XVe législature
Session ordinaire de 2017-2018

Séance du mardi 28 novembre 2017

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 (nos 387, 423). J’appelle maintenant, dans les conditions prévues par l’article 114, alinéa 2, du règlement, les articles du projet de loi dans le texte du Sénat.
Je vous rappelle que le Sénat a voté conforme la première partie du projet de loi. En conséquence, nous abordons maintenant la deuxième partie du projet de loi, concernant les dispositions relatives à l’exercice 2017.
(L’article 3 est adopté.) Je mets aux voix l’ensemble de la deuxième partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018.
(L’ensemble de la deuxième partie du projet de loi est adopté.) Nous abordons maintenant la troisième partie du projet de loi, concernant les dispositions relatives aux recettes et à l’équilibre général pour l’année 2018. La parole est à Mme Clémentine Autain, pour soutenir l’amendement n102. Madame la ministre, monsieur le rapporteur, vous avez donné un intitulé bien étrange au chapitre Ier : il s’agirait, selon vous, du chapitre comportant des mesures en faveur de la hausse du pouvoir d’achat des actifs. Madame Buzyn, monsieur Véran, il doit y avoir méprise, parce que je n’y ai vu aucune mesure favorable au pouvoir d’achat. J’y ai vu, au contraire, diverses mesures trahissant l’esprit de la Sécurité sociale et conduisant à une baisse du pouvoir d’achat.
Vous prévoyez de revoir le financement de la Sécurité sociale en l’appuyant sur la contribution sociale généralisée, la CSG, plutôt que sur les cotisations. Or la CSG, qui est une contribution injuste parce qu’elle n’est pas progressive, pèsera sur le pouvoir d’achat. C’est pourquoi de nombreux amendements porteront sur ce point. Vous aurez peut-être l’occasion de vous expliquer sur votre refus de toutes nos propositions.
Vous voulez augmenter le forfait hospitalier, ce qui provoquera une augmentation du reste à charge pour les patients. Pourtant, un Français sur deux refuse de se soigner à cause du coût des soins. N’est-ce pas déjà trop ? Pourquoi avez-vous refusé notre amendement visant à chiffrer le coût d’une sécurité sociale intégrale ? Voilà une mesure de santé publique qui irait dans le sens d’une augmentation du pouvoir d’achat.
Vous pérennisez le CICE – crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi – dont l’inefficacité a été maintes fois démontrée. Même France Stratégie a souligné le gâchis de ces 67 milliards d’euros. En pérennisant le CICE, vous maintenez des trappes à bas salaires.
J’ai vu, pourtant, un autre texte où figurent des mesures qui augmenteront le pouvoir d’achat de quelques-uns : la transformation de l’ISF – impôt de solidarité sur la fortune – et l’instauration d’une
flat tax , ce sont 9 milliards d’euros de cadeaux aux plus riches.
Puisqu’il faut toujours nommer les choses, nous proposons donc de corriger l’intitulé de ce chapitre pour le rendre plus conforme à son contenu : « Mesures relatives à la baisse du pouvoir d’achat des actifs ».
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes FI et GDR.) La parole est à M. Olivier Véran, rapporteur général de la commission des affaires sociales, pour donner l’avis de la commission. La commission a émis un avis défavorable sur cet amendement, qui vise à remplacer l’intitulé : « Mesures relatives au pouvoir d’achat des actifs » par l’intitulé : « Mesures relatives à la baisse du pouvoir d’achat des actifs ». Nous avons déjà examiné cet amendement en première lecture, en commission et en séance publique, et en nouvelle lecture, en commission.
Madame Autain, je pourrais reprendre tous les éléments démontrant que ces mesures augmenteront bien massivement le pouvoir d’achat des Françaises et des Français. J’aime bien les mathématiques, comme tout un chacun et les chiffres sont têtus.
Je vous le confirme ! En matière de pouvoir d’achat, à travers la diminution des cotisations salariales pour l’immense majorité des salariés du pays, la compensation intégrale pour les fonctionnaires et les mesures de pouvoir d’achat pour les indépendants, avec 200 millions d’euros supplémentaires, qui s’en tient aux faits et se montre cohérent et objectif reconnaîtra que nous augmentons le pouvoir d’achat des Français. C’est la raison pour laquelle, à nouveau, je ne saurais émettre un avis favorable à cet amendement. La parole est à Mme la ministre des solidarités et de la santé, pour donner l’avis du Gouvernement. Avis défavorable. La parole est à Mme la présidente de la commission des affaires sociales. Monsieur le président, je demande une suspension de séance de cinq minutes. (Exclamations sur les bancs des groupes LR et LC.) La séance est suspendue.
(La séance, suspendue à vingt et une heures quarante, est reprise à vingt et une heures quarante-cinq.) La séance est reprise.
(L’amendement n102 n’est pas adopté.) Plusieurs orateurs sont inscrits sur l’article 7.
La parole est à M. Gilles Lurton.
Nous avons maintenant au banc Mme la ministre des solidarités et de la santé, mais nous n’avons plus le ministre de l’action et des comptes publics. C’est dommage, parce que nous avions plein de bonnes choses à vous dire tout à l’heure, madame la ministre, et que nous avons maintenant plein de mauvaises choses à dire au ministre de l’action et des comptes publics. (Sourires.)
L’article 7 constitue la mesure phare du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, une mesure à laquelle nous restons fortement opposés, d’autant plus qu’elle pèsera presque exclusivement sur les retraités. Nous proposerons la suppression pure et simple de cet article, contrairement au Sénat, qui a proposé que le 1,7 point d’augmentation du taux de CSG ne soit supprimé que sur les pensions de retraite et d’invalidité.
Au-delà de notre opposition, nous nous interrogeons sur vos motivations. Cet article 7 organise le transfert de 22,5 milliards de prélèvements vers la CSG pour redistribuer 3 milliards aux actifs, avec des compensations en cascades pour des catégories particulières, dont certaines ne sont pas résolues – nous y reviendrons –, s’agissant des artistes ou des bénéficiaires de la prestation de compensation du handicap – PCH. Or le Sénat me semble avoir trouvé une solution sur ce problème que le ministre de l’action et des comptes publics s’était engagé à régler en première lecture. Je rappelle que c’est la raison pour laquelle j’avais retiré mon amendement.
Vous défendez cette mesure en arguant qu’elle sera largement compensée par la suppression de la taxe d’habitation sur trois ans. Pour notre part, nous pensons que cette compensation sera incomplète et différée : elle s’étale sur trois ans et représentera, en 2018, 3 milliards d’euros pour l’ensemble de la population alors que le prélèvement supplémentaire de CSG touchera les retraités à hauteur de 4,5 milliards d’euros. Le compte n’y est donc pas.
Madame la ministre, ce sont 8 millions de retraités gagnant plus de 1 440 euros nets par mois qui vont être pénalisés par une augmentation de CSG de 250 euros par mois. Nous ne pouvons pas l’accepter.
Merci de conclure, monsieur Lurton. Cette raison est suffisante pour que nous ne votions pas le PLFSS. Très bien ! Excellente intervention ! Quel talent ! La parole est à Mme Annie Vidal. Nous avons débattu longuement de la CSG. Le débat s’est trop souvent cristallisé sur la prétendue injustice de cet article, sans prendre en compte l’ensemble des mesures qui y sont associées afin de redonner du pouvoir d’achat aux Français.
En ce début de quinquennat, nous devons engager les transformations nécessaires à notre pays, car il est de notre responsabilité de pérenniser notre système de protection sociale. Pour ce faire, nous avons choisi d’asseoir l’assiette de la CSG sur l’ensemble des revenus, y compris sur ceux du capital.
Nous pensons que ce choix est préférable à l’instauration d’une TVA sociale. En effet, la TVA touche toutes les catégories de population, y compris les plus modestes, les plus vulnérables, qui doivent consacrer une part importante de leurs revenus à leur consommation courante indispensable. La CSG, quant à elle, s’applique aux revenus d’activité, de remplacement et du capital ; elle ne concerne pas les plus faibles, et nous avons été à l’écoute de nombreuses situations particulières. Par ailleurs, un point de CSG supplémentaire génère deux fois plus de recettes qu’un point de TVA.
Cette augmentation de la CSG est associée à la baisse des cotisations sociales et à l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des Français. Toutes ces mesures permettront de renforcer, dès le 1er janvier 2018, le pouvoir d’achat de l’ensemble des actifs, y compris des travailleurs indépendants et des retraités les plus modestes. Pour les agents de la fonction publique, la mesure sera neutre.
Nous portons aujourd’hui cette mesure annoncée pendant la campagne électorale parce que nous sommes convaincus de son bien-fondé, tant pour notre système de protection sociale que pour les Français, et parce qu’elle fait partie d’un ensemble de mesures cohérentes, courageuses et responsables.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe REM.) La parole est à M. Meyer Habib. Hélas ! je suis une nouvelle fois contraint de prendre la parole sur cet article 7 pour dénoncer ce scandale d’État… Eh oui ! …que constituent les prélèvements de CSG et de CRDS – contribution pour le remboursement de la dette sociale – sur les revenus du patrimoine des non-résidents. La situation est non seulement injuste, mais également absurde et contraire au droit de l’Union européenne. Il faut agir ! (Sourires.) Il est vrai que je prêche pour ma paroisse, puisque je suis député des Français de l’étranger (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LC) ,… Député réélu ! …mais c’est une question de bon sens et de cohésion fiscale. Comment 90 % des 2,5 millions de Français établis hors de France peuvent-ils être taxés pour financer un système de protection sociale dont ils ne bénéficient pas ? Je peux vous assurer que, sur le terrain, nos compatriotes – souvent des familles et des retraités – ne comprennent pas cette incroyable injustice. Ils ont pourtant voté à 93 % pour le Président de la République au second tour et, sur onze députés, ils en ont élu dix au sein de la majorité présidentielle. Où sont donc les députés représentant les Français de l’étranger ? Ah, j’en vois une dans notre hémicycle… (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LC.)
Pire, au lieu de l’abroger, le Gouvernement veut porter la CSG de 8,2 % à 9,9 %. (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LC et LR.)
Permettez-moi de citer Emmanuel Macron, dont je souhaite pourtant la réussite (Applaudissements sur quelques bancs du groupe REM) Ah bon ? …puisque nous restons constructifs : « Nous réexaminerons le régime mis en place en 2013 sur l’assujettissement des Français de l’étranger à la CSG et la CRDS sur leurs revenus du capital. » C’est ce que nous faisons ! Ce n’est pas vrai, ma chère collègue. Résultat des courses : zéro !
Madame la ministre, nous sommes déçus car, au lieu d’une vraie rupture, nous assistons à la persistance des rustines et autres tours de passe-passe de vos prédécesseurs socialistes.
Nos collègues sénateurs ont réussi à exonérer les Français de l’étranger de ces prélèvements injustes avant que la commission des finances de l’Assemblée nationale ne propose, en nouvelle lecture, de les rétablir à nouveau. Hélas ! compte tenu des règles relatives au dépôt d’amendements au cours de la navette, je ne peux plus déposer d’amendement de suppression, mais je défendrai tout à l’heure un autre amendement, n74.
Madame la ministre, les Français de l’étranger sont une richesse : il y a parmi eux des entrepreneurs, des étudiants…
Merci de conclure, monsieur Habib. De grâce, ne les considérez pas comme une variable d’ajustement budgétaire ! Très bien ! Excellent ! La parole est à Mme Charlotte Lecocq. Conformément aux engagements du Président de la République, et comme nous l’avons rappelé, l’article 7 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 contribuera à ce que le travail paie mieux. Pourtant, le débat en commission, dans cet hémicycle et dans les médias a principalement porté sur la hausse de la CSG et largement occulté les mesures compensatoires. On peut s’étonner que cet article soit rejeté avec autant de force sur les bancs de la droite qui défendait, il y a encore six mois, une hausse aveugle et injuste de 2 points de TVA, dont auraient pâti tous les Français sans exception (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe REM) ,… Cela aurait surtout concerné les produits importés ! Vous ne savez pas de quoi vous parlez ! …pauvres ou riches, actifs ou retraités, étudiants ou chefs d’entreprise. Quelle malhonnêteté intellectuelle ! L’un des points majeurs de cet article est la suppression de certaines cotisations : ce sont ainsi 7 milliards d’euros qui seront transférés aux actifs salariés.
L’équilibre est par ailleurs assuré par la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français. Pour une grande majorité de nos concitoyens qui ne bénéficieront pas de la suppression des cotisations chômage et maladie, la suppression de la taxe d’habitation fera plus que compenser la hausse de la CSG.
L’article 7 comporte donc des mesures de justice sociale, dont bénéficieront les travailleurs et les classes moyennes qui pâtissent depuis trop longtemps d’une pression fiscale excessive. L’objectif de mieux rémunérer le travail devrait tous nous rassembler, dans un esprit de responsabilité.
(Applaudissements sur les bancs du groupe REM.) La parole est à M. Ludovic Pajot. Nous savions déjà que vous n’aviez pas beaucoup de considération pour nos agriculteurs, mais le dispositif que vous souhaitez nous faire adopter ici confirme nos inquiétudes. La mise en place d’un barème progressif de cotisations d’assurance maladie, avec un taux pouvant varier entre 1,5 % et 6,5 % du revenu professionnel, va gravement fragiliser nos agriculteurs. Selon les organismes professionnels du secteur, les agriculteurs disposant d’un revenu annuel supérieur à 13 500 euros subiront une forte hausse des charges. La charge globale est évaluée à plus de 120 millions d’euros. Nous contestons fermement cette orientation, qui est une véritable déclaration de guerre adressée au secteur agricole et qui s’inscrit, comme souvent, dans votre volonté d’aligner nos régimes nationaux sur ceux des autres États membres de l’Union européenne.
Par ailleurs, en révisant les modalités de calcul de ces cotisations, vous revenez sur l’engagement pris par l’État en 2016 d’alléger de 7 points les cotisations maladie.
Une fois de plus, il y a, d’un côté, les beaux discours médiatiques sur la défense de notre secteur agricole et sur sa modernisation, et de l’autre, les actes. Nous avons la chance d’être un grand pays agricole, qui affiche des perspectives économiques positives. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour assurer le développement de l’agriculture française. Avant de nous demander d’adopter des mesures qui auront automatiquement des effets négatifs, pensez à la situation dramatique de nombreux exploitants agricoles qui ne parviennent plus à vivre de leur activité ! Cessez d’être des responsables politiques hors sol pour enfin vous préoccuper des réalités vécues par nos concitoyens !
La parole est à M. Jean-Pierre Door. Madame la ministre, comme je l’ai dit hier en commission, l’article 7 est tout simplement un cavalier social. Vous contrevenez à la loi du 31 janvier 2007 de modernisation du dialogue social, dite « loi Larcher », qui vous oblige à engager une concertation avec les partenaires sociaux préalablement à toute réforme législative dans le domaine de l’emploi. Or vous ne l’avez pas fait.
Le Gouvernement a demandé à l’Inspection générale des affaires sociales – IGAS – et à l’Inspection générale des finances – IGF – un rapport visant à défricher le sujet de la réforme de l’assurance chômage. La presse en a parlé il y a quelques jours. Ainsi, un article du
Monde évoque un chantier d’une « complexité inouïe » et précise, à propos de ce rapport : « Aucun chiffrage sur le coût des différentes options envisagées n’est communiqué. […] La seule conclusion qui s’impose, à ce stade, est que l’exécutif se retrouve face à un sacré casse-tête. » En effet, madame la ministre, vous êtes confrontée à un sacré casse-tête car l’article 7 est anticonstitutionnel. Nous verrons bien ce qu’il adviendra.
Nous sommes opposés à l’augmentation de la CSG. Il faut impérativement supprimer l’article 7. Nous y reviendrons lors de la discussion des amendements.
Très bien ! La parole est à M. Francis Vercamer. Vous l’avez vu, madame la ministre, la majorité de notre groupe a voté contre le PLFSS en première lecture. Nos oppositions ne portaient pas sur la partie relative à l’assurance maladie, que vous défendiez vous-même et dont nous approuvions la plupart des articles. En réalité, ce sont principalement deux articles qui ont poussé les députés UDI du groupe Les Constructifs, qui siégeaient tous dans cet hémicycle lors de la précédente législature, à voter contre le PLFSS : il s’agissait des articles prévoyant le maintien des conditions de ressources en matière de politique familiale – cet article a été supprimé, tant mieux ! – et l’augmentation de la CSG.
Nous aurions préféré créer une « TVA compétitivité », pour deux raisons.
Tout d’abord, les entreprises ont besoin d’être compétitives pour faire face à la concurrence internationale. Cependant, compte tenu du poids des cotisations sociales, le travail coûte aujourd’hui de plus en plus cher. Vous nous répondrez que vous supprimez les cotisations à l’assurance chômage ; or, s’il y a bien des cotisations qu’il faudrait conserver, ce sont celles-ci, car elles concernent justement une assurance dont bénéficient ceux qui travaillent. Pour notre part, nous sommes favorables à la suppression des cotisations familiales, puisque les prestations correspondantes doivent être universelles et bénéficier à tous les Français. Nous ne voyons pas pourquoi les travailleurs paieraient des cotisations familiales pour l’ensemble de nos concitoyens alors que les prestations familiales devraient être financées par le budget de l’État. Telle est la première incohérence de votre texte.
Par ailleurs, la TVA sociale permettrait de taxer les produits importés qui sont, par définition, fabriqués à l’étranger par des travailleurs n’ayant pas cotisé sur leur salaire et n’ayant donc pas participé au financement de notre protection sociale.
Voilà pourquoi nous voulons supprimer l’article 7. Nous défendrons également des amendements visant à le modifier et à le rendre un peu moins injuste envers les indépendants, les retraités et tous ceux qui, bien que ne cotisant pas à l’assurance chômage, se verront imposer 1,7 point supplémentaire de CSG.
Très bien ! Excellent ! La parole est à M. Daniel Fasquelle. Je suis député du Pas-de-Calais, un grand département qui est aussi une terre agricole. M. Travert le sait très bien, les producteurs agricoles, en particulier les producteurs de lait, souffrent encore beaucoup de la crise.
Il y a un an, un décret a permis d’alléger les charges pesant sur les agriculteurs en ramenant leur taux de cotisation à l’assurance maladie à 3,04 %. Or l’article 7, que nous nous apprêtons à voter, va ouvrir la voie à une remise en cause de cette mesure, pourtant indispensable pour que les agriculteurs, notamment les producteurs laitiers, puissent maintenir la tête hors de l’eau. Vous le savez très bien, la crise est loin d’être terminée. Ce soir, à l’occasion de ce débat, nous vous demandons donc de rassurer le monde agricole, qui est légitimement très inquiet, et de maintenir la mesure exceptionnelle prise l’année dernière, qui mérite d’être pérennisée compte tenu de la situation dramatique dans laquelle se trouvent encore aujourd’hui les agriculteurs français. Monsieur le ministre, nous espérons que ce débat sera porteur de bonnes nouvelles pour nos agriculteurs.
S’agissant des retraités, je partage, bien évidemment, ce qui vient d’être dit. Votre proposition, très injuste, manque cruellement de courage et de lucidité. Vous nous expliquez qu’il faut que le travail paie mieux. Dans ce cas, rétablissez la défiscalisation des heures supplémentaires et faites des économies dans le budget de l’État : c’est ainsi que vous pourrez alléger les charges pesant sur le travail, au lieu de taper dans la poche des retraités qui, après une vie de travail, méritent de toucher leur pension !
Vous faites un beau tour de passe-passe : grâce à l’augmentation de la CSG, vous allez récupérer 22,5 milliards d’euros, alors que la baisse de la taxe d’habitation ne rendra que 3 milliards d’euros aux Français. Votre politique n’est ni sérieuse, ni courageuse ; elle va désespérer non seulement les agriculteurs, mais aussi les retraités, les professions libérales et de nombreux Français qui se réveilleront l’année prochaine avec la gueule de bois.
La parole est à M. Vincent Ledoux. Les agriculteurs de ma région, les Hauts-de-France, ont fait des efforts absolument considérables dans un contexte environnemental hyperconcurrentiel. Ils ont naturellement accueilli avec beaucoup de bonheur les mesures mises en œuvre par le gouvernement précédent, qui leur ont donné un peu plus de visibilité dans un contexte qui reste tout de même très irrégulier.
Ceux que ma collègue Anne-Laure Cattelot et moi-même avons rencontrés hier à Tourcoing ont exprimé leur colère – et ils ont bien raison –, mais aussi leur volonté de participer au redressement des comptes publics de la France. Ils prennent donc leur part, mais ils veulent qu’on n’amoindrisse pas leurs efforts de compétitivité et, surtout, qu’on prenne en compte la différence qui existe entre le revenu d’entreprise et le prélèvement privé de l’exploitant.
J’évoquerai encore cette agricultrice rencontrée hier, Anne-Laure, qui nous racontait comment elle avait porté son cheptel de quarante à quatre-vingts vaches, pas seulement pour produire plus de lait et gagner plus d’argent, mais pour installer son fils sur l’exploitation agricole. Or nous allons, encore une fois, réduire le nombre d’exploitations et empêcher les jeunes agriculteurs de s’installer.
Nous devons donc revoir les choses très posément, en attendant les mesures structurelles qui arriveront dans le cadre des états généraux de l’alimentation et la convergence européenne – que nous attendons, évidemment, avec de grands espoirs dans cette région frontalière. Les agriculteurs sont prêts à faire des efforts, mais ces efforts d’investissement doivent au moins être reconnus, et le Gouvernement s’honorerait en entendant ceux, très nombreux sur les bancs de cette assemblée, qui lui demandent de maintenir le
statu quo en la matière. La parole est à Mme Nathalie Elimas. Cet article 7 est un pilier fort du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 et, plus généralement, de l’action du Gouvernement et de la majorité. Il s’agit, en effet, d’une réforme sans précédent visant à redonner du pouvoir d’achat aux Françaises et aux Français en faisant moins peser la protection sociale sur le travail. Les députés du groupe MODEM et apparentés soutiennent donc, comme je l’ai dit tout à l’heure dans la discussion générale, cette réforme ambitieuse. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)
Nous nous félicitons également des avancées accomplies notamment en direction des personnes dédommagées au titre de la prestation de compensation du handicap. Nous avons toutefois souligné en première lecture que cette réforme devait être opérée en protégeant les plus modestes. Je pense notamment aux retraités. Nous avons formulé plusieurs propositions sur ce point, et nous regrettons que le Gouvernement ne nous ait pas entendus et qu’un geste fort n’ait pas été fait dans leur direction.
Nous souhaitons également qu’une attention particulière soit portée aux agriculteurs. La crise que connaît le secteur agricole dure depuis 2015 et doit être prise en compte. Nous demandons au Gouvernement d’y veiller, comme le ministre s’y était engagé en première lecture, à notre demande. La parole est à M. Charles de Courson. Chers collègues, l’article 7 est socialement injuste et contraire au principe constitutionnel d’égalité entre les citoyens. (« Très bien ! » sur quelques bancs du groupe LR.)
Je vous en donnerai quatre exemples. Tout d’abord, comment pouvez-vous justifier, madame la ministre, le fait qu’avec cet article 7, vous augmentiez de 1,4 point le pouvoir d’achat des salariés du privé et mainteniez au niveau actuel celui des fonctionnaires – ce qui signifie qu’à même niveau de revenus, le pouvoir d’achat des uns augmente et celui des autres baisse ? Est-ce à dire que vous considérez que les salaires du public sont tout à fait suffisants et que ceux du privé ne le sont pas ? Voyez bien que cela ne tient pas.
Deuxième exemple : vous prélevez 1,7 % sur les retraités percevant plus de 1 240 euros par mois pour financer une augmentation de 1,4 point du pouvoir d’achat des salariés gagnant jusqu’à 13 000 euros mensuels. C’est une redistribution à rebours !
Troisième exemple : vous considérez que les 7 % d’abaissement obtenus l’année dernière par les exploitants agricoles ne sont pas reconductibles. C’est inexact, car cela procédait d’un décret, qui était stable – mais vous l’avez supprimé, de telle sorte qu’entre 2017 et 2018, vous allez augmenter de 170 millions d’euros le montant des cotisations sociales pour la catégorie sociale qui a les revenus les plus bas de France. C’est un vrai scandale : ne vous étonnez pas de les voir bientôt dans la rue !
Dernier exemple, les épargnants. Avec ce 1,7 point supplémentaire, vous accablez les plus modestes d’entre eux alors que vous épargnez – c’est le cas de le dire – les plus riches. Compte tenu du plafonnement de la
flat tax à 30 %, le taux de taxation impôt sur le revenu et CSG confondus passant de 15,5 % à 17,2 %, le taux marginal d’hier chutera à 12,8 %, c’est-à-dire plus bas que la première tranche de l’impôt sur le revenu. (Applaudissements sur les bancs du groupe LC.)
Vous voyez toutes ces ruptures d’égalité ? Mes chers collègues, à moins que vous n’ayez aucun sens de la justice sociale et aucun respect pour le principe d’égalité, vous ne pouvez que voter contre l’article 7. (Applaudissements sur les bancs des groupes LC et LR.) Ce Gouvernement représente les riches ! La parole est à M. Fabien Roussel. La hausse de la CSG inscrite dans cet article 7 et la baisse des cotisations se traduiraient par un solde positif pour le salaire des salariés et des ouvriers : d’après M. Darmanin, cela représenterait 150 euros de gain de pouvoir d’achat par an, soit 12,5 euros par mois en 2018. Waouh !
Mais c’est sans compter ce que les Français vont perdre ailleurs : 7 millions de retraités vont voir leur CSG augmenter sans aucune compensation, y compris pour les 2,5 millions d’entre eux qui ne verront pas baisser la taxe d’habitation.
Ils s’en souviendront ! C’est aussi la baisse de certaines allocations familiales et de solidarité pour certaines familles. Ce sont aussi des économies de 4,2 milliards d’euros qui seront faites sur notre système de sécurité sociale et notre système de santé et qui se traduiront par la hausse du forfait hospitalier, la hausse du prix des consultations médicales et 1,3 milliard d’euros de moins pour nos hôpitaux publics.
Les mutuelles annoncent déjà qu’elles augmenteront leurs tarifs pour 2018 dans une proportion de l’ordre de 10 % : où sera le gain de pouvoir d’achat pour les salariés, les ouvriers et les retraités, ces derniers payant déjà des mutuelles à un prix très élevé – plus de 3 000 euros par an pour un couple de retraités ?
Nous ne voyons pas le gain de pouvoir d’achat. Il nous semble plutôt que, lorsque vous donnez un euro d’un côté, vous en reprenez deux de l’autre. Au bout du compte, les Français vont perdre du pouvoir d’achat, sans parler du fait que l’article 7 supprime le décret de mars 2016 relatif aux agriculteurs, faisant perdre à ces derniers aussi du pouvoir d’achat.
Nous demandons donc la suppression de cet article.
La parole est à M. Boris Vallaud. Madame la ministre, à propos de l’augmentation de la CSG, on nous a dit deux choses.
La première est qu’il s’agit d’un acte de solidarité intergénérationnelle : il faut faire payer les
baby-boomers , ou plutôt les papy-boomers , qui ont tout eu et ont été une génération de privilégiés. Cet argument ne tient pas. D’abord, les retraités ont déjà payé leurs cotisations lorsqu’ils étaient actifs. Ensuite, ils sont la génération née entre 1927 et 1957, qui a connu la guerre, les privations et l’après-guerre et pour laquelle l’Institut national d’études démographiques – INED – relève un pic de surmortalité. En outre, on ne peut pas traiter les retraités en bloc – certains sont pauvres, d’autres aisés et certains, du fait de la flat tax , ne subiront même pas le relèvement du taux de la CSG. Enfin, il n’y a pas de solidarité intergénérationnelle, car, avec ces recettes, vous ne financez pas de places de crèche supplémentaires ou une allocation pour les jeunes et, en même temps que 8 millions de retraités paieront la CSG, 150 000 familles sortiront du dispositif de la prestation d’accueil du jeune enfant – PAJE.
Une deuxième chose qui nous a été dite est qu’il faut que le travail paye. Nous sommes d’accord et serions même tentés de dire qu’il faut que le travail paye bien. Mais est-ce véritablement aux retraités de financer le gain de pouvoir d’achat des actifs ? Ne serait-ce pas plutôt le rôle des employeurs ? Lorsque votre employeur vous refuse une augmentation, est-il juste d’aller la chercher dans le porte-monnaie de votre grand-mère ?
En réalité, votre intention s’exprime clairement dans l’étude d’impact du PLFSS, qui indique elle-même que cette augmentation de pouvoir d’achat n’aura qu’un effet temporaire. Il est en effet écrit qu’une « baisse du coin fiscalo-social […] va entraîner un ajustement à la baisse des salaires bruts, et donc une baisse du coût du travail […] ». La mesure n’a donc pas pour but la hausse du pouvoir d’achat, mais bien la baisse du coût du travail, la baisse des salaires dans les négociations annuelles à venir. Les salaires n’augmenteront pas dans les années prochaines, et je souhaite bon courage à ceux qui auront à mener ces négociations.
La parole est à M. Arnaud Viala. Cet article cristallise les débats que nous tenons dans cet hémicycle sur le PLFSS, comme du reste aussi sur le PLF. Une inquiétude traverse aujourd’hui le pays à cause du choix que vous faites d’instaurer deux assiettes différentes : une assiette d’allégement des charges pesant sur le travail – ce qui est souhaitable, et j’y souscris – et une assiette d’augmentation des prélèvements, qui est différente, car elle porte précisément sur des catégories qui ne sont pas toutes concernées par les allégements apportés aux charges du travail.
Il a été dit que les retraités sont aujourd’hui très inquiets et seront très fortement touchés, en particulier les plus fragiles d’entre eux. Ce problème interdit que nous puissions souscrire à vos propositions.
Pour ce qui est des agriculteurs, monsieur le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, le décret de 2016 a donné un petit ballon d’oxygène à cette catégorie professionnelle, qui en avait extrêmement besoin à ce moment-là, qui en a encore besoin et pour laquelle les mesures annoncées – qui iront, je l’espère, dans le bon sens – sont différées jusqu’au début de l’année 2018, puisque vous attendez la fin des états généraux de l’alimentation pour proposer un projet de loi. Il serait profondément injuste, à cet égard, de leur retirer ce ballon d’oxygène avant même qu’autre chose leur soit proposé, car ce serait leur faire subir, à eux qui sont souvent des catégories fragiles dans des territoires fragiles, une double peine.
(Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) La parole est à M. Pierre Dharréville. Cet article se situe au cœur de l’entreprise de détricotage de la Sécurité sociale que nous avons décrite : il s’agit de supprimer les cotisations sociales salariales en disant aux salariés qu’on va leur rendre du pouvoir d’achat. Mais ce n’est là qu’un sentiment que vous cherchez à créer. De fait, le salaire brut gagné par le salarié comprend deux composantes : le salaire du mois et le salaire pour la vie. La cotisation, c’est en effet du salaire mis en partage pour faire face aux péripéties de l’existence, et elle ouvre des droits universels.
La mesure que vous nous proposez annonce donc la remise en cause du système solidaire et collectif de sécurité sociale pour le remplacer par un système étatique et fiscalisé qui laisse craindre la mise en place d’un modèle destiné à assurer simplement des prestations d’assistance. Vous transformez donc potentiellement une logique de solidarité en une logique de secours.
Nous voyons là, comme nous l’avons déjà dit, un tour de passe-passe. Vous laissez croire que vous donnez du pouvoir d’achat aux salariés, mais ce sera une illusion de pouvoir d’achat : comme l’a dit mon collègue Boris Vallaud, vous n’allez pas chercher de richesse supplémentaire à distribuer dans les poches du capital, c’est aux gens eux-mêmes que vous allez demander de payer. C’est une sorte d’augmentation autofinancée. Vous prendrez donc l’argent, pour aussi peu qu’il y en aura, sur les prestations sociales que vous ne cessez de vouloir réduire et, éventuellement, sur les services publics.
Quant aux retraités, ils ne sont pas, comme ont pu le laisser penser certaines interventions, des privilégiés que l’on pourrait taxer plus que les autres avec les mesures qui nous sont soumises. Celle que propose l’article 7 est donc une arnaque du point de vue du pouvoir d’achat et une attaque du point de vue de la Sécurité sociale.
Je suis saisi de plusieurs amendements identiques, nos 9, 45, 51, 103, 174 et 240, tendant à supprimer l’article 7.
La parole est à M. Jean-Pierre Door, pour soutenir l’amendement n9.
Madame la ministre, je regrette que vous subissiez cette avalanche d’amendements de suppression de l’article 7, alors que je suis persuadé que vous n’en avez pas la responsabilité et que c’est la main de Bercy qui est à l’œuvre dans ce PLFSS, ce qui est bien regrettable. Depuis tant d’années que je suis acteur des PLFSS, je n’ai jamais vu un tel débat.
Si nous souhaitons supprimer cet article 7, c’est parce que l’assurance chômage relève, je le rappelle, du droit privé, et non pas du droit de la Sécurité sociale ni du financement de la Sécurité sociale. Il ne s’agit donc pas du tout du même secteur.
Vous allez, en fait, procéder à des transferts de pouvoir d’achat entre catégories de Français. Vous proposez d’appliquer l’augmentation de la CSG à partir de janvier et de ne réduire les cotisations qu’en octobre. Vous allez ainsi engranger plus de 3 milliards d’euros dans les caisses de l’assurance maladie, ce qui conduira, à la fin de l’année, à une diminution du déficit : en soustrayant ce chiffre de 4,1 milliards, vous pourrez artificiellement dire que le déficit de l’assurance maladie est de 800 millions d’euros. Tout cela est une tuyauterie qui n’a plus lieu d’être.
La Cour des Comptes jugera probablement l’année prochaine, comme elle le fait régulièrement chaque année, qu’il y a trop de tuyauterie dans nos PLFSS, et je le regrette. Madame la ministre, vous n’en êtes pas responsable, mais Bercy vous a tendu un piège. Nous le refusons et nous demandons, avec cet amendement, la suppression de l’article 7.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des groupes NG et GDR.) La parole est à M. Charles de Courson, pour soutenir l’amendement n45. Madame la ministre, j’ai essayé de vous expliquer en deux minutes dans quel système vous allez entrer, et de vous demander comment vous défendrez devant le Conseil constitutionnel que ces mesures respectent le principe d’égalité. À égalité de revenus, en effet, vous ne traitez pas de la même façon les différentes catégories sociales françaises.
Tout cela pour quoi ? Pour donner 5 milliards supplémentaires aux seuls salariés du privé, en ponctionnant les retraités modestes et une partie des épargnants, parmi les plus modestes des épargnants, d’ailleurs, puisque ce sont ceux qui n’ont pas de revenus de valeurs mobilières mais des revenus de biens immobiliers – souvent, des gens qui ont placé un peu d’argent pour compléter leur retraite.
Comment défendrez-vous cela, madame la ministre ? Où est le respect du principe d’égalité entre les Français ? C’est un principe simple : à égalité de revenus, on doit être traité de la même façon. Or l’article 7 fait exactement l’inverse. Comment pouvez-vous justifier cela ? Sur le fondement de quel motif d’intérêt général ?
Entre les salariés du public et les salariés du privé, vous expliquerez que les salariés du privé ne sont pas assez rémunérés et que les salariés du public le sont suffisamment, puisque votre mécanisme prévoit zéro pour les fonctionnaires de l’État. Nous en reparlerons tout à l’heure, car il faudrait que vous nous expliquiez comment les fonctionnaires territoriaux et les fonctionnaires hospitaliers seront compensés. On ne le sait toujours pas !
Mais si ! Comment ferez-vous ? Certains disent que vous baisserez les cotisations sociales patronales de 0,7 point, de façon à ce que l’on redistribue ; mais comment contrôlerez-vous que chaque collectivité locale le fait ? Expliquez-nous, madame la ministre ! Où est le principe d’égalité entre les Français ? La parole est à M. Maxime Minot, pour soutenir l’amendement n51. Après tant d’autres de mes collègues Les Républicains, je vous demande de renoncer à cette folie de la hausse de la CSG pour les retraités. Le message que vous envoyez est clair : au-delà de 1 200 euros par mois, ceux qui ont cotisé et travaillé toute leur vie sont des nantis et des privilégiés.
Demain, plus de 8 millions de nos aînés, soit 60 % d’entre eux, devront s’acquitter de la CSG à taux plein. Après le report à janvier 2019 de la prochaine revalorisation de la pension du régime de base, le présent article est une nouvelle atteinte à leur pouvoir d’achat, durement touché lors du quinquennat précédent. Déshabiller Pierre pour habiller Paul est un jeu à somme nulle ; or c’est exactement ce que vous nous proposez, bien loin donc du renversement de la table que vous nous promettiez il y a encore quelques mois. Donner aux actifs au détriment des retraités n’est pas une solution pérenne et efficace pour augmenter le pouvoir d’achat de tous les Français. C’est, au contraire, les monter les uns contre les autres.
Bravo ! La parole est à M. Jean-Hugues Ratenon, pour soutenir l’amendement n103. Je n’ai pu convaincre mes collègues de la commission des affaires sociales, mais je pense pouvoir convaincre ceux qui sont présents ce soir. À son origine, le financement de la Sécurité sociale a été imaginé pour que les efforts soient socialisés. La Sécurité sociale, c’est ce que nous appelons une part de salaire différé : par les cotisations cédées sur le salaire brut, nous recevons plus tard le fruit de nos efforts. Par exemple, lorsque nous sommes malades, la « Sécu » prend en charge une partie de nos soins.
L’article 7 marque la fin de ce qui a fait l’âme de la Sécu : la solidarité et le paritarisme. Si la Sécurité sociale était financée par les cotisations, ce n’était pas une lubie, tout cela avait un sens. Les moyens de la Sécurité sociale s’adaptaient aux besoins. En fiscalisant la Sécu, vous transformez tout cela en postes budgétaires. Après quelques mois sous votre gouvernement, nous savons ce que cela veut dire : l’arrivée d’une vision boutiquière, où l’on demande des économies partout et tout le temps.
Nous refusons cette logique. Nous n’avons pas à faire des économies avec la santé, nous avons simplement à soigner au mieux les gens. Il y va de la solidarité nationale. Par ailleurs, ce mouvement de fiscalisation, en plus d’être dangereux, est injuste, car vous avez choisi l’impôt le plus injuste pour ce financement : la CSG, qui n’est pas un impôt progressif, rappelons-le.
Nous avons une solution à vous proposer : l’égalité salariale stricte entre hommes et femmes. Par le surplus de cotisations généré, le financement de la Sécurité sociale serait assuré de façon stable et sûre.
Très bien ! La parole est à M. Ludovic Pajot, pour soutenir l’amendement n174. Nous proposons à nouveau de supprimer la hausse de la CSG qui, il faut bien le dire, aura monopolisé l’attention dans les débats sur le PLFSS, tant cette hausse fiscale est incompréhensible pour les Français.
Partout où nous nous rendons, dans nos circonscriptions ou dans nos permanences – contrairement à un certain nombre d’entre vous, mes chers collègues, nous tenons des permanences afin de ne pas nous déconnecter de la réalité
(Exclamations sur quelques bancs du groupe REM) – , les Français nous demandent de refuser cette hausse spectaculaire de la CSG.
Les retraités seront les plus impactés et ce, à partir de 1 200 euros par mois. Face au grand défi du vieillissement qui frappe notre pays, vous faites donc le choix d’appauvrir nos retraités, dont les dépenses de santé croissent en raison de ce vieillissement, et vous votez dans le même temps la hausse du forfait hospitalier.
Les retraités sont aujourd’hui traités comme des vaches à lait. Ils l’ont été par le passé avec la suppression de la demi-part fiscale pour les veufs et les veuves, rendant ainsi imposables des centaines de milliers de retraités. C’est à ces mêmes retraités, fragilisés par de nouveaux impôts, que vous vous attaquez en augmentant la CSG.
Quels services publics les Français gagneront-ils avec cette hausse massive de leurs impôts ? Aucun ! Vous nous rétorquez souvent que la suppression de la taxe d’habitation compensera cette hausse d’impôt. Là encore, c’est un mensonge : le Président de la République a lui-même annoncé une profonde refonte de la fiscalité locale, sans en donner les contours, bien évidemment.
Ainsi, le cadeau fiscal aux Français est un cadeau empoisonné : ce qui est donné cette année sera probablement repris, dans de plus grandes proportions, dans quelques années. Il est certain, en revanche, que ce qui est pris aujourd’hui aux Français avec cette hausse de la CSG ne sera jamais rendu.
La parole est à M. Hubert Wulfranc, pour soutenir l’amendement n240. Mon collègue Dharréville, membre du groupe communiste, vous a dit comment nous considérions l’ensemble de cet article : il s’agit d’une mesure de destruction du pouvoir d’achat.
Vous me permettrez, pour ce qui me concerne, de rappeler que, au-delà de cette discussion sur la CSG, vous refusez systématiquement, depuis votre arrivée au pouvoir, d’envisager la hausse des salaires. Nous vous avons interrogés, dès le mois de juillet, sur le relèvement du SMIC : vous vous y êtes opposés. Vous avez aussi décidé le gel du point d’indice des fonctionnaires.
Tout cela pour vous dire que, sur le fond de votre politique, le salaire net comme le salaire brut sont dans votre viseur. Pour toutes ces raisons, et parce que la CSG impacte essentiellement les retraités, nous demandons la suppression de l’article 7.
(Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.) Très bien ! Sur les amendements identiques nos 9, 45, 51, 103, 174 et 240, je suis saisi par le groupe Les Républicains d’une demande de scrutin public.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Quel est l’avis de la commission sur ces amendements identiques ?
La commission a émis un avis défavorable sur ces amendements identiques. Je rappelle rapidement la philosophie de la réforme proposée par le Gouvernement. C’est une fusée à trois étages : d’abord, la suppression de cotisations salariales pour un très grand nombre de Français afin de leur assurer un gain de pouvoir d’achat ; ensuite, une compensation partielle par une hausse de 1,7 point de la CSG ; enfin, la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français. Le tout permet d’assurer – les chiffres sont têtus – un gain de pouvoir d’achat pour les Françaises et les Français, conformément aux engagements du Président de la République au cours de la campagne présidentielle et législative. De ce point de vue, rien de nouveau ! C’est faux ! Vous ne pouvez pas supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des Français puisqu’il n’y a pas 80 % de Français qui la payent ! Vous nous avez interpellés, au travers de vos amendements, sur trois catégories particulières de Français, si je devais résumer les argumentaires que j’ai pu entendre. Tout d’abord, la catégorie des fonctionnaires. Il s’est passé quelque chose depuis la première lecture puisque le Gouvernement a tenu ses engagements. Dans le projet de loi de finances adopté très récemment, 1,4 milliard d’euros ont été budgétés pour la fonction publique d’État. S’agissant des fonctions publiques hospitalière et territoriale, le Gouvernement a prévu des mesures spécifiques qui permettront de compenser intégralement la hausse de la CSG. On verra ! J’ajoute que ce sera également le cas pour les entreprises publiques avec régime spécial, telle La Poste.
S’agissant de la catégorie des indépendants, non seulement la hausse de la CSG sera intégralement compensée, mais 75 % des indépendants – les plus modestes d’entre eux – verront leur pouvoir d’achat augmenter grâce aux 200 millions d’euros budgétés conformément aux engagements du Gouvernement.
Enfin, s’agissant des retraités, je répéterai ce qui a déjà été dit en première lecture, puisque nous avons à nouveau ce débat, ce qui est tout à fait légitime. Je rappellerai donc les arguments chiffrés et factuels : pour un retraité, à partir de l’âge de soixante-cinq ans, la CSG augmentera au-dessus d’un seuil de 1 440 euros nets de revenus par mois. Ainsi, l’ensemble des retraités se situant en dessous de ce seuil ne subiront pas d’augmentation de la CSG.
Si l’on ajoute le troisième étage de la fusée auquel je faisais allusion tout à l’heure, c’est-à-dire la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français, les retraités, jusqu’à 2 500 euros nets de revenus pour un retraité seul, verront leur pouvoir d’achat augmenter – 2 500 euros nets de revenus mensuels !
(Applaudissements sur les bancs du groupe REM.)
Par ailleurs, il y a d’autres mesures d’accompagnement auxquelles vous ne faites pas allusion. Ce n’est pas très grave, je les rappelle quand même : augmentation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, l’ASPA ou minimum vieillesse, de façon très conséquente, comme cela n’avait pas été le cas depuis longtemps ; augmentation de l’allocation aux adultes handicapés ; des mesures de pouvoir d’achat spécifiques pour les familles monoparentales – nous aurons l’occasion d’y revenir au cours de ce débat. Pour tous ces arguments, la commission des affaires sociales a donné un avis défavorable. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe REM.) Quel est l’avis du Gouvernement ? Je souhaite intervenir non pas sur l’ensemble des catégories évoquées par le rapporteur général, mais sur le débat entourant le changement du mode de financement de la Sécurité sociale, ouvert par la gauche de l’hémicycle. Je tiens à revenir aux fondements de la Sécurité sociale lorsqu’elle a été pensée, il y a soixante-dix ans. À cette époque, malheureusement, l’on ne vivait pas vieux ; mais comme il y avait le plein-emploi, on a pu se permettre de faire reposer l’ensemble de la Sécurité sociale sur des prélèvements issus des salaires.
Soixante-dix ans plus tard, nous vivons vingt ans de plus, les personnes travaillent moins souvent, il y a plus de chômage et le rapport entre actifs et inactifs s’est totalement inversé. La charge sur les salaires est donc insupportable aujourd’hui pour nos concitoyens, pour la croissance de notre pays et pour la compétitivité des entreprises.
(Applaudissements sur les bancs du groupe REM.) C’est faux ! Il est donc totalement indispensable, au vu de cette épidémiologie, de cette démographie, de faire contribuer l’ensemble de la société à la prise en charge de la Sécurité sociale. C’est faux ! D’autres proposent ici la hausse de la TVA. Vous parliez tout à l’heure du caractère injuste de la CSG, or la CSG constitue un outil bien plus redistributif que ce que vous proposez, notamment la hausse de la TVA. Bien sûr ! Celle-ci conduirait, en effet, à rogner le pouvoir d’achat des plus précaires. Actuellement, 80 % à 90 % des revenus disponibles sont utilisés pour la consommation quotidienne. La hausse de la CSG est donc un choix raisonnable,… Choix injuste ! …grâce auquel nous aboutissons à une augmentation du pouvoir d’achat des salariés. Augmentez les salaires et maintenez le paiement des cotisations ! Nous faisons attention à ajouter des réformes apportant aux plus précaires une compensation totale. Je pense notamment aux fonctionnaires : les compensations passent par la suppression de la contribution exceptionnelle de solidarité, par la suppression de la cotisation maladie de 0,75 % pour les contractuels, par une prime garantissant un complément. Personne, dans aucune des trois fonctions publiques, ne perdra du fait de la hausse de la CSG. (Applaudissements sur les bancs du groupe REM et sur quelques bancs du groupe MODEM.) La parole est à M. Fabien Di Filippo. Depuis le début de nos débats, la hausse de la CSG de 1,7 point fait l’unanimité contre elle dans quasiment tous les groupes, hormis dans le groupe majoritaire de soutien gouvernemental. Même le MODEM a exprimé de fortes réticences à cette hausse – en première lecture, il y a eu des amendements que nous aurions très fortement soutenus. Quand les débats suscitent ce genre de réactions, cela mérite a minima que l’on s’y intéresse et que certains aménagements soient apportés.
De plus, vous évoquiez tout à l’heure les cadeaux de pouvoir d’achat inscrits dans le projet de loi de finances : il y a suffisamment de hausses budgétaires pour que l’on trouve d’autres marges de manœuvre ailleurs, qui seraient moins injustes pour le contribuable.
Non seulement la mesure est injuste, mais sa mise en œuvre l’est tout autant : quoi que l’on dise, certaines catégories, comme les agriculteurs, les retraités, les fonctionnaires, sont sacrifiées, et, en augmentant la CSG en janvier mais en baissant les cotisations en octobre, le contribuable est spolié d’une partie de la différence, pour plusieurs milliards d’euros.
Toutes ces petites mesures ne sont que du bricolage pour tenir votre engagement. Ce jeu de bonneteau budgétaire n’est à la hauteur ni des enjeux budgétaires de la France, ni de nos problématiques sociales et financières. Le principe d’égalité des Français devant l’impôt, que ce soit pour la taxe d’habitation ou la hausse de la CSG, est aujourd’hui clairement battu en brèche. C’est pourquoi nous vous demandons, sinon de revenir sur cette hausse de 1,7 point de la TVA…
De la CSG ! …de la CSG, pardon, du moins de l’aménager. La parole est à M. Charles de Courson. Madame la ministre, monsieur le rapporteur, vous ne répondez à aucune des questions soulevées par le groupe UDI, Agir et Indépendants ! Concernant la rupture du principe d’égalité, comment pouvez-vous justifier un traitement différent pour un même niveau de revenus ? S’agissant des fonctions publiques territoriale et hospitalière, comment les gestionnaires des collectivités territoriales, les élus locaux compenseront-ils la différence de 0,7 point entre l’augmentation de CSG et la suppression du point de cotisation exceptionnelle de solidarité ? Où est la compensation ? Elle n’est pas dans le budget ! Monsieur le rapporteur, vous parlez, pour la fonction publique d’État, d’un budget de 1,4 milliard d’euros ; M. Darmanin avait, quant à lui, donné le chiffre de 800 millions d’euros : on ne sait plus très bien où on en est, mais nous ne sommes plus à cela près…
S’agissant des indépendants agricoles, vous n’avez rien dit sur la perte de leur allégement de 7 % sur les cotisations maladie : c’est la seule catégorie à subir une augmentation du solde, entre l’augmentation de la CSG et la baisse des cotisations. Vous ne répondez pas plus à notre question sur les retraités. Votre argument relatif à la taxe d’habitation ne tient pas, pour deux raisons : la suppression est étalée sur trois ans, et les montants sont extrêmement variables d’une collectivité à l’autre. Des millions de retraités continueront d’avoir dans trois ans un solde net positif et perdront, dès 2018, de leur pouvoir d’achat.
(Applaudissements sur quelques bancs des groupes LC et LR.) La parole est à M. Gilles Lurton. Monsieur le rapporteur, j’ai repris les chiffres inscrits dans votre rapport, que vous nous confirmerez sans doute : la hausse de la CSG pèsera sur 8 millions de retraités qui gagnent plus de 1 400 euros nets par mois ; elle rapportera 4,5 milliards d’euros à l’État. Or le montant de la compensation sur l’année 2018 n’est que de 3 milliards d’euros. Elle n’est donc pas totale, il y aura un coût pour les retraités. Il faut très clairement l’affirmer ce soir, dans cet hémicycle, avant de voter. Bravo ! La parole est à M. Pierre Dharréville. Monsieur le rapporteur, madame la ministre, j’ai apprécié la manière dont vous avez assumé votre projet. Peut-être avais-je été inattentif précédemment, mais je ne l’avais jamais trouvé aussi clair qu’aujourd’hui – ce n’est pas un reproche. Nous sommes d’accord sur une chose : il manque des ressources pour assumer les besoins sociaux, les besoins de santé en particulier. En revanche, cet argent, il faut aller le chercher là où il est : dans les exonérations sociales, que vous multipliez encore avec le CICE,… Très bien ! …ou sur le capital. Encore une fois, vous allez faire un tour de passe-passe pour continuer de taxer toujours les mêmes. Nous avons, sur ce point, une vraie divergence politique. Je mets aux voix les amendements identiques nos 9, 45, 51, 103, 174 et 240.
(Il est procédé au scrutin.)
(Les amendements identiques nos 9, 45, 51, 103, 174 et 240 ne sont pas adoptés.) La parole est à M. Francis Vercamer, pour soutenir l’amendement n56. Je serai bref, puisque nous avons déjà proposé plusieurs fois de remplacer la hausse de la CSG par l’instauration d’une TVA compétitivité. Cet amendement a au moins deux avantages. Tout d’abord, le groupe UDI, Agir et indépendants serait un peu plus favorable à votre texte s’il était adopté, tous les autres points qui faisaient obstacle ayant été supprimés par le Sénat ou modifiés. Par ailleurs, la TVA compétitivité permettrait de supprimer toute l’usine à gaz qui a été introduite dans le texte pour essayer de rendre équitable la hausse de la CSG : les salariés bénéficient d’une première mesure, les fonctionnaires d’une autre – on ne sait d’ailleurs pas trop comment sera payée la prime dans les collectivités territoriales –, mais il y a un problème pour les agriculteurs, les retraités et les indépendants qui n’est pas encore résolu. Notre amendement a l’avantage de régler tous ces problèmes d’un coup de baguette magique, en remplaçant la hausse de la CSG par une hausse de TVA, tout en maintenant la baisse des cotisations salariales que vous avez prévue. Quel est l’avis de la commission ? Avis défavorable. Vous proposez de remplacer la hausse de la CSG compensant la baisse des cotisations salariales par une hausse de la TVA sur les produits d’importation. On pourrait discuter de la conformité d’une telle mesure au regard du droit européen. Pas de problème ! Vous dites qu’il n’y a pas de problème, monsieur de Courson, mais juridiquement ce n’est pas si simple d’augmenter la TVA uniquement sur les produits d’importation. En tout état de cause, la TVA est une taxe qui n’est absolument pas sociale et qui touche les personnes de façon très inégalitaire. L’augmentation de la CSG que nous proposons concerne aussi bien les revenus salariaux que ceux du capital. Nous mettons davantage à contribution les revenus du capital lorsque nous choisissons d’augmenter la CSG.
Tout à l’heure, monsieur de Courson, vous avez posé la question de la contribution pour la fonction publique d’État. Dans le projet de loi de finances a été votée – je ne sais si vous l’avez fait – la suppression de la contribution exceptionnelle de solidarité à hauteur de 1,4 milliard d’euros.
Bien sûr ! Je le sais ! Quel est l’avis du Gouvernement ? Avis défavorable. La TVA ne touche pas le capital. En termes de justice sociale, cet argument suffit. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe REM.) La parole est à M. Charles de Courson. Je ne parlais pas de cela, monsieur le rapporteur général. Je faisais allusion aux fonctions publiques territoriale et hospitalière. Vous ne nous avez toujours pas expliqué comment vous compensez le mécanisme pour les collectivités territoriales et les hôpitaux publics. Vous nous dites qu’il y aura une concertation. Soit ! Mais dans le budget, il n’y a pas un sou supplémentaire pour compenser les collectivités territoriales. Si vous baissez le taux de cotisations patronales, ce qui, semble-t-il, était votre idée, il faut le compenser ; or ce n’est pas dans le projet de loi de finances.
S’agissant de l’amendement n56, il est si eurocompatible que nous avons déjà voté cette mesure à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy.
Exact ! Par ailleurs, la TVA sociale est avant tout une mesure de compétitivité, ce qui n’est pas le cas de l’article 7 qui n’améliore en rien la compétitivité des entreprises françaises. L’amendement vise à augmenter le taux normal de TVA de 2 points. Une partie sera compensée par un écrasement des marges – selon tous les grands distributeurs, vu la très forte concurrence, leur marge est aujourd’hui de 1 %. Le but est de doper la compétitivité pour créer des emplois. C’est cela, la véritable justice sociale, monsieur le rapporteur général : doper les entreprises françaises de façon à ce qu’elles créent des emplois, dans une politique pro-entreprises.
(L’amendement n56 n’est pas adopté.) La parole est à M. Christophe Naegelen, pour soutenir l’amendement n69. Que dire après toutes ces interventions sur la hausse de la CSG ? Monsieur le rapporteur, j’entends parfaitement votre explication sur la fusée à trois étages. Simplement, nous n’avons pas la même définition de l’injustice. L’avantage de la TVA sociale est qu’elle touche tout le monde… C’est vrai que c’est très juste ! Tout le monde, sauf le capital ! …et ne fait donc pas de sélection. Son autre avantage est de redonner une certaine compétitivité aux entreprises françaises, étant donné que seul le taux normal à 20 % est concerné. Quel est l’avis de la commission ? Vous m’avez ôté les mots de la bouche, monsieur Naegelen, en disant que la hausse de la TVA toucherait tout le monde. Par contre, elle ne touchera pas les revenus du capital. Et elle touchera d’autant plus les foyers à faible revenu, parce que plus le revenu d’un foyer est faible, plus la part de consommation est élevée. C’est l’inverse ! Plus on consomme, plus on paie de TVA ! Proportionnellement, vous allez percuter beaucoup plus durement les foyers à faible revenu. Avis vraiment défavorable.
(L’amendement n69, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.) Je suis saisi de deux amendements, nos 357 et 219 rectifié, pouvant être soumis à une discussion commune.
La parole est à M. Gilles Lurton, pour soutenir l’amendement n357.
Cet amendement a trait à l’exclusion du champ d’augmentation du taux de CSG les bénéficiaires de la prestation de compensation du handicap. Pour la troisième fois depuis le début de cette nouvelle lecture, je tiens à rappeler l’engagement qui a été pris et qui doit être tenu. C’est important. J’avais déposé en première lecture un amendement qui visait à exclure les bénéficiaires de cette prestation du nouvel impôt. Le ministre du budget avait reconnu le bien-fondé de mon amendement et s’était engagé à trouver une solution d’ici à la nouvelle lecture. C’était la raison pour laquelle j’avais accepté de retirer mon amendement, ce que je regrette très franchement aujourd’hui.
Le Sénat a exclu du champ d’augmentation du taux de CSG le dédommagement perçu par les personnes aidant des bénéficiaires de la prestation de compensation du handicap. Le groupe majoritaire a déposé un amendement qui sera examiné après celui-ci, tandis que le Gouvernement, qui avait déposé un amendement identique, l’a depuis retiré. Ces deux amendements prévoyaient une mesure de bon sens, consistant à ramener la prestation de compensation du handicap reversée aux aidants familiaux à titre de dédommagement dans le champ des revenus d’activité, alors qu’elle est aujourd’hui considérée de manière aberrante comme un revenu du capital. Or le taux de CSG sur les revenus du capital est plus élevé que sur les revenus d’activité : 8,2 % contre 7,5 %. Avec ces amendements, la CSG passerait donc à 9,2 % et non plus à 9,9 %, comme dans la version initiale du projet de loi.
Mon amendement vise à combiner la logique du Sénat à celle de l’amendement n219 rectifié : la PCH « aidants » serait ramenée dans le champ des revenus d’activité et ne subirait pas la hausse de CSG. Les problèmes seraient ainsi résolus.
La parole est à M. Adrien Taquet, pour soutenir l’amendement n219 rectifié. Monsieur Lurton, vous n’avez pas de regret à avoir : la promesse est tenue. Nous avons été plusieurs, dès la présentation du projet de loi en conseil des ministres, à avoir identifié, au sein de la majorité, mais au-delà aussi, l’impact négatif que pouvait avoir sur les aidants bénéficiaires de la PCH cette hausse de la CSG, qui n’était effectivement pas en accord avec nos promesses de campagne. Le ministre – qu’il en soit remercié – avait ouvert la porte au dialogue, et nous nous retrouvons aujourd’hui pour discuter de ces amendements. Il y avait deux solutions possibles, que nous avions présentées en première lecture : exonérer – c’est la solution retenue par le Sénat – ou revenir à l’esprit originel d’un dédommagement, qui a été dévoyé depuis sa création et qui est aujourd’hui considéré fiscalement comme un revenu du patrimoine, ce qu’il n’est pas. Cet amendement vise donc à restaurer ce dédommagement dans ce qu’il est et à le soumettre au prélèvement sur les revenus d’activité.
On va donc bien appliquer cette hausse de 1,7 % mais, contrairement à ce que vous suggérez, en partant d’une base plus basse, ce qui permettra de la compenser largement. Il n’y aura donc aucun impact sur le pouvoir d’achat des aidants familiaux bénéficiaires de la PCH. Selon les calculs, dans certaines situations, leur pouvoir d’achat augmentera même probablement de 0,2 point. C’est le sens de notre amendement.
Quel est l’avis de la commission ? Mon collègue Adrien Taquet a exprimé avec beaucoup de clarté l’avis de la commission sur ces deux amendements. En première lecture, nous avons interrogé le fait de considérer la PCH des aidants familiaux comme un revenu du capital et non d’activité. La question est désormais réglée, et je remercie le Gouvernement d’avoir entendu la préoccupation des parlementaires et modifié cette anomalie découverte à l’occasion de l’examen du texte.
En revanche, monsieur Lurton, vous proposez en plus d’exonérer cette catégorie de revenus de hausse de la CSG, ce qui créerait des taux intermédiaires. J’appelle votre attention sur l’instabilité que cela peut provoquer, et sur l’avis probable du Conseil constitutionnel sur une telle mesure. Par ailleurs, l’augmentation de la CSG et les mécanismes compensatoires afférents font pleinement partie de la philosophie de la réforme soutenue par le Gouvernement et sa majorité. Je suis donc défavorable à l’amendement de M. Lurton – à cause de sa deuxième partie – et favorable à celui qui a été présenté par M. Taquet.
Quel est l’avis du Gouvernement ? Monsieur Lurton, vous avez raison : nous nous étions engagés et nous avons travaillé.
Votre amendement propose une nouvelle modification de la fiscalité applicable aux dédommagements de la PCH. Pour cela, vous envisagez de cumuler les avantages fiscaux qui résultent, d’une part, de l’amendement adopté au Sénat et, d’autre part, de la solution proposée par le Gouvernement et le groupe majoritaire. Il s’agit donc d’assujettir la PCH perçue par les aidants à la CSG activité au taux actuel de 7,5 % et non au futur taux de 8,2 %.
Tout d’abord, comme nous avons déjà pu l’exprimer, votre proposition ne serait pas juridiquement satisfaisante, car elle va à l’encontre du principe d’universalité de l’assiette de la CSG. Celle-ci vise, en effet, à inclure l’ensemble des revenus dans le financement de notre système de protection sociale. Or la PCH constitue bien, pour la personne qui la perçoit, un revenu visant à dédommager son activité d’aidant.
Ensuite, une exonération portant sur la seule hausse du taux de la CSG nuirait à la lisibilité de la fiscalité du point de vue du redevable. Dans cette hypothèse, l’ancien taux de CSG ne resterait applicable qu’à la PCH. Cela représenterait un important problème de cohérence puisque l’intégralité des autres revenus, sans exception, a vocation à être soumise au nouveau taux de CSG.
Enfin, je rappelle qu’un amendement à venir du groupe majoritaire est d’ores et déjà favorable aux aidants familiaux : il s’agit de modifier le traitement social du dédommagement pour ne plus l’assujettir à l’ensemble des prélèvements sociaux sur les revenus du capital, seulement à la CSG et à la CRDS. Concrètement, par rapport à la proposition de la loi initiale, pour un montant mensuel maximal de dédommagement de 960 euros, cette solution permet de rendre 190 euros aux aidants. Il s’agit donc d’une mesure à la fois forte et cohérente, qui permet de réduire considérablement le niveau de taxation des aidants familiaux. Le gain de pouvoir d’achat sera de 0,5 point.
Nous vous proposons donc de retirer votre amendement au profit de la proposition du groupe majoritaire.
La parole est à Mme Ericka Bareigts. Nous soutenons la proposition de M. Lurton, que nous trouvons plus juste et plus équilibrée. Nous avons eu ce débat en première lecture : l’activité des aidants familiaux représente l’expression d’une solidarité familiale très forte, qui évite une dépense publique puisque, grâce aux aidants, les personnes ne vont pas en établissements médico-sociaux. Or les aidants ne sont pas indemnisés à la hauteur du travail qu’ils effectuent auprès de leurs proches, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, 365 jours par an. Donc, si vous ne retirez pas votre amendement, monsieur Lurton, nous le voterons. On tient bon ! La parole est à M. Pierre Dharréville. Les aidants familiaux constituent une question de société importante ; ils mériteraient un véritable statut. Cette proposition améliore les choses et va dans la bonne direction.
(L’amendement n357 n’est pas adopté.)
(L’amendement n219 rectifié est adopté et les amendements nos 104, 246 et 251 tombent.) La parole est à M. le rapporteur général, pour soutenir l’amendement n310. Cet amendement rétablit le texte voté en première lecture par l’Assemblée nationale s’agissant de l’augmentation de 1,7 point du taux de CSG sur les pensions de retraite et d’invalidité. Je ne reviens pas en détail sur le débat que nous avons eu en amorce de l’examen de l’article 7, mais il n’apparaît pas souhaitable d’introduire dans la législation un nouveau taux réduit de CSG qui générerait une perte de recettes de 4,5 milliards d’euros pour la seule année 2018, comme pour les années suivantes. La commission soutient cette proposition.
(L’amendement n310, accepté par le Gouvernement, est adopté.) La parole est à M. Denis Sommer, pour soutenir l’amendement n238. Mme la ministre a rappelé à juste raison que notre système de protection sociale ne pouvait plus être financé comme il l’a été à l’origine et pendant plusieurs décennies. Si nous voulons qu’il reste solidaire, nous devons élargir l’assiette de son financement. Le recours à la CSG et la hausse de son taux sont donc absolument indispensables, tout comme la baisse des cotisations salariales.
Je souscris totalement à ce raisonnement, cependant j’ai une interrogation. Le seuil de 1 400 euros nets est trop faible : c’est la retraite de nombre d’ouvriers en production qui ont occupé un travail posté, souvent de nuit, dans des conditions difficiles – il y a vingt ou trente ans, les conditions de travail dans les usines n’étaient pas celles que l’on connaît aujourd’hui. Cela a des conséquences puisque les retraités ouvriers vivent en moyenne six ans de moins que leurs collègues cadres. Vous avez fait référence à l’augmentation globale de l’espérance de vie, mais celle-ci n’a pas augmenté de la même manière pour tous nos concitoyens.
C’est pour cette raison que j’ai défendu, en première lecture, la mesure proposée dans cet amendement. Comme j’ai de la suite dans les idées, je la défends également en deuxième lecture. Nous suggérons de remonter le seuil à 1 600 euros.
Quel est l’avis de la commission ? Comme en première lecture, mon cher collègue, la commission donnera un avis défavorable, sauf si vous acceptez de retirer votre amendement. Vous proposez d’augmenter le revenu de référence de 20 % ; pourquoi 20, pourquoi pas 10 ou 30 % ? Surtout, vous créez ainsi un taux intermédiaire de CSG à 3,8 %, et j’ai mentionné tout à l’heure les difficultés d’interprétation que cela pouvait soulever. Quel est l’avis du Gouvernement ? Défavorable. La parole est à M. Charles de Courson. Je voudrais rendre hommage aux collègues qui ont déposé cet amendement puisqu’ils reconnaissent que le seuil que vous avez fixé est complètement déraisonnable. Pour atténuer le caractère socialement injuste de l’article 7, notre groupe votera en faveur de cet amendement. La parole est à M. Fabien Di Filippo. Comme le groupe Les Constructifs, face à une mesure socialement injuste, nous soutiendrons cette mesure proposée par un membre de la majorité. J’ai dit tout à l’heure qu’il y avait une unanimité sur tous les bancs sauf ceux de la majorité ; non, y compris dans la majorité, il y a des gens qui trouvent cette mesure socialement injuste. Je remercie M. Sommer de souligner qu’à 1 380 euros, on n’est pas un retraité aisé, et de rappeler la situation des gens qui ont travaillé toute leur vie dans l’industrie, dans des conditions difficiles, et qui ont le droit de profiter pleinement de leur retraite. Notre groupe Les Républicains soutiendra tout ce qui visera à atténuer les conséquences de cette hausse inique de la CSG. Nous voterons donc votre amendement, cher collègue. La parole est à M. Denis Sommer. Il y a une différence fondamentale entre le soutien qui vient de m’être manifesté et le raisonnement que je propose. Vous ne voulez pas que votre amendement soit voté ? Je vous remercie (« Ah ! » sur les bancs du groupe LR) , mais permettez-moi de repréciser ma position. Je suis pour recourir à la CSG et pour en augmenter le taux, car je suis profondément persuadé qu’on ne peut pas financer notre système de protection sociale autrement qu’en élargissant l’assiette au-delà des seuls revenus du travail. Je soutiens donc totalement la démarche du Gouvernement sur ce point. Ma seule interrogation porte sur le seuil de revenu. N’essayez pas de vous rattraper ! On a le droit de voter pour votre amendement malgré tout ? Je ne retirerai pas mon amendement, mais il y a, sur ce point, une différence fondamentale entre vous et moi. On va quand même le voter ! La parole est à M. Jean-Louis Bricout. Le groupe Nouvelle Gauche soutiendra aussi cet amendement. Les choix budgétaires imposés par le Gouvernement consistent à faire un gros cadeau fiscal avec l’exonération de l’ISF et la flat tax . Mais puisqu’on se prive ainsi de recettes fiscales, il faut aller les chercher ailleurs, et ce sont les retraités les plus méritants qui en font les frais. On soutiendra cet amendement qui propose un seuil un peu plus raisonnable socialement.
(L’amendement n238 n’est pas adopté.) La parole est à M. Frédéric Barbier, pour soutenir l’amendement n83. Cet amendement est représentatif de la suite dans les idées évoquée par Denis Sommer. Nous sommes tous les deux députés du Doubs, un territoire où, comme mon collègue l’a rappelé, les gens ont travaillé excessivement dur. Je le dis avec franchise : remonter le seuil de 1 400 à 1 600 euros ne coûte pas cher – le groupe MODEM avait d’ailleurs déposé le même amendement.
Entre la première et la deuxième lecture, on a le temps de réfléchir. Vous êtes certainement nombreux avoir été, comme moi, sollicités, dans vos circonscriptions par des gens dont les revenus sont inférieurs à 1 600 euros et qui trouvent cette mesure, je vous le dis, madame la ministre, fortement injuste. Or la mesure sur laquelle je voudrais que nous tombions d’accord ne coûte vraiment pas cher puisque le relèvement du seuil de 1 400 à 1 600 euros ne concernerait que 10 % des 8 millions de retraités concernés.
Le rôle du politique, c’est de se dire que quand une économie va mieux, il faut aussi savoir redistribuer. Notre économie va mieux ; je pense donc que ce soir, dans cette assemblée, nous avons les moyens d’exonérer 10 % de retraités en plus de cette hausse de la CSG.
Je m’appelle Barbier et je suis député de la quatrième circonscription du Doubs. Notre devise familiale est : « La première lame tire le poil, la deuxième le coupe ».
Excellent ! Si ce soir, on pouvait décider ensemble de voter cette mesure, on adopterait une position sage et on répondrait véritablement aux attentes de celles et ceux qui ont travaillé dur et qui mériteraient cette redistribution. J’en appelle à votre sagesse et j’espère que ceux qui n’ont pas pris la bonne décision lors du premier vote, malgré les explications très claires de Denis Sommer, seront capables d’une décision plus juste à l’occasion du second. Quel est l’avis de la commission ? Même avis qu’en première lecture. Monsieur Barbier, je vous rappelle que, dans le programme sur lequel nous avons fait campagne, le seuil était fixé à 1 200 euros. Et – divine surprise ! – au moment d’examiner le PLFSS, ce seuil est passé à 1 440 euros pour les personnes âgées de soixante-cinq ans et plus. Il y a donc eu une avancée par rapport à la mesure que nous avions présentée pendant la campagne, avancée que rien ne nous obligeait à faire. Parce que vous vous êtes rendu compte que c’était un peu bas ! Vous avez dit n’importe quoi pendant votre campagne ! Au demeurant, un seuil reste un seuil. Le projet de loi fixe ce seuil à 1 440 euros ; vous proposez de le porter à 1 600 euros, et d’autres, en première lecture, avaient proposé 1 700 euros et au-delà. Or l’équilibre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale que nous examinons aujourd’hui en nouvelle lecture tient à ce seuil de 1 440 euros, dont je rappelle encore une fois qu’il est près de 20 % supérieur à ce que nous avions proposé aux Français pendant la campagne présidentielle. Sur l’amendement n83, je suis saisi par le groupe Les Constructifs et le groupe Nouvelle Gauche d’une demande de scrutin public.
Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Quel est l’avis du Gouvernement ?
Monsieur le député, pour compléter ce que vient de dire le rapporteur général, il faut tenir compte de l’ensemble des mesures, celles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et celles du projet de loi de finances. Ces mesures sont cohérentes : nous allons supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des foyers aux revenus les plus faibles. Les retraités, jusqu’à un seuil de 2 500 euros, seront bénéficiaires de cette double mesure. Certes, la CSG augmentera pour les 60 % qui perçoivent plus de 1 440 euros nets, mais cette hausse sera compensée de façon plus importante par la baisse de la TVA. (Murmures sur les bancs du groupe Les Républicains.) Pas de la TVA, de la taxe d’habitation ! Quel lapsus !

Mme Agnès Buzyn, ministre.