Situation économique des agriculteurs français
Question de :
Mme Anna Pic
Manche (4e circonscription) - Socialistes et apparentés
Mme Anna Pic attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur la situation économique des agriculteurs français. Les différentes lois EGALIM, issues des États généraux de l'alimentation de 2017, visaient à améliorer la qualité et la durabilité des produits agricoles. Cependant, un arrêté du 26 janvier 2021 a permis à la Charte EVA, encadrant a minima les élevages de volailles, d'être reconnue comme certification environnementale de niveau 2 pour répondre à l'obligation des 50 % d'alimentation durable dans les cantines scolaires. Cette reconnaissance a été accordée malgré l'absence de critères stricts sur l'environnement, la provenance ou le bien-être animal, favorisant ainsi les pratiques d'élevage intensif et confortant les grands groupes de l'industrie agroalimentaire dans ce modèle de production. Ce type d'élevage est néfaste pour l'environnement et difficilement viable économiquement pour les agriculteurs de petites exploitations qui subissent la pression d'un marché international basé sur ces mêmes pratiques. Ces conditions menacent leur survie économique et, par conséquent, la souveraineté alimentaire française. Il y a un an, le Président de la République avait exprimé son souhait de créer un « EGALIM européen » pour protéger les agriculteurs contre la concurrence déloyale et imposer une réciprocité des normes dans les accords commerciaux. Elle lui demande donc quelles mesures sont envisagées pour améliorer le bien-être animal dans le secteur agricole et où en est la France dans son projet d'« EGALIM européen ».
Réponse publiée le 2 décembre 2025
Le ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire accorde une attention toute particulière à la durabilité de la production agricole. La charte EVA-Environnement (dinde, canard à rôtir, poulet de chair et pintade) a déposé une demande de reconnaissance d'équivalence de certification de deuxième niveau. Cette reconnaissance a été accordé, conformément aux dispositions relatives à la certification environnementale prévues dans le code rural et de la pêche maritime (CRPM), après examen de la demande au regard des critères de la certification environnementale, et suite à l'avis favorable de la commission nationale de la certification environnementale le 14 janvier 2021. Cette reconnaissance de certification de deuxième niveau, formalisée par arrêté du ministre chargé de l'agriculture en date du 25 janvier 2021 permet en effet aux produits concernés d'être comptabilisés dans la part des approvisionnements répondant à l'obligation des 50 % d'alimentation durable dans les cantines scolaires, et jusqu'au 31 décembre 2026. Par conséquent, à compter du 1er janvier 2027, les produits issus d'exploitations certifiées au niveau 2 de la certification environnementale ne seront plus inclus dans les 50 % de produits utilisés dans les repas servis dans les restaurants collectifs (tel que prévu à l'article L. 230-5-1 du CRPM). Il convient de préciser que ces démarches visent en premier lieu à garantir la bonne prise en compte des objectifs de protections des exploitants agricoles dans leurs relations commerciales avec leurs acheteurs. Ces thématiques sont bien discutées actuellement au niveau européen suite à la publication du paquet proposé par la Commission européenne le 10 décembre 2014 visant à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire et que la France participe activement à ces discussions.
Auteur : Mme Anna Pic
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : Agriculture, souveraineté alimentaire
Ministère répondant : Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Dates :
Question publiée le 18 février 2025
Réponse publiée le 2 décembre 2025