Question écrite n° 5786 :
Inclure les outre-mer dans les programmes scolaires hexagonaux

17e Législature

Question de : M. Davy Rimane
Guyane (2e circonscription) - Gauche Démocrate et Républicaine

M. Davy Rimane interroge Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la place accordée aux outre-mer dans les programmes scolaires de l'enseignement secondaire en Hexagone. En effet, si des adaptions sont rendues possibles dans les territoires ultramarins, permettant ainsi d'étudier certains sujets sous un prisme en lien avec le territoire, en Hexagone, les outre-mer sont uniquement étudiés d'un point de vue que l'on pourrait considérer comme utilitariste, presque uniquement sous l'angle de la zone économique exclusive (ZEE) en géographie, ce qui ne permet pas de saisir pleinement les réalités économiques, sociales et historiques des outre-mer. Cette approche fragmentaire contribue à une méconnaissance de ces territoires par les citoyens français, alimentant parfois des préjugés nuisibles à la cohésion nationale. L'intégration plus approfondie des outre-mer dans les programmes de sciences économiques et sociales (SES), tant en classe de seconde qu'en spécialité, permettrait d'aborder les spécificités économiques de ces territoires, les défis structurels qu'ils rencontrent ainsi que leurs dynamiques locales. En enseignement moral et civique (EMC), la prise en compte des enjeux liés à la citoyenneté ultramarine et aux inégalités territoriales renforcerait la formation des élèves à une vision plus juste et inclusive de la République. Enfin, en histoire, l'étude des trajectoires ultramarines, de la colonisation et de l'esclavage à l'évolution des statuts juridiques et politiques de ces territoires, contribuerait à une meilleure compréhension du passé commun de la France hexagonale et des territoires ultramarins et de ses répercussions contemporaines. Aussi, il lui demande s'il est possible de revoir les programmes scolaires afin de mieux intégrer ces dimensions, garantissant ainsi une représentation plus équilibrée des outre-mer et une sensibilisation accrue des élèves à la diversité, l'histoire et à la richesse de ces territoires.

Réponse publiée le 28 octobre 2025

L'article L. 311-4 du code de l'éducation, modifié en 2019 par l'article 8 de la loi n° 2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance, prévoit que « les programmes scolaires comportent, à tous les stades de la scolarité, des enseignements destinés à faire connaître la diversité et la richesse des cultures représentées en France, y compris dans ses territoires d'outre-mer ». Les territoires ultramarins étaient présents dans les programmes avant même l'adoption de cette disposition législative. Ainsi, dans le programme de géographie de la classe de troisième, les territoires ultramarins français sont un objet d'étude spécifique du thème « pourquoi et comment aménager le territoire ? ». Dans les programmes de lycée, l'approche n'est pas limitée à la zone économique exclusive, même si cette dernière est bien présente dans le programme de terminale. Ainsi, en classe de seconde générale et technologique, les élèves étudient les milieux ultramarins (thème 1), les dynamiques démographiques et les inégalités socio-économiques dans les territoires de l'hexagone et de l'outre-mer (thème 2), les mobilités, transports et enjeux d'aménagement, y compris en France ultramarine (thème 3). En classe de premièregénérale, l'étude des systèmes productifs doit inclure l'outre-mer ; en première technologique, un sujet d'étude porte au choix sur les espaces périurbains ou sur l'agro-tourisme, en incluant explicitement la France ultramarine. D'une manière générale, les programmes de géographie insistent sur l'étude de la France, en incluant sa dimension ultramarine : c'est donc bien dans toutes les dimensions des programmes de géographie que sont étudiés les territoires d'outre-mer. S'agissant des programmes d'histoire, ils conduisent également à aborder l'histoire des outre-mer, quand bien même ceux-ci ne sont pas explicitement nommés. À titre d'exemple, le programme de CM1 demande, dans un thème consacré au « temps des rois », de présenter la « formation du premier empire colonial français, porté par le pouvoir royal, et dont le peuplement repose notamment sur le déplacement d'Africains réduits en esclavage ». Dans les programmes du collège, l'étude de l'économie de plantation dans les colonies, des traites et de l'esclavage, ainsi que de leur abolition, conduit les professeurs à aborder l'histoire des territoires d'outre-mer, même si l'exemple français n'est pas le seul possible. Ces mêmes thématiques sont abordées à nouveau au lycée, essentiellement dans les classes de seconde et de première. Enfin, le nouveau programme d'enseignement moral et civique, publié en 2024, prévoit également, en classe de première, d'aborder les territoires ultramarins et leurs statuts, au double prisme de l'indivisibilité de la République et de la décentralisation. Deux démarches sont proposées : « à partir d'exemples en lien avec l'éducation, la santé et le travail, étudier (a) le statut et l'organisation des collectivités territoriales ; (b) la décentralisation et le transfert de certaines compétences préalablement étatiques ; (c) le statut des territoires ultramarins pour définir le principe d'indivisibilité » ; « à partir de la question des langues régionales, reconnues dans la Constitution comme appartenant au "patrimoine de la France" (article 75-1), faire le lien entre unité du territoire et reconnaissance d'une diversité des territoires ». Ainsi, les programmes d'enseignement intègrent déjà pleinement les territoires d'outre-mer.

Données clés

Auteur : M. Davy Rimane

Type de question : Question écrite

Rubrique : Outre-mer

Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Ministère répondant : Éducation nationale

Dates :
Question publiée le 8 avril 2025
Réponse publiée le 28 octobre 2025

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