- Texte visé : Texte de la commission sur le projet de loi, après engagement de la procédure accélérée, actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (n°2630)., n° 2695-A0 rectifié
- Stade de lecture : 1ère lecture (1ère assemblée saisie)
- Examiné par : Assemblée nationale (séance publique)
- Code concerné : Code monétaire et financier
Sous réserve de son traitement par les services de l'Assemblée nationale et de sa recevabilité
L’article L. 151‑3 du code monétaire et financier est complété par un III ainsi rédigé :
« III. – Lorsqu’un investissement étranger porte sur une entité inscrite sur la liste, composé et arrêtée par le ministre des Armées, des fournisseurs stratégiques de défense, la procédure d’autorisation préalable prévue au I s’applique quel que soit le seuil de participation envisagé et y compris lorsque l’investisseur relève du droit d’un État membre de l’Union européenne. Cette extension se fonde sur la protection des intérêts essentiels de la sécurité nationale au sens de l’article 346 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, ainsi que sur les motifs impérieux de sécurité publique reconnus par l’article 65 du même Traité, « tel que mis en œuvre dans le cadre du règlement (UE) 2019/452 qui reconnaît la compétence des États membres en matière de filtrage des investissements sensibles.
« Le décret d’application précise les critères d’inscription sur la liste mentionnée, ainsi que les conditions dans lesquelles l’État peut proposer une solution alternative de reprise par un investisseur national ou européen en cas de refus d’autorisation. »
Plusieurs entreprises clés de la BITD française, notamment des PME et ETI sous-traitantes de rang 2
et 3, restent vulnérables aux prises de contrôle par des fonds ou États étrangers. Le régime actuel des
investissements étrangers en France, qui se déclenche au seuil de 10 % des droits de vote pour les
investisseurs hors UE et au seuil de 25 % pour les autres, laisse subsister une zone vulnérable en deçà
de ces seuils et, surtout, traite les investissements intra-européens avec une plus grande souplesse.
Le présent amendement étend la procédure d’autorisation préalable, sans seuil et y compris pour les
investisseurs européens, pour une liste arrêtée de fournisseurs stratégiques. Ce dispositif se fonde
explicitement sur l’article 346 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et le Règlement
(UE) 2019/452, qui autorise les États membres à prendre les mesures nécessaires à la protection des
intérêts essentiels de leur sécurité en matière d’armement.
La référence à une liste que le ministère aura préalablement établie, permet de cibler précisément les
entreprises stratégiques sans soumettre l’ensemble du tissu industriel à une contrainte
disproportionnée.