Lutte contre la prolifération de la fourmi électrique
Question de :
Mme Laure Lavalette
Var (2e circonscription) - Rassemblement National
Mme Laure Lavalette alerte Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la menace que représente l'implantation de la fourmi dite « électrique » (Wasmannia auropunctata) dans le département du Var. Identifiée parmi les pires espèces invasives au monde, cette espèce est aujourd'hui présente dans deux foyers distincts à Toulon et à La Croix-Valmer, où les colonies sont décrites comme bien établies, occupant notamment près de 4 hectares de quartier résidentiel, avec des densités pouvant atteindre plusieurs milliers d'individus au mètre carré. La piqûre de cet insecte peut entraîner des chocs anaphylactiques chez les personnes allergiques et les enfants, ce qui en fait un risque sanitaire avéré pour les habitants des zones concernées. En 2025, une première campagne d'action a été menée à Toulon, qui s'est avérée être à moitié concluante. En effet, l'utilisation d'un saupoudrage, dont la substance active est un insecticide utilisable sur dérogation, est préconisée pour lutter contre la prolifération de la fourmi électrique. L'emploi de cette méthodologie n'a toutefois pas encore été autorisé. En outre, il est impératif d'agir dans les plus brefs délais, afin d'éviter que le Var, seul département touché de France métropolitaine, ne devienne le point de départ d'une contamination à l'ensemble du territoire national. Aussi, elle lui demande de préciser si elle entend mettre en œuvre le déploiement de la nouvelle méthodologie de lutte par saupoudrage contre cette espèce, afin de réaliser une éradication des foyers identifiés. De surcroît, elle lui demande comment le Gouvernement entend inscrire cette menace dans une stratégie nationale de gestion des espèces exotiques envahissantes, afin de prévenir toute extension de la fourmi électrique à d'autres départements métropolitains.
Réponse publiée le 9 juin 2026
La problématique de la fourmi électrique est bien identifiée au niveau des services de l'Etat. La ministre a participé récemment à un comité de pilotage organisé par le préfet du Var où le sujet de la fourmi électrique figurait à l'ordre du jour. Ce sont désormais trois foyers qui sont présents dans le Var (Toulon, la Croix-Valmer, Cavalaire), démontrant les capacités d'extension de l'espèce. La méthodologie de traitement (utilisation d'appâts avec présence d'une substance active) n'ayant pas donné les résultats escomptés, un nouveau protocole est mis en place via le saupoudrage de molécules actives ayant montré leur efficacité dans d'autres situations analogues (Australie, Etats-Unis) : seront utilisés les produits biocides « Campaign® Ant Bait » et « Antixx ». Ils ont été autorisés par arrêté daté du 25 mars 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000053723113/2026-04-23) pour une période de 180 jours et des protocoles spécifiques figurant en annexes de cet arrêté (protocoles en stations d'appâts et en saupoudrage dans des espaces extérieurs). Il restera à démontrer, par suivi scientifique, l'efficacité de ces méthodes de traitement : en effet, la réussite de ces derniers n'est pas systématique, ni reproductible d'un site à un autre, au regard de leur configuration et du comportement des fourmis. Plus globalement, la gestion de cette espèce relève de la politique de gestion des espèces exotiques envahissantes, pour laquelle une ligne budgétaire de 1,3 millions d'euros a été affectée en 2026. Ce budget permet de financer des opérations de gestion dans l'hexagone et en outre-mer, sur des espèces dont les impacts environnementaux (mais aussi sur les aspects de santé humaine, activités économiques, …) sont avérés.
Auteur : Mme Laure Lavalette
Type de question : Question écrite
Rubrique : Animaux
Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Ministère répondant : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Dates :
Question publiée le 10 février 2026
Réponse publiée le 9 juin 2026