Question orale n° 566 :
Accès aux indemnités journalières pour les personnes atteintes de mucoviscidose

17e Législature

Question de : Mme Nathalie Colin-Oesterlé
Moselle (3e circonscription) - Horizons & Indépendants

Mme Nathalie Colin-Oesterlé alerte Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les conditions d'accès aux indemnités journalières pour les personnes atteintes de mucoviscidose, maladie reconnue comme affection de longue durée par le décret n° 2011-77 du 19 janvier 2011. Elle a déjà soulevé cette question en janvier 2025, qui est restée à ce jour sans réponse de la part du Gouvernement. En application de l'article L. 313-1 du code de la sécurité sociale, les patients doivent avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois civils ou des 365 jours précédant l'arrêt de travail ou avoir cotisé sur la base d'une rémunération fixée en référence au montant du SMIC horaire sur cette même période pour prétendre aux indemnités journalières. Or ces conditions apparaissent profondément inadaptées aux réalités vécues par les personnes atteintes de mucoviscidose. Cette pathologie chronique impose des soins quotidiens lourds, des hospitalisations fréquentes et des traitements invalidants. Ces contraintes médicales rendent difficile, voire impossible, le maintien d'une activité professionnelle continue sur une longue période. En raison de l'évolution imprévisible de la maladie et de la fatigue extrême qu'elle génère, ces patients peuvent connaître des parcours professionnels discontinus, marqués par des interruptions fréquentes d'activité. Beaucoup ne peuvent ni atteindre le seuil des 600 heures de travail exigées, ni justifier de cotisations suffisantes sur les 12 mois précédant la date d'interruption, malgré des efforts significatifs pour rester dans l'emploi. Cette situation crée une injustice sociale majeure, allant à l'encontre du principe de protection sociale et des valeurs de solidarité nationale. Les patients atteints de mucoviscidose se trouvent ainsi doublement pénalisés : d'une part, par leur état de santé et, d'autre part, par une législation inadaptée à la chronicité et à la gravité de leur maladie. Aussi, elle souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement envisage de prendre pour adapter les conditions d'accès aux indemnités journalières aux spécificités de la mucoviscidose, notamment en supprimant ou en assouplissant la condition d'une année continue de cotisation préalable, afin de garantir une protection sociale plus juste et plus adaptée pour ces patients.

Réponse en séance, et publiée le 4 février 2026

DROIT AUX INDEMNITÉS JOURNALIÈRES DES MALADES ATTEINTS DE MUCOVISCIDOSE
Mme la présidente . La parole est à Mme Nathalie Colin-Oesterlé, pour exposer sa question, no 566, relative au droit aux indemnités journalières des malades atteints de mucoviscidose.

Mme Nathalie Colin-Oesterlé . Madame la ministre, j'appelle votre attention sur une question que j’avais déjà posée en janvier 2025, mais qui est restée sans réponse de la part du gouvernement. Elle porte sur les conditions d’accès aux indemnités journalières pour les personnes atteintes de mucoviscidose, maladie reconnue comme affection de longue durée (ALD) par le décret du 19 janvier 2011.

En application de l'article L. 313-1 du code de la sécurité sociale, les patients, pour prétendre aux indemnités journalières, doivent avoir travaillé au moins 600 heures au cours des douze mois civils ou des trois cent soixante-cinq jours précédant l'arrêt de travail, ou avoir cotisé sur la base d'une rémunération fixée en référence au montant du smic horaire sur cette même période. Or ces conditions apparaissent profondément inadaptées aux réalités vécues par les personnes atteintes de mucoviscidose.

Cette pathologie chronique impose des soins quotidiens lourds, des hospitalisations fréquentes et des traitements invalidants. Ces contraintes médicales rendent difficile, voire impossible, le maintien d'une activité professionnelle continue pendant une longue période. En raison de l'évolution imprévisible de la maladie et de la fatigue extrême qu'elle entraîne, ces patients peuvent connaître des parcours professionnels discontinus, marqués par des interruptions fréquentes d'activité. Beaucoup ne peuvent ni atteindre le seuil des 600 heures de travail exigées ni justifier de cotisations suffisantes durant les douze mois précédant la date d'interruption, malgré des efforts significatifs pour rester dans l'emploi.

Cette situation crée une injustice sociale majeure, allant à l'encontre du principe de protection sociale et des valeurs de solidarité nationale. Les patients atteints de mucoviscidose se trouvent ainsi doublement pénalisés : par leur état de santé et par une législation inadaptée à la chronicité et à la gravité de leur maladie.

Quelles mesures entendez-vous prendre pour adapter les conditions d’accès aux indemnités journalières aux spécificités de la mucoviscidose – notamment en supprimant ou en assouplissant la condition d'une année continue de cotisation préalable –, afin de garantir une protection sociale plus juste et plus adaptée pour ces patients ?

Mme la présidente . La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées . Vous avez raison de souligner les difficultés extrêmes auxquelles sont confrontés les patients atteints de mucoviscidose, une pathologie génétique héréditaire. En 2021, 9 220 personnes ont bénéficié en France d'une prise en charge d'une mucoviscidose par l'assurance maladie au titre des affections de longue durée.

Les conditions d'ouverture des droits sont appréciées à la veille du début de l'arrêt. Pour un arrêt de travail inférieur à six mois, l'assuré doit avoir cotisé sur un salaire égal à au moins 1 015 fois le smic horaire brut au cours des six derniers mois ou avoir effectué au moins 150 heures de travail salarié ou assimilé au cours des trois mois civils précédant son arrêt de travail ; lorsque les conditions d'activité ou de cotisation requises sont remplies, l'arrêt de travail peut être indemnisé. Lorsque l'arrêt se prolonge au-delà de six mois, l'assuré, pour continuer à être indemnisé, doit, au cours des douze mois précédant l'arrêt de travail, avoir été affilié à la sécurité sociale et avoir soit cotisé sur un salaire égal à au moins 2 030 fois le smic horaire, soit avoir effectué au moins 600 heures de travail salarié ou assimilé.

Ces règles ayant été rappelées, je vous rejoins sur le fait que ces conditions peuvent être difficiles à remplir lorsque l'assuré a repris une activité peu de temps avant le début de l'arrêt de travail. C'est d'autant plus difficile pour les personnes atteintes de mucoviscidose ou d'autres pathologies suscitant de longs arrêts maladie. Avec M. Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités, nous travaillons à une amélioration de la couverture et de l'indemnisation des arrêts de travail, avec pour objectif d'être plus justes. Le gouvernement fera prochainement des propositions concrètes en la matière.

Mme la présidente . La parole est à Mme Nathalie Colin-Oesterlé.

Mme Nathalie Colin-Oesterlé . Cette maladie exige des traitements chroniques, avec des hospitalisations, ce qui implique des interruptions du travail. Il faut vraiment se pencher sur cette injustice afin de mieux protéger ces patients.

Données clés

Auteur : Mme Nathalie Colin-Oesterlé

Type de question : Question orale

Rubrique : Assurance maladie maternité

Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Date : La question a été posée au Gouvernement en séance, parue au Journal officiel du 27 janvier 2026

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