XVe législature
Session ordinaire de 2020-2021

Séance du jeudi 01 avril 2021

L’ordre du jour appelle la déclaration du Gouvernement relative à l’évolution de la situation sanitaire et aux mesures nécessaires pour y répondre, suivie d’un débat et d’un vote, en application de l’article 50-1 de la Constitution.
La parole est à M. le Premier ministre.
(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.) Le Président de la République s’est exprimé hier soir devant la nation pour annoncer de nouvelles mesures de lutte contre l’épidémie de covid. Une fois encore, notre pays fait face aux morsures d’une crise sanitaire qui dure depuis très longtemps, qui mute et évolue dans des conditions inquiétantes ; une fois encore, nous devons donc faire face, et prendre, en toute lucidité, les décisions que la situation impose.
La gravité de la troisième vague et les conséquences des décisions que nous prenons sur nos concitoyens, qui, depuis des mois, font face courageusement à cette pandémie mondiale…
Et à qui vous avez menti ! …commandent que les représentants de la nation en débattent et s’expriment par un vote solennel (Vives protestations sur les bancs des groupes LR et GDR)… Pipeau ! N’importe quoi ! Vous êtes aux ordres ! …dans le cadre fixé par l’article 50-1 de la Constitution. De nouvelles mesures sont nécessaires pour protéger la vie et la santé de beaucoup de nos concitoyens, particulièrement les plus fragiles, et nous permettre de franchir un cap – espérons qu’il s’agisse du dernier… La der des ders ! …dans la perspective du déploiement massif de la vaccination et d’un retour à une vie normale.
Oui, la troisième vague est là…
Depuis janvier ! Quel échec ! …et elle nous frappe durement. Depuis la mi-mars, nous constatons un emballement de l’épidémie :… Cela avait été annoncé ! Ils savent tout mieux que les autres ! …en deux semaines, le nombre de cas a augmenté de 55 % et s’élève aujourd’hui à environ 38 000 par jour. L’épidémie progresse vite, et elle progresse partout.
Vous le savez, cette accélération est due à la progression du variant apparu en fin d’année dernière en Grande-Bretagne. Nous savons depuis plusieurs mois qu’il est plus contagieux, mais aussi, depuis plus récemment et grâce aux dernières études, qu’il est également plus dangereux.
M. de La Palice ! Je le constate d’ailleurs à chacune de mes visites dans les hôpitaux : le virus frappe des patients plus jeunes, et une plus grande proportion de patients ne présentant pas de facteurs de risques ou de comorbidités.
Ce phénomène n’est évidemment pas propre à la France : depuis la mi-mars, le nombre de cas quotidiens a triplé en Allemagne, il a augmenté de 70 % en Belgique et de 40 % aux Pays-Bas.
Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console ! Cette reprise épidémique est d’autant plus préoccupante qu’elle survient à un moment où notre système de santé est déjà lourdement mis à contribution, et depuis longtemps. Avec plus de 5 000 malades de la covid hospitalisés en réanimation, le pic atteint lors de la deuxième vague est déjà dépassé. Si nous sommes encore en deçà du niveau atteint au printemps 2020, nous devons agir vite,… Il serait temps ! …en amplifiant fortement les dispositions déjà en vigueur. Vous avez déjà trop tardé ! Face à ce nouveau virus, nous avons rapidement réagi et pris, ces derniers mois et dernières semaines, plusieurs mesures fortes : depuis la fin octobre, maintien de la fermeture de nombreuses activités et établissements recevant du public – mesure forte mais très critiquée à l’époque –, depuis la mi-décembre, couvre-feu national… On sait déjà tout ça, on a regardé la télé ! …et, depuis le 20 mars, mesures renforcées dans près de vingt départements couvrant un tiers de la population. On a compris, pas besoin de traduction ! Prendre ces décisions n’est jamais facile ni simple, mais cela obéit à plusieurs exigences : rechercher le meilleur équilibre possible entre protection et contraintes, agir ni trop tôt, ni trop tard (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Rires et exclamations sur les bancs des groupes LR et GDR.) C’est de La Palice ! Vous êtes ridicule ! Vous n’êtes pas à la hauteur ! C’est vrai que c’est de plus en plus nul ! …s’adapter en temps réel aux différences de situation territoriales, notamment en début de vague épidémique et enfin, rappeler, encore et toujours, les consignes de prudence, en faisant appel à l’esprit de vigilance et de responsabilité de chacune et chacun.
C’est par la conciliation de ces différents principes d’action que nous sommes parvenus, depuis maintenant quatre mois, à maintenir la situation sous contrôle.
C’est la méthode Coué ! Mais aujourd’hui, les faits sont là : le variant britannique poursuit son accélération, et si nous voulons casser la spirale épidémique qui s’est enclenchée depuis plusieurs semaines, nous devons nous aussi accélérer, c’est-à-dire prendre des mesures renforcées. C’est pourquoi, sous l’autorité du Président de la République, nous avons décidé… Il a décidé ! Tout seul ! Il marche seul ! Vous ne faites que ventriloquer ! …d’étendre à tout le territoire métropolitain les mesures qui s’appliquaient déjà dans les dix-neuf départements les plus touchés par l’épidémie. Ces nouvelles mesures s’appliqueront à compter de dimanche matin et pour quatre semaines, c’est-à-dire jusqu’au 3 mai. Nous voilà sauvés ! Le choix d’agir à l’échelle nationale s’explique par la propagation de l’épidémie dans la quasi-totalité du territoire national depuis une dizaine de jours. Et vous l’avez laissée faire ! En effet, quatre-vingt-douze des quatre-vingt-seize départements métropolitains connaissent une accélération de la circulation virale, à un rythme parfois spectaculaire, supérieur à 20 % sur une semaine dans la moitié des départements, voire plus de 40 % dans une vingtaine d’entre eux. Dans une telle situation, il convient d’agir fortement, rapidement et partout, selon les mêmes règles et le même calendrier. Nous ferons cependant une exception pour les territoires et départements d’outre-mer, où la situation sanitaire n’est évidemment pas la même qu’en métropole, ni même similaire d’un territoire à l’autre, compte tenu de leur éloignement géographique. Nous continuerons donc à leur appliquer des règles spécifiques, adaptées à l’évolution épidémique connue par chacun.
Comme l’a indiqué hier le Président de la République, les règles qui s’appliqueront au territoire national à compter de dimanche matin seront fondamentalement les mêmes que celles que nous avons instaurées depuis le 20 mars dans les dix-neuf départements soumis à des mesures renforcées : le couvre-feu sera maintenu à partir de dix-neuf heures, les conditions d’ouverture ou de fermeture de commerces obéiront aux mêmes critères et conditions,…
Comment voulez-vous qu’on débatte ? …le télétravail sera systématisé au minimum quatre jours par semaine pour tous les emplois publics et privés pour lesquels c’est possible. Les motifs de sortie et de déplacement seront encadrés selon les mêmes termes. On a déjà entendu tout ça, on a allumé le poste ! S’il restera possible de se déplacer, de se promener, de faire du sport sans limitation de durée, dans un rayon de dix kilomètres autour de chez soi, les rassemblements ou regroupements de plus de six personnes resteront en revanche interdits.
Bis repetita ! Au-delà de dix kilomètres, une attestation précisant le motif du déplacement sera exigée… Tout ça, on le sait déjà ! …et, après la fin du week-end de Pâques, les déplacements interrégionaux seront restreints à quelques motifs impérieux, qui incluront évidemment les déplacements professionnels et ceux liés à un motif familial, comme le fait d’accompagner ou d’aller chercher un enfant chez un parent, un grand-parent ou un proche. On ne peut pas les mettre chez les grands-parents, ils ne sont pas vaccinés ! L’enjeu des prochaines semaines ne se limitera pas à l’édiction de nouvelles règles : il s’agira surtout de permettre leur bonne appropriation par nos concitoyens (Exclamations sur les bancs du groupe LR)… Mais oui ! …et, bien sûr, de veiller à leur bonne application. Si l’immense majorité de nos concitoyens respecte spontanément les règles en vigueur, une minorité d’entre eux s’y refusent. Je tiens, devant vous, à condamner sans réserve l’irresponsabilité dont font montre certains,… Pourquoi une punition collective pour quelques irresponsables ? …se croyant sans doute invincibles aux ravages de la maladie qui, pourtant, nous démontre chaque jour le contraire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Nous devons prévenir et sanctionner leurs comportements, qu’il s’agisse de rassemblements festifs, du non-respect du couvre-feu ou du refus du port du masque.
J’ai demandé au ministre de l’intérieur d’accroître le nombre de policiers et gendarmes affectés à cette tâche.
C’est des médecins qu’il nous faut ! Nous veillerons en particulier à ce que l’interdiction des rassemblements de plus de six personnes sur la voie publique soit respectée. La consommation d’alcool dans l’espace public sera interdite. Par arrêté préfectoral et en lien étroit avec les maires, l’accès à certains sites propices à des rassemblements en extérieur, comme les quais, berges et places, pourra être interdit en fonction des circonstances locales. Enfin, il sera enfin demandé au parquet de poursuivre systématiquement les auteurs récidivant dans l’organisation d’événements clandestins susceptibles de mettre en danger la vie d’autrui. Très bien ! Mais ces comportements, mesdames et messieurs les députés, ne doivent pas masquer la résilience et la haute conscience citoyenne de l’immense majorité des Français partout dans le territoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et sur quelques bancs du groupe Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Sans doute râlent-ils, s’impatientant, cherchant légitimement à comprendre, mais ils se montrent malgré tout respectueux des règles – c’est-à-dire, en réalité, respectueux des autres.
La forte accélération du virus nous conduit également à fermer les établissements scolaires, les crèches et les activités périscolaires et extrascolaires.
Quel échec pour Macron ! (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.) Nous avons tout fait pour retarder au maximum cette décision… Vous n’avez rien fait pour ça ! …et je sais qu’il existait un très large consensus sur tous les bancs en faveur… En faveur de votre démission ! …du maintien de l’accueil de tous les enfants dans les établissements scolaires. Avec des moyens ! Nous sommes le pays d’Europe ayant le moins fermé les écoles depuis le début de l’épidémie, puisqu’en un an, elles ont été fermées moins de dix semaines en France, contre vingt-quatre en Allemagne, vingt-six au Royaume-Uni et trente-deux en Italie… (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Pour quels résultats ? Les familles endeuillées s’en souviendront ! …et je crois que nous pouvons en être fiers. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Vaccinez ! Comme je vous l’ai toujours dit, nous avons toujours considéré que s’il fallait un jour utiliser ce levier, nous ne le ferions qu’en ultime recours, et dans des conditions permettant d’en réduire au maximum les conséquences pour nos enfants. Mais force est de constater que les écoles, collèges et lycées ne sont pas épargnés par l’épidémie :… Eh non ! Vaccinez et testez ! …depuis deux semaines, le taux d’incidence augmente plus vite chez les enfants et les adolescents que dans la population générale, entraînant des fermetures de classes et d’écoles chaque jour plus nombreuses. Vous êtes rattrapés par votre inconséquence ! Démission ! Ça fait des semaines qu’on vous le dit ! C’est pourquoi les établissements scolaires seront fermés pendant trois semaines. Cette fermeture a été optimisée, puisqu’elle inclut la période des vacances de printemps, afin que les conséquences sur les enfants soient les moins pénalisantes possibles – le ministre y veille. Ah, si le ministre y veille… Le ministre est désavoué ! Et pour l’école maternelle ? Concrètement, la semaine prochaine, où il n’y aura que quatre jours d’école en raison du lundi de Pâques, tous les établissements scolaires assureront leurs enseignements à distance. Cela concernera également les élèves des lycées professionnels et les apprentis, qui suivront le même régime que les autres lycéens. Tous les élèves de toutes les zones académiques seront ensuite placés en vacances de printemps au cours des deux semaines suivantes, c’est-à-dire du 12 au 25 avril. Cela implique une modification du calendrier des vacances scolaires, qui devaient s’étaler, selon les zones, du 12 avril au 7 mai. On sait déjà tout ça ! Ce n’est pas sérieux ! Mesdames et messieurs les députés, je mesure tout à fait l’impact de ces décisions sur la vie de nombreuses familles, sur l’organisation des entreprises, mais c’est le moyen d’atteindre notre objectif – agir sur la contamination en milieu scolaire… Vous disiez déjà cela il y a six mois ! …tout en limitant autant que possible les conséquences sur l’année scolaire de nos enfants. Nous savons que ces choix peuvent susciter des difficultés dans les familles modestes, dont les enfants n’iront plus à la cantine, ne pourront plus bénéficier de petits déjeuners gratuits dans les écoles des réseaux d’éducation prioritaire REP et REP+. Nous nous tiendrons à leurs côtés pour les aider à franchir cette période : les modalités de cet accompagnement adapté seront précisées dans les prochains jours. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Avec les maires, non ? Vaccinez ! Comme lors du premier confinement, un dispositif d’accueil des enfants des personnels prioritaires sera organisé dès la semaine prochaine, en lien avec l’éducation nationale et les collectivités locales. Qui n’ont pas été prévenues ! De même, les crèches seront fermées au cours des trois prochaines semaines et mobilisées pour accueillir les enfants de ces personnels prioritaires, dont la liste complète sera donnée demain. Les salariés contraints de garder leurs enfants à domicile, faute d’autre solution, bénéficieront du dispositif d’activité partielle qui s’appliquait déjà lors du premier confinement : il leur suffira de se signaler à leur employeur, qui prendra en charge la procédure de déclaration auprès des services de l’État.
Pour les élèves de l’enseignement supérieur, les règles en vigueur, qui prévoient un enseignement essentiellement dispensé à distance, seront maintenues, sans remettre en cause la possibilité récemment donnée aux étudiants de revenir une journée par semaine, sous des conditions strictes, suivre les cours sur place.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Les concours prévus au cours des quatre prochaines semaines auront lieu, selon une organisation adaptée à la situation. Les examens qui ne peuvent avoir lieu à distance seront en revanche, dans la mesure du possible, reportés au mois de mai. Et les élections, c’est en distanciel ? Ces nouvelles mesures entraîneront inévitablement des conséquences sociales et économiques. Je sais dans quelle difficulté se trouvent nos entreprises fermées ou contraintes de fonctionner au ralenti, et ce depuis de longs mois. Je sais qu’à ces difficultés économiques s’ajoutent souvent la détresse et le désarroi de professionnels qui n’ont qu’une envie : exercer leur métier, reprendre leur activité. Je veux exprimer à ces femmes et à ces hommes, dirigeants d’entreprise, salariés, sous-traitants, travailleurs indépendants, toute l’attention que je leur porte ; je veux les assurer de la solidarité de la nation. Les Français ne vous croient plus ! L’État – c’est pour nous une autre source de fierté – a été au rendez-vous pour accompagner ces acteurs d’un point de vue économique et social. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Il continuera de l’être, comme il continuera à assurer la continuité des services publics. Tant que la crise durera, nous maintiendrons tous nos dispositifs : si nous ne le faisions pas, nous réduirions à néant des mois de soutien massif, efficace. En outre, nous complétons ces mesures pour mieux tenir compte de certaines situations. Je pense notamment aux commerces, en particulier à ceux qui, dans les grands centres commerciaux, sont fermés depuis février, ou encore à ceux qui ont accumulé des stocks importants du fait des périodes de fermeture. Je pense également aux entreprises de plus grande taille, affectées par de longs mois de crise : tel est le sens de l’aide exceptionnelle pour la prise en charge des coûts fixes, accessible depuis hier.
Ayons, mesdames et messieurs les députés, l’humilité de reconnaître que nous ne savons pas tout…
(Exclamations sur les bancs des groupes LR et FI.) C’est nouveau ! Sauf les Républicains ! …tout simplement parce que nous faisons face à un risque dont nul ne peut dire avec certitude comment il est susceptible d’évoluer. Pour autant, un élément nouveau est venu modifier radicalement la donne : la campagne de vaccination, qui progresse et s’amplifie tous les jours. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Vives protestations sur les bancs du groupe LR.) Avec quelles doses ? Nous sommes les derniers de la classe ! S’il vous plaît, chers collègues ! Un peu de silence ! Nous avons là une bonne raison de penser que nous avançons dans la voie d’une possible sortie de crise. Plus de 8 millions de nos concitoyens sont désormais vaccinés, dont 2,8 millions ont reçu leurs deux doses. Il faut réaffirmer ici les objectifs du Gouvernement : 10 millions de vaccinés à la mi-avril, 20 millions mi-mai, 30 millions mi-juin… À quelle heure ? …en veillant à ce que la Commission européenne fasse respecter aux industriels leurs obligations concernant le calendrier de livraison des doses. Nous serons donc au rendez-vous, et même bien au-delà des objectifs que j’avais énoncés devant vous, ici même, le 16 décembre dernier, lors du débat portant sur la stratégie vaccinale. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Menteur ! C’est faux ! Personne n’y croit ! Reportez-vous à ces propos ! J’avais annoncé la vaccination de 15 millions de personnes d’ici la fin du premier semestre ; nous serons très largement en avance. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Vous le constatez dans vos territoires : tout le monde est sur le pont afin que nous puissions vacciner sans relâche. Il n’y a personne ! Nous le faisons à un rythme qui s’accélère depuis déjà trois semaines… Il était temps ! …et qui est plus élevé que celui de nos voisins allemand, italien ou espagnol. (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Vives protestations et claquements de pupitres sur les bancs du groupe LR.) C’est la vérité ! Surtout, nous sommes bien positionnés pour vacciner les personnes les plus vulnérables face à la maladie.
Nous vaccinons en flux tendu : toutes les doses sont administrées au fur et à mesure de leur arrivée.
Elles n’arrivent pas ! Cette vaccination s’opère sous l’autorité du ministre de la santé, suivant deux circuits complémentaires. Premier circuit, les centres ouverts par les mairies, par les établissements hospitaliers ou encore par les professionnels de ville : nous en comptons aujourd’hui plus de 1 700. Dans les prochaines semaines, il s’en ajoutera d’autres, gérés notamment par les pompiers… Avec l’AstraZeneca ! Il n’y a plus de vaccins ! …ou par la branche maladie de la sécurité sociale, et configurés pour accueillir jusqu’à 1 000 ou 2 000 patients par jour. Que tous ces acteurs soient ici assurés de la gratitude du Gouvernement et – j’en suis certain – de l’Assemblée nationale. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)
Deuxième circuit, la médecine de ville, dont les professionnels se sont mobilisés en nombre : plus de 50 000 médecins et 20 000 officines pharmaceutiques. En un mois, ils auront administré près de 1 700 000 doses aux patients éligibles. Il n’y a bien qu’eux qui administrent en ce moment ! La semaine prochaine, 25 000 infirmiers, pour commencer, s’engageront aussi dans cette campagne de vaccination, et 1 400 000 doses supplémentaires pourront être utilisées sur le terrain ; elles seront suivies de 3 millions de doses en avril, 3,6 millions en mai. Des promesses ! Le mois d’avril verra aussi l’arrivée d’un nouveau vaccin, celui de Johnson & Johnson… & Johnson ? …qui présente la particularité de ne nécessiter qu’une seule dose : plus de 500 000 doses en sont attendues fin avril, 2 millions en mai. Pour 60 millions d’habitants ! Et le vaccin russe ? Vous ne faites pas de la vaccination, mais de l’idéologie ! Comme le chef de l’État l’a annoncé hier, nous pourrons donc lancer dans les prochaines semaines la vaccination de nouvelles tranches d’âge, le 15 avril pour les personnes de 60 à 69 ans, le 15 mai pour les personnes de 50 à 59 ans, le 15 juin pour toutes les autres. Très bien ! De quelle année ? Quelle faillite ! L’espoir que représente cette campagne de vaccination nous permet d’envisager l’avenir de façon lucide, mais avec confiance et optimisme. Elle s’accompagnera du maintien et de l’intensification de l’indispensable stratégie « tester, alerter, protéger ». Beau résultat ! Nous travaillons également, en lien avec tous les secteurs concernés, à la réouverture prochaine des lieux aujourd’hui fermés, à la reprise des activités suspendues. Cette réouverture et cette reprise interviendront lorsque les conditions sanitaires seront réunies ; le moment venu, le Gouvernement présentera devant le Parlement sa stratégie en la matière. Nous devrons également nous prononcer sur les conditions d’organisation des élections régionales et départementales, prévues les 13 et 20 juin, après un premier report pour cause de covid-19. Je l’ai déjà indiqué, et je le redis ce matin devant la représentation nationale : seules des raisons sanitaires impérieuses, de nature à compromettre l’organisation de la campagne ou celle du scrutin, pourraient justifier un nouveau report. On sent que cet aspect-là est celui qui intéresse le plus les députés ! En application de la loi du 22 février 2021, le Conseil scientifique a rendu lundi un avis sur ce sujet ; j’observe avec vous que cet avis, particulièrement balancé (Sourires) , ne préconise pas clairement et explicitement un nouveau report de ces élections.
J’ajoute que les décisions dont nous débattons ce matin, y compris celles relatives à l’accélération de la vaccination, devraient entraîner une amélioration de la situation sanitaire d’ici aux échéances de juin.
Tiens, pourquoi ce conditionnel ? Le Conseil scientifique formule cependant des recommandations précises quant aux conditions de l’organisation et de la tenue de ces élections ; par ailleurs, les mesures qui entreront en vigueur ce week-end, pour une durée de quatre semaines, pourraient affecter le déroulement de la campagne. On ne comprend rien ! Nous devons donc nous assurer que toutes les conditions requises se trouvent remplies afin de pouvoir maintenir le calendrier prévu par la loi, ce qui constitue l’hypothèse de base du Gouvernement. « L’hypothèse de base » ? Qu’est-ce que ça veut dire ? À cet effet, je vais engager sans délai une consultation des partis politiques représentés au Parlement, qui concourent à l’expression des suffrages, et des associations d’élus locaux, notamment les maires, chargés de l’organisation matérielle des opérations de vote. Un débat fondé sur l’article 51 de la Constitution sera organisé au Parlement sur la base de l’ensemble de ces éléments. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) On ne comprend rien ! Tel est le sens du rapport que je vous remettrai aujourd’hui, toujours en application de la loi du 22 février.
Mesdames et messieurs les députés, nous avons devant nous des semaines particulièrement difficiles.
La faute à qui ? Plus que jamais, les personnels soignants, qui font preuve depuis quatorze mois d’un dévouement et d’une bravoure admirables, méritent notre soutien, ainsi que la reconnaissance de la nation tout entière. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Ils sont fatigués ! Je me rends régulièrement dans les hôpitaux pour leur manifester ce soutien : je sais – car ils me le disent – ce qu’ils endurent, combien ils se battent, malgré la fatigue, malgré la lassitude, pour sauver des vies. Malgré le mépris que vous leur témoignez ! Notre système hospitalier va soutenir le choc ! Nous l’y aiderons en continuant d’actionner tous les leviers possibles, en déplafonnant les heures supplémentaires dans les établissements de santé, en mobilisant tous les renforts – professionnels de ville, retraités, étudiants, les 26 000 professionnels de la réserve sanitaire civile, la réserve militaire… Zéro création de lits, zéro création de postes d’internes ! Les soignants sont fatigués ! …en organisant la collaboration entre le public et le privé, qui n’a jamais été aussi fluide, en organisant des évacuations sanitaires depuis les régions les plus touchées. L’ensemble de ces mesures doit nous permettre d’armer jusqu’à 10 200 lits de réanimation… Ça ne marchera pas ! Où sont les lits ? …et d’accueillir tous les malades qui en auront besoin. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)
Mesdames et messieurs les députés, face à cette crise sans précédent et à la part d’incertitude que comporte cette épidémie, mon gouvernement agit avec cohérence et pragmatisme. Non ! Ce n’est pas ce que pensent les Français ! Gérer une crise sanitaire, c’est conjuguer une batterie de critères. Il y a évidemment en premier lieu les critères épidémiologiques et sanitaires – et donc, oui, les avis des scientifiques et des médecins. Je veux le dire et le répéter devant la représentation nationale et devant la nation tout entière : il n’y a pas d’opposition entre le pouvoir politique et le pouvoir médical. Nous tenons le plus grand compte des avis, des analyses, des modèles et des prévisions des experts et des conseils scientifiques et médicaux. Que vous ne suivez pas ! Mais en tant que Gouvernement, nous avons le devoir – je dis bien le devoir – d’intégrer dans nos prises de décision d’autres considérations relevant des dimensions sociale, scolaire, psychologique et économique de notre pays et de notre société. Tel est le rôle du politique ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Ces considérations se modélisent sûrement moins bien et les effets qui leur sont liés sont certainement moins immédiats mais, un après le début de la pandémie, ces derniers sont beaucoup mieux connus.
C’est dans la combinaison très difficile de l’ensemble de ces considérations que doit être recherché en permanence l’équilibre des décisions qu’il nous appartient de prendre. C’est aussi cet équilibre qui détermine la temporalité des décisions. Mais au bout du bout – le moment dans lequel nous nous trouvons l’illustre parfaitement –, la mère des priorités, la première de ces considérations, celle qui s’imposera toujours, c’est la protection sanitaire de nos concitoyens. Comme toujours, c’est dans l’unité et dans le recours aux valeurs de solidarité et de responsabilité que nous trouverons les ressources pour faire face à ce choc grave et inédit. C’est la caractéristique profonde de cette crise, mesdames et messieurs les parlementaires : elle fait appel au sens des responsabilités de tous et de chacun, loin des postures faciles, loin du simplisme.
Pas de leçons ! C’est dans cet esprit, comme toujours, que je me suis exprimé devant vous ce matin. (Mmes et MM. les députés des groupes LaREM, Dem et Agir ens se lèvent et applaudissent. – Huées sur les bancs du groupe FI.) La parole est à M. Olivier Becht. Nous sommes réunis ce matin pour voter les mesures qui ont été annoncées hier soir par le Président de la République et que vous avez développées devant nous ce matin, monsieur le Premier ministre. Je le dirai d’emblée : le groupe Agir ensemble votera ces mesures (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM), au moins pour trois raisons.
La première, c’est que si ces mesures sont dures – particulièrement en ce week-end de Pâques, même si nous vous savons gré de ne pas avoir confiné le lapin de Pâques –, elles sont nécessaires. On ne peut pas faire autrement face à l’évolution de l’épidémie. La deuxième raison tient au fait que la France est certainement, parmi tous les pays du monde occidental, celui qui a le mieux protégé ses citoyens et ses entreprises.
(Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) Mais arrêtez ! Il a raison ! La troisième raison, c’est que le débat que certains voudraient instituer – aurait-il fallu confiner il y a deux mois pour éviter de confiner aujourd’hui, ou confiner aujourd’hui pour éviter de confiner dans deux mois ? – n’a pas de sens, car le but d’une nation n’est pas de vivre confinée, mais de vivre normalement.
Si nous avons des réserves à émettre sur la stratégie mise en œuvre, c’est à ce niveau qu’elles se situent. Comme vous le savez, le groupe Agir ensemble a proposé depuis plus de six mois de ne pas poursuivre une stratégie de freinage uniquement, mais aussi d’éradication du virus ; c’est la stratégie qu’ont adoptée les pays d’Asie et d’Océanie en testant massivement, en traçant, en isolant les personnes positives et en instaurant une quarantaine aux frontières. Force est de constater qu’elle fonctionne dans un certain nombre de pays : 10 morts à Taïwan, 35 au Vietnam, moins de 30 en Nouvelle-Zélande, 900 en Australie. Ces bilans sont assez éloignés du nôtre.
Les effets de la stratégie de freinage sont hautement préoccupants – pour notre pays comme pour toute l’Europe, qui l’a également adoptée. Ils le sont d’abord parce que nous atteindrons bientôt le seuil de 100 000 morts dans notre pays, en dépit des mesures qui ont été prises. Ils sont préoccupants, aussi, parce que le système hospitalier est sous tension permanente depuis un peu plus d’un an, et parce qu’aux morts du covid-19 il faudra certainement ajouter les morts indirectes, liées aux déprogrammations de soins auxquelles les hôpitaux sont contraints. Ils sont préoccupants, bien sûr, parce que de nombreux secteurs sont aujourd’hui encore à l’arrêt comme la restauration, le tourisme, la culture et l’événementiel.
Ils sont préoccupants parce que les mesures décidées ont un coût pour la nation qui s’endette de façon massive, à la charge évidemment des générations futures. Ils sont préoccupants parce qu’ils engendrent un risque de déclassement de l’Europe occidentale par rapport au monde de l’Asie-Pacifique ; cette tendance, qui s’était déjà accélérée, pourrait définitivement basculer. Enfin, ces effets sont préoccupants parce qu’en ne cherchant qu’à freiner le virus et non à l’éradiquer, nous ne testons pas les capacités logistiques de résilience de la nation.
Arrêtez avec votre résilience ! Or si à l’avenir nous étions confrontés à un autre virus autrement plus mortel, comme Ebola, nous ne pourrions évidemment pas nous contenter de simples mesures de freinage.
C’est pour l’ensemble de ces raisons que le groupe Agir ensemble plaide depuis plusieurs mois pour une stratégie non pas seulement de freinage mais d’éradication du virus. Une telle stratégie nécessite de mobiliser des moyens importants pour tester massivement la population, tracer et isoler de manière stricte les personnes positives et les cas contacts – en plus de l’instauration de quarantaines aux frontières, dont je souligne qu’elles sont mises en place aujourd’hui par des pays de l’Union européenne.
J’en viens aux mesures qui ont été adoptées et sur lesquelles nous nous prononcerons ce matin. Comme je l’ai indiqué, nous estimons qu’elles sont nécessaires le temps que notre système de soins récupère des capacités d’accueil, et le temps que les taux de reproduction du virus et d’incidence baissent. Il nous semble important néanmoins de préparer d’ores et déjà la sortie de ce troisième confinement – qui, sans en être un, en est un tout de même d’une certaine façon.
Le groupe Agir ensemble souhaite d’abord évidemment l’accélération de la campagne de vaccination – mais je sais qu’avec votre Gouvernement, monsieur le Premier ministre, vous faites tous les efforts nécessaires pour que les Français puissent être vaccinés le plus rapidement possible.
Pas sûr ! Certains problèmes logistiques doivent encore être résolus, mais nous comptons sur vous pour qu’ils le soient. On est mal barré ! Nous pensons qu’il faut également d’ores et déjà préparer et accélérer les campagnes de tests salivaires à mener dans les écoles lorsque celles-ci rouvriront. Cela aurait déjà dû être fait ! Ces campagnes seront en effet indispensables pour éviter que les écoles ne soient des lieux de reproduction du virus. Nous pensons également qu’il faut s’interroger sur la stratégie vaccinale concernant les jeunes, alors qu’un nouveau vaccin monodose arrivera prochainement, celui du laboratoire Johnson & Johnson. Nous sommes en effet préoccupés par la situation des jeunes qui doivent effectuer des stages cet été pour valider leurs études, parfois à l’étranger, alors qu’une condition vaccinale risque d’être imposée pour voyager dans certains pays. Il serait souhaitable qu’ils soient prioritaires, notamment ceux qui sont en fin d’études et recherchent un emploi.
Il sera nécessaire de prendre un ensemble de mesures, aussi, pour rouvrir les secteurs de la restauration, de la culture et du sport. Je rappellerai à cet égard l’une des mesures que le groupe Agir ensemble avait déjà suggérée il y a un peu plus de huit mois : équiper de façon massive les restaurants et les lieux clos accueillant du public – parfois sans masque, hélas, puisque le port du masque n’est pas possible dans tous les lieux – de systèmes de recyclage rapide de l’air comme il en existe dans les avions et dans les trains, et qui permettent de purifier l’air en évitant le recours aux aérosols.
Telles sont, mes chers collègues, les mesures que le groupe Agir ensemble souhaite proposer au Gouvernement. Nous le disons très solennellement : nous voterons évidemment les mesures proposées car elles sont aujourd’hui nécessaires…
La minute des supplétifs ! C’est un gros mot pour la droite maintenant ? …mais nous souhaitons vraiment que la stratégie évolue sur les différents points que j’ai évoqués. Nous serons vigilants et, s’il s’avère que nous ne sommes pas au rendez-vous de ces engagements… Vous garderez le petit doigt sur la couture du pantalon ! Cela veut dire que vous êtes nul ! …il n’est pas certain que tous les députés de notre groupe voteront les prochains projets de loi d’urgence sanitaire qu’il faudra adopter. Nous préférons le dire aujourd’hui car la situation est quoi qu’il en soit préoccupante pour notre nation. C’est le début de la fin. Il ne s’agit pas seulement aujourd’hui de prendre des mesures techniques ; il s’agit aussi de savoir ce que l’histoire retiendra de cette crise. L’improvisation, l’impréparation, l’incompétence. L’histoire, c’est le personnage qui se tient ici, en bas à gauche derrière notre tribune, sous le regard duquel nous prenons nos décisions. Je ne sais pas quel regard l’histoire portera sur les mesures aujourd’hui nécessaires que nous avons décidées. On ne prend aucune décision ici ! Je pense qu’elle pardonne souvent de ne pas réussir, rarement de ne pas essayer. Nous comptons sur vous, monsieur le Premier ministre, pour accélérer la campagne de vaccination et éradiquer ce virus, que ce soit par ce biais ou avec la démarche « tester, tracer, isoler » : cela nous semble nécessaire non seulement pour nos concitoyens mais aussi pour l’avenir de notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe Agir ens et sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) La parole est à M. Pascal Brindeau. En montant en cet instant à la tribune, je me suis demandé ce que je venais faire ici – ce que nous venions faire ici. (Applaudissements sur les bancs des groupes LR et FI.) Ah ! Nous aussi ! Je me disais que nous serions sans doute plus utiles dans nos circonscriptions, auprès de nos concitoyens. Bravo ! Car il faut bien l’avouer, monsieur le Premier ministre, ce n’est pas un débat auquel vous nous conviez aujourd’hui. De débat, il ne peut y avoir. Il a suffi qu’un seul prenne les décisions pour tous et qu’il les annonce devant les plateaux de télévision pour que ces mesures soient d’ores et déjà en voie d’être mises en œuvre. Le grand épidémiologiste ! C’est la Ve République ! De débat, il n’y a donc pas, et ce n’est pas vous faire injure, monsieur le Premier ministre, que de vous dire que vous êtes ici en quelque sorte pour assurer le service après-vente du Président de la République (Mme Patricia Mirallès proteste)… Eh oui ! Il a raison ! Ça fait mal ! … et que notre seul rôle, aujourd’hui, consister à commenter ses décisions. Vous ne m’en voudrez donc pas de ne pas commenter votre déclaration mais celle du Président de la République.
Hier, au cours de son intervention, Emmanuel Macron a dit que nous avions gagné des jours de liberté et que nous avions bien fait.
C’est vrai ! Quel décalage, quelle déconnexion par rapport à ce que vivent nos concitoyens depuis un an ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDI-I, LR, SOC, FI et GDR.)
Pensez-vous que les soignants, qui s’apprêtent à être submergés par une nouvelle vague, se disent que nous avons bien fait de gagner des jours de liberté ? La seule vertu, la seule utilité, de nos discours de ce matin est sans doute de pouvoir à nouveau leur rendre hommage et de leur dire notre gratitude, eux qui tiennent depuis un an malgré l’épuisement et qui ne voient pas plus que nos concitoyens le bout du tunnel. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI.) Bravo ! Pensez-vous que les salariés, qui vont devoir à nouveau bouleverser leur façon de travailler, et pour longtemps, se disent que nous avons bien fait de gagner des jours de liberté ? Oui, et les commerçants aussi ! Pensez-vous que les restaurateurs, les commerçants, les acteurs de la culture … Vous les avez tués ! …se disent que nous avons bien fait de gagner des jours de liberté, eux qui sont confrontés aux fermetures depuis si longtemps, eux à qui l’on a dit « ne vous inquiétez pas, les mesures qui vont être prises vont permettre une réouverture au plus vite » ? Celle-ci a été repoussée à avril, puis à mai, et elle aura peut-être seulement lieu en juin. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDI-I, LR, SOC, FI et GDR.) C’est contradictoire ! Vous pédalez dans la choucroute ! À chaque nouvelle intervention, mes chers collègues, ces perspectives qui sont indispensables à nos concitoyens deviennent plus floues.
Je cite encore le Président de la République : « Nous faisons face à une nouvelle donne depuis les premiers jours de mars avec un variant plus contagieux et plus mortel ». Là encore, quel décalage avec la réalité ! Les épidémiologistes, les chefs de service des hôpitaux nous le disent depuis janvier, la situation des pays qui nous entourent nous le montre également : ce variant est plus dangereux car il est plus contagieux et plus mortel.
Eh oui ! Or, face à ce danger plus grand, les mesures aujourd’hui prises sont plus légères que celles qui l’ont été jusqu’à présent pour lutter contre le virus souche. Qu’est-ce que vous proposez ? Comment pensez-vous que nos concitoyens vont réagir à ces nouvelles restrictions ? Ils les acceptent, certes, mais pour qu’ils le fassent pleinement, il faudrait qu’ils en comprennent la cohérence du point de vue sanitaire. Votre propos n’est pas clair ! Ce que nous vivons, ce sont les retards français. Le Président de la République a dit que nos capacités seraient portées à 10 000 lits de réanimation. Comment ? C’est la troisième fois qu’un tel objectif est annoncé. Il devait être atteint après la première vague, il ne l’a pas été ; il devait être atteint après la deuxième vague, il ne l’a pas été ; nous en sommes à la troisième vague, il ne l’est toujours pas. (M. Sébastien Jumel applaudit.) Eh oui ! Comment voulez-vous que nous vous fassions confiance sur ce sujet ? Castex zéro, Véran incompétent ! Je l’ai dit, nos concitoyens sont prêts à de nouveaux sacrifices. Ils le montrent en faisant preuve de responsabilité et de courage – saluons-les, c’est le signe de la force de la nation française. Les Français ne sont pas naïfs ! Mais ils sont prêts à en faire à plusieurs conditions : la clarté, la cohérence et la perspective de sortir enfin de cette crise. Et la vérité ! Or, un an après le premier confinement, rien n’a changé. On nous propose un confinement de quatre semaines qui ne dit pas son nom mais nous savons que dans quatre semaines, le pic épidémique sera toujours là ou du moins que les contaminations seront dans un plateau haut.