Désarmement d'un site pyrotechnique sensible à Saint-Martin-de-Crau
Question de :
M. Emmanuel Taché
Bouches-du-Rhône (16e circonscription) - Rassemblement National
M. Emmanuel Taché de la Pagerie alerte M. le ministre des armées sur les graves dangers liés au site de l'ancienne société industrielle de munitions et de travaux (SMIT) situé à la Carougnade, dans la commune de Saint-Martin-de-Crau. Depuis 2006, les élus de la commune alertent les autorités au sujet de la situation extrêmement préoccupante affectant le site de la Carougnade depuis l'arrêt d'activité de la société industrielle de munitions et de travaux (SMIT). En effet ce site contient, en plein air et sans surveillance, divers explosifs et munitions instables, enfouis ou non, dans un secteur proche de zones résidentielles. À proximité immédiate de ce site se trouvent, en outre, un pipeline de pétrole brut et une installation de stockage de gaz. Les explosifs actifs et abandonnés présentent également des risques de vol et pourraient potentiellement être utilisés à des fins criminelles ou terroristes. Lors d'une réunion avec la préfecture en 2020, l'urgence de la situation avait été soulignée, mais des contraintes financières ont alors entravé la mise en œuvre d'actions concrètes. Conformément au droit en vigueur, toutes les armes et munitions restent sous le contrôle de l'armée jusqu'à leur élimination totale. Il incombe donc à l'État de procéder à la dépollution du site pour protéger la population locale. Il est en plus admis que la commune ne dispose pas des ressources nécessaires pour entreprendre une telle opération. Suite à une interpellation de la mairie de Saint-Martin-de-Crau, le ministère a procédé à une opération de déminage du 19 au 23 avril 2021. Dans ce cadre, ce dernier a précisé que 1 421 obus au phosphore avaient été découverts et que les services compétents avaient été mobilisés pour explorer les options permettant la destruction complète de ces engins explosifs. En avril 2023, les services du ministère ont admis que la remise en état du terrain nécessitait le traitement de plusieurs centaines de tonnes de munitions enterrées, dont environ 25 000 obus au phosphore. Une évaluation des dangers en surface reste à réaliser pour un amas de 350 tonnes de munitions variées. Le ministère a considéré que les opérations de dépollution, dont le financement doit être pris en charge par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), relèvent de la responsabilité de sociétés privées spécialisées dans la dépollution pyrotechnique. Cette réponse n'est pas satisfaisante et n'apporte aucune solution pour écarter ce danger en dépit de la responsabilité évidente de l'État. Il lui demande ainsi si le Gouvernement va s'engager à prendre les mesures adéquates pour désarmer définitivement ce site pyrotechnique et mettre hors de danger les Saints-Martinois.
Réponse publiée le 18 novembre 2025
Le site de la Carougnade est un terrain civil ayant été exploité par une société privée spécialisée dans la destruction de munitions, la société industrielle de munitions et de travaux (SMIT), qui a laissé des déchets sur place à la suite de sa cessation d'activité. Le risque associé reste toutefois limité, dans la mesure où, d'une part, les déchets pyrotechniques présents sont inertes et, d'autre part, le site est clôturé et fait l'objet d'une surveillance régulière par la gendarmerie nationale. En complément, une opération de dépollution a été engagée par les autorités publiques, dont les modalités techniques et financières ont été définies en concertation entre la préfecture des Bouches-du-Rhône, le ministère de l'intérieur, le ministère en charge de l'environnement, la direction de l'immobilier de l'État, l'agence de l'immobilier de l'État (AGILE), l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et le ministère des armées et des anciens combattants. Cette opération a été menée à partir de la fin de l'année 2023 afin d'éliminer le risque pyrotechnique résiduel. Les démineurs de la sécurité civile, avec le soutien logistique du ministère, ont procédé à la neutralisation, à l'enlèvement et à la destruction des munitions en surface. L'ADEME a ensuite assuré la maîtrise d'ouvrage déléguée des travaux de dépollution, confiés à un groupement d'entreprises privées spécialisées. Le financement de ces travaux, d'un montant de 1 370 000 euros, a été avancé par le ministère des armées et des anciens combattants auprès de l'AGILE, laquelle est désormais chargée de la valorisation du terrain et du remboursement du ministère. Les opérations se sont achevées avec succès en juin 2024, permettant le retrait de l'ensemble des 2 530 obus au phosphore identifiés, ainsi que de 341 tonnes de munitions en surface.
Auteur : M. Emmanuel Taché
Type de question : Question écrite
Rubrique : Produits dangereux
Ministère interrogé : Armées
Ministère répondant : Armées et anciens combattants
Dates :
Question publiée le 26 août 2025
Réponse publiée le 18 novembre 2025