit intérieur brut de 2 % en 2018 et de 1,9 % en 2019, n’est plus crédible. Sans un effort sans précédent d’économies – que notre groupe vous a proposées –, le respect de la trajectoire des finances publiques adoptée par le Parlement sera impossible en 2019 et en 2020.
Vous avez demandé au Comité action publique 2022, dit CAP 22, de vous faire des propositions d’économies. Ce dernier vous a transmis vingt-deux propositions pour changer de modèle, qui permettraient de réduire d’une vingtaine de milliards d’euros les déficits publics.
Monsieur le Premier ministre, ma question est toute simple : pouvez-vous indiquer à la représentation nationale les grands axes d’économies que vous envisagez de réaliser ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-Agir et sur quelques bancs du groupe LR.) La parole est à M. le ministre de l’action et des comptes publics. Monsieur le député, nous avons eu l’année dernière, à peu près à la même époque, une discussion autour des décrets d’avance que j’ai portés, à la demande du Président de la République et du Premier ministre, pour tenir les comptes publics. La Cour des comptes avait constaté un déficit de 3,4 %, indépendamment des économies qu’une partie d’entre vous avait d’ailleurs désapprouvées – ce qui n’a pas été votre cas, monsieur le député.
Nous avons connu, à la fin de l’année dernière, une accélération très forte de la croissance, qui a entraîné une accélération très forte des recettes. Ces économies et ces recettes enregistrées au cours du dernier trimestre de 2017 nous ont permis de ramener le déficit à 2,6 % : c’était la première fois, depuis dix ans, qu’il passait en dessous de 3 %.
Vous savez comme moi, monsieur le député, car vous avez plus d’expérience que moi en ce domaine, qu’il faut attendre la fin du mois d’août, voire le début du mois de septembre, pour être assuré d’un changement de taux de croissance. Si cette baisse du taux de croissance était avérée, celui-ci, en tout cas, ne serait pas inférieur à 1,8 %.
Dans le projet de loi de finances de l’année dernière, nous avons nous-même retenu, comme Éric Woerth et vous-même nous y aviez d’ailleurs encouragés, une hypothèse de croissance très basse, à 1,7 %. La cible que Bruno Le Maire et moi-même avons définie dans le cadre de la construction budgétaire est donc tout à fait atteignable.
C’est tellement vrai, monsieur le député, que les taux d’intérêts, dont vous prévoyez l’augmentation en fin d’année et l’année prochaine, sont pour l’instant inférieurs à ce que nous avions prévu dans notre budget. D’ailleurs, nous avons même une petite marge budgétaire, qui est due au fait que Bruno Le Maire et moi-même avions construit notre budget sur des bases volontairement pessimistes.
Vous me posez la question de la dépense. Nous avons un déficit à 2,6 % et nous ne changerons pas notre objectif, qui est d’atteindre 2,3 % l’année prochaine, et nous devrons trouver 20 milliards supplémentaires, puisque nous transformons le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi – CICE – en allègements de charges. Cela veut bien dire que, indépendamment de la croissance, c’est par la baisse de la dépense publique que nous tiendrons nos objectifs en matière de comptes publics.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à M. Sylvain Brial, au titre des députés non inscrits. Il s’agit de sa première intervention dans l’hémicycle depuis son élection. (Applaudissements sur plusieurs bancs) Monsieur le Premier ministre, le 4 novembre prochain aura lieu le premier référendum prévu par les accords de Matignon sur l’avenir de la Nouvelle -Calédonie.
Le Gouvernement consent de nombreux efforts pour que ce référendum se déroule dans de bonnes conditions.
Je souhaite appeler tout particulièrement votre attention sur la communauté wallisienne et futunienne présente en Nouvelle-Calédonie, estimée à 30 000 personnes. Depuis plus de trois générations, ces personnes ont quitté nos îles pour trouver du travail, d’abord principalement dans le nickel, puis dans les travaux publics, l’administration ou encore l’armée.
Si, aujourd’hui, une certaine harmonie règne entre les communautés, il n’en a pas toujours été ainsi. La communauté wallisienne et futunienne s’inquiète à l’approche de ce référendum et craint pour son avenir.
Ces hommes et ces femmes, qui ont tout quitté pour devenir une force vive du territoire de la Nouvelle-Calédonie, participent largement à son développement économique.
Quel sera leur avenir en Nouvelle-Calédonie ? Comment sera assurée leur sécurité physique, mais aussi matérielle ? Comment seront garantis leurs investissements et leur patrimoine ?
À Wallis, à Futuna, cette inquiétude a également des conséquences et fait peser une hypothèque économique, un blocage sur le foncier. De graves interrogations se posent quant à l’avenir. Que deviendront nos relations spécifiques et essentielles entre nos territoires ?
Je vous demande, monsieur le Premier ministre, quelles sont les mesures précises de prévention et de protection que le Gouvernement a prises pour prévenir tout trouble en Nouvelle-Calédonie, spécialement à l’égard de la communauté wallisienne et futunienne.
Quel plan le Gouvernement envisage-t-il pour venir, en toute hypothèse, soutenir cette communauté et le territoire de Wallis et Futuna ?
(Applaudissements sur divers bancs) Très bien ! La parole est à M. le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. secrétaire d’État à la buvette ! Monsieur le député, vous venez d’évoquer le rôle et la place des Wallisiens et des Futuniens dans l’histoire récente de la Nouvelle-Calédonie. Nous avons en mémoire certaines tragédies comme celle de l’Ave Maria, à Saint-Louis, au début des années 2000, qui a provoqué la mort de deux Mélanésiens et d’un Futunien, sans parler des nombreux blessés.
Ces événements ont marqué notre territoire et toute la Nouvelle-Calédonie. Votre question y fait écho.
Depuis cette date, un long chemin a été parcouru, guidé par l’esprit des accords de Nouméa, fondés sur le destin commun et le vivre-ensemble. La communauté wallisienne et futunienne vit aujourd’hui en harmonie avec la Nouvelle-Calédonie.
À Nouville, le 5 mai dernier, le Président de la République avait rappelé que l’histoire de la Nouvelle-Calédonie était « une addition d’histoires, souvent tragiques, heureuses aussi, toutes marquées par le courage et la volonté de bâtir. »
Le chef de l’État avait aussi cité les Wallisiens et les Futuniens, parce qu’ils font partie de cette histoire, de notre histoire, qu’elle soit économique ou politique. Elle nous a permis de devenir ce que nous sommes aujourd’hui.
Compte tenu de l’ancienneté de leur présence en Nouvelle-Calédonie, nombre d’entre eux participeront au référendum du 4 novembre. Au-delà, il est essentiel que nous puissions accompagner et canaliser la jeunesse calédonienne qui, parfois désoeuvrée, peut commettre des actes susceptibles d’inquiéter.
Vous avez évoqué cette inquiétude, monsieur le député. Au nom du ministre de l’intérieur, je vous assure que les services de l’État mobiliseront les 1 400 policiers et gendarmes présents sur ce territoire pour qu’à aucun moment, la communauté que vous représentez dignement à l’Assemblée nationale ne se sente menacée, où que ce soit sur le territoire et en particulier en Nouvelle-Calédonie.
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. Jacques Maire, pour le groupe La République en marche. Madame la ministre chargée des transports, l’on nous annonce, depuis quelques minutes, de fausses catastrophes économiques, alors qu’une vraie catastrophe, ni de gauche ni de droite, mais plutôt et de gauche et de droite, s’est produite : la fin, depuis hier, d’Autolib.
Catastrophe économique, puisque la facture s’élève à 290 millions d’euros, catastrophe sociale, puisque 600 emplois sont supprimés, catastrophe écologique du fait de l’abandon de 1 100 centres de rechargement et de 4 000 voitures électriques.
Vivement les prochaines élections à Paris ! M. Mahjoubi et M. Griveaux sont sur les rangs ! M. Maillard aussi ! Et M. Renson ! Le problème est d’abord de nature sociale. Pas moins de 150 emplois au seul siège de Vaucresson et 600 emplois au total sont en jeu. Un plan social est attendu, mais les salariés ne pourront être repris du fait de la fin de la délégation de service public, alors que des opérateurs privés, comme Renault, Peugeot, Volkswagen pourraient se porter candidats. Je demande au Gouvernement de se montrer vigilant pour que les salariés d’Autolib puissent être reclassés. (M. Jean Lassalle applaudit)
Catastrophe écologique car, comme nous en avons déjà fait l’expérience avec le minitel ou d’autres avancées technologiques, on peut se retrouver avec une infrastructure encombrante sur les bras. Après avoir été en avance, en tant que plus grande métropole à disposer de l’équipement d’autopartage électrique le plus important au monde, Paris se retrouve avec des épaves énergétiques le long de ses rues.
Les propositions avancées aujourd’hui reposent sur le « free floating », à savoir de petites flottes équipant certains quartiers et remettant en cause la visibilité d’un équipement métropolitain.
Le futur projet de loi relatif aux mobilités durables devra être l’occasion pour le Gouvernement de faire des efforts pour améliorer l’équipement et développer les zones à émissions modestes.
La question ! Quelles leçons le Gouvernement tire-t-il de la fin d’Autolib et quelles sont ses intentions ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à Mme la ministre chargée des transports. Ce n’est pas M. Griveaux qui répond ? Monsieur le député, on ne peut que regretter la fin d’Autolib pour des raisons financières. Concernant les salariés, il n’est pas dans le rôle du Gouvernement de se substituer aux élus et à l’entreprise, mais j’ai entendu certaines collectivités réclamer un plan de sauvegarde de l’emploi exemplaire, et je peux vous assurer que le Gouvernement y sera vigilant.
Je voudrais vous faire part d’une conviction. L’arrêt d’Autolib ne remettra pas en cause le mouvement vers une mobilité propre et partagée, comme nous en voyons des exemples partout dans le monde. C’est pourquoi la mobilité propre sera l’un des piliers du futur projet de loi d’orientation des mobilités. Avec Nicolas Hulot, j’ai présenté le 20 juillet dernier des mesures concrètes comme la mise en place de zones à faibles émissions. Nous avons engagé un travail important avec les collectivités des quinze zones les plus concernées par les enjeux de qualité de l’air.
Le Gouvernement ne se préoccupe que de Paris ! Surtout M. Mahjoubi ! Ce dispositif a fait ses preuves partout en Europe.
Nous renforcerons par ailleurs notre soutien au déploiement des bornes de recharge, avec une hausse de la prise en charge de leur installation par les réseaux de distribution, en portant cette part de 40 à 75%.
Nous favoriserons également le développement du covoiturage, en expérimentant des voies dédiées au covoiturage dès l’an prochain.
Ce n’est pas la question !
Enfin, nous présenterons à la rentrée un plan ambitieux en faveur du vélo, pour tripler la part du vélo comme mode de déplacement.
Ce mouvement pour la mobilité propre est indispensable et irréversible. Le Gouvernement sera au rendez-vous de cet enjeu essentiel pour la qualité de vie au quotidien. Je sais que nous pourrons nous retrouver sur cet objectif à l’occasion de l’examen du futur projet de loi d’orientation des mobilités.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à Mme Mathilde Panot, pour le groupe La France insoumise. Ma question s’adresse à M. Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire. Il est parti en vacances ! Aujourd’hui, 1er août 2018, notre planète entière entre en dette écologique. En 1971, ce n’était que le 24 décembre. Pour notre pays, le jour du dépassement est le 5 mai. Tous les signaux sont au rouge : nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse des espèces, les trajectoires actuelles nous entraînent vers quatre degrés de réchauffement climatique en 2100 et le monde verra 250 millions de réfugiés climatiques en 2050.
Les effets sont déjà là : l’année 2017 a été la troisième année consécutive de températures exceptionnellement chaudes, avec 710 événements climatiques extrêmes et 10 000 morts.  Dans les villes, au moment où je vous parle, nos concitoyens étouffent sous l’effet de chaleurs extrêmes et de  la pollution.
Dans un entretien au Journal du dimanche, monsieur Hulot, vous en appelez à une union sacrée sur le climat. Mais n’êtes-vous pas ministre ? Commencez donc par réaliser votre union sacrée au sein de votre propre gouvernement !
(Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)
Il est vrai que vous êtes le ministre d’un gouvernement qui fait appel de l’annulation d’Europa City, projet qui contribue à l’artificialisation des terres ; d’un gouvernement qui brade nos réserves stratégiques d’eau et qui signe des traités de libre échange comme le CETA – Accord économique et commercial global – ou le JEFTA – accord de libre-échange entre le Japon et l’Union européenne –, lesquels accroissent le grand déménagement du monde ; d’un gouvernement qui laisse les émissions de gaz à effet de serre augmenter de 3 % par an, en dépit de ses engagements internationaux ; d’un gouvernement qui pratique une politique pour les riches avec, pour seul mot d’ordre : « Qu’ils crèvent et, après nous, le déluge ! » Que proposez-vous ? Vous souhaitez présenter un plan d’adaptation au changement climatique : très bien ! Mais commencez par cesser de prendre des mesures nuisibles à l’écologie. Contrairement à ce que vous semblez croire, on ne peut pas, en même temps, s’enfoncer et s’en sortir. Les quatre-vingt-dix principales entreprises extractivistes sont responsables de 50 % de la hausse de la température mondiale et de 30 % de la hausse du niveau des mers. On ne peut pas, à la fois, reconnaître que ces politiques du siècle dernier sont à l’origine de l’urgence écologique et les poursuivre. Votre nouveau monde ressemble surtout à la fin du monde 
Quand engagerez-vous enfin la transition inévitable du modèle de production et de consommation de notre pays ? Quand comprendrez-vous que votre politique repose sur un modèle de société dépassé ?
(Applaudissements sur les bancs des groupes FI et GDR. – Exclamations sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à Mme la secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire. Madame la députée, je suis ravie de constater que le changement climatique est revenu au centre de vos préoccupations. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Protestations sur les bancs du groupe FI.) Il l’a toujours été. C’est que vous ne nous avez pas écoutés ! Vous n’êtes qu’insolente ! Un peu de respect ! Le changement climatique n’a pas attendu nos enfants pour devenir réalité, il l’est d’ores et déjà, aujourd’hui, qui est le jour du dépassement, celui où nous entrons en faillite. Plus nous continuerons dans cette voie, plus nous nous endetterons, ce qui signifie que notre modèle économique ne fonctionne pas.
Il faut réussir à dompter la finance. C’est ce gouvernement qui le dit.
Ce n’est pas vrai ! Il nous faut une finance durable. C’est la raison pour laquelle nous travaillons collectivement, avec Bruno Le Maire et Delphine Gény-Stephann, à rendre la finance plus durable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Le Président de la République s’y est engagé et l’a fait concrètement dès le One planet summit , dont une nouvelle édition se tiendra le 26 septembre prochain. Telle est, aussi, la raison pour laquelle le Premier ministre a annoncé une feuille de route de l’économie circulaire, afin de transformer notre économie en profondeur. Nous ne nous contentons pas de propos catastrophistes : nous soulignons ce qui va dans le bon sens et agissons pour transformer notre économie. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur les bancs du groupe FI.)
Quelque 80 % des mesures de la feuille de route de l’économie circulaire ont déjà été mis en œuvre : cinquante-cinq entreprises et fédérations se sont engagées ensemble à doubler la quantité de plastique recyclé qu’elles incorporent dans les produits qu’elles mettent sur le marché. Nous avons également pris à bras-le-corps la question de la biodiversité. Il serait temps ! Vous êtes en retard d’au moins cinquante wagons ! La France a pris la responsabilité d’accueillir le congrès de l’UICN– Union internationale pour la conservation de la nature – à Marseille, pour demeurer, comme nous l’avons déjà été avec l’Accord de Paris, une nation qui tire les autres vers le haut, quand il s’agit de protéger la biodiversité.
Si vous avez le courage de nos opinions, agissez avec nous.
Toujours l’excès ! Et l’arrogance ! Je vous invite au ministère, où vous avez déjà été reçue plusieurs fois par mon cabinet. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur les bancs du groupe FI.) La parole est à Mme Pascale Fontenel-Personne, pour le groupe La République en marche. Monsieur le ministre de l’éducation nationale, le 18 juillet, vous avez annoncé la création de plus de 10 000 postes d’AESH – accompagnants des élèves en situation de handicap – supplémentaires à la rentrée prochaine. Je salue cette annonce. Créer plus d’emplois robustes, face à un nombre toujours croissant d’élèves en situation de handicap, est une très bonne nouvelle, après la suppression l’an passé des contrats aidés.
Néanmoins, des élus locaux d’une petite commune de ma circonscription m’ont récemment interpellée sur la décision de l’inspection académique de ne pas reconduire le contrat AESH de leur école, le motif étant « un manque de connaissance du handicap et d’adéquation avec la mission ».
Eh oui ! Comment expliquer que cette personne, qui a été trois ans durant AVS – auxiliaire de vie scolaire – puis un an AESH, ait, du jour au lendemain, perdu les compétences nécessaires ? De nombreuses familles connaissent des situations similaires de rupture brutale de contrat. Le motif n’est pas recevable. Allons au bout de notre démarche : libérons, protégeons. Il fallait écouter M. Lurton ! Si l’augmentation du nombre d’AESH est une bonne nouvelle, l’amélioration des conditions de travail et d’accès à la profession doit suivre. Ces personnels sont souvent contraints d’enchaîner durant de nombreuses années des CDD, rémunérés au SMIC, pour espérer un jour obtenir un CDI. Ils n’ont aucune garantie de voir leur contrat renouvelé l’année suivante. Or on ne bâtit rien sur de telles incertitudes. C’est vrai ! Si l’on veut assurer un accompagnement continu et durable de l’élève, il est temps de repenser et de mettre en œuvre les moyens de la formation et de la valorisation de cette profession. Le Président de la République s’est engagé à donner accès à un AVS à tous les enfants en situation de handicap. Il a également promis de pérenniser et de stabiliser ces emplois. Déjà à la rentrée dernière, il y a un an ! Je sais votre volonté de parvenir à une école « pleinement inclusive » à la fin du quinquennat. Pour atteindre cet objectif, quels efforts seront fournis pour améliorer les conditions de travail des personnels accompagnants, et quels critères seront pris en compte par les académies pour le renouvellement et les validations de ces personnels ? (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM et sur plusieurs bancs du groupe LR.) Une très bonne question ! La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale. Madame la députée, je vous remercie d’évoquer cette question, qui est une des plus importantes pour l’éducation nationale. Vous le savez, le Gouvernement s’est totalement engagé dans l’objectif de l’école inclusive. Comme dans celui des fermetures de classe ! Sophie Cluzel et moi-même, qui y travaillons en permanence, avons défini une route assez claire. Répondre à votre question me permet de la préciser.
L’école inclusive suppose l’adaptation de l’ensemble du système scolaire à l’accueil de tous les élèves, quel que soit leur profil, les élèves en situation de handicap étant ceux qui permettent à l’école de démontrer sa faculté d’adaptation.
L’école, en France, a réalisé en ce sens depuis vingt ans des progrès à la fois réels et trop lents. Nous voulons passer aujourd’hui à une nouvelle étape – Sophie Cluzel et moi-même l’avons annoncée de manière tout à fait publique –, qui consistera à promouvoir une gestion au plus près du terrain. Il appartiendra, dans le futur, aux établissements scolaires d’adapter la relation entre un accompagnant et un élève, en fonction de la situation de celui-ci.
À partir de la rentrée prochaine, cette nouvelle démarche sera expérimentée dans toutes les académies de France. Elle sera généralisée à la rentrée suivante. Des moyens nouveaux sont d’ores et déjà mis en œuvre : vous y avez fait référence. Je pense à la création de 10 900 postes d’AESH. Ces créations constituent une très bonne nouvelle puisqu’elles signifient que nous savons, progressivement, substituer aux contrats aidés, qui étaient précaires, des contrats robustes, qui permettront de répondre à la question que vous avez posée.
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
Ces contrats, en effet, nous permettront non seulement de mieux accompagner les enfants, mais également d’offrir une meilleure situation aux accompagnants eux-mêmes. Nous avons décidé de leur donner au minimum soixante heures de formation et d’assouplir leurs conditions de recrutement, afin de répondre aux situations individuelles, en ne demandant plus que neuf mois d’expérience pour être AESH. La prochaine rentrée permettra donc de progresser encore en matière d’école inclusive, grâce à un nouveau paradigme d’accueil. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. Bruno Millienne, pour le groupe du Mouvement démocrate et apparentés. Madame la secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, depuis deux semaines, notre assemblée passe à côté des vrais sujets. À cause du Gouvernement ! Ça, il fallait oser ! L’affaire Benalla en témoigne. (Exclamations sur divers bancs.)
Nous venons de vivre une semaine d’extrêmes climatiques : au moins quatre-vingt-treize morts suite aux incendies en Grèce – des incendies frappent également la Suède –, records de température en France, inondations et canicule au Japon, où l’on dénombre également près d’une centaine de victimes et 40 000 personnes hospitalisées. Le réseau international WWA – World Weather Attribution – est formel : la vague de chaleur extrême est due au réchauffement mondial, lui-même dû aux activités humaines. Vous avez dû prendre un coup de soleil ! Les vagues de chaleur de ce type pourraient devenir la norme d’ici les années 2050.
Je pense à la montée du niveau des océans, qui amènera Miami, New York, Tokyo, Singapour ou Amsterdam à être envahies par les eaux. Je pense aux 250 millions de réfugiés climatiques prévus en 2050. Je pense aux plus de 100 millions de personnes qui pourraient basculer dans l’extrême pauvreté. Je pense à l’impact du réchauffement climatique sur la faune et la flore, avec la disparition prévue d’une espèce animale sur six.
Le ministre d’État Nicolas Hulot l’a dit,…
Où est-il ? Il ne fait rien ! …nous avons collectivement une immense responsabilité. L’urgence climatique demeure et ne peut plus être une préoccupation mineure. Oui, cet enjeu appelle une réponse universelle. Oui, nous aurons besoin d’une union sacrée nationale. Mais surtout, les réponses européennes et internationales se font attendre. Une réflexion européenne sur les énergies renouvelables doit être menée. Comment l’engager ? Comment l’incarner ? Comment passer des paroles et des objectifs écrits à la réalité des actes ? Comment bâtir ce nouveau modèle de société durable tout en ayant à l’esprit que de nombreux pays ont besoin de poursuivre leur développement économique et industriel et qu’il serait hypocrite de blâmer leur modèle de croissance, qui était le nôtre il y a encore peu de temps, sans leur proposer un autre chemin ?
C’est avec une certaine naïveté que je vous pose cette question, madame la secrétaire d’État : quels leviers nous reste-t-il pour agir concrètement, collectivement et efficacement contre le changement climatique ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe MODEM et sur quelques bancs du groupe LaREM.) Quelle audace ! La parole est à Mme la secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire. Nicolas Hulot est en vacances depuis deux semaines ! Vous l’avez souligné, monsieur le député, c’est aujourd’hui le jour du dépassement. Cela veut dire qu’aujourd’hui, nous avons consommé l’intégralité des ressources produites par la planète en un an : à partir d’aujourd’hui, nous vivons donc à crédit. En 1970, cet événement avait lieu le 24 décembre.
Il y a donc une contradiction entre nos actes et le modèle économique que nous devons développer. Mais les efforts sont là, le changement est là : nous sommes en train d’écologiser, de verdir l’intégralité de notre système économique.
« Écologiser » ? On dirait du Ségolène Royal ! Ségolène, sors de ce corps ! Nous devons accélérer cette tendance. C’est pour cette raison que nous avons pris résolument le leadership sur la question de la finance durable. Il faut transformer en profondeur la finance pour que les investissements privés, les capitaux privés se mettent au service de la planète et de projets « bas carbone ». C’est ce que nous avons fait en prenant une série de douze engagements lors du One Planet Summit.
La transition doit aussi être solidaire. Pour ce faire, nous avons lancé en France toute une série d’initiatives qui ont déjà porté leurs fruits. Je pense par exemple à la prime à la conversion, qui aide les Français, modestes ou non, à changer de voiture au profit de véhicules plus propres et plus respectueux de l’environnement. Cette mesure est un moteur de développement industriel et de création d’emplois, tout en permettant de mieux respecter l’environnement. Je vous ai ainsi donné un exemple concret.
Vous parlez d’Autolib ? De même, au niveau européen, nous sommes véritablement en situation de leadership. La France a formé autour d’elle une coalition de douze États qui vont stimuler le reste de l’Europe et présenter une position européenne très forte lors de la COP24.
Nous avons enfin fixé des objectifs très ambitieux qui nous permettent de réaliser, aujourd’hui en France, la transition écologique et solidaire. Nous sommes actuellement en train de préparer la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui va nous montrer le modèle le plus respectueux de l’environnement et le plus solidaire que nous devrons suivre.
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour le groupe Nouvelle Gauche. Madame la ministre des solidarités et de la santé, les services d’urgence craquent, les hôpitaux manquent de moyens et le personnel nous avertit que la sécurité des patients ne sera plus forcément assurée cet été. Eh oui ! De nombreux médias relaient cette situation de crise. Dans le meilleur des cas, les patients souffrent et attendent des heures dans un couloir pour passer une simple radio. Je tiens les témoignages à votre disposition.
Des urgences sont fermées dans des hôpitaux, par exemple dans la Drôme, à Saint-Vallier. Elles sont fermées la nuit pendant tout l’été, mais désormais aussi le jour au mois d’août. Des services d’urgences seraient transformés en centres de soins non programmés, où les soins urgents non vitaux devraient être assurés par des médecins pas forcément urgentistes.
Quelle honte ! Et les fermetures de maternités ? En réalité, les hôpitaux sont confrontés aux tensions de démographie médicale et les réorganisations ont trouvé leurs limites. Le rapport parlementaire qui vous a été remis dernièrement préconise finalement que les médecins de ville travaillent plus, ou différemment, pour désengorger les urgences, alors que c’est précisément le manque de médecins et leur excès de travail qui conduisent les patients à se diriger vers les urgences. Bien sûr ! À ce propos, quel dommage, madame la ministre, que la proposition de loi de Guillaume Garot visant à lutter contre la désertification médicale, qui tendait à encourager une répartition équitable des médecins sur le territoire et répondait d’ailleurs aux préconisations de la Cour des comptes, n’ait pas été acceptée par votre majorité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe NG.)
Au regard de cette situation des urgences, que pouvez-vous nous dire de leurs dysfonctionnements, des fermetures ponctuelles constatées, dont nous craignons qu’elles soient définitives à terme, et des conséquences de la disparition d’un accès aux soins urgents de proximité sur les populations les plus fragiles ? (Applaudissements sur les bancs du groupe NG. –  MM. Erwan Balanant et Guillaume Larrivé applaudissent également.) La parole est à Mme la ministre des solidarités et de la santé. Madame la députée, merci de faire encore la lumière sur la situation des hôpitaux et des urgences. Il est vrai qu’aujourd’hui, en période estivale, cette situation est compliquée, mais des solutions sont apportées.
Aujourd’hui, l’organisation sanitaire repose beaucoup sur les services d’urgences, qui jouent un rôle d’interface entre la ville et l’hôpital. En vingt ans, le nombre de passages aux urgences est passé de 10 millions par an à plus de 20 millions ; or tous ces passages ne sont pas justifiés par des urgences vitales.
Aujourd’hui, je peux dire que la situation est maîtrisée. Cet été, dix-huit établissements sont en tension sur les 650 services d’urgence s de France. Il existe, notamment dans les zones touristiques, un afflux saisonnier, que les établissements anticipent en recrutant des médecins pour des contrats à durée déterminée – CDD – de trois ou quatre mois. La médecine de ville s’organise avec des listes de garde, notamment dans les zones d’afflux touristique.
Hier ou avant-hier, un article du
Monde a mis en lumière des tensions démographiques. Il est vrai que nous avons aujourd’hui un déficit démographique de médecins, qui touche non seulement les urgences, mais aussi et surtout la médecine générale. L’article du Monde souligne que cette tension est exacerbée en période estivale.
Au niveau du centre de crise du ministère des solidarités et de la santé, nous suivons tous les jours la situation des services d’urgences : les agences régionales de santé – ARS – tiennent un décompte des lits ouverts et des personnels sur place. Certaines solutions ont été apportées par anticipation, notamment une souplesse du décompte du temps de travail des urgentistes, la mise en place de pools d’urgentistes disponibles dans une région – l’ARS d’Île-de-France dispose de près d’une trentaine d’urgentistes disponibles, prêts à être dispatchés – et une mutualisation des urgentistes au sein des groupements hospitaliers de territoire. Pour la première fois cette année, nous avons porté à 400 le nombre de postes d’internes en formation pour la médecine d’urgence – c’est une nouvelle discipline. Enfin, la transformation du système de santé qui sera mise en œuvre va organiser la médecine de ville dans les territoires.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) La parole est à Mme Dominique David, pour le groupe La République en marche. Monsieur le secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du numérique, le « pass numérique » est lancé. Le Président de la République l’a annoncé à vos côtés, le 19 juillet dernier, lors de son déplacement en Dordogne. C’est une excellente nouvelle pour un quart au moins de nos concitoyens : ceux qui sont concernés par l’« illectronisme », incapacité en passe de devenir aussi handicapante que l’illettrisme.
Concrètement, le pass numérique est un bon d’échange remis aux guichets des principaux services publics, de certaines associations et, demain peut-être, de commerces et de banques. Il donne accès aux services de médiation numérique dispensés par des structures labellisées : des espaces publics numériques, des maisons de services au public, des tiers-lieux, des
fab labs ou des espaces de travail partagés. Expérimenté en Gironde, dans mon département, par l’association bordelaise Média-Cité, qui en a eu l’idée, ce pass numérique sera progressivement déployé sur tout le territoire. Il s’agit donc d’un dispositif simple, qui va rassurer les 13 millions de Français qui voient arriver avec angoisse la dématérialisation des démarches administratives à un rythme qui promet d’être soutenu durant ce quinquennat.
Plus encore, le pass numérique est la première brique du grand chantier que vous avez lancé, monsieur le secrétaire d’État, pour que le numérique soit une chance pour tous.
Pouvez-vous nous parler des premiers retours sur l’expérimentation du pass numérique  et nous dire comment il va se déployer ? Quel sera le rôle, dans ce dispositif, des maisons de services au public ? Comment sera-t-il financé ? Ce sujet d’intérêt national fera-t-il l’objet d’une nouvelle ligne dans le projet de loi de finances pour 2019 ? Comment les acteurs privés qui dématérialisent aussi leurs services peuvent-ils contribuer au financement du dispositif 
? (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. le secrétaire d’État chargé du numérique. Madame la députée, vous avez raison :  internet, le numérique, ce n’est pas que pour les bourgeois.   (Applaudissements  sur les bancs du groupe LaREM.) Si la lutte contre l’illettrisme  a été le combat de tout  un siècle, et un combat encore inachevé, la lutte contre  l’«  illectronisme » sera  celui de notre génération. Si vous dématérialisez tout, ça va rudement aider les gens ! Peut-on encore accepter qu’un Français sur cinq, soit 13 millions de personnes, se soigne moins bien que les autres ? En moyenne,  en effet, ceux qui ne savent pas utiliser le numérique vont une fois de plus par an chez le médecin, car il est plus compliqué d’obtenir un rendez-vous et  de bonnes informations quand on n’a pas  internet.
Acceptons-nous que ces personnes aient besoin de 20 % de temps en plus pour trouver un emploi, car 75 % des offres demandent des compétences de base en numérique ?
On peut aussi évoquer l’accès aux services publics, car il est vrai que nous irons loin et très vite en matière de numérisation – mais nous penserons aussi à ceux qui ne savent pas l’utiliser et nous resterons engagés en leur faveur. Accepterons-nous encore que ces personnes paient plus cher que les autres ? Ce sont, en effet, souvent les plus pauvres et, parce qu’ils ne peuvent pas comparer les prix, ils paient au prix fort.
En Dordogne, le 19 juillet, le Président de la République l’a redit  : nous allons continuer à numériser, mais nous allons aussi et surtout continuer à humaniser. Le pass numérique est en effet une manière de remettre de l’humain dans le numérique.
Concrètement, il s’agit d’un titre qui permet de bénéficier de dix à vingt heures de formation et d’accompagnement dans une structure proche de chez soi, en milieu rural comme en milieu urbain, dans les quartiers populaires. Ce pass été rendu possible par douze mois de travail avec l’Association des régions de France, les départements de France et les associations de collectivités. Nous nous sommes mis d’accord sur ce dispositif et pour le financer ensemble. La Banque des territoires participera au financement de la structuration de toutes les organisations et associations qui l’assureront localement.
L’année 2018 a été celle de la stratégie, 2019 sera celle du déploiement et 2020 celle du passage à l’échelle.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. Pierre-Yves Bournazel, pour le groupe UDI, Agir et indépendants. Madame la ministre des transports, le 20 juillet, vous avez présenté les premières mesures du projet de loi d’orientation pour les mobilités. Néanmoins, le Plan vélo qui était attendu a été repoussé au mois de septembre. Comme vous le savez, l’attente est grande. Alors que les trois quarts des déplacements domicile-travail représentent moins de 5 kilomètres et que la part modale du vélo en France est de moins de 3 %, contre 26 % aux Pays-Bas et 19 % au Danemark, notre pays accuse un lourd retard – et je ne m’étendrai pas sur la malheureuse singularité de Paris, où le fiasco de Vélib pénalise des centaines de milliers d’utilisateurs. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Bournazel est en campagne ! Les Assises de la mobilité, à la fin de 2017, ont été un beau succès et ont fortement mobilisé les acteurs en faveur du vélo. Plusieurs propositions concrètes et utiles s’en sont dégagées : création d’un ambitieux fonds national vélo destiné à aider les collectivités à développer les infrastructures cyclables, initiation des jeunes à une culture vélo par le biais du « savoir-rouler » et mise en place de mesures incitatives, comme l’indemnité kilométrique vélo obligatoire ou la refonte d’un dispositif efficace d’aide à l’achat de vélos électriques. Ce sont là des mesures nécessaires pour passer un cap dans le développement de ce mode de transport durable.
La réussite de ce plan suppose également de répondre à une question de méthode et de gouvernance : comment en assurer concrètement le suivi et la coordination transversale ?
Madame la ministre, l’objectif affiché est de tripler la part du vélo d’ici à 2024 : comment comptez-vous atteindre cet objectif ? Pouvez-vous nous indiquer si ces mesures utiles seront intégrées dans le futur Plan vélo ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-Agir.) La parole est à Mme la ministre chargée des transports. Monsieur le député, vous m’interrogez sur l’ambition du Gouvernement en matière de mobilités actives, et plus particulièrement de vélo. De fait, le développement des mobilités actives et du vélo répond à plusieurs enjeux majeurs : la réduction des gaz à effet de serre, la lutte contre la pollution et l’amélioration de la qualité de l’air, et l’amélioration de la santé de nos concitoyens. Il contribue aussi à permettre à chacun d’accéder à la mobilité, avec des solutions peu coûteuses.
Aujourd’hui, la part du vélo dans nos déplacements n’est que de 3 %, alors qu’elle est de 8 % en moyenne en Europe et qu’elle était de 10 % dans les années 1970. On voit donc qu’il existe des marges de progrès importantes. C’est la raison pour laquelle Nicolas Hulot et moi-même présenterons à la rentrée un Plan vélo ambitieux, qui contribuera à atteindre l’objectif de multiplier par trois en cinq ans la part du vélo dans nos déplacements.
Pour cela, avec plusieurs de mes collègues, nous proposerons de développer les aménagements cyclables sécurisés, d’instaurer des mesures de sécurité routière, d’améliorer les dispositifs de lutte contre les vols de vélo et les mesures d’incitation à l’utilisation du vélo et, plus globalement, de développer une culture du vélo dès l’école.
Tant mieux ! Je sais que ce plan est très attendu par nos concitoyens, ainsi que par des associations et des élus. Je vous confirme donc qu’il fera partie de la loi d’orientation des mobilités qui portera la priorité du Gouvernement pour des transports plus propres au quotidien. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. Pierre Cabaré, pour le groupe La République en marche. Madame la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, je suis élu d’un territoire où le secteur spatial français emploie 50 % de ses collaborateurs, soit 25 % de l’emploi du spatial européen. En tant que coprésident du groupe d’études aéronautiques et spatiales, j’ai eu l’honneur d’assister au dernier tir d’Ariane 5, à Kourou, à vos côtés et en présence de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, du coprésident du groupe d’études, M. Jean-Luc Lagleize, et du pilote émérite membre de l’Assemblée, M. Jean-Baptiste Djebbari. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LR.)
Ce lancement est l’illustration d’une belle coopération entre pays européens. La Guyane française est un pas de tir exceptionnel, reconnu par le monde entier, et je tiens à souligner le travail accompli par le Centre national d’études spatiales – CNES –, qui assure un rôle central dans la coopération entre les acteurs industriels. Notre communauté scientifique se situe à un niveau d’excellence à l’échelle mondiale et nous devons maintenir cette réussite, ainsi que les moyens alloués à son financement. Ce leadership dans la production de satellites et de lanceurs nous impose de poursuivre une vision ambitieuse et commune pour notre politique spatiale.
Je souhaite donc vous interroger, madame la ministre, sur la continuité des engagements français dans les programmes spatiaux européens, et je voudrais même vous proposer, à vous-même et aux ministres concernés ici présents, de prendre, comme voilà dix ans, l’initiative d’un sixième conseil Espace avec nos partenaires européens et de proposer ainsi de nouvelles initiatives en matière de contribution des technologies spatiales à la lutte contre le changement climatique, à l’emploi et à la sécurité de l’Europe.
Je terminerai en insistant sur notre désir de rester ambitieux pour notre compétitivité et notre recherche, et conclurai d’une phrase : la principale richesse de l’Europe, c’est l’union.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Monsieur le député, merci de me donner une nouvelle fois l’occasion de saluer la réussite de ce quatre-vingt-dix-neuvième lancement d’Ariane 5. Notre savoir-faire dans le domaine de l’espace est en effet très important au niveau français et au niveau européen et il importe également de le faire savoir, car on connaît relativement peu l’importance de l’espace dans un très grand nombre de domaines.
L’année 2018 sera encore marquée par sept lancements supplémentaires prévus à partir de Kourou, dont celui de BepiColombo, qui permettra d’explorer Mercure, ou celui du premier satellite militaire stratégique de la composante spatiale optique – CSO 1. C’est aussi l’année où le robot Mascot atteindra Ryugu, dont il nous permettra de disposer, en octobre, des premières images, et où, dès novembre, InSight permettra de continuer l’exploration de la planète Mars. L’année 2018 est aussi celle où nous avons testé avec succès le nouveau propulseur P120C d’Ariane 6 et de Vega C.
Oui, l’espace est une ambition et une fierté à la fois nationales et européennes. C’est pourquoi, dès le 25 octobre prochain, se tiendra à Madrid le conseil des ministres de l’espace au niveau européen, organisé par l’Agence spatiale européenne et destiné à préfigurer l’année 2019, et qui nous permettra de nous réunir et de dresser la feuille de route des nouveaux enjeux pour l’espace au niveau national comme au niveau européen.
Le programme 193 sera, bien sûr, consolidé dans la loi de finances, car l’espace, c’est énormément de recherche et de besoins de financement, mais aussi énormément de promesses pour l’avenir.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Nous avons terminé les questions au Gouvernement. La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à seize heures dix, est reprise à seize heures vingt-cinq, sous la présidence de M. Hugues Renson.) La séance est reprise.
L’ordre du jour appelle la discussion, en lecture définitive, du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (n1221). Excellent ! La parole est à Mme la ministre du travail. Monsieur le président, madame la présidente de la commission des affaires sociales, mesdames et messieurs les rapporteurs, mesdames et messieurs les députés, « de tous les actes, le plus complet est celui de construire », écrivait Paul Valéry. Mais il est un acte encore plus complet, me semble-t-il : celui d’agir résolument pour donner à chacun – jeune, salarié, demandeur d’emploi, entreprise –  les moyens de construire, c’est-à-dire de se projeter sereinement dans l’avenir. C’est justement à cette mise en abyme que nous avons collectivement participé ces derniers mois en élaborant une loi destinée à permettre à chacun, notamment aux plus vulnérables, de construire librement son avenir professionnel, et non de le subir dans un monde en profonde mutation.
Nous y avons œuvré collectivement, d’abord en faisant et en partageant le diagnostic et en menant des concertations avec tous les acteurs, puis en incitant les partenaires sociaux à négocier. Je salue d’ailleurs leur volonté d’un nouvel agenda social ambitieux à la rentrée : assurance chômage, santé au travail, travailleurs des plateformes, inclusion des plus vulnérables. Durant tous ces mois de travail en commun, nous étions habités par la volonté viscérale de mettre fin à la résignation face aux déterminismes et aux discriminations, qui fait inexorablement le lit de la précarité et du chômage. C’est ainsi que nous avons élaboré ce projet de loi d’émancipation sociale par le travail et la formation. Acte II de l’engagement présidentiel de la rénovation de notre modèle social, ce texte complète l’acte I, la loi pour le renforcement du dialogue social, que vous votiez il y a un an jour pour jour.
Oui, c’est vrai ! Rénover le modèle social commence par – mais ne peut se limiter à – conforter la croissance en donnant plus d’agilité aux entreprises. C’est pourquoi voter définitivement cet acte II, c’est consolider durablement la croissance en apportant des solutions adaptées aux besoins en compétences des entreprises. (M. Sylvain Maillard applaudit.) C’est permettre ainsi de rendre la croissance riche en emplois et inclusive. C’est donc affirmer haut et fort que nul n’est inemployable.
Car oui, c’est précisément ce que nous faisons en développant massivement l’accès de tous à l’atout majeur du XXIsiècle – les compétences –, notamment en déverrouillant le système malthusien de l’apprentissage et celui, opaque et injuste, de la formation professionnelle. Car oui, c’est ce que nous faisons en posant les bases d’une indemnisation du chômage plus universelle et plus juste. C’est ce que nous faisons en favorisant l’inclusion dans l’emploi des personnes en situation de handicap. C’est ce que nous faisons en imposant résolument l’égalité salariale entre les femmes et les hommes et en luttant contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles au travail. Nous ouvrons ainsi le champ des possibles, pour que chacun puisse être pleinement acteur et se réaliser dans son parcours professionnel en étant plus confiant dans son potentiel et dans sa capacité à le valoriser, et assuré de bénéficier de protections collectives efficaces contre la précarité et le chômage.
« Osez ! Engagez-vous dans des projets ! Développez-les ! Transmettez votre savoir-faire ! Faites-le rayonner au bénéfice de notre économie, de notre jeunesse, de notre société, de nos territoires, de notre pays ! » Voilà le message clair d’encouragement et de profonde confiance que vous adresserez à nos concitoyens en adoptant définitivement ce texte, que je vous remercie tous d’avoir pleinement contribué à enrichir et à améliorer par le débat parlementaire.
C’est en particulier grâce à vous, madame la présidente de la commission des affaires sociales, chère Brigitte Bourguignon, que ce travail parlementaire de fond a pu débuter bien en amont de la discussion formelle du projet de loi. Celle-ci s’est d’ailleurs passée dans un climat globalement apaisé, et je vous en remercie, ainsi que les présidents et le service de la séance. Je tiens à saluer le travail et l’engagement remarquable des rapporteurs au fond – Catherine Fabre, Aurélien Taché et Nathalie Elimas – et celui des rapporteures pour avis, Sylvie Charrière et Graziella Melchior. Je tiens aussi à souligner l’implication des rapporteures de la délégation aux outre-mer – Ericka Bareigts, Justine Benin et Josette Manin –, sans oublier les propositions de la délégation aux droits des femmes, dont le rapporteur Pierre Cabaré s’est fait le relais, ainsi que le travail effectué par Thierry Michels, rapporteur de la commission des affaires européennes.
Vos travaux nourris et leurs prismes très variés témoignent du caractère pluridimensionnel des défis que nous devrons relever sur le terrain. C’est justement à l’exécution de ces transformations systémiques que le Gouvernement, dans la continuité des liens avec les acteurs de terrain, va se consacrer au cours des prochains mois, car ces réformes impliquent un travail d’exécution à la mesure de la qualité du projet de loi. Je viendrai, bien entendu, vous en rendre compte, dans le cadre de vos missions d’évaluation et de contrôle.
Certains acteurs, vous le savez, ont d’ores et déjà pris des engagements dans le cadre de ce projet de loi, et d’autres s’y préparent. Je tiens donc à les saluer : l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat s’engage à former 60 000 apprentis supplémentaires ; le Conseil national de l’industrie ambitionne d’augmenter de 40 % le nombre d’apprentis ; la Fédération française du bâtiment vient de s’engager à former et recruter 15 000 bâtisseurs ; les réseaux du meilleur de l’apprentissage, les compagnons du devoir, les maisons familiales rurales se sont tous engagés ; enfin, les entreprises adaptées, grâce à un modèle modernisé et le soutien sans précédent de l’État, vont créer 40 000 emplois supplémentaires pour les personnes en situation de handicap d’ici à 2022. Ces emplois, ces projets, ces avenirs sont ce qui doit nous mobiliser, tous, chacun à son niveau, pour les rendre possibles. La mobilisation du Gouvernement, vous le savez, est totale. C’est d’ailleurs le sens de ma proposition de travailler dès le mois de septembre avec les parlementaires ultramarins à l’adaptation opérationnelle des dispositions de ce projet de loi aux différents contextes locaux.
Dans la bataille mondiale des compétences qui est désormais engagée, je sais que nous partageons la volonté de faire triompher nos concitoyens, nos entreprises et nos territoires, en particulier ceux qui sont le plus en difficulté. Grâce à cette réforme d’ampleur, au cœur de la rénovation de notre modèle social, nous aurons enfin tous les atouts pour remporter cette bataille et concrétiser enfin la promesse républicaine d’émancipation sociale qu’attendent nos concitoyens.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)