Mise en place d'une campagne de sensibilisation pour prévenir les AVC
Question de :
M. Bertrand Sorre
Manche (2e circonscription) - Ensemble pour la République
M. Bertrand Sorre interroge Mme la ministre de la santé et de l'accès aux soins sur la mise en place d'une campagne de sensibilisation aux risques d'accident vasculaire cérébral (AVC). Chaque année, près de 150 000 Français sont victimes d'un AVC, faisant de cette pathologie l'une des principales causes de mortalité et de handicap en France. Or de nombreux AVC pourraient être évités ou mieux pris en charge si la population était davantage informée des facteurs de risque, des signes précurseurs et des gestes à adopter en urgence. Actuellement, il semble que l'information publique sur les AVC, bien que présente, reste insuffisante, en particulier parmi les populations à risque. Une meilleure connaissance des symptômes, tels que la perte soudaine de motricité, les troubles de la parole ou les maux de tête sévères, pourrait significativement réduire les séquelles, voire sauver des vies, si des soins immédiats sont prodigués. Aussi, il lui demande si le Gouvernement envisage de lancer une campagne de sensibilisation nationale, accessible à tous, visant à informer la population sur la prévention et les symptômes des AVC. Une telle initiative permettrait non seulement de réduire le nombre de victimes, mais aussi d'améliorer la prise en charge précoce, essentielle à la limitation des séquelles.
Réponse publiée le 10 mars 2026
L'Accident vasculaire cérébral (AVC) est un défi de santé publique bien identifié. La stratégie de réduction des AVC et de leurs conséquences repose sur plusieurs piliers dont fait partie l'information de la population sur les symptômes. L'organisation des soins a été structurée dans le cadre du plan AVC 2010-2014 avec la mise de place de filières régionales dédiées à la prise en charge de l'AVC, aux différentes étapes : la régulation par le service d'aide médicale urgente-centre 15, l'accueil en urgence et l'hospitalisation en aigu puis la réadaptation jusqu'à la phase de consolidation et le suivi du retour à domicile et des patients. De la prise en charge rapide en filière spécialisée dépend la possibilité des traitements réduisant le risque de décès et de séquelles. La communication relative à la connaissance des symptômes de l'AVC auprès du grand public a été fortement développée par le plan AVC 2010-2014. Elle s'appuie sur de nombreux acteurs : agences régionales de santé, animateurs de filière AVC, associations, sociétés savantes, notamment à l'occasion de la journée annuelle mondiale de l'AVC, le 29 octobre 2025. Plus spécifiquement, le centre national de référence AVC de l'enfant, créé dans les suites du plan compte parmi ses missions celles d'améliorer les connaissances, de développer l'information et la formation des professionnels de santé, des patients, de leurs proches et des usagers. Tous ces efforts portent leurs fruits. Selon une enquête de Santé publique France, en 2019, plus de 90 % des adultes avaient connaissance des principaux symptômes de l'AVC ; près de 90 % auraient le réflexe d'appeler les services de secours. Cette connaissance doit être maintenue, améliorée et soutenue dans le temps. La prévention des AVC est un deuxième enjeu majeur, dont témoignent les orientations de la stratégie nationale de santé 2018-2022 et du plan national de santé publique Priorité prévention. La politique de prévention de l'AVC repose notamment sur les déterminants du risque cardio-neurovasculaire : lutte contre le tabagisme, promotion d'une alimentation favorable à la santé, d'une activité physique régulière, réduction des comportements sédentaires, réduction de la consommation nocive d'alcool, lutte contre l'obésité mais également des actions sur l'environnement, le soutien à la santé au travail et le maintien d'une bonne santé mentale. Un autre axe repose sur le repérage et la prise en charge des facteurs de risque d'AVC par les médecins traitants, notamment les facteurs de risques cardiovasculaires. A ce titre, la haute autorité de santé publiera prochainement un guide de bonne pratique pour la prise en charge du risque cardiovasculaire global en médecine de premier recours. Le dispositif « Mon bilan prévention », déployé par le ministère chargé de la santé et par l'Assurance maladie, témoigne de l'ambition de prévention et promotion de la santé pour agir sur les déterminants des maladies dont l'AVC. Pris en charge à 100 % sans avance de frais, ouvert aux assurés sociaux qui ont entre 18 et 25 ans, 45 et 50 ans, 60 et 65 ans et 70 et 75 ans, il ambitionne un virage préventif du système de santé en aidant chaque citoyen à devenir acteur de sa santé. L'information des patients fait partie intégrante de la politique de lutte contre l'AVC et la lutte contre les déterminants de la maladie reste une priorité pour le ministère chargé de la santé.
Auteur : M. Bertrand Sorre
Type de question : Question écrite
Rubrique : Maladies
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 22 octobre 2024
Réponse publiée le 10 mars 2026