Dépistage maladies respiratoires
Question de :
M. Thibault Bazin
Meurthe-et-Moselle (4e circonscription) - Droite Républicaine
M. Thibault Bazin attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur le dépistage des maladies respiratoires qui sont en augmentation à la fois en nombre et en gravité en France. Ainsi, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) touche environ 3,5 millions de patients en France, dont une grande partie s'ignore malade. On observe également une augmentation des cas d'asthme. Alors que des traitements existent contre cette maladie, on dénombre encore en France environ mille décès par an qui y sont liés, la moitié concernant des personnes jeunes. Ces éléments témoignent à la fois d'un sous-diagnostic important et d'un manque d'information et d'éducation des patients qui tendent parfois à banaliser les symptômes. Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures elle entend mettre en place pour améliorer le dépistage de ces maladies et renforcer la prévention, notamment par le développement de la spirométrie en médecine de ville, si elle envisage la mise en place d'une mesure du souffle au moins une fois au cours de la vie et quels moyens elle compte mobiliser afin de mieux sensibiliser la population à ces pathologies. Il souhaite également savoir si des évolutions sont envisagées en ce sens dans le cadre des politiques de prévention et de santé publique.
Réponse publiée le 25 août 2026
Selon Santé publique France, la Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique fréquente qui touche 5 à 10 % des plus de 45 ans et qui cause plus de 18 000 décès annuels. Elle est due au tabagisme dans environ 80 % des cas. Parmi les autres facteurs de risque, on note les expositions professionnelles, la pollution atmosphérique, l'exposition passive à la fumée de cigarette et des facteurs génétiques. L'asthme, maladie inflammatoire des voies aériennes multifactorielle d'origine génétique et environnementale, voit sa prévalence augmenter. L'asthme touche plus de 4 millions de personnes en France et cause plus de 60 000 séjours hospitaliers annuellement. La prévention des maladies respiratoires passe notamment par les actions portées par les plans nationaux : le plan national de lutte contre le tabac et le plan national santé environnement. À l'échelle individuelle, la lutte contre le tabagisme, y compris passif, est essentielle. Le repérage précoce est un pilier majeur dans la lutte contre les maladies respiratoires ; pour la BPCO, la Haute autorité de santé (HAS) estimait en 2020 que 66 à 90 % des personnes atteintes n'étaient pas diagnostiquées. À destination des professionnels, la HAS a rappelé les données cliniques évocatrices et les mesures des débits expiratoires permettant le diagnostic différentiel sachant que l'asthme et la BPCO peuvent parfois être associées. Outre la recherche des symptômes par l'interrogatoire, la HAS préconise pour la BPCO un questionnaire rapide pour repérer les premiers symptômes, où deux réponses positives doivent amener à une mesure du souffle pour faire le diagnostic. Cet auto-questionnaire de dépistage de la BPCO a été valorisé et mis en ligne sur Mon espace santé et sur Tabac info service, qui dispose d'un espace dédié à la BPCO, afin de favoriser sa diffusion et son appropriation par les assurés. Concernant la spirométrie, la mesure de la fonction respiratoire est essentielle et les médecins doivent être formés à la technique et à l'interprétation de la spirométrie. En cas de doute sur le diagnostic, l'avis du pneumologue est nécessaire. D'autres professionnels peuvent réaliser la spirométrie, mais l'interprétation est laissée au médecin. À ce jour, il n'est pas recommandé de procéder à un dépistage systématique de la fonction respiratoire en population ; un dépistage ciblé, notamment en cas de suspicion d'asthme ou de BPCO, est en revanche recommandé. Le dispositif Mon bilan prévention est un temps d'échange individuel entre un professionnel de santé effecteur et un assuré, entièrement dédié à la prévention, dont l'objectif est de prévenir l'apparition de maladies chroniques, de renforcer le recours aux dépistages organisés et aux campagnes de vaccination, ainsi que de permettre à chacun de devenir véritablement acteur de sa santé. En encourageant les comportements favorables à la santé, ce dispositif vise à prolonger l'espérance de vie en bonne santé et à réduire les inégalités sociales de santé, en déployant des actions complémentaires d'aller-vers, notamment en région. Le dispositif est proposé à quatre âges clés de la vie : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans, 70-75 ans. Ces rendez-vous peuvent à ce jour être réalisés par les médecins, les infirmiers, les sages-femmes et les pharmaciens. Chaque bilan est intégralement pris en charge par l'Assurance maladie, sans reste à charge pour l'assuré. La BPCO fait partie des thématiques qui peuvent être abordées dans l'entretien, à ce titre, les auto-questionnaires patients abordent les antécédents personnels ainsi que la symptomatologie (toux, crachats, essoufflement). En miroir, les fiches d'aide au repérage abordent également la maladie. Il en est de même pour le tabagisme. Les antécédents d'asthme font également partie des antécédents personnels recherchés par le biais des auto-questionnaires. La montée en charge du dispositif Mon bilan prévention fait partie des outils au service de l'amélioration du repérage des maladies respiratoires.
Auteur : M. Thibault Bazin
Type de question : Question écrite
Rubrique : Santé
Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 31 mars 2026
Réponse publiée le 25 août 2026