Question de : Mme Sophie Pantel
Lozère (1re circonscription) - Socialistes et apparentés

Mme Sophie Pantel attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur les difficultés rencontrées par de nombreux étudiants issus des territoires ruraux pour financer leurs déplacements quotidiens vers leur lieu d'études. Dans des départements ruraux comme la Lozère, de nombreux jeunes poursuivent leurs études dans des établissements éloignés de leur domicile familial et ne disposent pas toujours de solutions de transport collectif adaptées à leurs besoins. La voiture constitue souvent le seul moyen de déplacement possible pour rejoindre leur établissement d'enseignement ou leur lieu de stage. Dans un contexte marqué par une hausse persistante du coût des carburants et plus largement des dépenses liées à la mobilité, cette situation représente une charge financière de plus en plus importante pour les étudiants et leurs familles. Elle peut constituer un frein à la poursuite des études et accentuer les inégalités entre les jeunes selon leur lieu de résidence. Aussi, elle souhaite savoir s'il envisage la mise en place de mesures spécifiques destinées à accompagner les étudiants contraints d'utiliser leur véhicule personnel pour poursuivre leurs études, notamment dans les territoires ruraux. Elle l'interroge également sur les dispositifs existants ou à l'étude permettant de soutenir la mobilité étudiante et de garantir une égalité d'accès à l'enseignement supérieur sur l'ensemble du territoire.

Réponse publiée le 8 septembre 2026

Dans le système actuel, des dispositifs d'aide au sein de l'enseignement supérieur sont disponibles pour l'ensemble des étudiants répondant à des critères sociaux. La circulaire du 13 février 2026 relative aux modalités d'attribution des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2026-2027 prévoit d'attribuer des points de charge supplémentaires aux candidats boursiers dont le domicile familial est éloigné de l'établissement d'inscription à la rentrée universitaire, soit de 30 à 249 kilomètres : 1 point ; de 250 à 3 499 kilomètres : 2 points ; de 3 500 à 12 999 kilomètres : 3 points ; de 13 000 kilomètres et plus : 4 points. Ces points de charge peuvent permettre aux boursiers de bénéficier, en fonction des revenus des parents, d'un montant de bourse sur critères sociaux (BCS) plus important en modulant les plafonds de ressources par échelon. L'aide à la mobilité Parcoursup est une aide à l'entrée dans l'enseignement supérieur pour accompagner le bachelier, bénéficiaire d'une bourse nationale de lycée, qui, dans le cadre de la procédure nationale de préinscription dans une formation d'enseignement supérieur « Parcoursup », a accepté une proposition d'admission pour un vœu confirmé hors de leur académie de résidence. L'aide, d'un montant forfaitaire de 500 €, peut également être accordée, après examen de leur situation par la commission régionale d'accès à l'enseignement supérieur, aux bacheliers bénéficiant d'une bourse nationale de lycée s'engageant dans une mobilité et acceptant une proposition d'admission dans un établissement situé dans leur académie de résidence. L'aide à la mobilité master permet quant à elle de faciliter la mobilité géographique des étudiants, bénéficiaires d'une bourse d'enseignement supérieur, ou bénéficiaires d'une allocation annuelle dans le cadre du dispositif des aides spécifiques et inscrits en première année du diplôme national de master dans une région académique différente de celle dans laquelle ils ont obtenu leur diplôme national de licence. Elle est d'un montant forfaitaire de 1 000 €. Le réseau des œuvres universitaires est chargé de l'instruction des demandes et du paiement de l'ensemble de ces aides. Depuis février 2025, conformément aux dispositions de la loi n° 2023-265 du 13 avril 2023 visant à favoriser l'accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif modéré, les étudiants sans solution de restauration de proximité (zone blanche) peuvent bénéficier d'une aide financière à la restauration. Cette aide attribuée par le réseau des œuvres universitaires et scolaires (40 € par mois pour les étudiants boursiers, 20 € pour les étudiants non boursiers et une majoration de l'aide de 10 € en outre-mer) est versée sous forme de carte de paiement prépayée dématérialisée (via une application téléchargeable sur smartphone), dont l'utilisation par l'étudiant bénéficiaire est utilisable tous les jours au sein des commerces alimentaires. Environ 57 000 étudiants en sont bénéficiaires au titre de l'année universitaire 2025-2026 dont 10 % d'ultramarins et 28 % de boursiers. Au-delà des aides sociales, et pour répondre aux enjeux d'accès à l'enseignement supérieur et de lutte contre la désertification des territoires, notamment en outre-mer, le dispositif des campus connectés permet d'ajouter à l'offre de formation à distance existante la possibilité pour des étudiants de disposer d'un tiers lieu proche de leur domicile et de bénéficier d'un accompagnement complémentaire à la formation. Il constitue également une réponse adaptée aux besoins d'étudiants qui, en raison de contraintes particulières, pourraient rencontrer des difficultés pour accéder à l'enseignement supérieur (étudiants avec charge de famille, en situation de handicap, sportifs de haut niveau…). Ce dispositif a été expérimenté par le ministère chargé de l'enseignement supérieur en 2019 puis déployé plus largement en 2020 dans le cadre du PIA (programme d'investissements d'avenir) 3 « Territoires d'innovation pédagogique » sous l'égide de France 2030. Financé par le secrétariat général pour l'investissement (SGPI) et opéré par la Caisse des dépôts, il s'inscrit dans le cadre d'un appel à projets doté de 25 M€. Il a permis le cofinancement de plusieurs initiatives réparties sur trois vagues successives. Au vu des résultats positifs de l'expérimentation et afin de renforcer l'accessibilité du plus grand nombre à l'enseignement supérieur, quel que soit son lieu de résidence, le ministère a décidé, en 2026, de pérenniser le dispositif des campus connectés. L'engagement de l'État se poursuivra ainsi dans la durée, avec la mise en place d'un nouveau conventionnement de trois ans pour les collectivités territoriales et les établissements d'enseignement supérieur qui le souhaitent. 

Données clés

Auteur : Mme Sophie Pantel

Type de question : Question écrite

Rubrique : Énergie et carburants

Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace

Ministère répondant : Enseignement supérieur, recherche et espace

Dates :
Question publiée le 23 juin 2026
Réponse publiée le 8 septembre 2026

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