Question de : Mme Fatiha Keloua Hachi
Seine-Saint-Denis (8e circonscription) - Socialistes et apparentés

Mme Fatiha Keloua Hachi attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la fragilité des dispositifs « Ma classe au cinéma ». La qualité de la formation au cinéma et à l'image est un atout, largement reconnu, de l'école française. Celle-ci favorise une pratique artistique et culturelle qui contribue largement à l'émancipation individuelle et collective. En ce sens, les quatre dispositifs « Maternelle au cinéma », « École et cinéma », « Collège au cinéma », « Lycéens et apprentis au cinéma » s'inscrivent dans cette ambition et mobilisent une multitude d'acteurs. Lancés à partir de 1989, ces dispositifs ont connu un grand succès et permettent chaque année, selon la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, à près de 2 millions d'élèves et d'apprentis de découvrir le cinéma en salle. Les trois séances prévues (deux séances en petite section de maternelle) dans un cinéma local ainsi que le travail en classe autour des films permettent, d'après le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), de « faciliter l'accès du plus grand nombre d'élèves à la culture et à l'écriture cinématographique dans une volonté d'égalité entre tous les territoires ». Pour nombre de jeunes, ces séances sont les seules auxquelles ils assistent dans l'année. Elles sont donc vectrices de réduction des inégalités et de cohésion sociale. Par ailleurs, elles ont également un intérêt pédagogique, notamment dans la période troublée actuelle, incontestable : l'éducation à l'art et par l'art. Pour autant, il apparaît que ces dispositifs sont en perte de vitesse et mis en danger. « La réussite des dispositifs repose sur le volontariat des écoles, des établissements scolaires et CFA et de leurs équipes pédagogiques », souligne le CNC. Or les mises en œuvre récentes du « pacte enseignant » et du guide de remplacement de courte durée (RCD) semblent avoir largement contribué au désengagement des équipes enseignantes, notamment en proposant les formations dédiées à destination des enseignants hors du temps scolaire et en conditionnant les sorties scolaires à un protocole de remplacement. De plus, alors que les transports se font majoritairement en car scolaire et que le coût est largement pris en charge par les collectivités territoriales - les établissements scolaires de 73 départements ont indiqué être soutenus par le conseil départemental dans l'enquête de l'Archipel des Lucioles -, l'affaiblissement du budget des collectivités territoriales risque également de contribuer à cette mise en péril. Ainsi, la réduction des projections met en danger un outil essentiel de l'éducation à l'image, au cinéma et à l'audiovisuel et fragilise également l'économie globale du cinéma. Aussi, elle lui demande dans quelle mesure elle entend soutenir et valoriser les dispositifs « Ma classe au cinéma ».

Réponse publiée le 18 novembre 2025

Le dispositif « Ma classe au cinéma », dont la mise en œuvre a fortement mobilisé l'association « Les Enfants de cinéma », nécessite des mesures pour le soutenir et le valoriser dans un contexte qui le fragilise. Le ministère partage la même ambition que tous les élèves, sur tous les territoires, bénéficient de ces projets culturels qui favorisent leur épanouissement et leur ouverture sur le monde, dans un souci d'équilibre avec la présence nécessaire des professeurs auprès de leurs élèves pour préserver leurs apprentissages. Face aux difficultés mentionnées et qui se traduisent par une baisse sensible (- 16 %) des collégiens inscrits au dispositif, par une érosion du nombre de lycéens et d'apprentis bénéficiaires (- 3 % à la rentrée 2023 puis - 2 % à la rentrée 2024) et par la désaffection d'une part des professeurs volontaires (- 9 %), les ministres chargés de l'éducation nationale et de la culture ont confié le 10 mars 2025 à Édouard Geffray, conseiller d'État et ancien directeur général de l'enseignement scolaire, une mission visant à redéfinir « Ma classe au cinéma » afin de préserver l'excellence de la politique d'éducation aux images. Cette nécessaire évolution doit prendre en compte trois facteurs : les contraintes liées aux nouvelles modalités de formation continue des enseignants et de remplacements de courte durée, la possible dissociation du groupe classe dans certains niveaux (6e et 5e) et les difficultés de financement des collectivités territoriales. Cette mission a donné lieu à un nombre important d'auditions de partenaires nationaux et locaux, des collectivités territoriales, des acteurs culturels, des organisations professionnelles du secteur ainsi que des services des administrations des deux ministères. Le rapport récemment remis aux ministères propose de nombreuses mesures concrètes qui répondent à la nécessité de proposer une nouvelle ambition pour l'éducation aux images, au sens le plus large. Une communication sera faite par les deux ministères et le centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) après l'étude poussée de l'opérationnalité desdites mesures. En parallèle, et concernant l'éducation artistique et culturelle dans sa globalité, une mission des inspections générales est en cours pour poursuivre le déploiement de la part collective du pass Culture, dont bénéficie « Ma classe au cinéma ».

Données clés

Auteur : Mme Fatiha Keloua Hachi

Type de question : Question écrite

Rubrique : Culture

Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Ministère répondant : Éducation nationale

Dates :
Question publiée le 28 janvier 2025
Réponse publiée le 18 novembre 2025

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