Organisation des secours d'urgence dans les territoires ruraux et périurbains
Publication de la réponse au Journal Officiel du 20 janvier 2026, page 360
Question de :
M. Sébastien Saint-Pasteur
Gironde (7e circonscription) - Socialistes et apparentés
M. Sébastien Saint-Pasteur attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les difficultés rencontrées dans l'organisation des secours d'urgence, notamment dans les territoires ruraux et périurbains. De nombreux centres de secours, comme ceux de Cadillac ou Barsac en Gironde, ne disposent aujourd'hui que de sapeurs-pompiers volontaires (SPV), sans présence de sapeurs-pompiers professionnels (SPP). Pourtant, le rapport de la Cour des comptes pour la période 2017-2022 souligne une forte augmentation (+ 30 %) des interventions d'assistance à personne avec enjeu vital dans le département de la Gironde, classant le SDIS parmi les plus sollicités de France. Ce manque de moyens humains conduit à des situations préoccupantes : délais d'intervention allongés, difficultés dans la coordination avec les centres d'appels d'urgence (« 15 »), procédures administratives lourdes retardant la réponse aux enjeux vitaux. Ainsi, il n'est pas rare qu'il s'écoule plus d'une heure entre la première alerte et la prise en charge effective d'une personne victime d'un AVC, alors que chaque minute est déterminante. Face à ces constats, il lui demande quelles mesures immédiates le Gouvernement envisage de prendre pour renforcer la présence de sapeurs-pompiers professionnels dans les centres de secours, notamment par la création de postes en astreinte pour garantir des interventions rapides sur les cas à enjeu vital. Enfin, il lui demande également s'il est prévu de revoir et d'alléger les procédures administratives internes, notamment pour permettre aux SPV de déclencher rapidement des renforts en cas d'urgence manifeste.
Réponse publiée le 20 janvier 2026
Depuis de nombreuses années, notre modèle français de sécurité civile a fait la preuve de sa capacité à proposer des réponses rapides et adaptées aux sollicitations opérationnelles toujours croissantes qu'il reçoit de l'ensemble des territoires tant en milieu urbain qu'en milieu rural. Ce modèle repose notamment sur l'engagement complémentaire des sapeurs-pompiers professionnels (SPP) et des sapeurs-pompiers volontaires (SPV), qui assurent ensemble la continuité et la qualité des secours sur l'ensemble du territoire. Le ministère de l'intérieur et le ministère en charge de la santé travaillent sur les problématiques relatives au secours et soins d'urgence aux personnes (SSUAP) et à l'aide médicale urgente (AMU) afin, notamment, de faire baisser la pression opérationnelle subie tant par les services d'incendie et de secours (SIS) que par les services d'aide médicale urgente. Ce travail a permis de généraliser les coordonnateurs ambulanciers au sein des centres de récetion et de régulation des appels, d'établir des guides de bonnes pratiques afin notamment de réduire le temps d'attente des sapeurs-pompiers aux services d'urgence mais également de reconnaître les sapeurs-pompiers comme acteurs du soin, à pratiquer un certain nombre d'actes de soins d'urgence, en autonomie et sur prescription médicale. Par ailleurs, l'animation étroite du réseau de sécurité civile a permis de construire, depuis bientôt cinq années, autour de groupes de travail de la démarche nationale du SSUAP, une dynamique permettant d'alimenter les chantiers nationaux par le recensement des bonnes pratiques et des propositions, afin de juguler l'accroissement de l'activité opérationnelle dans le but de recentrer l'activité sur des missions urgentes. En parallèle, de ce travail, des réunions de travail entre la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) et la direction générale de l'offre de soins (DGOS) permet d'aborder ces problématiques auxquels les SIS sont confrontés pour qu'elles soient mieux prises en compte dans l'organisation hospitalière. Si ces premiers travaux ont porté leurs fruits (livret relatif aux 1ères concrétisations de la démarche nationale), la DGSCGC poursuit ses efforts sur la déclinaison des mesures partagées avec la DGOS. Ces travaux ont été complétés d'avancées techniques, notamment la gestion des appels d'urgence avec le projet NEXSIS 18/112, qui permet de doter les services d'incendie et de secours d'un outil commun pour gérer les appels et les opérations, ainsi que la mise en place de plateformes communes 15/18/112 dans plus de 20 départements. Ce projet est cofinancé par l'Etat. S'agissant de la mobilisation des SPV, plusieurs SIS développent en effet des modes d'organisation adaptés à leurs besoins locaux afin d'optimiser leur disponibilité et permettre un déclenchement plus rapide des secours : c'est le cas de la double affectation des SPV, qui leur permet d'être mobilisables à la fois depuis leur domicile et leur lieu de travail. Aussi, le recours aux effectifs complétés, permettant à un engin d'être armé par des SPV issus de plusieurs casernes, pour une mise en route plus rapide. Enfin, le Beauvau de la sécurité civile a été l'occasion d'interroger le modèle français dans l'ensemble de ses composantes afin de définir les contours des missions de la sécurité civile pour les années à venir, mais aussi définir le rôle de chacun de ses acteurs afin que différentes problématiques identifiés soient mieux prises en compte et en limiter les incidences sur les SIS. Ses conclusions comprennent des préconisations quant à l'amelioration de l'organisation des urgences pré hospitalières. A l'issue de travaux interministériels, le Beauvau de la sécurité civile a vocation à aboutir à une initiative législative.
Auteur : M. Sébastien Saint-Pasteur
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sécurité des biens et des personnes
Ministère interrogé : Intérieur
Ministère répondant : Intérieur
Renouvellement : Question renouvelée le 30 septembre 2025
Dates :
Question publiée le 10 juin 2025
Réponse publiée le 20 janvier 2026