Aménagement des limites au don du sang
Publication de la réponse au Journal Officiel du 14 avril 2026, page 3191
Question de :
M. Christophe Plassard
Charente-Maritime (5e circonscription) - Horizons & Indépendants
M. Christophe Plassard interroge M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins, sur la limite d'âge des donneurs de sang. En effet, malgré le nombre de 1,6 millions de donneurs, la France fait régulièrement face à des pénuries de sang. D'après l'EFS, il faudrait collecter 10 000 poches de sang chaque jour pour soigner les patients, que ce soit pour des chirurgies, des traitements contre le cancer ou des soins d'urgences. Or certains donneurs habitués font souvent face à l'âge limite de 70 ans pour donner son sang (65 ans pour un don de plasma ou de plaquettes). D'autres personnes font face à l'obstacle de leur poids, puisqu'il faut peser au moins 50 kilos pour pouvoir donner son sang. À l'heure d'une pénurie de sang, il lui demande si les critères d'âge et de poids pourraient faire l'objet d'exceptions ou d'aménagements, notamment en prévoyant la délivrance d'un certificat médical justifiant la capacité de la personne à donner son sang.
Réponse publiée le 14 avril 2026
Les critères de sélection des donneurs de sang sont révisés à minima une fois par an par un comité de suivi permettant des travaux selon l'état actuel des connaissances scientifiques. Dans ce cadre, un groupe de travail associé aux contre-indications liées à l'âge s'est réuni début 2024. Une réflexion a ainsi été débutée sur la pertinence de la règlementation nationale en vigueur concernant la limite d'âge maximale à partir de laquelle les donneurs se voient opposer une contre-indication. L'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM), qui effectue la surveillance des effets indésirables graves chez les donneurs de sang, mène actuellement des études sur le lien entre ces évènements, l'âge, le risque cardiovasculaire et le don du sang. Des groupes d'experts internationaux vont être sollicités pour formuler des avis. En outre, il est nécessaire de peser au moins 50 kilos pour donner son sang afin que l'organisme du donneur puisse compenser rapidement la quantité de sang prélevée sans que cela impacte sa santé. Ces normes européennes proviennent de l'annexe III de la directive 2004/33/CE qui reste en vigueur jusqu'en août 2027, date à laquelle le nouveau règlement européen concernant les normes de qualité et de sécurité des substances d'origine humaine destinées à une application humaine abrogera cette directive. Aussi ces sujets seront évoqués lors de ces travaux européens auxquels participe l'ANSM. Si des appels aux dons sont ponctuellement diffusés, notamment concernant certains groupes sanguins, les niveaux de stocks de produits sanguins en France sont satisfaisants et les seuils d'alerte ne sont plus franchis depuis plusieurs années. En revanche, il est nécessaire d'augmenter le nombre de donneurs de plasma afin d'améliorer la souveraineté nationale en matière de médicaments dérivés du plasma. Enfin, il est important de souligner que l'acte du don ne se concrétise pas uniquement via le prisme du don de sang. Au-delà de la limite d'âge, la générosité et la solidarité des Français peuvent se manifester par la participation à l'organisation et à l'animation des collectes, notamment via les associations de donneurs dont le rôle est essentiel. Ces associations de donneurs sont réparties sur le territoire, et perpétuent un lien collectif autour de l'acte du don.
Auteur : M. Christophe Plassard
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sang et organes humains
Ministère interrogé : Santé et accès aux soins
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 24 novembre 2025
Dates :
Question publiée le 9 septembre 2025
Réponse publiée le 14 avril 2026