XVe législature
Session extraordinaire de 2019-2020

Séance du mercredi 15 juillet 2020

L’ordre du jour appelle la déclaration de politique générale du Gouvernement faite en application de l’article 49, alinéa 1er, de la Constitution, le débat et le vote sur cette déclaration.
La parole est à M. le Premier ministre.
(Les députés des groupes LaREM et MODEM se lèvent et applaudissent vivement.) Il vaut mieux l’applaudir avant ! Mesdames et messieurs les députés, c’est un immense honneur pour moi d’être à cette tribune. Je me présente devant vous dans un moment bien particulier de notre histoire : la France vient de subir l’une des plus graves crises sanitaires qu’elle ait connues. J’ai avant tout une pensée pour celles et ceux qui ont été frappés par la maladie, et pour les Françaises et les Français qui ont perdu un proche. Je veux aussi saluer l’action de tous ceux qui se sont mobilisés et qui se sont battus sans relâche pour sauver des vies, protéger les plus vulnérables, assurer la continuité des services publics et la vie économique de la nation. (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LR – M. Jean-Paul Dufrègne applaudit également) N’oublions pas ce que nous leur devons, alors même que la crise sanitaire n’est pas terminée.
La meilleure façon de nous préparer à une reprise possible de l’épidémie est de renforcer nos actions de prévention ; cela passe nécessairement par le développement du port du masque et par une intensification de notre politique de dépistage.
Vous aviez dit le contraire ! Il a regardé la télé hier ! Nous devons par-dessus tout éviter un retour à des formes strictes et larges de confinement, dont nous connaissons désormais le coût humain et économique. Cela reposera sur la mobilisation de tous – et au premier rang, du Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger.
Face à la crise, nous avons tenu bon collectivement ; vous le savez, vous y avez contribué. Je veux ici rendre hommage au travail d’Édouard Philippe et de son Gouvernement.
(Vifs applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Il était tellement bon que vous l’avez remplacé ! L’histoire se souviendra des réformes ambitieuses qu’il a menées avec le soutien sans faille de la majorité, que je salue. Les réalisations à son actif, et à celui de l’ensemble de ses ministres, sont considérables ; elles concernent tous les domaines de la vie de la nation, qu’elles ont rendu plus forte, plus juste et plus solidaire.
Je veux rappeler que lorsque la crise du coronavirus s’est abattue sur notre pays, le chômage était au plus bas depuis plus de dix ans
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur plusieurs bancs du groupe MODEM) , le pouvoir d’achat connaissait sa plus forte progression depuis dix ans, et la France était devenue le pays le plus attractif d’Europe.
Je veux également souligner l’œuvre de transformation engagée dans les secteurs majeurs de l’éducation, du travail, des mobilités, du logement ou encore de la santé. L’histoire retiendra aussi le courage et le sang-froid avec lesquels Édouard Philippe a affronté la crise ; j’en ai été personnellement le témoin direct au cours des derniers mois.
À la crise sanitaire, qui n’est pas finie, succède dès maintenant une crise économique et sociale d’une ampleur probablement inégalée depuis la dernière guerre mondiale. Nous en connaissons les risques, et certains de nos compatriotes en subissent déjà les conséquences : les pertes d’emplois, les plans sociaux, les faillites d’entreprises sont malheureusement des réalités que nous constatons déjà, et qu’il nous faudra combattre ensemble. Les crises ont ceci de singulier, qu’elles jouent un rôle de révélateur ; celle que nous avons traversée a montré à quel point les Françaises et les Français ont des ressources.
Ils n’en ont pas tous ! Nous avons vu des femmes et des hommes engagés, solidaires, inventifs et responsables. Mais quand la tempête souffle, les fragilités qu’on préférait ignorer éclatent aux yeux de tous. La crise a mis en lumière, de manière très crue, nos difficultés et parfois nos défaillances, y compris au sein de l’appareil d’État. Elle a aussi souligné les faiblesses de notre économie : un appareil productif incapable de pourvoir à nos besoins en biens et en ressources stratégiques. Nous avons atteint un niveau de dépendance qui n’est pas raisonnable. La crise a accentué la vulnérabilité des personnes éloignées du cœur de notre modèle économique et de protection sociale : les travailleurs précaires, les travailleurs en situation de handicap, les salariés en contrat court, les jeunes, les indépendants. Mais ce n’est pas tout : la crise est venue frapper une France en plein doute ; une France qui se divise… À cause de Macron ! …une France qui se crispe et qui, parfois, se désespère depuis bien trop longtemps ; une France qui, en partie tout au moins, se trouve gagnée par la peur du déclassement ; une France qui se sent parfois abandonnée. Vous le savez, il y a beaucoup de France qui se sentent loin et laissées pour compte : France des banlieues, France rurale, France des outre-mer, France dite périphérique (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM) , France de ceux qui, y compris au cœur de nos villes, n’ont pas droit à la parole. Merci pour le constat ! Ces France-là sont notre pays, autant que la France de la réussite économique, scientifique, industrielle et culturelle dont nous sommes légitimement fiers. Notre première ambition, immense, sera de réconcilier ces France si différentes, de les souder ou de les ressouder (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM) , de faire que, de part et d’autre, on s’écoute, on se reconnaisse, on se comprenne, on contribue à restaurer la valeur cardinale qui soude les sociétés : la confiance – la confiance du peuple en ses élites… Il y a du boulot ! …la confiance entre l’État et les corps intermédiaires qui structurent la société, la confiance en l’avenir.
La France, c’est la République, et celle-ci aussi se trouve ébranlée, dans ses fondements, par la coalition de ses ennemis – terroristes, complotistes, séparatistes, communautaristes, avec les armes habituelles de la violence, dans la rue comme dans l’espace privé – et de la lâcheté, souvent garantie par l’anonymat permettant un recours dévoyé aux réseaux sociaux, qui ont pris, ces dernières années, une intensité inquiétante.
(Mêmes mouvements.) Vous le savez, car vous en êtes régulièrement victimes.
Je suis, comme simple citoyen, comme maire de terrain depuis douze ans…
Comme collaborateur de cabinet ! …engagé au service des autres. Je sais, pour la côtoyer tous les jours, qu’il existe une France qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins et qui n’accepte pas cela (Mêmes mouvements) La France des « gilets jaunes » ! …une France du bon sens et de la raison, une France que nous devons écouter et mieux considérer. Ça s’appelle enfoncer des portes ouvertes ! Pour faire face à la crise, pour faire reculer les doutes, pour redonner espoir à celles et ceux qui n’en ont plus, l’ensemble des acteurs publics – au premier rang desquels l’État et le Gouvernement de la République – doivent, d’abord, faire preuve d’une très grande humilité. Ils doivent également faire évoluer profondément et rapidement leurs modes d’intervention, pour les diriger vers la vie quotidienne de nos concitoyens. Je le sais bien, dans un pays qui excelle dans le débat d’idées et dans la conjugaison de grands principes – dont votre assemblée a souvent été la scène –, parler d’exécution, de mise en œuvre et d’efficacité opérationnelle peut sembler trivial ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Toutes ces notions sont, depuis longtemps, reléguées au rang de choses subalternes. C’est sympathique pour Édouard Philippe ! C’est une affaire entendue : l’intendance suivra ! Mais depuis longtemps, vous le savez, l’intendance ne suit plus. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) On ne dirait pas qu’il a travaillé avec Sarkozy ! Les lois que vous votez et les décrets que le Gouvernement promulgue se perdent dans des méandres sinueux et opaques, au point de ne toucher que de manière lointaine, incertaine, et souvent incomprise, la vie quotidienne de nos concitoyens. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Les agents publics ne sont pas en cause ; ils sont bien souvent, aussi, les victimes d’une organisation collective inadaptée, dans laquelle se consument l’intelligence et les bonnes volontés. Le règne de l’impuissance publique fait le lit du discrédit de la volonté politique ! (Mêmes mouvements.) Il est urgentissime de faire évoluer le logiciel de l’action publique. L’erreur serait de penser qu’il faudrait, en cela, remettre en cause l’État : car l’État, c’est la France. Ah ! Mais l’État ne s’est pas adapté à la France. Il a parfois donné l’illusion qu’il pouvait tout régler, alors qu’il doit surtout donner à tous les acteurs de notre société les moyens d’agir et de progresser.
La France, c’est en effet celle des citoyens qui aspirent de plus en plus à participer à la chose publique, sous des formes nouvelles – et nous devons en tenir compte, comme le Président de la République l’a fait avec la convention citoyenne pour le climat, et comme nous allons le faire en transformant le Conseil économique, social et environnemental – CESE – en conseil de la participation citoyenne.
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) C’est la révolution ! Il nous appartiendra, ensemble, de trouver les modalités de conciliation entre la démocratie directe et la démocratie représentative – à laquelle je reste, comme vous, fortement attaché. Un quart d’heure et rien de concret ! La France, c’est aussi celle des forces vives et des partenaires sociaux qui structurent notre démocratie sociale. Le dialogue, l’écoute, la recherche du compromis, voilà les leviers d’une démocratie apaisée ! Je crois – et j’ai toujours cru – aux vertus du dialogue social ; toute ma vie publique en atteste. Vendredi, je réunirai à Matignon l’ensemble des partenaires sociaux… Ce ne sera pas la première fois ! …pour tenter de nous accorder sur une méthode et un calendrier de discussions et de concertations concernant l’ensemble des sujets qui sont sur la table pour les semaines et les mois à venir, à commencer par le plan de relance de l’économie.
La France, c’est aussi celle des territoires, avec leurs identités et leur diversité. C’est à cette France des territoires, à cette France de la proximité que nous devons impérativement faire confiance, car c’est elle qui détient, pour une large part, les leviers du sursaut collectif. Les territoires, c’est la vie des gens. Libérer les territoires, c’est libérer les énergies,
(Applaudissements sur les bancs du groupe LT et plusieurs bancs du groupe LaREM.) Arrêtez ! …c’est faire le pari de l’intelligence collective.
Nous devons réarmer nos territoires, nous devons investir dans nos territoires, nous devons nous appuyer sur nos territoires. Abordés d’en haut, tous les sujets deviennent des objets de posture ou de division – sur le papier, on n’en fait jamais assez –, mais s’ils sont traités depuis le bas, par les gens, en donnant à nos concitoyens, notamment aux plus jeunes, l’occasion concrète, visible et mesurable de s’impliquer, cela change tout : la confiance revient, les résultats progressent, la nation se ressoude.
La confiance dans les territoires suppose que le droit à la différenciation soit consacré dans une loi organique.
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et LT.) Non ! Vous êtes là depuis trois ans ! Elle passe également, comme l’a indiqué le Président de la République, par une nouvelle étape de la décentralisation. Elle repose tout autant sur une évolution profonde de l’organisation interne de l’État.
Je m’étais fait le défenseur, à l’occasion de la mission sur le déconfinement qui m’avait été confiée par le précédent gouvernement, du couple maire-préfet de département. Notre intention est de rendre rapidement plus cohérente et plus efficace l’organisation territoriale de l’État, en particulier au niveau du département.
Toutes les créations d’emplois qui seront autorisées par le projet de loi de finances pour 2021 seront affectées, sauf exception justifiée, dans les services départementaux de l’État, et aucune dans les administrations centrales
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM, MODEM et LT) . C’est une révolution.
Tout en ayant le souci de l’application concrète, au plus près de nos concitoyens, l’État doit, dans le même temps, retrouver les voies de l’anticipation. L’action de l’État a été trop souvent limitée à la simple gestion des crises et des urgences. Nous avons progressivement perdu notre capacité à nous projeter dans le long terme, à planifier une politique économique
(« Ah » sur les bancs du groupe SOC) , à identifier les gisements de croissance future et à définir une perspective. C’est la raison pour laquelle le Président de la République souhaite la création rapide d’un commissariat général au Plan, qui aura pour mission d’incarner et d’animer une telle politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe MODEM et quelques bancs du groupe LaREM. M. Jean-Luc Mélenchon applaudit également.) Ça vous fera un chaperon ! C’est aussi le sens de la loi de programmation annuelle de la recherche, qui sera présentée au conseil des ministres dès la semaine prochaine, et permettra un réinvestissement massif de 25 milliards d’euros dans la recherche publique pour les dix prochaines années. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM. M. Erwan Balanant applaudit également.)
C’est donc en suivant une méthode nouvelle que nous prendrons ensemble, à bras-le-corps, la crise, avec une obsession en tête : la lutte contre le chômage et la préservation de l’emploi, priorité absolue de mon gouvernement pour les prochains dix-huit mois.
La première urgence, parce que ce sont toujours les premiers touchés par la crise et parce qu’ils sont l’avenir, concerne les jeunes. 700 000 d’entre eux se présenteront bientôt sur le marché du travail, aucun d’entre eux ne doit se trouver sa solution.
C’est une promesse ? Des mesures très fortes ont d’ores et déjà été annoncées pour soutenir l’apprentissage. Il faut aller plus loin. Pour ce faire, un plan pour la jeunesse sera discuté vendredi avec les partenaires sociaux.
 
Le premier impératif est de favoriser l’embauche. L’État y aidera, comme l’a annoncé le chef de l’État, par le biais d’un dispositif exceptionnel de réduction du coût du travail, à hauteur de 4 000 euros par an pour les jeunes de moins de 25 ans jusqu’à 1,6 SMIC, dans toutes les entreprises, et pour une durée d’au moins un an.
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.) Et les diplômés ? Le deuxième impératif tient à la lutte contre le décrochage durable des jeunes qui sont les plus éloignés de l’emploi. Et les autres ? 300 000 parcours et contrats d’insertion seront destinés aux jeunes les plus en difficulté. Il y a un an et demi, vous les avez supprimés ! 100 000 places supplémentaires en service civique sont également prévues.
Le troisième impératif est de soutenir les étudiants, notamment les plus modestes, qui se trouvent en difficulté faute d’accès aux petits boulots. Dès la rentrée, les repas dans les restaurants universitaires coûteront 1 euro pour les étudiants boursiers.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et plusieurs bancs des groupes LT et MODEM.)
Au - delà des mesures d’urgence, nous devons recréer les conditions d’une croissance économique plus robuste, plus innovante, plus écologique et plus solidaire. Telle est la finalité du plan de relance que nous appliquerons dès le début du mois de septembre. Celui-ci sera doté de 100 milliards d’euros et couvrira tous les grands secteurs économiques et tous les territoires.
Le plan vise à investir d’abord dans notre atout le plus précieux : les femmes et les hommes de ce pays. D’abord, en préservant l’emploi, au travers des dispositifs d’activité partielle qui mobiliseront 30 milliards d’euros cette année, et encore 8 milliards l’année prochaine, en faveur de l’emploi et les salaires dans les entreprises confrontées à une baisse durable de leur carnet de commandes.
Mais la clé, encore et toujours, réside dans la formation. Dans une économie qui évolue très vite, le développement des compétences constitue la meilleure des protections pour garder, trouver ou retrouver un emploi. Sur ce sujet, beaucoup a été fait depuis 2017,…
Mais non ! Avant aussi ! …mais nous devons faire davantage encore en investissant 1,5 milliard supplémentaire dans la formation et en invitant les régions à amplifier leurs propres interventions. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Les personnes qui s’orienteront vers les formations dans les secteurs en tension verront leur compte personnel de formation abondé. Nous nous fixons un objectif de 200 000 places supplémentaires de formation en 2021, notamment au bénéfice des jeunes et des demandeurs d’emploi. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM)
Pour tenir compte du contexte, nous aménagerons la réforme de l’assurance chômage (« Ah » sur plusieurs bancs du groupe SOC) . Ce sera l’un des points abordés vendredi dans le cadre de la conférence du dialogue social. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Le plan de relance sera un plan de reconquête économique et territorial. L’économie repose sur l’initiative et l’entreprise.
Dès le début de la crise sanitaire, un soutien massif, sans précédent et sans équivalent en Europe, a été apporté aux entreprises de notre pays, au travers notamment d’interventions ciblées sur les filières stratégiques, telles que l’automobile et l’aéronautique. Cette mobilisation nous a permis d’éviter le pire et d’engager maintenant un travail de reconstruction.
La crise en a, en effet, apporté une nouvelle confirmation : il faut transformer notre appareil productif. Notre industrie s’est affaiblie ; nous avons vu certains de nos fleurons industriels et technologiques passer sous pavillon étranger sans que nous puissions ou souhaitions réagir ;…
Et pour cause ! La faute à Macron ! …nous sommes aujourd’hui trop dépendants de nos partenaires extérieurs et insuffisamment présents dans certains secteurs stratégiques. Nous consacrerons dans le plan de relance 40 milliards d’euros pour que cela change. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM . )
Nous allégerons les impôts qui pèsent sur la production en France ; nous développerons sur notre territoire les technologies d’avenir ; nous réduirons notre empreinte carbone ; nous accélérerons la numérisation des entreprises comme des administrations. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM . ) Macron disait la même chose. On attend de voir comment. Dans de nombreux domaines, notre souveraineté économique doit également se construire à l’échelle de l’Europe. Nous veillerons à une adaptation des règles de la concurrence européenne, afin de favoriser l’émergence de champions industriels européens.
L’économie repose aussi sur les territoires. Nous soutiendrons les investissements des collectivités territoriales, orientés vers le développement durable et l’aménagement du territoire.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM . )
Nous accélérerons, en particulier, tous les projets consacrés aux réseaux, qui permettent de structurer et de développer ces territoires – déploiement du très haut débit, modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement, sauvegarde des petites lignes ferroviaires.
S’agissant du plan de rénovation urbaine, visant à restaurer la République dans les quartiers et à permettre l’émancipation de leurs habitants, d’ici à la fin de l’année prochaine, les travaux doivent avoir effectivement commencé dans 300 des 450 quartiers concernés.
Cela manque de souffle ! Ils veulent tout accélérer en restant à 80 kilomètres heure ! L’agenda rural sera également accéléré en donnant notamment la priorité au déploiement du programme « petites villes de demain ».
Le plan de relance sera un accélérateur puissant de la transition écologique. Ce gouvernement veut gagner la bataille pour le climat, la protection de la nature et la biodiversité. Il compte faire de l’économie française l’économie la plus décarbonée d’Europe.
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM, MODEM et Agir ens . )
L’écologie n’est pas l’apanage d’une génération, d’une classe sociale, des quartiers de certaines villes ou d’un parti. L’écologie est notre affaire à tous. Elle doit être créatrice de richesses. Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte. (Mêmes mouvements.)
Le plan de relance intervient au moment où la Convention citoyenne pour le climat, vient de remettre, au terme d’un remarquable travail, ses propositions. Celles-ci doivent désormais faire l’objet de travaux associant les groupes parlementaires, les partenaires sociaux et les administrations… Usine à gaz ! …afin que, comme l’a annoncé le Président de la République, un projet de loi spécifique puisse être soumis à la concertation, au début de l’automne. Bien ! Le plan de relance proposera de mobiliser plus de 20 milliards d’euros pour mener la rénovation thermique des bâtiments, réduire les émissions des transports et de nos industries, produire une alimentation plus locale et durable, soutenir les technologies vertes de demain comme les batteries, mieux recycler et moins gaspiller.
Nos entreprises aussi doivent évoluer, et les investissements massifs du pacte productif les y aideront.
Nous pouvons redevenir une grande nation industrielle grâce et par l’écologie. Mais la transition écologique interroge aussi le quotidien de chaque citoyen, sa façon de consommer, de se déplacer, et de se loger.
Rien ne serait plus inefficace ou injuste que de demander à certains de nos concitoyens, qui n’en ont tout simplement pas les moyens, de changer brutalement leurs modes de consommation ou de déplacement. À nous de concilier transition écologique et pouvoir d’achat.
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.– Exclamations sur les bancs du groupe FI.)
La solution, c’est d’accompagner individuellement les Français : en matière de logement, en finançant leurs projets de rénovation thermique ; en matière de transport, grâce à la prime à la conversion, en structurant mieux le marché de l’occasion et en s’appuyant sur la location de longue durée. Tous les investissements dans les filières agricoles seront accélérés, afin de développer une alimentation de qualité, locale, accessible dans toutes les villes et tous les villages de France.
Afin de lutter contre l’artificialisation des sols, promouvoir les circuits courts et les petits commerces, nous adopterons un moratoire sur l’installation de nouveaux centres commerciaux dans les zones périphériques.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.)
Le plan de relance prévoira des montants significatifs et inégalés en faveur d’un plan vélo très ambitieux (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM) et contractualisé avec les collectivités territoriales,… Pour l’heure, on pédale dans la choucroute ! …par l’intermédiaire d’investissements dans les infrastructures. Voilà qui touche la vie quotidienne ! Les vélos électriques vont révolutionner l’usage de ce moyen de locomotion propre et excellent pour la santé dans toutes les villes et villages de France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.– Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Lui prend l’avion tous les jours ! Nous régulerons la publicité pour réduire les incitations à la surconsommation de produits polluants.
Afficher des intentions, c’est bien ; prévoir les conditions de leur mise en œuvre concrète, c’est mieux.
Ça, c’est certain ! C’est donc dans les territoires que nous mettrons en application, chaque fois que cela sera possible, les mesures du plan de relance, de lutte contre le chômage et de reconquête de l’économie. Blabla ! Il ne se passera rien ! Les collectivités locales, les partenaires sociaux, les forces vives et les citoyens seront associés, responsabilisés, impliqués, dans un cadre organisé par bassin d’emploi ou territoire pertinent.
D’ici à la fin de 2021, nous souhaitons que tous les territoires – j’y insiste – soient dotés de contrats de développement écologique avec des plans d’action concrets, chiffrés, mesurables
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM) , du développement des pistes cyclables à la lutte contre l’artificialisation des sols, de l’équipement des toitures photovoltaïques à la promotion du tri sélectif, de la lutte contre les gaspillages à la promotion des énergies renouvelables, du nettoiement des rivières aux économies d’eau, d’énergie et d’éclairage public. C’est ça, la relance ? Les élus, les forces vives et les citoyens seront les acteurs de ces contrats territoriaux, dont l’État sera partenaire et financeur.
Je vous ai présenté les principaux axes du plan de relance. Son contenu précis devra être concerté, dans toutes ses dimensions, dans les prochaines semaines,…
Que c’est soporifique ! …avec les partenaires sociaux et les collectivités territoriales, en particulier celles concernées par sa mise en œuvre, y compris dans l’outre-mer. Nous veillerons à soutenir les secteurs les plus touchés par la crise, notamment le tourisme, le sport et la culture. Les acteurs de ces secteurs ont, je le sais, particulièrement souffert de la crise, et ils en souffrent encore. Nous continuerons à les soutenir. C’est un enjeu non seulement économique, mais aussi, s’agissant de la culture, sociétal et démocratique. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.)
J’invite chacun des groupes parlementaires à faire au Gouvernement des propositions (Exclamations sur les bancs des groupes LR, SOC et FI) ,… On ne vous a pas attendu pour en faire ! On n’arrête pas ! …avant que le Parlement ne soit amené à s’en saisir dans le cadre de ses prérogatives législatives. Nous saurons vous le rappeler ! Ces mêmes institutions seront étroitement associées à la mise en œuvre du plan de relance, afin d’en garantir la transparence et l’efficacité. Le Gouvernement présentera, tous les deux mois, un point précis de l’application de ce plan de relance, de ses impacts et de ses résultats. Oh là là… Donnez-lui du Guronsan ! Je souhaite qu’une attention particulière soit portée à l’allégement et à la simplification des procédures qui pourraient en retarder ou en contrarier l’application. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.– Exclamations sur les bancs du groupe FI.)
Les entreprises qui bénéficieront d’aides au titre de ce plan ou s’inscriront dans le cadre de l’activité partielle de longue durée seront invitées à une stricte modération dans la distribution des dividendes,… Quelle audace ! …comme cela a déjà été le cas pendant la crise sanitaire. (Vives exclamations sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR.) Espèce de socialiste ! Vous avez refusé tout ce que nous vous avons proposé ! C’est lamentable ! De la même manière, nous serons très exigeants quant aux conditions de traitement des sous-traitants. Je souhaite enfin – et nous en parlerons vendredi avec les partenaires sociaux – que le dialogue social s’empare sans délai de la question du partage de la valeur dans les entreprises et prévoie les conditions d’une relance de la participation et de l’intéressement. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Quel cynisme ! Cent milliards d’euros, ce n’est pas rien, mais c’est une nécessité vitale. Bien sûr, ce plan de relance aura aussi un coût pour les finances publiques. Eh oui ! Qui va payer ? Dans une telle situation de crise, la réponse ne saurait être l’austérité budgétaire, qui ne ferait qu’aggraver les choses. (Mme Laurence Dumont s’exclame.) Autant nous devons assumer le sérieux budgétaire en ce qui concerne nos dépenses de fonctionnement, autant nous devons ensemble assumer cet investissement massif, qui, et c’est une grande innovation par rapport à la crise de 2008, bénéficie d’un soutien exceptionnel de l’Union européenne, soutien que la France a su négocier. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.– MM. Olivier Becht et Bertrand Pancher applaudissent aussi.)
Dépenser sans transformer, c’est de la dépense courante ; dépenser en transformant, c’est de l’investissement pour l’avenir. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) Oh là ! Quel talent ! La part conjoncturelle de la dette, liée à la crise, fera l’objet d’un cantonnement. Arrêtez de séparer les dettes ! Ce sont nos enfants qui vont payer ! Lutter contre la crise, c’est donc prendre sans délai les mesures vigoureuses de protection et de relance que la situation commande ; c’est également ressouder notre communauté nationale en confortant notre pacte social et républicain.
Nous ne retrouverons pas l’unité sans une attention accrue aux plus vulnérables d’entre nous.
Il serait temps ! Ils ont été davantage touchés par la crise sanitaire, ce qui révèle de réelles inégalités en matière de santé. Rétablissement de l’ISF ! Ils seront également les plus fortement affectés par la crise économique. Rétablissement de l’ISF ! Nous avons pris des mesures de soutien fortes pendant le confinement : aide à 4 millions de foyers précaires, aide aux jeunes, plan d’urgence pour l’aide alimentaire. Et les classes moyennes ? Vous les avez oubliées ! Les travailleurs, aussi ! La solidarité nationale doit continuer à jouer à plein, pour éviter une crise sociale majeure et des drames humains individuels désastreux. Des mesures de soutien pour nos concitoyens les plus précaires seront donc prises ; l’allocation de rentrée scolaire sera revalorisée, de façon exceptionnelle, dès la rentrée de septembre. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) Le plan pauvreté lancé par le précédent gouvernement sera poursuivi et amplifié en fonction de l’évolution de la conjoncture. (Mêmes mouvements.)
Au-delà, c’est l’avenir de notre système de protection sociale qu’il nous faut consolider. Et les revenus moyens ! Qui va payer ? La crise est venue nous rappeler combien il nous est précieux, combien il est cœur du projet républicain. Ce système, ce sont nos aînés qui l’ont imaginé et bâti ; soixante-dix ans plus tard, il est toujours debout – mais il demande à être amélioré et renforcé.
C’est notamment le cas de notre système de santé, qui a été rudement mis à l’épreuve par la crise et justifie aujourd’hui un investissement inédit de la part de la nation. Lundi, nous avons signé un accord majoritaire d’une ampleur inédite, désormais entré dans l’histoire sous l’appellation de Ségur de la santé.
(Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) Cela faisait deux ans qu’on attendait que vous réagissiez ! Un engagement portant sur la revalorisation de la rémunération des personnels et des créations d’emploi, à hauteur de 8 milliards d’euros, a été conclu. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.– MM. Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens font des signes de dénégation.) Chaque aide-soignant, chaque infirmière gagnera dès l’année prochaine au moins 200 euros nets en plus chaque mois. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.– Exclamations sur les bancs du groupe FI.) Cela pourra même aller, pour beaucoup d’entre eux, jusqu’à 500 euros grâce à la généralisation de la prime d’engagement collectif et à la possibilité de faire des heures supplémentaires majorées – soyons-en fiers ! Ainsi les femmes et les hommes – surtout les femmes, d’ailleurs, car, dans ces métiers, elles sont les plus nombreuses – qui se sont battus en première ligne contre l’épidémie accéderont-ils enfin une rémunération à la hauteur de leur investissement quotidien. (Protestations sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR.) Oh non ! Pas à la hauteur ! Qu’on en finisse avec les blouses en sacs poubelle ! Cela restera en dessous de la moyenne européenne ! S’y ajouteront, dans le cadre du plan de relance, 13 milliards d’euros au titre de la reprise de la dette hospitalière et 6 milliards au titre du soutien supplémentaire aux investissements en faveur de notre système de santé. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
L’objectif est de donner davantage de souplesse aux établissements, d’intégrer la qualité des soins dans les règles de financement des hôpitaux et des médecins de ville, de mettre l’accent sur la prévention, notamment en développant les actions sport-santé, et d’impliquer davantage les élus des territoires dans la gestion du système de santé. Encore et toujours l’entrée par les territoires ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.) Ça existe déjà, tout ça ! C’est également en partant des territoires que nous progresserons sur le sujet de l’accès à un médecin de ville. Il faut évidemment attirer davantage de médecins dans nos territoires et, en allégeant les charges administratives qui pèsent sur eux, leur permettre de suivre davantage de patients. On ne vous pas attendu pour ça ! Vous réinventez l’eau chaude ! Il faut aussi développer la télémédecine, qui a connu un essor spectaculaire pendant la crise du covid-19. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) La majorité manque d’enthousiasme ! En matière de retraites, la crise nous invite plus que jamais à poursuivre nos objectifs en vue d’un système plus juste et plus équitable, notamment pour les femmes et les travailleurs modestes, passant par la création d’un régime universel. Mais non ! Cela implique clairement la disparition à terme des régimes spéciaux (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM) , mais aussi de prendre pleinement en considération la situation des bénéficiaires actuels de ces régimes. (Exclamations sur les bancs des groupes FI et GDR.) Je constate que les modalités de cette réforme ont suscité de l’inquiétude et de l’incompréhension. Je proposerai donc aux partenaires sociaux comme aux parlementaires que la concertation reprenne (Exclamations sur les bancs des groupes SOC, FI et GDR) , afin d’améliorer le contenu comme la lisibilité de cette réforme nécessaire, en la distinguant très clairement de toute mesure financière parfois qualifiée de paramétrique. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) Les syndicats ne veulent pas discuter avec vous ! Les avocats dans la rue ! Autre réforme qui sera mise au crédit de ce Gouvernement et d’une majorité que j’espère la plus large possible : la création du cinquième risque de la sécurité sociale pour la prise en charge de la dépendance liée au grand âge. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Vous le savez et vous le souhaitez, elle constituera une avancée historique. Je souhaite que les travaux engagés, notamment par vous, puissent se poursuivre selon des modalités que nous arrêterons en lien avec les partenaires sociaux. Cette avancée si souvent annoncée, si longtemps attendue, devra aboutir avant la fin du quinquennat. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Vouloir préserver notre pacte social nous oblige aussi à en garantir la soutenabilité dans la durée. La crise économique qui nous frappe se traduira par un déficit de la sécurité sociale qui devrait dépasser 50 milliards d’euros à la fin de l’année. (M. Éric Coquerel s’exclame.) C’est évidemment considérable, même si nous devons faire la part des choses : ce qui relève d’une dégradation conjoncturelle liée aux circonstances exceptionnelles de la crise n’a pas vocation à peser sur nos niveaux de couverture sociale et sera donc financé dans le cadre de la « dette covid » ; ce qui révélerait une dégradation plus structurelle de nos comptes sociaux exigera des mesures de retour vers l’équilibre.
Nous en parlerons vendredi prochain avec les partenaires sociaux pour définir une méthode et un calendrier.
La journée ne sera pas assez longue ! Vous allez y passer la nuit ! Mais je veux vous dire dès aujourd’hui ma conviction : il n’est pas envisageable, dans le contexte que nous traversons, de demander aux Français un effort fiscal supplémentaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM.) Il n’est pas davantage indiqué de prendre à court terme… À l’horizon 2022 ? …des dispositions qui viendraient contrarier la préservation de l’emploi et la lutte contre le chômage, qui sont nos premières priorités. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) C’est en favorisant le retour à une croissance riche en emplois et en travaillant davantage (Exclamations sur les bancs du groupe FI)… Nous y voilà ! …que nous pourrons restaurer les équilibres dans la durée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Autant que notre protection sociale, notre pacte républicain constituera le plus solide des remparts contre la crise. Plus que jamais, il est de notre devoir collectif de le conforter.
Le premier rempart de notre République, c’est l’école. La France peut être fière de son corps enseignant.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Depuis trois ans, une profonde refondation de l’école a été engagée. Nous la poursuivrons à la rentrée, en ciblant notre action sur les enfants qui ont décroché durant le confinement. Je veux dire ici aussi mon attachement à l’éducation artistique, au sport à l’école et enfin, j’insiste sur ce point, à l’école inclusive : je serai extrêmement vigilant concernant la scolarisation à la rentrée des élèves handicapés, qui, plus que les autres, ont été ces derniers mois touchés par la crise. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.) Trois de mes grands-parents étaient instituteurs, ma mère était institutrice. (« Bravo ! »sur les bancs des groupes SOC et FI.) Si je suis devant vous aujourd’hui, je le dois à l’école républicaine. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM ainsi que sur plusieurs bancs des groupes UDI-I, LT et Agir ens.) L’égalité des chances doit être non seulement un idéal, mais aussi une réalité.
En matière d’égalité entre les femmes et les hommes, ce quinquennat et la majorité parlementaire révèlent un bilan particulièrement positif
(Exclamations sur les bancs du groupe SOC)… Pipeau ! …que nous entendons bien poursuivre et amplifier, notamment s’agissant des conditions de travail, d’activité et de rémunération. Vous êtes complètement à l’ouest ! La République, c’est la laïcité comme valeur cardinale, comme fer de lance de la cohésion de la société. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Très juste ! Mon Gouvernement la défendra avec intransigeance. C’est plutôt mou ! Aucune religion, aucun courant de pensée, aucun groupe constitué ne peut s’approprier l’espace public et s’en prendre aux lois de la République. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM, ainsi que sur certains bancs des groupes UDI-I et Agir ens.– M. Mansour Kamardine applaudit aussi.) En particulier, pour appeler les choses par leur nom, lutter contre l’islamisme radical sous toutes ses formes est et demeure l’une de nos préoccupations majeures. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM, ainsi que sur certains bancs des groupes UDI-I et Agir ens.) Tout le Gouvernement est concerné.
Il ne saurait davantage être toléré que des minorités ultra-violentes s’en prennent aux forces de sécurité et viennent désormais systématiquement ternir les manifestations sur la voie publique et leurs revendications légitimes.
(Mêmes mouvements.) On a vu ça hier ! Les violences commises dans le quartier des Grésilles, à Dijon, où je me suis rendu, et non loin, à Chenôve, l’attaque ignoble contre un chauffeur de bus à Bayonne, les embuscades tendues aux représentants des forces de l’ordre et à nos pompiers dans certains quartiers, les trafics en bas des cages d’escalier, la banalisation de la délinquance du quotidien, sont autant de faits inacceptables qui exaspèrent à juste titre les Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.– M. Olivier Becht applaudit aussi.) Pourquoi le Président n’en a-t-il rien dit hier ? Ils appellent une réponse de l’État ferme et sans complaisance. Dites-le au Président de la République, il a oublié ! Il n’est pas davantage acceptable que des violences soient perpétrées sur des personnes en raison de leur pratique religieuse, de leur orientation sexuelle ou de leur couleur de peau. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et Agir ens.) Toutes ces formes de violence, notamment conjugales, toutes ces formes de discrimination, de racisme, d’antisémitisme, où qu’elles se nichent, seront combattues avec la dernière énergie. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM, UDI-I, LT et Agir ens.) Un projet de loi visant à lutter contre les séparatismes sera présenté à la rentrée en Conseil des ministres pour éviter que certains groupes ne se referment autour d’appartenances ethniques ou religieuses. Il est trop tard ! À nos policiers et gendarmes, à toutes les forces de sécurité et à tous les acteurs de la prévention, je souhaite exprimer ici, au nom de la nation, mon profond respect et ma gratitude. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et Agir ens.) Ils forment la première ligne de l’ordre républicain et exercent leur mission dans des circonstances qui sont parfois extrêmement délicates. La faute à qui ? Je veillerai à ce qu’ils puissent obtenir tous les moyens, matériels et humains, nécessaires pour conduire leur mission,… Très bien ! …à ce qu’ils puissent être là où ils sont attendus, sur le terrain, en les déchargeant de tâches administratives parfois chronophages.
Je ne peux parler de ceux qui protègent les Français sans évoquer le rôle fondamental de nos armées. Dans le combat contre les ennemis de la liberté et le terrorisme, elles portent haut les couleurs de la France. Vous le savez, mesdames et messieurs les députés, sur tous les bancs de cet hémicycle. Qu’elles soient déployées sur le sol national ou au Sahel, en Centrafrique, en Irak, elles sont l’honneur de notre patrie. Je souhaite rendre hommage à leur sens du sacrifice et à leur courage, essentiels pour assurer la paix et la sécurité.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM et Agir ens.) Le Président de la République a engagé, avec la loi de programmation militaire, une historique remontée en puissance de nos armées.
Au cœur du pacte républicain et des responsabilités de l’État se trouve l’autorité judiciaire. L’indépendance de la justice est le socle de notre état de droit. Le respect du contradictoire et la présomption d’innocence constituent les garanties fondamentales de nos libertés.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM, MODEM, UDI-I et Agir ens.) La célérité et l’effectivité du service public de la justice sont les conditions de la paix sociale et du respect des victimes. Plus que jamais, ses moyens d’action doivent être renforcés pour la rendre accessible, compréhensible, et efficace. Des efforts importants ont d’ores et déjà été engagés par la loi de programmation et de réforme de la justice adoptée par l’actuelle majorité. Vous savez bien que ce n’est pas vrai ! C’est l’inverse qui s’est produit : la fin de la justice de proximité ! Je demanderai au Parlement d’en accélérer la réalisation dès l’adoption du budget pour 2021.
De même que la police de sécurité du quotidien devra se déployer beaucoup plus fortement, je souhaite aussi promouvoir la justice de la vie quotidienne. Vous l’avez toutes et tous constaté : dans beaucoup de territoires, la petite délinquance, les petites incivilités, le tag, l’insulte, le petit trafic, les troubles à ce que le code communal appelle la tranquillité publique, se sont développés au point de gâcher la vie des gens. Ils se sont développés car, faute de réponse judiciaire, une forme d’impunité s’est installée.
Depuis trois ans ! Les tribunaux de proximité, ça existe ! Elle s’est installée par manque de reconnaissance et de moyens accordés par l’État à l’autorité judiciaire. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Que faites-vous depuis trois ans ? Entre autres renforcements que, dès 2021, je demanderai à la représentation nationale d’adopter, j’ai demandé au garde des sceaux de créer dans les territoires des juges de proximité spécialement affectés à la répression de ces incivilités du quotidien. (Mêmes mouvements.) Ça existe déjà ! Et c’est plutôt l’inverse qui se produit ! Quelle tarte à la crème ! Mesdames et messieurs les députés, voici donc les valeurs et les principes qui guideront l’action du Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger sous l’autorité du Président de la République. Sous l’autorité, oui, c’est bien le mot ! Celui-ci a été élu en 2017 avec une ambition claire : dire la vérité, travailler avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, obtenir des résultats concrets le plus rapidement possible. Ce projet demeure plus que jamais d’actualité et je souhaite, avec vous, que nous fassions avancer la France.
Les défis qui se présentent à nous sont immenses. Mais j’ai confiance dans notre pays et dans les Français pour les relever. J’ai confiance dans notre ingéniosité collective, dans notre énergie, dans notre capacité à rebâtir un esprit de conquête.
Ce n’est pas partagé ! J’ai confiance en notre capacité à nous unir pour faire vivre notre modèle républicain et permettre à la France de surmonter cette nouvelle épreuve. Oui, notre pays doit être uni pour affronter les temps difficiles qu’il traverse. Je tends la main aux représentants de la nation, aux partenaires sociaux, aux forces vives, aux territoires, à tous nos concitoyens, pour qu’ils puissent s’impliquer le plus largement possible dans l’œuvre de protection et de reconstruction que je vous propose d’engager aujourd’hui.
J’ai réuni autour de moi un gouvernement de combat
(Exclamations sur les bancs des groupes LR et SOC.– Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM) ,… Ce sont les mêmes ! …un gouvernement de femmes et d’hommes plus déterminés que jamais, au plus près du terrain, dans une logique de concertation et de proximité qui est la raison d’être de ce Gouvernement. Mesdames et messieurs les députés, nous avons 600 jours devant nous : 600 jours pour protéger les Français, leurs emplois et leur pouvoir d’achat face à la crise ; 600 jours pour réinventer nos façons de faire et mettre l’écologie au cœur de notre action et de nos territoires.
Six cents jours pour conforter l’autorité de l’État et préserver notre pacte social.
Cela va être long ! Six cents jours pour bâtir les fondations de la France de demain.
Dans ces temps troublés, nous avons une boussole, mesdames et messieurs les députés : la République. Elle est notre ciment, notre espérance.
(Mme Danielle Brulebois applaudit.)
 
C’est elle qui doit unir les Français, assurer leur protection, libérer leurs énergies, aiguiser leur sens des responsabilités et leur goût d’entreprendre, incarner les promesses de la justice et du progrès social.
(Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)
 
Conformément à l’article 49 de notre Constitution, après y avoir été autorisé par le conseil des ministres, j’engage la responsabilité de mon Gouvernement sur cette déclaration de politique générale.
(Mmes et MM. les députés des groupes LaREM, MODEM et Agir ens se lèvent et applaudissent.) C’est déjà fini ? Il n’a rien dit ! La parole est à M. Gilles Le Gendre. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
S’il vous plaît, un peu de silence. Écoutez votre président ! « Rendre la France plus forte en résolvant des problèmes que tous les gouvernements n’ont pas été capables de régler par temps calme », tel est le nouveau chemin, ambitieux, que le Président de la République a proposé hier aux Français et dont votre déclaration de politique générale, monsieur le Premier ministre, vient de poser, avec précision et détermination, tous les jalons. Vous devriez faire une note ! Le temps calme, nos concitoyens le pressentent aussi bien que nous, ne sera pas au rendez-vous du mandat que vous a confié le chef de l’État pour réussir la reconstruction économique, écologique, sociale, culturelle et républicaine de notre pays et renforcer sa souveraineté. C’est son dernier discours ! Il y a quatre mois, notre vie a basculé dans l’inconnu. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire contemporaine : jamais une maladie et la peur d’en mourir ne sont devenues, en quelques heures, l’unique sujet de préoccupation et de conversation de nos compatriotes. Jamais la plupart d’entre eux n’ont été soudainement contraints de mettre leur vie à l’arrêt du fait d’une crise économique de cette gravité.
Le déconfinement et l’apparent retour à une vie insouciante créent une illusion dont nous devons prendre garde. La réouverture des restaurants et les départs en vacances ne referment pas la parenthèse d’anxiété ouverte par le covid-19 et le confinement. Si le virus semble moins menaçant, ce qui reste à confirmer, la dégradation de la situation économique et sociale, qui a entraîné faillites et hausse du chômage, hante tous les esprits. Au sein de chaque famille, dans chaque bureau, chaque atelier, chaque exploitation agricole, chaque commerce, dans tous les territoires, les Français redoutent que le pire ne soit devant nous.
Ce contexte si particulier désigne le principal défi que nous devons relever, monsieur le Premier ministre. Notre seul ennemi est le temps – ces fameux six cents jours, délai nécessaire mais trop bref ! Notre unique et solide alliée doit être la confiance. La dialectique est exigeante car, si la reconstruction du pays ne peut pas attendre, la confiance ne se reconstruira que dans la durée.
Notre majorité vous accordera, à n’en pas douter, la confiance que vous venez de solliciter auprès de la représentation nationale, mais elle repose sur la conviction que vous-même et votre Gouvernement ne ménagerez pas votre peine ni n’économiserez votre savoir-faire pour donner aux Français le goût de bâtir ensemble leur futur.
Nous sommes sauvés ! Nous voilà rassurés ! Ces derniers ont fait preuve d’une résilience admirable au cours de ces trop longs mois. Personnels soignants héroïques de la première ligne, travailleurs à l’inlassable dévouement de la seconde ligne et même simples citoyens se soumettant aux indispensables mesures de restriction de leurs libertés individuelles : tous ont offert de la France son plus beau visage. Qu’hommage leur soit rendu ici, après que la République a fait de même, hier, lors de cette belle cérémonie du 14-Juillet. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Par ailleurs, le travail de reconstruction que nous engagerons avec vous ne part pas de zéro. Sous l’impulsion de votre prédécesseur, Édouard Philippe, que je remercie au nom de notre groupe parlementaire pour l’action qu’il a menée au cours des trois dernières années (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM) , et du ministre Bruno Le Maire, avec le soutien constant de notre majorité, les réponses à la crise économique ont été rapides, fortes, appropriées.
En particulier, trois projets de loi de finances rectificative, mobilisant des ressources exceptionnellement élevées, ont jeté les premières fondations du futur édifice dont vous venez de dessiner les plans.
Encore plus sinistre que le Premier ministre ! Monsieur le Premier ministre, les députés de La République en marche se reconnaissent largement dans votre stratégie et les projets qui lui serviront de points d’appui. C’est vrai qu’ils ont l’air heureux ! Nous y retrouvons une très grande part de nos propositions. Je pense notamment au travail qu’avait animé, au sein de notre groupe, notre collègue Bénédicte Peyrol ou, plus largement, celui conduit au sein de notre mouvement par notre délégué général Stanislas Guerini. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Le conseiller de Paris ? Je ne reprendrai pas dans le détail les nombreuses mesures que vous avez présentées. Je préfère insister sur trois paradoxes que nous devrons dépasser ensemble pour entraîner l’adhésion des Français et qui représentent autant de défis pour votre Gouvernement : concilier la simplicité et l’ambition, l’efficacité et le dialogue, la constance et l’urgence. Ils n’auront plus un seul moment pour s’asseoir ! S’agissant du premier paradoxe, la conciliation de la simplicité et de l’ambition, le temps, répétons-le, demeure notre principale contrainte en ce qu’il proscrit toute forme de complexité dans l’action. Nous devrons préférer des projets peu nombreux mais que nos concitoyens pourront facilement s’approprier, du fait de leur faible incidence dans leur vie quotidienne, à une multitude de dispositifs dans lesquels ils pourraient, comme les administrations chargées de les mettre en œuvre, se disperser.
Vos propositions en faveur de l’emploi des jeunes, priorité que nous partageons pleinement, montrent le chemin à suivre : pas un jeune ne doit rester sans emploi ni formation, grâce à la mobilisation de toutes les ressources de l’apprentissage, de la formation, de l’insertion, du service civique.
Nous souhaitons qu’il en soit de même pour l’élargissement, que nous soutenons, des mécanismes de participation ou d’intéressement. Ces derniers ne fonctionneront que si leur recours ne se transforme pas en course d’obstacles. Cependant, la simplicité ne doit pas faire obstacle à la vision, ni la reconstruction à la réinvention.
Le Président de la République a affirmé hier que la France pouvait redevenir une grande nation industrielle grâce à l’écologie et par l’écologie, mais l’écologie du mieux, non l’écologie du moins.
Ah ! Monsieur le Premier ministre, la transition écologique dépassera largement l’horizon du plan de reconstruction que vous nous avez présenté, mais notre groupe aura à cœur d’inscrire toutes les mesures nouvelles dans une stratégie volontariste d’accélération de cette transition, qui permette de répondre à deux questions cruciales restées en suspens.