Lors de sa réunion du 21 janvier 2026, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a autorisé la publication du rapport sur les modalités de mise en place à Brest d’un Institut Océan de l’Université des Nations unies et d’une unité en Polynésie française, présenté par son rapporteur M. Pierre-Yves Cadalen (La France insoumise – Nouveau Front Populaire, Finistère).
Le 2 avril 2025, l’Assemblée nationale avait adopté à l’unanimité la proposition de résolution tendant à créer un Institut Océan de l'université des Nations unies en France (n° 853 rectifié).
Le rapport d’information examiné en commission démontre le bien-fondé de la création de cet institut sur le sol français, et présente, de la manière la plus concrète possible, les voies et moyens permettant cette dernière.
Il constitue l’aboutissement d’un travail collectif ayant bénéficié du soutien de députés issus de plusieurs groupes parlementaires. Les nombreuses auditions réalisées ont fait apparaître un soutien large et manifeste de l’ensemble des acteurs à la création de cet institut onusien de formation et de recherche au service de l’océan et de l’humanité.
Ce projet de mise en place à Brest d’un Institut Océan de l’Université des Nations unies et d’une unité en Polynésie française prend une ampleur et une signification allant au-delà de sa valeur intrinsèque, au vu du contexte international au sein duquel il s’inscrit.
En effet, ce projet réaffirme et concrétise l’attachement de l’Assemblée nationale, de la France et de ses partenaires à la coopération internationale multilatérale, à la science et à la protection de l’environnement. Il contribue en ce sens à sortir de la sidération, selon les termes du rapporteur en commission, dans laquelle la crise internationale actuelle a pu plonger certains.
Le principal objet du rapport est l’étude du modèle financier et du financement de l’Institut.
L’Institut repose sur le modèle financier d’une dotation non consomptible, placée dans un fonds sous égide de l’Université des Nations unies, l’Institut fonctionnant grâce aux intérêts générés par ce fonds. Le volume de financement nécessaire est d’environ 40 millions de dollars pour l’Institut, et de 10 millions de dollars pour l’unité opérationnelle.
Le rapport privilégie un choix entre deux scénarios de financement. Le premier, celui d’un financement en une fois, auquel devrait contribuer au moins pour moitié l’État, permet de lancer plus rapidement l’Institut et diminue le coût total de l’investissement.
Le second scénario est celui d’un financement étalé sur cinq ans. Il permet de rester à coût constant tout en lissant la dépense, mais présente le désavantage de ne pas permettre un déploiement aussi prompt et complet de l’Institut. En conséquence, il est considéré dans le rapport comme un scénario de repli et restant à négocier.
4 recommandations prioritaires
Parmi les 19 recommandations formulées dans le rapport, le rapporteur identifie quatre recommandations prioritaires, s’adressant au Gouvernement et plus particulièrement au ministère de l’Europe et des affaires étrangères :
- Envoi par l’Exécutif d’un signal politique clair et fort, attestant du soutien de la France à la création d’un Institut Océan de l’Université des Nations unies (UNU), dont le siège serait basé à Brest, afin de concrétiser l’un des « Engagements de Brest pour l’Océan » et de la « déclaration de Nice », de confirmer le rôle central de la France en matière de diplomatie scientifique et maritime, et ainsi éviter que l’UNU ne se tourne vers d’autres pays candidats ;
- Faire assurer, dans les plus brefs délais, au moins la moitié du financement de l’Institut Océan par le Gouvernement, afin que l’ensemble des fonds puissent être réunis rapidement, et l’Institut mis en place ;
- Entamer dès à présent les négociations avec l’Université des Nations unies en vue de la signature de l’accord de siège établissant l’Institut Océan de l’UNU à Brest ;
- Mettre en place une coopération étroite avec le bureau de l’UNU à Paris et avec le hub de préfiguration afin d’identifier les partenaires et les modalités de création de l’Institut Océan tout en s’assurant qu’ils répondent aux objectifs et intérêts de la France notamment en matière de diplomatie scientifique et de valorisation de nos façades maritimes, en particulier dans les outre-mer.
Visionner la réunion de commission durant laquelle le rapport d’information a été examiné
Contact presse : Guillaume Zanin – guillaume.zanin@assemblee-nationale.fr