Décarbonation des poids lourds : 21 recommandations pour donner une impulsion forte à l’électrification

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Communiqué de presse
Camion sur une autoroute | Copyright : Shutterstock - CatwalkPhotos

Mercredi 20 mai 2026 à 12 h 30, Jean-Marie Fiévet (EPR, Deux-Sèvres) et Gérard Leseul (SOC, Seine-Maritime) ont présenté les conclusions de la mission d’information « flash » sur la décarbonation des poids lourds.

Créée par la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire le 28 janvier 2026, la mission d’information « flash » avait pour objectif d’identifier les freins à la décarbonation de la flotte de poids lourds en France et de formuler des propositions permettant de donner une forte accélération à celle-ci.

En 2024, les poids lourds représentaient 21,7 % des émissions du secteur des transports en France et 7,3 % des émissions nationales. Les rapporteurs soulignent que, pour atteindre les objectifs de baisse de 26 % des émissions du secteur à l’horizon 2030 par rapport à 1990 et de neutralité carbone d’ici 2050 fixés par la stratégie nationale bas carbone 3 (SNBC 3), il convient de donner une impulsion forte à l’électrification du transport de marchandises.

Au-delà de la décarbonation du transport routier de marchandises, l’électrification de la flotte est un gage de souveraineté énergétique et industrielle. En effet, en 2025, deux-tiers des poids lourds électriques immatriculés en France ont été assemblés sur le territoire national et leur usage représente un atout économique non négligeable au regard de la stabilité et de la faiblesse du coût de l’électricité par rapport au diesel, tributaire des contraintes géopolitiques.

Les rapporteurs constatent que si l’achat de camions électriques connaît une dynamique de croissance depuis 2023 dans les immatriculations neuves de poids lourds (+ 2,2 % en 2025 par exemple), celle-ci est encore trop éloignée de l’objectif fixé par la SNBC 3 (50 % en 2030).

Alors que les poids lourds électriques deviendront plus compétitifs que leurs équivalents thermiques à partir de 2030, une impulsion publique soutenue mais ponctuelle permettrait d’accélérer la transition de la flotte, dans la lignée de la hausse des bonifications associées aux certificats d’économies d’énergie et finançant l’achat de poids lourds électriques annoncée par le Gouvernement dans le cadre du plan d’électrification qui portera l’aide de 61 000 euros à plus de 100 000 euros pour les camions les plus lourds à compter du 1er juin 2026 et jusqu’en 2029.

Aussi, dans le contexte de l’annonce du plan d’électrification du Gouvernement et de l’adoption en première lecture par le Sénat du projet de loi cadre relatif au développement des transports, les rapporteurs formulent 21 recommandations pour donner une impulsion forte à l’achat de poids lourds électriques et au déploiement des infrastructures de recharge des véhicules électriques.

Ces recommandations sont articulées autour de trois axes : donner un coup de boost à l’achat de véhicules électriques, prendre des mesures opérationnelles pour rendre leur usage compétitif et garantir un tissu de bornes de recharge adapté aux besoins des transporteurs.

Pour donner un coup de boost à l’achat de ces véhicules et en diminuer le prix d’acquisition, ils recommandent d’augmenter l’aide à l’acquisition de camions pour la porter à plus de 100 000 euros pour le plus gros poids lourds et de garantir un meilleur accès au crédit via des prêts bonifiés et des prêts garantis et d’augmenter le seuil de suramortissement pour les transporteurs qui font le choix de l’électrique. Le surcoût associé à la transition doit également être mieux partagé avec les donneurs d’ordre via la fixation d’une trajectoire de décarbonation des commandes de prestations qu’ils effectuent.

Les rapporteurs proposent également un ensemble de mesures opérationnelles pour rendre l’usage de véhicules électriques attractif. Ils recommandant ainsi une réduction des péages appliqués aux camions à zéro émission ainsi qu’une baisse de 25 % de la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité payés par les transporteurs qui font le choix de l’électrique. Ils estiment également nécessaire d’augmenter le poids autorisé par essieu moteur de 12 à 14 tonnes sur un tracteur de 46 tonnes afin de tenir compte du poids de la batterie et garantir une charge utile proche de celle des poids lourds diesel.

Concernant le déploiement des infrastructures de recharge, les rapporteurs soulignent que l’électrification du transport routier suppose une transformation profonde des infrastructures de recharge sur l’ensemble du territoire. Dans le cadre du schéma directeur des infrastructures de recharge rendu public par le Gouvernement, il s’agit d’équiper à la fois les aires d’autoroutes mais également les dépôts, les entrepôts, les zones logistiques et les plateformes multimodales pour garantir une recharge partout où les poids lourds recharge.

Au cours des quatre mois de travaux, les rapporteurs ont mené 18 auditions et tables rondes au cours desquelles ils ont pu entendre près d’une quarantaine d’organismes, dont des constructeurs, des transporteurs, des donneurs d’ordre, des services de l’État ainsi que des représentants de la Commission européenne. Trois déplacements ont été effectués au cours de la mission auprès des constructeurs Scania et Renault-Trucks, d’Heuliez Bus, de transporteurs et d’entreprises ayant recours à des camions décarbonés pour le transport de leurs marchandises. Ils ont également reçu une vingtaine de contributions écrites.

 

Jean-Marie Fiévet et Gérard Leseul assurent « nous croyons sincèrement que les transporteurs, les constructeurs et les donneurs d’ordre sont prêts pour électrifier leur flotte de poids lourds. D’ici 5 ans, les camions électriques représenteront un vrai atout pour nos transporteurs tant du point de vue de la décarbonation des usages, du gage de souveraineté qu’ils représentent que de la viabilité de leur modèle économique ».

 

Sur le site de l’Assemblée nationale :