Question de : Mme Clémence Guetté
Val-de-Marne (2e circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

Mme Clémence Guetté alerte M. le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'aggravation de la précarité étudiante à Créteil. Si la ville figure déjà depuis plusieurs années parmi les cinq plus chères de France pour étudier, le dernier baromètre des frais réalisé par le syndicat étudiant Unef place désormais Créteil comme la deuxième ville étudiante la plus chère de France. Déjà en 2023, 1 600 étudiants du département du Val-de-Marne avaient eu recours aux colis hygiéniques et alimentaires distribués par la Croix Rouge. Le baromètre pointe pour l'année 2024 une augmentation d'encore 3,71 % du coût de la vie étudiante. Il est estimé en moyenne à 1 411 euros par mois à Créteil contre une moyenne nationale de 1 158 euros. Cette nouvelle réalité se couple au bilan alarmant de l'étude de mars 2024 de l'Observatoire national de la vie étudiante qui révélait que près d'un étudiant sur trois n'avait pas suffisamment d'argent pour répondre à ses besoins. L'augmentation s'explique notamment par la hausse du prix du forfait Imagine R, liée à la décision du conseil départemental du Val-de-Marne prise en juin 2024 de suspendre son remboursement à hauteur de 50 % pour les étudiants. À cela s'ajoute le coût du logement, en moyenne 195 euros plus cher à Créteil qu'à l'échelle nationale. Or, pour les quelque 45 000 étudiants qui fréquentent l'université Paris-Est Créteil (UPEC), il n'y a que 646 logements disponibles rattachés au Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS). Elle souhaite donc l'interroger sur ce qu'il compte entreprendre afin que les étudiants de Créteil ne soient pas contraints de dépendre de l'aide alimentaire pour se nourrir, puissent se loger dignement et puissent à nouveau avoir une partie de leur forfait Imagine R remboursé.

Réponse publiée le 20 janvier 2026

Le Gouvernement est pleinement conscient des conséquences de la précarité sur le bien-être des jeunes. En 2025, le budget alloué au programme 231 « vie étudiante » s'élève à plus de 3,2 Md€. Près de 77 % de ce budget est dédié aux aides aux étudiants. Le reste des crédits finance le fonctionnement et l'investissement du réseau des œuvres universitaires et scolaires ainsi que des dispositifs liés à la santé, le handicap, la culture et le sport en faveur des étudiants. Depuis la rentrée 2023, une revalorisation de 37 € par mois a été appliquée à tous les échelons des bourses. Elle représente une hausse significative, notamment pour les étudiants de l'échelon 0bis (+ 34 %), et constitue la plus forte augmentation depuis 10 ans. Parallèlement, 35 000 nouveaux boursiers issus des classes moyennes ont été intégrés au système. Cette réforme a représenté un gain annuel moyen de 1 450 € de bourse accompagné des avantages associés, notamment l'accès aux repas à 1 € dans les restaurants universitaires des CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) et l'exonération des frais d'inscription et du paiement de la CVEC (contribution de vie étudiante et de campus). Des aides financières complémentaires (ponctuelles ou spécifiques) sont également mobilisables auprès des CROUS pour répondre aux situations de précarité et tenir compte de la diversité des situations. Concernant la lutte contre la précarité alimentaire des étudiants, le Gouvernement a mis en place une offre de repas à 1 € au bénéfice des étudiants boursiers et des étudiants précaires qui en font la demande, le dispositif pour en bénéficier ayant été simplifié pour le rendre aisément accessible, et a maintenu un tarif à 3,30 € pour tous les autres étudiants. Le ministère chargé de l'enseignement supérieur apporte son soutien financier à la FAGE (fédération des associations générales étudiantes) à hauteur de 240 000 € par an dans le cadre d'une convention pluriannuelle pour permettre le développement d'épiceries solidaires partout sur le territoire. En 2023, on compte 39 épiceries solidaires actives dans 31 villes universitaires. Une enveloppe exceptionnelle de 10 M€ a été débloquée conjointement par le ministère chargé des solidarités et le ministère chargé de l'enseignement supérieur à la fin de l'année 2022 afin de financer les associations apportant une aide alimentaire aux étudiants les plus démunis. Le ministère chargé de l'enseignement supérieur a financé deux associations visant spécifiquement le public étudiant : Linkee et Cop1. Ces subventions ont permis aux deux associations de se développer sur le territoire et de créer des antennes de distribution dans de nouvelles villes. En 2024, le ministère a apporté un soutien financier de 710 000 € à ces deux associations.  La majorité des financements accordés par le ministère à des associations étudiantes concerne des actions de solidarité et de lutte contre la précarité étudiante (accès au logement, distribution alimentaire, épiceries solidaires, mentorat). En 2024, le ministère a soutenu ces actions à hauteur de 1 190 000€, soit 41 % des subventions attribuées chaque année aux associations. S'agissant des conditions de logement des étudiants, la dotation d'investissement du CNOUS (centre national des œuvres universitaires et scolaires) est maintenue en 2025, reconduisant ainsi la hausse de 25 M€ intervenue en 2024. Ce haut niveau d'investissement permettra de poursuivre la réhabilitation de 12 000 places d'hébergement étudiant. Le ministère a mis en place une nouvelle contractualisation en 2024 avec les établissements, sous la forme d'un contrat d'objectifs, de moyens et de performance (COMP). Ce contrat entre l'État et chaque établissement d'enseignement supérieur public permet, sous réserve des résultats de l'établissement selon des indicateurs de performance définis dans le contrat, d'apporter un complément de financement fléché sur des priorités stratégiques partagées entre le ministère et l'établissement. Les COMP doivent répondre à 6 objectifs dont 4 objectifs de politiques publiques nationales prioritaires. La réussite et le bien-être des étudiants est l'un des objectifs prioritaires en relation avec l'élaboration en cours des schémas directeurs de la vie étudiante et qui sont finalisés. Des actions en faveur de cet objectif de réussite et bien-être des étudiants peuvent être financées par les COMP des établissements. Dans le cadre de son COMP, l'université Paris Est Créteil (UPEC) a développé un service d'aide sociale (alimentation, logement, informatique par exemple) destiné à faire face aux situations d'urgence des étudiants afin d'agir concrètement pour l'amélioration de la vie étudiante. Le COMP de l'UPEC prévoit également la mise en place d'un guichet unique (avec différentes possibilités : lieu physique, ligne téléphonique, ticketing, chatbot) permettant à l'étudiant d'obtenir une réponse ou d'être réorienté. L'attention est portée sur la qualité de la réponse du point de vue de la forme (qualité de l'échange, attention aux usagers sensibles tels les étudiants internationaux, porteurs de handicap, etc.), du fond (résolution du problème posé) et du temps de réponse. Enfin, pour améliorer l'accès aux droits et plus particulièrement l'accès aux soins de ses étudiants, l'UPEC a constitué un réseau de soins nommé RESUS. Au sein de ce réseau d'acteurs de santé, des médecins, installés sur tout le territoire couvert par l'université assurent des consultations en moins de 48 heures avec un tiers payant intégral offert aux étudiants inscrits à l'université.

Données clés

Auteur : Mme Clémence Guetté

Type de question : Question écrite

Rubrique : Pauvreté

Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche

Ministère répondant : Enseignement supérieur, recherche et espace

Dates :
Question publiée le 22 octobre 2024
Réponse publiée le 20 janvier 2026

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