Conséquences du décret du 21 juin 2022 sur l'ASCAA des anciens ouvriers d'État
Question de :
M. Didier Le Gac
Finistère (3e circonscription) - Ensemble pour la République
M. Didier Le Gac appelle l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur les conséquences du décret n° 2022-920 du 21 juin 2022 modifiant les règles d'attribution de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité (ASCAA) des ouvriers et anciens ouvriers de l'État exposés à l'amiante. Créée par le décret n° 2001-1269 du 21 décembre 2001, l'ASCAA constitue un dispositif de reconnaissance de l'exposition à l'amiante permettant à certains ouvriers de l'État de cesser leur activité avant l'âge légal de départ à la retraite. Le décret du 21 juin 2022 a marqué une évolution importante en ouvrant ce dispositif aux anciens ouvriers de l'État ayant poursuivi leur carrière dans une autre administration ou un autre établissement public. Cette mesure, très attendue, a permis de réparer une inégalité de traitement. Toutefois, plusieurs anciens ouvriers de l'État, notamment d'anciens apprentis des arsenaux, alertent aujourd'hui sur les conséquences de cette réforme. Ayant commencé à travailler très jeunes et remplissant les conditions du dispositif « carrières longues », ils estiment que les nouvelles modalités d'admission à la retraite peuvent conduire à une interruption anticipée du bénéfice de l'ASCAA et, par conséquent, à une liquidation de leur pension dans des conditions moins favorables. Cette situation est d'autant plus mal comprise que ces personnels avaient précisément vocation à bénéficier d'un dispositif destiné à accompagner leur fin de carrière à la suite d'une exposition à l'amiante. M. le député souhaiterait donc connaître les raisons qui ont conduit le Gouvernement à modifier, en 2022, les dispositions relatives à la fin du bénéfice de l'ASCAA et à l'admission à la retraite par rapport au dispositif issu du décret de 2001. Il lui demande quels étaient les objectifs poursuivis par cette évolution réglementaire et quelles études d'impact ou évaluations ont été réalisées avant son entrée en vigueur. Il lui demande de préciser dans quelles conditions l'administration peut mettre fin au bénéfice de l'ASCAA lorsqu'un bénéficiaire remplit les conditions du dispositif « carrières longues » et si le Gouvernement envisage de faire évoluer le cadre réglementaire ou de diffuser une doctrine nationale afin d'assurer une application homogène du dispositif et d'éviter que certains anciens ouvriers de l'État ne soient durablement pénalisés dans la liquidation de leurs droits à pension.
Réponse publiée le 22 septembre 2026
La modification des règles d'attribution de l'allocation spécifique de cessation anticipée d'activité (ASCAA) à certains ouvriers de l'État, opérée par le décret n° 2022-920 du 21 juin 2022 résulte de la décision n° 431003 du Conseil d'Etat du 10 juin 2020. Cette réforme a permis d'étendre le champ d'application de ce dispositif aux anciens ouvriers de l'Etat, mettant fin à une différence de traitement qui méconnaissait le principe d'égalité en ce qu'elle excluait jusqu'alors des agents qui pouvaient avoir été présumés exposés à l'amiante dans les mêmes conditions que les bénéficiaires « historiques » de l'ASCAA. À cette occasion, le Gouvernement a également procédé à la mise en cohérence des règles applicables aux ouvriers de l'État avec celles déjà en vigueur à l'égard des fonctionnaires et contractuels du ministère des armées et des anciens combattants en vertu du décret n° 2006-418 du 7 avril 2006 modifié relatif à l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains fonctionnaires et agents non titulaires relevant du ministère de la défense. Ainsi, le 1° de l'article 9 du décret du 21 juin 2022 précité a modifié les conditions de cessation du versement de l'ASCAA aux ouvriers de l'État en précisant que celle-ci prend obligatoirement fin lorsque son bénéficiaire remplit les conditions pour bénéficier d'une pension de retraite à taux plein et non plus, comme le prévoyait le 1° de l'article 10 du décret du 21 décembre 2001 dans sa rédaction antérieure, à la survenance de la limite d'âge de l'ouvrier bénéficiaire de cette allocation ou lorsque l'intéressé avait atteint au minimum l'âge de soixante ans et justifiait d'une durée d'assurance égale au nombre de trimestres nécessaires pour obtenir le pourcentage maximum de la pension. Cette évolution résulte de la transposition aux ouvriers de l'État d'une disposition introduite dès 2018 dans le dispositif applicable aux fonctionnaires et permet ainsi d'assurer une cohérence entre les deux régimes. Elle est également en cohérence avec les règles applicables aux salariés de droit privé. Selon l'article 41 de la loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998 de financement de la sécurité sociale pour 1999, le versement de l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante prend en effet fin à partir du moment où le bénéficiaire peut liquider ses droits à une retraite à taux plein sans excéder 65 ans.
Auteur : M. Didier Le Gac
Type de question : Question écrite
Rubrique : Retraites : fonctionnaires civils et militaires
Ministère interrogé : Armées et anciens combattants
Ministère répondant : Armées et anciens combattants
Dates :
Question publiée le 7 juillet 2026
Réponse publiée le 22 septembre 2026
