Adaptation du parc nucléaire aux effets du dérèglement climatique
Publication de la réponse au Journal Officiel du 3 février 2026, page 884
Question de :
Mme Anna Pic
Manche (4e circonscription) - Socialistes et apparentés
Mme Anna Pic interroge M. le ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie, sur les politiques d'adaptation du parc nucléaire français aux effets du dérèglement climatique, notamment s'agissant de la montée du niveau de la mer. Un rapport de la Cour des comptes relatif à ce sujet, publié en mars 2023, fait état d'une vulnérabilité croissante des centrales nucléaires face au changement climatique, en particulier celles situées en bord de mer. Si des efforts d'adaptation ont déjà été mis en œuvre ou sont en cours de déploiement, le rapport en question souligne également que ceux-ci restent partiels et que la stratégie d'ensemble gagnerait à être clarifiée et renforcée. Ce constat apparaît d'autant plus pertinent que la relance du nucléaire français, basée sur la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 à horizon 2038, pourrait s'accompagner de huit autres réacteurs dont les sites d'implantation ne sont pas connus à ce stade. Alors que ces installations sont amenées à fonctionner jusqu'à la fin du siècle, voire au-delà, il apparaît indispensable d'inscrire les décisions d'aujourd'hui dans une vision de long terme. Dans un contexte où les projections du GIEC estiment que la montée du niveau marin atteindra, à minima, un mètre d'ici à 2100, il semble indispensable que le choix des futurs sites tienne pleinement compte de cette réalité. Il en va du fonctionnement des centrales, mais aussi de leur sûreté et, in fine, de la sécurité des populations et de la préservation de l'environnement. Elle souhaite ainsi savoir si des études de préfaisabilité prenant en compte le changement climatique sont déjà à l'œuvre pour ces huit réacteurs potentiels et, dans l'hypothèse où certains seraient installés en zone littorale, de quelle manière l'État prévoit de prévenir les risques liés à la submersion. Elle lui demande également les mesures concrètes envisagées pour adapter les centrales existantes exposées à ces phénomènes, afin d'assurer leur sûreté à long terme.
Réponse publiée le 3 février 2026
Le 10 mars 2025, le gouvernement a présenté son nouveau plan d'adaptation au changement climatique (PNACC 3). Au sein de la mesure 31 du PNACC 3 qui vise à assurer la résilience du système énergétique, l'action 2 intitulée « Système électrique : améliorer la résilience du parc de production d'électricité nucléaire, des installations de production d'hydroélectricité, éolienne et solaire et du réseau » intègrent plusieurs actions dans l'objectif de maintenir la résilience du parc de production d'électricité nucléaire. Le parc nucléaire existant fait l'objet d'une instruction approfondie, tenant compte du retour d'expérience récent, en lien avec l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection. En particulier, le cinquième réexamen périodique des réacteurs nucléaires de 900 MWe doit amener à renforcer la prise en compte des effets du changement climatique sur ces réacteurs. La conception des nouveaux réacteurs intègre bien les enjeux liés au changement climatique. Les études pour les réacteurs nucléaires de technologie EPR2 qu'ils fassent partie du programme de six réacteurs déjà annoncé ou de l'extension du programme de huit réacteurs à l'étude tiennent compte du climat futur sur toute la durée prévue du fonctionnement, à savoir au moins soixante ans à compter de leur mise en service, en intégrant des marges de conception ou dans le choix des sites d'implantation. A titre d'exemple, pour les sites en bord de mer, EDF a retenu une marge de conception d'un mètre supplémentaire par rapport aux projections du niveau marin à horizon 2100. EDF a engagé ses premières démarches pour prendre en compte le changement climatique dès le début des années 1990. Les modèles climatiques, basés sur les scénarios du GIEC, et mis en œuvre à l'échelle des sites, sont utilisés pour définir les actions à engager dans la poursuite d'exploitation du parc (réexamens périodiques notamment) ainsi que dans la conception des EPR2.
Auteur : Mme Anna Pic
Type de question : Question écrite
Rubrique : Énergie et carburants
Ministère interrogé : Industrie et énergie
Ministère répondant : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 20 octobre 2025
Dates :
Question publiée le 8 juillet 2025
Réponse publiée le 3 février 2026