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Amendements  sur le projet ou la proposition

N° 1145

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 8 octobre 2008.

RAPPORT

FAIT

AU NOM DE LA COMMISSION DES LOIS CONSTITUTIONNELLES, DE LA LÉGISLATION ET DE L’ADMINISTRATION GÉNÉRALE DE LA RÉPUBLIQUE SUR LA PROPOSITION DE LOI DE M. JEAN-LUC WARSMANN (N° 1085) de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures,

PAR M. Étienne BLANC,

Député.

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INTRODUCTION 11

EXAMEN DES ARTICLES 19

Chapitre Ier  Mesures de simplification en faveur des citoyens et des usagers des administrations 19

Article 1er  (article 1er de la proposition) (art. L. 30 du code électoral) : Extension de la faculté de s’inscrire en cours d’année sur les listes électorales à toute personne ayant changé de domicile pour motif professionnel 19

Article 2  (art. 530-1 du code de procédure pénale) : Restitution automatique de la consignation en cas de succès de la contestation d’une amende 21

Après l’article 2  (après l’article 1er de la proposition) 22

Article 3  (article 2 de la proposition) (art. 80 du code civil) : Extension de l’obligation de déclaration de décès aux établissements privés de santé 23

Article 4  (article 3 de la proposition) (art. 815-5-1 [nouveau] du code civil) : Simplification de la vente des biens en indivision 24

Article 5  (article 4 de la proposition) (art. 9, 10-1, 18-2, 21, 22, 25 et 29-6 de la loi n  65-557 du 10 juillet 1965) : Sécurisation du fonctionnement des copropriétés 29

Article 6  (article 5 de la proposition) (art. 35 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965) : Assouplissement des conditions de surélévation des immeubles 31

Article 7  (article 6 de la proposition) (art. 386, 515-3, 524, 585, 589-2, 743, 758, 767, 778, 832-2, 861, 898, 1108-2, 1235, 1320, 1322, 1323, 1325, 1326, 1328, 1377, 1398, 1477, 1570, 1572, 1582, 1589-2, 1606, 1653, 1655, 1659, 1662, 1664, 1668, 1671, 1672, 1714, 1743, 1779, 1801, 1819, 1827, 1828, 1829, 1839, 1861, 1874, 1875, 1879, 1886, 1894, 1895, 1906, 1919, 1939, 1953, 1964, 1982, 1985, 2003, 2004, 2373, 2387, 2388, 2392, 2521, paragraphe 3 de la section 1 du chapitre VI du titre III du livre III, section première du chapitre III du titre VIII du livre III, chapitre II du sous-titre III du titre II du livre IV, section 4 du chapitre IV du titre VIII du livre III du code civil ; art. 38 de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle) : Modernisation terminologique du code civil 32

Article 8  (art. 26, 26-1, 26-3 et 33-1 du code civil) : Modalités d’enregistrement des déclarations de nationalité française hors mariage 39

Article 9  (art. 412 et 511 du code civil, art. L. 211-5, L. 213-3-1 [nouveau], L. 221-9 et L. 312-6-1 [nouveau] du code de l’organisation judiciaire, art. L. 473 et L. 476 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre) : Extension des attributions du juge des affaires familiales aux mesures de tutelle concernant les mineurs 40

Après l’article 9  (après l’article 6 de la proposition) 41

Article 10  (art. L. 421-1, L. 423-1, L. 423-2, L. 423-5, L. 423-6, L. 423-9, L. 423-11 et L. 423-18 du code de l’environnement) : Simplification des procédures de délivrance du permis de chasser et des autorisations de chasser accompagné 41

Article 11  (art.  L. 211-13 [nouveau], L. 532-2, L. 552-2 et L. 562-2 du code de l’organisation judiciaire) : Désignation d’un tribunal de grande instance spécialisé pour l’adoption internationale dans le ressort de chaque cour d’appel 42

Article 12  (art. L. 79, L. 80 et L. 104-1 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre) : Regroupement des tribunaux des pensions 45

Article 13  (article 7 de la proposition) (art. 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; art. 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986) : Suppression de la saisine obligatoire des commissions de réforme dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière 45

(article 8 de la proposition)  (art. L. 454-1 du code de sécurité sociale ; art. 5 de l’ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959) : Extension aux victimes d’accidents du travail et aux agents publics d’une forme plus favorable de recours subrogatoire 46

(article 9 de la proposition)  (art. L. 115-2 du code de la sécurité sociale) : Autorisation de transmission d’informations entre organismes de sécurité sociale et diverses personnes publiques en vue de l’attribution de tarifs sociaux 47

Article 14  (article 10 de la proposition) (art. L. 252 C [nouveau] du livre de procédures fiscales) : Simplification des mesures de recouvrement des impositions 47

Chapitre II  Mesures de simplification en faveur des entreprises et des professionnels 49

Article 15  (article 11 de la proposition) (art. L. 3243-2 et L. 3243-4 du code du travail) : Possibilité de dématérialiser les bulletins de paie 49

Article 16  (art. L. 30 du code des pensions civiles et militaires de retraite) : Insaisissabilité de la majoration spéciale pour tierce personne 51

Article 17  (art. 15 de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991) : Déclenchement d’office du solde bancaire insaisissable 52

Article 18  (article 12 de la proposition) (art. 22-1 de la loi n° 2003-8 du 3 janvier 2003) : Création d’un guichet unique pour l’accès aux informations sur les réseaux d’énergie 53

(article 13 de la proposition) (art. L. 133-6-2, L. 213-1 et L. 642-5 du code de la sécurité sociale) : Suppression de la déclaration commune de revenus 57

Article 19  (article 14 de la proposition) (art. L. 98 B du livre des procédures fiscales ; art. L. 723-43, L. 722-6, L. 722-7 et L. 731-29 du code rural) : Simplification de certaines déclarations de salaire pour les employeurs agricoles et pour ceux du spectacle vivant ainsi que des procédures de versement d’aides aux exploitants agricoles et suppression des comités départementaux des prestations sociales agricoles 58

Article 20  (article 15 de la proposition) (art. L. 4111-6, L. 4161-1, L. 4161-2 et L. 4161-3 du code de la santé publique) : Suppression de la disposition autorisant les médecins et sages-femmes étrangers ayant commencé à pratiquer avant 1945 à exercer leur activité 60

Article 21  (article 16 de la proposition) (art. 75 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002) : Extension du dispositif de reconnaissance du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur 61

Article 22  (article 17 de la proposition) (art. L. 762-2 et L. 310-5 du code de commerce) : Simplification de la définition du « salon professionnel » 63

Article 23  (art. L. 7321-2 du code du travail) : Correction d’une erreur rédactionnelle relative au régime des franchisés et des gérants de succursales 64

Article 24  (article 18 de la proposition) (art. L. 215-12, L. 215-13, L. 215-14, L. 215-14-1, L. 215-16 et L. 215-17 du code de la consommation) : Généralisation de la possibilité de désignation d’experts par le procureur de la République pour les expertises contradictoires en matière de consommation 65

Article 25  (article 19 de la proposition) (art. 86 et 89 du code des douanes) : Suppression de la délivrance d’un double agrément pour l’exercice de la profession de commissionnaire en douane 67

Article 26  (article 20 de la proposition) (art. 441, 443, art. 450 et art. 450-1 [nouveau] du code des douanes) : Modernisation de la procédure de conciliation et d’expertise douanière 68

Article 27  (article 21 de la proposition) (art. L. 654-2, L. 654-5 et L. 654-25 du code rural ; art. 8 de la loi n° 57-866 du 1er août 1957) : Allégements de procédures en matière agricole 70

Article 28  (art. L. 5141-5 et L. 5141-6 du code la santé publique) : Simplification de la procédure de modification des autorisations de mise sur le marché des médicaments vétérinaires 72

Chapitre III  Mesures de simplification des règles applicables aux collectivités territoriales et aux services publics 73

Article 29  (art. L. 115-4 et L. 264-9 du code de l’action sociale et des familles, art L. 441-10 et L. 442-5 du code de la construction et de l’habitation, art. 215 du code des douanes, art. L. 241-10 du code de l’éducation, art. L. 251-1 du code rural, art. L. 222-7 du code de la sécurité sociale, art. 6 de la loi n° 60-808 du 5 août 1960, art. 6 de la loi n° 61-89 du 25 janvier 1961, art. 5 et 62 de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973, art. 42 de la loi n° 76-1106 du 6 décembre 1976, art. 14 de la loi n° 76-1288 du 31 décembre 1976, art. 18 de la loi n° 78-2 du 2 janvier 1978, art. 4 de la loi n° 82-1153 du 30 décembre 1982, art. 132 et 133 de la loi n° 83-1179 du 29 décembre 1983, art. 6 de la loi n° 86-797 du 3 juillet 1986, art. 26 de la loi du 30 septembre 1986, art. 3 de la loi n° 88-12 du 5 janvier 1988, art. 9-1 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988, art 16 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, art. 28 de la loi n° 91-1383 du 31 décembre 1991, art. 76 de la loi n° 93-121 du 27 janvier 1993, art. 8 de la loi n° 93-949 du 26 juillet 1993, art. 2 de la loi n° 93-953 du 27 juillet 1993, art. 51 de la loi n° 93-1027 du 24 août 1993, art. 3 de la loi n° 93-1437 du 31 décembre 1993, art. 15 de la loi n° 94-99 du 5 février 1994, art. 32 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, art. 33 et 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995, art. 99 de la loi n° 95-1346 du 30 décembre 1995, art. 4 de la loi n° 96-589 du 2 juillet 1996, art. 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996, art. 134 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996, art. 9 de la loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997, art. 13 de la loi n° 97-1051 du 18 novembre 1997, art. 18 et 99 de la loi n° 97-1269 du 30 décembre 1997, art. 7, 44 et 100 de la loi n° 98-1266 du 30 décembre 1998, art. 11 de la loi n° 99-5 du 6 janvier 1999, art. 1er de la loi n° 99-505 du 18 juin 1999, art. 73 de la loi n° 99-532 du 25 juin 1999, art. 27 de la loi n° 99-1140 du 29 décembre 1999, art. 28 et 89 de la loi n° 99-1172 du 30 décembre 1999, art. 40 de la loi n° 99-1173 du 30 décembre 1999, art. 36 de la loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000, art. 3 et 47 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000, art. 24 de la loi n° 2000-242 du 14 mars 2000, art. 59 et 83 de la loi n° 2000-719 du 1er août 2000, art. 9 de la loi n° 2000-1207 du 13 décembre 2000, art. 142 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000, art. 2 de la loi n° 2000-1209 du 13 décembre 2000, art. 27 de la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000, art. 37, 90, 114 et 127 de la loi n° 2000-1352 du 30 décembre 2000, art. 47 de la loi n° 2000-1353 du 30 décembre 2000, art. 14 de la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001, art. 16 de la loi n° 2001-397 du 9 mai 2001, art. 66 de la loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001, art. 22 de la loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001, art. 130 de la loi n° 2001-1275 du 28 décembre 2001, art. 78 de la loi n° 2001-1276 du 28 décembre 2001, art. 146 de la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002, art. 42 de la loi n° 2002-92 du 22 janvier 2002, art. 91 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, art. 12 de la loi n° 2002-1050 du 6 août 2002, art. 6, 7 et 9 de la loi n° 2002-1487 du 20 décembre 2002, art. 109, 115 et 117 de la loi n° 2002-1575 du 30 décembre 2002, art. 5 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003, art. 50 de la loi n° 2003-1200 du 18 décembre 2003, art. 122 de la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003, art. 56 de la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004, art. 42 et 144 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004, art. 82, 98 et 104 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004, art. 123 et 136 de la loi n° 2004-1484 du 30 décembre 2004, art. 5 de la loi n° 2005-5 du 5 janvier 2005, art. 11 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005, art. 16 de la loi n° 2005-516 du 20 mai 2005, art. 56, 158 et 159 de la loi n° 2005-1719 du 30 décembre 2005, art. 13 et 34 de la loi n° 2006-450 du 18 avril 2006, art. 40 de la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006, art. 67 de la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006, art. 15 de la loi n° 2006-1770 du 30 décembre 2006, art. 116 de la loi n° 2006-1771 du 30 décembre 2006 , art. 68 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007, art. 15 de la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007) : Suppression de dépôts de rapports devant le Parlement 73

Article 30  (article 22 de la proposition) (art. L. 3221-10, L. 3221-10-1 [nouveau], L. 4231-7 et L. 4231-7-1 [nouveau] du code général des collectivités territoriales) : Simplification des règles relatives aux actions en justice exercées par les présidents de conseil général ou régional 76

Article 31  (art. L. 3211-2, L. 3213-6, L. 3214-2, L. 4221-5 et L. 4221-6 du code des communes) : Extension des compétences susceptibles d’être déléguées par le conseil général ou le conseil régional à son président 78

Article 32  (article 23 de la proposition) (art. L. 412-52 du code des communes) : Simplification de la procédure de modification des règles relatives aux équipements de police municipale 80

Article 33  (article 24 de la proposition) (art. L. 2122-19, L. 3121-19, L. 4132-18, L. 5212-2, L. 5212-33, L. 5214-28, L. 5212-34, L. 5214-29, L. 5721-7-1 du code général des collectivités territoriales ; art. 1er de la loi du 29 décembre 1892 sur les dommages causés à la propriété privée par l’exécution des travaux publics ; art. L. 122-11 du code des communes de la Nouvelle-Calédonie) : Simplification des modalités de décision des collectivités territoriales 81

Article 34  (art. L. 2131-1, L. 3131-1 et L. 4141-1 du code général des collectivités territoriales ; art. 6 de la loi n° 2002-276 du 27 février 2002) : Possibilité pour les collectivités territoriales de satisfaire à l’obligation d’affichage des actes par publication électronique 86

Article 35  (article 25 de la proposition) (art. L. 861-10 et L. 863-3 du code de la sécurité sociale ; art. L. 36 du code des pensions de retraite des marins français du commerce, de pêche ou de plaisance) : Simplification et clarification de règles de compétence en matière de protection sociale 88

Article 36  (art. L. 521-1 du code forestier) : Intégration de l’Inventaire forestier national à l’Office national des forêts 91

Article 37  (article 26 de la proposition) (art. L. 33-4 du code des postes et des communications électroniques ; art. L. 3111-4 et L. 3114-5 du code de la santé publique) : Réduction du nombre de commissions administratives 92

Article 38  (article 27 de la proposition) : Création d’une procédure de saisie de créance simplifiée pour le recouvrement des créances domaniales et des produits divers de l’État 94

Article 39  (article 28 de la proposition) (art. L. 1617-4, L. 1617-5 et L. 1874-1 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 2323-5 du code général de la propriété des personnes publiques) : Simplification des dispositions applicables aux actes des comptables des collectivités territoriales 96

Article 40  (article 29 de la proposition) (art. L. 1311-13, L. 2321-2, L. 1841-1 et L. 4424-2 du code général des collectivités territoriales) : Clarification et simplification de dispositions applicables aux collectivités territoriales 101

Article 41  (article 30 de la proposition) (art. L. 114-3 et L. 151-3 du code de la voirie routière) : Simplification de procédures et correction d’une erreur rédactionnelle dans le domaine des compétences respectives des collectivités territoriales et de l’État en matière de voirie routière 104

Article 42  (article 31 de la proposition) (art. L. 523-4 du code du patrimoine ; art. L. 2122-22, L. 3211-2 et L. 4221-5 du code général des collectivités territoriales) : Possibilité pour les collectivités territoriales de déléguer à leur organe exécutif les décisions relatives à l’exécution des diagnostics d’archéologie préventive 105

Article 43  (article 32 de la proposition) (art. L. 111-1-1 du code de l’urbanisme ; art. 34 ter de la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 ; art. 3 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995) : Création d’une procédure simplifiée pour apporter des amendements mineurs aux directives territoriales d’aménagement 106

Article 44  (article 33 de la proposition) (art. 529-5-1 [nouveau] du code de procédure pénale) : Centralisation du contentieux du recouvrement des contraventions commises au détriment des services publics de transport ferroviaires et de personnes 108

Article 45  (art. 15 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978) Possibilité pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés de déléguer à son président la compétence pour autoriser les transferts de fichiers en dehors de l’Union européenne 110

Article 46  (article 34 de la proposition) (art. L. 107 A [nouveau] du livre des procédures fiscales ; art. 21 de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978) : Clarification du fondement juridique du droit d’accès aux informations cadastrales et création d’un droit de communication de ces informations par voie électronique 112

Article 47  (article 35 de la proposition) : Autorisation de la création de bases de données numériques parcellaires et de la diffusion des informations contenues dans ces bases de données 115

Article 48  (article 36 de la proposition) (art. 910 et 937 du code civil) : Simplification des conditions de validité des donations et legs consentis au profit des établissements de santé, sociaux ou médico-sociaux ou des établissements d’utilité publique 116

Article 49  (article 37 de la proposition) (art. L. 1142-1, L. 1142-1-1, L. 1142-5, L. 1142-10 et L. 1142-17-1 du code de la santé publique) : Amélioration des dispositions relatives à l’indemnisation des accidents médicaux 120

Article 50  (article 38 de la proposition) (art. L. 2331-4, L. 2331-5 et L. 2333-1 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 654-8 et L. 654-9 du code rural) : Simplification et modernisation des règles de financement des abattoirs publics 123

Article 51  (article 39 de la proposition) (art. L. 515-12, L. 512-1, L. 512-17, L. 512-12-1 [nouveau], L. 515-16 et L. 541-13 du code de l’environnement) : Simplification des règles applicables aux installations classées et adaptation de ces règles à la réalité des risques encourus 124

Article 52  (article 40 de la proposition) (art. L. 611-1, L. 330-3 et L. 330-11 du code de l’aviation civile) : Mesures de simplification dans le secteur de l’aviation marchande 131

Article 53  (article 41 de la proposition) (art. L. 252-4 du code de l’organisation judiciaire ; art. L. 133-6-1, L. 221-4, L. 313-14, L. 313-16 et L. 331-5 du code de l’action sociale et des familles ; art. 13, 15, 23, 44 et 45 de la loi n° 2007-308 du 5 mars 2007) : Amélioration de la qualité de la législation dans les domaines de la protection de l’enfance et de la protection juridique des majeurs 134

Article 54  (article 42 de la proposition) (art. L. 332-6-1, L. 332-15, L. 332-29, L. 332-30, L. 520-2 et L. 520-5 du code de l’urbanisme ; art. L. 2331-5 du code général des collectivités territoriales ; art. 1585 C du code général des impôts) : Corrections d’erreurs de références en droit de l’urbanisme 136

Article 55  (art. L. 1126-2, L. 1126-3, L. 2122-13, L. 2122-16, L. 2125-1, L. 5241-1-1 [nouveau], L. 5311-2 et L. 5331-19 du code général de la propriété des personnes publiques ; art. L. 2241-1, L. 3213-2, L. 4221-4, L. 5211-37 et L. 5722-3 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 341-11 du code du tourisme) : Ratification de trois ordonnances 137

Chapitre IV  Dispositions de clarification du droit en matière pénale 140

Section 1  Clarification des règles relatives à la récidive 140

Article 56  (article 43 de la proposition) (art. L. 262-46, art. L. 321-4, art. L. 322-8 du code de l’action sociale et des familles ; art. L. 310-26 du code des assurances ; art. L. 150-7, art. L. 150-8 du code de l’aviation civile ; art. L. 122-2 du code de commerce ; art. L. 152-11, art. L. 311-13, art. L. 351-13, art. 353-10 du code de la construction et de l’habitation ; art. 71, art. 149 du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure ; art. 413 bis du code des douanes ; art. 1783 A, art. 1810 du code général des impôts ; art. 11 du code des instruments monétaires et des médailles ; art. 254, art. 255 du code minier ; art. L. 39-5 et L. 74 du code des postes et des communications électroniques ; L. 335-9, art. L. 615-2, art. L. 623-34 du code de la propriété intellectuelle ; art. L. 524-6, art. L. 554-2 du code de la sécurité sociale ; art. 11 du décret-loi du 9 janvier 1852 ; art. 4 de la loi du 2 juin 1891 ; art. 23 de la loi n° 47-520 du 21 mars 1947 ; art. 7 de la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 ; art. 6 de la loi n° 83-1119 du 23 décembre 1983 ; art. 6 de la loi n° 85-706 du 12 juillet 1985 ; art. 20 de la loi n° 87-571) : Clarification des règles relatives à la récidive des infractions pénales 140

Article 57  (art. L. 514-2 du code des assurances ; art. L. 152-4 du code de la construction et de l’habitation ; art. L. 216-8 du code de l’environnement ; art. 1741, 1772, 1774 et 1813 du code général des impôts ; art. L. 1271-5, L. 2326-1, L. 3351-6, L. 3819-2 du code de la santé publique ; art. L. 244-12 du code de la sécurité sociale ; art. L. 312-14 du code du sport ; art. L. 480-4-1 du code de l’urbanisme ; art. 2 de la loi du 3 avril 1942 ; art. 24 et 32 de la loi n° 68-1181 du 30 décembre 1968) : Suppression des régimes dérogatoires de récidive des infractions pénales 142

Section 2  Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale des personnes morales 144

Article 58  (article 44 de la proposition) (art. 213-3, 215-3, 221--5-2, 221-7, 222-6-1, 222-16-1, 222-18-2, 222-21, 222-33-1, 222-42, 223-2, 223-7-1, 223-9, 223-15-1, 223-15-4, 225-4, 225-4-6, 225-12, 225-12-4, 225-16, 225-16-3, 225-18-1, 226-7, 226-12, 226-24, 226-30, 227-4-1, 227-14, 227-17-2, 227-28-1, 311-16, 312-15, 313-9, 314-12, 314-13, 321-12, 322-17, 323-6, 324-9, 414-7, 422-5, 431-20, 433-25, 436-5, 441-12, 442-14, 443-8, 444-9, 445-4, 450-4, 511-28, 717-3 et 727-3 du code pénal ; art. 60-1 et 60-2 du code de procédure pénale) : Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale des personnes morales dans le code pénal et le code de procédure pénale 144

Article 59  (article 45 de la proposition) (art. L. 227-8 , art. L. 473-4 du code de l’action sociale ; art. L. 324-1 , art. L. 741-3 du code de l’aviation civile ; art. L. 310-27 et 310-28 du code des assurances ; art. L. 310–6, art. L. 321-15 , art. L. 654-7 du code de commerce ; art. L. 121-72, art. L. 213-6 , art. L. 218-7 du code de la consommation ; art. L. 152-12, art. L ; 511-6, art. L. 521-4 , art. L. 642-28 du code de la construction et de l’habitation ; art. L. 2339-2, art. L. 2339-3, art. L. 2342-78 , art. L. 2343-11 du code de la défense ; art. 209 du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure ; art. L. 459 du code des douanes ; art. L. 622-8 , art. L. 623-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; art. L. 216-12, art. L. 218-24, art. L. 218-57, art. L. 218-70, art. L. 218-80, art. L. 226-10, art. L. 331-27, art. L. 332-25-1, art. L. 428-7-1, art. L. 437-23, art. L. 514-18, art. L. 521-21, art. L. 522-16, art. L. 541-47 , art. L. 713-5 du code de l’environnement ; art. L. 2223-36 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 333-4 du code de justice militaire ; art. 143 du code minier ; art. L. 163-10-1, art. L. 351-1, art. L. 353-4, art. L. 465-3, art. L. 571-1, art. L. 573-7, art. L. 573-11 du code monétaire et financier ; art. L. 114-55, art. L. 213-5 , art. L. 510-12 du code de la mutualité ; art. L. 442-5 du code du patrimoine ; art. L. 19, art. L. 39-2, art. L. 39-10, art. L. 65 , art. L. 97-3 du code des postes et des communications électroniques ; art. L. 335-8, art. L. 343-6, art. L. 521-12, art. L. 615-14-3, art. L. 623-32-2, , art. L. 716-11-2 du code de la propriété intellectuelle ; art. L. 216-6, art. L. 317-8, art. L. 321-4 , art. L. 413-5 du code de la route ; art. L. 215-10, art. L. 215-11, art. L. 215-13, art. L. 228.8, art. L. 237-1, art. L. 237-2, art. L. 237-3, art. L. 251-20, art. L. 251-21, art. L. 253-17, art. L. 257-12 , art. L. 671-10 du code rural ; art. L. 1115-2, art. L. 1126-4, art. L. 1133-9, art. L. 1133-10, art. L. 1142-26, art. L. 1274-2, art. L. 1324-3, art. L. 1337-4, art. L. 1337-7, art. L. 1337-9, art. L. 2164-2, art. L. 3512-3, art. L. 4161-6, art. L. 4162-1, art. L. 4163-2, art. L. 4223-1, art. L. 4223-2, art. L. 4243-1, art. L. 4243-2, art. L. 4314-4, art. L. 4314-5, art. L. 4323-4, art. L. 4323-5, art. L. 4334-1, art. L. 4334-2, art. L. 4344-4, art. L. 4344-5, art. L. 4353-1, L. 4353-2, art. L. 4263-2, art. L. 4363-3, art. L. 4372-1, art. L. 4372-2, art. L. 5426-1, art. L. 5431-4, art. L. 5435-1, art. L. 5441-12, art. L. 5442-8, art. L. 5451-3, art. L. 6222-1, art. L. 6222-2 , art. L. 6324-2 du code de la santé publique ; art. L. 243-12-2 , art. L. 951-11 du code de la sécurité sociale ; art. L. 232-28 , art. L. 332-30 du code du sport ; art. L. 412-2 du code du tourisme ; art. 90-1 du code du travail maritime) : Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale des personnes morales dans 26 codes 146

Section 3  Clarification de dispositions en matière de procédure pénale 147

Article 60  (art. 62 et 103 du code de procédure pénale) : Possibilité, pour les personnes appelées à témoigner dans une procédure pénale en raison de leur activité professionnelle, de consigner leur adresse professionnelle 147

Article 61  (article 46 de la proposition) (art. 74 du code de procédure pénale) : Clarification des pouvoirs des enquêteurs dans le cadre des enquêtes en recherche des causes de la mort ou de blessures graves d’origine inconnue ou suspecte 148

Article 62  (article 47 de la proposition) (art. 16-1 et art. 16-3 du code de procédure pénale) : Renforcement des garanties des gendarmes et policiers demandant l’habilitation d’officier de police judiciaire 149

Article 63  (art. 495 ; art. 495-5-1 et 495-5-2 [nouveaux] ; art. 495-9, art. 495-11 ; art. 495-15-1 [nouveau] du code de procédure pénale) : Amélioration des procédures d’ordonnance pénale et de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité 150

Article 64  (article 48 de la proposition) (art. 695-16, 695-26, 695-28, 695-37, 695-46, 728-2, 728-3, 729-2, 695-41, 696-9, 696-9-1 [nouveau], 696-10, 696-11, 696-12, 696-23, 696-25 et 696-26 du code de procédure pénale) : Amélioration des dispositifs relatifs à la coopération judiciaire en matière pénale 154

Article 65  (article 49 de la proposition) (art. 434-35-1 du code pénal) : Création d’un délit de soustraction à l’exécution d’une décision d’extradition ou d’une décision de remise en application d’un mandat d’arrêt européen 162

Article 66  Application dans les collectivités d’outre-mer des dispositions du chapitre IV 163

Chapitre V  Compensation financière 163

Article 67  (article 50 de la proposition) (art.575 et 575 A du code général des impôts) : Compensation financière des pertes de recettes potentielles 163

TEXTE ADOPTÉ PAR LA COMMISSION 165

TABLEAU COMPARATIF 243

ANNEXE 533

AMENDEMENTS NON ADOPTÉS PAR LA COMMISSION 719

Mesdames, Messieurs,

La commission des Lois de l’Assemblée nationale a décidé de faire de la simplification du droit l’un des fils conducteurs de son action pour toute la durée de la XIIIe législature. S’appuyant sur le constat largement partagé des effets extrêmement nocifs de la complexité du droit sur l’attractivité de notre pays, sur la compétitivité de nos entreprises et sur la vie quotidienne de nos concitoyens (1), elle a décidé de travailler activement et de façon pragmatique à l’adoption de mesures concrètes de simplification.

Ce travail de la commission des Lois depuis le début de la législature a pris trois formes : d’une part, la création d’un site Internet « Simplifions la loi » (2), en septembre 2007, visant à permettre à nos concitoyens, professionnels du droit ou simplement « victimes » de la complexité de celui-ci, de porter à la connaissance de la commission des Lois les difficultés pratiques posées par la rédaction ou l’application de dispositions de notre ordre juridique. D’autre part, des consultations ont été menées par le président de la commission des Lois, M. Jean-Luc Warsmann, auprès d’institutions telles que le Médiateur de la République et la Commission nationale de l’informatique et des libertés, ainsi qu’auprès de représentants d’associations ou de professions particulièrement intéressées par la complexité du droit tels que les notaires, les fédérations d’agents immobiliers ou encore les fédérations de sociétés d’assurances. Enfin, un travail a été mené en collaboration avec le Gouvernement, pour permettre de faire adopter dans la présente proposition de loi un certain nombre de mesures dont les démarches engagées depuis juin 2007 de révision générale des politiques publiques et de mesure et réduction des charges administratives ont révélé la nécessité et parfois l’urgence.

La détermination de notre commission à faire progresser le chantier de la simplification du droit a été, heureusement et naturellement, relayée dès le départ par le soutien apporté à cette démarche par le groupe UMP, dont le président M. Jean-François Copé avait demandé l’inscription à l’ordre du jour de la proposition de loi (n° 177) de simplification du droit déposée en septembre 2007 dans le cadre de l’ordre du jour réservé aux groupes parlementaires. C’est à nouveau dans le cadre de cet ordre du jour parlementaire qu’est inscrite la présente proposition de loi, montrant à nouveau toute l’importance que le groupe UMP attache à la simplification du droit.

La démarche de simplification initiée par notre commission est également partagée par le Gouvernement, qui avait permis l’adoption définitive du premier texte de simplification de la législature avant la fin de l’année 2007, en l’inscrivant sans délai à l’ordre du jour du Sénat, puis à celui de l’Assemblée pour son adoption en termes conformes. Votre rapporteur est parfaitement confiant sur la pérennité de ce soutien gouvernemental et ne peut que souhaiter vivement que la présente proposition de loi, quoique comportant un nombre d’articles plus important que celle adoptée en 2007, pourra également être adoptée définitivement avant la fin de l’année 2008.

La loi n° 2007-1787 du 20 décembre 2007 relative à la simplification du droit contenait plusieurs mesures très concrètes ayant permis de simplifier la vie de nos concitoyens et des entreprises : suppression de la double obligation d’envoi des formulaires d’examen postnataux aux services de la protection maternelle et infantile et à la caisse d’allocations familiales (article 7), suppression du certificat prénuptial (article 8), suppression de la déclaration spécifique de taxe d’apprentissage pour les entreprises (article 12). Cette première loi de simplification de la législature avait également supprimé 133 lois ou articles de lois devenus sans objet (article 27), que le législateur avait omis d’abroger malgré leur évidente désuétude ou leur contrariété avec des textes postérieurs. Ces suppressions ont ainsi contribué à améliorer la lisibilité de notre droit, en supprimant des dispositions qui ne faisaient plus que virtuellement, mais trompeusement toutefois, partie de notre ordre juridique.

La présente proposition de loi reprend et amplifie les finalités de simplification atteintes par la loi n° 2007-1787 du 20 décembre 2007 relative à la simplification du droit. Elle est divisée en quatre chapitres, le premier consacré aux citoyens et usagers des administrations, le deuxième aux entreprises, le troisième aux collectivités territoriales et aux services publics, le quatrième portant des mesures de simplification en matière de droit pénal et de procédure pénale. L’ambition de la proposition est résumée par son titre, proposition de loi de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures. C’est en effet un triple objectif, que les exemples cités dans la présente introduction permettront d’illustrer, que poursuit cette proposition de loi : simplifier, clarifier, alléger.

— Simplifier le droit

La simplification du droit doit être une ambition animant en permanence le législateur : compte tenu de l’omniprésence et de la diversité des règles juridiques encadrant les activités d’une société moderne, le législateur devrait toujours être animé par ce souci de simplicité des règles.

Par simplicité des règles, il faut entendre tout d’abord cohérence de celles-ci : ainsi, deux situations similaires devraient toujours être soumises à des régimes juridiques identiques, sous réserve des adaptations rendues nécessaires par la particularité de chacune des situations. Mais quand aucune raison objective de différence entre deux situations ne justifie une règle différente, la cohérence des dispositifs doit l’emporter. C’est cette idée de cohérence qui sous-tend, par exemple, la modification de l’article 3 (3), qui étend l’obligation de déclaration de décès aux établissements privés de santé et aux maisons de retraite privées : la mesure d’harmonisation prévue par cet article permettra de mettre fin à une différence de traitement injustifiée des familles de personnes décédées en établissement de santé ou en maison de retraite, selon que le décès a eu lieu dans un établissement public ou privé. Dans le même ordre d’idées, l’article 41 harmonise deux procédures destinées à assurer la sécurité du domaine routier, celle des plans de dégagement et celle des plans d’alignement, qui jusqu’alors donnaient lieu à deux modes d’agrément différent malgré leur objectif commun, leur application à des situations similaires et leurs effets comparables. L’article 64 poursuit également cet objectif d’harmonisation des procédures, en rapprochant, sur les points de procédure sur lesquels les rapprochements sont possibles, les règles applicables en matière d’entraide judiciaire internationale, que celle-ci se déroule dans le cadre du mandat d’arrêt européen, de la procédure simplifiée d’extradition ou de la procédure classique d’extradition.

Par simplicité, il faut aussi entendre l’édiction de règles permettant à nos concitoyens d’exercer leurs droits sans entraves inutiles et injustifiées, et aux collectivités territoriales d’exercer leurs compétences selon des procédures aussi souples et efficaces que possible. C’est ainsi que l’article 4 rend possible la vente d’un ou de plusieurs biens en indivision, même si un ou plusieurs indivisaires s’y opposent ou ne font pas connaître leur position. L’article 6 simplifie et assouplit les dispositions relatives à la surélévation des immeubles afin d’apporter un élément de réponse à la pénurie foncière dans les agglomérations. L’article 13 facilite l’indemnisation des fonctionnaires victimes d’accidents ou de maladies professionnels, en limitant la saisine des commissions de réforme, actuellement obligatoire, aux seuls cas où l’administration conteste l’imputabilité de la maladie ou de l’accident au service. C’est également pour limiter ces entraves injustifiées à l’exercice d’un droit, en l’occurrence celui de recevoir des libéralités, que l’article 48 simplifie les conditions dans lesquelles des libéralités peuvent être consenties aux personnes morales : l’autorisation de celles consenties aux établissements de santé et aux établissements sociaux ou médico-sociaux est supprimée, tandis que l’autorisation par décret pour celles accordées aux autres établissements d’utilité publique est remplacée par une autorisation par arrêté préfectoral.

Concernant l’exercice de leurs compétences par les collectivités territoriales, l’article 30 permet aux présidents de conseil général et de conseil régional d’agir et de défendre en justice par délégation de leur assemblée délibérante, alors qu’ils doivent aujourd’hui y être autorisés par leur commission permanente. De même, l’article 42 permet aux collectivités territoriales de déléguer à leur organe exécutif les décisions relatives à l’exécution des diagnostics d’archéologie préventive, qui doivent aujourd’hui être prises par les assemblées délibérantes, au détriment de la rapidité d’exécution de ces diagnostics et de l’application effective de la loi n° 2003-707 du 1er août 2003 modifiant la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, qui a donné aux services archéologiques agréés des collectivités territoriales la possibilité d’intervenir pour la réalisation des diagnostics prescrits pour les opérations d’aménagements réalisés sur leur territoire, à condition que la décision de leur confier ces diagnostics soit prise dans le délai d’un mois.

La simplicité législative doit aussi se manifester par le recours, à chaque fois que possible, aux nouvelles technologies. C’est afin de simplifier et de moderniser les procédures mises en œuvre par les collectivités territoriales que l’article 33 permet la mise à disposition des conseillers régionaux et généraux des documents préparatoires aux sessions de l’assemblée à laquelle ils appartiennent par Internet. C’est également pour répondre à cette nécessité de moderniser l’accès des citoyens aux administrations que l’article 46 donne un fondement législatif à l’accès des citoyens aux informations cadastrales par Internet.

La simplicité du droit doit enfin se manifester par la mise en place de règles de répartition des contentieux évitant la division des affaires entre plusieurs juridictions et limitant autant que faire se peut les difficultés pour les justiciables à déterminer la juridiction compétente : c’est l’objectif poursuivi par l’article 35, qui attribue aux commissions départementales d’aide sociale l’ensemble des contestations relatives aux prestations versées par les organismes de protection complémentaire en matière de santé.

— Clarifier le droit

Comme la simplicité, la clarté du droit est un objectif trop souvent oublié par le législateur. Clarifier le droit recouvre trois aspects : améliorer la clarté du langage utilisé, supprimer les ambiguïtés sur les textes et les règles applicables, supprimer les dispositions législatives désuètes ou inutiles.

L’amélioration de la clarté du langage est l’objectif poursuivi par l’article 7, qui modernise le langage utilisé par le code civil. Quoiqu’ils puissent faire les délices des juristes spécialistes du droit civil et des étudiants en droit, certains des termes utilisés dans le code civil ne sont plus aujourd’hui compris par nos concitoyens, que la signification de ces termes ait évolué en deux siècles ou que ces termes aient été remplacés par d’autres dans le langage courant. Ce décalage entre le vocabulaire juridique nuit à l’intelligibilité du droit. Le terme « diverti » n’a plus, aujourd’hui, le sens qu’il avait en 1804, ce qui justifie son remplacement par le terme « détourné ». Quant au terme « antichrèse », il est tout simplement incompréhensible pour le citoyen, ce qui explique son remplacement par les termes « gage immobilier ». L’article 22 poursuit également cet objectif de clarification du langage, par la redéfinition de la notion de « salon professionnel » en utilisant des termes plus conformes à la pratique commerciale que les termes employés actuellement.

De même, la clarification du droit passe par la levée de toute ambiguïté sur le droit applicable. C’est cet objectif de suppression des incertitudes juridiques qui fonde en partie l’article 46 de la proposition de loi, qui redonne au droit d’accès aux informations cadastrales un fondement législatif qu’il avait perdu à la suite d’une inadvertance législative, ou encore l’article 61, qui explicite les actes que peuvent accomplir les officiers de police judiciaire dans le cadre des enquêtes en recherche des causes de la mort, le silence du législateur ayant dû être comblé par l’intervention de règles jurisprudentielles plus difficilement accessibles pour le citoyen que les règles de nature législative.

En dernier lieu, la clarification exige du législateur d’abroger les normes désuètes ou inutiles. C’est cet objectif de suppression d’une norme désuète qui motive l’article 20, qui abroge un article du code de la santé publique autorisant à poursuivre légalement leur activité les médecins et les sages-femmes étrangers ayant commencé légalement l’exercice de leur profession avant 1939 pour les premiers et 1945 pour les secondes. C’est l’objectif de suppression de textes inutiles qui fonde les articles 56, 57, 58 et 59, qui suppriment des articles ou parties d’articles se contentant de répéter, inutilement mais trompeusement, des règles générales, en matière de récidive des infractions pénales pour le premier article cité et de responsabilité pénale des personnes morales pour les deux derniers visés.

— Alléger les procédures

Le dernier objectif poursuivi par la présente proposition de loi n’est pas le moins important, puisqu’il s’agit de l’allègement des procédures. Les décideurs de notre pays, entreprises et administrations, mais aussi les citoyens, souffrent de l’excès de formalisme qui touche depuis trop longtemps déjà notre pays. La présente proposition de loi contient plusieurs mesures pragmatiques qui permettront aux entreprises, aux citoyens et aux administrations de réduire le coût de l’« impôt papier ».

Ainsi, l’article 19 simplifie les formalités fiscales des employeurs dans les domaines agricoles et du spectacle vivant et facilite la collecte d’informations pour le versement d’aides aux agriculteurs. L’article 25 supprime l’obligation pour les personnes morales exerçant l’activité de commissionnaire en douane d’obtenir un double agrément, non seulement pour la personne morale elle-même mais aussi pour la personne qui la représente. L’article 27 allège également certaines formalités imposées aux exploitants agricoles, en supprimant l’obligation d’inscription au plan d’équipement en abattoirs préalablement à l’ouverture d’un nouvel abattoir, en autorisant l’exploitant unique d’un abattoir public à se livrer au traitement et à la commercialisation des abats qui ne sont pas récupérés par les usagers de l’abattoir, et enfin en supprimant l’obligation – par ailleurs tombée en désuétude – de procéder à la première commercialisation des peaux dans le cadre d’une vente aux enchères publique.

Enfin, dans le domaine des règles applicables aux installations classées, l’article 51 allège un certain nombre d’obligations imposées aux entreprises exploitant de telles installations, avec l’objectif de mieux proportionner les contraintes avec les dangers réellement créés par les différentes catégories d’installations, sans naturellement amoindrir la protection de l’environnement.

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La Commission examine la proposition de loi au cours de sa séance du mardi 7 octobre 2008.

Après l’exposé du rapporteur, une discussion générale a lieu.

M. Dominique Raimbourg. Au-delà de l’objectif de simplification du droit, qui est partagé par tous, la proposition de loi appelle deux observations générales. En premier lieu, les commissaires du groupe SRC s’associent à cette démarche simplificatrice en proposant des amendements. Certains visent à étendre les pouvoirs des présidents de conseils généraux et régionaux, à l’instar de ceux qui sont actuellement reconnus aux maires, afin de favoriser une gestion locale dynamique, sans porter atteinte aux droits de l’opposition. En second lieu, un autre amendement proposera de permettre aux justiciables contestant une contravention de récupérer de plein droit, sans avoir à le demander, leur consignation lorsqu’ils obtiennent gain de cause.

Cependant, des réserves doivent être formulées sur plusieurs aspects de la proposition de loi.

Ainsi, l’article 3, relatif à la gestion des indivisions, permet aux notaires de solliciter du tribunal l’autorisation de vendre un bien dès lors que les deux tiers des indivisaires le souhaitent. Indépendamment du risque d’inconstitutionnalité, qui est sans doute surmonté du fait de l’intervention d’une autorisation judiciaire, est-il opportun d’adopter une telle réforme alors que d’importants travaux sont en cours sur l’unification des professions judiciaires ? Cela ne risque-t-il pas d’alimenter la rivalité entre avocats et notaires ? Enfin, le recours à la vente aux enchères risque de porter atteinte à la valeur du bien et, partant, aux intérêts des indivisaires.

S’agissant de l’article 31 sur l’archéologie préventive, le fait de dispenser les maires de l’avis conforme du conseil municipal risque de ruiner les dispositions de la loi relative à l’archéologie préventive.

Par ailleurs, s’agissant des ostéopathes, il convient de prévoir une date d’application claire, interdisant aux ostéopathes non agréés d’exercer s’ils ne le faisaient pas antérieurement.

Plus grave, l’article 11 prévoit une dématérialisation des bulletins de paie qui concernera des dizaines de millions de Français et aurait donc mérité une concertation avec les syndicats d’employeurs comme de salariés. Ce manque de concertation est d’autant plus regrettable que l’on peut notamment craindre que l’accord préalable du salarié ne devienne progressivement une formalité artificielle, privant en réalité certains salariés d’une réelle protection.

Enfin, l’article 49 crée un nouveau délit spécifique, puni de trois ans d’emprisonnement, en cas de soustraction à une mesure d’extradition. Cette mesure est inutile, car l’autorité judiciaire dispose déjà, à l’encontre des personnes concernées, d’un titre de détention permettant leur arrestation ou ré-arrestation pour manquement au contrôle judiciaire. En outre, la gestion des titres de détention étant déjà difficile, l’administration pénitentiaire risque de ne pas être en mesure de gérer les titres d’extradition à l’issue d’une peine de détention. Par ailleurs, pendant la détention, les délais de présentation au procureur de la République rendent impossible de telles mesures.

M. Jean-Michel Clément. Je souscris à la démarche de simplification du droit, mais je m’interroge sur sa finalité. En effet, la proposition de loi modifie environ 25 codes et 7 ou 8 lois et va au-delà d’un simple toilettage. La nécessité de réparer un grand nombre d’erreurs après coup doit nous conduire à réfléchir à la façon dont le Parlement légifère : prendre davantage de temps pour légiférer permettrait, bien souvent, de prévenir les erreurs.

Par ailleurs, de nombreuses dispositions figurant dans cette proposition de loi de simplification, telle que celle permettant la vente d’un bien indivis avec l’accord des deux tiers des indivisaires, auraient à l’évidence leur place dans des textes spécifiques. D’une manière générale, il conviendrait de ne pas mélanger les genres, en introduisant des éléments nouveaux, parfois importants, à l’occasion de toilettages législatifs d’apparence technique.

M. le rapporteur. En réponse à M. Dominique Raimbourg, je propose de passer à la discussion des articles, au cours de laquelle je donnerai plusieurs avis favorables à des amendements qu’il a présentés. Quant aux arguments présentés par M. Jean-Michel Clément, je conviens qu’il est parfois difficile de faire la différence entre les mesures qui relèvent de la simplification et les modifications plus substantielles du droit. Sur l’article 3, la mesure proposée par la proposition de loi trouve son origine dans la situation de nombreux indivisaires qui ne peuvent sortir d’une indivision du fait d’un blocage d’un co-indivisaire, et qui trouvent que la procédure actuellement prévue pour sortir de l’indivision est trop lourde. Ces situations sont d’autant plus délicates que les refus de cession d’un co-indivisaire sont généralement davantage motivés par des raisons affectives que par des raisons financières ou juridiques.

*

* *

La Commission passe ensuite à l’examen des articles de la proposition de loi.

EXAMEN DES ARTICLES

Chapitre Ier

Mesures de simplification en faveur des citoyens et des usagers des administrations

Le chapitre premier comprend quatorze articles ayant pour objet de simplifier et de rendre plus accessible le droit, ainsi que d’alléger des procédures ou formalités, en faveur des citoyens et des usagers des administrations.

Article 1er
(article 1er de la proposition)


(art. L. 30 du code électoral)


Extension de la faculté de s’inscrire en cours d’année sur les listes électorales à toute personne ayant changé de domicile pour motif professionnel

Le présent article vise à permettre la participation aux élections de tous les citoyens ayant changé de domicile pour un motif professionnel après la clôture des listes électorales.

Actuellement, seules cinq catégories de personnes peuvent être inscrites sur les listes électorales en dehors des périodes de révision. Il s’agit :

—  des fonctionnaires et des agents des administrations publiques mutés ou admis à faire valoir leurs droits à la retraite après la clôture des délais d’inscription ainsi que les membres de leur famille domiciliés avec eux à la date de la mutation ou de la mise à la retraite ;

—  des militaires renvoyés dans leurs foyers après avoir satisfait à leurs obligations légales d’activité, libérés d’un rappel de classe ou démobilisés après la clôture des délais d’inscription, ainsi que ceux ayant changé de domicile lors de leur retour à la vie civile ;

—  des jeunes Français remplissant la condition d’âge exigée pour être électeur, après la clôture des délais d’inscription ;

—  des Français qui ont acquis la nationalité française par déclaration ou manifestation expresse de volonté et qui ont été naturalisés après la clôture des délais d’inscription ;

—  des Français qui ont recouvré l’exercice du droit de vote dont ils avaient été privés par l’effet d’une décision de justice.

Seules ces catégories de personnes ont la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales après la clôture de celles-ci, ce qui leur permet de participer aux scrutins se déroulant l’année même de leur changement de domicile.

Rappelons qu’en vertu de l’article L. 16 du code électoral, les listes électorales sont permanentes et qu’elles font l’objet d’une révision annuelle. Le décret, prévu par ce même article, prévoit traditionnellement que cette révision annuelle s’achève le 31 décembre. Depuis la loi n° 97-1027 du 10 novembre 1997 relative à l’inscription d’office des personnes âgées de dix-huit ans sur les listes électorales, ces personnes peuvent être inscrites d’office en vertu de l’article L. 11-1 du code électoral. De même, l’article L. 11-2 du même code prévoit que les dispositions de l’article L. 11-1 sont applicables aux personnes qui rempliront la condition d’âge en cours d’année, entre la clôture définitive des listes électorales et la date d’un scrutin.

Les dispositions de l’article L. 30 du code électoral remontent à 1946 dans leur formulation actuelle et tirent les conclusions de la position statutaire et réglementaire des fonctionnaires. Dans une réponse à une question écrite du Président Jean-Luc Warsmann (4), le gouvernement a eu l’occasion de rappeler que « ce dispositif d’inscription [des fonctionnaires] hors période de révision se justifie par la volonté du législateur de concilier les droits du citoyen reconnus au fonctionnaire, notamment l’exercice effectif de son droit de vote, et les préoccupations de continuité du service public, qui peuvent se traduire par des changements d’affectation géographique opérés dans des délais très courts » (5). Il est vrai que la position statutaire et réglementaire du fonctionnaire subordonne son affectation à une décision de l’autorité administrative qui peut être produite comme pièce justificative de domicile mais que la jurisprudence de la Cour de cassation a limité cette possibilité d’inscription hors des périodes de révision à la seule commune d’affectation administrative du fonctionnaire. Le Gouvernement estimait également qu’une telle disposition dérogatoire au droit commun peut se justifier également parce qu’elle ne concerne annuellement qu’un faible nombre d’individus.

En revanche, les personnes salariées faisant l’objet d’une mutation, les personnes qui doivent changer de domicile après avoir trouvé un nouvel emploi ou encore les personnes qui créent une entreprise dans une commune où elles ne résidaient pas auparavant ne disposent pas de ce droit, et doivent attendre l’année suivant leur changement de domicile pour pouvoir participer aux élections dans la commune de leur nouveau domicile.

Ces personnes doivent, pour pouvoir exercer leur droit de vote, soit se déplacer dans leur ancienne commune, soit donner une procuration ; dans les deux cas, l’exercice du droit de vote devient plus compliqué qu’il ne devrait l’être.

Le présent article met donc fin à cette inégalité de traitement entre fonctionnaires et salariés du secteur privé : toute personne changeant de domicile pour un motif professionnel pourra s’inscrire sur les listes électorales de sa nouvelle commune après la date de clôture et y voter dès le scrutin suivant son déménagement. Compte tenu de la charge de travail que cette extension représente pour les communes, un amendement de votre rapporteur propose que la révision de la liste électorale ne soit réalisée que si les électeurs « sont convoqués » pour un scrutin. Cette modification est sans incidence sur la capacité des personnes concernées à participer au vote, si un scrutin est prévu. Dans le cas où les électeurs ne sont pas convoqués, la révision de la liste électorale prendra effet normalement après le 31 décembre.

La Commission adopte un amendement de précision du rapporteur réécrivant l’article 1er.

Le présent article est ainsi rédigé.

Article 2

(art. 530-1 du code de procédure pénale)


Restitution automatique de la consignation en cas de succès de la contestation d’une amende

Le présent amendement est issu de l’adoption par votre Commission de deux amendements identiques du Président Jean-Luc Warsmann et de M. Dominique Raimbourg. Il vise à permettre la restitution automatique de la consignation en cas de succès de la contestation d’une amende forfaitaire.

Actuellement, lorsqu’un de nos concitoyens reçoit un avis de payer une amende forfaitaire ou une amende forfaitaire majorée pour une contravention des quatre premières classes, il est tenu, s’il entend contester l’amende dont le paiement lui est demandé, de verser une consignation d’un montant égal à celui de l’amende. Cette mesure, indiscutablement nécessaire pour prévenir les recours purement dilatoires et qui constitue une garantie du recouvrement effectif des amendes, doit cependant naturellement s’accompagner de la restitution de la consignation en cas de succès de la contestation. Or actuellement, l’article 530-1 du code de procédure pénale prévoit que ce n’est qu’à la demande de l’intéressé que le montant de la consignation lui est reversé.

Cette règle, dont l’injustice a été dénoncée par le Médiateur de la République dans son rapport pour l’année 2006, apparaît pour le moins piégeuse pour la personne dont la contestation a été reconnue fondée et qui, forte de cette reconnaissance de son bon droit, s’attend légitimement à ce que l’administration lui restitue spontanément la somme consignée. Elle suscite une véritable incompréhension chez nombre d’usagers qui attendent parfois de longs mois avant, dans le meilleur des cas, d’apprendre qu’ils ne peuvent obtenir le remboursement de la consignation qu’à la suite d’une demande expresse. C’est pourquoi le présent amendement prévoit le remboursement de plein droit de la consignation en cas de relaxe ou de classement sans suite des contraventions relevant de la procédure de l’amende forfaitaire. Cette mesure, de pure équité et de bon sens, sera de nature à simplifier les relations entre l’administration et les citoyens et à éviter à ceux-ci des pertes de temps injustifiées dans la récupération de la consignation.

La Commission adopte les deux amendements identiques, portant article additionnel, présentés par le rapporteur et M. Dominique Raimbourg.

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* *

Après l’article 2 (après l’article 1er de la proposition)

La Commission est saisie d’un amendement de M. Bernard Derosier alignant les règles relatives aux possibilités de retrait, par l’administration, d’un acte illégal, que la décision créatrice de droits soit explicite ou implicite.

M. Jean-Michel Clément. Depuis l’arrêt Ternon rendu par le Conseil d’État le 26 octobre 2001, le délai de recours contentieux et le délai de retrait d’un acte illégal ne coïncident plus. En effet, selon cette jurisprudence, l’administration ne dispose que d’un délai de quatre mois pour retirer, pour illégalité, une décision explicite créatrice de droit. Or, l’article 23 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec l’administration prévoit des délais différents pour le retrait pour illégalité de décisions implicites d’acceptation. L’amendement propose donc une simplification importante en unifiant ces régimes.

M. le rapporteur. Je suis défavorable à cet amendement, qui fixe à trois mois le délai de retrait des décisions administratives pour illégalité, qu’il s’agisse de décisions expresses ou implicites. En effet, le régime de retrait des décisions implicites d’acceptation, tel qu’il résulte de la loi du 12 avril 2000, répond mieux à la diversité des situations : le retrait est possible pendant la durée de l’instance lorsqu’un recours est formé à l’encontre de la décision, alors qu’il ne peut intervenir que dans les deux mois lorsque les tiers n’ont pas été tenus informés de la décision. De ce fait, l’administration est, dans tous les cas, en mesure de retirer l’acte dans un délai approprié et, ainsi, de prévenir les conséquences d’une illégalité. Il serait préférable que cet amendement soit retiré par son auteur, afin que la réflexion puisse se poursuivre à ce sujet avant l’examen de la proposition de loi en séance publique.

L’amendement est rejeté.

Article 3
(article 2 de la proposition)


(art. 80 du code civil)


Extension de l’obligation de déclaration de décès aux établissements privés de santé

Le présent article propose d’étendre l’obligation de déclaration de décès aux directeurs des établissements privés de santé et aux maisons de retraite privées.

Actuellement, l’article 80 seuls les directeurs des hôpitaux et maisons de retraite publics sont tenus de déclarer les décès survenus dans leurs locaux. Dans sa rédaction issue de la loi du 20 novembre 1919, cet article prévoit que lorsqu’un décès se produit ailleurs que dans la commune où le défunt était domicilié, l’officier de l’état civil qui aura dressé l’acte de décès enverra, dans le plus bref délai, à l’officier de l’état civil du dernier domicile du défunt une expédition de cet acte, laquelle sera immédiatement transcrite sur les registres. Ce même article 80 précise qu’en cas de décès « dans les hôpitaux ou les formations sanitaires, les hôpitaux maritimes, civils ou autres établissements publics », les directeurs, administrateurs ou maîtres de ces hôpitaux ou établissements devront en donner avis, dans les vingt-quatre heures, à l’officier de l’état civil ou à celui qui en remplit les fonctions. Cet article précise que celui-ci s’y transporte pour s’assurer du décès et en dresser l’acte, sur les déclarations qui lui auront été faites et sur les renseignements qu’il aura pris. Enfin, cet article ajoute que chacun de ces établissements doit tenir un registre sur lequel sont inscrits ces déclarations et renseignements.

Le présent article propose de modifier l’article 80 du code civil pour préciser que seront désormais assujettis à l’obligation de déclaration de décès auprès de l’officier de l’état civil :

—  les directeurs de tous les établissements de santé publics ou privés ;

—  les directeurs de tous les établissements sociaux et médico-sociaux qui accueillent des personnes âgées, que ces établissements soient publics ou privés.

La mesure proposée permettra de simplifier les démarches administratives pour les proches de la personne décédée dans une maison de retraite ou un hôpital privés, en mettant à la charge de l’établissement qui l’accueillait la déclaration de décès.

Enfin, le texte proposé souligne que l’officier de l’état civil ne se transporte sur place qu’« en cas de difficulté », rompant ainsi avec l’obligation de se « transporter sur place » systématiquement pour constater le décès, qui générait une lourdeur inutile dans l’écrasante majorité des déclarations concernant des décès survenus à l’hôpital.

La Commission adopte le présent article sans modification.

Article 4
(article 3 de la proposition)


(art. 815-5-1 [nouveau] du code civil)


Simplification de la vente des biens en indivision

Le présent article propose de permettre la vente d’un ou de plusieurs biens en indivision, même si un ou plusieurs indivisaires s’y opposent ou ne font pas connaître leur position. Une telle vente ne pourrait avoir sans une autorisation du tribunal de grande instance, afin de garantir les droits des indivisaires minoritaires. Il reprend le texte d’une proposition de loi du Président Jean-Luc Warsmann et de M. Sébastien Huyghe (6), adoptée par votre commission des Lois le 30 janvier 2008, sur le rapport de M. Sébastien Huyghe (7).

Le présent article trouve sa source dans le constat qu’en adoptant la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 portant réforme des successions et des libéralités, le Parlement a permis de nombreux progrès dans le règlement des successions et le traitement des libéralités (8), mais que le législateur n’est pas allé jusqu’à améliorer les conditions de vente d’un bien indivis, laquelle reste soumise à l’accord unanime des indivisaires. Or, de nombreuses successions ne sont pas réglées du fait de l’inertie ou de l’opposition d’un ou de plusieurs indivisaires. Trop souvent, les opérations de partage sont retardées ou bloquées par la mauvaise volonté d’un ou de plusieurs indivisaires. C’est pourquoi le présent article propose de créer une nouvelle modalité de vente des biens indivis, à la demande des deux tiers des indivisaires, sur autorisation judiciaire.

1. Une procédure initiée par deux tiers des indivisaires

La nouvelle possibilité de vendre un bien indivis, offerte par le présent article est à l’initiative de deux tiers des indivisaires. Pourquoi ce seuil a-t-il été préféré à une majorité simple ? Il convient de rappeler que la loi du 23 juin 2006 précitée a permis à une majorité qualifiée d’indivisaires d’accomplir certains actes d’administration relatifs à un bien indivis. C’est ainsi que l’article 815-3 du code civil permet à une majorité d’indivisaires « titulaires d’au moins deux tiers des droits indivis » :

—  d’effectuer les actes d’administration relatifs aux biens indivis ;

—  de donner un mandat général d’administration à l’un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers ;

—  de vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l’indivision. Cette disposition constitue le prolongement de l’ancien article 826 qui permettait à la majorité des cohéritiers de vendre les meubles pour acquitter les dettes et charges de l’indivision.

En revanche, la règle de l’unanimité est conservée pour tout acte qui ne ressortit pas à l’exploitation normale des biens indivis, pour conclure et renouveler les baux ainsi que pour effectuer tout acte de disposition autre que la vente des meubles indivis, ce qui paraît pertinent compte tenu de leurs conséquences sur le patrimoine indivis. Ce principe a été atténué par un amendement de la commission des Lois qui permet la signature d’un bail d’habitation selon la majorité des deux tiers.

C’est donc dans un souci de cohérence avec la majorité nécessaire pour accomplir les actes de gestion courante des biens indivis que ce seuil de deux tiers des indivisaires a été choisi.

Certes, les deux dispositifs juridiques ne sont pas comparables puisque celui de l’actuel article 815-3 du code civil permet aux indivisaires majoritaires d’agir sans autorisation de justice, alors que, précisément, les opportunités offertes par le nouvel article 815-5-1 sont conditionnées par une telle autorisation. Bien que l’intervention de l’autorité judiciaire puisse être estimée suffisante pour garantir que l’atteinte portée aux droits des indivisaires minoritaires, il a été jugé préférable de retenir un seuil supérieur à la majorité simple afin de souligner le caractère subsidiaire du recours à ce nouveau dispositif, qui ne trouverait à s’appliquer que quand les dispositifs aujourd’hui en vigueur – notamment le partage amiable – n’auraient pas trouvé à s’appliquer utilement. Cette majorité qualifiée doit également être comprise comme une garantie supplémentaire des droits des indivisaires minoritaires.

2. Un dispositif qui ne peut s’appliquer en cas de démembrement de propriété

Le dispositif proposé précise explicitement qu’il ne peut trouver à s’appliquer dans les cas où le bien à aliéner fait l’objet d’un démembrement de propriété.

L’article 815-5 du code civil permet à un indivisaire de passer seul un acte pour lequel le consentement d’un coindivisaire serait nécessaire, si le refus de celui-ci met en péril l’intérêt commun. Cet article prévoit que, si le bien est démembré, la pleine propriété de ce dernier ne peut être vendue contre la volonté de l’usufruitier.

Le dispositif proposé par le présent article pourrait concerner un bien vendu par un nu-propriétaire ou bien par un usufruitier. Il a donc semblé plus sage de prévoir que la vente de la pleine propriété de bien faisant l’objet de démembrement de propriété s’effectuerait selon les dispositions des articles 817, 818 et 819 du code civil.

Ces trois articles, introduits par l’article 4 de la loi du 23 juin 2006 précitée, trouvent leur place dans le paragraphe relatif aux demandes en partage. La mention de ces trois articles vise donc bien à expliciter que la vente d’un bien indivis démembré s’effectue dans le cadre d’un partage et non pas antérieurement à celui-ci.

L’article 817 précise que l’usufruitier « peut demander le partage de l’usufruit indivis par voie de cantonnement sur un bien ou, en cas d’impossibilité, par voie de licitation de l’usufruit ». Cet article permet donc bien de prévoir un partage de l’usufruit sans que celui-ci ne porte sur la nue-propriété. Par ailleurs, ce même article précise que la licitation « peut porter sur la pleine propriété » si elle apparaît comme la seule protectrice de l’intérêt de tous les titulaires de droits sur le bien indivis.

L’article 818 prévoit le même dispositif en faveur de l’indivisaire en nue-propriété. Dans ce cas, cet article précise que la vente ne peut intervenir contre la volonté de l’usufruitier, par une mention du deuxième alinéa de l’article 815-5.

L’article 819 prévoit que les articles 817 et 818 s’appliquent lorsqu’un indivisaire se trouve en situation de pleine propriété mais que les autres indivisaires sont usufruitiers ou nus-propriétaires. Dans ce cas, le deuxième alinéa de l’article 815-5 n’est pas applicable. La volonté d’un usufruitier ne peut empêcher la vente du bien puisque le demandeur, plein propriétaire, dispose également d’une partie de l’usufruit de ce bien.

3. Le rôle central du notaire dans la procédure

Le premier alinéa du présent article précise que le ou les indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité, « exprimer devant un notaire leur intention de procéder à l’aliénation d’un bien indivis ». C’est donc bien le notaire qui pourra conseiller au mieux les indivisaires majoritaires dans leurs démarches. C’est également sur lui que repose la mise en œuvre de la procédure.

Après avoir recueilli cette intention exprimée par les indivisaires majoritaires, le notaire doit informer les autres indivisaires. Cette précision s’inspire d’une disposition analogue figurant à l’article 815-3 du code civil, qui traite des actes d’administration des biens indivis. En effet, la commission des Lois avait, lors de l’examen parlementaire de la loi du 23 juin 2006 de laquelle cet article est issu, souhaité préciser, sur l’initiative de M. Sébastien Huyghe, rapporteur, que les indivisaires minoritaires devaient être informés des décisions prises.

Dans le dispositif du présent article, cette information présente également l’avantage de constituer le point de départ du délai deux mois pendant lequel ces indivisaires vont pouvoir faire connaître leurs intentions. À compter du moment de l’expression de l’intention de procéder à la vente d’un bien devant le notaire, ce dernier dispose d’un délai maximal d’un mois pour procéder à l’information des autres indivisaires.

Cette information prend la forme d’une signification par un acte extrajudiciaire. En pratique, la signification sera effectuée selon les modalités prévues aux articles 651 et suivants du code de procédure civile.

Le défaut de cette notification serait de nature à vicier l’ensemble de la procédure. Le présent article précise d’ailleurs qu’à défaut d’information, « les décisions prises sont inopposables » aux autres indivisaires. Il appartiendra donc au tribunal de grande instance de vérifier que ces formalités ont été correctement accomplies lorsqu’il autorisera la vente du bien indivis.

Rappelons que le présent dispositif n’a vocation à s’appliquer que dans le cas où tous les indivisaires sont connus et localisés. Les autres cas de figure continueront de faire l’objet de demande en partage amiable ou judiciaire.

Les indivisaires disposent d’un délai de deux mois à compter de leur information pour exprimer leur opposition à la vente ou bien leur approbation de celle-ci. En effet, le présent article, en facilitant la vente des biens indivis, doit inciter les indivisaires tentés de s’opposer aux décisions des autres indivisaires sans raison valable qu’il est de leur intérêt désormais d’être plus conciliants. Ceux-ci observeront alors que la vente amiable du bien s’effectuera sans doute plus rapidement et dans de meilleures conditions que dans le cadre d’une vente aux enchères.

Il est probable que certains indivisaires, qui souhaiteraient s’opposer à la vente d’un bien indivis, ne formaliseront pas leur refus et se contenteront de ne pas répondre dans le délai de deux mois. Dans ce cas, l’indivisaire « taisant » sera réputé s’opposer à la vente.

Ne peut évidemment pas être considéré comme tel un indivisaire présumé absent au sens de l’article 836 du code civil. Ce dernier article vise l’indivisaire qui, par suite d’éloignement, se trouve hors d’état de manifester sa volonté. Ce même article mentionne en outre les indivisaires qui font l’objet d’un régime de protection. Dans tous ces cas, l’article 836 du code civil permet, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 23 juin 2006, de réaliser un partage amiable.

Le présent article n’ayant pas vocation à s’appliquer aux cas visés à l’article 836, son alinéa 4 le précise expressément.

4. La procédure devant le tribunal de grande instance

Après l’expression du refus de vendre par un ou plusieurs indivisaires – ou après l’expiration du délai de deux mois – le notaire pourra constater que le conflit entre les indivisaires est noué. Il établira alors un « procès-verbal de difficultés », à l’instar de ceux qu’il rédige lors de problèmes survenant en matière de partage.

Le tribunal de grande instance sera saisi à la demande des indivisaires à l’origine de la procédure. Dans ce cadre, le notaire fournira ce procès-verbal qui permettra à l’autorité judiciaire de pouvoir prendre sa décision. Parmi les renseignements contenus dans ce procès-verbal figureront notamment les éléments établissant les droits des différents indivisaires et tous les éléments montrant que la procédure prévue par le présent article a été respectée (information des indivisaires notamment).

Ce même tribunal de grande instance est par ailleurs compétent si un indivisaire fait une demande reconventionnelle en partage pour faire valoir ses droits, soit pour s’opposer à la vente soit pour demander à bénéficier d’une attribution préférentielle du bien, prévue par les articles 831 à 834 du code civil. En ne privant pas un héritier concerné par les articles 831 à 834 du code civil de faire-valoir ses droits devant le tribunal de grande instance, le présent article respecte parfaitement ses droits, et notamment le droit de propriété.

La vente du bien indivis sera autorisée par le tribunal de grande instance si « elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires ».

Parmi les éléments que la juridiction pourra prendre en compte figurent évidemment les éléments fournis à l’appui de la demande ainsi que les observations des autres indivisaires. Il convient d’observer que la vente ne constituant pas une opération de partage, les droits de tous les indivisaires seront préservés lors du partage ultérieur.

5. L’aliénation s’effectue par une vente aux enchères

Pour s’assurer que le bien est vendu au meilleur prix – préservant ainsi au mieux les droits des indivisaires – le présent article prévoit que l’aliénation s’effectue par voie d’adjudication. Le texte précise même que cette vente aux enchères s’effectue « dans la forme des licitations ». Comme le signale l’article 1688 du code civil, « le mode et les formalités à observer pour la licitation sont expliqués au titre Des Successions et au code de procédure [civile] ». En se prononçant sur la demande des indivisaires, le tribunal ordonnera donc la vente par licitation, qui sera faite devant un membre du tribunal ou devant un notaire, conformément à l’article 1272 du code de procédure civile. Ce dernier article rappelle que les enchères sont reçues soit par un notaire commis à cet effet par le tribunal de grande instance, soit à l’audience des criées par un juge désigné par ce tribunal.

Par ailleurs, l’alinéa 5 du présent article précise également que les sommes retirées « ne peuvent faire l’objet d’un remploi ». En effet, la procédure introduite par le présent article vise à permettre à des indivisaires de sortir de l’indivision. Il serait donc pour le moins incompréhensible que cette procédure soit utilisée par des indivisaires qui réemploieraient les sommes retirées de la vente pour racheter un bien en indivision. Il faut donc éviter que ce dispositif soit détourné de son objectif pour réaliser, par exemple, des opérations immobilières.

Cette restriction est cependant atténuée afin de permettre que les sommes retirées de la vente puissent servir à payer les dettes et charges de l’indivision, à l’instar de l’article 815-3 du code civil, qui permet la vente de meubles indivis autorise le remploi de ces sommes pour payer les dettes et charges de l’indivision.

Enfin, le dernier alinéa du présent article précise que l’aliénation effectuée dans les conditions fixées par l’autorisation de justice est opposable à l’indivisaire dont le consentement a fait défaut, dès lors que celui-ci a été valablement informé des intentions des autres indivisaires par le notaire.

La Commission rejette un amendement de M. Dominique Raimbourg tendant à supprimer cet article.

Puis, elle adopte trois amendements rédactionnels du rapporteur, et le présent article ainsi modifié.

Article 5
(article 4 de la proposition)


(art. 9, 10-1, 18-2, 21, 22, 25 et 29-6 de la loi n  65-557 du 10 juillet 1965)


Sécurisation du fonctionnement des copropriétés

Le présent article, qui reprend largement le texte d’une proposition de loi du Président Jean-Luc Warsmann (9), vise à remédier à diverses imperfections de la loi n° 65-1067 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis pour sécuriser le fonctionnement des copropriétés.

Le remédie à un défaut de concordance. En effet, la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement a abrogé les dispositions de l’article 26-1 de la loi du 10 juillet 1965. Dorénavant, les décisions relatives aux travaux à effectuer sur les parties communes en vue de prévenir les atteintes aux personnes et aux biens sont visées au n) de l’article 25.

Le vise à rendre automatique l’exclusion de la prise en charge des frais de procédure du syndicat des copropriétaires par le copropriétaire qui a vu sa prétention en justice aboutir. Seuls les autres copropriétaires seront redevables de ces frais, sans que le copropriétaire qui a obtenu gain de cause ait à en faire la demande.

Le a pour objet de rendre plus dissuasive la rétention par l’ancien syndic des documents relatifs au syndicat des copropriétaires. En effet, la demande pourra être faite comme en matière de référé, et non plus en référé, de sorte que la décision ne sera plus seulement provisoire, mais que le litige sera jugé au fond, avec la possibilité pour le syndicat des copropriétaires d’obtenir des dommages et intérêts, en plus de la liquidation de l’astreinte.

Le vise à améliorer de manière pratique la constitution du conseil syndical et d’étendre la possibilité de siéger à d’autres personnes que celles actuellement mentionnées. Cette possibilité est ainsi étendue aux partenaires liés par un pacte civil de solidarité et aux usufruitiers. De la même manière, les interdictions de siéger sont étendues au partenaire lié par un pacte civil de solidarité.

Est en outre supprimée la référence à l’article 41 de la loi n° 84-595 du 12 juillet 1984 définissant la location accession à la propriété immobilière qui a été abrogée par l’article 102 de la loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.

Le tend à rendre plus efficace la limitation des mandats, dès lors qu’il est apparu que malgré la généralité des termes de l’article 22 de la loi du 10 juillet 1965, les limitations légales prévues sont privées partiellement d’effets au motif qu’il a été admis que la limitation à trois mandats ne s’appliquait pas à l’administrateur de biens titulaire de mandats de gestion, dans la mesure où les dispositions de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 et de son décret d’application n’ont imposé aucune limitation pour l’exercice cumulé de plusieurs mandats de gestion pour un même administrateur de biens.

La seconde modification consiste à aligner les droits et obligations des partenaires d’un pacte civil de solidarité sur ceux du conjoint, pour ce qui concerne le régime de la copropriété des immeubles bâtis.

Le a pour objet de remédier à un défaut de concordance. En effet, la loi n° 2007-309 du 5 mars 2007 relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur a inséré un article 24-1 entre les articles 24 et 25.

Le vise également à remédier à un défaut de concordance. La loi du 1er mars 1984 relative à la prévention et au règlement amiable des difficultés des entreprises et la loi n° 85-98 du 25 janvier 1985 relative au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises ont, en effet, été codifiées dans le code de commerce depuis 2000.

La Commission adopte le présent article sans modification.

Article 6
(article 5 de la proposition)


(art. 35 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965)


Assouplissement des conditions de surélévation des immeubles

Le présent article propose de simplifier et d’assouplir les dispositions relatives à la surélévation des immeubles afin d’apporter un élément de réponse à la pénurie foncière dans les agglomérations.

En l’état actuel du droit, les copropriétaires peuvent décider de surélever le bâtiment à l’unanimité. Lorsque le droit de surélever le bâtiment est confié par les copropriétaires à un tiers, la décision est alors prise à la majorité qualifiée des deux tiers des voix et de la moitié des copropriétaires (majorité de l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis). Il est cependant exigé que cette décision recueille dans le même temps l’avis unanime des copropriétaires situés au dernier étage du bâtiment. Ces dispositions imposent des conditions de décision très lourdes et contraignantes, qui ne sont pas favorables à la réalisation d’opérations de surélévation.

Pour permettre aux copropriétés de procéder plus aisément à des surélévations, le présent amendement prévoit que la décision d’aliénation des droits de surélévation pourra être décidée à la majorité simple des copropriétaires (majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965).

Toutefois, la disposition doit permettre de concilier le respect du droit de propriété, qui est constitutionnellement protégé, et l’intérêt général que représente la construction d’étages supplémentaires dans des collectivités territoriales touchées par une pénurie d’offre de logements.

C’est pourquoi le présent article prévoit de n’appliquer la condition de majorité simple qu’aux immeubles situés sur le territoire de collectivités qui, dans le cadre d’un plan d’occupation des sols ou d’un plan local d’urbanisme, ont établi par une délibération de leur assemblée délibérante un périmètre au sein duquel le droit de préemption urbain peut être exercé, en application de l’article L. 211-1 du code de l’urbanisme. Le périmètre du droit de préemption urbain permet en effet de délimiter avec précision les zones urbaines dans lesquelles la tension foncière justifie qu’une atteinte limitée et proportionnée puisse être apportée aux droits des copropriétaires, étant précisé que le droit de surélévation fait l’objet d’une propriété indivise entre les copropriétaires.

Enfin, le présent article précise que l’accord unanime des copropriétaires de l’étage supérieur du bâtiment à surélever est requis, comme le prévoit actuellement le deuxième alinéa de l’article 35 de la loi du 10 juillet 1965.

La Commission adopte le présent article sans modification.

Article 7
(article 6 de la proposition)


(art. 386, 515-3, 524, 585, 589-2, 743, 758, 767, 778, 832-2, 861, 898, 1108-2, 1235, 1320, 1322, 1323, 1325, 1326, 1328, 1377, 1398, 1477, 1570, 1572, 1582, 1589-2, 1606, 1653, 1655, 1659, 1662, 1664, 1668, 1671, 1672, 1714, 1743, 1779, 1801, 1819, 1827, 1828, 1829, 1839, 1861, 1874, 1875, 1879, 1886, 1894, 1895, 1906, 1919, 1939, 1953, 1964, 1982, 1985, 2003, 2004, 2373, 2387, 2388, 2392, 2521, paragraphe 3 de la section 1 du chapitre VI du titre III du livre III, section première du chapitre III du titre VIII du livre III, chapitre II du sous-titre III du titre II du livre IV, section 4 du chapitre IV du titre VIII du livre III du code civil ; art. 38 de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle)


Modernisation terminologique du code civil

Le présent article reprend des préconisations formulées par la Commission spécialisée de terminologie et de néologie en matière juridique. Dans le cadre de ses missions qui lui sont dévolues par l’article 7 du décret n° 96-602 du 3 juillet 1996 relatif à l’enrichissement de la langue française, elle a été chargée par le Garde des sceaux, ministre de la justice, de la « modernisation » du vocabulaire du code civil. Le présent article propose donc de substituer à des mots et des expressions désuets un vocabulaire actualisé et plus facilement compréhensible par les usagers et les justiciables.

Le  propose de remplacer les mots : « seing privé » par les mots : « signature privée » dans :

—  l’article 386 du code civil, relatif à l’impossibilité, pour l’époux survivant qui aurait omis de faire inventaire, authentique ou sous « seing privé » des biens de l’enfant, d’en jouir ;

—  l’article 515-3 du même code, relatif à la convention passée par acte authentique ou par acte sous « seing privé » par les partenaires d’un un pacte civil de solidarité ;

—  l’article 1108-2 du même code, qui traite des actes sous « seing privé » relatifs au droit de la famille et des successions ainsi que de ceux relatifs à des sûretés personnelles ou réelles, de nature civile ou commerciale ;

—  les articles 1320, 1322, 1323, 1325, 1323, 1325, 1328 du même code qui définissent la notion même d’acte sous seing privé et qui figurent dans le paragraphe 3, intitulé « De l’acte sous seing privé » de la section 1 du chapitre VI du titre III du livre III du même code, dont le 2° du présent article propose de modifier l’intitulé pour y voir figurer les mots : « signature privée » dans :

—  l’article 1570 du même code, relatif à la preuve de la consistance du patrimoine originaire et l’article 1572, relatif à la preuve de la consistance du patrimoine final dans le cadre du régime matrimonial dit de « participation aux acquêts » ;

—  l’article l582 du même code, qui précise que la convention de vente peut être faite par acte authentique ou sous « seing privé » et l’article 1589-2 du même code qui prévoit que la promesse unilatérale de vente afférente à un immeuble prend cette même forme ;

—  l’article 1861 du même code, qui précise que lorsque deux époux sont simultanément membres d’une société, les cessions de parts sociales faites par l’un d’eux à l’autre doivent, pour être valables, résulter d’un acte notarié ou d’un acte sous « seing privé » ayant acquis date certaine autrement que par le décès du cédant ;

—  l’article 1985 du même code, qui prévoit que le mandat – ou la procuration – peut être donné par acte authentique ou par acte sous « seing privé » ;

—  l’article 2004 du même code, qui prévoit que le mandant peut contraindre le mandataire à lui remettre l’écrit sous « seing privé » qui contient la procuration.

Dans le but de consacrer dans les termes employés l’égalité de la femme et de l’homme, le  substitue au mot : « fils » le mot : « enfant » et insère les mots : « la petite fille » après les mots : « le petit-fils » dans l’article 743 du même code, qui précise la notion de degré de parenté. C’est ainsi qu’en ligne directe, on compte autant de degrés qu’il y a de générations entre les personnes : ainsi, « l’enfant » est, à l’égard du père « et de la mère », au premier degré, le petit-fils « ou la petite-fille » au second ; et réciproquement du père « et de la mère » à l’égard de « l’enfant » et des aïeuls à l’égard du petit-fils « ou de la petite-fille ».

Le propose de substituer les mots : « la succession » aux mots : « l’hérédité » dans :

—  l’article 758 du même code, qui prévoit que lorsque le conjoint survivant recueille la totalité ou les trois quarts des biens, les ascendants du défunt, autres que les père et mère, qui sont dans le besoin bénéficient d’une créance d’aliments contre la succession du prédécédé. Cette pension est prélevée sur « l’hérédité » ;

—  l’article 767 du même code qui permet au conjoint successible qui est dans le besoin de bénéficier d’une pension alimentaire prélevée sur « l’hérédité » ;

—  l’article 898 du même code, qui précise que toute disposition par laquelle un tiers serait appelé à recueillir le don, « l’hérédité » ou le legs, dans le cas où le donataire, l’héritier institué ou le légataire ne le recueillerait pas, ne sera pas regardée comme une substitution et sera valable ;

—  l’article 1672 du même code, qui dispose que l’action en rachat peut être intentée contre un héritier pour le tout si, après le partage de « l’hérédité », la chose vendue est échue au lot de cet héritier.

Le prévoit de substituer le mot : « détournés » au mot : « divertis » dans l’article 778 du même code, qui prévoit que l’héritier qui a recelé des biens ou des droits d’une succession ou dissimulé l’existence d’un cohéritier est réputé accepter purement et simplement la succession sans pouvoir prétendre à aucune part dans les biens ou les droits « divertis » ou recelés.

Le procède à la même substitution dans l’article 1477 du même code, relatif à la liquidation et au partage de la communauté, et qui précise que celui des époux qui aurait « diverti » ou recelé quelques effets de la communauté est privé de sa portion dans lesdits effets.

Le propose de substituer les mots : « sont attribués » au mot : « échoient » dans l’article 832-2 du même code, qui dispose que le conjoint survivant ou tout héritier copropriétaire d’une exploitation agricole – qui n’est pas maintenue dans l’indivision et n’a pas fait l’objet d’une attribution préférentielle – peut demander à ce que le partage soit conclu sous la condition que ses copartageants lui consentent un bail à long terme sur les terres de l’exploitation qui leur « échoient ».

Le vise à substituer le mot : « dépenses » au mot : « impenses » dans l’article 861 du même code qui prévoit, à propos du rapport des libéralités, que lorsque le rapport se fait en nature, il doit être tenu compte des « impenses » nécessaires que le donataire a faites pour la conservation du bien.

Le propose de substituer le mot : « restitution » au mot : « répétition » dans l’article 1235 du même code qui pose le principe selon lequel tout paiement supposant une dette, ce qui a été payé sans être dû, est sujet à « répétition ».

De même, le 10° tend à substituer les mots : « à restitution » aux mots : « de répétition » dans l’article 1377 du même code qui précise que lorsqu’une personne qui, par erreur, se croyait débitrice, a acquitté une dette, elle a le droit « de répétition » contre le créancier.

Le 11° propose la substitution du mot : « réclamer » au mot : « répéter » dans l’article 1886 du même code qui prévoit que si, pour user de la chose, l’emprunteur a fait quelque dépense, il ne peut pas la « répéter ».

Le 12° propose la substitution des mots : « en obtenir la restitution » aux mots : « les répéter » dans l’article 1906 du même code selon lequel l’emprunteur qui a payé des intérêts qui n’étaient pas stipulés ne peut ni « les répéter » ni les imputer sur le capital.

Le 13° substitue, par deux fois, les mots : « capable de » aux mots : « habile à » dans l’article 1398 du même code qui dispose que le mineur « habile à » contracter mariage est « habile à » consentir toutes les conventions dont ce contrat est susceptible pourvu qu’il ait été assisté, dans le contrat, des personnes dont le consentement est nécessaire pour la validité du mariage.

Le 14° substitue les mots : « remise de la chose » aux mots : « tradition réelle » dans l’article 1606 du même code qui permet que la délivrance des effets mobiliers puisse s’opérer par la tradition réelle. De même, le 15° procède à la substitution des mots : « remise réelle ou fictive » aux mots : « la tradition réelle ou feinte » dans l’article 1919 du même code qui prévoit que le contrat de dépôt n’est parfait que par « la tradition réelle ou feinte » de la chose déposée.

Le 16° substitue les mots : « sauf s’il préfère »  aux mots : « si mieux n’aime celui-ci » dans l’article 1653 du même code, relatif aux obligations de l’acheteur, qui dispose que si l’acheteur est troublé ou a juste sujet de craindre d’être troublé par une action, soit hypothécaire, soit en revendication, il peut suspendre le paiement du prix jusqu’à ce que le vendeur ait fait cesser le trouble, « si mieux n’aime celui-ci » donner caution, ou à moins qu’il n’ait été stipulé que, nonobstant le trouble, l’acheteur paiera.

Le 17° substitue le mot : « aussitôt » aux mots : « de suite » dans l’article 1655 du même code qui dispose que la résolution de la vente d’immeubles est prononcée « de suite » si le vendeur est en danger de perdre la chose et le prix.

Le 18° supprime les mots : « ou de réméré » dans l’article 1659 du même code qui prévoit que la faculté de rachat « ou de réméré » est un pacte par lequel le vendeur se réserve de reprendre la chose vendue, moyennant la restitution du prix principal et le remboursement de certains frais. Cette suppression se justifie par le fait que le réméré est, en fait, un rachat. D’ailleurs, le 19° substitue les mots « en rachat » aux mots « de réméré » dans l’article 1662 du même code, qui dispose que, faute par le vendeur d’avoir exercé son action « de réméré » dans le terme prescrit, l’acquéreur demeure propriétaire irrévocable. De même, le 20° procède à la substitution du mot « rachat » au mot « réméré » :

—  dans l’article 1664 du même code, qui précise que le vendeur à pacte de rachat peut exercer son action contre un second acquéreur, quand même la faculté de « réméré » n’aurait pas été déclarée dans le second contrat ;

—  dans l’article 1668 du même code, qui prévoit que si plusieurs personnes ont vendu conjointement, et par un seul contrat, un héritage commun entre elles, chacune ne peut exercer l’action en « réméré » que pour la part qu’elle y avait.

—  dans l’article 1671 du même code, qui dispose que si la vente d’un héritage appartenant à plusieurs personnes n’a pas été faite conjointement et de tout l’héritage ensemble, et que si chacune de ces personnes n’a vendu que la part qu’elle y avait, elles peuvent exercer séparément l’action en « réméré » sur la portion qui leur appartenait ;

—  dans l’article 1672 du même code, qui précise que si l’acquéreur a laissé plusieurs héritiers, l’action en « réméré » ne peut être exercée contre chacun d’eux que pour sa part, dans le cas où elle est encore indivise, et dans celui où la chose vendue a été partagée entre eux.

Un amendement de votre rapporteur a procédé à la même substitution dans le second alinéa de ce même article 1672, qui prévoit que s’il y a eu partage de la succession et que la chose vendue soit échue au lot de l’un des héritiers, l’action en réméré peut être intentée contre lui pour le tout.

Le 21° substitue, dans l’article 1779 la notion de « louage de service » à la notion de « louage des gens de travail qui s’engagent au service de quelqu’un », qui ne correspond plus à notre droit actuel. Le 22° modifie en conséquence l’intitulé de la section première du chapitre III du titre VIII du livre III pour substituer à la notion de « louage des domestiques et ouvriers », la notion de « louage de service ».

Le 23° propose de substituer l’expression : « métayer » à celle de : « colon partiaire ». Cette dernière désigne outre-mer un cultivateur qui rend au propriétaire une partie des produits de sa ferme. Il n’y a donc pas lieu de le distinguer du métayer. Il est donc proposé de procéder à cette substitution dans l’article 524 du code civil dans lequel sont définies comme immeubles par destination les semences données par le propriétaire aux fermiers ou aux « colons partiaires ».

Le 24° procède à la même substitution :

—  dans l’article 585 du même code qui prévoit que le « colon partiaire » peut avoir acquis une partie des fruits si ces derniers existaient au commencement ou à la cessation de l’usufruit ;

—  dans l’article 1743 du même code, qui précise que si le bailleur vend la chose louée, l’acquéreur ne peut expulser le fermier, « le colon partiaire » ou le locataire qui a un bail authentique ou dont la date est certaine ;

—  dans l’article 1801 du même code qui prévoit les différentes sortes de cheptels, dont celui donné au fermier ou « au colon partiaire » ;

—  dans l’article 1819 du même code qui dispose, dans le cas de bail à cheptel à moitié, que le preneur profite seul, comme dans le cheptel simple, des laitages, du fumier et des travaux des bêtes et que toute convention contraire est nulle, à moins que le bailleur ne soit propriétaire de la métairie dont le preneur est fermier ou « colon partiaire » ;

—  dans l’intitulé de la section 4 du chapitre IV du titre VIII du livre III du même code (« Du cheptel donné par le propriétaire à son fermier ou colon partiaire ») et dans l’intitulé du paragraphe 2 de cette même section (« Du cheptel donné au colon partiaire »).

De même, le 25° propose que les mots : « au métayage » soient substitués aux mots : « à colonat partiaire » dans l’article 1714 du même code qui prévoit qu’on peut louer ou par écrit ou verbalement, sauf, en ce qui concerne les biens ruraux, application des règles particulières aux baux à ferme et « à colonat partiaire ». Enfin, le 26° adapte de la même manière la rédaction de l’article 1827 du même code qui prévoit que si le cheptel périt en entier sans la faute du « colon », la perte est pour le bailleur.

Le 27° substitue la notion de « métayage » à l’expression « à métairie » dans l’article 1829 du même code qui précise que le cheptel donné au métayer finit avec le bail « à métairie ».

Le 28° propose de remplacer les mots : « est habile à » par le mot : « peut » dans l’article 1839 du même code qui prévoit que le ministère public « est habile à agir » en justice pour que soit ordonnée, sous astreinte, la régularisation de la constitution d’une société si les statuts ne contiennent pas toutes les énonciations exigées par la législation ou si une formalité prescrite par celle-ci a été omise ou irrégulièrement accomplie.

Le mot « commodat » a disparu du langage juridique au profit de l’expression : « prêt à usage ». En conséquence, le 29° simplifie la rédaction de l’article 1874 du même code qui définit deux espèces de prêts : la première espèce « s’appelle "prêt à usage", ou "commodat" » et la deuxième « s’appelle "prêt de consommation", ou simplement "prêt" ». Il est proposé de ne retenir que l’expression « prêt à usage » pour la première espèce de prêt. De même, le 30° vise à supprimer les mots « ou au commodat » à l’article 1875 du même code qui définit le prêt à usage comme un contrat par lequel l’une des parties livre une chose à l’autre pour s’en servir, à la charge par le preneur de la rendre après s’en être servie. Le 31° procède à la substitution de cette notion dans l’article 1879 du même code qui dispose que les engagements qui se forment par le « commodat » passent aux héritiers de celui qui prête, et aux héritiers de celui qui emprunte.

Le 32° modernise la rédaction de l’article 1894 du même code qui définit comme prêt à usage un prêt de choses qui, quoique de même espèce, « diffèrent dans l’individu », comme les animaux. Il est ainsi proposé de viser les choses qui « sont différentes ».

Le 33° propose de supprimer le qualificatif : « numérique » accolé au mot : « somme » dans l’article 1895 du même code qui précise que l’obligation qui résulte d’un prêt en argent n’est toujours que de la somme « numérique » énoncée au contrat.

Le 34° propose de supprimer la référence à la mort « civile » dans les articles 1939 et 2003 du même code, la « mort civile » ayant été abolie par la loi du 31 mai 1854.

Le 35° adapte la formulation de l’article 1953 du même code qui prévoit que les hôteliers sont responsables du vol ou du dommage des effets des clients, soit que le vol ait été commis ou que le dommage ait été causé par leurs « domestiques et préposés, ou par des étrangers » allant et venant dans l’hôtel, pour ne mentionner que les « préposés » ou les « tiers ».

Le 36° propose de supprimer dans l’article 1964 du même code l’expression « prêt à la grosse aventure » et la mention selon laquelle ce prêt et le contrat d’assurance « sont régis par les lois maritimes », ces dispositions étant tombées en désuétude.

Le 37° propose d’abroger l’article 1982 du même code qui prévoit que la rente viagère ne s’éteint pas par la « mort civile » du propriétaire, cette dernière notion ayant disparu de notre droit depuis 1854.

Le 38° substitue au mot : « antichrèse », qui n’est plus employé, l’expression de : « gage immobilier » dans l’article 2373 du même code, qui définit trois types de sûretés sur les immeubles : « les privilèges, l’antichrèse et les hypothèques ». En conséquence, le 39° propose de modifier l’intitulé du chapitre II du sous-titre III du titre II du livre IV du code civil. Le 41° propose également d’adapter la rédaction de l’article 2388 du même code qui prévoit que certaines dispositions relatives à l’hypothèque conventionnelle sont applicables « à l’antichrèse ».

Le 42°, introduit par un amendement de votre rapporteur, substitue aux mots : « créancier antichrésiste » les mots : « créancier titulaire d’un droit de gage immobilier » dans l’article 2392 du même code.

Le 43° procède à la même substitution dans l’article 2521 du même code qui dresse une liste de droits réels immobiliers, dont l’antichrèse.

Le II du présent article propose de remplacer, dans toutes les dispositions législatives en vigueur, les mots : « seing privé » sont par les mots : « signature privée », par coordination avec la disposition proposée au 1°.

Le III, introduit par un amendement de votre rapporteur, substitue, par coordination, les mots : « le gage immobilier » aux mots : « l’antichrèse » dans le troisième alinéa de l’article 38 de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.

Le IV du présent article prévoit enfin que les modifications apportées au code civil sont applicables dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie en tant que ces dispositions y sont applicables.

La Commission adopte deux amendements rédactionnels et un amendement de coordination du rapporteur et le présent article ainsi modifié.

Article 8

(art. 26, 26-1, 26-3 et 33-1 du code civil)


Modalités d’enregistrement des déclarations de nationalité française hors mariage

Conformément aux préconisations de la « commission Guinchard » (10) (proposition n° 43), le présent article tend à transférer aux greffiers en chef l’enregistrement des déclarations de nationalité française hors mariage. Il est issu d’un amendement de votre rapporteur. L’enregistrement des autres déclarations continuera à relever de la sous-direction de l’accès à la nationalité française du Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.

Actuellement, les greffiers en chef sont en charge de la constitution matérielle de l’ensemble des dossiers de déclaration. La décision d’accepter ou de refuser l’enregistrement des déclarations, à l’exception des déclarations souscrites à raison du mariage, est prise par le juge d’instance. Cette situation est d’autant moins cohérente que le greffier en chef du tribunal d’instance est seul compétent pour la délivrance des certificats de nationalité française. En 2006, 57 763 déclarations ont été souscrites dans les tribunaux d’instance dont 33 018 déclarations hors mariage. La centralisation entre les mains du greffier en chef de la souscription et de l’enregistrement de la déclaration permettra aux usagers d’avoir un interlocuteur unique et une prise de décision plus rapide. Enfin, le juge d’instance se recentrera sur son activité juridictionnelle et le greffier en chef dans les tribunaux d’instance verra sa compétence, en droit de la nationalité, renforcée.

*

* *

M. le rapporteur. Ce transfert, dont les acquisitions de nationalité a raison du mariage sont exclues, a été préconisé par la commission Guinchard. L’enregistrement des autres déclarations de nationalité continuera à relever de la sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire.

Le président Jean-Luc Warsmann. Il s’agit d’un allègement bienvenu pour de telles démarches.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 9

(art. 412 et 511 du code civil, art. L. 211-5, L. 213-3-1 [nouveau], L. 221-9 et L. 312-6-1 [nouveau] du code de l’organisation judiciaire, art. L. 473 et L. 476 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre)


Extension des attributions du juge des affaires familiales aux mesures de tutelle concernant les mineurs

Le présent article, conformément aux préconisations du rapport de la « commission Guinchard » tend à renforcer le bloc de compétences dévolu au juge aux affaires familiales en y ajoutant les mesures de tutelle concernant les mineurs aujourd’hui dévolues au tribunal d’instance. Il est issu d’un amendement de votre rapporteur.

Les actions liées à l’exercice de l’autorité parentale relèvent actuellement du juge aux affaires familiales tandis que l’administration légale des biens d’un enfant mineur et les mesures de tutelle le concernant relèvent du tribunal d’instance. Le lien étroit entre les intérêts patrimoniaux et la personne même de l’enfant mineur commande un regroupement de ces compétences au profit du juge aux affaires familiales qui, dans l’intérêt supérieur de l’enfant, disposera d’une vision globale de la situation du mineur.

Les dispositions du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre qui concernent la tutelle des pupilles de la nation sont coordonnées avec les nouvelles dispositions du code de l’organisation judiciaire applicables à la tutelle des mineurs.

Enfin, il convient de rendre la cour d’appel compétente pour connaître des recours contre les décisions du juge des tutelles et du conseil de famille qui étaient jusqu’à présent de la compétence du tribunal de grande instance.

En 2005, 46 711 demandes relatives à un régime de protection de mineur ont été recensées.

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M. le rapporteur. Cet amendement va dans le sens de la simplification et de la cohérence. En effet, le juge des affaires familiales est compétent pour les actions liées à l’exercice de l’autorité parentale, mais les mesures de tutelle concernant un enfant mineur relèvent du juge d’instance. Confier l’ensemble de ces compétences au juge des affaires familiales lui permettra de disposer d’une vision globale de la situation du mineur, y compris sur le plan patrimonial. Cela permettra également d’éviter la saisine de deux juridictions distinctes en cas de litige.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Après l’article 9 (après l’article 6 de la proposition)

La Commission rejette un amendement de M. Didier Julia tendant permettre la suppression par testament de la réserve héréditaire d’un enfant qui n’a pas assumé ses obligations alimentaires envers le testateur.

Article 10

(art. L. 421-1, L. 423-1, L. 423-2, L. 423-5, L. 423-6, L. 423-9, L. 423-11 et L. 423-18 du code de l’environnement)


Simplification des procédures de délivrance du permis de chasser et des autorisations de chasser accompagné

Le présent article est issu d’un amendement de votre rapporteur. Il vise à simplifier, à la fois pour les chasseurs et pour les services administratifs, les procédures en vigueur en matière de délivrance du permis de chasser et des autorisations de chasser accompagné prévues à l’article L. 423-2 du code de l’environnement.

Actuellement, les permis de chasser sont délivrés par les préfets (environ 20 000 par an et environ 2 500 duplicata). En amont, l’organisation matérielle de l’examen du permis de chasser se trouve confiée à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, établissement public à caractère administratif. Un tel dispositif oblige le candidat à l’examen à constituer deux dossiers distincts : le premier auprès de l’Office, pour l’inscription aux épreuves ; le second auprès de la préfecture, pour solliciter la délivrance du titre permanent à l’issue des épreuves.

La désignation d’un interlocuteur unique pour les citoyens répondra à la volonté de simplifier leurs démarches administratives et d’alléger les procédures d’obtention des documents précités. Il est donc proposé de transférer la compétence pour la délivrance du permis de chasser du préfet au directeur de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Ce transfert s’effectuera après un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la loi qui permettra : la mise en place des nouvelles procédures liées à la réorganisation interne de l’établissement public en prévision de ces nouvelles missions, le transfert de données depuis les préfectures, l’adaptation des systèmes informatiques et la mise en cohérence avec d’autres procédures (telles que le retrait du permis ou la mise en place du fichier national.)

Il est également proposé d’étendre ce transfert de compétence aux autorisations annuelles de chasser accompagné (3 500 par an environ), aujourd’hui délivrées par les préfets.

Afin de permettre à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage de disposer d’un délai suffisant pour communiquer au chasseur le titre permanent du permis de chasser, et également pour éviter de pénaliser le lauréat à l’examen du permis de chasser, le présent article prévoit que le délai maximal durant lequel le bénéficiaire peut pratiquer la chasse dans l’attente de la réception de ce titre permanent est fixé par voie réglementaire.

Enfin, le présent article prévoit que les candidats à l’examen rédigent une déclaration sur l’honneur attestant qu’ils ne sont pas privés du droit de détention ou de port d’armes par mesure préfectorale ou par suite d’une condamnation. Ces deux conditions reposent sur une justification d’ordre sécuritaire : lors du déroulement des épreuves pratiques de l’examen du permis de chasser, les candidats se voient confier une arme et des munitions, alors même que leurs antécédents judiciaires éventuels sont inconnus des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage appelés à organiser les épreuves. Dans des cas certes exceptionnels, le port d’une arme par un candidat (pénalement interdit de port d’arme) s’est avéré une menace grave pour les agents et pour les autres candidats. La mesure législative proposée tend à permettre d’éviter le renouvellement de ce type de situation.

Le présent amendement devrait permettre d’économiser 50 000 heures de démarches et 12 à 15 équivalents temps plein pour l’administration.

La Commission adopte cet amendement portant article additionnel.

Le président Jean-Luc Warsmann : Je me félicite d’une telle simplification s’agissant d’une procédure qui concerne chaque année environ 20 000 permis et 2 500 duplicata.

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Article 11

(art.  L. 211-13 [nouveau], L. 532-2, L. 552-2 et L. 562-2 du code de l’organisation judiciaire)


Désignation d’un tribunal de grande instance spécialisé pour l’adoption internationale dans le ressort de chaque cour d’appel

Le présent article est issu d’un amendement de votre rapporteur. Il propose de désigner, dans le ressort de chaque cour d’appel, un tribunal de grande instance spécialisé pour toutes les actions relatives à l’adoption internationale. Elle correspond à l’une des préconisations formulées par la « commission Guinchard » sur la répartition des contentieux.

Le dispositif actuel de l’adoption internationale est essentiellement articulé autour de la compétence du procureur de la République de Nantes et du tribunal de grande instance du domicile des adoptants. Le procureur de la République de Nantes dispose d’une compétence exclusive, pour ordonner la transcription directe des jugements étrangers d’adoption plénière, sur les registres du service central de l’état civil du ministère des affaires étrangères. À ce titre, il est saisi, chaque année, d’environ 2 300 des 4 000 jugements prononcés à l’étranger.

Le tribunal de grande instance du domicile des candidats à l’adoption est compétent pour prononcer l’adoption simple ou plénière de tout mineur, qu’il soit étranger ou français. Il peut également prononcer l’adoption simple d’un majeur étranger ou reconnaître les effets d’une décision étrangère d’adoption.

On observe ces dernières années que les adoptants, pourvus de décisions d’adoption obtenues dans des pays non parties à la convention de La Haye de 1993 sur l’adoption internationale, ont tendance à faire abstraction de la décision étrangère, en saisissant directement le tribunal de grande instance de leur domicile d’une nouvelle requête en adoption.

Le présent amendement tend à regrouper le traitement des dossiers au sein de certaines juridictions, pour les raisons suivantes :

— le nombre et la complexité des législations étrangères applicables, qui impliquent de pratiquer régulièrement la matière afin d’en avoir la maîtrise, mais aussi de disposer d’un fonds documentaire suffisant pour puiser les informations nécessaires ;

— la technicité de cette matière, notamment en matière d’adoption internationale (règles de conflits de lois, conditions de reconnaissance d’un jugement étranger en France) ;

— les fraudes parfois constatées, qui justifient un contrôle accru des parquets locaux sur le contenu et la validité des pièces produites par les adoptants ;

— la nécessité d’éviter les divergences de jurisprudence, s’agissant en particulier de l’interprétation des législations étrangères relatives à l’adoption.

Le regroupement de cette activité au sein d’un tribunal par cour d’appel permettra une rationalisation des moyens par la spécialisation accrue des magistrats chargés de ces procédures, qui aboutira in fine à une plus grande efficacité dans le traitement des dossiers et à l’amélioration de la qualité des décisions rendues, au bénéfice du justiciable.

Le dispositif statistique du ministère de la Justice ne permettant pas le recueil de données spécifiques sur l’adoption internationale, les chiffres doivent être déduits du nombre de visas délivrés par le ministère des Affaires étrangères en matière d’adoption internationale. 3 162 visas ayant été délivrés en 2007 et 1 725 dossiers ayant été déposés au parquet de Nantes en vue d’une transcription du jugement étranger d’adoption, on peut en conclure qu’environ 1 437 dossiers d’adoption internationale ont été traités par les tribunaux de grande instance en 2007.

Le nombre total des dossiers d’adoption dont ont été saisis les tribunaux de grande instance en 2007 atteint 11 400. Mais ce chiffre recouvre l’ensemble des dossiers et notamment les demandes d’adoption simple d’un enfant de son conjoint ou bien encore d’adoption simple de majeurs. Au regard de ce chiffre, l’adoption internationale apparaît donc une activité très marginale des tribunaux de grande instance.

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M. le rapporteur. Le droit de l’adoption internationale est une matière complexe, qui ne concerne qu’un petit nombre d’affaires par rapport à l’activité globale des tribunaux de grande instance. De ce fait, les magistrats concernés éprouvent parfois des difficultés pour se prononcer. La qualité de leurs décisions pourrait être améliorée s’ils étaient spécialisés.

M. Dominique Raimbourg. Il est difficile d’apprécier la portée de cet amendement, que les commissaires découvrent aujourd’hui, comme l’amendement étendant les compétences du juge des affaires familiales. Cette méthode de travail n’est pas satisfaisante.

Le président Jean-Luc Warsmann. Il conviendra effectivement de veiller, lorsque l’Assemblée nationale examinera la réforme de son Règlement, à permettre aux députés de prendre connaissance en temps utiles de l’ensemble des amendements déposés sur un projet de loi. Mais d’ores et déjà, la plupart des amendements ont été adressés aux commissions à la fin de la semaine dernière.

M. Serge Blisko. L’examen précipité de cet amendement risque de conduire à des erreurs, mais la démarche visant à confier les affaires d’adoption internationale à des magistrats spécialisés va dans le bon sens. Le dernier paragraphe de l’exposé des motifs de cet amendement devrait être revu, car il indique que les tribunaux de grande instance ont été saisis de 11 400 dossiers d’adoption en 2007, ce qui semble bien inférieur à la réalité.

M. le rapporteur. Ce chiffre nous a été communiqué par le ministère de la Justice, auprès duquel il sera vérifié.

M. Yves Nicolin. Je partage le sentiment de notre collègue Serge Blisko quant à la véracité du chiffre indiqué s’agissant du nombre de dossiers d’adoption. En effet, les dossiers ne doivent être adressés au tribunal de grande instance du domicile du requérant que lorsque l’adoption internationale concerne un pays qu’un n’a pas ratifié la convention de La Haye.

La Commission adopte cet amendement portant article additionnel.

Article 12

(art. L. 79, L. 80 et L. 104-1 du code des pensions militaires d’invalidité
et des victimes de la guerre)


Regroupement des tribunaux des pensions

Le présent article est issu d’un amendement de votre rapporteur. Il vise, en supprimant le caractère obligatoirement départemental du tribunal des pensions, à renforcer, par la spécialisation, la compétence de ces juridictions et d’améliorer l’homogénéité des décisions rendues dans un contentieux technique tout en maintenant le justiciable à une distance raisonnable de la juridiction.

Les juridictions des pensions militaires, qui jugent les contestations en matière de régime général des pensions militaires d’invalidité, de régimes rattachés et de régimes spéciaux, comptent actuellement 96 tribunaux départementaux des pensions militaires en métropole et 4 outre-mer. Parmi ces tribunaux, certains comportent des sections (16 au total).

Selon le ministère de la Défense, 1 780 décisions ont été rendues en 2006 par ces tribunaux, 767 par les cours régionales des pensions et 250 par le Conseil d’État. D’importantes disparités sont constatées entre les juridictions. Le nombre d’affaires par audience a varié en 2007 d’une affaire dans les départements du Lot ou les Alpes-de-Haute-Provence à 15 affaires dans le département du Bas-Rhin. Le nombre d’affaires par audience a également varié en 2006 de une à 56 (à Paris) avec une moyenne de 4 dossiers par audience.

La Commission adopte cet amendement portant article additionnel.

Article 13
(article 7 de la proposition)


(art. 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; art. 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986)


Suppression de la saisine obligatoire des commissions de réforme dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière

Le présent article simplifie les démarches des agents des fonctions publiques territoriale et hospitalière qui sont victimes d’une maladie ou d’un accident professionnel, en supprimant la saisine automatique des commissions de réforme dans les cas où l’administration n’en conteste pas l’imputabilité au service.

Le recours aux commissions de réforme est prévu à l’article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires à la fonction publique territoriale et à l’article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière. Ces deux articles disposent que sa consultation est obligatoire dans tous les cas où un fonctionnaire juge que l’accident ou la maladie dont il est victime prend son origine dans l’exercice ou à l’occasion de ses fonctions et qu’il s’agit donc d’un accident ou d’une maladie professionnelle. Le rôle de la commission de réforme, tel que prévu à ces articles, est d’apprécier l’imputabilité au service de cette maladie ou de cet accident.

Les commissions de réforme relèvent des Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) et sont composées de médecins agréés, de représentants de l’administration et d’agents. Or, celles-ci pâtissent actuellement d’un encombrement croissant, qui a été dénoncé par la Cour des Comptes dans son rapport public annuel de 2006. Celui-ci en diagnostiquait la cause : « L’engorgement croissant, préjudiciable à la qualité de l’examen, est essentiellement dû à l’obligation d’examiner tout accident du travail et maladie professionnelle ayant entraîné un arrêt de plus de 24 heures dans la fonction publique hospitalière, et de plus de 15 jours dans les autres fonctions publiques » (11). Selon la Cour, le temps moyen d’examen des 130 000 dossiers annuels est actuellement d’une minute environ et les commissions de réforme mobilisent un nombre important d’agents des DDASS. Par ailleurs, cet engorgement des commissions de réforme est préjudiciable à l’étude satisfaisante des dossiers qui posent réellement problème.

Le présent article entend donc limiter les saisines des commissions de réforme, qui sont actuellement obligatoires, aux seuls cas où l’administration conteste l’imputabilité de la maladie ou de l’accident au service, ce qui n’est le cas que dans 10 % des dossiers.

Les gains attendus sont importants. D’une part, les usagers auront moins de démarches à effectuer (puisqu’ils n’auront plus à constituer de dossier pour les commissions de réforme), d’autre part, les administrations pourront redéployer leurs moyens vers d’autres tâches (on évalue à environ 150 le nombre d’agents nécessaires pour le fonctionnement des commissions). Enfin, le traitement des dossiers sera plus rapide, ainsi que le versement des indemnisations.

La Commission adopte cet article sans modification.

(article 8 de la proposition)

(art. L. 454-1 du code de sécurité sociale ; art. 5 de l’ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959)


Extension aux victimes d’accidents du travail et aux agents publics d’une forme plus favorable de recours subrogatoire

La Commission adopte un amendement de suppression de l’article 8 du texte initial de la proposition de loi, présenté par le rapporteur, lequel expose que la modification proposée par cet article ne pourra intervenir que lorsque, pour la détermination des prestations, les règles d’imputation aux préjudices personnels auront été clarifiées.

(article 9 de la proposition)

(art. L. 115-2 du code de la sécurité sociale)


Autorisation de transmission d’informations entre organismes de sécurité sociale et diverses personnes publiques en vue de l’attribution de tarifs sociaux

La Commission adopte un amendement de suppression de l’article 9 du texte initial de la proposition de loi, présenté par le rapporteur, la mesure proposée faisant déjà l’objet d’un amendement (12) au projet de loi généralisant le revenu de solidarité active et réformant les politiques d’insertion (n° 1100).

Article 14
(article 10 de la proposition)


(art. L. 252 C [nouveau] du livre de procédures fiscales)


Simplification des mesures de recouvrement des impositions

Le présent article propose de simplifier, pour les contribuables, les procédures de recouvrement des impositions, en donnant aux comptables publics la possibilité de compenser les dettes des redevables avec les créances que ceux-ci détiennent par ailleurs sur l’État.

L’article L. 252 du livre des procédures fiscales prévoit que le recouvrement des impôts est confié aux comptables publics compétents par arrêté du ministre chargé du budget.

L’article L. 252 A du même livre définit ce que sont les « titres exécutoires » permettant aux comptables publics de recouvrer les impositions. Il s’agit des arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l’État, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d’un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu’ils sont habilités à recevoir.

L’article L. 252 B du même livre encadre, en outre, les possibilités offertes aux comptables publics pour procéder à des saisies conservatoires à l’encontre de contribuables.

Les comptables publics sont liés par les titres exécutoires au titre desquels ils procèdent au recouvrement. La modification proposée par le présent article vise à permettre d’éviter que des contribuables ne se voient contraints de régler une somme due alors même qu’ils sont titulaires, à un autre titre, d’une créance d’un montant équivalent ou supérieur. Elle permettra aussi de simplifier et d’améliorer les conditions de l’action en recouvrement exercée par les comptables publics.

Cette disposition peut valablement faire l’objet d’une initiative parlementaire, puisque l’article 40 de la Constitution permet la compensation d’une perte de recettes pour une collectivité publique par une autre recette. Dans le cas présent, la perte de recettes pour cette collectivité sera – au moins – compensée par une recette équivalente.

La Commission adopte cet article sans modification.

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Chapitre II

Mesures de simplification en faveur des entreprises et des professionnels

Le chapitre II comprend quatorze articles dont l’objectif commun est de simplifier diverses dispositions et formalités applicables aux entreprises et aux professionnels et de réduire ou d’alléger la charge administrative qui pèse sur eux.

Article 15
(article 11 de la proposition)


(art. L. 3243-2 et L. 3243-4 du code du travail)


Possibilité de dématérialiser les bulletins de paie

Le présent article vise à permettre aux entreprises d’émettre des bulletins de paie dématérialisés en lieu et place des bulletins sur papier.

L’article L. 3243-2 du code du travail précise que, lors du paiement du salaire, l’employeur remet à ses salariés une pièce justificative dite « bulletin de paie ». L’employeur ne peut exiger aucune formalité de signature ou d’émargement autre que celle établissant que la somme reçue correspond bien au montant net figurant sur ce bulletin. L’article L. 3243-1 du même code prévoit d’ailleurs que cette disposition est d’application générale puisqu’il souligne que ces dispositions s’appliquent à toutes les personnes salariées ou travaillant à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit pour un ou plusieurs employeurs et quels que soient le montant et la nature de leurs rémunérations, la forme, ou la validité de leur contrat.

Par ailleurs, l’article L. 3243-4 du code du travail prévoit que l’employeur conserve une copie des bulletins de paie de ses salariés pendant une durée de cinq ans.

L’édition et l’envoi d’un bulletin de paie par les entreprises du secteur privé concernent 17,6 millions de documents chaque mois, soit plus de 200 millions de documents par an. Le coût de fabrication moyen d’un bulletin a été évalué entre 15 euros et 20 euros par le Conseil de la concurrence. Il a également chiffré à 0,70 euro les frais d’édition et la mise sous pli - hors timbrage – d’un bulletin de paie. La procédure de confection et d’envoi du bulletin de paie à chaque salarié constitue donc une charge non négligeable pour les entreprises.

Le présent article propose d’alléger le coût de cette procédure en permettant l’envoi par voie électronique du bulletin de paie. Une telle mesure s’inscrit parfaitement dans la logique du développement de la société de l’information. La nouvelle rédaction proposée pour l’article L. 3243-2 du code du travail apporte toutes les garanties nécessaires aux salariés. En effet, l’édition d’un bulletin de paie sous forme électronique ne pourra se faire qu’avec l’accord du salarié concerné.

Les mesures réglementaires qui accompagneront ces dispositions devraient apporter des garanties supplémentaires : outre le fait que l’usage d’une version électronique permet de rendre disponible immédiatement l’information, le format des fichiers qui sera utilisé devra être non modifiable afin de garantir l’intangibilité des données y figurant. Ce principe figurant dans le dispositif proposé, le législateur garantit donc la sécurité de données particulièrement importantes pour les salariés.

D’autre part, le présent article prévoit que l’archivage pendant cinq ans des bulletins de paie, prévu à l’article L. 3243-4 du code du travail, s’appliquera également aux bulletins sous forme électronique. Le caractère particulièrement commode de cette forme d’archivage permet de penser que les entreprises pourront, si elles le souhaitent, conserver ces bulletins de paie au-delà de l’obligation légale. La sécurité de la conservation de ces documents devra être assurée par l’entreprise. La dématérialisation des bulletins de paie devrait donc accompagner la mise en place d’un « coffre-fort électronique ».

Le dispositif proposé par le présent article, grâce à son caractère facultatif, permet aux entreprises de faire coexister, dans un premier temps, l’édition classique du bulletin de paie sur papier et sa dématérialisation. Il devrait permettre à l’ensemble des entreprises de réaliser chaque année une économie qui peut être évaluée à environ 145 millions d’euros.

Placé dans le code du travail, le dispositif proposé ne s’appliquera pas aux trois fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière. Pourtant, votre rapporteur observe que des mesures réglementaires pourraient aussi permettre la dématérialisation des bulletins de traitement des fonctionnaires et des agents publics. Une telle mesure devrait également permettre aux administrations publiques de réaliser des économies substantielles.

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La Commission est saisie d’un amendement de suppression de l’article présenté par M. Dominique Raimbourg.

M. le rapporteur. Je suis défavorable à cet amendement. En effet, la mise en œuvre de cette disposition exigera l’accord préalable du salarié. De plus, le support papier n’a pas que des avantages. À l’inverse, le futur dispositif sera fondé sur un système de sécurisation des données qui permettra un accès bien plus aisé à ces dernières.

M. Jean-Michel Clément. Je souhaiterais avoir des précisions sur le futur coffre-fort électronique. Qui n’a pas perdu des données un jour, notamment lors du passage d’un système informatique à un autre ? Je me méfie de la fiabilité de la seule mémoire électronique à l’échelle de toute une carrière.

M. Bertrand Pancher. J’ai également un petit doute sur cette question car il y a de perpétuelles évolutions des supports informatiques, des moyens de lecture… En outre, cette réforme supposerait que chaque salarié dispose d’une imprimante personnelle à domicile.

M. Serge Blisko. Avant de prendre une telle mesure, une concertation préalable avec les partenaires sociaux semble indispensable. Sur un plan plus pratique, en prenant mon exemple personnel d’employeur de salarié à domicile, je me vois mal appliquer ces dispositions : je ne dispose pas de capacités de stockage informatique des données ; quant à mon employée de maison, je doute qu’elle puisse également conserver ces données si elle ne dispose pas d’un bulletin de paye « papier ».

M. Yves Nicolin. C’est vrai que l’on peut avoir des doutes sur cette question. Cependant, il s’agit d’une simple possibilité, qui nécessitera l’accord du salarié. Il s’agit d’une souplesse utile qu’il faut favoriser.

M. Bertrand Pancher. L’accord préalable du salarié m’avait échappé. Dans ces conditions, je retire mes objections.

M. le rapporteur. Les incertitudes techniques relatives au fonctionnement du coffre-fort électronique sont réelles, mais elles relèvent du pouvoir réglementaire. Il nous faudra donc être vigilant sur la rédaction et la mise en œuvre du décret.

La commission rejette cet amendement.

Après avoir adopté un amendement rédactionnel du rapporteur, la Commission adopte le présent article ainsi modifié.

Article 16

(art. L. 30 du code des pensions civiles et militaires de retraite)


Insaisissabilité de la majoration spéciale pour tierce personne

Le présent article est issu d’un amendement du Président Jean-Luc Warsmann. Il s’inspire d’une suggestion formulée par le Médiateur de la République. Il a pour objet de rendre insaisissable la majoration spéciale pour tierce personne prévue à l’article L. 30 du code général des pensions civiles et militaires de retraite, alignant ainsi son régime sur celui de la majoration pour aide constante d’une tierce personne accordée aux salariés du régime général (art. L. 341-4 et L. 355-1 du code de la sécurité sociale).

La majoration pour tierce personne est accordée aux personnes invalides qui sont à la fois dans l’incapacité de travailler et dans l’obligation d’avoir recours d’une manière constante à l’assistance d’une tierce personne pour accomplir les actes ordinaires de la vie.

Pour les personnes relevant du régime général, la Cour de cassation considère de longue date, et en l’absence de précisions dans le code de la sécurité sociale, que cette majoration est insaisissable, sauf pour le paiement des frais d’entretien du bénéficiaire. En effet, la haute juridiction estime que cette majoration n’est pas l’accessoire de la pension d’invalidité – qui, elle, est saisissable – dans la mesure où elle n’a pas pour objet de compenser la perte d’un salaire mais de faire face à une dépense supplémentaire (13).

En revanche, pour les personnes relevant du régime des fonctionnaires, cette majoration est considérée comme saisissable par les services du Trésor, en l’absence de texte contraire.

Le caractère saisissable de la majoration spéciale pour tierce personne constitue une anomalie caractérisée dans la mesure où elle n’est versée qu’à des personnes lourdement handicapées, pour les aider à effectuer les actes élémentaires de la vie. Il y a donc lieu de corriger ce qui résulte d’un vice de rédaction.

Suivant l’avis favorable du rapporteur, la Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 17

(art. 15 de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991)


Déclenchement d’office du solde bancaire insaisissable

Le présent article est issu d’un amendement du Président Jean-Luc Warsmann. Il s’inspire d’une suggestion formulée par le Médiateur de la République. Il prévoit le déclenchement d’office du solde bancaire insaisissable applicable en cas de la saisie d’un compte bancaire. Actuellement, ce solde n’est applicable que sur une demande préalable que le titulaire du compte doit adresser à sa banque au moyen d’un formulaire normalisé.

Plus de cinq ans après son entrée en vigueur, les associations de consommateurs alertent les pouvoirs publics sur le faible recours à ce dispositif par les personnes en situation de précarité sociale à l’intention desquelles il a pourtant été créé. Une étude du centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) évoque ainsi un taux de demandes déposées variant de 2 % à 15 % des saisies sur compte, selon les établissements et les types de saisies bancaires. Cette sous-utilisation tient à la méconnaissance du dispositif et à l’absence d’automaticité dans le déclenchement de la mesure, notamment en raison de freins culturels qui limitent fortement chez ces populations les démarches visant à faire valoir ses droits.

Actuellement, l’information sur le solde bancaire insaisissable est dispensée par l’huissier qui doit adjoindre le formulaire de demande à l’acte de dénonciation de la saisie. Les obstacles de langue, de lecture et de bonne compréhension d’un acte administratif sont évoqués comme facteurs de non recours. Les banques, quant à elles, n’ont pas d’obligation légale d’information sur le solde bancaire insaisissable, hormis le fait qu’elles doivent de tenir à disposition de leurs clients ce formulaire.

C’est la raison pour laquelle il est proposé de simplifier le dispositif en inversant la formalité actuellement exigée et en appliquant désormais d’office le solde bancaire insaisissable. La prolongation de l’application du solde bancaire insaisissable au-delà d’un délai de quinze jours est subordonnée à une demande a posteriori du titulaire du compte, afin de veiller à ce que, en cas de pluralité de comptes, la mesure ne soit applicable que pour un seul.

Le montant du solde bancaire insaisissable demeure inchangé : il est égal au montant mensuel du revenu minimum d’insertion pour un allocataire seul et sous réserve que le compte bancaire soit bien créditeur à cette hauteur.

Suivant l’avis favorable du rapporteur, la Commission adopte cet amendement portant article additionnel.

Article 18
(article 12 de la proposition)


(art. 22-1 de la loi n° 2003-8 du 3 janvier 2003)


Création d’un guichet unique pour l’accès aux informations sur les réseaux d’énergie

Le présent article propose de créer un guichet unique pour permettre aux maîtres d’ouvrages d’accéder simplement et rapidement aux informations dont ils ont besoin sur les réseaux de distribution d’énergie.

Des centaines de milliers de kilomètres de réseaux de toutes natures traversent le territoire national. Ils remplissent des fonctions très variées, essentielles pour les citoyens dans leur vie quotidienne et pour l’économie nationale : le transport et la distribution de gaz et d’électricité, le chauffage urbain, les télécommunications et autres liaisons multimédias (notamment les réseaux de fibre optique), l’éclairage public, la signalisation routière (feux tricolores), la distribution d’eau potable, l’assainissement, les transports publics guidés, le transport de produits industriels, etc. Ces réseaux occupent en partie le domaine foncier des collectivités publiques, en partie celui des propriétaires privés. Ils sont parfois aériens, parfois enterrés.

La réalisation de travaux à proximité de ces infrastructures nécessite un encadrement législatif et réglementaire afin d’éviter autant que possible l’endommagement accidentel des ouvrages, susceptible d’entraîner des conséquences lourdes :

—  un arrêt plus ou moins long du fonctionnement des réseaux concernés, qui peut engendrer une gêne pour les usagers et des coûts économiques importants,

—  des accidents du travail touchant le personnel des entreprises effectuant les travaux,

—  des accidents plus graves encore, liés aux caractéristiques propres de certains ouvrages (canalisations de transport ou de distribution de matières dangereuses, lignes électriques), susceptibles d’atteindre les personnes et les biens présents à proximité. L’accident survenu cours Lafayette à Lyon le 28 février 2008 rappelle d’ailleurs la dangerosité de ce type de travaux sur les conduites de gaz naturel (14).

L’article 22-1 de la loi n° 2003-8 du 3 janvier 2003, issu de l’article 88 de la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005, précise que les distributeurs de gaz naturel ou de tout autre gaz combustible utilisant des réseaux publics de distribution et les transporteurs de gaz naturel « informent les communes (15) sur le territoire desquelles sont situés les réseaux qu’ils exploitent (…) du tracé et des caractéristiques physiques des infrastructures qu’ils exploitent ». Ce même texte ajoute qu’ils doivent maintenir à jour les cartes de ces réseaux.

L’article 3 du décret n° 91-1147 du 14 octobre 1991 relatif à l’exécution de travaux à proximité de certains ouvrages souterrains, aériens ou subaquatiques de transport ou de distribution prévoit que les exploitants des ouvrages doivent communiquer aux mairies et tenir à jour, sous leur seule responsabilité, les adresses auxquelles doivent être envoyées les demandes de renseignements et les déclarations d’intention de commencement de travaux sur canalisations de gaz. Un plan établi et mis à jour par chaque exploitant concerné est déposé en mairie et tenu à la disposition du public.

De même, l’article 3 de l’arrêté interministériel du 16 novembre 1994, pris en application du décret précité, impose à chaque exploitant d’établir, de déposer en mairie et de mettre à jour sous sa responsabilité, pour chaque commune concernée, un plan du territoire communal faisant apparaître la zone d’implantation de son ou de ses ouvrages. Ce plan, appelé « plan de zonage des ouvrages », doit comporter la date de son édition ou de sa dernière mise à jour. Lorsqu’un ouvrage est créé ou modifié et que le plan de zonage doit être rectifié en conséquence, l’exploitant doit transmettre à la mairie son nouveau plan mis à jour avant le début d’exécution des travaux correspondants.

L’article 5 du même arrêté du 16 novembre 1994 précise que la mairie tient à la disposition du public les plans de zonage des ouvrages transmis ou déposés par les exploitants. D’ailleurs, le maire de chaque commune concernée doit accuser réception des renseignements et documents adressés ou déposés par les exploitants.

Les dispositions applicables aux travaux sur les canalisations de gaz sont aujourd’hui nombreuses. Il apparaît aujourd’hui nécessaire de simplifier et fiabiliser le dispositif en vigueur qui n’apporte pas toutes les garanties nécessaires et engendre des lourdeurs administratives importantes. En particulier, les maîtres d’ouvrages prévoyant d’effectuer des travaux – et les entreprises auxquelles ils font appel pour les réaliser – ont souvent des difficultés à accéder à l’information qui leur est nécessaire pour se mettre en relation avec les exploitants de réseaux. Ils doivent se déplacer en mairie pour avoir cette information (généralement non disponible de façon détaillée sur internet) et la forme sous laquelle cette information leur est délivrée ne permet pas toujours d’effectuer la démarche de demande de renseignements ou de déclaration d’intention de commencement de travaux dans les meilleures conditions. En effet, les listes des exploitants de réseaux ou les plans de zonage des réseaux ne sont pas à jour, sont imprécis, ou bien comportent des erreurs de coordonnées des exploitants. En outre, une forte hétérogénéité des modalités d’accès à l’information d’une mairie à l’autre est constatée.

Pour pallier ces inconvénients, il est nécessaire de mettre en place un « guichet unique » qui offrira à ses utilisateurs l’exhaustivité et la fiabilité des informations relatives à l’ensemble des exploitants et à l’implantation de leurs réseaux, ainsi que leur mise à jour permanente. En outre, il facilitera grandement, en qualité et en délai, l’accès à l’information grâce à la nouvelle approche centralisée et aux outils numériques dont il pourra être doté, permettant une consultation à distance. De tels guichets uniques ont été créés dans de nombreux pays tels que les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou encore la Belgique.

La mise en œuvre de cette mesure prendra essentiellement la forme de modifications réglementaires, portant sur les textes précités. Cependant, une modification de nature législative est nécessaire, afin de préciser, dans l’article 22-1 de la loi du 3 janvier 2003 précitée, afin de préciser les obligations des exploitants de réseaux de gaz à l’égard des communes ou de leurs groupements. Le présent article vise à modifier les conditions dans lesquelles les distributeurs d’énergie informent les collectivités territoriales sur le tracé et les caractéristiques des infrastructures situées sur leur territoire en précisant qu’elles devront fournir ces informations à un organisme habilité, dans des conditions définies par décret en Conseil d’État.

Cet organisme centralisera l’ensemble des informations sur les réseaux de distribution d’énergie et sera à même de fournir, rapidement et efficacement, toutes les informations nécessaires aux collectivités territoriales et aux maîtres d’ouvrages. Cette mesure aura le double intérêt d’être source d’économies de temps considérables pour les entreprises réalisant des travaux et de garantir une sécurité accrue lors des interventions à proximité des réseaux de distribution d’énergie.

Le texte proposé précise également que ce « guichet unique » tiendra gratuitement les informations à la disposition des communes, des établissements de coopération intercommunale et des syndicats mixtes (qui ne sont pas des EPCI).

Le dispositif proposé ne remet pas en cause le principe d’une information directe des communes, comme c’est le cas actuellement. Cependant, d’après les informations recueillies par votre rapporteur, il est envisagé que les collectivités qui le souhaitent puissent signer une convention avec l’organisme nouvellement créé afin de lui déléguer la mission de mise à disposition des informations relatives aux réseaux implantés sur leur territoire. Une telle disposition dispensera alors les exploitants de réseaux de gaz, pour la partie de leurs réseaux implantés sur ces communes, de l’obligation fixée par l’actuel article 22-1 de la loi du 3 janvier 2003 précitée.

Les maîtres d’ouvrages et les entreprises prévoyant des travaux continueront quant à eux d’être soumis aux obligations préalables à l’engagement des travaux, une demande de renseignements pour les premiers, une déclaration d’intention de commencement de travaux pour les seconds. Ils pourront à cet effet continuer de s’appuyer sur les informations mises à disposition par les mairies (pour celles n’ayant pas signé une convention), ou utiliser directement les services qui seront offerts par l’organisme habilité.

Ce nouveau dispositif est particulièrement attendu par les trois catégories d’acteurs concernés : les collectivités territoriales, les maîtres d’ouvrages et entreprises de travaux, et enfin les exploitants de réseaux.

Beaucoup de communes, notamment les plus petites d’entre elles, n’ont pas la structure ni les moyens pour assurer dans de bonnes conditions la collecte et la mise en forme des informations fournies par les exploitants de réseaux, puis la mise à disposition de ces informations au profit des maîtres d’ouvrages et des entreprises de travaux. Surtout, elles rencontrent des difficultés pour tenir à jour ces informations, qui sont sujettes à modifications (multiplication des opérateurs ou modifications de leurs coordonnées, très fréquentes notamment dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications, ou encore modifications des plans de zonage des réseaux, lors de toute extension ou déviation).

Le nouveau dispositif est de nature à alléger significativement leur charge administrative dès lors qu’elles n’auront plus à répondre aux sollicitations des maîtres d’ouvrages et des entreprises, non seulement qu’ils souhaitent avoir accès à la liste des exploitants présents dans leur commune, mais aussi s’ils souhaitent consulter les plans de zonage des réseaux. Sur ce dernier point, la réforme prévue aura également l’avantage d’éviter les confusions qui se produisent parfois entre les plans de zonage applicables aux demandes de renseignements (DR) et aux déclarations d’intention de commencement de travaux (DICT) et les zonages de risques ou les servitudes applicables à la maîtrise de l’urbanisation.

La modification proposée permettra en outre, pour les communes qui auront signé une convention avec l’organisme habilité, en même temps que le transfert à cet organisme du service apporté aux maîtres d’ouvrages et aux entreprises de travaux, un transfert de la responsabilité correspondante en cas de contentieux.

La création d’un « guichet unique » apportera toutes les garanties d’exhaustivité et de fiabilité aux maîtres d’ouvrage et aux entreprises. Il est vrai qu’ils peuvent, à défaut de se rendre à la mairie, accéder à certaines informations par internet. Cependant, aucun des prestataires fournissant ces données sur Internet n’est aujourd’hui en mesure de garantir l’exhaustivité des exploitants de réseaux. De même, quelques communes (16) ont mis en ligne sur leur site Internet la liste des exploitants de réseaux présents sur leur commune. En revanche, on ne peut pas trouver sur ces sites Internet les plans de zonage des réseaux.

Pour les entreprises concernées, la simplification des démarches devrait réduire le nombre de leurs démarches de 68 %, ce qui devrait leur faire économiser environ 237 millions d’euros. Cette économie ne pourra toutefois qu’être observée qu’à partir du moment où le guichet unique sera pleinement opérationnel, soit environ trois ans après l’adoption de la présente proposition de loi.

Après avoir adopté un amendement de précision du rapporteur, la Commission adopte cet article ainsi modifié.

(article 13 de la proposition)

(art. L. 133-6-2, L. 213-1 et L. 642-5 du code de la sécurité sociale)


Suppression de la déclaration commune de revenus

La Commission adopte un amendement de suppression de l’article 13 du texte initial de la proposition de loi, présenté par le rapporteur, ces dispositions ayant été reprises à l’article 1er de la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie.

Article 19
(article 14 de la proposition)


(art. L. 98 B du livre des procédures fiscales ; art. L. 723-43, L. 722-6, L. 722-7 et L. 731-29 du code rural)


Simplification de certaines déclarations de salaire pour les employeurs agricoles et pour ceux du spectacle vivant ainsi que des procédures de versement d’aides aux exploitants agricoles et suppression des comités départementaux des prestations sociales agricoles

Le présent article tend à simplifier les formalités fiscales des employeurs dans les domaines agricoles et du spectacle vivant et à faciliter la collecte d’informations pour le versement d’aides aux agriculteurs.

Le I vise à autoriser la communication à l’administration fiscale d’informations recueillies par la caisse centrale de la mutualité sociale agricole (MSA) et par l’union interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (UNEDIC).

Ces deux organismes recueillent des données salariales grâce à des supports simplifiés. Les caisses de la MSA délivrent les titres emploi simplifié agricole (TESA) prévus à l’article L. 712-1 du code rural pour les employeurs agricoles désirant recruter de la main-d’œuvre pour une durée déterminée. L’UNEDIC recueille, par l’intermédiaire du guichet unique du spectacle occasionnel (GUSO), mentionné à l’article L. 7122-23 du code du travail, les déclarations obligatoires liées à l’embauche et à l’emploi en contrat de travail à durée déterminée, pour les professions du spectacle. Ces déclarations sont effectuées au moyen d’une déclaration unique simplifiée, prévue à l’article R. 7122-29 du même code.

Le présent article vise à délier ces employeurs agricoles et du spectacle vivant de l’obligation de déposer une déclaration de salaire pour leurs employés. Il remplace en effet l’article L. 98 B du livre des procédures fiscales par trois alinéas obligeant la caisse centrale de la MSA, d’une part, et l’UNEDIC, d’autre part, à transmettre aux services fiscaux, respectivement les TESA et les déclarations faites dans le cadre du GUSO. Cette communication peut être faite par voie électronique.

Les avantages attendus de cette réforme sont nombreux :

—  l’employeur n’aura plus à remplir l’imprimé correspondant à la déclaration de salaire. Concernant le TESA, ce sont ainsi 150 000 déclarations qui seront supprimées, soit une économie estimée à 10 millions d’euros ;

—  l’administration fiscale ne traitera plus les déclarations papier mais un fichier informatique qui lui est transmis, ce qui permettra de limiter le nombre d’erreurs et de générer des économies (environ un million d’euros par an).

Ces dispositions seront applicables à partir du 1er janvier 2009 (en vertu du III).

Le II du présent article simplifie les procédures de demande d’aides formulées par les exploitants agricoles et supprime les comités départementaux des prestations sociales.

Le du II tend à simplifier les dossiers de versement d’aides aux agriculteurs en modifiant l’article L. 723-43 du code rural, afin d’autoriser la MSA et les autres organismes assureurs à fournir au ministère de l’Agriculture, à la place des agriculteurs, des informations concernant la régularité de leur situation au regard des prescriptions de protection sociale de ce code. Ces données ne comprennent pas les données médicales ou le numéro de sécurité sociale et serviront à faciliter l’instruction et le contrôle des aides qui leur sont destinées. Pourront y accéder les services de l’État, les collectivités territoriales ainsi que les autres organismes versant des aides agricoles, uniquement dans le cas où ces données sont nécessaires pour permettre le versement des aides et leur contrôle.

Ceci contribuera à alléger les dossiers de demandes d’aides (qui seront préremplis grâce aux informations ainsi recueillies), à permettre de systématiser les contrôles et à rendre inutiles les attestations de régularité sociale que les organismes de sécurité sociale fournissaient aux exploitants agricoles. Le gain est estimé, pour les administrations, à 600 000 dossiers par an.

Le et ledu II suppriment l’existence législative des comités départementaux des prestations sociales agricoles en supprimant les trois seules mentions qui en sont faites.

Le B du II met fin aux rapports mentionnés au dernier alinéa des articles L. 722-6 et L. 722-7 du code rural. Ces rapports, annuels, faisaient le bilan, à l’attention du comité départemental des prestations sociales agricoles, des dérogations accordées par les conseils d’administration des caisses de mutualité sociale agricole, permettant aux exploitants agricoles qui ne possèdent pas les surfaces minimales d’exploitation définies à l’article L. 722-5 du même code :

—  d’être néanmoins affiliés au régime de protection sociale des exploitants agricoles (rapport prévu par l’article L. 722-6) ;

—  de rester affiliés à ce régime si elles y étaient déjà affiliées avant le 7 juillet 1980 (rapport prévu par l’article L. 722-7).

Le du II supprime, à l’article L. 731-29 du même code, la mention des comités départementaux des prestations sociales agricoles. Cet article les autorisait, concurremment avec les caisses de mutualités sociales agricoles, à accorder des remises de cotisations sociales dans les cas où les cas où la situation des assujettis le justifierait, notamment en raison de leur age ou de leur incapacité physique. Ces dernières sont donc désormais les seules à pouvoir les accorder.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 20
(article 15 de la proposition)


(art. L. 4111-6, L. 4161-1, L. 4161-2 et L. 4161-3
du code de la santé publique)

Suppression de la disposition autorisant les médecins et sages-femmes étrangers ayant commencé à pratiquer avant 1945 à exercer leur activité

Le présent article propose de supprimer une disposition devenue sans objet, qui autorisait à poursuivre légalement leur activité les médecins et les sages-femmes étrangers ayant commencé légalement l’exercice de leur profession avant 1939 pour les premiers et 1945 pour les secondes.

L’article L. 4111-1 du code de la santé publique pose trois conditions à l’exercice de la profession de médecin, de chirurgien-dentiste ou de sage-femme. Les personnes concernées doivent :

—  être titulaire d’un diplôme, d’un certificat ou d’un autre titre prévu par la loi ;

—  être de nationalité française, de citoyenneté andorrane ou ressortissant d’un État membre de la Communauté européenne ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen, du Maroc ou de la Tunisie ;

—  être inscrit à un tableau de l’ordre des médecins, à un tableau de l’ordre des chirurgiens-dentistes ou à un tableau de l’ordre des sages-femmes.

Depuis 1945, les dispositions législatives, figurant aujourd’hui à l’article L. 4111-6 du code de la santé publique, permettent de déroger à ces deux premières conditions pour les médecins et chirurgiens-dentistes étrangers qui exerçaient légalement leur profession en France à la date du 3 septembre 1939 et les sages-femmes étrangères qui exerçaient légalement leur profession en France à la date du 24 septembre 1945. Ceux-ci sont en effet autorisés à continuer la pratique de leur art.

Cette disposition est aujourd’hui devenue sans objet. Le Gouvernement a d’ailleurs récemment admis que ces dispositions sont « obsolètes et seront abrogées dès lors qu’un vecteur législatif le permettra » (17). C’est précisément l’objet du présent article qui supprime l’article L. 4111-6 du code de la santé publique.

Par coordination, il convient également de supprimer les références à cet article qui figurent dans les articles L. 4161-1, L. 4161-2 et L. 4161-3 du même code. C’est l’objet d’un amendement de votre rapporteur adopté par la Commission.

Après avoir adopté un amendement de coordination du rapporteur, la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 21
(article 16 de la proposition)


(art. 75 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002)


Extension du dispositif de reconnaissance du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur

Cet article vise à permettre à certains praticiens, dont la situation n’a pas été prise en considération au moment du vote de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, d’obtenir la reconnaissance du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur.

L’article 75 de la loi du 4 mars 2002 précitée a instauré un dispositif de reconnaissance qui ne s’applique qu’aux praticiens qui exerçaient effectivement à la date de publication de la loi ; en revanche, il excluait ceux qui n’exerçaient pas à cette date mais ont obtenu leur diplôme au cours d’une des cinq années suivant la publication de la loi.

Cet article prévoit également les conditions dans lesquelles les praticiens en exercice à la date d’application effective de la loi peuvent faire l’objet d’une reconnaissance du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur si certaines conditions déterminées par décret sont réunies (dispositif transitoire).

La nécessité d’être en exercice, pour bénéficier de ce dispositif transitoire, apparaît trop stricte. En effet, cette condition ne permet pas de régler la situation des praticiens qui ne sont ni en exercice à la date d’application effective de la loi, ni titulaires d’un diplôme obtenu dans un établissement de formation agréé.

En conséquence, le présent article vise à étendre le dispositif pour permettre à ces praticiens de faire usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur, si des conditions de formation définies par voie réglementaire sont réunies. Trois catégories de personnes sont concernées par cette mesure :

—  les personnes qui ont obtenu, dans l’année de la date d’application effective de la loi, un diplôme sanctionnant une formation en ostéopathie ou en chiropraxie dispensée par un établissement non agréé ;

—  les étudiants qui se sont inscrits en dernière année d’études dans une école dispensant une formation en ostéopathie ou en chiropraxie et qui ont obtenu leur diplôme, mais qui ne pouvaient connaître, lors de leur inscription, les décisions d’agrément rendues ;

—  les personnes qui ont obtenu un titre de formation en ostéopathie ou en chiropraxie au cours de l’une des cinq dernières années et qui n’étaient pas en exercice à la date d’application effective de la loi.

Les 3 500 personnes concernées se sont engagées pendant près de cinq ans dans une formation relativement coûteuse. Ils ont validé leur cursus de formation et obtenu un diplôme. Dès lors, il est proposé de leur offrir la possibilité d’exercer en leur permettant de demander la reconnaissance de leurs compétences professionnelles. Votre rapporteur rappelle que, dans le souci de garantir la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients, cette reconnaissance ne sera pas de droit puisque des conditions de formation et d’expérience professionnelle doivent être remplies.

Par ailleurs, s’agissant des ostéopathes, le décret n° 2007-1564 du 2 novembre 2007 modifiant le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie a étendu le dispositif d’autorisation préfectorale applicable aux praticiens en exercice, aux personnes diplômées en 2007 et en 2008, ainsi qu’à celles qui n’étaient pas en exercice à la date d’application effective de la loi. Pourtant la base légale de ce dispositif est fragile. En donnant une base législative claire à l’extension des dispositions transitoires, la présente mesure sécurise la situation de ces professionnels.

*

* *

La Commission est saisie d’un amendement de suppression de l’article présenté par M. Dominique Raimbourg.

M. le rapporteur. Cet article a pour objet de régler le problème très spécifique qui se pose pour 3 500 personnes qui ont suivi une formation d’ostéopathie ou de chiropraxie et qui doivent pouvoir se voir offrir la possibilité d’exercer légalement leur profession.

Le Président Jean-Luc Warsmann. Les personnes dont il s’agit achevaient leur formation au moment de l’adoption de la loi de 2002 qui a réglementé ces professions et se trouvent dans une impasse juridique. Il ne s’agit cependant pas d’autoriser l’ensemble de ces personnes à exercer ces professions, mais seulement de leur permettre de valider leur cursus, si les conditions définies par décret sont réunies.

M. Dominique Raimbourg. Compte tenu de ces explications, l’amendement est retiré.

Après avoir adopté un amendement de précision du rapporteur, la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 22
(article 17 de la proposition)


(art. L. 762-2 et L. 310-5 du code de commerce)


Simplification de la définition du « salon professionnel »

Le présent article propose une clarification de la définition du « salon professionnel », qui a donné lieu à des interprétations divergentes et dont la formulation s’est finalement révélée assez éloignée du concept familier aux professionnels.

L’ordonnance n° 2004-274 du 25 mars 2004 portant simplification du droit et des formalités pour les entreprises, prise sur le fondement de la loi n° 2003-591 du 2 juillet 2003, a opéré une simplification d’envergure du régime des foires et des salons en substituant un régime déclaratif au régime d’autorisation hérité d’une ordonnance du 11 septembre 1945. Par ailleurs, cette réforme a permis la dématérialisation de cette déclaration – effectuée auprès de la préfecture du département – et la mise en ligne d’un catalogue annuel des manifestations commerciales. Cette déclaration est prévue à l’article L. 340-2 du code de commerce. Les difficultés de compréhension, et donc d’application, se sont concentrées sur la définition du « salon professionnel » qui s’est révélée sujette à interprétation et d’une formulation finalement assez éloignée du concept familier aux professionnels. Sa définition est prévue par l’article L. 762-2 du code de commerce. Celui-ci précise qu’il s’agit d’une « manifestation commerciale consacrée à la promotion d’un ensemble d’activités professionnelles réservée à des visiteurs justifiant d’un titre d’accès ». Le présent article propose donc de préciser dans l’article L. 762-2 précité que le « salon professionnel » est « une manifestation commerciale ouverte exclusivement à des visiteurs professionnels justifiant d’un titre d’accès payant ou gratuit ».

La référence explicite au fait que le salon professionnel n’est pas ouvert au public et que les visiteurs doivent justifier d’un titre d’accès permet de clarifier cette définition et d’en protéger le champ d’application. En effet, l’article L. 310-5 du même code prévoit une amende de 15 000 euros qui peut être prononcée à l’encontre de l’organisateur d’un salon professionnel qui n’aurait pas déclaré la manifestation. Il est donc essentiel que les doutes sur la définition du salon professionnel soient levés pour que ce mécanisme de sanction soit pleinement effectif.

En outre, le présent article propose de préciser, à l’article L. 310-5, que l’amende peut également être prononcée dans le cas où un salon professionnel, organisé dans un parc d’exposition, n’est pas déclaré. L’article L. 762-1 du même code définit le parc d’exposition comme un ensemble immobilier clos indépendant, doté d’installations et d’équipements appropriés ayant un caractère permanent qui accueille, pendant tout ou partie de l’année, des manifestations commerciales ou autres, à caractère temporaire. Ce même article précise que le programme des manifestations commerciales qu’il accueille fait chaque année l’objet d’une déclaration préalable auprès de la préfecture.

La définition proposée clarifie le champ d’application des dispositions et permet de mettre en cohérence le champ du régime déclaratif et son volet pénal. La sécurisation de l’environnement juridique des opérateurs du secteur des foires et salons est primordiale en termes d’attractivité de la France dans un marché où elle occupe une place privilégiée en se situant au premier rang européen et au second mondial, derrière les États-Unis, avec 6,8 % du marché mondial.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 23

(art. L. 7321-2 du code du travail)


Correction d’une erreur rédactionnelle relative au régime des franchisés et des gérants de succursales

Le présent article est issu d’un amendement du Président Jean-Luc Warsmann, visant à corriger une erreur rédactionnelle relative au régime des franchisés et des gérants de succursales. La rédaction de l’article L. 7321-2 du code du travail est issue de l’adoption d’un amendement (18) de la commission des Lois du Sénat, le 22 juillet dernier, qui définit les gérants de succursale afin de les soumettre à certaines dispositions du code du travail.

À la lecture du 2° de cet article, on observe que le critère cumulatif de l’imposition des conditions et du prix relatif à l’exercice de la profession de gérant dans un local fourni ou agréé par cette entreprise, n’est plus attaché qu’au traitement des marchandises, alors qu’il concernait précédemment, dans l’ancienne version du code du travail, aussi bien la vente que le traitement de marchandises. La profession de commerçant indépendant franchisé pourrait se trouver de ce fait involontairement assimilée à celle de gérant de succursale puisque les réseaux de franchise reposent précisément sur l’application et la répétition nécessaire par les franchisés des conditions inhérentes à l’uniformité et à l’image du réseau de franchise qui font partie intégrante du savoir-faire du franchiseur.

Si l’amendement adopté au Sénat prévoyait bien que ces critères étaient cumulatifs, la commission mixte paritaire les a rendus alternatifs. Le présent amendement vise donc à rétablir ce critère cumulatif.

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* *

Le Président Jean-Luc Warsmann. L’article L. 7321-2 du code du travail résulte de l’article 39 de la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie. En commission mixte paritaire, une erreur est intervenue qui a pour conséquence d’appliquer le régime de gérant de succursale aux franchisés, ce qui n’était pas l’objectif poursuivi. Je vous propose donc, par un amendement, de réparer cette erreur.

Le rapporteur ayant donné un avis favorable, la Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 24
(article 18 de la proposition)


(art. L. 215-12, L. 215-13, L. 215-14, L. 215-14-1,
L. 215-16 et L. 215-17 du code de la consommation)


Généralisation de la possibilité de désignation d’experts par le procureur de la République pour les expertises contradictoires en matière de consommation

Le présent article vise à permettre un traitement plus rapide et plus efficace des infractions aux règles du droit de la consommation en généralisant la désignation d’experts par le procureur de la République pour les expertises contradictoires.

En matière de droit de la consommation, s’il y a lieu à expertise, celle-ci est ordonnée et exécutée selon les prescriptions et dans les formes prévues aux articles 156 à 169 du code de procédure pénale. Ces articles encadrent la réalisation d’expertises réalisées à la demande d’une juridiction d’instruction ou de jugement.

L’article L. 215-12 du code de la consommation précise que lorsque l’expertise a été réclamée ou lorsqu’elle a été décidée par la juridiction d’instruction ou de jugement, deux experts sont désignés. L’un est nommé par la juridiction, l’autre est choisi par l’intéressé et nommé par la juridiction. Compte tenu de l’engorgement des juridictions, les dossiers afférents aux délits du code de la consommation souffrent d’un manque de célérité dans leur traitement. Cette situation est préjudiciable tant aux consommateurs qu’aux acteurs économiques concernés.

Il est donc proposé d’étendre aux délits du code de la consommation pour lesquels une peine d’emprisonnement n’est pas encourue, le règlement transactionnel prévu pour les contraventions du code de la consommation (19) par l’ordonnance n° 2005-1086 du 1er septembre 2005 instaurant un règlement transactionnel pour les contraventions au code de commerce et au code de la consommation et portant adaptation des pouvoirs d’enquête et renforcement de la coopération administrative en matière de protection des consommateurs. Cette disposition devrait répondre aux attentes des entreprises qui préfèrent la transaction à une longue procédure et aux frais qu’elle engendre. Elle aura aussi pour avantage de désengorger les audiences des juridictions et d’aboutir à un règlement plus rapide des dossiers. En effet, plusieurs centaines de dossiers sont traitées chaque année et la durée moyenne de traitement en 2004 était de 523 jours. En outre, seul un tiers de ces affaires aboutit à des sanctions. Le montant total des amendes pour les délits du code de la consommation, pour lesquels aucune peine de prison n’est prévue, et pour lesquels la procédure de transaction est proposée, est de 113 041 euros en 2004, pour un total de 44 jugements, et de 93 800 euros en 2005 pour un total de 45 jugements.

Le présent article a l’avantage de raccourcir les délais de mise en œuvre de la procédure contradictoire en supprimant la nécessité d’ouvrir une information judiciaire, qui constitue dans certains cas aujourd’hui un obstacle à la pleine application du code de la consommation. Cette modification devrait réduire de 3 mois à 18 mois la durée des procédures.

Le du présent article propose donc de permettre au procureur de la République, dans l’article L. 215-12 précité, de pouvoir décider d’une expertise dans les mêmes conditions que cette décision était prise par une juridiction.

Le deuxième alinéa de l’article L. 215-12 prévoit qu’à titre exceptionnel, le demandeur peut choisir un expert en dehors des listes d’experts prévues. Dans ce cas, son choix est subordonné à l’agrément de la juridiction. Le présent article propose donc par coordination que cet agrément puisse également être le fait du procureur de la République.

De même, le troisième alinéa de ce même article L. 215-12 prévoit qu’un délai est imparti par la juridiction au demandeur pour choisir un expert. Le présent article propose donc par coordination que ce délai puisse également être fixé par le procureur de la République.

Enfin, le dernier alinéa de ce même article L. 215-12 précise que si l’intéressé, sans avoir renoncé à ce droit, n’a pas désigné un expert dans le délai imparti, cet expert est nommé d’office par la juridiction. Le présent article propose donc par coordination que cette nomination puisse également être faite par le procureur de la République.

Le du présent article propose de modifier l’article L. 215-13 du même code qui prévoit que l’expert choisi par l’intéressé est nommé par la juridiction dans les mêmes termes et reçoit la même mission que celui qu’elle a choisi. Le présent article prévoit d’en modifier la rédaction pour tenir compte du fait que l’expert pourra être nommé par le procureur de la République tout en la simplifiant. La rédaction proposée se borne à énoncer que les deux experts « ainsi nommés reçoivent la même mission ».

Le du présent article propose de modifier l’article L. 215-14 du même code qui prévoit que la juridiction peut remettre un deuxième échantillon aux experts. De même, il dispose que la juridiction peut également remettre aux experts l’échantillon laissé entre les mains de la personne chez qui le prélèvement a été effectué, préalablement mise en demeure de le fournir sous huitaine, intact. Il est précisé que si l’intéressé ne représente pas son échantillon intact dans ledit délai, il ne doit plus être fait à aucun moment état de cet échantillon.

Pour tenir compte de la modification apportée à l’article L. 215-12 du même code, il est proposé d’étendre au procureur de la République les compétences dévolues à la juridiction au titre de l’article L. 215-14 précité.

Les paragraphes , et du présent article proposent les mêmes coordinations aux articles L. 215-14-1, L. 215-16 et L. 215-17 du code de la consommation. Il s’agit d’étendre au procureur de la République les compétences dévolues à la juridiction en matière de remise aux experts les échantillons scellés dans le cas des opérations de contrôle des teneurs en mycotoxines des denrées alimentaires (article L. 215-14-1 du même code). Il en est de même lorsque les experts sont en désaccord, ou s’ils sont d’accord pour infirmer les conclusions du rapport du laboratoire de l’administration, le procureur de la République – comme la juridiction – donnera à ce laboratoire connaissance du rapport d’expertise et lui fixera un délai pour faire parvenir éventuellement ses observations, sauf dans le cas où le directeur du laboratoire intéressé a participé lui-même à l’expertise en qualité d’expert (article L. 215-16 du même code). Enfin, en matière de contrôle bactériologique ou de pureté biologique, le présent article étend au procureur de la République les prérogatives du juge d’instruction en matière de désignation des experts. Il en est de même pour les compétences du juge d’instruction qui peut prendre toutes mesures pour que le prélèvement et l’expertise qui y fait suite immédiatement soient effectués par le service de la répression des fraudes et les experts à la date fixée par lui (article L. 215-17 du même code).

Après avoir adopté un amendement rédactionnel du rapporteur, la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 25
(article 19 de la proposition)


(art. 86 et 89 du code des douanes)


Suppression de la délivrance d’un double agrément pour l’exercice de la profession de commissionnaire en douane

Le présent article propose de simplifier la délivrance de l’agrément pour l’exercice de la profession de commissionnaire en douane, qui fait l’objet d’environ 100 demandes par an.

Le de cet article élimine une scorie dans l’article 86 du code des douanes en supprimant la mention de « l’autorisation de dédouaner ». Cette notion a en effet été supprimée de l’article 89 de ce même code par l’intervention de la loi n° 97-1239 du 29 décembre 1997 de finances rectificative pour 1997.

Le du présent article vise à modifier l’article 89 du même code qui prévoit un double système d’agrément pour l’exercice de la profession de commissionnaires en douane. Un agrément est délivré à la personne morale, c’est-à-dire à la société, et un agrément personnel est délivré à la personne physique qui représente la société. Cet agrément personnel, qui doit être renouvelé à chaque changement interne à la société, apporte peu de garanties supplémentaires à l’administration puisqu’il suppose l’existence d’un agrément préalable délivrée à la société. Il s’agit donc d’une formalité administrative qui alourdit inutilement les procédures applicables aux opérateurs du commerce et la charge administrative du service chargé d’instruire les demandes d’agrément. Le présent article propose donc de ne prévoir qu’un seul type d’agrément « qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales ».

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 26
(article 20 de la proposition)


(art. 441, 443, art. 450 et art. 450-1 [nouveau] du code des douanes)


Modernisation de la procédure de conciliation et d’expertise douanière

Le présent article propose de moderniser la procédure de conciliation et d’expertise douanière, en renforçant la capacité d’action de la commission de conciliation et d’expertise douanière (CCED). Cette modernisation permettra de réduire le délai dans lequel la commission rend ses avis, qui est de deux ans en moyenne aujourd’hui. En outre, la mesure donnera une base légale à la pratique selon laquelle le déclarant est informé de la compétence de la CCED pour connaître des contestations relatives à l’espèce, à l’origine ou la valeur des marchandises, et instaurera un mode opératoire unique pour les prélèvements des échantillons conforme aux règlements communautaires en vigueur.

La commission de conciliation et d’expertise douanière fait l’objet du titre XIII du code des douanes, qui comprend les articles 441 à 450. Celle-ci a une double nature. Intervenant en matière précontentieuse, elle a vocation à émettre un avis, dépourvu de caractère contraignant (20) sur l’origine et la valeur des marchandises soit lorsque le déclarant n’accepte pas les conclusions tirées par le service des douanes de l’examen des marchandises dont le dédouanement a été déclaré et que cette contestation porte sur l’origine, l’espèce ou la valeur des marchandises (articles 104, 441 et 442 du code des douanes) soit lorsque des contestations portant sur l’origine, l’espèce ou la valeur des marchandises sont soulevées au cours de contrôles a posteriori (article 450 du code des douanes). Par ailleurs, la commission peut intervenir en tant qu’expert auprès des tribunaux, puisqu’elle est saisie pour avis sur un litige douanier chaque fois qu’une expertise est requise (article 450 du code des douanes).

En 2007, 46 dossiers ont fait l’objet d’un avis de la CCED, qui concernaient 4,4 millions d’euros de droits de douane et 16,8 millions d’euros de TVA.

Le du présent article vise à modifier le 1 de l’article 441 du code des douanes prévoit la procédure applicable dans le cas où le service des douanes conteste, au moment de la vérification des marchandises, les énonciations de la déclaration relatives à l’espèce, à l’origine ou à la valeur des marchandises, la contestation fait l’objet d’un examen par la commission de conciliation et d’expertise, lorsque le déclarant n’accepte pas l’appréciation du service.

Dans sa rédaction actuelle, l’article 441 précité prévoit que dans ce cas de figure, il est dressé un acte à fin d’expertise et il est procédé au prélèvement des échantillons – ou des documents – nécessaires à une expertise.

Le présent article propose d’ajouter que le service des douanes soit informé le déclarant que, si le directeur général des douanes et droits indirects donne suite à la contestation, la commission de conciliation et d’expertise douanière sera consultée pour avis. Il s’agit donc de donner une base légale solide à une pratique largement répandue.

Le du présent article tend à revoir la rédaction de l’article 443 du même code, qui fixe la composition de la commission de conciliation et d’expertise douanière. Actuellement, cette commission est présidée d’un magistrat du siège de l’ordre judiciaire et est également composée de deux assesseurs désignés en raison de leur compétence technique. Il est proposé de porter de trois à quatre le nombre de ses membres. Un second magistrat du siège sera nommé au sein de cette commission, dont il assurera la vice-présidence. Il pourra agir en lieu et place du président, à la demande de celui-ci. Ces dispositions devraient permettre d’accélérer le traitement des dossiers par la commission de conciliation et d’expertise douanière.

Le du présent article propose de préciser, dans l’article 450 du même code, relatif aux contestations portant sur l’origine, l’espèce ou la valeur des marchandises, que le service doit informer le déclarant lors de la notification du procès-verbal de constatation de l’infraction de la possibilité qui lui est offerte, dans un délai de deux mois, de consulter pour avis la commission de conciliation et d’expertise douanière.

Le du présent article renvoie à un décret en Conseil d’État ses modalités de la procédure de conciliation et d’expertise douanière (article 450-1 [nouveau] du même code). Ce décret devrait réduire le délai accordé à cette commission pour rendre ses avis, afin de prendre en compte le renforcement de sa capacité d’action du fait de la création d’un poste de vice-président.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 27
(article 21 de la proposition)


(art. L. 654-2, L. 654-5 et L. 654-25 du code rural ;
art. 8 de la loi n° 57-866 du 1er août 1957)


Allégements de procédures en matière agricole

Le présent article comprend quatre mesures de simplification et de desserrement des contraintes administratives en matière de droit rural. Il propose de supprimer l’obligation d’inscription au plan d’équipement en abattoirs préalablement à l’ouverture d’un nouvel abattoir, d’autoriser l’exploitant unique d’un abattoir public à se livrer au traitement et à la commercialisation des abats et des sous-produits qui ne sont pas récupérés par les usagers de l’abattoir, de supprimer l’obligation de procéder à la première commercialisation des peaux dans le cadre d’une vente aux enchères publique et de supprimer le poste de commissaire du Gouvernement au Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse.

Le du I du présent article propose d’abroger l’article L. 654-2 du code rural qui prévoit que des abattoirs peuvent être ouverts « s’ils sont prévus au plan d’équipement en abattoirs », dans les conditions prévues par un décret en Conseil d’État. L’existence de ce plan se justifiait par le souci de réduire la surcapacité d’abattage, tout en prenant en compte la dimension d’aménagement du territoire.

Cependant, cette disposition est contraire à la directive 2006/123/CE du Parlement européen et du Conseil du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur, dite directive « services ».

Outre la mise en conformité de notre droit au droit communautaire, l’abrogation de l’article L. 654-2 du code rural constituera une mesure de simplification pour les responsables d’abattoirs puisque seule la réglementation sanitaire et environnementale s’appliquera pour l’ouverture d’un abattoir. Concrètement, cette mesure se traduira par la suppression de l’inscription au plan d’équipement en abattoir qui nécessite de recueillir l’avis de la commission nationale des abattoirs composée de quinze de personnes et qui s’est réunie trois fois en 2005 et quatre fois en 2006 pour 20 dossiers chaque année. Cette mesure permettra également une économie de temps puisque la commission met plusieurs mois pour rendre un avis.

La rédaction actuelle de l’article L. 654-5 du code rural limite la possibilité pour les exploitants des abattoirs publics de traiter les sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine visés par le règlement (21) du Parlement européen et du Conseil du 3 octobre 2002. Dans les faits, il apparaît que des produits utilisables en alimentation humaine (notamment la triperie) peuvent ne pas être récupérés par les usagers, alors que leur traitement est nécessaire. Le présent article propose donc, dans le du I d’élargir la possibilité offerte aux exploitants d’abattoirs de commercialiser une partie des sous-produits animaux, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas susceptibles d’être individualisés ou qui ne sont pas récupérés par les usagers de l’abattoir. Cette disposition avait été supprimée par l’ordonnance n° 2005-1127 du 8 septembre 2005 relative à diverses mesures de simplification dans le domaine agricole.

L’interdiction de commercialiser pour l’alimentation humaine les abats non utilisés par les usagers engendre un coût pour les 135 abattoirs publics puisqu’ils doivent assumer les frais d’équarrissage. Certes, les abattoirs peuvent vendre ces abats pour l’alimentation animale mais ils pourraient être mieux valorisés. Par exemple, dans les abats laissés aux abattoirs, on retrouve par exemple le cuir (utilisable pour fabriquer de la gélatine) ou les pieds de cochon.

Cette mesure est sans conséquence du point de vue de la sécurité sanitaire. En effet, la mesure trouve sa place dans le cadre des dispositions du livre VI du code rural, intitulé « Production et marchés ». Elle porte uniquement sur les règles de commercialisation, sans préjudice des dispositions sanitaires qui figurent au livre II du même code, intitulé « Santé publique vétérinaire et protection des végétaux ». Par ailleurs, l’article 23 du règlement du 3 octobre 2002 précité prévoit des dérogations concernant l’utilisation des sous-produits animaux. Les États membres sont ainsi autorisés à valoriser sans transformation préalable certains sous-produits animaux pour l’alimentation de certains animaux. Le présent article s’inscrit donc dans le cadre des règles sanitaires européennes, reprises aux articles L. 226-1 et suivants du code rural et précisées par l’arrêté du 1er septembre 2003 relatif aux modalités de délivrance de l’agrément sanitaire et de l’autorisation de certains établissements visés par le règlement précité.

La mesure proposée permettra d’améliorer la rentabilité des abattoirs, et donc leur pérennité, notamment dans les zones rurales. En effet, les abattoirs publics pourraient gagner près d’un million d’euros, selon les estimations du ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

L’article L. 654-25 du code rural est relatif à la commercialisation des peaux d’animaux. Il prévoit que les peaux d’animaux provenant d’abattoirs ou d’équarrissages situés sur le territoire français ne peuvent être classées, pesées et mises en état de conservation que par des entreprises d’abattage ou de collecte disposant des capacités techniques et des installations propres à assurer la réalisation de ces opérations. Les conditions d’agrément de ces entreprises sont fixées par décret. Les deuxième et troisième alinéas de ce même article prévoient que la première commercialisation de ces peaux doit être faite lors d’une vente aux enchères publiques, sauf dans le cas de contrats conclus entre les abatteurs ou leurs représentants et les tanneurs ou les négociants (notamment pour des opérations de prétannage). Le présent article propose, dans le du I, de supprimer ces deux alinéas relatifs à la vente aux enchères, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche les estimant « tombés en désuétude ».

Le II du présent article supprime le poste de commissaire du Gouvernement auprès du comité interprofessionnel de la volaille de Bresse. Cette mesure permettra d’alléger la charge de travail de l’administration, la présence d’un représentant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche ne se justifiant plus. De plus, d’autres comités similaires, tels le comité interprofessionnel des vins de Champagne, ne disposent pas d’un commissaire du Gouvernement.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 28

(art. L. 5141-5 et L. 5141-6 du code la santé publique)


Simplification de la procédure de modification des autorisations de mise sur le marché des médicaments vétérinaires

Le présent article est issu d’un amendement de votre rapporteur. Il a pour objet de simplifier la procédure de modification des autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments vétérinaires, en passant d’un système d’autorisation à un système déclaratif pour certaines modifications mineures. Toute modification d’autorisation de mise sur le marché d’un médicament vétérinaire doit être autorisée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Cette mesure vise donc à alléger les procédures que doivent appliquer les professionnels pour modifier une AMM.

La Commission adopte cet amendement portant article additionnel.

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Chapitre III

Mesures de simplification des règles applicables aux collectivités territoriales
et aux services publics

Le chapitre III comprend vingt-sept articles tendant à rendre plus efficace le service rendu par les collectivités territoriales et les services publics, en simplifiant des règles qui entravent leurs modes de prise de décision et d’intervention.

Article 29

(art. L. 115-4 et L. 264-9 du code de l’action sociale et des familles, art L. 441-10 et L. 442-5 du code de la construction et de l’habitation, art. 215 du code des douanes, art. L. 241-10 du code de l’éducation, art. L. 251-1 du code rural, art. L. 222-7 du code de la sécurité sociale, art. 6 de la loi n° 60-808 du 5 août 1960, art. 6 de la loi n° 61-89 du 25 janvier 1961, art. 5 et 62 de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973, art. 42 de la loi n° 76-1106 du 6 décembre 1976, art. 14 de la loi n° 76-1288 du 31 décembre 1976, art. 18 de la loi n° 78-2 du 2 janvier 1978, art. 4 de la loi n° 82-1153 du 30 décembre 1982, art. 132 et 133 de la loi n° 83-1179 du 29 décembre 1983, art. 6 de la loi n° 86-797 du 3 juillet 1986, art. 26 de la loi du 30 septembre 1986, art. 3 de la loi n° 88-12 du 5 janvier 1988, art. 9-1 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988, art 16 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, art. 28 de la loi n° 91-1383 du 31 décembre 1991, art. 76 de la loi n° 93-121 du 27 janvier 1993, art. 8 de la loi n° 93-949 du 26 juillet 1993, art. 2 de la loi n° 93-953 du 27 juillet 1993, art. 51 de la loi n° 93-1027 du 24 août 1993, art. 3 de la loi n° 93-1437 du 31 décembre 1993, art. 15 de la loi n° 94-99 du 5 février 1994, art. 32 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, art. 33 et 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995, art. 99 de la loi n° 95-1346 du 30 décembre 1995, art. 4 de la loi n° 96-589 du 2 juillet 1996, art. 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996, art. 134 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996, art. 9 de la loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997, art. 13 de la loi n° 97-1051 du 18 novembre 1997, art. 18 et 99 de la loi n° 97-1269 du 30 décembre 1997, art. 7, 44 et 100 de la loi n° 98-1266 du 30 décembre 1998, art. 11 de la loi n° 99-5 du 6 janvier 1999, art. 1er de la loi n° 99-505 du 18 juin 1999, art. 73 de la loi n° 99-532 du 25 juin 1999, art. 27 de la loi n° 99-1140 du 29 décembre 1999, art. 28 et 89 de la loi n° 99-1172 du 30 décembre 1999, art. 40 de la loi n° 99-1173 du 30 décembre 1999, art. 36 de la loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000, art. 3 et 47 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000, art. 24 de la loi n° 2000-242 du 14 mars 2000, art. 59 et 83 de la loi n° 2000-719 du 1er août 2000, art. 9 de la loi n° 2000-1207 du 13 décembre 2000, art. 142 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000, art. 2 de la loi n° 2000-1209 du 13 décembre 2000, art. 27 de la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000, art. 37, 90, 114 et 127 de la loi n° 2000-1352 du 30 décembre 2000, art. 47 de la loi n° 2000-1353 du 30 décembre 2000, art. 14 de la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001, art. 16 de la loi n° 2001-397 du 9 mai 2001, art. 66 de la loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001, art. 22 de la loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001, art. 130 de la loi n° 2001-1275 du 28 décembre 2001, art. 78 de la loi n° 2001-1276 du 28 décembre 2001, art. 146 de la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002, art. 42 de la loi n° 2002-92 du 22 janvier 2002, art. 91 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, art. 12 de la loi n° 2002-1050 du 6 août 2002, art. 6, 7 et 9 de la loi n° 2002-1487 du 20 décembre 2002, art. 109, 115 et 117 de la loi n° 2002-1575 du 30 décembre 2002, art. 5 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003, art. 50 de la loi n° 2003-1200 du 18 décembre 2003, art. 122 de la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003, art. 56 de la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004, art. 42 et 144 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004, art. 82, 98 et 104 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004, art. 123 et 136 de la loi n° 2004-1484 du 30 décembre 2004, art. 5 de la loi n° 2005-5 du 5 janvier 2005, art. 11 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005, art. 16 de la loi n° 2005-516 du 20 mai 2005, art. 56, 158 et 159 de la loi n° 2005-1719 du 30 décembre 2005, art. 13 et 34 de la loi n° 2006-450 du 18 avril 2006, art. 40 de la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006, art. 67 de la loi n° 2006-1640 du 21 décembre 2006, art. 15 de la loi n° 2006-1770 du 30 décembre 2006, art. 116 de la loi n° 2006-1771 du 30 décembre 2006 , art. 68 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007, art. 15 de la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007)


Suppression de dépôts de rapports devant le Parlement

Cet article résulte d’un amendement du Président Jean-Luc Warsmann tendant à supprimer 107 dispositions législatives prévoyant des dépôts de rapports devant le Parlement.

L’information du Parlement est un outil indispensable à l’exercice effectif de sa fonction de contrôle de l’action du Gouvernement, dorénavant inscrite dans l’article 24 de la Constitution. Les rapports présentés au Parlement constituent l’un des outils de cette information, et il apparaît indispensable que, lorsqu’un texte législatif prévoit le dépôt d’un rapport destiné à informer les parlementaires, ce rapport soit effectivement rédigé et transmis, ce qui n’est pas toujours le cas.

Toutefois, le législateur, comme en matière de création de commissions administratives d’ailleurs, a parfois tendance à abuser de ces dispositions prévoyant le dépôt d’un rapport, qui sont souvent une contrepartie de l’impossibilité de faire adopter un amendement, en raison de son coût pour les finances publiques ou des problèmes politiques ou juridiques qu’il soulève. De plus, le législateur omet fréquemment, lorsqu’il vote la présentation d’un nouveau rapport, de vérifier si un rapport préexistant ne contient pas déjà les informations demandées, ou si ce rapport ne pourrait pas être utilement complété pour intégrer les nouvelles informations dont souhaite disposer le Parlement, ou encore si un autre rapport ne devrait pas être supprimé.

Cette double tendance à adopter trop de dispositions prévoyant des dépôts de rapports et à ne pas toiletter le droit existant conduit à une profusion de rapports, de l’ordre de 300, dans les textes législatifs en vigueur. Parmi ces 300 textes prévoyant des obligations de dépôts de rapports, près d’un quart prévoit des rapports ponctuels, que le Gouvernement devait remettre une seule fois à une date définie : ces dispositions, au nombre de 67, qui encombrent le droit en vigueur, sont donc supprimées par le présent article.

D’autres rapports, bien que censés être remis de façon régulière (à un rythme annuel, biennal, quinquennal…), soit ne sont plus effectivement remis parce qu’ils ont été remplacés par un autre rapport ou parce qu’ils ne présentent plus d’intérêt, soit sont encore remis mais pourraient être supprimés parce que les informations qu’ils contiennent figurent dans d’autres rapports ou dans des documents budgétaires, notamment. Des consultations ont été menées par le Président Jean-Luc Warsmann auprès des présidents des commissions de l’Assemblée nationale ainsi qu’auprès du rapporteur général de la commission des Finances et de Mme la présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, afin de déterminer le degré de pertinence et d’utilité pour les parlementaires des rapports réguliers prévus par des dispositions législatives. Les avis recueillis ont ainsi permis d’établir une liste de 34 rapports devenus inutiles, que le présent article supprime.

Enfin, une dernière catégorie de rapports peut donner lieu à des regroupements : ces rapports multiples portant sur des thèmes connexes résultent de l’inattention du législateur à la nécessité de toiletter le droit existant avant de créer une nouvelle obligation. Le présent article fusionne ainsi 9 rapports distincts en 3, cette réduction du nombre de documents transmis au Parlement ne pouvant que concourir à l’amélioration de la qualité de l’information qui lui sera communiquée. Ici encore, les avis recueillis auprès des autorités de l’Assemblée nationale consultées ont été strictement respectés. Sont ainsi fusionnés :

— les cinq rapports sur divers thèmes relatifs à la situation du logement, visés aux 2°, 19°, 32° et 48° du présent article, qui sont regroupés dans un seul et même rapport prévu par le II de l’ article ;

— le rapport prévu par l’article 117 de la loi de finances pour 2003 sur le développement des émissions télévisées sous-titrées ou traduites en langue des signes, visé au 63° du I, qui est regroupé avec le rapport annuel du CSA visé au III du présent article ;

— le rapport visé au 18° du I sur les actions entreprises en faveur de la parité politique, qui est regroupé avec celui mentionné au IV du présent article.

Au total, 107 dispositions législatives inutiles sont supprimées par le présent article. Ces suppressions contribueront à réduire le stock de normes inutiles en vigueur et à améliorer la qualité de l’information fournie au Parlement, au bénéfice de la qualité du contrôle exercé.

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M. le rapporteur. L’adoption de cet amendement permettrait la suppression du dépôt de 67 rapports ponctuels et de 34 rapports réguliers. S’agissant de ces derniers, les présidents des commissions permanentes compétentes ont été consultés.

Le Président Jean-Luc Warsmann. En effet, avant de proposer cet amendement, j’ai écrit à mes collègues et je me suis strictement rangé à leurs observations. Au total, on observe que beaucoup de ces rapports se recoupent, que d’autres sont devenus inutiles avec la LOLF qui a multiplié les éléments d’information, notamment grâce aux indicateurs. Sur les 300 rapports au Parlement répertoriés, une centaine est concernée.

M. Dominique Raimbourg. Sur le principe, je n’ai aucune objection à apporter. Pour le détail des rapports supprimés, il est difficile de vérifier au cas par cas et je fais donc confiance au Président.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 30
(article 22 de la proposition)


(art. L. 3221-10, L. 3221-10-1 [nouveau], L. 4231-7 et L. 4231-7-1 [nouveau]
du code général des collectivités territoriales)


Simplification des règles relatives aux actions en justice
exercées par les présidents de conseil général ou régional

Le présent article supprime une différence de régime injustifiée, existant en matière d’action en justice, entre les présidents de conseil général et régional, d’une part, et les maires, d’autre part.

Suivant les dispositions du code général des collectivités territoriales, les présidents de conseil général (article L. 3221-10) ainsi que les présidents de conseil régional (article L. 4231-7) ne peuvent agir que sur autorisation de l’organe délibérant, et défendre que sur autorisation de la commission permanente.

Ainsi, les présidents des conseils généraux et régionaux n’ont pas, actuellement, la possibilité de pouvoir bénéficier d’une délégation générale pour ester en justice, tant en défense qu’en recours, au nom de leur collectivité respective et pendant la durée de leur mandat, contrairement aux maires. En effet, ces derniers, aux termes de l’article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales, ainsi que les présidents d’établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), aux termes de l’article L. 5211-9 du même code, peuvent recevoir délégation du conseil municipal ou de l’organe délibérant de l’EPCI pour agir et défendre en justice au nom de la collectivité.

En réponse à une question écrite posée par M. Jean-Luc Warsmann (22), le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales (23) avait justifié cette différence de régime par le fait qu’elle ne posait pas, a priori, de difficultés concrètes aux conseils généraux et régionaux et ce, pour plusieurs raisons :

—  D’une part, l’autorisation de la commission permanente ne semblerait pas difficile à obtenir, compte tenu de la fréquence des réunions de cette dernière ;

—  D’autre part, le président du conseil général ou régional peut agir seul en cas d’urgence, soit pour accomplir des actes conservatoires et interruptifs de déchéance (24), soit pour agir en référé.

Or, cette réponse apparaît, à bien des égards, en complet décalage avec les attentes des collectivités territoriales. En effet, face à la multiplication des recours contentieux dont elles font l’objet, les collectivités ont exprimé le besoin de pouvoir réagir rapidement et efficacement, sans avoir à subir de surcroît de nouvelles entraves procédurales dans leurs propres modes d’intervention.

En outre, dès lors qu’il est possible d’appliquer des règles identiques aux différents échelons de collectivités territoriales, une telle démarche de simplification et d’harmonisation doit être systématiquement entreprise. En conséquence, le présent article, en alignant le régime des départements et des régions sur celui applicable aux communes ainsi qu’en permettant aux conseils généraux et régionaux de déléguer à leur président la faculté d’agir et de défendre en justice, procède à une simplification bienvenue des règles applicables aux différents échelons de collectivités territoriales.

Après avoir adopté un amendement rédactionnel du rapporteur, la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Après l’article 30 (après l’article 22 de la proposition)

La Commission est saisie d’un amendement de M. Jean-Michel Clément étendant aux collectivités le principe de l’interdiction qui est faite au bénéficiaire d’une subvention d’en reverser tout ou partie sans autorisation explicite.

M. le rapporteur. Je partage la préoccupation d’encadrer l’utilisation des subventions attribuées par les collectivités territoriales : celles-ci doivent, par principe, être utilisées par le bénéficiaire et conformément à l’objet qui a justifié l’attribution de la subvention. Cependant, le droit actuel paraît suffisant : une réponse du ministre de l’intérieur à une question écrite de Mme Lebrethon, en 2005, précise bien que l’article 10 de la loi du 12 avril 2000 s’applique aux collectivités territoriales. Dès lors, si la subvention dépasse 23 000 euros, il faut conclure une convention avec le bénéficiaire qui définit l’objet de la subvention et ses conditions d’utilisation. Une telle convention peut également être conclue en deçà de ce seuil. Les outils juridiques pour s’assurer du contrôle de l’usage des subventions semblent donc suffisants.

La Commission rejette l’amendement.

Puis la Commission est saisie d’un amendement de M. Jean-Michel Clément prévoyant que les votes sur les nominations dans les collectivités territoriales ont lieu par scrutin public, sauf exception.

M. le rapporteur. Il est un principe bien établi que les nominations dans les assemblées délibérantes ont lieu au scrutin secret. Il n’est pas souhaitable de revenir dessus.

La Commission rejette l’amendement.

Article 31

(art. L. 3211-2, L. 3213-6, L. 3214-2, L. 4221-5 et L. 4221-6 du code des communes)


Extension des compétences susceptibles d’être déléguées par le conseil général ou le conseil régional à son président

Cet article résulte de l’adoption par la Commission de deux amendements portant article additionnel de M. Jean-Michel Clément, tendant à étendre la liste des compétences pouvant donner lieu à une délégation de l’assemblée délibérante au président de conseil général ou au président de conseil régional.

Actuellement, les compétences que peuvent exercer les présidents de conseil général ou de conseil régional sont beaucoup plus limitées que celles que le conseil municipal peut déléguer au maire. La liste des compétences que le maire peut exercer par délégation, fixée par l’article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales, est extrêmement large. Le maire peut ainsi exercer par délégation, si le conseil municipal le juge nécessaire, de très importantes compétences : il peut ainsi être chargé, notamment, de « décider de la conclusion et de la révision du louage de choses pour une durée n’excédant pas douze ans » (5°), « de passer des contrats d’assurance ainsi que d’accepter les indemnités de sinistre y afférentes » (6°), « de créer les régies comptables nécessaires au fonctionnement des services municipaux » (7°) ou encore « d’accepter les dons et legs qui ne sont grevés ni de conditions ni de charges » (9°).

A l’inverse, la liste des compétences que le conseil général et le conseil régional peuvent déléguer à leur organe exécutif, définies respectivement par les articles L. 3211-2 et L. 4221-5 du même code, est beaucoup plus restrictive. Elle se limite à trois compétences, qui peuvent, dans les communes, également faire l’objet d’une délégation aux maires : « procéder à la réalisation des emprunts destinés au financement des investissements prévus par le budget » (1°) ; « réaliser des lignes de trésorerie sur la base d’un montant maximum autorisé par le conseil général » (2°) ; « prendre les décisions mentionnées au III de l’article L. 1618-2 et au a de l’article L. 2221-5-1 », à savoir les décisions de déroger à l’obligation de dépôt de certains fonds auprès de l’État (3°).

Cette différence de traitement entre les maires, d’une part, et les présidents de conseil général ou régional, d’autre part, n’apparaît pas justifiée par une différence significative de situation entre ces différentes catégories de collectivités territoriales. Tout comme les communes, les départements et les régions ont besoin de souplesse dans leurs modes de gestion et de décision, et doivent pouvoir, si elles l’estiment nécessaire, confier des prérogatives étendues à leur organe exécutif. Certes, l’existence d’une commission permanente dans les conseils généraux et régionaux apporte déjà une certaine souplesse dans la gestion de ces collectivités, puisqu’elle permet de prendre un certain nombre de décisions sans attendre la réunion de l’assemblée délibérante. Néanmoins, il n’en demeure pas moins souhaitable de permettre aux collectivités départementales et régionales de déléguer plus largement certaines compétences à leur organe exécutif.

Les départements et les régions auront donc désormais la faculté de déléguer à leur organe exécutif, outre les compétences mentionnées ci-dessus, les compétences suivantes :

—  arrêter et modifier l’affectation des propriétés de la collectivité utilisées par ses services publics ;

—  décider de la conclusion et de la révision du louage de choses pour une durée n’excédant pas douze ans ;

—  accepter les indemnités de sinistre afférentes aux contrats d’assurance ;

—  créer les régies comptables nécessaires au fonctionnement des services de la collectivité ;

—  accepter les dons et legs qui ne sont grevés ni de conditions ni de charges ;

—  décider l’aliénation de gré à gré de biens mobiliers jusqu'à 4 600 euros ;

—  fixer, dans les limites de l’estimation des services fiscaux, le montant des offres de la collectivité à notifier aux expropriés et répondre à leurs demandes ;

En outre, les présidents de conseil général pourront également recevoir délégation pour trois autres compétences spécifiques aux départements :

—  fixer les tarifs des droits de voirie, de dépôt temporaire sur les voies et autres lieux publics et des droits prévus au profit de la collectivité qui n’ont pas un caractère fiscal. Le 5° introduit par le présent article dans l’article L. 3211-2 précise toutefois que cette fixation des tarifs devra se faire « dans les limites déterminées par l’assemblée délibérante ».

—  fixer les reprises d’alignement en application d’un document d’urbanisme ;

—  attribuer ou retirer les bourses entretenues sur les fonds départementaux ;

Des modifications de coordination sont apportées aux articles L. 3213-6, L. 3214-2 et L. 4221-5 du code général des collectivités territoriales, pour tenir compte de la modification de la liste des compétences pouvant donner lieu à délégation.

*

* *

M. Jean-Michel Clément. Ces amendements visent à rapprocher les régimes juridiques applicables aux exécutifs départementaux et régionaux de ceux des exécutifs municipaux, ainsi qu’à permettre la délégation au président du conseil général des décisions relatives à l’attribution et au retrait des bourses départementales.

M. le rapporteur. Je suis très favorable à ces amendements qui constituent une véritable simplification.

La Commission adopte les amendements portant article additionnel.

Article 32
(article 23 de la proposition)


(art. L. 412-52 du code des communes)


Simplification de la procédure de modification des règles relatives
aux équipements de police municipale

Le présent article simplifie les règles de décision pour les modifications relatives aux différents équipements de police municipale.

Actuellement, aux termes de l’article L. 412-52 du code des communes, les décisions qui ont pour objet de modifier les règles relatives aux équipements de police municipale (à savoir la carte professionnelle, la tenue et la signalisation des véhicules des agents) nécessitent un décret en Conseil d’État, pris après avis de la commission consultative des polices municipales, prévue à l’article L. 2212-7 du code général des collectivités territoriales.

Or, il s’agit là, le plus souvent, de décisions fréquentes mais très généralement de faible importance. Ainsi, la norme exigée, à savoir un décret en Conseil d’État, semble largement disproportionnée au regard du faible enjeu des dispositions contenues dans les décrets relatifs aux équipements de police municipales (25).

Le présent article permet donc que les règles relatives à ces équipements soient désormais modifiées par arrêté du ministre de l’intérieur, pris après avis de la commission consultative des polices municipales, et non plus par décret en Conseil d’État.

La proposition de loi déposée initialement n’avait pas étendu cette simplification s’agissant des caractéristiques de la carte professionnelle. Or, le maintien de l’exigence d’un décret en Conseil d’État n’apparaît pas indispensable, ce type de décret devant être réservé aux dispositions réglementaires susceptibles de mettre en jeu les libertés publiques ou posant de réelles difficultés juridiques. Ainsi, si le décret en Conseil d’État prévu par l’article L. 451–51 du code des communes pour préciser « les circonstances et les conditions dans lesquelles les agents de police municipale peuvent porter une arme » ainsi que « les catégories et les types d’armes susceptibles d’être autorisés, leurs conditions d’acquisition et de conservation par la commune et les conditions de leur utilisation par les agents » apparaît nécessaire, tel n’est pas le cas pour la définition des caractéristiques de la carte professionnelle. Dès lors, un amendement de votre rapporteur a été adopté afin de prévoir que les caractéristiques de la carte professionnelle des policiers municipaux, comme les caractéristiques et les normes techniques des équipements autres que les armes, sont définies par arrêté du ministre de l’Intérieur.

La Commission adopte l’amendement du rapporteur permettant de modifier les caractéristiques de la carte professionnelle de police municipale par arrêté du ministre de l’intérieur plutôt que par décret en Conseil d’État.

La Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 33
(article 24 de la proposition)


(art. L. 2122-19, L. 3121-19, L. 4132-18, L. 5212-2, L. 5212-33, L. 5214-28, L. 5212-34, L. 5214-29, L. 5721-7-1 du code général des collectivités territoriales ;
art. 1er de la loi du 29 décembre 1892 sur les dommages causés à la propriété privée
par l’exécution des travaux publics ; art. L. 122-11 du code des communes de la Nouvelle-Calédonie)


Simplification des modalités de décision des collectivités territoriales

Le présent article contient plusieurs modifications du code général des collectivités territoriales qui partagent un objectif commun de simplification des modes de prise de décision et d’intervention des collectivités territoriales.

Art. L. 2122-19 du code général des collectivités territoriales :
Assouplissement des conditions d’attribution
des délégations de signature dans les communes

Le 1° du I vise à assouplir les conditions d’attribution des délégations de signature dans les communes. En effet, en l’état actuel du droit, l’article L. 2122-19 du code général des collectivités territoriales ne permet la délégation de signature qu’au directeur général des services, au directeur général adjoint des services, au directeur général et au directeur des services techniques.

La présente mesure permet la délégation aux autres personnels chefs de service de catégorie A. Cette mesure tend notamment à répondre aux préoccupations exprimées par les maires de grandes villes, dont l’administration nécessiterait un assouplissement des conditions d’attribution des délégations de signature. Bien qu’il ne soit pas possible de connaître le nombre total d’actes signés par les collectivités territoriales, il convient de souligner qu’en 2006, le nombre d’actes transmissibles a été de 6,3 millions, mettant ainsi en exergue la charge de travail qui pèse sur les autorités précitées.

Cet assouplissement des conditions d’attribution des délégations de signature dans les communes correspond en réalité à une extension d’une situation déjà acquise pour certaines collectivités. En effet, la faculté de donner délégation de signature aux responsables de services communaux est d’ores et déjà reconnue aux maires de Paris, Marseille et Lyon (aux termes de l’article L. 2511-27 du code général des collectivités territoriales) ainsi qu’aux présidents de certains établissements publics de coopération intercommunale (aux termes des articles L. 5211-9 et R. 5211-2 du même code).

Par ailleurs, le III du présent article rend applicable cet assouplissement des conditions d’attribution des délégations de signature dans les communes en Polynésie française.

Art. L. 3121-19 et L. 4132-18 du code général des collectivités territoriales :
Simplification, par le recours aux nouvelles technologies, de l’accès des élus départementaux et régionaux aux documents préparatoires aux délibérations

Le 2° du I tend à moderniser et à améliorer l’information des conseillers généraux et régionaux sur les délibérations soumises à l’organe délibérant de la collectivité. Pour ce faire, l’article prévoit la possibilité de créer une plateforme documentaire accessible par Internet, qui permettra aux élus d’accéder, via un site qui leur sera réservé, aux délibérations inscrites à l’ordre du jour de la collectivité.

Actuellement, les articles L. 3121-19 et L. 4132-18 du code général des collectivités territoriales prévoient que, douze jours avant la réunion du conseil général ou régional, « le président adresse aux conseillers » généraux et régionaux un rapport, sous quelque forme que ce soit, sur chacune des affaires qui doivent leur être soumises.

Si l’envoi de ces documents peut être réalisé par l’envoi d’un courrier électronique aux conseillers, un tel procédé ne va pas sans poser de réelles difficultés techniques de transmission, en particulier lorsqu’il s’agit de rapports volumineux. Afin de remédier à ces problèmes techniques, certains conseils généraux, dont ceux de l’Hérault et des Yvelines, ont expérimenté la création d’une plate-forme documentaire accessible sur Internet, via un site réservé aux seuls élus du département.

Le 2° du I du présent article consacre ces expérimentations pertinentes et donne une base légale à ce procédé d’information préalable des élus appelés à délibérer sur les affaires qui leur sont soumises.

Par ailleurs, les articles L. 3121-19 et L. 4132-18 du code général des collectivités territoriales sont également complétés par un amendement de M. Jean-Michel Clément pour prévoir qu’en cas d’urgence, le délai de douze jours devant séparer la mise à disposition des rapports et la réunion au cours de laquelle ceux-ci sont discutés peut être abrégé par le président. Dans ce cas, le président devra rendre compte dès l’ouverture de la séance du conseil général ou régional, qui se prononcera sur l’urgence et pourra décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l’ordre du jour d’une séance ultérieure. Cette disposition est d’ores et déjà prévue pour les communes par l’article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales. Son extension aux départements et aux régions constitue une mesure de simplification et d’harmonisation des régimes juridiques applicables aux différentes collectivités territoriales, et permettra de donner davantage de souplesse au fonctionnement des départements et des régions.

La Commission adopte un amendement rédactionnel du rapporteur.

Suivant l’avis favorable de son rapporteur, la Commission adopte l’amendement de M. Jean-Michel Clément étendant aux présidents de conseils généraux et régionaux la règle permettant au maire d’abréger le délai de transmission des rapports.

Art. L. 5212-2, L. 5212-33 et L. 5214-28 du code général des collectivités territoriales : Suppression de l’avis conforme du conseil général pour la création
ou la dissolution d’un syndicat de communes

Le 3° du I vise à supprimer l’anomalie démocratique que constitue l’avis conforme du conseil général exigé pour la création ou la dissolution d’un syndicat de communes.

Cette disposition, qui avait été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale lors de l’examen de la proposition de loi (n° 177) relative à la simplification du droit (26), avait été supprimée par le Sénat en première lecture, sans que les débats ne permettent d’établir précisément les raisons ayant pu motiver un tel vote (27).

Actuellement, la consultation du conseil général reste toujours requise, d’une part, pour la création des syndicats de communes et, d’autre part, pour leur dissolution lorsque la demande est présentée par une majorité de communes (articles L. 5212-2, L. 5212-33 et L. 5214-28 du code général des collectivités territoriales).

Outre le fait qu’elle alourdit la création ou la dissolution de ces structures, cette consultation interfère dans un processus qui procède uniquement des communes et peut, à ce titre, s’apparenter à une forme de tutelle d’une collectivité territoriale sur une autre. Or, au regard de l’article 72 de la Constitution qui consacre le principe de libre administration des collectivités territoriales, le maintien de la consultation du conseil général apparaît totalement injustifié.

De plus, cette consultation n’est pas prévue pour les autres catégories d’EPCI. Ainsi, aux termes des articles L. 5214-28, L. 5215-42 et L. 5216-9 du code général des collectivités territoriales, les communautés de communes, les communautés urbaines ainsi que les communautés d’agglomération peuvent être constituées et dissoutes librement par les communes qui en sont membres.

C’est pourquoi la présente mesure harmonise les procédures applicables aux différentes catégories d’EPCI et supprime l’avis conforme du conseil général.

Art. L. 5212-34, L. 5214-29 et L. 5721-7-1 du code général des collectivités territoriales : Simplification des procédures de dissolution pour inactivité
de différents groupements de collectivités territoriales

Le 4° du I simplifie et harmonise les procédures de dissolution pour inactivité des différents groupements de collectivités territoriales.

Actuellement, le code général des collectivités territoriales prévoit que les syndicats de communes (article L. 5212-34), les communautés de communes (article L. 5214-29) et les syndicats mixtes ouverts (article L. 5721-7-1) peuvent faire l’objet d’une dissolution, lorsqu’ils n’exercent aucune activité depuis deux ans au moins.

Le Conseil d’État a jugé dans un arrêt Commune de Saint-Florent du 13 décembre 1996, que ces groupements de collectivités territoriales sont considérés comme n’exerçant aucune activité depuis deux ans au moins lorsque leurs instances statutaires ont cessé de fonctionner depuis ce délai. Ainsi en est-il par exemple lorsque la dernière réunion du comité du syndicat ou de la communauté de communes s’est tenue deux ans auparavant et que les budgets des années précédentes ont été réglés et rendus exécutoires par le préfet.

Cette procédure permet d’éviter que ne soient artificiellement maintenues des structures, qui continuent d’avoir un coût – fût-il minime – injustifié pour les finances locales, alors même que l’inactivité durable de ces structures prouve leur inutilité. Dans chacun de ces cas, la dissolution est subordonnée à l’avis préalable des membres du groupement concerné.

Si un délai de trois mois est imparti aux membres des syndicats mixtes ouverts pour faire connaître leur avis sur la dissolution proposée, il n’en est pas de même s’agissant des procédures de dissolution pour inactivité des syndicats de communes et des communautés de communes. En effet, aucun délai n’est donné aux communes appartenant à des syndicats intercommunaux et des communautés de communes, lorsque le préfet propose la dissolution pour inactivité de la structure dont elles sont membres.

Face à cette différence de régime, la présente mesure fixe un délai identique en cas d’engagement d’une procédure de dissolution pour inactivité des syndicats de communes, des communautés de communes et des syndicats mixtes. Ce délai, calé sur celui déjà prévu par le code général des collectivités territoriales pour la dissolution des syndicats mixtes ouverts, sera de trois mois.

Par ailleurs, le 4° du I prévoit que l’absence d’avis vaut avis favorable. En l’état actuel du droit, le législateur n’a rien prévu en la matière s’agissant des syndicats intercommunaux et des communautés de communes. Il convient donc de combler cette lacune les concernant. S’agissant des syndicats mixtes ouverts, l’article L. 5721-7-1 dispose « qu’à défaut d’avis, celui-ci est réputé émis ». Cette notion, peu explicite, est source d’ambiguïté. En précisant que l’absence d’avis vaut avis favorable, les incertitudes juridiques seront levées, la procédure de dissolution pour inactivité des groupements ainsi clarifiée sera simplifiée et leur régime juridique sera harmonisé.

Enfin, le III du présent article rend applicable en Polynésie française cette simplification et cette harmonisation des procédures de dissolution pour inactivité des différents groupements de collectivités territoriales.

Art. 1er de la loi du 29 décembre 1892 sur les dommages causés à la propriété privée
par l’exécution des travaux publics :
Clarification des règles applicables aux collectivités territoriales
pour l’occupation temporaire de propriétés privées
lors de l’exécution de travaux publics

Le II du présent article clarifie les règles applicables aux communes, départements, régions et EPCI en cas d’occupation temporaire de propriétés privées pour l’exécution de travaux publics.

En effet, l’article 1er de la loi du 29 décembre 1892, relative aux dommages causés à la propriété privée par l’exécution des travaux publics, dispose dans sa rédaction actuelle que «  les agents de l’administration ou les personnes auxquelles elle délègue ses droits, ne peuvent pénétrer dans les propriétés privées pour y exécuter les opérations nécessaires à l’étude des projets de travaux publics, civils ou militaires exécutés pour le compte de l’État, des départements et des communes, qu’en vertu d’un arrêté préfectoral… ».

Si cet article ne mentionne expressément que les projets de travaux publics exécutés pour le compte de l’État, des communes et des départements, il convient de souligner que toutes les collectivités publiques, sans distinction, bénéficient dans les faits de la loi de 29 décembre 1892. En effet, l’énumération faite à l’article 1er de la loi précitée a de façon constante été interprétée comme ne visant pas uniquement les catégories de collectivités territoriales existant à la date d’adoption de la loi, mais également celles créées ultérieurement, comme les régions et les EPCI.

En mentionnant explicitement les régions, les EPCI et les établissements publics, le présent article clarifie le fait qu’en cas d’occupation temporaire de propriétés privées lors de l’exécution de travaux publics, la même règle est applicable à tous les échelons de collectivités territoriales.

Cette clarification des termes de la loi participe d’un souci de sécurité juridique et d’intelligibilité de la loi. Force est de constater que cette sécurisation des règles applicables en la matière est d’autant plus importante qu’en 2006, les administrations publiques locales représentaient 72,4 % de l’investissement réalisé par l’ensemble des administrations publiques (soit 43,5 milliards d’euros) et que cet investissement des administrations publiques locales est constitué pour 83 % par la construction de bâtiments, d’infrastructures ou d’équipements neufs et par la rénovation de ceux qui existent.

Art. L. 122-11 du code des communes de la Nouvelle-Calédonie :
Extension aux communes de la Nouvelle-Calédonie de la possibilité pour le maire de donner délégation de signature aux responsables de services communaux

Compte tenu de la taille de certaines communes de Nouvelle-Calédonie et notamment de celle de Nouméa, qui compte 90 000 habitants, la possibilité donnée au maire par le 1° du I du présent article de confier une délégation de signature aux responsables des services communaux doit être étendue à cette collectivité.

La Commission adopte un amendement du rapporteur rendant applicable en Nouvelle-Calédonie la disposition prévue par le 1° du I du présent article.

La Commission adopte le présent article ainsi modifié.

Article 34

(art. L. 2131-1, L. 3131-1 et L. 4141-1 du code général des collectivités territoriales ;
art. 6 de la loi n° 2002-276 du 27 février 2002)


Possibilité pour les collectivités territoriales de satisfaire à l’obligation d’affichage des actes par publication électronique

Le présent article résulte d’un amendement de votre rapporteur tendant à permettre aux collectivités territoriales de satisfaire à leur obligation légale d’affichage des actes par une publication électronique. En application des articles L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales pour les communes, L. 3131-1 pour les départements et L. 4141-1 pour les régions, l’affichage ou la publication constituent, avec la transmission de l’acte au représentant de l’État dans le département ou dans la région, des formalités nécessaires pour que leurs actes deviennent exécutoires. Actuellement, cet affichage ou cette publication doivent nécessairement être réalisées sur un support papier, même si le VII de l’article 6 de la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité permet, à titre complémentaire mais non exclusif, qu’une publication électronique soit effectuée.

Cependant, l’évolution des technologies de l’information et de la communication d’une part, ainsi que le nombre de plus en plus important d’actes faisant l’objet d’une publication ou d’un affichage d’autre part, ont conduit plusieurs collectivités territoriales à utiliser le support numérique pour diffuser, auprès du public, les informations les concernant, notamment via la mise en place de bornes électroniques ou de sites internet. Par ailleurs, certaines collectivités territoriales considèrent que l’affichage classique sur support papier n’est plus adapté et est même redondant avec l’affichage sur support numérique, lorsqu’il est recouru, à titre complémentaire, à la dématérialisation des actes et des délibérations. Enfin, la possibilité de recourir à titre exclusif à l’affichage électronique s’inscrit pleinement dans une démarche de réduction des coûts supportés par les collectivités territoriales grâce à la dématérialisation des actes et délibérations, sans porter atteinte au droit des citoyens à être informés des actes des collectivités territoriales.

En l’état actuel du droit, le recours exclusif à l’affichage numérique pour les collectivités qui le souhaitent n’est juridiquement pas possible. Le présent article permet que l’affichage sous forme de publication électronique des actes des collectivités territoriales puisse être organisé à titre exclusif. Naturellement, l’affichage classique demeurera possible pour les collectivités territoriales, notamment pour celles qui ne souhaiteront pas recourir à la faculté ouverte par la loi. En outre, afin d’entourer cette faculté nouvelle des garanties nécessaires, en termes de sécurité des données mises en ligne et de certitude de la date de publication, il est prévu qu’un décret fixera les conditions de mise en œuvre de l’affichage sur support numérique.

*

* *

M. le rapporteur. Cet amendement permet de dématérialiser la publication des actes des collectivités territoriales. Aujourd’hui, la législation impose un support papier, alors même que ce support est obsolète.

M. Jean-Michel Clément. Cela a-t-il pour effet de modifier la date à partir de laquelle un acte devient opposable ?

M. le rapporteur. Ces modalités d’application seront déterminées par un décret.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 35
(article 25 de la proposition)


(art. L. 861-10 et L. 863-3 du code de la sécurité sociale ; art. L. 36 du code des pensions de retraite des marins français du commerce, de pêche ou de plaisance)


Simplification et clarification de règles de compétence
en matière de protection sociale

Le présent article vise à remédier à deux situations de complexité des règles de compétence juridictionnelle existant en matière de protection complémentaire santé : d’une part, un cas de double compétence pour un même contentieux (1° du I) et, d’autre part, un cas d’incertitude sur la juridiction compétente (2° du I). Par ailleurs, cet article a été complété par un amendement de votre rapporteur simplifiant les règles de compétence pour les décisions d’attribution de pensions de retraite ou d’invalidité des marins régis par le code des pensions de retraite des marins français du commerce, de pêche ou de plaisance (II).

Art. L. 861-10 et L. 863-3 du code de la sécurité sociale :
Simplification et clarification de règles de compétence juridictionnelle
pour les contentieux en matière de protection complémentaire santé

Le droit à l’accès au juge constitue un droit fondamental pour les citoyens d’une démocratie, garanti par le premier paragraphe de l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme. Mais l’exercice effectif de ce droit est mis à mal lorsqu’il existe une incertitude sur le juge compétent dans une matière ou que le contentieux d’une même matière est réparti entre deux juridictions différentes. Il incombe alors au législateur de faire disparaître ces zones d’ombre juridictionnelle, qui sont source d’incompréhension, de délais et de coûts supplémentaires et injustifiés pour les justiciables.

Le 1° du I du présent article modifie l’article L. 861-10 du code de la sécurité sociale, afin de confier à une seule juridiction la compétence pour se prononcer sur les litiges relatifs au remboursement des prestations versées à tort par les organismes qui versent les prestations de la protection complémentaire en matière de santé, ainsi que les litiges relatifs aux demandes de remise ou de réduction de dette par les bénéficiaires de prestations indues.

En effet, si le IV de cet article L. 861-10 prévoit que « Les organismes prévus à l’article L. 861-4 peuvent obtenir le remboursement des prestations qu’ils ont versées à tort » et que « En cas de précarité de la situation du demandeur, la dette peut être remise ou réduite sur décision de l’autorité administrative compétente », la juridiction compétente pour examiner les contestations susceptibles d’intervenir à l’occasion de l’application de cette disposition n’est nulle part précisée. En conséquence de ce silence du texte, les juridictions ont fait application des règles générales de répartition des compétences : les contestations d’indus émanant d’organismes privés (caisses d’assurance maladie et organismes de protection sociale complémentaire) agissant pour leur propre compte relèvent de la compétence des juridictions civiles de droit commun, tandis que les recours contre les décisions de l’autorité administrative relatives aux demandes de remise ou de réduction de dette relèvent de la compétence des tribunaux administratifs.

Le souci de bonne administration de la justice et la simplification des règles relatives à l’accès au juge rendent nécessaire que l’ensemble des contentieux liés à une même situation de prestation indûment versée soit attribué à une même juridiction. Cette juridiction sera la commission départementale d’aide sociale, déjà compétente pour se prononcer sur les recours formés contre les refus d’attribution de la protection complémentaire en matière de santé, en application de l’article L. 861-5 du code de la sécurité sociale, ainsi que pour les contestations d’indus de revenu minimum d’insertion, en application de l’article L. 262-41 du code de l’action sociale et des familles.

Le 2° du I du présent article modifie l’article L. 863-3 du code de la sécurité sociale, afin d’attribuer expressément aux commissions départementales d’aide sociale la compétence juridictionnelle pour statuer sur les décisions de refus d’attribution de l’aide au paiement d’une assurance complémentaire de santé. En effet, l’article L. 862-4 du code de la sécurité sociale prévoit que les mutuelles, les institutions de prévoyance et les sociétés d’assurances sont assujetties à une contribution dont le taux est fixé à 2,5 % et assise sur le montant des cotisations et des primes des contrats d’assurance complémentaire de santé. L’article L. 863-2 du même code octroie aux personnes bénéficiant d’une aide au paiement d’une assurance complémentaire de santé en application de l’article L. 861-1 un crédit d’impôt, dont le montant est déduit du montant des primes ou cotisations sur présentation à la mutuelle, institution de prévoyance ou société d’assurances d’une attestation de crédit d’impôt.

En application de l’article L. 863-3, la décision accordant le droit à déduction du crédit d’impôt est prise par le directeur de la caisse d’assurance maladie dont relève le demandeur. Mais aucun texte ne prévoit quelle est la juridiction compétente en cas de contestation du refus du directeur d’accorder le droit à déduction du crédit d’impôt. Dans une décision en date du 19 mai 2006 (28), le Conseil d’État a attribué le contentieux contre les décisions de refus d’attribution de l’aide au paiement d’une assurance complémentaire de santé aux commissions départementales d’aide sociale, considérant que « la compétence donnée par l’article L. 861-5 du code de la sécurité sociale aux juridictions de l’aide sociale pour connaître des recours contre les décisions prises par l’autorité administrative en matière de protection complémentaire de santé s’étend aux recours contre les décisions par lesquelles cette même autorité se prononce sur les demandes tendant à bénéficier du "crédit d’impôt" au titre des contrats d’assurance complémentaire de santé individuels ».

Cette décision apparaît pleinement justifiée au regard des impératifs de bonne administration de la justice : en effet, les commissions départementales d’aide sociale étant compétentes pour les litiges relatifs à l’attribution de l’aide au paiement d’une assurance complémentaire de santé, il apparaît logique qu’elles le soient également pour statuer sur l’attribution du crédit d’impôt auquel l’attribution de cette aide donne droit. Le présent article, en donnant un fondement législatif à cette compétence des commissions départementales d’aide sociale, clarifie le dispositif législatif existant et facilitera pour le justiciable l’exercice effectif de son droit d’accès au juge.

Art. L. 36 du code des pensions de retraite des marins français du commerce, de pêche ou de plaisance : Simplification des règles de compétence pour les décisions d’attribution de pensions de retraite ou d’invalidité des marins

Le II du présent article résulte d’un amendement de votre rapporteur adopté par la Commission, tendant à mettre fin à une différence d’autorité compétente pour l’attribution de pensions régies par les mêmes dispositions et versés aux mêmes bénéficiaires. En effet, le dispositif actuel du code des pensions de retraite des marins prévoit des niveaux de décision différents pour l’octroi ou le rejet des pensions, selon que la pension en cause est une pension de retraite ou d’invalidité. Ainsi, si les décisions d’octroi sont prises dans les deux cas par le directeur de l’Etablissement national des invalides de la marine (ENIM), le refus de pension relève d’une décision ministérielle pour les retraites et du directeur de l’ENIM pour l’invalidité.

Afin, d’une part, de simplifier et d’homogénéiser les processus de décision, et d’autre part, de clarifier la répartition normale des responsabilités entre un opérateur, établissement public doté de la personnalité morale, et son autorité de tutelle, il convient de donner entière compétence au directeur de l’ENIM pour toutes les décisions relatives à l’octroi ou au refus de pension.

Par ailleurs, ce même article L. 36 fait référence à un recours exercé devant la juridiction administrative, alors que depuis la loi n° 85-10 du 3 janvier 1985 la juridiction compétente pour connaître des litiges relatifs aux pensions de retraite des marins est le tribunal des affaires de sécurité sociale. Le présent amendement met donc la rédaction de l’article L. 36 du code des pensions de retraite des marins en conformité avec la répartition des compétences entre les juridictions.

La Commission adopte l’amendement du rapporteur confiant au directeur de l’Établissement national des invalides de la marine les décisions de refus d’une pension de retraite, par analogie avec la procédure en applicable en matière de refus d’une pension d’invalidité, puis adopte l’article 35 ainsi modifié.

Article 36

(art. L. 521-1 du code forestier)


Intégration de l’Inventaire forestier national à l’Office national des forêts

Le présent article résulte d’un amendement du Président Jean-Luc Warsmann, tendant à permettre l’intégration de l’Inventaire forestier national à l’Office national des forêts (ONF). En effet, le Conseil de modernisation des politiques publiques du 11 juin 2008 a prévu que « l’Inventaire forestier national sera intégré à l’Office national des forêts, sans que son implantation en soit modifiée ». Cette réforme s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques et de la restructuration des établissements publics sous tutelle du ministère chargé de l’agriculture.

Afin de permettre la mise en œuvre de cette évolution, il est nécessaire de lever un obstacle juridique lié à la rédaction actuelle de l’article L. 521-1 du code forestier. En effet, cet article dispose que « l’autorité administrative procède, avec l’aide financière du fonds forestier national, à l’inventaire permanent des ressources forestières nationales, indépendamment de toute question de propriété ». L’Inventaire forestier national devant être intégré à l’ONF, il est nécessaire de préciser que celui-ci sera désormais l’autorité administrative compétente pour procéder à l’inventaire permanent des ressources forestières nationales.

L’ONF étant un établissement public industriel et commercial, il ne peut être considéré comme une autorité administrative en application de l’article 1er de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, qui exclut les établissements publics industriels et commerciaux. Cette définition de l’autorité administrative est confirmée par une jurisprudence constante du Conseil d’État (29), qui a jugé que l’ONF n’était pas une autorité administrative. Les termes « autorité administrative » figurant à l’article L. 521-1 du code forestier ne permettent donc pas à l’ONF d’exercer les compétences jusqu’ici exercées par l’Inventaire forestier national, qui avait la qualité d’établissement public administratif.

Par ailleurs, le Fonds forestier national (qui était un compte d’affectation spéciale) ayant été abrogé par l’article 72 de la loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001 d’orientation sur la forêt, il convient également de supprimer la référence à ce Fonds dans l’article L. 521-1.

La modification de l’article L. 521-1 du code forestier constituera tout à la fois une mesure de simplification et de rationalisation de l’organisation des services publics, de clarification des compétences en matière forestière et d’amélioration de la lisibilité du droit grâce à l’abrogation des dispositions obsolètes sur le Fonds forestier national.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 37
(article 26 de la proposition)


(art. L. 33-4 du code des postes et des communications électroniques ;
art. L. 3111-4 et L. 3114-5 du code de la santé publique)


Réduction du nombre de commissions administratives

L’un des pires travers de la culture administrative française est la tendance à la multiplication des commissions administratives. Pendant trop longtemps, pas une loi, pas un décret n’étaient adoptés sans que soit créée une commission administrative. Ces commissions sont devenues le symbole d’un mode de fonctionnement de l’administration excessivement lourd et formaliste. La conséquence de cette dérive est que soit certaines commissions ne se réunissent plus ou presque plus, faute d’objet, soit plusieurs commissions ont des champs de compétence proches au point de se superposer en tout ou partie, avec un coût parfois non négligeable pour les finances publiques.

Depuis le début de la précédente législature, le Gouvernement a engagé une action déterminée de réduction du nombre des commissions administratives créées par des actes réglementaires. Outre la suppression au cas par cas de plus de 200 commissions, l’action la plus forte et qui se révélera la plus efficace sur le long terme a été l’adoption du décret n° 2006-672 du 8 juin 2006 relatif à la création, à la composition et au fonctionnement de commissions administratives à caractère consultatif. En effet, ce décret, qui s’applique aux « commissions administratives à caractère consultatif, quelle que soit leur dénomination, placées auprès des autorités de l’État et des établissements publics administratifs de l’État, à l’exception des autorités administratives indépendantes » et des commissions créées pour l’application des lois relatives aux statuts de la magistrature, des fonctionnaires et des militaires, a pour philosophie générale de rechercher parmi les commissions existantes celles dont l’existence ne se justifie plus et de limiter aux cas strictement nécessaires la création de nouvelles commissions administratives.

Il contient plusieurs règles essentielles destinées à atteindre ce double objectif. Tout d’abord, sauf lorsque son existence est prévue par la loi, une nouvelle commission ne peut être créée par décret que pour une durée maximale de 5 ans et après réalisation d’une « étude permettant notamment de vérifier que la mission impartie à la commission répond à une nécessité et n’est pas susceptible d’être assurée par une commission existante » (article 2). Surtout, afin de réduire le stock existant de commissions, l’article 17 dispose que « les dispositions réglementaires instituant des commissions administratives définies à l’article 1er créées avant la date de publication du présent décret sont abrogées au terme d’un délai de trois ans à compter de cette date ». Toutes les commissions créées par décret avant le 9 juin 2006 disparaîtront donc le 9 juin 2009, sauf si le pouvoir réglementaire a expressément et par un nouveau décret choisi de les maintenir.

Ce volontarisme du Gouvernement ne saurait qu’être partagé par le législateur. Celui-ci doit se montrer exemplaire, d’une part, en évitant de créer de nouvelles commissions lorsqu’un organisme existant est à même d’assumer la mission qu’il est envisagé de confier à la nouvelle commission, et, d’autre part, pour les commissions existantes, en recherchant autant que possible à en réduire le nombre par la suppression de celles devenues sans objet et en regroupant les commissions dont les missions sont proches. Tel est précisément l’objet du présent article, qui fusionne en une seule commission deux commissions intervenant dans le même domaine. En outre, cet article a été complété par un amendement de votre rapporteur supprimant des références à un Conseil qui n’exerce plus aucune attribution.

Le I du présent article modifie l’article L. 33-4 du code des postes et des communications électroniques, afin de fusionner en une seule commission deux commissions intervenant toutes deux dans le domaine des communications électroniques. Cet article prévoit en effet que « sont placées auprès du ministre chargé des communications électroniques et de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes deux commissions consultatives spécialisées, d’une part dans le domaine des réseaux et des services radioélectriques, d’autre part dans celui des autres réseaux et services ». Ces deux commissions, composées chacune de vingt-et-un membres, sont chargées de rendre des avis sur les textes réglementaires et autres mesures relatifs à la téléphonie mobile. L’existence de deux commissions apparaît ici inutile, une seule et même commission pouvant sans aucun inconvénient assumer la mission prévue par l’article L. 33-4 du code des postes et des communications électroniques.

Le présent article a été complété par un amendement de votre rapporteur supprimant, dans le code de la santé publique, deux références renvoyant au Conseil supérieur d’hygiène publique de France. En effet, les missions d’expertise du Conseil supérieur d’hygiène publique de France en matière de vaccinations (article L. 3111-4 du code de la santé publique) et de mesures de lutte contre les maladies transmises par les insectes (article L. 3114-5 du code de la santé publique) relèvent désormais de la compétence du Haut conseil de la santé publique, en application de l’article L. 1411-4 du code de la santé publique, issu de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Le Haut Conseil comprend une commission spécialisée chargée des maladies transmissibles, à laquelle est rattaché le comité technique des vaccinations.

Cette mesure permettra la suppression du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, qui n’a pas été renouvelé à l’expiration des mandats de ses membres et dont toutes les missions ont désormais été transférées, selon les cas, au Haut conseil de la santé publique ou aux agences de sécurité sanitaire compétentes.

La Commission adopte un amendement du rapporteur revenant sur la suppression du Haut conseil du secteur public et du Haut conseil du secteur financier public et semi-public, cette suppression étant devenue sans objet du fait du déclassement des dispositions concernées par le Conseil constitutionnel.

Puis la Commission adopte un amendement du même auteur supprimant des références au Conseil supérieur d’hygiène publique de France, dont les compétences ont été transférées au Haut Conseil de la santé publique.

La Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 38
(article 27 de la proposition)



Création d’une procédure de saisie de créance simplifiée pour le recouvrement des créances domaniales et des produits divers de l’État

Le présent article a pour objectif d’améliorer l’efficacité du recouvrement des créances domaniales et des produits divers de l’État, en créant une procédure de recouvrement simplifiée qui, à la différence d’autres catégories ne créances, n’existe pas actuellement. Actuellement, le recouvrement des produits divers  (30) de l’État et des créances domaniales est poursuivi en application des procédures civiles d’exécution de droit commun de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d’exécution.

Cependant, les procédures prévues par ce texte et que doivent mettre en œuvre les services de l’État dans cette mission de recouvrement sont lourdes, coûteuses et d’une faible efficacité au regard des moyens financiers et humains engagés. Elles sont surtout inadaptées aux enjeux budgétaires en cause puisque, selon les informations fournies à votre rapporteur, les produits divers de l’État pris en charge en 2006 représentaient 25,8 milliards d’euros (chiffre total comprenant les fonds de concours, reversements de fonds et comptes spéciaux), tandis que le montant des produits domaniaux s’élevait à 394 millions d’euros. Or, contrairement aux amendes et condamnations prononcées par les juridictions et aux produits des collectivités locales, dont le recouvrement est possible par voie, respectivement, d’opposition administrative (31) et d’opposition à tiers détenteur (32), le recouvrement des produits divers de l’État et des produits domaniaux ne bénéficie toujours pas d’une procédure adéquate et à la hauteur de ces enjeux.

C’est donc dans le but de moderniser et de rendre plus efficace le recouvrement de ces créances que le présent article crée une procédure de saisie de créance simplifiée, assortie du droit de communication des informations nécessaires à l’exercice de la saisie. La saisie de créance simplifiée emportera l’effet d’attribution immédiate, prévu par l’article 43 de la loi du 9 juillet 1991 précitée, des sommes saisies disponibles à concurrence des sommes pour lesquelles la saisie est pratiquée.

À titre d’illustration, le Compte d’affectation spéciale « Pensions » prévu par l’article 21 de la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances et créé par l’article 51 de la loi de finances pour 2006 (n° 2005-1719 du 30 décembre 2005), est entré en application le 1er janvier 2006. Ce compte porte sur un enjeu important, à savoir la connaissance des recettes et des dépenses de retraite des fonctionnaires, afin de permettre de budgétiser ces dépenses au plus près de leur coût réel. Or l’ouverture des crédits est déterminée par la constatation des recettes, notamment des indus de pensions et rachat d’années d’études recouvrés par le Trésor public. La saisie de créance simplifiée constituera l’outil adapté permettant d’en améliorer le rendement.

Cette procédure appliquée à l’ensemble des autres produits composant les « produits divers de l’État », essentiellement constitués de sanctions pécuniaires prononcées à la suite de contrôles, sera garante de l’effectivité des politiques publiques menées. Enfin, la création de la procédure de saisie de créance simplifiée induira des gains immédiats en termes de frais de fonctionnement et de procédure, puisque le recours aux huissiers de justice ne sera plus systématique et pourra être réservé aux situations où la nature des tâches de recouvrement à réaliser justifie réellement de faire appel aux compétences des huissiers.

La Commission adopte deux amendements rédactionnels du rapporteur, ainsi qu’un amendement étendant les dispositions de l’article 27 aux territoires ultramarins.

Puis elle adopte cet article ainsi modifié.

Article 39
(article 28 de la proposition)


(art. L. 1617-4, L. 1617-5 et L. 1874-1 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 2323-5 du code général de la propriété des personnes publiques)


Simplification des dispositions applicables aux actes
des comptables des collectivités territoriales

Le présent article contient quatre mesures destinées à alléger le formalisme imposé aux actes des comptables des collectivités territoriales. Ces mesures simplifieront l’exercice des missions et amélioreront l’efficacité de l’action des comptables du Trésor, auxquels l’article L. 1617-1 du code général des collectivités territoriales attribue la qualité de comptable des communes, des départements et des régions, sans porter atteinte à la sécurité juridique des actes accomplis.

—  Le 1° du I simplifie la rédaction de l’article L. 1617-4 du code général des collectivités territoriales, qui définit le champ d’application des dispositions du chapitre relatif aux comptables des collectivités territoriales. Actuellement, cet article énumère les différentes catégories d’établissements publics auxquels ces dispositions s’appliquent : sont ainsi visés les « établissements publics communaux et intercommunaux, (…) établissements publics départementaux, (…) établissements publics interdépartementaux, (…) établissements publics communs aux communes et aux départements ainsi [que les] établissements publics communs à des collectivités locales ou groupements de ces collectivités ». En revanche, sont exclus les « établissements publics de santé, sauf disposition particulière du code de la santé publique ».

Cette définition du champ d’application de dispositions par énumération des établissements auxquels elle s’applique ne paraît pas être une bonne méthode de rédaction de la législation : d’une part, la disposition apparaît peu lisible et difficilement compréhensible, d’autre part et surtout, le risque d’oublier une coordination dans cette liste en cas de création, de suppression ou de modification d’une catégorie d’établissements est toujours important avec ce type de disposition. Une rédaction de caractère général est donc nettement préférable, ce que réalise le I du présent article, issu de l’adoption d’un amendement de votre rapporteur, en visant dorénavant les « les établissements publics des collectivités territoriales » et en précisant que « toutefois, elles ne sont pas applicables aux établissements publics de santé, sauf disposition particulière du code de la santé publique ».

L’exclusion des établissements publics de santé du champ d’application des dispositions comptables du code général des collectivités territoriales est en effet nécessaire, car ces établissements ne sont pas des établissements des collectivités territoriales. Les collectivités territoriales n’exercent vis-à-vis d’eux aucune compétence décisionnelle, le code de la santé publique ne prévoyant, dans ses articles L. 6141-1 et suivants, que leur rattachement géographique à ces collectivités. De plus, ces établissements sont créés et contrôlés par l’agence régionale de l’hospitalisation au nom de l’État. Ils ne sont donc ni administrés par les collectivités territoriales ni financés par elles.

Dès lors, contrairement à ce que prévoient la rédaction actuelle de l’article L. 1617-4 du code général des collectivités territoriales ainsi que la rédaction initiale de la proposition de loi, il convient de prévoir que les dispositions prévues par le code général des collectivités territoriales en matière de comptabilité des collectivités ne sont, par principe, pas applicables à ces établissements publics de santé, mais que, par exception, si le code de la santé publique le prévoit, certaines de ces dispositions peuvent leur être applicables.

—  Le a) du 2° du I vise à clarifier l’interprétation devant être faite de l’article 4 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations dans le cas des signatures de titres de recettes. Le deuxième alinéa de cet article dispose que « toute décision prise par l’une des autorités administratives visées à l’article 1er comporte, outre la signature de son auteur, la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ». Or une décision récente de la Cour administrative d’appel de Versailles (33) a considéré que les titres de recettes émis par les autorités administratives constituaient des décisions au sens de l’article 4 précité, et qu’en conséquence ils devaient être signés pour être valables.

Pour compréhensible et juridiquement fondée que soit cette décision, qui vise à garantir le droit de chaque citoyen de connaître l’autorité administrative auteur de la décision dont elle est l’objet et de vérifier sa validité grâce à la signature qui y figure, elle n’en pose pas moins de très sérieux problèmes pratiques pour les collectivités territoriales. En effet, les maires, les présidents de conseils généraux, les présidents de conseils régionaux émettent chaque année plus de 80 millions de titres de recettes, qui sont, pour des raisons pratiques aisément compréhensibles, signés collectivement et non individuellement comme le voudrait la décision susvisée de la Cour administrative d’appel de Versailles. Cette jurisprudence apparaît donc susceptible d’affecter la validité juridique de millions de titres de recettes.

En conséquence, la mesure proposée par le a) du 2° du I retient une lecture moins formaliste de l’article 4 de la loi du 12 avril 2000 précitée, qui permettra de concilier la bonne marche des collectivités territoriales avec le respect des droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations. Ainsi, le titre de recettes devra mentionner les éléments permettant d’identifier son auteur, ce qui permettra à son destinataire de vérifier sa compétence. Toutefois, afin de ne pas imposer aux ordonnateurs locaux la signature de millions de pièces, qui représenterait une charge administrative excessive, seul le bordereau accompagnant les titres de recettes devra être signé. En cas de contestation sur l’existence de la signature ou sur la compétence du signataire, il appartiendra à la collectivité territoriale de produire devant la juridiction saisie ce bordereau signé.

La solution retenue ne remet pas en cause le droit des citoyens de vérifier l’existence et la validité de la signature de l’auteur de l’acte, la cour administrative d’appel de Versailles n’ayant d’ailleurs dans sa décision pas exigé que l’exemplaire adressé au destinataire de la décision soit lui-même signé, pourvu que l’un des autres volets du titre exécutoire le soit (34). Elle est également conforme à la jurisprudence du Conseil d’État sur les signatures d’ampliations, celui-ci ayant considéré que la circonstance qu’une ampliation notifiée à une personne ne soit pas signée était sans effet sur la légalité de l’acte, pourvu que l’original de l’acte lui-même le soit (35). Enfin, elle a l’intérêt de ne pas compromettre le développement de la dématérialisation des actes administratifs, engagé par les collectivités territoriales et répondant aux attentes de simplification des relations avec les administrations exprimées par nos concitoyens.

—  Les b) et c) du 2° du I partagent un objectif commun d’amélioration de l’efficacité du recouvrement des créances des collectivités territoriales. Lorsqu’ils recouvrent les créances des collectivités territoriales, les services du Trésor peuvent, en application du 6° de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, obtenir d’un certain nombre de personnes visées par cet article les informations et renseignements nécessaires à l’exercice de cette mission, sans que le secret professionnel puisse leur être opposé. Ces informations peuvent être sollicitées auprès des collectivités territoriales et de leurs établissements publics locaux, des administrations et entreprises publiques, des établissements et organismes de sécurité sociale, ainsi que des organismes ou particuliers assurant des prestations de services à caractère juridique, financier ou comptable ou détenant des biens ou des fonds pour le compte de débiteurs.

Alors que la création de la direction générale des finances publiques, effective depuis la publication du décret du 3 avril 2008 (36), a rapproché les services de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique, le 6° de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction actuelle a pour effet de maintenir cloisonnés leurs systèmes d’information respectifs, en imposant qu’ils recourent entre eux à des échanges d’information selon les mêmes modalités que les échanges d’informations avec un établissement bancaire par exemple. Ainsi, actuellement, des formulaires sur support papier sont remplis par les services du Trésor public et sont adressées par voie postale aux destinataires concernés, que celui-ci soit un employeur, une banque, un organisme de sécurité sociale ou un autre service de la direction générale des finances publiques.

C’est donc afin de rendre possible le partage d’informations au sein des services de la direction générale des finances publiques que le b) du 2° du I permet aux comptables des collectivités et établissements publics locaux de disposer du même droit d’accès direct aux fichiers fiscaux que celui déjà reconnu aux comptables en charge du recouvrement des impôts. Si, d’après les informations fournies à votre rapporteur, il n’existe pas de statistiques nationales sur le volume des échanges de renseignements entre les trésoreries en charge du recouvrement des produits locaux et les services en charge de l’assiette et du recouvrement de l’impôt, l’on peut toutefois estimer que cet accès direct aux fichiers fiscaux sera source d’un gain de temps non négligeable aussi bien pour le service émettant la demande que pour celui devant y répondre.

Les délais dans lesquels les trésoreries obtiendront les éléments d’informations nécessaires au recouvrement seront réduits ; la phase amiable pourra être entamée plus rapidement, tandis que, le cas échéant, la phase de recouvrement forcé pourra être mise en œuvre dans des délais plus brefs et donc plus propices à un recouvrement efficace. En 2006, le nombre de dossiers terminés en phase comminatoire a été de 78 174, seuls 10 317 (soit 13,20 %) de ces dossiers ayant donné lieu à un paiement total et 3 264 (soit 4,17 %) à un paiement partiel. L’on peut donc attendre de cette mesure une nette amélioration des taux de recouvrement des produits locaux.

La mesure prévue par le c) du 2° du I vise également à simplifier le recouvrement des créances des collectivités territoriales, en supprimant le recours obligatoire à un huissier de justice préalablement à la mise en œuvre de l’opposition à tiers détenteur. En effet, actuellement, le 7° de l’article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales prévoit que, préalablement à la mise en oeuvre de l’opposition à tiers détenteur pour le recouvrement d’une somme supérieure à un montant fixé par décret en Conseil d’État (37), le comptable doit obligatoirement demander à un huissier de justice d’obtenir du débiteur, dans un délai fixé par décret en Conseil d’État (38), qu’il s’acquitte entre ses mains du montant de sa dette. Dans ce cas, les frais de recouvrement sont versés directement par le redevable à l’huissier de justice. Dans le cas de la procédure
– très comparable – d’avis à tiers détenteur utilisée pour le recouvrement fiscal, le recours à un huissier de justice n’est pas obligatoire, celui-ci n’intervenant que dans les cas les plus délicats pour lesquels la compétence particulière des huissiers en matière de recouvrement mérite d’être utilisée.

Afin d’améliorer l’efficacité du recouvrement, d’accélérer les procédures et d’en alléger le coût pour les contribuables, le recours à l’intervention des huissiers dans le recouvrement des créances des collectivités territoriales et des établissements publics locaux deviendra donc facultatif. Cet alignement du recouvrement forcé des produits locaux sur celui des produits d’État constitue une mesure de bon sens et d’équité de traitement entre les diverses créances publiques, désormais toutes recouvrées par la direction générale des finances publiques. Surtout, les compétences accrues des organismes publics locaux, ainsi que la nécessité de maintenir l’équilibre des comptes publics locaux, justifient pleinement que les recettes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics soient collectées avec des moyens juridiques leur garantissant la même efficacité de recouvrement qu’aux recettes de l’État.

Enfin, le 3° du I et le II de l’article procèdent aux coordinations nécessaires pour permettre l’application en Polynésie française du 2° du I de l’article, tandis que le III procède à une coordination de références.

La Commission adopte un amendement du rapporteur précisant que les dispositions du code général des collectivités territoriales en matière de comptabilité ne s’appliquent pas aux établissements publics de santé, ainsi que deux amendements rédactionnels et un amendement de coordination du même auteur.

Puis la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 40
(article 29 de la proposition)


(art. L. 1311-13, L. 2321-2, L. 1841-1 et L. 4424-2
du code général des collectivités territoriales)


Clarification et simplification de dispositions applicables
aux collectivités territoriales

Le présent article comprend trois mesures destinées soit à clarifier des dispositions insuffisamment précises du code général des collectivités territoriales (1° et 3° du I), soit à supprimer une obligation désuète pesant sur certaines communes (2° du I).

Le 1° du I apporte une précision à l’actuelle rédaction de l’article L. 1311-13 du code général des collectivités territoriales. Cet article, introduit dans le code général des collectivités territoriales par l’ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006 relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques, prévoit que les maires, les présidents de conseils généraux et de conseils régionaux et les présidents d’établissements publics rattachés à une collectivité territoriale « sont habilités à recevoir et à authentifier, en vue de leur publication au bureau des hypothèques, les actes concernant les droits réels immobiliers ainsi que les baux, passés en la forme administrative par ces collectivités et établissements publics ». C’est ainsi une fonction « notariale » qui est confiée aux exécutifs locaux, consistant à authentifier des actes passés par la collectivité territoriale à la tête de laquelle ils se trouvent. Cependant, une telle fonction suppose une neutralité que le maire, le président de conseil général, le président de conseil régional ou le président d’établissement public ne peut avoir dans la mesure où il représente dans le même temps la collectivité ou l’établissement public qu’il préside.

La mesure proposée remédie à cette imprécision de la rédaction issue de l’ordonnance du 21 avril 2006 précitée, en prévoyant que lorsqu’est mise en œuvre la procédure de réception et d’authentification des actes mentionnée au premier alinéa de l’article L. 1311-13 du code général des collectivités territoriales, la collectivité territoriale ou l’établissement public partie à l’acte est représenté, lors de la signature de l’acte, par un adjoint ou un vice-président dans l’ordre de leur nomination.

Le 2° du I tend à supprimer une obligation désuète pesant sur les communes chefs-lieux de canton. En effet, ces communes sont tenues de conserver pendant cinq ans les collections complètes du Journal officiel, en application de l’arrêté interministériel du 31 décembre 1926 portant règlement des archives communales et de l’article L. 2321-2 du code général des collectivités territoriales qui fait figurer parmi les dépenses obligatoires de ces communes les frais de conservation du Journal officiel. Cette disposition apparaît parfaitement désuète, le Journal officiel étant aujourd’hui pour nos concitoyens plus aisément accessible par voie électronique qu’en se rendant à la mairie de la commune chef-lieu de canton. En outre, certaines communes rencontrent des problèmes d’encombrement de locaux et de disponibilité des personnels communaux, rendant absurde l’utilisation d’espaces et de moyens humains pour archiver des documents que très peu de personnes consultent.

Dans une réponse à une question écrite posée par l’un de nos collègues députés, le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales a d’ailleurs indiqué qu’il envisageait de supprimer cette disposition (39). La suppression du caractère de dépense obligatoire des frais de conservation du Journal officiel, qui devra être suivie dès la promulgation de la présente loi par l’abrogation de l’arrêté interministériel du 31 décembre 1926, permettra aux communes chefs-lieux de canton de réaliser des économies d’espace et de moyens humains, qui pourront être réaffectés à des missions plus directement utiles aux habitants des communes concernées.

Le 3° du I vise à réparer une imprécision de rédaction de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux responsabilités et libertés locales, en prévoyant expressément le transfert à la collectivité territoriale de Corse des biens immobiliers des collèges et des lycées. En effet, la rédaction issue de cette loi peut laisser accroire que ce transfert n’a pas eu lieu, alors que l’intention du législateur n’a jamais été d’exclure la collectivité territoriale de Corse de l’application de cette disposition.

L’article 79 de la loi du 13 août 2004 précitée, allant au bout de la logique de décentralisation amorcée par la loi n° 83-662 du 22 juillet 1983 complétant la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départements, les régions et l’État, a transféré la propriété des biens immobiliers des collèges et des lycées respectivement aux départements et aux régions. En effet, avant 2004, les départements et les régions étaient compétents pour construire, reconstruire, étendre, effectuer les grosses réparations et faire fonctionner les collèges et les lycées, mais n’étaient propriétaires que des locaux dont ils avaient assuré la construction ou reconstruction avant le 1er janvier 1986 et des locaux qu’ils avaient construits après cette date. Les collectivités territoriales n’étaient donc pas propriétaires des établissements construits ou reconstruits par l’État avant le 1er janvier 1986. Ce double régime de propriété des collèges et des lycées n’apparaissait plus cohérent avec l’exercice de leurs compétences par les collectivités territoriales sur l’ensemble des établissements, quel qu’en soit le propriétaire ; c’est pour cette raison que l’article 79 de la loi du 13 août 2004 précitée a opéré ce transfert de propriété.

Cependant, alors qu’à aucun moment les débats parlementaires ne révèlent que le législateur ait souhaité que ce transfert ne concerne pas la collectivité territoriale de Corse, le placement des articles L. 213-3 et L. 214-7 du code de l’éducation modifiés par l’article 79 de la loi du 13 août 2004 dans des chapitres respectivement consacrés aux compétences des départements et des régions (40) exclut de facto la collectivité territoriale de Corse de ce transfert, dont les compétences en matière d’éducation font l’objet d’un chapitre à part au sein de ce code (41). Or ce transfert de propriété, justifié par la nécessité de mettre fin à une situation caractérisée par « une juxtaposition des régimes juridiques qui ne peut que nuire à la lisibilité du système et à la conduite par les collectivités d’une politique cohérente pour l’ensemble des équipements dont elles assument la gestion » et contredisant « le principe selon lequel le transfert de compétences doit, lorsqu’il est définitif, s’accompagner d'un transfert plein et entier des biens » (42), était tout autant nécessaire et fondé pour la Corse que pour les régions et départements.

En conséquence, le 3° du I complète l’article L. 4424-2 du code général des collectivités territoriales qui définit les compétences de la collectivité territoriale de Corse en matière d’éducation, afin d’appliquer aux collèges et lycées situés dans cette collectivité le même régime de transfert de propriété que celui appliqué aux établissements scolaires des départements et régions. Ainsi, les établissements appartenant à l’État à la date d’entrée en vigueur de la loi du 13 août 2004 précitée sont transférés à la collectivité territoriale de Corse en pleine propriété à titre gratuit, ce transfert ne donnant lieu au versement d’aucun droit, taxe, salaire ou honoraires. En outre, les biens immobiliers des établissements appartenant à un département, une commune ou un groupement de communes pourront être transférés en pleine propriété à la collectivité territoriale de Corse, à titre gratuit par accord des parties. Dans ce dernier cas, lorsque la collectivité territoriale de Corse aura effectué sur ces biens des travaux de construction, de reconstruction ou d'extension, le transfert sera de droit si elle le demande, et ne donnera lieu au versement d’aucune contrepartie financière.

Enfin, le 4° du I et le II de l’article procèdent aux coordinations nécessaires pour permettre l’application en Polynésie française des 1° et 2° du I de l’article.

La Commission adopte un amendement rédactionnel du rapporteur, puis cet article ainsi modifié.

Article 41
(article 30 de la proposition)


(art. L. 114-3 et L. 151-3 du code de la voirie routière)


Simplification de procédures et correction d’une erreur rédactionnelle
dans le domaine des compétences respectives des collectivités territoriales
et de l’État en matière de voirie routière

Le du présent article procède à une simplification des procédures d’adoption des plans de dégagement. Ces plans, prévus par l’article L. 114-3 du code de la voirie routière, ont pour objet de permettre aux personnes publiques propriétaires du domaine routier d’assujettir certains terrains à des servitudes de visibilité. Ainsi, les propriétaires riverains du domaine public routier départemental ou communal peuvent être frappés de servitudes destinées à assurer une meilleure visibilité à proximité de croisements, virages ou points dangereux pour la circulation publique. Ces servitudes consistent notamment à interdire toute construction ou plantation à l’intérieur du plan de dégagement défini.

Ces plans de dégagement sont soumis à une enquête publique organisée par le président du conseil général ou par le maire, selon la nature de la voie concernée. Pourtant, bien que l’intégralité de cette procédure soit menée par une autorité décentralisée, le plan de dégagement doit être approuvé par arrêté préfectoral après avis du conseil général ou du conseil municipal. Il apparaît paradoxal de constater que les préfets, qui n’ont nullement suivi l’élaboration de ces plans strictement locaux, sont compétents pour approuver de tels plans.

En outre, l’on peut remarquer que la procédure d’élaboration des plans d’alignement, prévue par l’article L. 112-1 du code de la voirie routière, est intégralement décentralisée, alors même que ces plans portent davantage atteinte au droit de propriété que les plans de dégagement. En effet, ils sont approuvés par une simple délibération du conseil général ou du conseil municipal, après enquête publique. Or, en application de l’article L. 112-2 du même code, la publication du plan d’alignement pour les propriétés non bâties attribue de plein droit à la collectivité propriétaire de la voie publique le sol de ces propriétés dans les limites qu’il détermine, tandis que les articles L. 112-5 et L. 112-6 interdisent toute construction nouvelle susceptible d’empiéter sur l’alignement et tous travaux confortatifs sur un bâtiment frappé d’alignement, sauf si l’immeuble est classé monument historique.

En conséquence, par souci d’allègement d’une procédure inutilement lourde, ainsi que par souci de cohérence avec la législation applicable à la procédure d’alignement, le 1° transfère aux conseils généraux et aux communes la compétence pour approuver les plans de dégagement des routes départementales et communales. Bien que le réseau routier national soit devenu, en application du III de l’article 18 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux responsabilités et libertés locales, la propriété des départements, à l’exception des routes d’intérêt national ou européen, l’approbation des plans de dégagement des routes nationales restera de la compétence du représentant de l’État dans le département, afin de maintenir un contrôle de l’État pour ces routes qui ne présentent pas exclusivement un intérêt local. La cohérence entre les plans d’alignement et les plans de dégagement est ainsi maintenue, puisque le contrôle du représentant de l’État dans le département est prévu par l’article L. 123-6 pour les plans d’alignement des routes nationales.

Le du présent article procède quant à lui à une correction d’un oubli de coordination, à la suite d’une modification réalisée par la loi n° 2007-1787 du 20 décembre 2007 de simplification du droit. En effet, cette loi a modifié l’article L. 151-2 du code de la voirie routière pour alléger la procédure d’attribution à une route du caractère de route express, en remplaçant le décret exigé jusque-là par un arrêté ministériel ou préfectoral selon que la voie appartient à l’État ou au département. Cependant, une référence erronée au décret est demeurée dans l’article L. 151-3 du même code, que le présent II vient donc mettre en cohérence avec la nouvelle règle résultant de la loi du 20 décembre 2007 précitée.

Après avoir adopté un amendement rédactionnel du rapporteur, la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 42
(article 31 de la proposition)


(art. L. 523-4 du code du patrimoine ; art. L. 2122-22, L. 3211-2 et L. 4221-5 du code général des collectivités territoriales)


Possibilité pour les collectivités territoriales de déléguer
à leur organe exécutif les décisions relatives à l’exécution
des diagnostics d’archéologie préventive

Le présent article a pour objet d’accélérer les prises de décision des collectivités territoriales en matière d’exécution des diagnostics d’archéologie préventive, en donnant à ces collectivités la possibilité de déléguer à leur organe exécutif les décisions en cette matière. La réforme du dispositif applicable à l’archéologie préventive, opérée par la loi n° 2003-707 du 1er août 2003 modifiant la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive, a donné aux services archéologiques agréés des collectivités territoriales et de leurs groupements la possibilité d’intervenir pour la réalisation des diagnostics et des fouilles prescrits pour les opérations d’aménagements ou de travaux réalisés sur leur territoire.

Toutefois, en l’état actuel du droit, la décision d’intervenir pour effectuer les diagnostics doit être prise par les assemblées délibérantes qui disposent d’une compétence générale de droit commun pour régler, par leurs délibérations, toutes les affaires concernant leur collectivité territoriale. Or, la nécessité de réunir l’assemblée délibérante pour chaque opération ne permet pas aux collectivités de respecter le délai d’un mois prévu par l’article 24 du décret n° 2004-490 du 3 juin 2004 pour informer le préfet de région de leur décision de confier à leur service archéologique agréé la réalisation d’un diagnostic, à l’expiration duquel elles sont réputées avoir renoncé à exercer cette faculté.

Afin de rendre effectif le droit des collectivités territoriales de faire réaliser les diagnostics d’archéologie préventive par leurs services archéologiques agréés, il est donc proposé de permettre aux collectivités territoriales de déléguer à leur organe exécutif les décisions d’exécution de diagnostics. Cette mesure, qui n’a ni pour objet ni pour effet d’alléger les obligations des collectivités territoriales en matière d’archéologie préventive mais uniquement de simplifier la procédure leur permettant de se conformer à ces obligations, aura pour effet de permettre de réaliser et d’achever plus tôt les diagnostics et, le cas échéant, les fouilles, et, par voie de conséquence, de permettre d’engager et de terminer plus rapidement les opérations d’aménagement ou de travaux suspendues à la réalisation des diagnostics et des fouilles.

*

* *

La Commission est saisie d’un amendement de suppression présenté par M. Dominique Raimbourg.

Le Président Jean-Luc Warsmann. L’article 31 ne modifie pas les dispositions relatives au diagnostic archéologique. Il permet seulement au maire de déclencher les fouilles sans attendre la prochaine réunion du conseil municipal, qui peut être prévue deux mois plus tard. Lorsqu’une entreprise souhaite s’implanter sur le territoire d’une commune, il est souhaitable d’accomplir les formalités rapidement.

M. le rapporteur. Le diagnostic archéologique reste obligatoire, mais la procédure sera accélérée car elle pourra être déclenchée par l’exécutif.

M. Dominique Raimbourg retire cet amendement.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 43
(article 32 de la proposition)


(art. L. 111-1-1 du code de l’urbanisme ; art. 34 ter de la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 ;
art. 3 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995)


Création d’une procédure simplifiée pour apporter
des amendements mineurs aux directives territoriales d’aménagement

Le présent article vise à permettre de recourir à une procédure simplifiée pour réviser les directives territoriales d’aménagement (DTA), lorsque les modifications peuvent être considérées comme mineures. Prévues par l’article L. 111-1-1 du code de l’urbanisme issu de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire, les DTA constituent des instruments importants de la politique d’aménagement du territoire. Elles ont pour objet de « fixer, sur certaines parties du territoire, les orientations fondamentales de l’État en matière d’aménagement et d’équilibre entre les perspectives de développement, de protection et de mise en valeur des territoires » et de fixer « les principaux objectifs de l’État en matière de localisation des grandes infrastructures de transport et des grands équipements, ainsi qu’en matière de préservation des espaces naturels, des sites et des paysages ». Elles « peuvent également préciser pour les territoires concernés les modalités d’application des dispositions particulières aux zones de montagne et au littoral ».

L’article L. 111-1-1 définit la procédure d’élaboration des DTA, mais ne prévoit aucune disposition concernant leur révision. De ce silence de la loi, l’on ne peut que déduire que les DTA doivent être révisées selon la même procédure que celle qui a conduit à leur adoption. Ainsi, le conseil économique et social régional doit être consulté, ainsi que les régions, les départements, les communes chefs-lieux d’arrondissement, les communes de plus de 20 000 habitants et les groupements de communes compétents en matière d’aménagement de l’espace ou d’urbanisme intéressés et les comités de massifs. La révision donne lieu à enquête publique selon les modalités prévues par les articles R. 123-7 à R. 123-23 du code de l’environnement, qui prévoient des règles de délai, de publicité et de procédure très strictes dont le non-respect est susceptible d’entraîner l’annulation de la révision. Enfin, la révision des DTA doit être approuvée par décret en Conseil d’État.

Cette procédure, parfaitement justifiée pour l’adoption initiale ou pour une révision substantielle des DTA, apparaît excessivement lourde si les modifications envisagées sont mineures. Des consultations plus ciblées peuvent, dans ce cas, être suffisantes, et permettre de procéder dans des délais raisonnables à une révision mineure mais nécessaire. C’est donc afin de faciliter ces modifications mineures que le présent article prévoit de permettre la révision des DTA par le préfet de région ou, en Corse, par le préfet de Corse, « lorsque la modification ne porte pas atteinte à l’économie générale de la directive ». Afin de garantir que les acteurs locaux directement concernés ainsi que le public aient la possibilité d’être informés et de faire connaître leur avis, les consultations auxquelles il doit être procédé et les modalités d’information du public sont précisées par le présent article.

En effet, en application de l’article 7 de la Charte de l’environnement adoptée en 2004, qui prévoit que « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement », c’est la loi qui doit prévoir dans quelles conditions le public est informé dans le cas d’une modification mineure d’une DTA. Dès lors, le présent article prévoit que la modification d’une DTA donne lieu à enquête publique même lorsque la modification envisagée n’en modifie pas l’économie générale, mais que le périmètre de réalisation de cette enquête peut être limité aux seuls collectivités territoriales ou groupements de collectivités territoriales intéressés lorsque l’impact de la modification ne concerne qu’eux seuls.

Il reviendra en premier chef au préfet de région ou au préfet de Corse d’apprécier si la modification envisagée porte ou non atteinte à l’économie générale de la directive et, en fonction de cette appréciation, de décider de recourir à la procédure d’adoption ou à la procédure allégée de modification. Mais l’appréciation initiale de l’ampleur de la modification et le choix de la procédure pourront être contestés par les collectivités intéressées ainsi que par toute personne intéressée, dans le cadre des consultations restreintes qui seront menées et, le cas échéant, par la voie contentieuse devant le juge administratif. Dès lors, la mise en œuvre de la procédure allégée ne portera en aucune façon atteinte aux intérêts des collectivités et des personnes intéressées, qui pourront demander et obtenir, si la modification touche à l’économie générale de la directive, que la procédure complète suivie pour l’adoption soit mise en œuvre pour la modification.

Cette procédure allégée permettra ainsi de concilier la nécessité de pouvoir procéder à des modifications secondaires des DTA sans formalisme ni délais excessifs avec le respect des intérêts des collectivités territoriales et des habitants des zones concernées.

La Commission adopte un amendement du rapporteur prévoyant que les modifications mineures d’une directive territoriale d’aménagement donnent lieu à enquête publique, mais uniquement sur le territoire des communes concernées par les modifications.

Puis la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 44
(article 33 de la proposition)


(art. 529-5-1 [nouveau] du code de procédure pénale)


Centralisation du contentieux du recouvrement
des contraventions commises au détriment des services publics
de transport ferroviaires et de personnes

Le présent article vise à simplifier le traitement du contentieux de masse constitué par les amendes dues pour les contraventions aux règles de la police des transports publics de voyageurs. Actuellement, l’article 529-3 du code de procédure pénale autorise les exploitants des services publics de transports ferroviaires et des services de transports publics de personnes, pour les contraventions des quatre premières classes commises à leur détriment, à éteindre l’action publique par une transaction entre eux et le contrevenant. Cette transaction est réalisée par le versement d’une indemnité forfaitaire à l’exploitant.

Le deuxième alinéa de l’article 529-5 prévoit qu’« à défaut de paiement ou de protestation dans le délai de deux mois (…), le procès-verbal d’infraction est adressé par l’exploitant au ministère public et le contrevenant devient redevable de plein droit d’une amende forfaitaire majorée recouvrée par le Trésor public en vertu d’un titre rendu exécutoire par le ministère public ». Ainsi, la compétence pour conférer force exécutoire aux titres correspondant aux amendes forfaitaires majorées (AFM) en matière de transport public de voyageurs appartient, en application de l’article 522 du code de procédure pénale, aux officiers du ministère public (OMP) de la circonscription judiciaire du lieu de résidence du contrevenant, qui signent les titres exécutoires avant de les transmettre au comptable du trésor territorialement compétent.

Afin d’améliorer l’efficacité du traitement de ce contentieux de masse, le présent article crée, après l’article 529-5 du code de procédure pénale, un nouvel article 529-5-1 dont l’objet est de permettre la création d’une trésorerie dotée d’une compétence nationale sur le traitement des amendes de transport public. Cette mesure faisait partie des propositions formulées par la mission interministérielle sur la fraude dans les transports publics ferroviaires pour améliorer les conditions de lutte contre la fraude et le recouvrement des contraventions, dont le rapport avait été rendu en novembre 2006.

Cette trésorerie à compétence nationale s’inspirera de l’organisation mise en place pour le traitement des amendes issues du contrôle automatisé. En effet, le traitement du contentieux afférent à ces amendes est assuré par une trésorerie à compétence nationale créée à Rennes, permettant une parfaite coordination avec le Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR), d’une part, et avec l’officier du ministère public spécialisé pour le contrôle automatisé, d’autre part, ces deux services à compétence nationale étant également situés à Rennes.

Par rapport à la situation actuelle de dispersion du traitement de ce contentieux, cette mesure constituera une amélioration tant pour l’usager que pour l’efficacité du service public. Pour l’usager, cette mesure permettra une harmonisation de la politique de traitement des réclamations et une accélération des procédures contentieuses. Elle permettra également de mettre en place un service d’accueil téléphonique spécialisé, à même de leur fournir efficacement les informations nécessaires pour contester l’amende ou pour la payer.

Pour les services publics, cette mesure, en permettant le regroupement des services du recouvrement, améliorera l’efficacité de ce recouvrement en réduisant les coûts de gestion. En effet, l’organisation des services sera optimisée, puisqu’une unique trésorerie générale interviendra en lieu et place des multiples trésoreries générales actuellement chargées chacune de recevoir et valider le fichier départemental des AFM après vérification du titre exécutoire transmis par chacun des OMP du département. La validation des titres exécutoires sera accélérée et le début de la mise en œuvre des procédures de recouvrement pourra être anticipé. La trésorerie chargée des actions de recouvrement, qui sera spécialisée sur ce type de dossiers, aura une efficacité supérieure à celle des trésoreries chargées de plusieurs natures d’amendes. Enfin, sur un plan financier, la spécialisation d’une trésorerie sur le recouvrement des AFM de la RATP pour les redevables domiciliés à Paris a permis de constater une remontée significative du taux de recouvrement de ces amendes. Au vu de ces résultats, on peut attendre de la création d’une trésorerie à compétence nationale sur les amendes de transport une augmentation significative du taux de recouvrement de ces amendes.

La Commission adopte un amendement rédactionnel du rapporteur, puis cet article ainsi modifié.

Article 45

(art. 15 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978)


Possibilité pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés
de déléguer à son président la compétence pour autoriser les transferts de fichiers en dehors de l’Union européenne

Le présent article résulte d’un amendement de M. Jean-Luc Warsmann, cosigné par votre rapporteur et MM. Philippe Gosselin et Sébastien Huyghe tendant à permettre à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) de déléguer à son président la compétence pour autoriser les transferts de fichiers en dehors de l’Union européenne.

L’article 25 de la directive 95/46 du 24 octobre 1995 (43) et l’article 68 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, prévoient qu’un responsable d’un traitement ne peut transférer des données à caractère personnel vers un État n’appartenant pas à la Communauté européenne que si cet État assure un niveau de protection adéquat ou suffisant de la vie privée des personnes dont les données font l’objet du transfert. Toutefois, en application de l’avant-dernier alinéa de l’article 69 de la loi du 6 janvier 1978 précitée, la CNIL peut autoriser un transfert vers un pays tiers ne disposant pas d’un niveau de protection adéquate « lorsque le traitement garantit un niveau de protection suffisant de la vie privée ainsi que des libertés et droits fondamentaux des personnes, notamment en raison des clauses contractuelles ou règles internes dont il fait l’objet ».

Depuis la publication de la directive 24 octobre 1995 précitée, la Commission européenne a adopté et défini ces deux instruments juridiques (clauses contractuelles types et règles internes) permettant aux entreprises qui recourent de façon croissante aux transferts de données d’externaliser certaines tâches en toute sécurité (sous-traitance informatique d’opérations de saisie de feuilles de paie, de fichiers de clients ou encore de gestion d’annuaires). Les clauses contractuelles types encadrant les transferts de responsables de traitement à sous-traitants ont été adoptées par la Commission européenne le 27 décembre 2001. Quant aux transferts de données entre responsables de traitements, la Commission européenne a adopté deux modèles de clauses contractuelles types, le premier le 15 juin 2001, le second le 7 janvier 2005. Le recours à ces instruments juridiques est désormais la règle pour les entreprises en matière de transferts internationaux de données vers des pays n’accordant pas une protection considérée comme adéquate.

Or, en l’état actuel de la loi du 6 janvier 1978 précitée, ces demandes de transfert doivent systématiquement faire l’objet d’un examen individuel en séance plénière de la Commission et être autorisées par une délibération expresse. Compte tenu du développement de l’informatique et des phénomènes d’externalisation, la CNIL est submergée par le nombre de ces demandes : plus de 300 demandes sont ainsi actuellement en attente. Même si la CNIL a augmenté dans de très fortes proportions le nombre de ses délibérations, passées de 68 en 2003 à 395 en 2007, elle n’est pas en mesure de répondre dans des délais satisfaisants aux entreprises alors même que ces transferts ne soulèvent pas de difficultés juridiques.

Cette situation est d’autant plus problématique que, d’une part, le silence de la CNIL pendant plus de deux mois vaut rejet de la demande d’autorisation et que, d’autre part, le fait de procéder à un transfert de données sans avoir obtenu l’autorisation de la CNIL, constitue un délit passible d’une peine de 5 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende en application de l’article 226-16 du code pénal. C’est pourquoi, afin de sécuriser le cadre juridique de ces transferts pour les entreprises, cet amendement prévoit que la Commission peut déléguer à son président ou au vice-président délégué le pouvoir d’autoriser ces transferts, à la condition évidente que ceux-ci remplissent les exigences communautaires et légales de sécurisation des données. Cette mesure de simplification permettra ainsi aux déclarants d’obtenir dans des délais rapides une réponse à leurs demandes.

*

* *

M. le rapporteur. Cet amendement simplifie les procédures de la CNIL en permettant de déléguer à son président l’examen des transferts de fichiers en dehors de l’Union européenne. Ces dossiers encombrent inutilement l’assemblée plénière de la CNIL.

Le Président Jean-Luc Warsmann. Cet amendement résulte d’une demande du président de la CNIL. La CNIL doit traiter en moyenne 300 demandes de ce type par an, alors même qu’elle n’adopte que 400 délibérations au total. Ces demandes peuvent donc, à elles seules, l’engorger. Cet amendement est d’ailleurs cosigné par nos deux collègues qui siègent à la CNIL.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 46
(article 34 de la proposition)


(art. L. 107 A [nouveau] du livre des procédures fiscales ; art. 21 de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978)


Clarification du fondement juridique du droit d’accès
aux informations cadastrales et création d’un droit de communication
de ces informations par voie électronique

Le présent article tend à améliorer le service rendu aux usagers par les services du cadastre en améliorant les conditions d’accès aux informations cadastrales.

Les services du cadastre, qui dépendent du ministère des finances, sont chargés de la conservation des informations cadastrales. Sont ainsi conservés par ces services, d’une part, les « plans cadastraux », documents graphiques généralement décomposés en feuilles et pages sur lesquels sont reportés les numéros et limites des parcelles sans aucune indication nominative, et, d’autre part, les « matrices cadastrales », documents regroupant l’ensemble des relevés de propriété. Les matrices cadastrales comprennent, pour chaque propriétaire, son adresse, ses date et lieu de naissance, le cas échéant le nom de son conjoint, la liste des parcelles situées sur le territoire de la commune lui appartenant, identifiées par leur numéro et leur adresse, la description du bâti ainsi que les principaux éléments ayant concouru à l’établissement de la taxe foncière et les éventuelles causes d’exonération de cette taxe.

L’obligation de conservation des informations cadastrales a été instituée par l’article 6 de la loi du 7 messidor an II (25 juin 1794), tandis que l’article 37 de la même loi prévoyait le droit pour tout citoyen d’obtenir, « sans frais et sans déplacement », communication des informations cadastrales. Cependant, cette loi du 7 messidor an II a été abrogée par l’article 33 de la loi n° 79-18 du 3 janvier 1979 sur les archives, privant ainsi de fondement législatif le droit d’accès des citoyens aux informations cadastrales.

Pourtant, bien évidemment et fort heureusement, les services du cadastre n’ont jamais cessé de communiquer aux propriétaires et aux tiers intéressés les informations relatives aux propriétés. En effet, l’accès à ces informations est indispensable tant pour l’exercice de leurs droits par les propriétaires que pour l’exercice de leur activité par de nombreuses professions (notaires, géomètres experts, aménageurs lotisseurs, cabinets d’architecture ou d’urbanisme, associations syndicales autorisées ou forcées,…). Surtout, la liberté d’accès aux informations cadastrales constitue un principe général du droit, comme l’a jugé le Conseil d’État dans sa décision Altimir du 12 juillet 1995 (44) et comme l’a confirmé la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) dans plusieurs délibérations intervenues depuis la décision du Conseil d’État (45).

La disparition du fondement législatif du droit d’accès aux informations cadastrales n’a donc pas fait disparaître ce droit, mais a rendu son fondement moins clair et son accessibilité moindre pour les citoyens, l’accès au droit jurisprudentiel étant, pour le non-juriste, plus compliqué que l’accès aux textes légaux. Il apparaît donc nécessaire de redonner à ce droit fondamental des citoyens une base légale, ce que réalise le présent article en créant dans le livre des procédures fiscales un nouvel article L. 107 A.

Ce nouvel article L. 107 A consolide ainsi, en lui donnant un fondement législatif, le droit pour « toute personne [d’]obtenir communication de l’administration des impôts (…) d’informations relatives aux immeubles situés sur le territoire d’une commune déterminée, ou d’un arrondissement pour les communes de Paris, Lyon et Marseille, sur lesquels une personne désignée dans la demande dispose d’un droit réel immobilier », ainsi que le droit pour « toute personne [d’]obtenir (…) communication d’informations relatives à un immeuble déterminé ». Il définit également l’étendue de ce droit, en précisant que « les informations communicables sont les références cadastrales, l’adresse ou, le cas échéant, les autres éléments d’identification cadastrale des immeubles, la contenance cadastrale de la parcelle, la valeur locative cadastrale de l’immeuble, ainsi que les noms et adresses des titulaires de droits sur ces immeubles ».

En outre, répondant au besoin de modernisation des relations des citoyens avec les administrations, ce nouvel article permet la communication des informations cadastrales par voie électronique. En effet, si le Gouvernement expérimente, depuis le début de l’année 2008, un site Internet permettant d’accéder aux données cadastrales (46), la possibilité de délivrer les informations cadastrales par voie électronique ne dispose pas, pour l’heure, de base légale. Bien que la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ait, dans une délibération en date du 5 décembre 2006, consacré la possibilité de permettre aux citoyens d’obtenir communication des données cadastrales par voie électronique, tout en assortissant ce droit d’accès d’un certain nombre de réserves (interdiction de communiquer les informations « touchant au secret de la vie privée », interdiction de réutilisation des informations sauf si la personne y a consenti ou si celles-ci sont anonymisées, interdiction de diffusion publique sur Internet des données permettant d’identifier les personnes physiques propriétaires) (47), une consécration législative de cette possibilité apparaît utile. C’est donc à cette fin que le nouvel article L. 107 A du livre des procédures fiscales créé par le présent article prévoit que la communication des informations cadastrales puisse être réalisée « le cas échéant par voie électronique ».

La Commission adopte un amendement du rapporteur prévoyant qu’un décret en Conseil d’État, pris après avis de la CNIL, définit les conditions de consultation par voie électronique des données cadastrales, afin d’éviter les atteintes à la vie privée des personnes.

Elle adopte ensuite un amendement de coordination du même auteur.

Puis la Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 47
(article 35 de la proposition)


Autorisation de la création de bases de données numériques parcellaires
et de la diffusion des informations contenues dans ces bases de données

Le présent article tend à compléter le droit d’accès de tout citoyen aux informations cadastrales, dont les conditions d’exercice sont améliorées par l’article 34 de la proposition de loi, par la possibilité pour les citoyens de consulter des bases de données numériques parcellaires.

Actuellement, les particuliers ou les professionnels intéressés par des informations relatives à une parcelle disposent de la possibilité de demander communication des informations cadastrales au service territorialement compétent. Cependant, les informations cadastrales peuvent parfois, du fait des modalités d’élaboration et d’actualisation du cadastre, ne pas être parfaitement à jour. En effet, les services du cadastre ne peuvent améliorer la qualité des plans cadastraux, notamment en termes de géométrie, que par la réalisation de nouveaux plans couvrant le territoire concerné. Or, les règles encadrant la réalisation des plans cadastraux ont pour objectif premier de garantir le respect de la propriété privée et de protéger les droits des personnes intéressées. En conséquence, les procédures mises en œuvre pour établir les nouveaux plans cadastraux sont relativement lourdes, et leur résultat doit, avant qu’ils puissent être substitués aux plans existants, être validé par les propriétaires dans le cadre d’une procédure de délimitation contradictoire. Aussi, l’amélioration de la documentation cadastrale, pourtant attendue par les utilisateurs, ne peut-elle progresser que faiblement du fait de la longueur des procédures traditionnelles.

Afin d’améliorer la qualité de l’information disponible pour les citoyens, qu’ils soient particuliers ou professionnels de l’immobilier, il apparaît donc nécessaire d’adjoindre au droit d’accès aux informations cadastrales la possibilité complémentaire d’accéder à des bases de données numériques parcellaires regroupant les informations les plus récentes relatives au découpage et aux adresses des parcelles. C’est dans ce but que le I du présent article autorise « l’État et ses établissements publics qui ont vocation à (…) établir [des bases de données numériques localisées] (…) [à] constituer, sur un secteur géographique localisé, le cas échéant en procédant à des interconnexions avec des fichiers détenus par d’autres personnes publiques ou privées et comprenant des données à caractère personnel, des bases de données numériques comprenant des informations relatives au découpage parcellaire ainsi qu’aux adresses des parcelles ». En pratique, il reviendra à l’Institut géographique national (IGN) de constituer ces bases, grâce aux informations détenues par les services du cadastre, par d’autres services fiscaux ou encore par les communes.

Le présent article prévoit que ces bases de données « ne peuvent inclure aucune information à caractère personnel autre que le découpage parcellaire et les adresses des parcelles». Cette dernière restriction tend à protéger le droit au respect de l’intimité de la vie privée, le nom des propriétaires ne devant pouvoir être obtenu que dans le cadre de l’exercice du droit d’accès aux données cadastrales et non dans le cadre du nouveau droit, plus large mais simplement informatif, d’accéder aux informations des bases de données numériques parcellaires.

C’est également dans le but de protéger le droit de chaque citoyen à la protection de ses données personnelles que le II du présent article prévoit que les modalités de constitution de ces bases de données et des informations susceptibles d’être diffusées seront fixées par décret en conseil d’État, pris après avis de la CNIL. Cet avis de la CNIL permettra en effet de garantir que des données susceptibles de porter atteinte à l’intimité de la vie privée des propriétaires ne soient pas susceptibles d’être obtenues par la consultation des bases de données numériques parcellaires constituées en application du présent article.

La Commission adopte un amendement rédactionnel du rapporteur, puis cet article ainsi modifié.

Article 48
(article 36 de la proposition)


(art. 910 et 937 du code civil)


Simplification des conditions de validité des donations et legs consentis
au profit des établissements de santé, sociaux ou médico-sociaux ou des établissements d’utilité publique

Le présent article, qui résulte d’un amendement de réécriture complète de votre rapporteur, a pour objet de simplifier les conditions de validité des libéralités consenties au profit des établissements de santé, des établissements sociaux ou médico-sociaux ou des établissements d’utilité publique.

Actuellement, l’article 910 du code civil, dans sa rédaction issue de l’ordonnance n° 2005-856 du 28 juillet 2005 (48) et de la loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 portant réforme des successions et des libéralités, prévoit deux régimes distincts pour les libéralités consenties à certaines personnes. D’un côté, il soumet à une autorisation par décret les libéralités consenties « au profit des établissements de santé, des établissements sociaux et médico-sociaux, des pauvres d’une commune, ou d’établissements d'utilité publique ». De l’autre, il soumet à un régime de déclaration à l’autorité préfectorale les donations et legs « au profit des fondations, des congrégations et des associations ayant la capacité à recevoir des libéralités », la libéralité étant susceptible de faire l’objet d’une opposition du préfet la privant d’effet en cas d’« inaptitude de l’organisme légataire ou donataire à utiliser la libéralité conformément à son objet statutaire ».

Dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance du 28 juillet 2005 précitée, l’article 910, qui n’avait jamais été modifié depuis la promulgation du Code Napoléon en 1804, ne soumettait à autorisation par ordonnance royale – remplacée ensuite par un décret – que les libéralités au profit des hospices, des pauvres d’une commune et des établissements d’utilité publique. Cette disposition – dont l’on peut remarquer qu’elle est placée juste après l’article 909, qui sanctionne de nullité les libéralités faites au profit des professionnels de santé ayant « traité une personne pendant la maladie dont elle meurt » – avait pour finalité de garantir la validité du consentement de l’auteur d’une libéralité, dans la mesure où celle-ci était consentie à une personne envers laquelle le donateur ou testateur était susceptible de se trouver dans une situation de dépendance. Le contrôle administratif permettait ainsi de protéger les intérêts de l’auteur de la libéralité ainsi que ceux, en cas de legs, de ses héritiers.

Ce régime d’autorisation a fait l’objet de critiques de la part de la Cour des comptes dans son rapport public annuel pour 2004. Si « le régime des libéralités perçues par les personnes morales a été construit autour du principe de l’autorisation administrative préalable, dans le souci d’assurer un équilibre entre les droits des organismes bénéficiaires et l’intérêt des familles », la Cour a toutefois relevé que ce régime « se traduit aujourd’hui, compte tenu du nombre et de la complexité des dossiers, par un processus lent et chaotique qui n’apparaît plus adapté » (49). En effet, elle a constaté que le traitement des 3 000 demandes annuelles d’autorisation d’acceptation de libéralités revêtait souvent, en raison de « moyens en personnel et en outils informatiques (…) pas à la hauteur du nombre de décisions à prendre, (…) un caractère formel » et que « au 31 décembre 2003, le stock de dossiers en attente représentait une année complète de travail » (50).

Ces critiques de la Cour des comptes ont été prises en compte par l’ordonnance du 28 juillet 2005 et la loi du 23 juin 2006 précitées, qui ont eu un double objet. Tout d’abord, l’ordonnance du 28 juillet 2005, suivant les recommandations formulées par la Cour des comptes, a complété l’article 910 du code civil par un deuxième alinéa, qui a institué le régime de déclaration précédemment décrit pour les libéralités aux associations et fondations. En effet, il est apparu nécessaire d’alléger le contrôle administratif exercé sur ces libéralités. Bien qu’elles soient – comme les donations aux hospices ou aux établissements d’utilité publique – susceptibles d’être consenties avec un consentement vicié par le lien de dépendance pouvant exister entre l’auteur et le bénéficiaire des libéralités, le régime d’autorisation était devenu excessivement lourd compte tenu du nombre de libéralités consenties, du caractère formel du contrôle et de la nécessité de ne pas compliquer à l’excès le financement de ces associations et fondations. C’est la raison pour laquelle a été mis en place le régime de déclaration et d’opposition administrative, plus souple que le régime d’autorisation mais permettant un contrôle administratif plus ciblé et donc plus efficace.

Ensuite, la loi du 23 juin 2006 a modifié le premier alinéa de l’article 910 afin de redéfinir le champ d’application du régime d’autorisation. En effet, le terme « hospices » est apparu désuet et inadapté et a donc été remplacé par les termes « établissements de santé » et « établissements sociaux et médico-sociaux ». Le champ d’application du régime d’autorisation est ainsi devenu plus précis mais aussi plus large, s’appliquant désormais à des catégories d’établissements qui, jusqu’alors, pouvaient valablement recevoir des libéralités par simple acceptation de leur conseil d’administration.

Le présent article allége le formalisme imposé pour la validité des libéralités actuellement soumises à autorisation, en distinguant les régimes selon les bénéficiaires desdites libéralités.

—  Tout d’abord, la nouvelle rédaction de l’article 910 redéfinit plus précisément son champ d’application. En effet, alors que le régime d’autorisation antérieur à 2006 ne s’appliquait qu’aux « hospices, (…) pauvres d’une commune ou (…) établissements d’utilité publique », la modification du champ d’application de l’article 910 par la loi du 23 juin 2006 précitée a eu pour effet de soumettre à un régime plus contraignant qu’auparavant les donations consenties aux établissements de santé et aux établissements sociaux ou médico-sociaux. Ce durcissement du régime applicable à ces libéralités résulte davantage d’une imprécision de la réécriture que d’une volonté du législateur de complexifier le régime des donations faites aux établissements de santé. Dès lors, la nouvelle rédaction proposée pour le premier alinéa du nouvel article 910 permet de revenir, pour ces libéralités, à la situation antérieure à la loi du 23 juin 2006, c’est-à-dire à la libre acceptation des libéralités par les établissements de santé ou les établissements sociaux ou médico-sociaux.

—  La nouvelle rédaction du premier alinéa de l’article 910 supprime également la mention des « pauvres d’une commune », cette notion ne correspondant plus aujourd’hui à aucune catégorie juridique. En effet, cette notion ne pourrait viser que les donations faites aux conseils municipaux ou aux centres communaux d’action sociale (CCAS), seules entités juridiques susceptibles de correspondre à ces termes, mais ceux-ci, en application des articles L. 2242-1 à L. 2242-5 du code général des collectivités territoriales et de l’article L. 315-12 du code de l’action sociale et des familles, acceptent librement les libéralités. Dès lors, cette notion devenue obsolète doit être supprimée.

Par coordination, le 2° du I du présent article modifie l’article 937 du code civil relatif aux conditions de forme applicables aux libéralités, pour lui donner le même champ d’application que l’article 910.

—  Ensuite, alors que les modifications apportées à l’article 910 du code civil visaient à créer au profit des associations et fondations un régime de déclaration plus favorable que le régime d’autorisation préexistant, elles ont paradoxalement créé une certaine insécurité juridique pour les associations qui ne sont pas reconnues d’utilité publique. En effet, dans la mesure où, en application du décret du 11 mai 2007, le préfet ne prend plus systématiquement d’arrêté autorisant l’acceptation de chaque libéralité et reconnaissant indirectement la capacité à recevoir des libéralités pour les associations à but exclusif d’assistance, bienfaisance, recherche scientifique ou médicale (51) et pour les associations cultuelles qui doivent avoir pour objet exclusif l’exercice d’un culte (52). De même, les administrations et collectivités territoriales ne savent plus si elles peuvent accorder des avantages fiscaux ou sociaux ou des subventions, faute de certitude quant au statut de ces associations. Bien que le juge judiciaire soit compétent pour se prononcer sur l’incapacité des associations et fondations à recevoir des libéralités et constater leur nullité, la procédure est devenue plus compliquée et remet en cause la simplification voulue en 2005.

En conséquence, la nouvelle rédaction proposée pour le troisième alinéa du nouvel article 910 prévoit expressément que le défaut de capacité à recevoir des libéralités constitue un motif d’opposition par le préfet, dont les services sont les mieux à même de vérifier si les conditions légales sont effectivement remplies par les associations qui prétendent avoir cette capacité. Cette nouvelle rédaction permettra de rétablir la sécurité juridique dont ont besoin tant les associations que les administrations et les collectivités territoriales, en permettant aux associations et fondations ayant bénéficié d’une donation ou d’un legs sans opposition préfectorale de se prévaloir de la qualité d’association apte à recevoir des libéralités.

—  Par ailleurs, dans un souci d’accroissement de la sécurité juridique pour les associations, le II du présent article donne la possibilité à celles qui n’ont pas reçu de libéralité au cours des cinq années précédentes d’interroger le préfet pour savoir si elles sont reconnues comme appartenant à l’une des catégories visées soit par le dernier alinéa de l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association soit par les articles 18 et 19 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. Cette faculté d’interrogation de l’autorité préfectorale, qui dispose des informations nécessaires pour évaluer la situation juridique de toutes les associations, permettra à celles qui le souhaitent d’obtenir in abstracto, c’est-à-dire avant même d’avoir reçu une libéralité ou alors qu’elles n’en ont pas reçu depuis plus de cinq ans, la qualification d’association capable de recevoir des libéralités, et facilitera ainsi leurs recherches de financements.

—  Enfin, le III précise l’applicabilité dans les collectivités d’outre-mer des articles 910 et 937 du code civil, en les rendant applicables dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie.

La Commission adopte l’amendement réécrivant cet article, qui est ainsi rédigé.

Article 49
(article 37 de la proposition)


(art. L. 1142-1, L. 1142-1-1, L. 1142-5, L. 1142-10 et L. 1142-17-1 du code de la santé publique)


Amélioration des dispositions relatives à l’indemnisation
des accidents médicaux

Le présent article tend à clarifier les compétences et à améliorer les moyens d’action de la commission nationale des accidents médicaux (CNAMed). En outre, il a été complété par un amendement de votre rapporteur redéfinissant les postes de préjudice indemnisables à la suite d’un accident médical et permettant de créer plusieurs commissions régionales de conciliation et d’indemnisation dans une même région.

Art. L. 1142-1, L. 1142-1-1 et L. 1142-17-1 du code de la santé publique :
Redéfinition des postes de préjudices indemnisables en cas d’accident médical

Les 1°, 2° et 5° du présent article ont pour objet d’harmoniser la prise en compte des différents postes de préjudice corporel par les commissions régionales ou interrégionales de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI et CICI), en conférant valeur législative aux catégories de préjudices proposées en 2005 par le rapport du groupe de travail présidé par M. Jean-Pierre Dintilhac chargé d’élaboré une nomenclature des préjudices corporels. Bien que cette nomenclature soit déjà largement utilisée comme référence par les juridictions, les assureurs et les autres instances d’indemnisation des dommages corporels, des disparités d’application subsistent en raison des références législatives aux notions aujourd’hui insuffisamment précises de « taux d’incapacité permanente » et d’« incapacité temporaire de travail ».

En conséquence, le présent article remplace ces deux notions par celles plus précises, plus protectrices des droits des victimes d’accidents médicaux et plus conformes à la conception actuelle des éléments constituant un dommage d’« atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique », de « durée de l’arrêt temporaire des activités professionnelles » et de « durée du déficit fonctionnel temporaire ».

Art. L. 1142-5 du code de la santé publique : Possibilité de créer plusieurs commissions régionales de conciliation et d’indemnisation dans une même région

La mesure prévue au 3° du présent article a pour objectif de mieux adapter le dispositif des commissions d’indemnisation aux réalités démographiques, en permettant la création de plusieurs CRCI dans les régions à forte densité démographique. En effet, certaines régions, notamment l’Île-de-France, concentrent un grand nombre de demandes, du fait de la démographie régionale : la CRCI francilienne regroupe ainsi 20 % de l’ensemble des demandes d’indemnisation. Tandis que les CRCI se réunissent, au niveau national, en moyenne 9 fois par an, la CRCI d’Île-de-France s’est réunie à 42 reprises en 2007.

Dès lors, le 3° complète le dispositif actuel de l’article L. 1142-5 du code de la santé publique, qui prévoit déjà la possibilité de créer une commission interrégionale compétente pour plusieurs régions, afin de permettre la constitution de plusieurs CRCI dans une même région. De cette scission des CRCI les plus chargées résultera pour les usagers une réduction des délais d’examen des demandes, qui sont actuellement de 13 mois en Île-de-France, alors que la moyenne nationale est de 10 mois.

Art. L. 1142-10 du code de la santé publique : Clarification des compétences et
amélioration des moyens d’action de la commission nationale des accidents médicaux

La CNAMed, instance indépendante placée auprès des ministres chargés de la justice et de la santé, a été créée par la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. En application de l’article L. 1142-10 du code de la santé publique, la CNAMed a pour fonction de prononcer « l’inscription des experts sur une liste nationale des experts en accidents médicaux après avoir procédé à une évaluation de leurs connaissances, (…) d’assurer la formation de ces experts en matière de responsabilité médicale, dans des conditions définies par décret », ainsi que « d’établir des recommandations sur la conduite des expertises, de veiller à une application homogène du présent chapitre par les commissions régionales instituées à l’article L. 1142-5 et d’évaluer l’ensemble du dispositif dans le cadre d’un rapport remis chaque année avant le 15 octobre au Gouvernement et au Parlement ».

La modification prévue par le a) du 4° du présent article supprime la mention selon laquelle la CNAMed est chargée « d’assurer la formation de ces experts en matière de responsabilité médicale ». En effet, si, en application du 4° de l’article R. 1142-30-1 du code de la santé publique, « une personne physique ne peut être inscrite sur la liste [des experts en accidents médicaux] » que si elle a « suivi une formation en responsabilité médicale », il n’est pas indispensable que cette formation soit dispensée par la CNAMed. En effet, de nombreuses facultés de médecine proposent aujourd’hui, en partenariat avec les facultés de droit, des formations en responsabilité médicale d’un excellent niveau, permettant aux personnes postulant à l’inscription sur la liste des experts en responsabilité médicale de satisfaire la condition prévue par le 4° de l’article R. 1142-30-1 du code de la santé publique.

Dès lors, il convient de supprimer, dans l’article L. 1142-10 du même code, la phrase prévoyant que la CNAMed est chargée « d’assurer la formation de ces experts en matière de responsabilité médicale », qui laisse entendre, à tort, que la CNAMed dispose d’un monopole pour former les experts en matière de responsabilité médicale. Cette modification n’empêchera pas la CNAMed de continuer, comme elle le fait depuis le début de l’année 2005, à dispenser des formations en matière de responsabilité médicale, mais le droit en vigueur sera clarifié et ne pourra plus laisser accroire que seule la CNAMed est habilitée à dispenser ces formations.

La modification prévue par le b) du 4° tend, quant à elle, à améliorer les conditions d’intervention de la CNAMed dans sa mission de surveillance de l’application homogène et d’évaluation de l’ensemble du dispositif de l’indemnisation des accidents médicaux. En effet, comme l’a fait remarquer la CNAMed dans chacun de ses rapports annuels remis au Gouvernement et au Parlement (53), l’impossibilité d’accéder à des données non anonymisées, qui résulte de l’article R. 1142-41 du code de la santé publique, rend extrêmement complexe l’exercice de cette mission d’évaluation. L’anonymisation des dossiers des commissions régionales et interrégionales de conciliation et d’indemnisation (CRCI et CICI), dont la CNAMed peut obtenir communication en application de l’article R. 1142-39 du code de la santé publique, s’avère extrêmement complexe pour les CRCI et CICI, tant et si bien que certains dossiers ne sont parfois pas transmis à la CNAMed, faute de pouvoir être anonymisés (54).

Cette contrainte de l’anonymisation des dossiers pesant sur la CNAMed apparaît sans objet. En effet, celle-ci est composée de professionnels de santé et de personnalités qualifiées, tenues au respect du secret médical en application de la règle de droit commun de l’article 226-13 du code pénal, punissant d’un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d’amende « la révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire ». En outre, il va de soi que l’accès par les membres de la CNAMed aux données non anonymisées des dossiers médicaux ne saurait avoir pour objet la divulgation de ces informations. À cet égard, le texte proposé prévoit que la commission accédera aux « informations couvertes par le secret médical dans des conditions déterminées par décret en Conseil d’État permettant de préserver la confidentialité de ces données à l’égard des tiers ». Le droit au respect du secret des victimes d’accidents médicaux ne sera donc pas remis en cause par la mesure proposée, qui constitue une évolution logique et nécessaire tendant à permettre à la CNAMed d’exercer dans des conditions satisfaisantes la mission que la loi lui a confiée.

*

* *

La Commission est saisie d’un amendement du rapporteur tendant à simplifier le dispositif d’indemnisation des accidents médicaux.

M. le rapporteur. Cet amendement procède, en premier lieu, à une clarification de la terminologie en supprimant les notions d’« incapacité permanente de travail » et d’« incapacité temporaire de travail » au profit des notions d’« atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique », d’« arrêt temporaire des activités professionnelles » et de « déficit fonctionnel temporaire ». En deuxième lieu, il permet de créer plusieurs commissions régionales de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux dans les régions où ces commissions examinent un grand nombre de demandes. Enfin, il autorise l’accès de la Commission nationale des accidents médicaux à des informations couvertes par le secret médical, pour faciliter le règlement des litiges.

M. Dominique Raimbourg. La suppression de la notion d’incapacité permanente ou temporaire de travail va rendre nécessaires de nombreuses modifications législatives, car il est fait référence à ces notions dans d’autres lois.

La Commission adopte cet amendement, puis l’article 37 ainsi modifié.

Article 50
(article 38 de la proposition)


(art. L. 2331-4, L. 2331-5 et L. 2333-1 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 654-8 et L. 654-9 du code rural)


Simplification et modernisation des règles de financement
des abattoirs publics

Le présent article tend à simplifier et moderniser les règles de financement des abattoirs publics. L’article L. 654-7 du code rural prévoit la possibilité pour une collectivité territoriale propriétaire d’un abattoir de procéder à une délégation de service public. Ces délégations de service public sont généralement constituées sous la forme d’affermages. Dans ce cas de figure, la collectivité perçoit la taxe d’usage afin de financer les investissements, les frais financiers des emprunts et le gros entretien, en application de l’article L. 2333-1 du code général des collectivités territoriales, tandis que l’exploitant perçoit une redevance destinée à financer le fonctionnement de l’abattoir en application de l’article L. 654-11 du code rural.

Cependant, la collectivité peut également envisager de déléguer le service d’abattage sous la forme d’une concession. Dans ce cas, le versement obligatoire d’une taxe d’usage à la collectivité propriétaire n’a pas de sens puisque l’investissement est réalisé par le concessionnaire. En outre, l’actuelle taxe d’usage ne couvre que les emprunts réalisés et le gros entretien. Elle ne permet pas d’anticiper l’obsolescence des installations qui peut entraîner des dépenses lourdes, voire, dans certains cas extrêmes, la fermeture de l’abattoir.

La complexité de ce système, ainsi que son inadaptation aux différents modes d’exploitation actuellement mis en œuvre, est susceptible d’affecter la pérennité de certains des 129 abattoirs appartenant aux collectivités territoriales, qui représentent dans les zones rurales un nombre d’emplois significatif. Il est donc nécessaire de créer les conditions qui permettront à ces établissements d’atteindre l’équilibre financier, ce qui n’est pas toujours le cas.

C’est pour ces différentes raisons que le présent article institue, en remplacement du double régime actuel de la taxe d’usage, d’une part, et de la redevance de fonctionnement, d’autre part, une redevance unique, qui aura une double fonction de rémunération d’un service rendu et de financement d’une dotation aux amortissements des installations.

Ainsi, la mesure proposée permettra une adaptation à toutes les modalités d’exploitation des abattoirs publics, que cette exploitation ait lieu en régie directe, en affermage ou en concession. La mesure donnera également davantage de souplesse aux collectivités propriétaires d’abattoirs pour la détermination de la redevance due par les usagers, puisque la fourchette actuellement prévue par l’article L. 2331-1 du code général des collectivités territoriales pour encadrer le montant de la taxe d’usage est supprimée. Enfin, les modifications réalisées par le présent article auront également l’intérêt de faciliter le financement des travaux de rénovation et de mise aux normes des abattoirs, en permettant aux collectivités territoriales d’amortir les dépenses d’investissement qu’elles réalisent et en leur évitant de recourir à leurs fonds propres ou à des emprunts pour réaliser de nouveaux travaux.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 51
(article 39 de la proposition)


(art. L. 515-12, L. 512-1, L. 512-17, L. 512-12-1 [nouveau], L. 515-16 et L. 541-13 du code de l’environnement)


Simplification des règles applicables aux installations classées
et adaptation de ces règles à la réalité des risques encourus

Le présent article comporte plusieurs mesures de simplification dans le domaine des installations classées, ayant en commun un même objectif de mieux proportionner à la réalité des risques encourus les contraintes imposées aux exploitants de ces installations et à l’autorité publique. En effet, si cette matière exige de la part du législateur la plus grande prudence en raison des risques pour l’environnement et pour la santé créés par certaines installations classées, il n’en est pas moins vrai que le droit actuel prévoit, dans certaines situations, des obligations et des procédures excessivement lourdes pour les exploitants de certaines installations classées.

Cette réglementation disproportionnée par rapport aux risques présentés par un très grand nombre d’installations classées a un double impact négatif, tant écologique qu’économique. Sur le plan écologique, en premier lieu, cette situation est contreproductive, puisqu’en soumettant à la même réglementation particulièrement lourde des activités présentant des risques d’intensité différente, le législateur, oubliant l’adage « qui trop embrasse mal étreint », empêche que les contrôles les plus stricts puissent être concentrés sur les installations les plus dangereuses. L’autorité administrative, contrainte de surveiller la mise en œuvre de procédures lourdes pour un trop grand nombre d’exploitations, ne peut assurer aussi efficacement qu’elle le devrait sa mission d’intérêt général de prévention des pollutions. Sur le plan économique, ensuite, cette réglementation inadaptée est néfaste, puisque qu’elle complexifie inutilement l’exercice de certaines activités industrielles ou commerciales et engendre pour les entreprises des dépenses et des délais qui pourraient être évités.

Dès lors, il apparaît injustifié et contreproductif de soumettre aux mêmes règles une centrale nucléaire et une ancienne carrière de minerai, ce qui est pourtant aujourd’hui le cas pour certaines de ces règles. Surtout, il apparaît possible d’alléger un certain nombre de procédures intéressant les installations classées lorsque le risque apparaît limité tout en conservant le même niveau de sécurité qu’aujourd’hui, uniquement en proportionnant mieux les procédures appliquées à la réalité du risque.

Art. L. 515-12 du code de l’environnement : Amélioration de l’efficacité des servitudes d’utilité publique sur des terrains pollués et assouplissement des conditions d’institution de ces servitudes

Le du présent article poursuit un double objectif d’amélioration de l’efficacité des servitudes d’utilité publique instituées sur certains terrains pollués par l’exploitation d’une installation classée et d’assouplissement des conditions dans lesquelles ces servitudes sont instituées. Actuellement, l’article L. 515-12 du code de l’environnement prévoit que peuvent être instituées des servitudes d’utilité publique « sur des terrains pollués par l’exploitation d’une installation, sur l’emprise des sites de stockage de déchets ou dans une bande de 200 mètres autour de la zone d’exploitation, ou sur l’emprise des sites d’anciennes carrières ou autour de ces sites sur des surfaces dont l’intégrité conditionne le respect de la sécurité et de la salubrité publiques ». Ces servitudes peuvent comporter en application des articles L. 515-8 et L. 515-12 diverses restrictions d’usage (limitation ou interdiction du droit d’implanter des constructions ou des ouvrages et d’aménager des terrains de camping ou de stationnement de caravanes, limitation ou interdiction des modifications de l’état du sol ou du sous-sol) ainsi que des obligations positives (subordination des autorisations de construire au respect de prescriptions techniques tendant à limiter le danger, limitation des effectifs employés dans les installations industrielles et commerciales créées ultérieurement, prescriptions relatives à la surveillance du site).

Le a) du 1° du présent article tend à améliorer l’efficacité de ces servitudes, en donnant la possibilité de prévoir, outre la limitation des modifications de l’état du sol ou du sous-sol, déjà prévue par l’article L. 515-12 du code de l’environnement, la « limitation des usages du sol, du sous-sol et des nappes phréatiques, ainsi que la subordination de ces usages à la mise en œuvre de prescriptions particulières ». Ces servitudes pourront ainsi répondre de façon plus adaptée aux différentes situations existantes de pollutions, en interdisant ou en encadrant l’exercice de certaines activités susceptibles d’entraîner la réalisation d’un risque de pollution environnementale.

Les b) et c) du 1° tendent, quant à eux, à permettre que les servitudes d’utilité publique soient instituées, dans certains cas, au terme d’une procédure allégée. En effet, il convient de rappeler que ces servitudes ont pour objectif de limiter les risques de pollutions susceptibles de résulter de travaux ou d’activités réalisés sur un terrain antérieurement occupé par une installation classée, en interdisant au nouveau propriétaire ou occupant d’y accomplir certains travaux ou d’y exercer certaines activités et en lui imposant de respecter certaines précautions lors de la réalisation de travaux et de l’exercice de son activité. Elles constituent certes une contrainte pesant sur les propriétaires ou occupants des terrains frappés par ces servitudes, mais elles constituent surtout une sécurité pour eux en leur permettant d’être informés des risques susceptibles de résulter de certains travaux ou activités. Dès lors, la sécurité des occupants, mais aussi celle des riverains, des terrains antérieurement occupés par une installation classée, rend nécessaire que ces servitudes puissent être mises en place aussi souvent que nécessaire et dans les meilleurs délais. Or, pour un grand nombre des installations classées existantes, la procédure actuelle s’avère excessivement lourde, voire, dans certains cas, dissuade l’autorité administrative d’instituer des servitudes dans des cas où elles seraient pourtant nécessaires à la réalisation de l’objectif de prévention des pollutions.

Prévue par l’article L. 515-9 du code de l’environnement, la procédure d’institution des servitudes d’utilité publique prévoit que « le projet définissant les servitudes et le périmètre est soumis à enquête publique, conformément aux dispositions des articles L. 123-1 à L. 123-16, et à l’avis des conseils municipaux des communes sur lesquelles s’étend le périmètre ». Cette enquête publique, conduite, « selon la nature et l’importance des opérations, par un commissaire enquêteur ou une commission d’enquête désignés par le président du tribunal administratif » (55), doit donner lieu à une information du public sur l’objet et le déroulement de l’enquête, a minima par des affichages, et si nécessaire par voie de presse écrite ou audiovisuelle (56). L’autorité chargée de l’enquête « conduit l’enquête de manière à permettre au public de prendre une connaissance complète du projet et de présenter ses appréciations, suggestions et contre-propositions » ; en outre, si elle l’estime nécessaire, elle peut également organiser une « réunion d’information et d’échange avec le public en présence du maître d’ouvrage » (57). Les frais de cette enquête, « notamment l’indemnisation des commissaires enquêteurs et des membres des commissions d’enquête, ainsi que les frais qui sont entraînés par la mise à la disposition (…) des moyens matériels nécessaires à l’organisation et au déroulement de la procédure d’enquête », sont à la charge du maître d’ouvrage (58).

Le présent article substitue à cette procédure d’enquête publique, lourde, longue et coûteuse pour les maîtres d’ouvrage, une procédure allégée, qui sera applicable dans des situations où l’importance du risque environnemental ne justifie pas une telle procédure. Deux conditions cumulatives devront être réunies pour que cette procédure allégée puisse être mise en œuvre : tout d’abord, la servitude envisagée devra porter sur les seuls terrains pollués par l’exploitation d’une installation classée ou constituant l’emprise d’un site de stockage de déchets ; la procédure d’enquête publique restera donc la norme, dès lors qu’il sera envisagé d’instituer une servitude « élargie » sur d’autres terrains que ceux qui ont été effectivement pollués par l’exploitation d’une installation classée ou qui constituent l’emprise d’un site de stockage de déchets. En second lieu, la procédure allégée ne pourra être mise en œuvre que « lorsque le petit nombre des propriétaires ou le caractère limité des surfaces intéressées le justifie ». Cette condition sera appréciée par le préfet lorsqu’il décidera de la procédure à engager pour l’institution d’une servitude. L’absence de seuil numérique pour le nombre de propriétaires concernés ou les surfaces concernées permettra au préfet de disposer d’une certaine souplesse dans le choix de la procédure à mettre en œuvre. Les droits des riverains et des associations de protection de l’environnement seront toutefois efficacement garantis, puisque la décision du préfet sera susceptible de contestation contentieuse par toute personne intéressée qui estimera qu’une erreur d’appréciation a été commise et que la procédure d’enquête publique aurait dû être engagée.

Lorsque ces deux conditions cumulatives seront réunies, l’enquête publique sera alors remplacée par une consultation écrite des propriétaires. Cette procédure simplifiée évitera ainsi des mesures de publicité, la désignation d’un commissaire enquêteur ou d’une commission d’enquête, l’organisation de réunions ou encore la tenue de registres destinés à consigner les propositions du public, dans des situations auxquelles le public, en fait, ne s’intéresse pas, compte tenu de la nature du site ou de la faible importance du projet de servitude. Ces servitudes pourront ainsi être instituées dans des délais plus brefs qu’actuellement et à moindre coût pour les maîtres d’ouvrage qui n’auront plus à supporter les frais de l’enquête.

Art. L. 512-1, L. 512-17 et L. 512-12-1 du code de l’environnement :
Simplification des dispositions relatives à la cessation d’activité d’installations
classées soumises à déclaration

Les 2° à 4° du présent article simplifient les dispositions relatives à la cessation d’activité d’installations classées soumises à déclaration. En effet, l’article L. 512-17 du code de l’environnement, introduit par la loi n° 2003-299 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages, a prévu pour l’ensemble des installations classées, donc aussi bien pour celles soumises à autorisation que celles soumises à autorisation, une procédure identique relative à la cessation définitive d’activité. Or, il apparaît ici encore disproportionné de soumettre aux mêmes obligations de dépollution des exploitations présentant un niveau de dangerosité environnementale très différent.

Aux termes de l’article L. 512-1 du code de l’environnement, « sont soumises à autorisation préfectorale les installations qui présentent de graves dangers ou inconvénients pour les intérêts visés à l’article L. 511-1 », à savoir « la commodité du voisinage, (…) la santé, la sécurité, la salubrité publiques, (…) l’agriculture, (…) la protection de la nature et de l'environnement, (…) la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique ». Sont, en application de l’article L. 512-8 du même code, soumises à une simple déclaration, « les installations qui, ne présentant pas de graves dangers ou inconvénients pour les intérêts visés à l’article L. 511-1, doivent néanmoins respecter les prescriptions générales édictées par le préfet en vue d’assurer dans le département la protection » de ces mêmes intérêts. Ces deux régimes d’installations sont justifiés par la nécessité de proportionner les règles applicables au danger que représentent réellement les différents types d’installations. Dès lors, si certaines règles peuvent être communes, il importe que, à chaque fois que la préservation des intérêts environnementaux le permet, des règles plus souples soient appliquées aux installations les moins dangereuses, à savoir les installations soumises à déclaration.

Les règles de cessation définitive d’activité définies par l’article L. 512-17, se situant dans la section du chapitre relatif aux installations classées fixant les règles communes, s’appliquent à toutes les installations classées. Or, la procédure actuellement prévue ainsi que les obligations de remise en état mises à la charge des exploitants des installations soumises à déclaration apparaissent excessivement lourdes au regard du risque réel créé par ces installations. Ainsi, ces conditions de cessation d’activité prévoient notamment que, lorsque l’usage à considérer n’a pas été fixé lors de la procédure d’autorisation, une concertation est menée entre l’exploitant, le propriétaire du terrain et les autorités chargées de l’urbanisme afin de déterminer l’utilisation future des terrains et les conditions de réhabilitation. Par ailleurs, le nombre élevé d’installations classées soumises à déclaration (environ 450 000, contre 60 000 soumises à autorisation) ne permet de facto pas à l’administration de mettre en œuvre les dispositions actuelles, dont l’effet est donc contreproductif.

C’est pour ces raisons que le du présent article simplifie la procédure de cessation d’activité applicable aux installations soumises à déclaration, en limitant les obligations de l’exploitant à la remise en état du site dans un état tel qu’il ne puisse porter atteinte aux intérêts protégés par le code de l’environnement, sans passer par une procédure de concertation autour de l’usage futur du terrain. Cet usage futur n’aura plus à être déterminé au terme de la procédure de concertation prévue par l’actuel article L. 512-17 du code de l’environnement, mais devra de façon moins contraignante pouvoir être « comparable à la dernière période d’activité de l’installation ». Les 2° et 3° procèdent à des modifications de coordination, en renumérotant l’actuel article L. 512-17 du code de l’environnement, qui devient l’article L. 512-7-1, et se trouve ainsi déplacé de la section consacrée aux dispositions communes à toutes les installations classées vers la section relative aux seules installations soumises à autorisation.

L’adoption de cette mesure permettra d’alléger la charge administrative tant pour l’exploitant que pour l’administration. Pourront ainsi être supprimés les temps de rédaction et d’étude des différents documents remis en vue de la concertation, la préparation des arrêtés préfectoraux, l’examen en comité départemental de l’environnement, des risques sanitaires et technologiques, toutes ces formalités n’étant, pour les installations soumises à déclaration, pas justifiées par les nécessités de prévention des pollutions et des risques. Cette mesure permettra également d’accroître la sécurité juridique des exploitants de petites installations, en ne les soumettant pas à des obligations procédurales et de remise en état sans rapport avec le risque réel pour l’environnement. Enfin, elle permettra de mieux affecter les moyens de l’administration, qui pourra davantage prêter attention aux arrêts d’installations soumises à autorisation réellement susceptibles de présenter des risques environnementaux.

Art. L. 515-16 du code de l’environnement : Correction d’une imprécision sémantique

Le procède à une précision d’ordre sémantique, en remplaçant dans l’article L. 515-16 du code de l’environnement les termes « danger grave », utilisés dans ce texte de façon inappropriée, par le terme « aléa ». L’utilisation des termes « danger grave » dans cet article, qui définit les conditions dans lesquelles les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) peuvent prévoir des mesures d’expropriation ou de délaissement, pose en effet des problèmes de cohérence sur un plan logique et juridique, les autres textes relatifs aux PPRT (arrêtés, circulaires...) et les PPRT en cours d’élaboration utilisant quant à eux le terme approprié d’« aléa ».

Une circulaire en date du 7 octobre 2005 (59) a défini un certain nombre de termes utilisés dans la législation et la réglementation relatives aux installations classées. Le danger y est ainsi défini comme une « propriété intrinsèque à une substance (butane, chlore,...), à un système technique (mise sous pression d'un gaz,...), à une disposition (élévation d'une charge,…), à un organisme (microbes), etc., de nature à entraîner un dommage sur un "élément vulnérable" », tandis que l’aléa y est défini comme la « probabilité qu’un phénomène accidentel produise en un point donné des effets d’une intensité donnée, au cours d’une période déterminée. L’aléa est donc l’expression, pour un type d’accident donné, du couple (Probabilité d’occurrence x Intensité des effets) ».

L’article L. 515-16 visant une situation caractérisée par l’existence d’un risque environnemental et non une substance, un système technique ou encore un organisme, c’est bien le terme « aléa » et non le terme « danger grave » qui doit être utilisé. Cette modification permettra de rendre la disposition législative plus précise sur le plan juridique et, surtout, de la mettre en cohérence avec ses dispositions d’application, qui ont d’ores et déjà retenu le terme adéquat d’« aléa ».

Art. L. 541-13 du code de l’environnement : Suppression de l’obligation de prévoir
dans chaque plan régional d’élimination des déchets industriels spéciaux un centre
de stockage de ces déchets

Enfin, le 6° supprime le III de l’article L. 541-13 du code de l’environnement, qui impose à chaque région de prévoir, dans le plan d’élimination des déchets industriels spéciaux qu’elle est tenue d’élaborer en application du I de ce même article L. 541-13, la création d’un centre de stockage de ces déchets.

Cette disposition avait été introduite par la loi n° 92-646 du 13 juillet 1992 relative à l’élimination des déchets ainsi qu’aux installations classées pour la protection de l’environnement, à une époque où la gestion des déchets industriels spéciaux se faisait dans des conditions environnementales non satisfaisantes. Depuis, la situation s’est très largement améliorée : une réglementation stricte a été prise pour encadrer le fonctionnement de ces installations et l’élimination des déchets industriels spéciaux se fait désormais dans des conditions que chacun s’accorde à trouver satisfaisantes. À ce jour, 13 centres de stockage existent et permettent de traiter dans de bonnes conditions les déchets industriels spéciaux produits en France. Selon les informations recueillies par votre rapporteur, la capacité de stockage de ces centres permet de couvrir les besoins pour les vingt prochaines années. En outre, les quantités de déchets industriels spéciaux à stocker tendent à diminuer du fait, d’une part, des efforts entrepris par les industriels pour réduire à la source la production de ces déchets dont l’élimination est très onéreuse, et, d’autre part, de la diminution du nombre d’entreprises productrices de déchets dangereux.

Dans ce contexte, il n’apparaît plus nécessaire de prévoir dans chaque plan régional d’élimination des déchets industriels spéciaux la création d’un centre de stockage de ces déchets. En effet, la création d’un tel centre relève d’acteurs privés, éventuellement soutenus par un groupement d’intérêt public constitué en application de l’article L. 541-43 du code de l’environnement. En pratique, dans les régions dans lesquelles les besoins d’élimination de déchets industriels spéciaux ne se sont pas révélés suffisants pour justifier la création d’un centre de stockage, les investissements n’ont pas été réalisés, sans que cela ait nui à l’amélioration générale des conditions de stockage de ces déchets que notre pays a connue depuis 1992. À l’opposé, l’on trouve dans les régions dans lesquelles les besoins d’élimination de déchets industriels spéciaux sont importants plusieurs centres de stockage, la région Pays-de-la-Loire en comptant trois et la région Ile-de-France deux.

L’adoption de cette mesure permettra donc de mettre en conformité les obligations légales mises à la charge des régions en matière d’élimination des déchets industriels spéciaux avec la réalité des besoins, sans affecter la qualité du traitement de ces déchets d’ores et déjà correctement assurée par les centres existants.

La Commission adopte deux amendements rédactionnels et un amendement de coordination du rapporteur.

Puis elle adopte cet article ainsi modifié.

Article 52
(article 40 de la proposition)


(art. L. 611-1, L. 330-3 et L. 330-11 du code de l’aviation civile)


Mesures de simplification dans le secteur de l’aviation marchande

Le présent article comporte deux mesures de simplification intéressant l’aviation marchande. Le 1° supprime le système de financement du conseil supérieur de l’aviation marchande institué par l’article L. 611-1 du code de l’aviation civile. Prévu par l’article D. 370-1 de ce même code, le conseil supérieur de l’aviation marchande est consulté par le ministre chargé de l’aviation civile préalablement à certaines décisions dans les cas prévus par le code de l’aviation civile. Il peut, en outre, « être consulté par le ministre chargé de l’aviation civile sur toutes questions intéressant le transport aérien ». Il est également saisi par le ministre chargé de l’aviation civile « de tout avis du conseil national des transports qui intéresse le transport aérien ». En pratique, il délibère notamment sur les demandes d’octroi, de réexamen ou de retrait des licences d’exploitation de transporteur aérien et donne au ministre des avis motivés sur l’autorisation d’effectuer des services aériens réguliers et non réguliers vers des destinations extracommunautaires.

Actuellement, l’article L. 611-1 du code de l’aviation civile dispose que « les entreprises de transport aérien et les exploitants d’aérodromes supportent la charge des dépenses de personnel et de matériel du conseil supérieur de l’aviation marchande. La répartition de ces charges entre les différentes entreprises intéressées est effectuée dans des conditions fixées par décret ». Le financement du conseil est assuré par une redevance dont les taux sont fixés par l’article D. 611-2 du code de l’aviation civile.

Cependant, l’activité du conseil s’est fortement réduite, en raison notamment de la libéralisation du transport aérien intracommunautaire, achevée depuis le 1er avril 1997. Le conseil ne s’est ainsi réuni que 13 fois en 2003, 8 fois en 2004, 11 fois en 2005, 10 fois en 2006 et 6 fois en 2007. S’il a émis des avis sur un certain nombre d’arrêtés et débattu de problèmes importants tels que le transport aérien illicite, le nombre de dossiers de demandes d’octroi, de réexamen ou de retrait des licences d’exploitation de transporteur aérien a fortement reculé, passant de 63 en 2003 à 46 en 2005 et seulement 22 en 2007. En conséquence, les dépenses liées au fonctionnement du conseil (60) sont désormais très faibles, inférieures à 5 000 euros par an, et ne justifient plus l’existence d’une redevance dont le recouvrement auprès des multiples entreprises et exploitants d’aérodromes concernés est d’une grande lourdeur administrative.

C’est donc pour ces raisons d’efficacité de la dépense publique et d’allègement de la charge administrative pesant sur les entreprises que le présent I supprime le mode de financement spécifique du conseil supérieur de l’aviation marchande, dont les dépenses seront désormais prises en charge au titre du budget annexe de l’aviation civile.

Les 2° et 3° clarifient les dispositions de l’article L. 330-3 du code de l’aviation civile dont la rédaction actuelle est insatisfaisante. En effet, les dispositions de la première phrase de l’article L. 330-3, qui prévoient un régime d’autorisation spécifique aux liaisons intérieures au territoire national, ont perdu leur pertinence depuis la pleine entrée en vigueur de la réglementation communautaire créant un marché unique du transport aérien dans lequel il n’y a plus de distinction juridique entre les liaisons intérieures à un État membre et les liaisons internationales entre États membres. Ces dispositions sont donc redondantes avec les dispositions de l’article L. 330-2, relatives à l’autorisation de l’ensemble des services de transport aérien intéressant la France.

La seconde phrase de l’actuel article L. 330-3 permet de déroger à l’obligation de conclure une convention entre l’autorité organisatrice et les entreprises de transport aérien exploitant des services intérieurs, obligation prévue par le II de l’article 7 de la loi nº 82-1153 du 30 décembre 1982 d’orientation des transports intérieurs. En effet, une telle obligation est contraire au règlement communautaire prescrivant la liberté d’accès aux liaisons aériennes intracommunautaires. La rédaction actuelle prévoit une exception à la faculté de déroger, ce qui n’est juridiquement pas nécessaire et complexifie inutilement le texte.

En conséquence, la nouvelle rédaction proposée pour le premier alinéa de l’article L. 330-3 améliore la rédaction de cet article, en supprimant le régime d’autorisation spécifique aux liaisons aériennes intérieures au territoire national et en simplifiant la rédaction de la dérogation à l’article 7 de la loi nº 82-1153 du 30 décembre 1982 d’orientation des transports intérieurs.

En outre, s’agissant des liaisons aériennes de service public, il est proposé de donner à l’État la possibilité de déléguer, au cas par cas, sa compétence d’autorité organisatrice des transports aériens aux collectivités territoriales (régions, départements, communes) ou aux autres personnes publiques intéressées (syndicats mixtes, sociétés d’économie mixte, chambres de commerce et d’industrie) qui en feraient la demande pour mener à bien leurs projets de desserte aérienne. Actuellement, les règles d’intervention de l’État en faveur des liaisons aériennes de service public sont définies par le décret n° 2005-473 du 16 mai 2005 relatif aux règles d'attribution par l’État de compensations financières aux transporteurs aériens et aux exploitants d’aéroports (61). En application de ce décret, l’appel d’offres pour la concession des services est mené, à son initiative, par une collectivité territoriale ou une autre personne publique intéressée et l’État concrétise sa participation en étant partie à la convention de délégation de service public qui en résulte. Le décret du 16 mai 2005 conduit donc, en pratique, les collectivités ou autres personnes publiques à agir comme si elles étaient l’autorité organisatrice, et l’État à apporter un financement sous forme d’une subvention au transporteur délégataire de service public. Sont concernées douze liaisons en métropole et trois en Guyane. Selon les informations fournies à votre rapporteur, les dépenses afférentes de l’État s’élèvent en moyenne à 17 millions d’euros par an. À moyen terme, le dispositif devrait plutôt se réduire que s’étendre. Aujourd’hui, tous les niveaux de collectivités sont représentés parmi les partenaires locaux de la direction générale de l’aviation civile.

Il semble donc opportun de préciser la répartition des compétences, pour la rendre cohérente avec la pratique actuelle où les collectivités jouent de fait le rôle de personnes délégantes d’un service public. De plus, l’expérience a montré que la participation de l’État à une convention de délégation de service public tripartite, sur la passation de laquelle il n’a guère de prise, présente des inconvénients majeurs, dans l’ordre du droit et de la gestion courante. Actuellement, à défaut de compétence attribuée par la loi, les collectivités territoriales ou les autres personnes publiques intéressées ne sont pas habilitées à déléguer seules l’exploitation d’un service public de transport aérien, alors qu’elles sont de facto en première ligne pour la mise en œuvre de ces délégations de service public. En conséquence, la mesure des présents 2° et 3° permettra que la personne publique à l’origine de la recherche d’un délégataire soit seule à contracter avec le transporteur qu’elle aura retenu, l’État apportant le cas échéant une subvention à la personne délégante. Cette mesure permettra aux collectivités territoriales (régions, départements, communes) ou aux autres personnes publiques intéressées (syndicats mixtes, sociétés d’économie mixte, chambres de commerce et d’industrie) qui en feront la demande d’exercer plus librement et plus simplement, sur délégation de l’État, la compétence d’autorité organisatrice des transports aériens. La réalisation des projets de desserte aérienne des collectivités territoriales en sera ainsi facilitée.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 53
(article 41 de la proposition)


(art. L. 252-4 du code de l’organisation judiciaire ; art. L. 133-6-1, L. 221-4, L. 313-14, L. 313-16 et L. 331-5 du code de l’action sociale et des familles ; art. 13, 15, 23, 44 et 45 de la loi n° 2007-308 du 5 mars 2007)


Amélioration de la qualité de la législation dans les domaines
de la protection de l’enfance et de la protection juridique des majeurs

Le présent article, qui résulte d’un amendement de votre rapporteur le réécrivant intégralement, procède à des corrections d’erreurs de références ou à des coordinations dans des articles modifiés par la loi n° 2007-293 du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance et renforce la cohérence et l’efficacité du dispositif existant en matière de protection juridique des majeurs.

—  La loi du 5 mars 2007 précitée a créé une mesure d’accompagnement éducatif en matière d’économie sociale et familiale, appelée mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial, qui a remplacé la mesure préexistante de tutelle aux prestations sociales. Les dispositions relatives à cette mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial sont désormais insérées dans le code civil, aux articles 375-9-1 et 375-9-2, cette mesure étant ainsi pleinement intégrée à l’architecture d’ensemble des mesures d’assistance éducative en la renommant.

Dans la refonte de l’ensemble de ces dispositifs, qui nécessitait de nombreuses coordinations, deux modifications ont été omises : ainsi, la référence à l’ancienne tutelle aux prestations sociales figurant dans l’article L. 252-4 du code de l’organisation judiciaire est remplacée par la référence à la mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial (I). Par ailleurs, l’article L. 221-4 du code de l’action sociale et des familles prévoit que, lorsqu’il est informé par le juge des enfants d’une des mesures d’assistance éducative prévues aux articles 375-1 à 375-8 du code civil, « le président du conseil général lui communique les informations dont il dispose sur le mineur et sa situation familiale ». Or, le juge des enfants est également susceptible d’avoir besoin des informations détenues sur un mineur par le président du conseil général lorsqu’il prononce la mesure d’aide à la gestion du budget familial, ce que la loi du 5 mars 2007 précitée a omis de préciser. Dès lors, l’article L. 221-4 du code de l’action sociale et des familles est complété pour prévoir que la transmission d’information du président du conseil général au juge des enfants s’applique également au cas où est prononcée la mesure d’aide à la gestion du budget familial prévue par les articles 375-9-1 et 375-9-2 du code civil (2° du II).

—  Le 1° du II abroge l’article L. 133-6-1 du code de l’action sociale et des familles dont le contenu, relatif aux interdictions d’exploiter ou de diriger certains établissements sociaux ou médico-sociaux, a été réécrit et transféré dans l’article L. 133-6.

—  Les 3° à 5° du II procèdent à des coordinations dans les procédures d’injonction aux établissements qui ne respectent pas les obligations légales et de fermeture de ces établissements. Ils précisent les conditions d’intervention et le rôle du procureur de la République dans ces procédures et permettent au préfet, en cas d’urgence, de prononcer une fermeture temporaire d’établissement.

—  Le III modifie des articles du code de l’action sociale et des familles créés par la loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2009.

Le a) du 1° du III tend à simplifier la signature des contrats d’accompagnement social personnalisé, conclus entre le bénéficiaire de l’aide et le conseil général, en permettant que ces contrats soient signés par le président du conseil général.

Le b) du 1° du III complète le futur article L. 271-3 du code de l'action sociale et des familles, qui permet au département de déléguer la compétence en matière d’accompagnement social personnalisé à une autre collectivité territoriale ou à un centre communal d’action sociale, en permettant qu’une délégation soit accordée aux établissements publics de coopération intercommunale.

Le 2° du III corrige un oubli de coordination.

Le a) du 3° du III supprime dans le futur article L. 474-2 du code de l’action sociale et des familles une référence erronée à l’annulation de l’agrément des délégués aux prestations familiales, cette sanction ne figurant pas parmi celles prévues par le dispositif relatif à ces délégués.

—  Enfin, le b) du 3° du III renforce la cohérence de la législation relative à la protection juridique des personnes majeures, en alignant la procédure d’agrément des délégués aux prestations familiales personnes physiques sur celle prévue pour les personnes morales. En effet, aux termes des nouvelles dispositions prévues par la loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs en matière de mesures d’aide à la gestion du budget familial, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2009, les personnes morales qui mettront en œuvre ces mesures devront avoir reçu un « avis conforme du procureur de la République » (62).

Or, cette exigence d’avis conforme, destinée à permettre le contrôle de la moralité et de la compétence des personnes morales qui exerceront la tâche importante de mise en œuvre des mesures d’aide à la gestion du budget familial, mesures destinées à protéger des personnes fragilisées, n’a pas été prévue par la loi du 5 mars 2007 précitée pour les personnes physiques qui exerceront cette fonction. Cette différence de traitement résulte d’un oubli, et aucunement d’une volonté du législateur de soumettre à des régimes distincts des personnes physiques et morales exerçant la même fonction.

En conséquence, le présent III soumet au même régime d’avis conforme du procureur de la République l’agrément des personnes physiques qui mettront en œuvre les mesures d’aide à la gestion du budget familial. Cette mesure, qui améliore la cohérence du régime juridique encadrant la protection des majeurs, permettra également de protéger le patrimoine des personnes faisant l’objet de la mesure de protection.

La Commission adopte, avec l’avis favorable du rapporteur, un sous-amendement du Président Jean-Luc Warsmann prévoyant que le délai de caducité des mesures de protection non révisées court à compter de l’entrée en vigueur de la loi, et non de sa date de publication. Puis elle adopte l’amendement de réécriture de l’article ainsi modifié. Cet article est ainsi rédigé.

Article 54
(article 42 de la proposition)


(art. L. 332-6-1, L. 332-15, L. 332-29, L. 332-30, L. 520-2 et L. 520-5 du code de l’urbanisme ; art. L. 2331-5 du code général des collectivités territoriales ; art. 1585 C du code général des impôts)


Corrections d’erreurs de références en droit de l’urbanisme

Le présent article procède à 8 corrections d’erreurs de référence dans 6 articles du code de l’urbanisme, un article du code général des collectivités territoriales et un article du code général des impôts. La nécessité de procéder à ces corrections dans une loi de simplification illustre les inconvénients des modifications trop fréquentes et trop hâtives de la législation, qui amène inévitablement, faute de temps suffisant d’examen au Parlement, des oublis de coordination. Ces multiples erreurs, créatrices d’insécurité juridique, qui ne peuvent être évitées que si le Parlement dispose du temps nécessaire à un examen approfondi des textes en commission, devront amener le Gouvernement à recourir avec la plus grande parcimonie à la procédure accélérée prévue par le nouvel article 45 de la Constitution, afin de laisser, pour la majorité des textes, à la première chambre saisie le délai de six semaines entre le dépôt et la discussion en séance prévu par le nouvel article 42 de la Constitution (63) et à la seconde chambre saisie un délai de quatre semaines.

La Commission adopte un amendement du rapporteur corrigeant une erreur matérielle, puis cet article ainsi modifié.

Article 55

(art. L. 1126-2, L. 1126-3, L. 2122-13, L. 2122-16, L. 2125-1, L. 5241-1-1 [nouveau], L. 5311-2 et L. 5331-19 du code général de la propriété des personnes publiques ;
art. L. 2241-1, L. 3213-2, L. 4221-4, L. 5211-37 et L. 5722-3 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 341-11 du code du tourisme)


Ratification de trois ordonnances

Le présent article, qui résulte d’un amendement de votre rapporteur, a pour objet la ratification de trois ordonnances, conformément à la nouvelle rédaction de l’article 38 de la Constitution, qui prévoit depuis l’adoption de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 que les ordonnances « ne peuvent être ratifiées que de manière expresse ». ces trois ordonnances sont les suivantes :

—  l’ordonnance n° 2005-645 du 6 juin 2005 relative aux procédures de passation des marchés publics des collectivités territoriales, prise sur le fondement de l’article 65 de la loi n° 2004-1343 du 9 décembre 2004 de simplification du droit ;

—  l’ordonnance n° 2005-1027 du 26 août 2005 relative à la simplification et à l’amélioration des règles budgétaires et comptables applicables aux collectivités territoriales, à leurs groupements et aux établissements publics locaux qui leur sont rattachés, prise sur le fondement de l’article 63 de la loi n° 2004-1343 du 9 décembre 2004 de simplification du droit  ;

—  l’ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006 relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques, prise sur le fondement de l’article 48 de la loi n° 2005-842 du 26 juillet 2005 pour la confiance et la modernisation de l’économie.

La ratification de l’ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006 relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques nécessite en outre un certain nombre d’aménagements formels et de modifications de fond.

Le 1° du II adapte les articles L. 1126-2 et L. 1126-3 du code général de la propriété des personnes publiques, qui déterminent l’administration compétente pour recevoir les sommes et valeurs prescrites qui sont acquises à l’État. Il s’agit en effet de tenir compte du transfert à la direction générale de la comptabilité publique, depuis le 1er janvier 2007, de la mission domaniale qui était exercée avant cette date par la direction générale des impôts.

Les 2° et 3° du II visent à permettre au titulaire d’un droit réel d’occupation du domaine public de l’État de recourir au crédit-bail pour financer les constructions, sans exception, réalisées dans le cadre de son autorisation d’occupation temporaire. L’insertion de clauses ad hoc dans le contrat permet de garantir la continuité du service public exercé dans les constructions ainsi financées. Cette mesure permet d’aligner le régime de l’État sur celui des collectivités territoriales et généralise en réalité les nombreuses situations dans lesquelles ce type de financement a progressivement été admis à l’égard de certains services publics régaliens. Le bénéfice de cette mesure s’étend également au domaine public propre des établissements publics de l’État.

La mesure prévue au 4° du II tend à réduire le champ des exceptions au principe de non-gratuité de l’occupation du domaine public des personnes publiques, qui est consacré au premier alinéa de l’article L. 2125-1. Le second alinéa de ce même article permet en effet la mise à disposition gratuite de dépendances du domaine public des collectivités territoriales dans de très nombreuses situations, dès lors que l’occupation ou l’utilisation ne présente pas un caractère commercial pour le bénéficiaire du titre, quelle que soit la qualité de ce dernier. Or, l’occupation ou l’utilisation privative du domaine public, même si elle ne constitue pas une source de profit pour le permissionnaire, lui procure un avantage personnel dont sont privés les autres membres de la collectivité. Le versement d’une redevance, dont le montant est modulé par la collectivité propriétaire pour tenir compte de la nature des activités exercées sur le domaine public, représente la juste contrepartie des avantages individuels ainsi conférés au bénéficiaire de l’autorisation d’occupation. Il s’agit donc de limiter le bénéfice de la gratuité de l’occupation du domaine public des personnes publiques aux seules associations à but non lucratif qui concourent à la satisfaction d’un intérêt général, c’est-à-dire celles dont l’objet est caritatif, social ou humanitaire ou bien encore dont l’activité présente un intérêt local suffisamment caractérisé pour la collectivité propriétaire. Cette mesure concerne le domaine public de l’ensemble des personnes publiques.

Le 5° du II adapte pour la collectivité de Saint-Pierre-et-Miquelon l’article L. 3211-7 du code général de la propriété des personnes publiques, relatif aux cessions du domaine de l’État pour les programmes de logement social.

Les 6° et 7° du II rectifient des dispositions du livre III de la cinquième partie du code général de la propriété des personnes publiques relatif à l’application de ce code dans la collectivité départementale de Mayotte, pour en assurer la cohérence avec certaines des dispositions de la loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques.

Enfin, les III et IV corrigent des imprécisions rédactionnelles, respectivement dans le code général des collectivités territoriales et le code du tourisme.

*

* *

Le Président Jean-Luc Warsmann. En application de la réforme constitutionnelle du 23 juillet dernier, le Parlement doit désormais procéder à la ratification expresse des ordonnances pour leur conférer valeur législative. Nous essayons donc de recenser les ordonnances qui n’ont pas encore été ratifiées afin d’appliquer les nouvelles dispositions constitutionnelles.

La Commission adopte cet amendement portant article additionnel.

Chapitre IV

Dispositions de clarification du droit en matière pénale

Le chapitre IV de la présente proposition de loi comprend trois sections consacrées respectivement à la clarification des règles relatives à la récidive, à la clarification des règles relatives à la responsabilité pénale des personnes morales et à la clarification de dispositions en matière de procédure pénale.

Section 1

Clarification des règles relatives à la récidive

Article 56
(article 43 de la proposition)


(art. L. 262-46, art. L. 321-4, art. L. 322-8 du code de l’action sociale et des familles ; art. L. 310-26 du code des assurances ; art. L. 150-7, art. L. 150-8 du code de l’aviation civile ; art. L. 122-2 du code de commerce ; art. L. 152-11, art. L. 311-13, art. L. 351-13, art. 353-10 du code de la construction et de l’habitation ; art. 71, art. 149 du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure ; art. 413 bis du code des douanes ; art. 1783 A, art. 1810 du code général des impôts ; art. 11 du code des instruments monétaires et des médailles ; art. 254, art. 255 du code minier ; art. L. 39-5 et L. 74 du code des postes et des communications électroniques ; L. 335-9, art. L. 615-2, art. L. 623-34 du code de la propriété intellectuelle ; art. L. 524-6, art. L. 554-2 du code de la sécurité sociale ; art. 11 du décret-loi du 9 janvier 1852 ; art. 4 de la loi du 2 juin 1891 ; art. 23 de la loi n° 47-520 du 21 mars 1947 ; art. 7 de la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 ; art. 6 de la loi n° 83-1119 du 23 décembre 1983 ; art. 6 de la loi n° 85-706 du 12 juillet 1985 ; art. 20 de la loi n° 87-571)


Clarification des règles relatives à la récidive des infractions pénales

Le présent article supprime 34 articles ou parties d’articles de codes et de lois, dans l’objectif d’améliorer la qualité générale de notre législation en matière de récidive des infractions pénales, d’une part en supprimant 30 dispositions inutiles qui se contentent de reproduire la règle générale de doublement des sanctions encourues, d’autre part en mettant 4 dispositions en conformité avec des principes constitutionnels.

—  Parmi les 34 modifications auxquelles procède le présent article, la grande majorité – 30 – tend à supprimer de notre droit des dispositions inutiles car redondantes avec une règle générale édictée par le code pénal. En effet, les articles 132-8 à 132-10 du code pénal prévoient que, lorsqu’un crime ou un délit est commis en état de récidive légale, les peines de réclusion criminelle, d’emprisonnement et d’amende sont doublées. Cette règle générale, comme d’autres règles générales du droit pénal tels que celles relatives à la tentative (64) ou à la complicité (65), s’applique à l’ensemble des dispositions comportant une incrimination pénale, quel que soit le code ou la loi dans lequel ces dispositions se situent et sans qu’il soit besoin que le texte d’incrimination la reproduise.

Or, 30 textes d’incrimination, répartis dans 13 codes et 7 lois, procèdent à cette inutile répétition de la règle générale des articles 132-8 à 132-10 du code pénal. Outre l’effet de « gonflage » artificiel et inutile du volume de la législation en vigueur, qui contribue à faire de notre droit un maquis impénétrable pour nos concitoyens et même parfois pour les juristes, cette répétition est également susceptible d’avoir pour conséquence d’induire en erreur un lecteur peu averti d’une disposition législative : en constatant qu’une disposition prévoit qu’en cas de récidive les peines seront doublées, tandis qu’une deuxième disposition, éventuellement voisine de la première, ne comprend pas d’indication en ce sens, ce lecteur pourrait être amené à croire que l’aggravation des peines n’est pas encourue en cas de récidive dans la seconde situation visée. Ce risque d’erreur, ajouté à l’inutilité de la répétition d’un principe général, justifie donc pleinement la suppression de ces 30 articles ou parties d’articles.

—  Les 4 dernières modifications opérées par le présent article tendent à mettre les règles contenues dans 4 textes d’incrimination en conformité avec le principe constitutionnel d’individualisation des peines

Comme l’a rappelé le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2007-554 DC du 9 août 2007 sur la loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs, si des peines minimales peuvent être édictées par le législateur en cas de récidive sans qu’il ne soit porté atteinte au principe constitutionnel d’individualisation des peines, ce n’est qu’à condition que les juridictions ne soient pas tenues de prononcer ces peines minimales et qu’elles conservent la faculté de prononcer une peine inférieure (66). Or, deux articles du code de l’aviation civile (articles L. 150-7 et L. 150-8), un article du code général des impôts (article 1810) et un article du code des postes et des communications électroniques (article L. 74) prévoient que, en cas de récidive, le maximum de la peine encourue est obligatoirement prononcé, sans préjudice pour la juridiction de pouvoir porter la peine prononcée au double, conformément à la règle générale de doublement. En conséquence, les III (1° et 2°), VIII (2°) et XI suppriment les dispositions inconstitutionnelles concernées.

La Commission adopte un amendement du rapporteur supprimant des dispositions devenues sans objet du fait du projet de loi généralisant le revenu de solidarité active, ainsi qu’un amendement de précision et un amendement rédactionnel du même auteur. Puis elle adopte un amendement du rapporteur supprimant des dispositions redondantes avec la règle générale de doublement des peines en cas de récidive, ainsi qu’un amendement rédactionnel du même auteur.

La Commission adopte cet article ainsi modifié.

Article 57

(art. L. 514-2 du code des assurances ; art. L. 152-4 du code de la construction et de l’habitation ; art. L. 216-8 du code de l’environnement ; art. 1741, 1772, 1774 et 1813 du code général des impôts ; art. L. 1271-5, L. 2326-1, L. 3351-6, L. 3819-2 du code de la santé publique ; art. L. 244-12 du code de la sécurité sociale ; art. L. 312-14 du code du sport ; art. L. 480-4-1 du code de l’urbanisme ; art. 2 de la loi du 3 avril 1942 ; art. 24 et 32 de la loi n° 68-1181 du 30 décembre 1968)


Suppression des régimes dérogatoires de récidive des infractions pénales

Cet amendement résulte d’un amendement de M. Jean-Luc Warsmann, tendant à supprimer dix-huit dispositions pénales prévoyant, en matière de récidive, des règles dérogeant à la règle générale de doublement des sanctions encourues.

L’article précédent simplifie la rédaction de la législation en vigueur en matière de récidive des infractions pénales, en supprimant 30 dispositions inutiles qui se contentent de reproduire la règle générale de doublement des sanctions encourues prévue par les articles 132-8 à 132-10 du code pénal, ainsi que 4 articles prévoyant en cas de récidive un prononcé obligatoire du maximum de la peine encourue pour l’infraction.

D’autres dispositions pénales de notre législation, au nombre de 18, dérogent à cette règle générale de doublement des sanctions, et prévoient des augmentations des peines d’amende ou d’emprisonnement avec un coefficient multiplicateur allant de 1,67 à 20. Ainsi, si 2 textes prévoient une augmentation des sanctions encourues en cas de récidive inférieure à un doublement (les articles L. 152-4 du code de la construction et de l’habitation et L. 1271-5 du code de la santé publique, qui prévoient une amende de 45 000 euros, portée à 75 000 euros en récidive), 16 textes dérogatoires multiplient par un coefficient allant de 2,5 à 20 les sanctions encourues en récidive.

Le faible nombre de ces règles dérogatoires risque d’entacher d’erreur l’information qui peut être donnée au condamné par le président de la juridiction lors d’une première condamnation, en application du nouvel article 132-20-1 du code pénal issu de la loi n° 2007-1198 du 10 août 2007 renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs, les magistrats étant susceptibles au moment de la première condamnation de ne pas avoir prêté une attention suffisante au caractère dérogatoire du texte d’incrimination en matière de récidive.

En outre, cette diversité des régimes dérogatoires nuit à la cohérence de notre droit, puisqu’aucun élément objectif ne justifie que les peines encourues pour certaines infractions soient multipliées dans certains cas par 1,67, 2,5, 5 voire 20 et non par 2 conformément à la règle générale.

Dès lors, le présent article ramène dans le droit commun de la récidive ces 18 textes qui prévoient une règle dérogatoire. En outre, afin de redonner de la cohérence à notre échelle des peines et de se conformer aux quanta de peines d’emprisonnement prévus par l’article 131-4 du code pénal et à la logique générale du code pénal quant à l’équilibre des peines d’amende et d’emprisonnement encourues, un certain nombre de peines encourues lors de la première commission d’une infraction sont modifiées, à la hausse ou à la baisse selon les cas : 8 peines d’amende et 3 peines d’emprisonnement sont ainsi relevées, tandis que 2 peines d’amende sont diminuées. La combinaison de cette modification des sanctions encourues pour le premier terme avec le retour dans le droit commun de la récidive a pour effet un adoucissement des peines encourues en cas de récidive pour 5 peines d’amende et 3 peines d’emprisonnement, un maintien au niveau actuel de peine encourue pour une peine d’amende et 2 peines d’emprisonnement et une hausse pour 2 peines d’emprisonnement et 6 peines d’amende.

Enfin, il convient de noter que, selon que les modifications prévues par le présent article auront pour effet un adoucissement ou un durcissement de la peine encourue, en distinguant le cas des peines encourues lors de la commission d’une première infraction de celles encourues en cas de récidive, le principe de rétroactivité de la loi pénale plus douce et de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère prévu par l’article 112-1 du code pénal conduira à appliquer rétroactivement les dispositions plus favorables et à n’appliquer qu’aux faits postérieurs à la présente loi les dispositions plus sévères.

*

* *

Le Président Jean-Luc Warsmann. Cet amendement supprime les 18 régimes dérogatoires existants en matière de récidive.

M. le rapporteur. En règle générale, la peine encourue est doublée en matière de récidive. La suppression des dispositions particulières dérogeant à cette règle est demandée par les magistrats pour réduire la complexité du droit applicable. L’alignement sur le régime général s’accompagne, dans certains cas, d’une modification du quantum des peines pour rétablir une certaine cohérence dans l’échelle des peines.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Section 2

Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale
des personnes morales

La section 2 comprend deux très longs articles clarifiant les règles relatives à la responsabilité pénale des personnes morales. Les commentaires qui peuvent être faits sur ces deux articles sont communs, puisque les modifications auxquelles ils procèdent, dans le code pénal et le code de procédure pénale pour l’article 44 et dans les autres codes en vigueur pour l’article 45, partagent le même objet de clarification.

Article 58
(article 44 de la proposition)


(art. 213-3, 215-3, 221--5-2, 221-7, 222-6-1, 222-16-1, 222-18-2, 222-21, 222-33-1, 222-42, 223-2, 223-7-1, 223-9, 223-15-1, 223-15-4, 225-4, 225-4-6, 225-12, 225-12-4, 225-16, 225-16-3, 225-18-1, 226-7, 226-12, 226-24, 226-30, 227-4-1, 227-14, 227-17-2, 227-28-1, 311-16, 312-15, 313-9, 314-12, 314-13, 321-12, 322-17, 323-6, 324-9, 414-7, 422-5, 431-20, 433-25, 436-5, 441-12, 442-14, 443-8, 444-9, 445-4, 450-4, 511-28, 717-3 et 727-3 du code pénal ; art. 60-1 et 60-2 du code de procédure pénale)


Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale
des personnes morales dans le code pénal et le code de procédure pénale

Lorsque le nouveau code pénal a institué la responsabilité pénale des personnes morales, le législateur avait limité cette responsabilité aux cas prévus par la loi ou le règlement : l’article 121-2 du code pénal prévoyait ainsi que « les personnes morales, à l’exclusion de l’État, sont responsables pénalement, selon les distinctions des articles 121-4 à 121-7 et dans les cas prévus par la loi ou le règlement, des infractions commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants. ». La loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité a supprimé de l’article 121-2 les mots « et dans les cas prévus par la loi ou le règlement » : les personnes morales peuvent désormais être déclarées pénalement responsables de toute infraction quelle qu’elle soit, sans qu’il soit besoin que le texte d’incrimination le prévoie.

Cependant, un grand nombre de textes de droit pénal spécial actuellement en vigueur, pour la plupart antérieurs à la loi du 9 mars 2004 précitée mais, pour certains, postérieurs, comportent toujours un alinéa disposant que les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables de l’infraction prévue par l’article, ce qui constitue une répétition inutile de la règle générale de l’article 121-2 du code pénale. M. Jean-Luc Warsmann, dans son rapport sur le projet de loi examiné en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, indiquait que « la suppression du principe de spécialité nécessitera un important travail de coordination visant à supprimer dans l’ensemble des textes législatifs et réglementaires les dispositions prévoyant la responsabilité pénale des personnes morales » (67). C’est ce travail qu’accomplit aujourd’hui la présente proposition de loi.

Le présent article opère deux sortes de modifications : des suppressions de dispositions inutiles, d’une part, et des modifications de dispositions devenues inadaptées, d’autre part. En effet, toutes les dispositions concernant la responsabilité pénale des personnes morales ne sont pas inutiles : seules le sont, et doivent donc être supprimées, celles qui se bornent à indiquer que les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables de l’infraction concernée et qu’elles encourent la peine d’amende selon les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal. En effet, aux termes de l’article 131-37 du code pénal, la seule peine principale encourue – mais encourue systématiquement, sans qu’il soit besoin que le texte d’incrimination le précise – par les personnes morales est l’amende, dont le taux est le quintuple de celle encourue par les personnes physiques. Il est donc totalement inutile de préciser que les personnes morales peuvent être responsables et qu’elles encourent la peine d’amende.

En revanche, doivent être conservées les dispositions prévoyant une ou plusieurs peines complémentaires prévues par l’article 131-39 du code pénal, celles-ci n’étant encourues que si le texte d’incrimination le prévoit spécialement. Toutefois, ces dispositions doivent être adaptées pour remplacer l’expression « Les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables de l’infraction de … et encourent les peines suivantes : 1° l’amende selon les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal ; 2° les peines complémentaires prévues par les x° et y° de l’article 131-39 du code pénal » par l’expression « Les personnes morales déclarées pénalement responsables de l’infraction de … encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines complémentaires prévues par les x° et y° de l’article 131-39 du code pénal ».

Ces deux séries de modifications permettront ainsi d’alléger notre droit de dispositions inutiles car redondantes avec une disposition générale et de le rendre cohérent avec la généralisation de la responsabilité des personnes morales réalisée par la loi du 9 mars 2004 précitée. L’article 44 procède à ces modifications dans les deux codes principaux de la matière pénale, le code pénal et le code de procédure pénale.

La Commission adopte un amendement rédactionnel du rapporteur, puis cet article ainsi modifié.

Article 59
(article 45 de la proposition)


(art. L. 227-8 , art. L. 473-4 du code de l’action sociale ; art. L. 324-1 , art. L. 741-3 du code de l’aviation civile ; art. L. 310-27 et 310-28 du code des assurances ; art. L. 310–6, art. L. 321-15 , art. L. 654-7 du code de commerce ; art. L. 121-72, art. L. 213-6 , art. L. 218-7 du code de la consommation ; art. L. 152-12, art. L ; 511-6, art. L. 521-4 , art. L. 642-28 du code de la construction et de l’habitation ; art. L. 2339-2, art. L. 2339-3, art. L. 2342-78 , art. L. 2343-11 du code de la défense ; art. 209 du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure ; art. L. 459 du code des douanes ; art. L. 622-8 , art. L. 623-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; art. L. 216-12, art. L. 218-24, art. L. 218-57, art. L. 218-70, art. L. 218-80, art. L. 226-10, art. L. 331-27, art. L. 332-25-1, art. L. 428-7-1, art. L. 437-23, art. L. 514-18, art. L. 521-21, art. L. 522-16, art. L. 541-47 , art. L. 713-5 du code de l’environnement ; art. L. 2223-36 du code général des collectivités territoriales ; art. L. 333-4 du code de justice militaire ; art. 143 du code minier ; art. L. 163-10-1, art. L. 351-1, art. L. 353-4, art. L. 465-3, art. L. 571-1, art. L. 573-7, art. L. 573-11 du code monétaire et financier ; art. L. 114-55, art. L. 213-5 , art. L. 510-12 du code de la mutualité ; art. L. 442-5 du code du patrimoine ; art. L. 19, art. L. 39-2, art. L. 39-10, art. L. 65 , art. L. 97-3 du code des postes et des communications électroniques ; art. L. 335-8, art. L. 343-6, art. L. 521-12, art. L. 615-14-3, art. L. 623-32-2, , art. L. 716-11-2 du code de la propriété intellectuelle ; art. L. 216-6, art. L. 317-8, art. L. 321-4 , art. L. 413-5 du code de la route ; art. L. 215-10, art. L. 215-11, art. L. 215-13, art. L. 228.8, art. L. 237-1, art. L. 237-2, art. L. 237-3, art. L. 251-20, art. L. 251-21, art. L. 253-17, art. L. 257-12 , art. L. 671-10 du code rural ; art. L. 1115-2, art. L. 1126-4, art. L. 1133-9, art. L. 1133-10, art. L. 1142-26, art. L. 1274-2, art. L. 1324-3, art. L. 1337-4, art. L. 1337-7, art. L. 1337-9, art. L. 2164-2, art. L. 3512-3, art. L. 4161-6, art. L. 4162-1, art. L. 4163-2, art. L. 4223-1, art. L. 4223-2, art. L. 4243-1, art. L. 4243-2, art. L. 4314-4, art. L. 4314-5, art. L. 4323-4, art. L. 4323-5, art. L. 4334-1, art. L. 4334-2, art. L. 4344-4, art. L. 4344-5, art. L. 4353-1, L. 4353-2, art. L. 4263-2, art. L. 4363-3, art. L. 4372-1, art. L. 4372-2, art. L. 5426-1, art. L. 5431-4, art. L. 5435-1, art. L. 5441-12, art. L. 5442-8, art. L. 5451-3, art. L. 6222-1, art. L. 6222-2 , art. L. 6324-2 du code de la santé publique ; art. L. 243-12-2 , art. L. 951-11 du code de la sécurité sociale ; art. L. 232-28 , art. L. 332-30 du code du sport ; art. L. 412-2 du code du tourisme ; art. 90-1 du code du travail maritime)


Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale
des personnes morales dans 26 codes

Le présent article procède, dans 26 codes différents, aux mêmes modifications que celles auxquelles procède l’article 58 dans le code pénal et le code de procédure pénale.

La Commission adopte un amendement rédactionnel, un amendement supprimant des dispositions devenues sans objet, un amendement rédactionnel, deux amendements réparant des omissions, un amendement de clarification rédactionnelle et un amendement rédactionnel du rapporteur, ainsi qu’un amendement du même auteur supprimant une disposition devenue sans objet.

La Commission adopte cet article ainsi modifié.

Section 3

Clarification de dispositions en matière de procédure pénale

La section 3 du chapitre IV comprend sept articles clarifiant diverses dispositions de procédure pénale.

Article 60

(art. 62 et 103 du code de procédure pénale)


Possibilité, pour les personnes appelées à témoigner dans une procédure pénale en raison de leur activité professionnelle, de consigner
leur adresse professionnelle

Le présent article résulte d’un amendement de M. Dominique Raimbourg tendant à permettre aux personnes appelées à témoigner en raison de leur activité professionnelle, dans le cadre d’une enquête de police judiciaire ou d’une instruction, de ne fournir aux autorités de police judiciaire ou au juge d’instruction que leur adresse professionnelle.

En effet, nombre de nos concitoyens ayant connaissance d’une infraction dans le cadre de leur activité professionnelle peuvent craindre, lorsqu’ils doivent, en application des dispositions du code de procédure pénale, apporter leur témoignage, que des représailles ne soient commises à leur encontre. Cette situation recouvre des situations très variées d’agents, publics ou privés, qui du fait de leurs fonctions sont amenés à se trouver sur les lieux de commission d’infractions : policiers, gendarmes, pompiers, policiers municipaux ou encore agents de sécurité de sociétés privées.

Les pressions que peuvent subir ces personnes, amenées du fait de leurs fonctions à être témoin de faits pénalement sanctionnés et légalement tenues de ce fait de témoigner, ne sont pas tolérables, et doivent pouvoir être limitées par des mesures de protection, telles que celle prévue par le présent article. Le fait pour ces témoins de pouvoir, s’ils le souhaitent, communiquer aux autorités de police ou au magistrat instructeur leur seule adresse professionnelle permettra de leur garantir une protection renforcée.

*

* *

M. Dominique Raimbourg. L’objet de cet amendement est d’assurer une protection renforcée des agents publics entendus ou convoqués en qualité de témoins.

M. le rapporteur. Je suis favorable à cet amendement car de nombreux agents publics ne souhaitent pas communiquer leur adresse personnelle lorsqu’ils témoignent devant une juridiction.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 61
(article 46 de la proposition)


(art. 74 du code de procédure pénale)


Clarification des pouvoirs des enquêteurs dans le cadre des enquêtes
en recherche des causes de la mort ou de blessures graves
d’origine inconnue ou suspecte

Le présent article clarifie les pouvoirs des enquêteurs dans le cadre des enquêtes en recherche des causes de la mort ou de blessures graves d’origine inconnue ou suspecte. Les pouvoirs des enquêteurs dans le cadre de ces enquêtes sont déterminés par l’article 74 du code de procédure pénale. Or, le cadre juridique défini par cet article apparaît peu précis quant aux investigations que les enquêteurs sont autorisés à mener ou non : ainsi, aucun acte coercitif n’est expressément permis et seul un nombre très limité de diligences est prévu. Une lecture restrictive de cet article amènerait à considérer que les enquêteurs agissant dans le cadre de l’article 74 du code de procédure pénale ne peuvent que se transporter sur les lieux, procéder aux premières constatations et requérir une personne qualifiée afin de les assister pour apprécier les circonstances du décès.

La jurisprudence de la chambre criminelle de la Cour de cassation n’a naturellement jamais retenu cette lecture restrictive de l’article 74 du code de procédure pénale et considère que les enquêteurs peuvent procéder à l’ensemble des actes prévus aux articles 56 à 62 dans les cas de crime ou délit flagrant. Cependant, l’absence de précision suffisante des dispositions législatives relatives à ces enquêtes est source d’un manque de lisibilité, a fortiori si l’on compare la rédaction de l’article 74 avec celle, plus précise, de l’article 74-1 relatif aux disparitions de mineurs ou de majeurs protégés qui vise expressément les articles 56 à 62 du code de procédure pénale pour définir les actes que les enquêteurs sont autorisés à accomplir.

S’inspirant de la rédaction de l’article 74-1 précité, l’article 46 remédie à cette insuffisante précision de l’article 74 en faisant référence, pour définir les actes d’investigations autorisés pour rechercher les causes de la mort ou de blessures graves d’origine inconnue ou suspecte, aux actes prévus aux articles 56 à 62 du code de procédure pénale. Outre les mesures déjà autorisées, les enquêteurs seront donc désormais expressément habilités à procéder à des perquisitions et saisies, à requérir le concours de toute personne, établissement ou organisme privé ou public et administration publique, et à interdire à toute personne de s’éloigner du lieu de l’infraction jusqu’à la clôture des opérations, à entendre des témoins, le cas échéant par la voie de la comparution forcée.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 62
(article 47 de la proposition)


(art. 16-1 et art. 16-3 du code de procédure pénale)


Renforcement des garanties des gendarmes et policiers
demandant l’habilitation d’officier de police judiciaire

Le présent article tend à remédier à deux lacunes de la législation relative à l’habilitation des gendarmes et des policiers en qualité d’officier de police judiciaire (OPJ) par le procureur général près la cour d’appel dans le ressort de laquelle ils exercent leurs fonctions.

La première de ces lacunes réside dans l’impossibilité, pour les policiers et gendarmes qui sollicitent du procureur général l’habilitation d’OPJ, de contester la décision de refus qui leur est opposée. En effet, en application du huitième alinéa de l’article 16 du code de procédure pénale, les gendarmes et policiers remplissant les conditions prévues par les 2° et 4° de ce même article pour posséder la qualité d’OPJ, « ne peuvent exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité d’officier de police judiciaire ni se prévaloir de cette qualité que s’ils sont affectés à un emploi comportant cet exercice et en vertu d’une décision du procureur général près la cour d’appel les y habilitant personnellement ».

Or, si l’article 16-1 du même code prévoit que « dans le mois qui suit la notification de la décision de suspension ou de retrait d’habilitation, l’officier de police judiciaire peut demander au procureur général de rapporter cette décision », et si l’article 16-2 dispose que « dans le délai d’un mois à partir du rejet explicite ou implicite de la demande prévue à l’article précédent, l’officier de police judiciaire peut former un recours devant une commission composée de trois magistrats du siège de la Cour de cassation », ces articles ne visent que les décisions de suspension ou de retrait d’habilitation mais pas les décisions de refus ab initio du procureur général. Cette impossibilité de contester la décision de refus d’habilitation constitue une atteinte injustifiée aux droits des gendarmes et policiers concernés, qui doivent pouvoir être en mesure de contester les motifs de fait et de droit ayant conduit le procureur général à prendre une décision qui leur fait grief. Le I du présent article comble cette lacune en permettant la contestation non plus seulement des décisions de suspension ou de retrait d’habilitation mais également des décisions de refus d’habilitation du procureur général.

La seconde lacune du dispositif relatif à l’habilitation des gendarmes et des policiers en qualité d’OPJ tient à l’absence de motivation des décisions de la commission spéciale de la Cour de cassation compétente pour se prononcer sur les recours des gendarmes et policiers contre les décisions de suspension, de retrait et, à compter de l’entrée en vigueur du présent article, de refus d’habilitation. En effet, la première phrase de l’article 16-3 du code de procédure pénale prévoit que « la commission statue par une décision non motivée ». Cette absence de motivation apparaît également injustifiée, en ce qu’elle ne permet pas aux gendarmes ou aux policiers contestant une décision leur portant préjudice de savoir si les motifs de droit ou de fait qu’ils ont fait valoir pour contester la décision ont ou non été pris en considération. Il convient toutefois de remarquer que la commission, soucieuse de respecter le droit que les gendarmes et policiers ont en tant que justiciables à connaître la motivation de la décision dont ils font l’objet, a de longue date adopté une pratique contra legem mais pleinement justifiée consistant à motiver ses décisions. Le II du présent article vient donc consacrer cette pratique et reconnaître expressément le droit des gendarmes et policiers à connaître les raisons de décisions susceptibles d’affecter le déroulement de leur carrière professionnelle.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 63
(art. 495 ; art. 495-5-1 et 495-5-2 [nouveaux] ; art. 495-9, art. 495-11 ; art. 495-15-1 [nouveau] du code de procédure pénale)


Amélioration des procédures d’ordonnance pénale et de comparution
sur reconnaissance préalable de culpabilité

Le présent article résulte d’un amendement de votre rapporteur tendant, d’une part, à étendre le champ d’application de la procédure d’ordonnance pénale tout en permettant l’indemnisation des victimes dans le cadre de cette procédure, et, d’autre part, à apporter des aménagements à la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité afin de renforcer son efficacité.

Art. 495 ; art. 495-5-1 et 495-5-2 [nouveaux] du code de procédure pénale :
extension du champ d’application de l’ordonnance pénale et indemnisation
des victimes dans le cadre de cette procédure

L’ordonnance pénale (OP), qui n’était, lors de sa création, prévue que pour les contraventions, a été étendue aux délits par la loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d’orientation et de programmation pour la justice. Après plus de six années de pratique, cette procédure nouvelle en matière délictuelle constitue désormais un mode de traitement efficace de contentieux de masse, permettant d’apporter à des faits comparables des réponses pénales harmonisées.

Le champ d’application de la mesure, défini limitativement, ne permet de la mettre en œuvre que pour les délits prévus par le code de la route et les contraventions connexes prévues par ce code (1°), les délits en matière de réglementations relatives aux transports terrestres (2°), certains délits prévus par le code de commerce sous réserve qu’une peine d’emprisonnement ne soit pas encourue (3°), et, depuis la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance, le délit d’usage de produits stupéfiants prévu par le premier alinéa de l’article L. 3421-1 du code de la santé publique (4°) et le délit d’occupation en réunion des espaces communs des immeubles collectifs d’habitation en entravant délibérément l’accès ou la libre circulation des personnes, prévu par l’article L. 126-3 du code de la construction et de l’habitation (5°).

En outre, la procédure simplifiée de l’OP est exclue pour les mineurs, si la victime a formulé au cours de l’enquête une demande de dommages et intérêts ou de restitution, ou a fait directement citer le prévenu avant que l’OP ait été rendue, ainsi que lorsque le délit prévu par le code de la route a été commis en même temps qu’une contravention ou qu’un délit d’homicide involontaire ou d’atteinte involontaire à l’intégrité de la personne.

Cette énumération et ces trois cas d’exclusion ne permettent donc de recourir à l’OP que dans des cas très limités, alors que d’autres infractions, par exemple des dégradations légères ou des vols simples commis par des primo-délinquants, pourraient aussi donner lieu à cette procédure. C’est donc pour permettre de recourir plus largement à cette procédure, à la fois efficace pour les parquets et respectueuse des droits de la défense puisqu’une opposition devant le tribunal correctionnel est possible en application de l’article 495-3 du code de procédure pénale, que le présent article étend son champ d’application à « tous les délits, à l’exception des délits de presse, des délits d’homicides involontaires, des délits politiques, des délits prévus par le code du travail et des délits dont la procédure de poursuite est prévue par une loi spéciale ». Pourront donc faire l’objet de cette procédure simplifiée l’ensemble des délits, quel que soit le texte les instituant, à l’exception de ceux dont la gravité (homicides involontaires, délits prévus par le code du travail) ou le particularisme (délits de presse, délits politiques) justifient la comparution devant le tribunal correctionnel.

En outre, la procédure d’OP restera exclue pour les mineurs, ainsi que dans les cas où « la victime a fait citer directement le prévenu avant qu’ait été rendue l’ordonnance prévue par l’article 495-1 ». En revanche, les exclusions actuelles prévues, d’une part, dans le cas où la victime a formulé une demande de dommages et intérêts, et, d’autre part, dans le cas où une contravention a été commise en même temps que le délit routier, sont supprimées. En effet, dans le second cas, l’OP correctionnelle n’interdit pas que soit également mise en œuvre une OP contraventionnelle pour la contravention commise en même temps que le délit. Surtout, l’OP deviendra possible même si la victime a formulé une demande de dommages et intérêts, les règles encadrant cette demande étant définies par les articles 495-5-1 et 495-5-2 du code de procédure pénale créés par le 2° du présent amendement.

Les deux nouveaux articles 495-5-1 et 495-5-2 du code de procédure pénale créés par le 2° ont pour objet de permettre la mise en œuvre par la victime de son droit à indemnisation dans le cadre de la procédure simplifiée de l’OP. Ainsi, lorsque la victime aura formulé au cours de l’enquête de police une demande de dommages et intérêts ou de restitution, le nouvel article 495-5-1 prévoit que « le président doit statuer sur cette demande dans l’ordonnance pénale ». S’il ne peut statuer sur la demande soit en raison d’une « contestation sur la propriété des objets dont la restitution est demandée », soit s’il « ne trouve pas dans la demande, dans les pièces jointes et dans le dossier, les motifs suffisants pour statuer » (68), le tribunal sera saisi conformément aux dispositions du nouvel article 495-5-2. Cet article, également applicable dans le cas où « la victime n’a pu se constituer partie civile dans les conditions prévues à l’article 495-5-1 » avant que l’OP ait été rendue, prévoit que la victime doit être informée par le procureur de son droit à demander la citation de l’auteur des faits devant le tribunal correctionnel afin que celui-ci statue sur les intérêts civils.

Enfin, l’article 495-5-1 prévoit également, lorsque l’OP statue sur les intérêts civils, que « l’ordonnance pénale doit être portée à la connaissance de la partie civile » et que celle-ci « est informée qu’elle dispose d’un délai de quarante-cinq jours à compter de cette notification pour former opposition à l’ordonnance ». En cas d’opposition, le tribunal correctionnel sera alors également saisi conformément aux dispositions de l’article 495-5-2, uniquement pour statuer sur les intérêts civils.

Ces différentes modifications de la procédure d’OP permettront ainsi de concilier les exigences de l’efficacité des poursuites avec le nécessaire respect du droit des victimes à être indemnisées.

Art. 495-9, art. 495-11 et art. 495-15-1 [nouveau] du code de procédure pénale :
aménagements de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité

Après cinq années de pratique de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), créée par la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, cette procédure est aujourd’hui entrée dans les mœurs judiciaires. Les craintes qui s’étaient exprimées au cours de la discussion de la loi du 9 mars 2004 d’affaiblissement des droits de la défense et de volonté d’occultation de certaines affaires ne se sont pas avérées fondées. Bien au contraire, la CRPC a prouvé toute son utilité pour apporter une réponse rapide et proportionnée à des affaires simples, en état d’être jugées et ne justifiant pas, du fait des circonstances et de la personnalité de l’auteur des faits, une audience devant le tribunal correctionnel.

Malgré cette reconnaissance générale de l’utilité de la procédure de CRPC et de sa capacité à concilier efficacité des poursuites et respect des droits de la défense, certaines adaptations et simplifications apparaissent nécessaires. Le présent amendement vise donc à simplifier la procédure de CRPC afin de renforcer son adéquation avec les besoins d’une justice à la fois rapide, efficace et respectueuse des droits de la défense.

Le a) du 3° permet au procureur, lorsqu’un prévenu a accepté la peine qui lui était proposée, de convoquer celui-ci dans un délai maximum d’un mois devant le juge devant homologuer cette peine, au lieu d’être obligé comme aujourd’hui de le présenter immédiatement à ce juge. Cette mesure permettra, dans les cas où une victime doit être convoquée pour l’audience d’homologation, de la convoquer avec un délai suffisant, tout en lui évitant de se déplacer inutilement si le prévenu a refusé la peine proposée.

Le b) du 3° permet au juge saisi par le procureur aux fins d’homologation de prononcer une peine de même nature que celle proposée mais d’un quantum inférieur, ce qui évitera, comme cela arrive dans certains cas, un refus d’homologation rendant nécessaire des poursuites devant le tribunal. Le 4° redéfinit les conditions dans lesquelles le ministère public peut interjeter appel, pour tenir compte de cette nouvelle possibilité ouverte au juge du siège de prononcer une peine inférieure à celle proposée par le procureur et acceptée par le prévenu.

Enfin, le 5° autorise le procureur qui propose une CRPC à convoquer en même temps la personne poursuivie par officier de police judiciaire devant le tribunal correctionnel de telle sorte que, si la CRPC échoue, notamment en raison de la carence du prévenu, il ne soit pas nécessaire d’engager des poursuites par voie de citation directe. La chambre criminelle de la Cour de cassation ayant, dans une décision du 4 octobre 2006, estimé que cette pratique, préconisée par circulaire, ne pouvait être mise en œuvre en l’absence disposition législative le permettant expressément, le nouvel article 495-15-1 autorise cette pratique, utile à l’intérêt d’une justice rapide et effective sans porter atteinte aux droits de la défense.

*

* *

M. le rapporteur. En premier lieu, cet amendement étend l’ordonnance pénale à tous les délits, sous réserve des exceptions énumérées, telles que les délits de presse, les délits prévus par le code du travail, les délits commis par un prévenu mineur… Il permet également la constitution de partie civile en cas d’ordonnance pénale.

En second lieu, cet amendement modifie la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il prévoit que le procureur peut convoquer le prévenu devant le juge dans un délai d’un mois, au lieu d’être obligé de le présenter immédiatement. Il permet au juge de diminuer la peine prévue. Il autorise enfin le procureur qui propose une CRPC à convoquer la personne devant le tribunal correctionnel, pour éviter de procéder à une nouvelle notification, ce qui encombre les greffes.

Le Président Jean-Luc Warsmann. Aujourd’hui, si le juge refuse d’homologuer la peine prévue, la procédure de CRPC échoue. Autoriser le juge à prononcer une peine plus légère évitera donc de recommencer la procédure dans certains cas. Si le prévenu avait consenti à une peine plus lourde, il sera forcément d’accord avec la peine prononcée. L’amendement permet aussi de remédier à l’un des principaux défauts de la procédure, qui est l’absence de dédommagement pour la victime. La possibilité de convoquer le prévenu devant le juge dans un délai d’un mois permettra de convoquer également la victime pour qu’elle assiste à l’audience. Cet amendement tire donc les conséquences du fonctionnement des procédures d’ordonnance pénale et de CRPC depuis quelques années.

M. Dominique Raimbourg. L’amendement étend-il le champ des délits susceptibles de donner lieu une procédure de CRPC ?

Le Président Jean-Luc Warsmann. Absolument pas.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Article 64
(article 48 de la proposition)

(art. 695-16, 695-26, 695-28, 695-37, 695-46, 728-2, 728-3, 729-2, 695-41, 696-9, 696-9-1 [nouveau], 696-10, 696-11, 696-12, 696-23, 696-25 et 696-26 du code de procédure pénale)


Amélioration des dispositifs relatifs à la coopération judiciaire
en matière pénale

Les articles 64 et 65 procèdent à un certain nombre de modifications de simplification et de clarification de règles relatives à la coopération judiciaire en matière pénale, et principalement des règles applicables au mandat d’arrêt européen, entré en vigueur le 1er janvier 2004. L’entrée en vigueur de ce mécanisme, prévu par la décision-cadre du Conseil du 13 juin 2002 (69), a permis de réaliser des progrès considérables sur le plan de la coopération judiciaire européenne. Le mandat d’arrêt européen a ainsi remplacé, entre les États membres de l’Union européenne, la traditionnelle procédure d’extradition, dont certains aspects manifestent une certaine défiance vis-à-vis des systèmes judiciaires étrangers qui, entre pays européens, n’a plus de raison d’être.

Cependant, des difficultés persistent, principalement au niveau pratique, mais aussi sur le plan législatif : notre commission des Lois, dans le rapport d’application de la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, présenté en novembre 2004 (70), et le Conseil de l’Union européenne, dans une étude réalisée en 2007, ont formulé des propositions en vue de remédier aux insuffisances du dispositif. Certaines des règles de procédure prévues par la loi du 9 mars 2004 précitée, qui a transcrit en droit interne les principes de la décision-cadre précitée, doivent ainsi être modifiées, afin de rendre plus efficace encore le mécanisme du mandat d’arrêt européen, sans que ces modifications affectent en rien le respect des droits de la défense. C’est à ces modifications que procèdent les 1° à 9° du présent article.

Les autres modifications prévues par le présent article (10° à 17°) visent à améliorer les dispositifs de coopération judiciaire applicables avec les États non membres de l’Union européenne ou applicables lorsque les conditions pour mettre en œuvre le dispositif simplifié du mandat d'arrêt européen ne sont pas réunies.

Art. 695-16 du code de procédure pénale : Faculté d’émettre un mandat d’arrêt européen sur le fondement d’un mandat d’amener

Le donne au ministère public la faculté d’émettre un mandat d’arrêt européen sur le fondement d’un mandat d’amener, afin de faciliter la procédure lorsqu’une personne est déjà localisée en France. Actuellement, l’article 695-16 du code de procédure pénale permet au ministère public près la juridiction d’instruction, de jugement ou d’application des peines ayant décerné un mandat d’arrêt de mettre « celui-ci à exécution sous la forme d’un mandat d’arrêt européen soit à la demande de la juridiction, soit d’office » et d’« assurer, sous la forme d’un mandat d’arrêt européen, l’exécution des peines privatives de liberté d’une durée supérieure ou égale à quatre mois prononcées par les juridictions de jugement ».

Toutefois, si une personne ayant fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen a déjà été remise à la France, soit pour être présentée devant un juge d’instruction soit pour exécuter une peine, mais qu’elle n’accepte pas de renoncer au principe de spécialité et refuse l’exécution d’un mandat d’amener décerné dans une autre affaire, l’exécution de ce dernier se trouve compliquée et ne peut pas être obtenue par le mécanisme du mandat d’arrêt européen, actuellement réservés aux seuls cas de mandat d’arrêt et d’exécution d’une peine. C’est pour cette raison que le I du présent article complète l’article 695-16 du code de procédure pénale pour prévoir que, même si la personne recherchée ne renonce pas au bénéfice du principe de spécialité, lorsque cette personne « a déjà été remise à la France pour un fait quelconque autre que celui pour lequel elle est de nouveau recherchée, le ministère public près la juridiction de jugement d’instruction ou d’application de peines ayant décerné un mandat d’amener met celui-ci à exécution sous la forme d’un mandat d’arrêt européen ».

Cette extension du mécanisme du mandat d’arrêt européen au mandat d’amener, compatible avec les dispositions de la décision-cadre précitée, permettra de simplifier et d’accélérer l’exécution d’un tel mandat, sans affecter l’exercice des droits de la défense, puisque la procédure et les règles de fond prévues par les articles 695-11 à 695-46 s’appliqueront.

Art. 695-26, 695-28, 695-37 du code de procédure pénale : Amélioration de l’efficacité des moyens de coercition à la disposition du ministère public dans le cadre de la procédure du mandat d’arrêt européen

Les 2° à 4° tendent à remédier à deux insuffisances du dispositif actuel du mandat d’arrêt européen, susceptibles d’aboutir à la fuite d’une personne recherchée en exécution d’un tel mandat ou, au contraire, à un recours excessif à la détention provisoire. Ces modifications permettront d’assurer un meilleur équilibre entre les nécessités de la recherche et la protection des droits des personnes recherchées.

La première de ces insuffisances réside dans le fait qu’actuellement, le procureur général près la cour d’appel territorialement compétent pour faire exécuter un mandat d’arrêt européen ne dispose d’aucun moyen de contrainte pour mettre ce mandat à exécution. Cette absence de moyens de contrainte contraste avec les moyens dont dispose, en application de l’article 74-2 du code de procédure pénale, le procureur de la République pour faire exécuter un mandat d’arrêt national ou faire rechercher une personne en vue de l’exécution d’une peine, qui peut faire « procéder aux actes prévus par les articles 56 à 62 » du même code. Le procureur de la République peut ainsi faire procéder à des perquisitions et saisies, requérir toute personne en vue de réaliser des constatations, interdire à toute personne de s’éloigner et convoquer des témoins.

L’absence de moyens de contrainte pour faire procéder à l’exécution d’un mandat d’arrêt européen ne se justifie pas, les affaires donnant lieu à un tel mandat étant, par définition, des affaires d’une certaine gravité. En outre, l’efficacité des recherches peut être affectée par cette lacune, qui est donc susceptible de constituer un obstacle à la coopération judiciaire européenne. En conséquence, les 2° et 4° confèrent au procureur général les moyens de coercition prévus à l’article 74-2 du code de procédure pénale, ce qui permettra de limiter les risques qu’une personne recherchée en vertu d’un mandat d’arrêt européen ne se soustraie à son exécution.

La seconde insuffisance du dispositif actuel sur le plan des moyens de coercition à la disposition du ministère public réside dans le fait que, en application de l’article 695-28, le procureur général ne dispose, pour assurer la présence de la personne recherchée lors des différents actes de la procédure se déroulant devant la chambre de l’instruction, d’aucun autre choix que le placement en détention provisoire – qui constitue la règle générale – ou, par exception, la remise en liberté de la personne recherchée, s’il « estime que sa représentation à tous les actes de la procédure est suffisamment garantie ». Cette alternative entre détention provisoire et remise en liberté apparaît préjudiciable aux justiciables faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen, susceptibles d’être incarcérés dans des cas où, si l’affaire avait été purement nationale, ils auraient pu bénéficier d’un maintien en liberté assorti des obligations du contrôle judiciaire.

C’est donc dans le but de mieux concilier l’impératif d’ordre public de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen avec les droits du justiciable que le 3° du présent article permet au procureur général de soumettre la personne à des obligations identiques à celles prévues en matière de contrôle judiciaire par l’article 138 du code de procédure pénale. Cette mesure permettra de mieux moduler la contrainte mise en œuvre dans le cadre de la procédure de mandat d’arrêt européen, afin de réserver la détention provisoire aux seules hypothèses strictement nécessaires.

Art. 695-46 du code de procédure pénale : Possibilité d’extension de la remise en vertu d’un mandat d’arrêt européen pour permettre l’exercice de nouvelles poursuites souhaitées par un autre État membre et l’exécution de peines ou de mesures de sûreté

Le répond à une carence et une difficulté d’interprétation du premier alinéa de l’article 695-46 du code de procédure pénale soulignées par les praticiens et relevées par le Conseil de l’Union européenne dans son évaluation. En effet, cet alinéa prévoit actuellement que « la chambre de l'instruction, devant laquelle la personne recherchée avait comparu, est saisie de toute demande émanant des autorités compétentes de l’État membre d’émission en vue de consentir à des poursuites pour d’autres infractions que celles ayant motivé la remise et commises antérieurement à celles-ci ». Cet article permet ainsi à la chambre de l’instruction de traiter des demandes tendant à consentir à d’autres poursuites, et donc in fine d’étendre le champ de la remise à l’exercice d’autres poursuites que celles pour lesquelles elle a été initialement saisie. En revanche, cet article ne l’autorise pas à connaître de demandes tendant à étendre la remise à l’exécution d’une peine ou d’une mesure de sûreté, même si certaines chambres de l’instruction ont, dans un souci de cohérence et d’efficacité du dispositif et par analogie avec ce qui est possible en matière d’extradition, retenu une lecture différente de cette disposition.

Cette limitation aux possibilités d’extension de la remise apparaît comme un obstacle injustifié à la bonne coopération judiciaire entre États européens. C’est donc dans le but d’améliorer l’efficacité de cette coopération que le V du présent article permet à la chambre de l’instruction de traiter l’ensemble des demandes soumises à la France, dans le respect du principe de spécialité de la remise d’une personne en exécution d’un mandat d’arrêt européen, que ces demandes aient pour objet de permettre l’exercice d’autres poursuites ou de mettre à exécution une peine ou une mesure de sûreté déjà prononcées.

Art. 728-2, 728-3, 729-2 du code de procédure pénale : Amélioration de dispositions relatives à l’exécution des peines dans le cadre de demandes de coopération

Les 6° à 8° comportent deux dispositions relatives à l’exécution des peines dans le cadre de demandes de coopération.

Les 6° et 7° tendent à permettre l’exécution en France d’une peine prononcée par la justice d’un État membre à l’égard d’un Français que la France ne souhaite pas remettre. En effet, en application du 2° de l’article 695-4 du code de procédure pénale, qui a transcrit en droit interne le paragraphe 6 de l’article 4 de la décision-cadre du 13 juin 2002 précitée, l’exécution d’un mandat d’arrêt européen peut être refusée « si la personne recherchée pour l’exécution d’une peine ou d’une mesure de sûreté privatives de liberté est de nationalité française et que les autorités françaises compétentes s’engagent à faire procéder à cette exécution ». Mais une omission de coordination des dispositifs législatifs a conduit à ce qu’aucune disposition n’organise pratiquement les modalités de mise à exécution en France de la peine prononcée à l’étranger dans ce cas. Les 6° et 7° réparent donc cet oubli en complétant les articles 728-2 et 728-3 du code de procédure pénale relatifs aux modalités d’exécution en France de condamnations prononcées à l’étranger.

Le 8° concerne également l’exécution des peines pour les personnes ayant fait l’objet d’une décision de remise sur le fondement d’un mandat d’arrêt européen et vise à prévoir qu’une libération conditionnelle peut être accordée à une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen dans les mêmes conditions que pour les personnes frappées d’une interdiction du territoire, d’expulsion ou sous le coup d’une décision d’extradition. En effet, l’article 729-2 du code de procédure pénale prévoit que « lorsqu’un étranger condamné à une peine privative de liberté est l’objet d’une mesure d’interdiction du territoire français, de reconduite à la frontière, d’expulsion ou d’extradition, sa libération conditionnelle est subordonnée à la condition que cette mesure soit exécutée. Elle peut être décidée sans son consentement ».

En revanche, l’hypothèse de la libération conditionnelle d’une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen n’est actuellement pas prévue, ce qui ne permet pas de faire de l’exécution de ce mandat une condition de la libération. Le présent 8° comble cette lacune et permettra dorénavant aux personnes à l’encontre desquelles a été prise une décision de remise sur le fondement d’un mandat d’arrêt européen de bénéficier d’une libération conditionnelle, assortie de la condition que cette mesure soit effectivement exécutée.

Art. 695-41 du code de procédure pénale : Amélioration des possibilités de saisie des pièces à conviction ou des biens acquis par la personne grâce à l’infraction

Le 9° tend à élargir les possibilités de saisies des pièces à conviction ou des biens acquis par la personne grâce à l’infraction. Actuellement, l’article 695-1 du code de procédure pénale permet, lors de l’arrestation d’une personne recherchée en vertu d’un mandat d’arrêt européen, que soient saisis « à la demande de l’autorité judiciaire de l’État membre d’émission (…) des objets (…) qui peuvent servir de pièces à conviction [1°], ou (…) qui ont été acquis par la personne recherchée du fait de l’infraction [2°] ». En revanche, la possibilité de saisie à l’initiative de l’autorité judiciaire française qui fait exécuter le mandat d’arrêt européen n’est prévue par aucun texte. En conséquence, en l’absence de demande expresse de saisie par l’État requérant, la saisie d’objets qui constitueraient manifestement des éléments de preuve d’une infraction ou des produits de celle-ci n’est actuellement pas permise, faute de base légale. Cette impossibilité de saisies pourtant nécessaires constitue une grave carence du dispositif actuel, susceptible d’empêcher la manifestation de la vérité.

Le présent 9° remédie à cette carence, en permettant que les saisies puissent être réalisées non plus seulement « à la demande de l’autorité judiciaire de l’État membre d’émission », mais également « à l’initiative de l’autorité judiciaire d’exécution ». Cette possibilité de saisies à l’initiative de l’autorité judiciaire d’exécution apparaît comme une nécessité dans l’optique du renforcement de la coopération judiciaire européenne, le rôle de l’autorité exécutant le mandat d’arrêt européen ne devant pas se limiter à remettre la personne se situant sur son territoire, mais devant aussi contribuer à participer à la manifestation de la vérité. En outre, l’article 695-1 ainsi modifié prévoyant que ces saisies sont réalisées « dans les formes prévues par l’article 56, par les deux premiers alinéas de l’article 56-1, par les articles 56-2, 56-3 et 57 et par le premier alinéa de l’article 59 », toutes les garanties entourant les saisies, notamment lorsqu’elles sont réalisées dans le cabinet d’un avocat (71) ou d’un médecin (72) ou encore dans les locaux d’une entreprise de presse (73), sont applicables. Cet élargissement des possibilités de saisie, qui sera donc sans effet pour le respect des droits de la défense, permettra d’accroître l’efficacité de la coopération judiciaire européenne.

Art. 696-9, 696-9-1 [nouveau], 696-10, 696-11, 696-12 et 696-23 du code de procédure pénale : Rapprochement des règles de compétence et de fond applicables en matière d’extradition des règles applicables dans le cadre du mandat d’arrêt européen

Les 10° à 15° tendent à rapprocher les règles de compétence ainsi que certaines règles de fond relatives à la procédure d’extradition de celles applicables dans le cadre du mandat d’arrêt européen.

Le rapprochement des règles de procédure a pour objectif de créer, au profit du procureur général près la cour d’appel, un bloc de compétence en matière de coopération judiciaire. Actuellement, en matière d’extradition, l’article 629-9 dispose que « la demande d’extradition est, après vérification des pièces, transmise, avec le dossier, par le ministre des affaires étrangères au ministre de la justice qui, après s’être assuré de la régularité de la requête, l’adresse au procureur général territorialement compétent. Celui-ci la transmet, pour exécution, au procureur de la République territorialement compétent ». Lorsqu’elle est appréhendée, la personne est ensuite déférée au procureur de la République qui l’informe de la demande dont elle fait l’objet et de ses droits et ordonne son incarcération, « à moins qu’il n’estime que sa représentation à tous les actes de la procédure est suffisamment garantie » (74). La suite de la procédure est ensuite, après transmission des « pièces produites à l’appui de la demande d’extradition (…) par le procureur de la République au procureur général » (75), dirigée par ce dernier.

Cette intervention successive du procureur de la République et du procureur général est source de perte de temps, voire, dans certains cas, de pratiques divergentes préjudiciables à l’efficacité des procédures de coopération judiciaire. Dès lors, les modifications contenues dans les 10° à 15° permettront d’éviter ces interventions successives du procureur de la République et du procureur général près la cour d’appel après l’interpellation d’une personne dont l’extradition est demandée. L’ensemble des mesures de coopération judiciaire, que ces mesures soient exécutées dans le cadre classique de l’extradition ou dans celui plus récent du mandat d’arrêt européen, ressortira ainsi de la compétence du procureur général, ce qui sera de nature à uniformiser les pratiques et à accélérer le traitement des dossiers.

Certaines des règles de fond applicables en matière de mandat d’arrêt européen sont également étendues aux procédures d’extradition. Ainsi, la possibilité pour le procureur général de recourir aux moyens de contrainte prévus par l’article 74-2 du code de procédure pénale, étendue par les 2° et 4° du présent article aux recherches dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen (76), sera également applicable pour faciliter la recherche d’une personne faisant l’objet d’une demande d’extradition. De façon similaire, la possibilité de soumettre la personne recherchée aux obligations du contrôle judiciaire, prévue par le 3° pour le mandat d’arrêt européen, est étendue aux personnes dont l’extradition est demandée : cette mesure est très favorable aux droits des personnes poursuivies, puisqu’une troisième voie est créée entre l’incarcération – qui est le principe en matière d’extradition – et le maintien en liberté – jusqu’ici l’exception.

Ce rapprochement des règles de procédure et de fond du mandat d’arrêt européen et de l’extradition constituera une réelle simplification de notre procédure pénale, attendue par les magistrats, dans le respect des droits de la défense et des spécificités de chaque procédure de coopération.

Art. 696-25 et 696-26 du code de procédure pénale : Harmonisation de la procédure d’extradition simplifiée entre États membres de l’Union européenne avec la procédure classique d’extradition

Enfin, les 16° et 17° harmonisent la procédure d’extradition simplifiée entre États membres de l’Union européenne, qui s’applique lorsque le mandat d’arrêt européen ne peut s’appliquer, avec la procédure classique d’extradition. En effet, l’article 696-25 du code de procédure pénale dispose que « hors les cas où s’appliquent les dispositions du présent titre relatives au mandat d’arrêt européen, lorsqu’une demande d’arrestation provisoire aux fins d’extradition émane d’un État partie à la convention du 10 mars 1995 relative à la procédure simplifiée d’extradition entre les États membres de l’Union européenne, il est procédé conformément aux dispositions des articles 696-10 et 696-11 », mais prévoit un certain nombre d’exceptions visant à simplifier et accélérer cette procédure.

La procédure classique d’extradition étant elle-même simplifiée par les mesures des 10° à 15° du présent article, et principalement par le transfert de l’ensemble de la compétence au procureur général, certaines adaptations des dispositions relatives à la procédure simplifiée sont également nécessaires. Ainsi, l’ancienne règle de l’article 696-10 qui prévoyait une première comparution de la personne faisant l’objet d’une demande d’extradition devant le procureur de la République puis, dans un délai de sept jours, une comparution devant le procureur général, étant supprimée par les 10° à 15° du présent article, le procureur général étant désormais seul compétent en matière extraditionnelle, la règle dérogatoire prévue dans le cadre de la procédure simplifiée d’extradition fixant à trois jours au lieu de sept le délai dans lequel devait intervenir la comparution devant le procureur général est devenue sans objet et est supprimée.

En outre, le 16° prévoit expressément que cette procédure simplifiée s’applique aux extraditions demandées par la Confédération suisse. En effet, bien que ce pays n’ait pas ratifié la convention du 10 mars 1995 visée au premier alinéa de l’article 696-25 du code de procédure pénale, un accord bilatéral signé entre nos deux pays le 10 février 2003 et ratifié par une loi du 13 octobre 2005 (77) a mis en place une procédure simplifiée d’extradition. Dès lors, les dispositions applicables aux extraditions entre États membres de l’Union européenne, dans les cas où le mécanisme du mandat d’arrêt européen n’est pas applicable, seront également applicables aux extraditions demandées par la Confédération suisse.

Toutes les modifications prévues par le présent article, qui favorisent le rapprochement des procédures applicables dans les différents cas de remise d’une personne recherchée à un État étranger, rendront plus simple notre droit en cette matière et réduiront les risques d’erreur de procédure engendrés par la multiplicité des règles applicables, au bénéfice de l’efficacité de la coopération judiciaire et sans porter atteinte aux garanties fondamentales protégeant les personnes visées par une demande de remise ou d’extradition.

La Commission adopte cet article sans modification.

Article 65
(article 49 de la proposition)


(art. 434-35-1 du code pénal)


Création d’un délit de soustraction à l’exécution d’une décision d’extradition
ou d’une décision de remise en application d’un mandat d’arrêt européen

Le présent article crée un délit puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende tendant à permettre de sanctionner « le fait de se soustraire à l’exécution d’un décret d’extradition ou d’une décision de remise prononcée par une juridiction française dans le cadre de l’exécution d’un mandat d'arrêt européen ». Cette nouvelle incrimination constitue la contrepartie indispensable des possibilités plus larges prévues par les III et XIII de l’article 48 pour permettre de laisser libres durant la procédure les personnes concernées par une demande d’extradition ou de remise en exécution d’un mandat d’arrêt européen.

En effet, si l’état du droit actuel, qui ne laisse aux magistrats aucune alternative entre l’incarcération et le maintien en liberté sans mesure de contrôle, n’apparaît pas satisfaisant en ce qu’il rend quasiment systématique le placement en détention, il ne faudrait pas que la création de la possibilité de maintenir en liberté sous contrôle judiciaire les personnes visées par une demande d’extradition ou un mandat d’arrêt européen engendre une diminution des garanties de représentation de ces personnes. Dès lors, la création d’un délit de soustraction à l’exécution d’un décret d’extradition ou d’une décision de remise sur le fondement d’un mandat d’arrêt européen apparaît comme une mesure nécessaire pour dissuader les personnes concernées de profiter de la mesure de maintien en liberté sous contrôle dont elles ont bénéficié pour échapper à la justice du pays qui a demandé leur extradition ou leur remise et dont la demande a été acceptée par la France.

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La Commission est saisie d’un amendement de suppression de cet article présenté par M. Dominique Raimbourg.

M. Dominique Raimbourg. La création de ce nouveau délit est inutile car les personnes concernées font déjà l’objet d’un titre de détention. De plus, l’administration pénitentiaire a déjà du mal à gérer les peines plurielles et risque d’oublier d’exécuter le décret d’extradition ou le mandat d’arrêt européen à la fin de la peine de prison. Le dispositif proposé pourrait donc être contreproductif.

M. le rapporteur. Je pensais que la création de ce délit serait un moyen de coercition supplémentaire, mais je vais demander des éclaircissements à la Chancellerie. Je vous propose de reporter cette discussion à la séance publique.

M. Dominique Raimbourg retire l’amendement.

Article 66

Application dans les collectivités d’outre-mer des dispositions du chapitre IV

Le présent article est issu d’un amendement de votre rapporteur, tendant à assurer l’application des dispositions du chapitre IV, consacré à des mesures de clarification du droit en matière pénale, sur l’ensemble du territoire et donc dans les collectivités d’outre-mer, à condition que les articles visés y soient bien applicables.

La Commission adopte l’amendement portant article additionnel.

Chapitre V

Compensation financière

Article 67
(article 50 de la proposition)


(art.575 et 575 A du code général des impôts)


Compensation financière des pertes de recettes potentielles

Cet article a pour objet de compenser, à due concurrence, les pertes de recettes éventuelles qui résulteraient pour les régimes sociaux et pour l’État de l’application de la présente loi, par une majoration des droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts et par la création d’une taxe additionnelle à ces mêmes droits.

La Commission adopte cet article sans modification.

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La Commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République adopte l’ensemble de la proposition de loi ainsi modifiée.

En conséquence, elle vous demande d’adopter la proposition de loi dont le texte figure ci-après.

TEXTE ADOPTÉ PAR LA COMMISSION

Proposition de loi de simplification et de clarification du droit
et d’allègement des procédures

Chapitre Ier

Mesures de simplification en faveur des citoyens
et des usagers des administrations

Article 1er


L’article L. 30 du code électoral est ainsi modifié :


« 1° Le premier alinéa est complété par les mots : « et lorsque les électeurs sont convoqués pour un scrutin »


« 2° Après le 2°, il est inséré un 2° bis ainsi rédigé :


« 2° bis Les personnes qui établissent leur domicile dans une autre commune pour un motif professionnel autre que ceux visés aux et du présent article après la clôture des délais d’inscription, ainsi que les membres de leur famille domiciliés avec elles à la date du changement de domicile ; »

Article 2

À la première phrase du dernier alinéa de l’article 530-1 du code de procédure pénale, les mots : « , à sa demande, » sont supprimés.

Article 3


Les trois derniers alinéas de l’article 80 du code civil sont remplacés par deux alinéas ainsi rédigés :


« En cas de décès dans les établissements de santé et dans les établissements sociaux et médico-sociaux qui accueillent des personnes âgées, les directeurs en donnent avis, par tous moyens, dans les vingt-quatre heures, à l’officier de l’état civil. Dans ces établissements, un registre est tenu sur lequel sont inscrits les déclarations et renseignements portés à la connaissance de l’officier de l’état civil.


« En cas de difficulté, l’officier de l’état civil doit se rendre dans les établissements pour s’assurer, sur place, du décès et en dresser l’acte, conformément à l’article 79, sur la base des déclarations et renseignements qui lui sont communiqués. »

Article 4


Après l’article 815-5 du code civil, il est inséré un article 815-5-1 ainsi rédigé :


« Art. 815-5-1. —  Le ou les indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité, exprimer devant un notaire leur intention de procéder à l’aliénation d’un bien indivis. Si ce bien est démembré, la vente de sa pleine propriété s’effectue dans les conditions prévues aux articles 817, 818 et 819.


« Le notaire signifie, dans le délai d’un mois, par un acte extrajudiciaire, cette intention aux autres indivisaires. À défaut, les décisions prises en application du présent article sont inopposables à ces derniers.


« Si l’un ou plusieurs des indivisaires s’opposent à cet acte ou ne se manifestent pas dans un délai de deux mois à compter de sa signification, sans qu’ils soient dans le cas prévu à l’article 836, le notaire le constate par procès-verbal. Dans ce cas, le tribunal de grande instance peut autoriser, à la demande des indivisaires mentionnés au premier alinéa, l’aliénation d’un bien indivis si celle-ci ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.


« Cette aliénation ne peut s’effectuer que par adjudication, dans la forme des licitations. Les sommes retirées de cette aliénation ne peuvent faire l’objet d’un remploi sauf pour payer les dettes et charges de l’indivision.


« L’aliénation effectuée dans les conditions fixées par l’autorisation du tribunal de grande instance est opposable à l’indivisaire dont le consentement a fait défaut, sans préjudice des dispositions du deuxième alinéa. »

Article 5


La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis est ainsi modifiée :


1° Au deuxième alinéa de l’article 9, les références : « e, g, h, et i de l’article 25, du d de l’article 26 et des articles 26-1 et 30 » sont remplacées par les références : « e, g, h, i et n de l’article 25, du d de l’article 26 et de l’article 30 » ;


2° Au quatrième alinéa de l’article 10-1, après les mots : « est dispensé », sont insérés les mots : « , même en l’absence de demande de sa part, » ;


3° Après les mots : « demander au », la fin du dernier alinéa de l’article 18-2 est ainsi rédigée : « président du tribunal de grande instance, statuant comme en matière de référé, d’ordonner sous astreinte la remise des pièces et des fonds mentionnés aux deux premiers alinéas ainsi que le versement des intérêts dus à compter de la mise en demeure, sans préjudice de tous dommages et intérêts. » ;


4° L’article 21 est ainsi modifié :


a)
À la première phrase du cinquième alinéa, les mots : « mentionnés à l’article 41 de la loi n° 84-595 du 12 juillet 1984 définissant la location-accession à la propriété immobilière, leurs conjoints ou leurs représentants légaux » sont remplacés par les mots : « , leurs conjoints, les partenaires liés à eux par un pacte civil de solidarité, leurs représentants légaux, ou leurs usufruitiers » ;


b)
À la première phrase du sixième alinéa, après le mot : « conjoint, », sont insérés les mots : « , le partenaire lié à lui par un pacte civil de solidarité, » ;


5° L’article 22 est ainsi modifié :


a)
À la deuxième phrase de l’avant-dernier alinéa, après le mot : « peut », sont insérés les mots : « , à quelque titre que ce soit, » ;


b)
Au dernier alinéa, après le mot : « conjoint, », sont insérés les mots : « le partenaire lié à lui par un pacte civil de solidarité, » ;


6° Au a de l’article 25, le mot : « précédent » est remplacé par la référence : « 24 » ;


7° L’article 29-6 est ainsi rédigé :


« Art. 29-6. —  Le livre VI du code de commerce n’est pas applicable aux syndicats de copropriétaires. »

Article 6


L’article 35 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 précitée est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Toutefois, lorsque le bâtiment est situé dans un périmètre sur lequel est institué un droit de préemption urbain en application de l’article L. 211-1 du code de l’urbanisme, la décision d’aliéner le droit de surélever ce bâtiment est prise à la majorité prévue à l’article 25. Cette décision exige l’accord des copropriétaires de l’étage supérieur du bâtiment à surélever, et, si l’immeuble comprend plusieurs bâtiments, la confirmation par une assemblée spéciale des copropriétaires des lots composant le bâtiment à surélever, statuant à la majorité prévue à l’article 25. »

Article 7


I. —  Le code civil est ainsi modifié :


1° À l’article 386, au deuxième alinéa de l’article 515-3, aux 1° et 2° de l’article 1108-2, à la première phrase de l’article 1320, à l’article 1322, au premier alinéa de l’article 1323, au premier alinéa de l’article 1325, à la dernière phrase de l’article 1326, à l’article 1328, au deuxième alinéa de l’article 1570, à la première phrase du deuxième alinéa de l’article 1572, au dernier alinéa de l’article 1582, aux première et seconde phrases de l’article 1589-2, au dernier alinéa de l’article 1861, à la première phrase du premier alinéa de l’article 1985 et à l’article 2004, les mots : « seing privé » sont remplacés par les mots : « signature privée » ;


2° À l’intitulé du paragraphe 3 de la section 1 du chapitre VI du titre III du livre III, les mots : « seing privé » sont remplacés par les mots : « signature privée » ;


3° Le premier alinéa de l’article 743 est ainsi rédigé :


« En ligne directe, on compte autant de degrés qu’il y a de générations entre les personnes : ainsi, l’enfant est, à l’égard du père et de la mère, au premier degré, le petit-fils ou la petite-fille au second ; et réciproquement du père et de la mère à l’égard de l’enfant et des aïeuls à l’égard du petit-fils ou de la petite-fille. » ;


4° À la première phrase de l’avant-dernier alinéa de l’article 758, à la première phrase du deuxième alinéa de l’article 767, à l’article 898 et au dernier alinéa de l’article 1672, les mots : « l’hérédité » sont remplacés par les mots : « la succession » ;


5° À la première phrase du premier alinéa de l’article 778, le mot : « divertis » est remplacé par le mot : « détournés » ;


6° Au premier alinéa de l’article 1477, le mot : « diverti » est remplacé par le mot : « détourné » ;


7° À la fin de la première phrase du premier alinéa de l’article 832-2, le mot : « échoient » est remplacé par les mots : « sont attribuées » ;


8° Au dernier alinéa de l’article 861, le mot : « impenses » est remplacé par le mot : « dépenses » ;


9° Aux premier et dernier alinéas de l’article 1235, le mot : « répétition » est remplacé par le mot : « restitution » ;


10° Au premier alinéa de l’article 1377, les mots : « de répétition » sont remplacés par les mots : « à restitution » ;


11° À la fin de l’article 1886, le mot : « répéter » est remplacé par le mot : « réclamer » ;


12° À l’article 1906, les mots : « les répéter » sont remplacés par les mots : « en obtenir la restitution » ;


13° Au premier alinéa de l’article 1398, les mots : « habile à » sont remplacés, par deux fois, par les mots : « capable de » ;


14° Au deuxième alinéa de l’article 1606, les mots : « tradition réelle » sont remplacés par les mots : « remise de la chose » ;


15° Au premier alinéa de l’article 1919, les mots : « tradition réelle ou feinte » sont remplacés par les mots : « remise réelle ou fictive », et au dernier alinéa du même article, les mots : « tradition feinte » sont remplacés par les mots : « remise fictive » ;


16° À l’article 1653, les mots : « si mieux n’aime celui-ci » sont remplacés par les mots : « sauf s’il préfère » ;


17° Au premier alinéa de l’article 1655, les mots : « de suite » sont remplacés par le mot : « aussitôt » ;


18° À l’article 1659, les mots : « ou de réméré » sont supprimés ;


19° À l’article 1662, les mots : « de réméré » sont remplacés par les mots : « en rachat » ;


20° Aux articles 1664 et 1668, au premier alinéa de l’article 1671 et aux premier deuxième alinéas de l’article 1672, le mot : « réméré » est remplacé par le mot : « rachat » ;


21° Le 1° de l’article 1779 est ainsi rédigé :


« 1° Le louage de service ; »


22° L’intitulé de la section 1 du chapitre III du titre VIII du livre III est ainsi rédigé : « Du louage de service » ;


23° Au cinquième alinéa de l’article 524, les mots : « colons partiaires » sont remplacés par le mot : « métayers » ;


24° Au dernier alinéa de l’article 585, au premier alinéa de l’article 1743, à l’avant-dernier alinéa de l’article 1801, au dernier alinéa de l’article 1819, à l’intitulé de la section 4 du chapitre IV du titre VIII du livre III et à l’intitulé du paragraphe 2 de cette même section, les mots : « colon partiaire » sont remplacés par le mot : « métayer » ;


25° À la fin de l’article 1714, les mots : « à colonat partiaire » sont remplacés par les mots : « au métayage » ;


26° À l’article 1827 et aux premier et dernier alinéas de l’article 1828, le mot : « colon » est remplacé par le mot : « métayer » ;


27° À la fin de l’article 1829, les mots : « à métairie » sont remplacés par les mots : « de métayage » ;


28° À la dernière phrase du premier alinéa de l’article 1839, les mots : « est habile à » sont remplacés par le mot : « peut » ;


29° À l’avant-dernier alinéa de l’article 1874, les mots : « , ou "commodat" » sont supprimés ;


30° À l’article 1875, les mots : « ou commodat » sont supprimés ;


31° Au premier alinéa de l’article 1879, le mot : « commodat » est remplacé par les mots : « prêt à usage » ;


32° À l’article 1894, les mots : « diffèrent dans l’individu » sont remplacés par les mots : « sont différentes » ;


33° Aux premier et dernier alinéas de l’article 1895, le mot : « numérique » est supprimé ;


34° Au premier alinéa de l’article 1939 et au dernier alinéa de l’article 2003, les mots : « naturelle ou civile » sont supprimés ;


35° Au premier alinéa de l’article 1953, les mots : « domestiques et préposés, ou par des étrangers » sont remplacés par les mots : « préposés, ou par des tiers » ;


36° Les quatrième et dernier alinéas de l’article 1964 sont supprimés ;


37° L’article 1982 est abrogé ;


38° Au premier alinéa de l’article 2373, les mots : « l’antichrèse » sont remplacés par les mots : « le gage immobilier » ;


39° L’intitulé du chapitre II du sous-titre III du titre II du livre IV est ainsi rédigé : « Du gage immobilier » ;


40° À l’article 2387, les mots : « l’antichrèse » sont remplacés par les mots : « le gage immobilier », et le mot : « elle » est remplacé par le mot : « il » ;


41° À la fin du premier alinéa de l’article 2388, les mots : « à l’antichrèse » sont remplacés par les mots : « au gage immobilier » ;


42° À l’article 2392, les mots : « créancier antichrésiste » sont remplacés par les mots : « créancier titulaire d’un droit de gage immobilier » ;


43° Le g du 1° de l’article 2521 est ainsi rédigé :


« g) Le gage immobilier ; ».


II. —  Dans toutes les dispositions législatives en vigueur, les mots : « seing privé » sont remplacés par les mots : « signature privée ».


III. —  Au troisième alinéa de l’article 38 de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle, les mots : « l’antichrèse» sont remplacés par les mots : « le gage immobilier ».


IV. —  Le I est applicable dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie en tant que ces dispositions y sont applicables.

Article 8


Le code civil est ainsi modifié :


1° Au premier alinéa de l’article 26, à l’article 26-1, au premier alinéa de l’article 26-3, les mots : « juge d’instance » sont remplacés par les mots : « greffier en chef du tribunal d’instance » ;


2° L’article 26-1 est complété par les mots : « , à l’exception des déclarations souscrites en raison du mariage avec un conjoint français, qui sont enregistrées par le ministre chargé des naturalisations » ;


3° A l’article 33-1, après le mot : « déclaration », sont insérés les mots : « qui doit être reçue par le greffier en chef du tribunal d’instance ».

Article 9


I. —  Le code civil est ainsi modifié :


1° Au second alinéa de l’article 412, les mots : « tribunal d’instance » sont remplacés par les mots : « tribunal de grande instance » ;


2° Le premier alinéa de l’article 511 est remplacé par les dispositions suivantes :


« Le tuteur soumet chaque année le compte de gestion, accompagné des pièces justificatives, en vue de sa vérification, au greffier en chef :


« 1° Du tribunal de grande instance, s’agissant des mesures de protection juridique des mineurs ;


« 2° Du tribunal d’instance, s’agissant des mesures de protection juridique des majeurs. »


II. —  Le code de l’organisation judiciaire est ainsi modifié :


1° Le deuxième alinéa de l’article L. 211-5 est supprimé ;


2° Après l’article L. 213-3, il est inséré un article L. 213-3-1 ainsi rédigé :


« Art. L. 213-3-1. —  Le juge aux affaires familiales exerce les fonctions de juge des tutelles des mineurs.


« Il connaît :


« 1° De l’émancipation ;


« 2° De l’administration légale et de la tutelle des mineurs ;


« 3° De la tutelle des pupilles de la nation. »


3° A l’article L. 221-3, après le mot : « tutelles », sont insérés les mots : « des majeurs » ;


4° L’article L. 221-9 est ainsi rédigé :


« Art. L. 221-9. —  Le juge des tutelles connaît :


« 1° De la sauvegarde de justice, de la curatelle, de la tutelle des majeurs et de la mesure d’accompagnement judiciaire ;


« 2° Des actions relatives à l’exercice du mandat de protection future ;


« 3° Des demandes formées par un époux, lorsque son conjoint est hors d’état de manifester sa volonté, aux fins d’être autorisé à passer seul un acte pour lequel le concours ou le consentement de ce dernier serait nécessaire, ou aux fins d’être habilité à le représenter ;


« 4° De la constatation de la présomption d’absence. »


5° Après l’article L. 312-6, il est inséré un article L. 312-6-1 ainsi rédigé :


« Art. L. 312-6-1. —  Un magistrat qui prend le nom de délégué à la protection des majeurs est désigné au sein de chaque cour d’appel par le premier président.


« Ce magistrat préside la formation de jugement qui statue en matière de protection juridique des majeurs sur les appels des décisions rendues par le juge des tutelles et le conseil de famille, ou y exerce les fonctions de rapporteur. »


III. —  Aux articles L. 473 et L. 476 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre, les mots : « juge du tribunal d’instance » sont remplacés par les mots : « juge des tutelles des mineurs».


IV. —  Les I, II, et III entrent en vigueur le 1er janvier 2010.


V. —  Les I, II, et III sont applicables à Wallis-et-Futuna et dans les Terres australes et antarctiques françaises.

Article 10


I. —  Le code de l’environnement est ainsi modifié :


1° Le troisième alinéa du I de l’article L. 421-1 est ainsi rédigé :


« Il est chargé pour le compte de l’Etat de l’organisation matérielle de l’examen du permis de chasser ainsi que de la délivrance du permis de chasser et de l’autorisation de chasser accompagné mentionnée à l’article L. 423-2. » ;


2° Après le deuxième alinéa de l’article L. 423-1, il est inséré l’alinéa suivant :


« Toutefois, les personnes qui ont réussi l’examen du permis de chasser et se sont acquittées des sommes prévues à l’alinéa précédent peuvent pratiquer la chasse jusqu’à la décision prise sur leur demande de permis et au plus tard jusqu’à l’expiration d’un délai fixé par voie réglementaire. » ;


3° Aux articles L. 423-2, L. 423-5 et L. 423-9, les mots : « l’autorité administrative » sont remplacés par les mots : « le directeur général de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage » ;


4° Le premier alinéa de l’article L. 423-6 est complété par la phrase suivante : « Il doit en outre présenter une déclaration sur l’honneur attestant qu’il n’est pas privé du droit de détention ou de port d’armes par décision préfectorale ou par suite d’une condamnation. » ;


5° Au dernier alinéa de l’article L. 423-11, les mots : « au préfet » sont remplacés par les mots « à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage » ;


6° Au premier et au deuxième alinéas de l’article L. 423-18, les mots : « l’autorité administrative » sont remplacés par les mots : « l’Office national de la chasse et de la faune sauvage ».


II. —  Les dispositions du présent article entrent en vigueur le premier jour du quatrième mois suivant la publication de la loi n° du de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures.

Article 11


I. —  Le code de l’organisation judiciaire est ainsi modifié :


1° Après l’article L. 211-12, il est inséré un article L. 211-13 ainsi rédigé :


« Art. L. 211-13. —  Des tribunaux de grande instance spécialement désignés connaissent des actions aux fins d’adoption ainsi que des actions aux fins de reconnaissance des jugements d’adoption rendus à l’étranger, lorsque l’enfant résidant habituellement à l’étranger a été, est ou doit être déplacé vers la France ».


2° Aux articles L. 532-2, L. 552-2 et L. 562-2, les mots : « de l’article L. 211-12 » sont remplacés par les mots : « des articles L. 211-12 et L. 211-13 ».


II. —  Le présent article est applicable à la Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française et à Wallis-et-Futuna.

Article 12


I. —  Aux articles L. 79, L. 80, L. 104-1 et à l’intitulé la section 1 du chapitre II du titre V du Livre Ier du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre, le mot : « départemental » est supprimé.


II.°—  Le présent article entre en vigueur le 1er janvier 2010.

Article 13


I. —  Le troisième alinéa du 2° de l’article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale est complété par une phrase ainsi rédigée :


« La commission de réforme n’est pas consultée lorsque l’imputabilité au service d’une maladie ou d’un accident est reconnue par l’administration. »


II. —  Le troisième alinéa du 2° de l’article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière est complété par une phrase ainsi rédigée :


« La commission de réforme n’est pas consultée lorsque l’imputabilité au service d’une maladie ou d’un accident est reconnue par l’administration. »

Article 14


Après l’article L. 252 B du livre des procédures fiscales, il est inséré un article L. 252 C ainsi rédigé :


« Art. L. 252 C. —  Le comptable compétent peut affecter au paiement des impôts, droits, taxes, pénalités ou intérêts de retard dus par un redevable les remboursements, dégrèvements ou restitutions d’impôts, droits, taxes, pénalités ou intérêts de retard constatés au bénéfice de celui-ci. »

Chapitre II

Mesures de simplification en faveur des entreprises et des professionnels

Article 15


Le code du travail est ainsi modifié :


1° Après la première phrase du premier alinéa de l’article L. 3243-2, il est inséré une phrase ainsi rédigée :


« Avec l’accord du salarié concerné, cette remise peut être effectuée sous forme électronique, dans des conditions de nature à garantir l’intégrité des données. » ;


2° À l’article L. 3243-4, après les mots : « des salariés », sont insérés les mots : « ou les bulletins de paie remis aux salariés sous forme électronique ».

Article 16


I. —  Le second alinéa de l’article L. 30 du code des pensions civiles et militaires de retraite est complété par la phrase suivante:


« Cette majoration est insaisissable, sauf pour le paiement des frais d’entretien du bénéficiaire, des rémunérations dues aux personnes assurant son assistance ou des cotisations sociales obligatoires attachées à ces rémunérations. »


II. —  La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.


III. —  La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration des droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Article 17


I. —  Après l’article 15 de la loi n°91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d'exécution, il est inséré un article 15-1 ainsi rédigé :


« Art. 15-1. —  Lorsqu'un compte fait l'objet d'une saisie, le tiers saisi maintient à disposition du titulaire du compte, dans la limite du solde créditeur du compte au jour de la saisie, une somme à caractère alimentaire d'un montant au plus égal à celui du revenu mensuel minimum d'insertion pour un allocataire seul.


« La prolongation de cette mise à disposition au-delà d’un délai de quinze jours à compter de la saisie est subordonnée à la présentation par le titulaire du compte d’une demande adressée au tiers saisi, selon des modalités fixées par décret.


« En cas de pluralité de comptes, la demande ne peut être présentée que sur un seul compte.


« En cas de pluralité de titulaires d'un compte, le ou les co-titulaires ne peuvent présenter qu'une seule demande. »


II. —  La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.


III. —  La perte de recettes pour les organismes de sécurité sociale est compensée à due concurrence par la majoration des droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Article 18


L’article 22-1 de la loi n° 2003-8 du 3 janvier 2003 relative aux marchés du gaz et de l’électricité et au service public de l’énergie est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Ils transmettent en outre les informations nécessaires au titre de la sécurité des travaux exécutés à proximité des réseaux à un organisme habilité dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État. Ce décret précise les caractéristiques des informations à transmettre et les modalités de cette transmission. L’organisme habilité met gratuitement les informations collectées à la disposition des communes, des établissements publics de coopération intercommunale, des syndicats mixtes concernés et des services de l’Etat. »

Article 19


I. —  Le deuxième alinéa de l’article L. 98 B du livre des procédures fiscales est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :


« La Caisse centrale de la mutualité sociale agricole communique à l’administration fiscale, dans les conditions prévues au premier alinéa, les déclarations de salaires relevant du titre emploi simplifié agricole prévu à l’article L. 712-1 du code rural.


« L’organisme habilité mentionné au premier alinéa de l’article L. 7122-23 du code du travail communique à l’administration fiscale, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent article, les déclarations prévues par l’article R. 7122-29 du même code.


« La communication prévue aux trois alinéas précédents peut être faite par voie électronique. »


II. —  Le code rural est ainsi modifié :


1° Le premier alinéa de l’article L. 723-43 est ainsi rédigé :


« La Caisse centrale de la mutualité sociale agricole et les organismes visés aux articles L. 731-31 et L. 752-14 sont autorisés à communiquer au ministère chargé de l’agriculture des informations comprenant des données à caractère personnel, à l’exception de données à caractère médical, pour les besoins de l’instruction et du contrôle des conditions d’attribution des aides économiques en faveur de l’agriculture. L’accès à ces données est réservé aux services de l’État, des collectivités territoriales et des organismes chargés du versement de ces aides dans la mesure nécessaire à l’accomplissement de leurs missions de mise en
œuvre et de contrôle de ces aides, lorsque le bénéfice de celles-ci est subordonné à la régularité de la situation des entreprises agricoles et des personnes non salariées agricoles au regard des prescriptions du présent code en matière de protection sociale. » ;


2° Le dernier alinéa de l’article L. 722-6 et le dernier alinéa de L. 722-7 sont supprimés ;


3° Au début de l’article L. 731-29, les mots : « Les comités départementaux des prestations sociales agricoles et » sont supprimés.


III. —  Le I est applicable à compter du 1er janvier 2009.

Article 20


Le code de la santé publique est ainsi modifié :


1° L’article L. 4111-6 est abrogé.


2° Au deuxième alinéa de l’article L. 4161-1, au quatrième alinéa de l’article L. 4161-2 et au deuxième alinéa de l’article L. 4161-3, la référence : « L. 4111-6, » est supprimée.

Article 21


Après le troisième alinéa de l’article 75 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« Peuvent également bénéficier d’une reconnaissance du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur, si la condition de formation précitée est satisfaite, les personnes qui, dans l’année de la date d’application effective de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, soit ont obtenu un diplôme sanctionnant une formation en ostéopathie ou en chiropraxie dispensée par un établissement non agréé, soit se sont inscrites en dernière année d’études dans un établissement non agréé dispensant une formation en ostéopathie ou en chiropraxie et ont obtenu leur diplôme, soit celles qui ne sont pas en exercice à la date d’application effective de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 précitée mais qui ont obtenu un titre de formation en ostéopathie ou en chiropraxie au cours de l’une des cinq dernières années précédant cette date. Le présent alinéa s’applique aux ostéopathes à compter du 5 novembre 2007. »

Article 22


Le code de commerce est ainsi modifié :


1° La première phrase du premier alinéa de l’article L. 762-2 est ainsi rédigée :


« Un salon professionnel est une manifestation commerciale ouverte exclusivement à des visiteurs professionnels justifiant d’un titre d’accès payant ou gratuit. » ;


2° L’article L. 310-5 est ainsi modifié :


a)
 Au 6°, la référence : « à l’article L. 740-2 » est remplacée par les références : « au deuxième alinéa de l’article L. 762-1 et au deuxième alinéa de l’article L. 762-2 » ;


b)
Avant le dernier alinéa, il est inséré un 7° ainsi rédigé :


« 7° Le fait pour un parc d’exposition de ne pas se faire enregistrer ou de ne pas déclarer de programme de manifestations commerciales en application de l’article L. 762-1. »

Article 23

Au a) du 2° de l’article L. 7321-2 du code du travail après les mots : « aux conditions » le mot : « ou » est remplacé par le mot : « et ».

Article 24


Le code de la consommation est ainsi modifié :


1° L’article L. 215-12 est ainsi modifié :


a)
Au premier alinéa, après les mots : « décidée par », sont insérés les mots : « « le procureur de la République ou » ;


b)
À la dernière phrase du deuxième alinéa, après les mots : « subordonné à l’agrément », sont insérés les mots : « du procureur de la République ou » ;


c)
À l’avant-dernier alinéa, après les mots : « imparti par », sont insérés les mots : « le procureur de la République ou » ;


d)
Au dernier alinéa, après les mots : « nommé d’office par », sont insérés les mots : « le procureur de la République ou ».


2° La première phrase du premier alinéa de l’article L. 215-13 est ainsi rédigée :


« Les deux experts mentionnés au premier alinéa de l’article L. 215-12 reçoivent la même mission. » ;


3° L’article L. 215-14 est ainsi modifié :


a)
La première phrase du premier alinéa est ainsi rédigée :


« À la demande du procureur de la République ou de la juridiction, le deuxième échantillon prélevé est remis aux experts. » ;


b)
À la dernière phrase du premier alinéa, après les mots : « auraient été prises, » sont insérés les mots : « le procureur de la République ou » ;


c)
La première phrase du dernier alinéa est ainsi rédigée :


« L’intéressé chez qui le prélèvement a été effectué est mis en demeure par le procureur de la République ou la juridiction de fournir aux experts, sous huitaine, intact, l’échantillon qu’il détient. » ;


4° À l’article L. 215-14-1, après les mots : « denrées alimentaires, », sont insérés les mots : « le procureur de la République ou » ;


5° À l’article L. 215-16, après les mots : « laboratoire de l’administration, », sont insérés les mots : « le procureur de la République ou » ;


6° L’article L. 215-17 est ainsi modifié :


a)
Au premier alinéa, après les mots : « désigné par », sont insérés les mots : « le procureur de la République ou » ;


b)
Au troisième alinéa, après les mots : « commis par », sont insérés les mots : « le procureur de la République ou » ;


c)
Au début de la première phrase du dernier alinéa, sont insérés les mots : « Le procureur de la République ou ».

Article 25


Le code des douanes est ainsi modifié :


1° À l’article 86, les mots : « ou l’autorisation de dédouaner » sont supprimés ;


2° Après les mots : « à titre personnel », la fin du 1 de l’article 89 est ainsi rédigée : « , qu’il s’agisse de personnes physiques ou morales. »

Article 26


Le code des douanes est ainsi modifié :


1° Le 1 de l’article 441 est ainsi rédigé :


« 1. Dans le cas prévu au 1 de l’article 104, le service des douanes informe le déclarant que si le directeur général des douanes et droits indirects donne suite à la contestation, la commission de conciliation et d’expertise douanière sera consultée pour avis. Il est dressé un acte à fin d’expertise et il est procédé au prélèvement des échantillons nécessaires à une expertise. Ce prélèvement est effectué conformément aux modalités définies par les règlements communautaires en vigueur en cette matière. » ;


2° L’article 443 est ainsi rédigé :


« Art. 443. —  1. La commission de conciliation et d’expertise douanière comprend :


« a) Deux magistrats du siège de l’ordre judiciaire, l’un président, l’autre vice-président ;


« b) Deux assesseurs désignés en raison de leur compétence technique.


« 2. Le vice-président agit en lieu et place du président à la demande de celui-ci.


« 3. Le président et le vice-président de la commission de conciliation et d’expertise douanière ainsi que leurs suppléants sont nommés par décret pour une durée fixée par décret en Conseil d’État. » ;


3° Le a du 1 de l’article 450 est complété par une phrase ainsi rédigée :


« Le service informe le déclarant de cette possibilité lors de la notification du procès-verbal de constatation de l’infraction ; »


4° Après l’article 450, il est inséré un article 450-1 ainsi rédigé :


« Art. 450-1. —  Les modalités de la procédure de conciliation et d’expertise douanière sont fixées par un décret en Conseil d’État. »

Article 27


I. —  Le code rural est ainsi modifié :


1° L’article L. 654-2 est abrogé ;


2° Le dernier alinéa de l’article L. 654-5 est ainsi rédigé :


« L’exploitant peut se livrer à la commercialisation des abats et des sous-produits qui ne sont pas récupérés par les usagers de l’abattoir. » ;


3° Les deux derniers alinéas de l’article L. 654-25 sont supprimés.


II. —  L’article 8 de la loi n° 57-866 du 1er août 1957 relative à la protection de l’appellation « volaille de Bresse » est abrogé.

Article 28


Le code de la santé publique est ainsi modifié :


1° Le sixième alinéa de l’article L. 5141-5 est ainsi rédigé :


« Toute modification substantielle des éléments d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments doit faire l’objet d’une autorisation préalable. Les autres modifications font l’objet d’une déclaration. »


2° Après le seizième alinéa de l’article L. 5141-16, il est inséré un 16° ainsi rédigé :


« 16° Les conditions dans lesquelles la déclaration mentionnée au sixième alinéa de l’article L. 5141-5 est effectuée. »

Chapitre III

Mesures de simplification des règles applicables aux collectivités territoriales et aux services publics

Article 29


I. —  Sont abrogés ou supprimés :


1°  Les articles L. 115-4 et L. 264-9 du code de l’action sociale et des familles ;


2°  Le dernier alinéa de l’article L. 441-10 et le premier alinéa de l’article L. 442-5 du code de la construction et de l’habitation ;


3°  Le dernier alinéa du 1. de l’article 215 du code des douanes ;


4°  L’article L. 241-10 du code de l’éducation ;


5°  La dernière phrase du I de l’article L. 251-1 du code rural ;


6°  La dernière phrase du dernier alinéa de l’article L. 222-7 du code de la sécurité sociale ;


7°  L’article 6 de la loi n° 60-808 du 5 août 1960 d’orientation agricole ;


8°  L’article 6 de la loi n° 61-89 du 25 janvier 1961 relative aux assurances maladie, invalidité et maternité des exploitants agricoles et des membres non salariés de leur famille ;


9°  Les articles 5 et 62 de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 d’orientation du commerce et de l’artisanat ;


10°  L’article 42 de la loi n° 76-1106 du 6 décembre 1976 relative au développement de la prévention des accidents du travail ;


11°  L’article 14 de la loi n° 76-1288 du 31 décembre 1976 modifiant certaines dispositions du code de la santé publique relatives à l’exercice des professions médicales ;


12°  L’article 18 de la loi n° 78-2 du 2 janvier 1978 relative a la généralisation de la sécurité sociale ;


13°  La dernière phrase du deuxième alinéa de l’article 4 de la loi n° 82-1153 du 30 décembre 1982 d’orientation des transports intérieurs ;


14°  Les articles 132 et 133 de la loi de finances pour 1984 (n° 83-1179 du 29 décembre 1983) ;


15°  L’article 6 de la loi n° 86-797 du 3 juillet 1986 relative à la suppression de l’autorisation administrative de licenciement ;


16°  Le dernier alinéa du II de l’article 26 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ;


17°  L’article 3 de la loi n° 88-12 du 5 janvier 1988 de programme relative au patrimoine monumental ;


18°  Le dernier alinéa de l’article 9-1 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique ;


19°  Le dernier alinéa de l’article 16 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ;


20°  L’article 28 de la loi n° 91-1383 du 31 décembre 1991 renforçant la lutte contre le travail clandestin et la lutte contre l’organisation de l’entrée et du séjour irréguliers d’étrangers en France ;


21°  L’article 76 de la loi n° 93-121 du 27 janvier 1993 portant diverses mesures d’ordre social ;


22°  L’article 8 de la loi n° 93-949 du 26 juillet 1993 relative au code de la consommation (partie législative) ;


23°  L’article 2 de la loi n° 93-953 du 27 juillet 1993 relative au développement de l’emploi et de l'apprentissage ;


24°  L’article 51 de la loi n° 93-1027 du 24 août 1993 relative à la maîtrise de l’immigration et aux conditions d’entrée, d’accueil et de séjour des étrangers en France ;


25°  L’article 3 de la loi n° 93-1437 du 31 décembre 1993 de programme relative au patrimoine monumental ;


26°  L’article 15 de la loi n° 94-99 du 5 février 1994 d’orientation pour le développement économique, social et culturel de la Polynésie française ;


27°  L’article 32 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité ;


28°  Le dernier alinéa de l’article 33 et le dernier alinéa du 3. de l’article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire ;


29°  L’article 99 de la loi de finances pour 1996 (n° 95-1346 du 30 décembre 1995) ;


30°  L’article 4 de la loi n° 96-589 du 2 juillet 1996 relative à la programmation militaire pour les années 1997 à 2002 ;


31°  Le III de l’article 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat ;


32°  Le dernier alinéa de l’article 134 de la loi de finances pour 1997 (n° 96-1181 du 30 décembre 1996) ;


33°  L’article 9 de la loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997 portant réforme du service national ;


34°  L’article 13 de la loi n° 97-1051 du 18 novembre 1997 d’orientation sur la pêche maritime et les cultures marines ;


35°  Le VIII de l’article 18 et l’article 99 de la loi de finances pour 1998 (n° 97-1269 du 30 décembre 1997) ;


36°  Le V de l’article 7, le E de l’article 44 et l’article 100 de la loi de finances pour 1999 (n° 98-1266 du 30 décembre 1998) ;


37°  L’article 11 de la loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux ;


38°  Le II de l’article 1er de la loi n° 99-505 du 18 juin 1999 portant diverses mesures relatives à la sécurité routière et aux infractions sur les agents des exploitants de réseau de transport public de voyageurs ;


39°  L’article 73 de la loi n° 99-532 du 25 juin 1999 relative à l’épargne et à la sécurité financière ;


40°  L’article 27 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2000 (n° 99-1140 du 29 décembre 1999) ;


41°  Les articles 28 et 89 de la loi de finances pour 2000 (n° 99-1172 du 30 décembre 1999) ;


42°  L’article 40 de la loi de finances rectificative pour 1999 (n° 99-1173 du 30 décembre 1999) ;


43°  L’article 36 de la loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000 relative à la réduction négociée du temps de travail ;


44°  La dernière phrase du sixième alinéa de l’article 3 et le septième alinéa de l’article 47de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité ;


45°  L’article 24 de la loi n° 2000-242 du 14 mars 2000 relative aux volontariats civils institués par l’article L. 111-2 du code du service national et à diverses mesures relatives à la réforme du service national ;


46°  Les articles 59 et 83 de la loi n° 2000-719 du 1er août 2000 modifiant la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ;


47°  L’article 9 de la loi n° 2000-1207 du 13 décembre 2000 d’orientation pour l’outre-mer ;


48°  L’article 142 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains ;


49°  L’article 2 de la loi n° 2000-1209 du 13 décembre 2000 relative à la contraception d’urgence ;


50°  Le III de l’article 27 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2001 (n° 2000-1257 du 23 décembre 2000) ;


51°  Les articles 37, 90, 114 et 127 de la loi de finances pour 2001 (n° 2000-1352 du 30 décembre 2000) ;


52°  Le IV de l’article 47 de la loi de finances rectificative pour 2000 (n° 2000-1353 du 30 décembre 2000) ;


53°  L’article 14 de la loi n° 2001-44 du 17 janvier 2001 relative à l’archéologie préventive ;


54°  L’article 16 de la loi n° 2001-397 du 9 mai 2001 relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;


55°  Le XV de l’article 66 de la loi n° 2001-602 du 9 juillet 2001 d’orientation sur la forêt ;


56°  Le dernier alinéa de l’article 22 de la loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne ;


57°  L’article 130 de la loi de finances pour 2002 (n° 2001-1275 du 28 décembre 2001) ;


58°  Le dernier alinéa de l’article 78 de la loi de finances rectificative pour 2001 (n° 2001-1276 du 28 décembre 2001) ;


59°  L’article 146 de la loi n°2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale ;


60°  L’article 42 de la loi n° 2002-92 du 22 janvier 2002 relative à la Corse ;


61°  L’article 91 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé ;


62°  L’article 12 de la loi de finances rectificative pour 2002 (n° 2002-1050 du 6 août 2002) ;


63°  Les articles 6, 7 et 9 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2003 (n° 2002-1487 du 20 décembre 2002) ;


64°  Les articles 109, 115 et 117 de la loi de finances pour 2003 (n° 2002-1575 du 30 décembre 2002) ;


65°  Le II de l’article 5 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites ;


66°  L’article 50 de la loi n° 2003-1200 du 18 décembre 2003 portant décentralisation en matière de revenu minimum d’insertion et créant un revenu minimum d’activité ;


67°  L’article 122 de la loi de finances pour 2004 (n° 2003-1311 du 30 décembre 2003) ;


68°  L’article 56 de la loi n° 2004-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social ;


69°  Les articles 42 et 144 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique ;


70°  Le premier alinéa du XIII de l’article 82, le dernier alinéa de l’article 98 et la dernière phrase du dernier alinéa du I de l’article 104 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales ;


71°  Les articles 123 et 136 de la loi de finances pour 2005 (n° 2004-1484 du 30 décembre 2004) ;


72°  L’article 5 de la loi n° 2005-5 du 5 janvier 2005 relative à la situation des maîtres des établissements d’enseignement privés sous contrat ;


73°  L’article 11 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ;


74°  Le 7 du II de l’article 16 de la loi n° 2005-516 du 20 mai 2005 relative à la régulation des activités postales ;


75°  Les IV et V de l’article 56 et les articles 158 et 159 de la loi de finances pour 2006 (n° 2005-1719 du 30 décembre 2005) ;


76°  Les articles 13 et 34 de la loi n° 2006-450 du 18 avril 2006 de programme pour la recherche ;


77°  Le IV de l’article 40 de la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement ;


78°  L’article 67 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007 (n° 2006-1640 du 21 décembre 2006) ;


79°  L’article 15 de la loi n° 2006-1770 du 30 décembre 2006 pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié et portant diverses dispositions d’ordre économique et social ;


80°  Le II de l’article 116 de la loi de finances rectificative pour 2006 (n° 2006-1771 du 30 décembre 2006) ;


81°  L’article 68 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale ;


82°  L’article 15 de la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat ;


II. —  Le code de la construction et de l’habitation est ainsi modifié :


1° Au début du Livre 1er, il est inséré un titre préliminaire ainsi rédigé :


« Livre préliminaire


« Information du Parlement en matière de logement


« Art. L. 101-1. — Tous les deux ans, un rapport est présenté par le Gouvernement au Parlement sur la situation du logement en France. Ce rapport comprend notamment :


« 1° une évaluation territorialisée de l’offre et des besoins en matière de logements ;


« 2° des données sur l’évolution des loyers ;


« 3° des données sur les révisions annuelles ou les modifications du barème visé à l’article L. 351-3, ainsi que sur leurs conséquences sur les bénéficiaires de l’aide personnalisée au logement ;


« 4° un bilan d’application du supplément de loyer de solidarité prévu à l’article L. 441-3 ;


« 5° des informations sur l’occupation des logements d’habitation à loyer modéré visés au Livre IV et sur son évolution. »


2° Au début de la première phrase du deuxième alinéa de l’article L. 442-5, les mots : « A cette fin » sont remplacés par les mots : « Aux fins de permettre la transmission au Parlement des informations visées au 5° de l’article L. 101-1 »


III. —  Après le premier alinéa de l’article 18 de la loi n° 86-1067 relative à la liberté de communication, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« Le rapport visé au premier alinéa fait état du volume d’émissions télévisées sous-titrées ainsi que celles traduites en langue des signes. Les informations données par ce rapport doivent permettre de mieux apprécier le coût de ce sous-titrage et de la traduction en langue des signes pour les sociétés nationales de programmes, les chaînes de télévision publiques et tous autres organismes publics qui développent ces procédés. »


IV. —  L’article 16 de la loi n° 2000-493 du 6 juin 2000 tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives est complété par les mots : « , ainsi qu’une présentation des actions entreprises en faveur de la parité politique, et plus particulièrement des campagnes institutionnelles visant à promouvoir la parité et le développement de la citoyenneté ».

Article 30


Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° Le dernier alinéa de l’article L. 3221-10 est supprimé ;


2° Après l’article L. 3221-10, il est inséré un article L. 3221-10-1 ainsi rédigé :


« Art. L. 3221-10-1. – Le président du conseil général intente les actions au nom du département en vertu de la décision du conseil général et il peut, sur l’avis conforme de la commission permanente, défendre à toute action intentée contre le département.


« Il peut, par délégation du conseil général, être chargé pour la durée de son mandat d’intenter au nom du département les actions en justice ou de défendre le département dans les actions intentées contre lui, dans les cas définis par le conseil général. Il rend compte à la plus proche réunion du conseil général de l’exercice de cette compétence. »


3° Le premier alinéa de l’article L. 4231-7 est supprimé ;


4° Après l’article L. 4231-7, il est inséré un article L. 4231-7-1 ainsi rédigé :


« Art. L. 4231-7-1. – Le président du conseil régional intente les actions au nom de la région en vertu de la décision du conseil régional et il peut, sur l’avis conforme de la commission permanente, défendre à toute action intentée contre la région.


« Il peut, par délégation du conseil régional, être chargé pour la durée de son mandat d’intenter au nom de la région les actions en justice ou de défendre la région dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil régional. Il rend compte à la plus proche réunion du conseil régional de l’exercice de cette compétence. »

Article 31


Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° Avant le dernier alinéa de l’article L. 3211-2, sont insérés dix alinéas ainsi rédigés :


« 4° D’arrêter et modifier l’affectation des propriétés de la collectivité utilisées par ses services publics ;


« 5° De fixer, dans les limites déterminées par l’assemblée délibérante, les tarifs des droits de voirie, de dépôt temporaire sur les voies et autres lieux publics et, d’une manière générale, des droits prévus au profit de la collectivité qui n’ont pas un caractère fiscal ;


« 6° De décider de la conclusion et de la révision du louage de choses pour une durée n’excédant pas douze ans ;


« 7° D’accepter les indemnités de sinistre afférentes aux contrats d’assurance ;


« 8° De créer les régies comptables nécessaires au fonctionnement des services de la collectivité ;


« 9° D’accepter les dons et legs qui ne sont grevés ni de conditions ni de charges, sans préjudice des dispositions de l'article L. 3221-10 qui lui permettent de le faire à titre conservatoire, quelles que soient les conditions et charges ;


« 10° De décider l’aliénation de gré à gré de biens mobiliers jusqu'à 4 600 euros ;


« 11° Sans préjudicie des dispositions de l’article L. 3213-2, de fixer, dans les limites de l’estimation des services fiscaux (domaines), le montant des offres de la collectivité à notifier aux expropriés et de répondre à leurs demandes ;


« 12° De fixer les reprises d'alignement en application d'un document d’urbanisme ;


« 13° D’attribuer ou de retirer les bourses entretenues sur les fonds départementaux. »


2° L’article L. 3213-6 est ainsi rédigé :


« Art. L. 3213-6. —  Sous réserve des dispositions de l’article L. 3211-2, le conseil général statue sur l’acceptation des dons et legs faits au département. »


3° Le premier alinéa de l’article L. 3214-2 est ainsi rédigé :


« Le conseil général, sauf s’il a délégué sa compétence au président, en application des dispositions de l’article L. 3211-2, attribue et retire les bourses entretenues sur les fonds départementaux, sur l’avis motivé : »


4° Avant le dernier alinéa de l’article L. 4221-5, sont insérés sept alinéas ainsi rédigés :


« 4° D’arrêter et modifier l’affectation des propriétés de la collectivité utilisées par ses services publics ;


« 5° De décider de la conclusion et de la révision du louage de choses pour une durée n’excédant pas douze ans ;


« 6° D’accepter les indemnités de sinistre afférentes aux contrats d’assurance ;


« 7° De créer les régies comptables nécessaires au fonctionnement des services de la collectivité ;


« 8° D’accepter les dons et legs qui ne sont grevés ni de conditions ni de charges, sans préjudice des dispositions de l'article L. 4231-7 qui lui permettent de le faire à titre conservatoire, quelles que soient les conditions et charges ;


« 9° De décider l’aliénation de gré à gré de biens mobiliers jusqu’à 4 600 euros ;


« 10° Sans préjudicie des dispositions de l’article L. 4221-4, de fixer, dans les limites de l’estimation des services fiscaux (domaines), le montant des offres de la collectivité à notifier aux expropriés et de répondre à leurs demandes. »


5° L’article L. 4221-6 est ainsi rédigé :


« Art. L. 4221-6. —  Sous réserve des dispositions de l’article L. 4221-5, le conseil régional statue sur l’acceptation des dons et legs faits à la région. »

Article 32

La dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 412-52 du code des communes est remplacée par deux phrases ainsi rédigées : « Les caractéristiques de la carte professionnelle, les caractéristiques ainsi que les catégories et les normes techniques des autres équipements sont fixées par arrêté du ministre de l’intérieur après avis de la commission consultative des polices municipales prévue à l’article L. 2212-7 du code général des collectivités territoriales. »

Article 33


I. —  Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° L’article L. 2122-19 du code général des collectivités territoriales est complété par un 3° ainsi rédigé :


« 3° Aux responsables de services communaux. » ;


2° a) L’article L. 3121-19 est complété par trois alinéas ainsi rédigés :


« Les rapports peuvent être mis à la disposition des conseillers par voie électronique de manière sécurisée ; cette mise à disposition fait l’objet d’un avis adressé à chacun des conseillers dans les conditions prévues au premier alinéa.


« Sans préjudice des dispositions de l’article L. 3121-18, en cas d’urgence, le délai prévu à l’alinéa précédent peut être abrégé par le président.


« Le président rend compte dès l’ouverture de la séance du conseil général, qui se prononce sur l’urgence et peut décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l’ordre du jour d’une séance ultérieure. » ;


b)
 L’article L. 4132-18 est complété par trois alinéas ainsi rédigés :


« Les rapports et projets visés aux deux alinéas précédents peuvent être mis à la disposition des conseillers par voie électronique de manière sécurisée ; cette mise à disposition fait l’objet d’un avis adressé à chacun des conseillers dans les conditions prévues au premier alinéa.


« Sans préjudice des dispositions de l’article L. 4132-17, en cas d’urgence, le délai prévu au premier alinéa peut être abrégé par le président.


« Le président rend compte dès l’ouverture de la séance du conseil régional, qui se prononce sur l’urgence et peut décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l’ordre du jour d’une séance ultérieure. » ;


3° a) À la fin de la dernière phrase de l’article L. 5212-2, les mots : « , après avis du ou des conseils généraux » sont supprimés ;


b) 
Au cinquième alinéa de l’article L. 5212-33, les mots : « et l’avis de la commission permanente du conseil général » sont supprimés ;


c) 
Au sixième alinéa de l’article L. 5212-33, les mots : « du conseil général et » sont supprimés ;


d) 
Au c de l’article L. 5214-28, les mots : « du conseil général et » sont supprimés ;


4° a) L’article L. 5212-34 est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Cet avis est réputé favorable s’il n’a pas été rendu à l’issue d’un délai de trois mois. » ;


b) 
L’article L. 5214-29 est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Cet avis est réputé favorable s’il n’a pas été rendu à l’issue d’un délai de trois mois. » ;


c) 
À la fin de la dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 5721-7-1, le mot : « émis » est remplacé par le mot : « favorable ».


II. —  Au premier alinéa de l’article 1er de la loi du 29 décembre 1892 sur les dommages causés à la propriété privée par l’exécution des travaux publics, les mots : « des départements et des communes » sont remplacés par les mots : « des collectivités territoriales et de leurs groupements, ainsi que des établissements publics ».


III. —  Les 1° et 4° du I sont applicables en Polynésie française.


IV. —  Après le 2° de l’article L. 122-11 du code des communes de la Nouvelle-Calédonie, il est inséré un 3° ainsi rédigé :


« 3° Aux responsables de services communaux. »

Article 34


I. —  Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° Après le deuxième alinéa de l’article L. 2131-1, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« L’affichage peut être prendre la forme d’une publication électronique, dans des conditions fixées par décret. » ;


2° Après le deuxième alinéa de l’article L. 3131-1, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« L’affichage peut être prendre la forme d’une publication électronique, dans des conditions fixées par décret. » ;


3° Après le deuxième alinéa de l’article L. 4141-1, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« L’affichage peut être prendre la forme d’une publication électronique, dans des conditions fixées par décret. ».


II. —  Au VII de l’article 6 de la loi n° 2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité, les mots : « ou l’affichage » sont supprimés.

Article 35


I. —  Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :


1° Le IV de l’article L. 861-10 est complété par une phrase ainsi rédigée :


« Les recours contentieux contre les décisions relatives aux demandes de remise ou de réduction de dette et contre les décisions ordonnant le reversement des prestations versées à tort sont portés devant la juridiction mentionnée au troisième alinéa de l’article L. 861-5. » ;


2° Le premier alinéa de l’article L. 863-3 est complété par une phrase ainsi rédigée :


« Cette décision peut faire l’objet d’un recours contentieux devant la juridiction mentionnée au troisième alinéa de l’article L. 861-5. »


II. —  L’article L. 36 du code des pensions de retraite des marins français du commerce, de pêche ou de plaisance est ainsi modifié :


1° Au premier alinéa, le mot : « ministérielle » est supprimé, et les mots : « la juridiction administrative » sont remplacés par les mots : « le tribunal des affaires de sécurité sociale » ;


2° Au dernier alinéa, les mots : « le pourvoi devant la juridiction administrative » sont remplacés par les mots : « l’action visée à l’alinéa précédent ».

Article 36



I. —  L’article L. 521-1 du code forestier est ainsi rédigé :

« Art. L. 521-1. —  L’Office national des forêts procède à l’inventaire permanent des ressources forestières nationales, indépendamment de toute question de propriété. »


II. —  Le présent article est applicable à compter du 1er janvier 2009.

Article 37


I. —  L’article L. 33-4 du code des postes et des communications électroniques est ainsi rédigé :


« Art. L. 33-4. —  Est placée auprès du ministre chargé des communications électroniques et de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, une commission consultative spécialisée, d’une part dans le domaine des réseaux et des services radioélectriques, d’autre part dans celui des autres réseaux et services.


« Elle comprend, en nombre égal, des représentants des fournisseurs de services, des représentants des utilisateurs de services professionnels et particuliers et des personnalités qualifiées nommés par le ministre chargé des communications électroniques.


« Cette commission est consultée par le ministre chargé des communications électroniques ou par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes sur tout projet de mesure visant à fixer ou à modifier les conditions techniques et d’exploitation, les spécifications et les prescriptions techniques des services relevant de son domaine de compétence, ainsi que sur les prescriptions relatives à l’interconnexion ou à l’accès et à la numérotation mentionnées aux articles L. 34-8 et L. 44. Ses conclusions sont transmises à la Commission supérieure du service public des postes et des communications électroniques.


« Un décret détermine la composition, les attributions et les conditions de fonctionnement de cette commission consultative. »


II. —  Le code de la santé publique est ainsi modifié :


1° Au dernier alinéa de l’article L. 3111-4, les mots : « Conseil supérieur d’hygiène publique de France » sont remplacés par les mots : « Haut Conseil de la santé publique » ;


2° Au dernier alinéa de l’article L. 3114-5, les mots : « Conseil supérieur d’hygiène publique de France » sont remplacés par les mots : « Haut Conseil de la santé publique ».

Article 38


I. —  Le recouvrement par les comptables du Trésor des créances de l’État visées aux articles 75 et 80 du décret n° 62-1587 du 29 décembre 1962 portant règlement général sur la comptabilité publique peut être assuré par voie de saisie de créance simplifiée, adressée aux personnes physiques ou morales qui détiennent des fonds pour le compte du débiteur, qui ont une dette envers lui ou qui lui versent une rémunération.


La saisie de créance simplifiée emporte l’effet d’attribution immédiate, prévu à l’article 43 de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d’exécution, des sommes saisies disponibles à concurrence des sommes pour lesquelles la saisie est pratiquée.


Sous peine de se voir réclamer les sommes saisies majorées du taux d’intérêt légal, les fonds doivent être reversés dans les trente jours qui suivent la réception de la saisie par le tiers détenteur auprès du comptable chargé du recouvrement.


La saisie de créance simplifiée peut s’exercer sur les créances conditionnelles ou à terme ; dans ce cas, les fonds sont versés au comptable public chargé du recouvrement lorsque ces créances deviennent exigibles.


Lorsqu’une même personne est simultanément destinataire de plusieurs saisies de créance simplifiée établies au nom du même redevable, elle doit, en cas d’insuffisance des fonds, exécuter ces oppositions en proportion de leurs montants respectifs.


Si les fonds détenus ou dus par le tiers détenteur sont indisponibles entre ses mains, ce dernier doit en aviser le comptable chargé du recouvrement dès la réception de la saisie.


Les contestations relatives à la saisie doivent être adressées à l’administration dont dépend le comptable qui a exercé cette poursuite.


II. —  Les comptables du Trésor chargés du recouvrement d’une créance visée au I peuvent obtenir, sans que le secret professionnel puisse leur être opposé, les informations et renseignements nécessaires à l’exercice de cette mission.


Ce droit de communication s’exerce quel que soit le support utilisé pour la conservation de ces informations ou renseignements.


Les renseignements et informations communiqués aux comptables visés au premier alinéa sont ceux relatifs à l’état civil des débiteurs, à leur domicile, aux nom et adresse de leur employeur et des établissements ou organismes auprès desquels un compte de dépôt est ouvert à leur nom, aux nom et adresse des organismes ou particuliers qui détiennent des fonds et valeurs pour leur compte et à l’immatriculation de leur véhicule.


Ces renseignements et informations peuvent être sollicités auprès des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, des administrations et entreprises publiques, des établissements et organismes de sécurité sociale, ainsi que des organismes ou particuliers assurant des prestations de services à caractère juridique, financier ou comptable, ou la détention de biens ou de fonds pour le compte de débiteurs.


En complément de ce droit de communication, les comptables du Trésor chargés du recouvrement d’une créance visée au I disposent d’un droit d’accès aux fichiers utilisés par les services en charge de l’établissement de l’assiette et du recouvrement des impôts.


III. —  Le présent article est applicable sur l’ensemble du territoire de la République.

Article 39


I. —  Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° L’article L. 1617-4 est ainsi rédigé :


« Art. L. 1617-4. —  Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux établissements publics des collectivités territoriales. Toutefois, elles ne sont pas applicables aux établissements publics de santé, sauf disposition particulière du code de la santé publique. » ;


2° L’article L. 1617-5 est ainsi modifié :


a)
 Le 4° est complété par deux alinéas ainsi rédigés :


« En application de l’article 4 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, le titre de recettes individuel ou l’extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l’a émis ainsi que les voies et délais de recours.


« Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. » ;


b)
 Le 6° est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« En complément de ce droit de communication, les comptables directs du Trésor chargés du recouvrement d’une créance dont l’assiette est établie et qui est liquidée par une collectivité territoriale ou l’un de ses établissements publics disposent d’un droit d’accès aux fichiers utilisés par les services en charge de l’établissement de l’assiette et du recouvrement des impôts. » ;


c)
 Le 7° est abrogé ;


3° Le III de l’article L. 1874-1 est complété par un 4° ainsi rédigé :


« 4° Au cinquième alinéa du 6°, les mots : "collectivité territoriale" sont remplacés par le mot : "commune". »


II. —  Le 2° du I du présent article est applicable en Polynésie française.


III. – A l’article L. 2323-5 du code général de la propriété des personnes publiques, la référence : « 7° » est remplacée par la référence : « 6° ».

Article 40


I. —  Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° L’article L. 1311-13 est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Lorsqu’il est fait application de la procédure de réception et d’authentification des actes mentionnée au premier alinéa, la collectivité territoriale ou l’établissement public partie à l’acte est représenté, lors de la signature de l’acte, par un adjoint ou un vice-président dans l’ordre de leur nomination. » ;


2° Au 2° de l’article L. 2321-2, après les mots : « le service de la commune », le mot : « , les » est remplacé par les mots : « et les », et les mots : « et, pour les communes chefs-lieux de canton, les frais de conservation du Journal officiel » sont supprimés ;


3° L’article L. 4424-2 est complété par deux alinéas ainsi rédigés :


« Les biens immobiliers des établissements mentionnés au premier alinéa appartenant à l’État à la date d’entrée en vigueur de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales sont transférés à la collectivité territoriale de Corse en pleine propriété à titre gratuit. Ce transfert ne donne lieu au versement d’aucun droit, taxe, salaire ou honoraires.


« Les biens immobiliers des établissements mentionnés au premier alinéa appartenant à un département, une commune ou un groupement de communes peuvent être transférés en pleine propriété à la collectivité territoriale de Corse, à titre gratuit et sous réserve de l’accord des parties. Lorsque la collectivité territoriale de Corse effectue sur ces biens des travaux de construction, de reconstruction ou d’extension, ce transfert est de droit, à sa demande, et ne donne lieu au versement d’aucun droit, taxe, salaire ou honoraires. »


4° Le III de l’article L. 1841-1 est ainsi rédigé :


« III. —  Pour l’application de l’article L. 1311-13 :


« 1° Les mots : ", les présidents des conseils généraux et les présidents des conseils régionaux" sont supprimés ;


« 2° Au dernier alinéa, les mots : "collectivité territoriale" sont remplacés par le mot : "commune". ».


II. —  Les 1° et 2° du I sont applicables en Polynésie française.

Article 41


Le code de la voirie routière est ainsi modifié :


1° Le dernier alinéa de l’article L. 114-3 est ainsi rédigé :


« Il est approuvé par le représentant de l’État dans le département, le conseil général ou le conseil municipal, selon qu’il s’agit d’une route nationale, d’une route départementale ou d’une voie communale. » ;


2° Au le deuxième alinéa de l’article L. 151-3, les mots : « du décret » sont remplacés par les mots : « de l’arrêté ».

Article 42


I. —  L’article L. 523-4 du code du patrimoine est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« En application de l’article L. 2122-22, de l’article L. 3211-2 ou de l’article L. 4221-5 du code général des collectivités territoriales, les décisions relatives à l’exécution des diagnostics d’archéologie préventive peuvent être déléguées par l’organe délibérant de la collectivité ou de son groupement à l’organe exécutif. »


II. —  Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° L’article L. 2122-22 est complété par un 23° ainsi rédigé :


« 23° De prendre les décisions mentionnées aux articles L. 523-4 et L. 523-5 du code du patrimoine, relatives à la réalisation de diagnostics d’archéologie préventive prescrits pour les opérations d’aménagement ou de travaux sur le territoire de la commune. » ;


2° Avant le dernier alinéa de l’article L. 3211-2, il est inséré un 14° ainsi rédigé :


« 14° De prendre les décisions mentionnées aux articles L. 523-4 et L. 523-5 du code du patrimoine, relatives à la réalisation de diagnostics d’archéologie préventive prescrits pour les opérations d’aménagement ou de travaux sur le territoire du département. » ;


3° Avant le dernier alinéa de l’article L. 4221-5, il est inséré un 11° ainsi rédigé :


« 11° De prendre les décisions mentionnées aux articles L. 523-4 et L. 523-5 du code du patrimoine, relatives à la réalisation de diagnostics d’archéologie préventive prescrits pour les opérations d’aménagement ou de travaux sur le territoire de la région. »

Article 43


I. —  L’article L. 111-1-1 du code de l’urbanisme est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Une directive territoriale d’aménagement peut être modifiée par le représentant de l’État dans la région ou, en Corse, par le représentant de l’État dans la collectivité territoriale de Corse lorsque la modification ne porte pas atteinte à l'économie générale de la directive. Le projet de modification est soumis par le représentant de l’État dans le département ou, en Corse, par le représentant de l’État dans la collectivité territoriale de Corse à enquête publique dans les conditions définies par le chapitre III du titre II du livre premier du code de l’environnement. Lorsque la modification ne porte que sur un ou plusieurs établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de plan local d’urbanisme ou sur une ou plusieurs communes non membres d’un tel établissement public, l’enquête publique peut n’être organisée que sur le territoire de ces établissements publics ou de ces communes. »


II. —  À la fin de la première phrase de l’avant-dernier alinéa de l’article 34 ter de la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départements, les régions et l’État, les mots : « et les directives territoriales d’aménagement prévues à l’article L. 111-1-1 du code de l’urbanisme » sont supprimés.


III. —  Au deuxième alinéa du II de l’article 3 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire, les mots : « sur les projets de directives territoriales d’aménagement prévues à l’article L. 111-1-1 du code de l’urbanisme et » sont supprimés.

Article 44


La section 2 du chapitre II bis du titre III du livre II du code de procédure pénale est complétée par un article 529-5-1 ainsi rédigé :


« Art. 529-5-1. —  Les officiers du ministère public près d’une ou plusieurs juridictions de proximité dont la liste et le ressort sont fixés par décret sont compétents pour établir les titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées prévus par l’article 529-5 lorsqu’ils concernent des contraventions mentionnées à l’article 529-3 et commises au préjudice de certains exploitants de services de transport public de personnes dont la liste est précisée par décret. Cette compétence est concurrente de celle qui résulte de l’application de l’article 522-1. En cas de protestation ou de réclamation devant donner lieu à la saisine de la juridiction de proximité, ces officiers du ministère public transmettent le dossier de la procédure au ministère public compétent à raison du domicile du contrevenant. »

Article 45


L’avant-dernier alinéa de l’article 15 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés est ainsi rédigé :


« – aux deux derniers alinéas de l’article 69, à l’exception des traitements mentionnés au I ou au II de l’article 26 ; ».

Article 46


I. —  Après l’article L. 107 du livre des procédures fiscales, il est inséré un article L. 107 A ainsi rédigé :


« Art. L. 107 A. —  Toute personne peut obtenir communication de l’administration des impôts, le cas échéant par voie électronique, d’informations relatives aux immeubles situés sur le territoire d’une commune déterminée, ou d’un arrondissement pour les communes de Paris, Lyon et Marseille, sur lesquels une personne désignée dans la demande dispose d’un droit réel immobilier. Toute personne peut obtenir, dans les mêmes conditions, communication d’informations relatives à un immeuble déterminé. Les informations communicables sont les références cadastrales, l’adresse ou, le cas échéant, les autres éléments d’identification cadastrale des immeubles, la contenance cadastrale de la parcelle, la valeur locative cadastrale des immeubles, ainsi que les noms et adresses des titulaires de droits sur ces immeubles. Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, définit les modalités d’application du présent article et les conditions de communication par voie électronique des informations visées à l’alinéa précédent. »


II. —  Le 12° de l’article 21 de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d'amélioration des relations entre l’administration et le public et diverses dispositions d’ordre administratif, social et fiscal, est ainsi rédigé :


« 12° L’article L. 107 A du livre des procédures fiscales ; »

Article 47


I. —  Aux fins d’établir des bases de données géographiques nationales de référence, l’État et ses établissements publics qui ont vocation à en établir peuvent constituer, sur un secteur géographique localisé, le cas échéant en procédant à des interconnexions avec des fichiers détenus par d’autres personnes publiques ou privées et comprenant des données à caractère personnel, des bases de données numériques comprenant des informations relatives au découpage parcellaire ainsi qu’aux adresses des parcelles.


Ils peuvent procéder à la diffusion, y compris par voie électronique, auprès de l’ensemble des personnes publiques et privées, des informations contenues dans ces bases de données géographiques nationales de référence.


Ces bases de données géographiques nationales de référence ne peuvent inclure aucune information à caractère personnel autre que le découpage parcellaire et les adresses des parcelles.


II. —  Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, fixe les modalités de constitution de ces bases de données et des informations susceptibles d’être diffusées.


III. —  Le présent article est applicable sur l’ensemble du territoire de la République.

Article 48


I. —  Le code civil est ainsi modifié :


1° L’article 910 est ainsi rédigé :


« Art. 910. —  Les dispositions entre vifs ou par testament au profit d’établissements d’utilité publique n’auront leur effet qu’autant qu’elles seront autorisées par arrêté préfectoral.


« Toutefois les dispositions entre vifs ou par testament au profit des fondations, des congrégations et des associations ayant la capacité à recevoir des libéralités, à l’exception des associations ou fondations dont les activités ou celles de leurs dirigeants sont visées à l’article 1er de la loi n° 2001-504 du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, sont acceptées librement par celles-ci.


« Si le représentant de l’Etat dans le département constate que l’organisme légataire ou donataire ne satisfait pas aux conditions légales exigées pour avoir la capacité juridique à recevoir des libéralités ou qu’il n’est pas apte à utiliser la libéralité conformément à son objet statutaire, il peut former opposition à la libéralité, dans des conditions précisées par décret, la privant ainsi d’effet. »


2° L’article 937 est ainsi rédigé :


« Art. 937. —  Sous réserve des dispositions des deuxième et troisième alinéas de l’article 910 du code civil, les donations faites au profit d’établissements d’utilité publique seront acceptées par les administrateurs de ces établissements, après y avoir été dûment autorisés. »


II. —  Toute association qui, n’ayant pas reçu de libéralité au cours des cinq années précédentes, souhaite savoir si elle entre dans l’une des catégories d’associations mentionnées au dernier alinéa de l’article 6 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association ou aux articles 18 et 19 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État pour prétendre au bénéfice des dispositions législatives ou réglementaires applicables à la catégorie d’associations dont elle revendique le statut, peut interroger le représentant de l’Etat dans le département qui se prononce sur sa demande dans des conditions définies par décret ».


III. —  Les articles 910 et 937 du code civil sont applicables dans les îles Wallis et Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie.

Article 49


Le code de la santé publique est ainsi modifié :


1° L’article L. 1142-1 est ainsi modifié :


a)
 À la fin du premier alinéa du II, les mots : « d’incapacité permanente ou de la durée de l’incapacité temporaire de travail » sont remplacés par les mots : « d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique, de la durée de l’arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire » ;


b)
 Au dernier alinéa du II, les mots : « d’incapacité permanente » sont remplacés par les mots : « d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique » ;


2° Au 1° de l’article L. 1142-1-1, les mots : « d’incapacité permanente » sont remplacés par les mots : « d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique » ;


3° Le deuxième alinéa de l’article L. 1142-5 est complété par les mots : « , ou une ou plusieurs commissions régionales de conciliation et d’indemnisation compétentes pour une même région » ;


4° L’article L. 1142-10 est ainsi modifié :


a)
 La dernière phrase du premier alinéa est supprimée ;


b)
 Le deuxième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée :


« Pour l’exercice de ces missions, la commission accède, à sa demande, aux informations couvertes par le secret médical dans des conditions déterminées par décret en Conseil d’État permettant de préserver la confidentialité de ces données à l’égard des tiers. » ;


5° À l’article L. 1142-17-1, les mots : « d’incapacité permanente » sont remplacés par les mots : « d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique ».

Article 50


I. —  Le code général des collectivités territoriales est ainsi modifié :


1° Le 4° de l’article L. 2331-4 est ainsi rédigé :


« 4° Le produit de la redevance d’usage des abattoirs publics prévue par l’article L. 2333-1 ; »


2° Le 3° de l’article L. 2331-5 est abrogé ;


3° À l’intitulé de la section 1 du chapitre III du titre III du livre III de la deuxième partie, le mot : « Taxe » est remplacé par le mot : « Redevance » ;


4° L’article L. 2333-1 est ainsi rédigé :


« Art. L. 2333-1. —  Une redevance est due par les usagers des abattoirs publics. Elle est instituée par délibération de l’assemblée délibérante de la collectivité territoriale ou du groupement de collectivités territoriales propriétaire de l’abattoir.


« En cas de délégation du service, le tarif de la redevance peut comporter, outre une part, fixée par la convention de délégation, revenant au délégataire au titre des charges du service qu’il assure, une part revenant à l’autorité délégante, destinée à couvrir les dépenses qui demeurent à sa charge.


« La redevance est recouvrée par la collectivité territoriale ou le groupement de collectivités territoriales propriétaire de l’abattoir ou, par délégation de l’assemblée délibérante, par le délégataire du service. »


II. —  Le code rural est ainsi modifié :


1° L’article L. 654-8 est abrogé ;


2° L’article L. 654-9 est ainsi rédigé :


« Art. L. 654-9. —  Les services rendus par les abattoirs publics sont rémunérés par les usagers dans les conditions prévues par l’article L. 2333-1 du code général des collectivités territoriales. »


III. —  Le présent article est applicable à compter du 1er janvier 2009.

Article 51


Le code de l’environnement est ainsi modifié :


1° L’article L. 515-12 est ainsi modifié :


a)
 À la dernière phrase du premier alinéa, après les mots : « état du sol ou du sous-sol » sont insérés les mots : « , la limitation des usages du sol, du sous-sol et des nappes phréatiques, ainsi que la subordination de ces usages à la mise en
œuvre de prescriptions particulières, » ;


b)
 Après le deuxième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« Sur les terrains pollués par l’exploitation d’une installation classée ou constituant l’emprise d’un site de stockage de déchets, lorsque les servitudes envisagées ont pour objet de protéger les intérêts mentionnés au premier alinéa et concernent ces seuls terrains, le représentant de l’État dans le département peut, lorsque le petit nombre des propriétaires ou le caractère limité des surfaces intéressées le justifie, procéder à la consultation écrite des propriétaires des terrains par substitution à la procédure d’enquête publique prévue au deuxième alinéa de l’article L. 515-9. » ;


c)
 Le dernier alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée :


« Pour l’application de cet article, la date d’ouverture de l’enquête publique est, lorsqu’il n’est pas procédé à une telle enquête, remplacée par la date de consultation des propriétaires. » ;


2° À la dernière phrase du dernier alinéa de l’article L. 512-1, la référence : « L. 512-17 » est remplacée par la référence : « L. 512-7-1 » ;


3° L’article L. 512-17 devient l’article L. 512-7-1. Au premier alinéa de cet article, après les mots : « Lorsque l’installation », sont insérés les mots : « soumise à autorisation » ;


4° Après l’article L. 512-12, il est inséré un article L. 512-12-1 ainsi rédigé :


« Art. L. 512-12-1. —  Lorsque l’installation soumise à déclaration est mise à l’arrêt définitif, l’exploitant place le site dans un état tel qu’il ne puisse porter atteinte aux intérêts mentionnés à l’article L. 511-1 et qu’il permette un usage futur comparable à la dernière période d’activité de l’installation. Il en informe le propriétaire du terrain sur lequel est sise l’installation ainsi que le maire ou le président de l’établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d’urbanisme. » ;


5° L’article L. 515-16 est ainsi modifié :


a)
  À la première phrase du II, les mots : « danger grave pour » sont remplacés par les mots : « aléa important vis-à-vis de » ;


b)
  Au III, les mots : « danger très grave pour » sont remplacés par les mots : « aléa très important vis-à-vis de » ;


6° Le III de l’article L. 541-13 est abrogé.

Article 52


Le code de l’aviation civile est ainsi modifié :


1° L’article L. 611-1 est abrogé ;


2° L’article L. 330-3 est ainsi rédigé :


« Art. L. 330-3. —  Les services de transport aérien public à l’intérieur du territoire national peuvent être exploités sans que soit conclue la convention prévue au II de l’article 7 de la loi nº 82-1153 du 30 décembre 1982 d’orientation des transports intérieurs.


« Sous réserve des compétences attribuées à certaines collectivités territoriales, l’État peut déléguer tout ou partie de l’organisation de services de transport aérien intérieurs au territoire national soumis à des obligations de service public à une collectivité territoriale ou à une autre personne publique intéressée l’ayant demandé. » ;


3° À l’article L. 330-11, la référence : « L. 330-3, » est supprimée.

Article 53


I. —  A l’article L. 252-4 du code de l’organisation judiciaire, les mots : « tutelle aux prestations sociales » sont remplacés par les mots : « mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial ».


II. —  Le code de l’action sociale et des familles est ainsi modifié :


1° L’article L. 133-6-1 est abrogé ;


2° Dans le premier alinéa de l’article L. 221-4, après les mots : « des articles 375 à 375-8 du code civil », sont insérés les mots : « ou d’une mesure judiciaire d’aide à la gestion du budget familial prise en application des articles 375-9-1 et 375-9-2 du même code » ;


3° L’article L. 313-14 est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Dans le cas des services mentionnés aux 14° et 15° du I de l’article L. 312-1, l’injonction prévue au premier alinéa peut être demandée par le procureur de la République. » ;


4° L’article L. 313-16 est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Lorsque le service relève du 14° ou du 15° du I de l’article L. 312-1, la décision de fermeture de ce service est prise par le représentant de l’Etat dans le département sur avis du procureur de la République ou à la demande de celui-ci. En cas d’urgence, le représentant de l’Etat dans le département peut, sans injonction préalable et, le cas échéant, d’office, prononcer par arrêté motivé et à titre provisoire la fermeture totale ou partielle de ce service. Le procureur de la République est informé de la fermeture du service. » ;


5° L’article L. 331-5 est complété par un alinéa ainsi rédigé :


« Lorsque le service relève du 14° ou du 15° du I de l’article L. 312-1 :


« 1° l’injonction prévue au premier alinéa peut être demandée par le procureur de la République ;


« 2° la décision de fermeture prévue au deuxième alinéa est prise par le représentant de l’Etat dans le département sur avis du procureur de la République ou à la demande de celui-ci. Le procureur de la République est informé de la fermeture du service. ».


III. —  La loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs est ainsi modifiée :


1° L’article 13 est ainsi modifié :


a)
 Au septième alinéa, après les mots : « et le département » sont insérés les mots : « , représenté par le président du conseil général, » ;


b)
 Au douzième alinéa, après les mots : « à une autre collectivité territoriale » sont insérés les mots : « à un établissement public de coopération intercommunale » ;


2° Après le I de l’article 15, il est inséré un I bis ainsi rédigé :


« I bis – A la première phrase de l’avant-dernier alinéa du II de l’article L. 312-1 du même code, la référence : « 13° » est remplacée par la référence : « 15° ». » ;


3° L’article 23 est ainsi modifié :


a)
 À la première phrase du neuvième alinéa, les mots : « , d’un retrait ou d’une annulation » sont remplacés par les mots : « ou d’un retrait » ;


b) 
Au treizième alinéa, après le mot : « après », sont insérés les mots : « avis conforme du procureur de la République et » ;


4° L’article 44 est ainsi modifié :


a)
 Aux premier, cinquième, dixième et onzième alinéas , les mots : « deux ans » sont remplacés par les mots : « trois ans » ;


b)
 Aux neuvième, dixième et onzième alinéas, l’année : « 2011 » est remplacée par l’année : « 2012 ».


5° Au troisième alinéa de l’article 45, les mots : « la date de publication de celle-ci » sont remplacés par les mots : « cette entrée en vigueur ».


IV. —  Les dispositions des 3° à 5° du II du présent article entrent en vigueur le 1er janvier 2009.

Article 54


I. —  Le code de l’urbanisme est ainsi modifié :


1° Au b du 2° de l’article L. 332-6-1, la référence : « au troisième alinéa de l’article L. 421-3 » est remplacée par la référence : « à l’article L. 332-7-1 » ;


2° L’article L. 332-15 est ainsi modifié :


a) 
La dernière phrase du premier alinéa est supprimée ;


b)
 Après le deuxième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :


« Toutefois, en ce qui concerne le réseau électrique, le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition est redevable de la part de la contribution prévue au troisième alinéa du II de l’article 4 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité, correspondant au branchement et à la fraction de l’extension du réseau située sur le terrain d’assiette de l’opération, au sens de cette même loi et des textes pris pour son application. » ;


c) À la fin de l’avant-dernier alinéa, la référence : « L. 332-6 » est remplacée par la référence : « L. 332-30 » ;


3° À la première phrase de l’article L. 332-29, les mots : « l’autorisation ou l’acte mentionné » sont remplacés par les mots : « les actes mentionnés » ;


4° À la première phrase du deuxième alinéa de l’article L. 332-30, les mots : « autorisations mentionnées » sont remplacés par les mots : « actes mentionnés » ;


5° À la dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 520-2, les mots : « le dépôt des déclarations prévues par les articles L. 520-9 et R. 422-3 » sont remplacés par les mots : « la non-opposition à la déclaration préalable prévue à l’article L. 421-4, soit le dépôt de la déclaration prévue à l’article L. 520-9 » ;


6° À la fin du troisième alinéa de l’article L. 520-5, les mots : « la déclaration prévue par l’article R. 422-3 » sont remplacés par les mots : « la non-opposition à la déclaration préalable prévue par l’article L. 421-4 ».


II. —  Au 2° de l’article L. 2331-5 du code général des collectivités territoriales, les mots : « aux a et » sont remplacés par le mot : « au ».


III. —  Au 2° du I de l’article 1585 C du code général des impôts, après les mots : « à la charge », sont insérés les mots : « de l’aménageur ou ».

Article 55


I. —  Sont ratifiées :


1° L’ordonnance n° 2005-645 du 6 juin 2005 relative aux procédures de passation des marchés publics des collectivités territoriales ;


2° L’ordonnance n° 2005-1027 du 26 août 2005 relative à la simplification et à l’amélioration des règles budgétaires et comptables applicables aux collectivités territoriales, à leurs groupements et aux établissements publics locaux qui leur sont rattachés ;


3° L’ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006 relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques.


II.  — Le code général de la propriété des personnes publiques est ainsi modifié :


1° À la fin du premier alinéa de l’article L. 1126-2 et à l’article L. 1126-3, les mots : « à l’administration des impôts » sont remplacés par les mots : « au Trésor public » ;


2° Le premier alinéa de l’article L. 2122-13 est ainsi rédigé :


« Dans le cadre des titres d’occupation prévus par les articles L. 2122-6 et L. 2122-11, la réalisation des ouvrages, constructions et installations peut donner lieu à la conclusion de contrats de crédit-bail. Lorsqu’il concerne le financement d’ouvrages, de constructions et d’installations qui sont nécessaires à la continuité d’un service public, le contrat comporte des clauses permettant de préserver les exigences de ce service public. » ;


3° L’article L. 2122-16 est abrogé ;


4° Le dernier alinéa de l’article L. 2125-1 est ainsi rédigé :


« En outre, l’autorisation d’occupation ou d’utilisation du domaine public peut être délivrée gratuitement aux associations à but non lucratif qui concourent à la satisfaction d’un intérêt général. »


5° Après l’article L. 5241-1, il est inséré un article L. 5241-1-1 ainsi rédigé :


« Art. L. 5241-1-1. – Les quatre derniers alinéas de l’article L. 3211-7 sont supprimés. » ;


6° L’article L. 5311-2 est ainsi modifié :


a) Au 2°, après la référence « L. 1126-4, », est insérée la référence : « L. 1127-3, » ;


b) Au 3°, la référence « L. 2125-7, » sont remplacés par la référence : « L. 2125-8, ».


7° L’article L. 5331-19 est abrogé.


III. —  À la fin de la dernière phrase du dernier alinéa de l’article L. 2241-1, à la fin de la dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 3213-2, à la fin de la dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 4221-4, à la fin de l’avant-dernière phrase du dernier alinéa de l’article L. 5211-37 et à la fin de l’avant-dernière phrase du dernier alinéa de l’article L. 5722-3 du code général des collectivités territoriales, les mots : « ce service » sont remplacés par les mots : « cette autorité ».


IV. —  Le dernier alinéa de l’article L. 341-11 du code du tourisme est complété par les mots : « du code de l’environnement ».

Chapitre IV

Dispositions de clarification du droit en matière pénale

Section 1

Clarification des règles relative à la récidive

Article 56


I. —  Le code de l’action sociale et des familles est ainsi modifié :


1° Le dernier alinéa de l’article L. 313-23 est supprimé ;


2° Le dernier alinéa de l’article L. 321-4 est supprimé ;


3° Le dernier alinéa de l’article L. 322-8 est supprimé.


II. —  À la fin de la première phrase de l’article L. 310-26 du code des assurances, les mots : « et, en cas de récidive, de 9 000 € » sont supprimés.


III. —  Le code de l’aviation civile est ainsi modifié :


1° L’article L. 150-7 est abrogé ;


2° Le deuxième alinéa de l’article L. 150-8 est ainsi rédigé :


« En cas de récidive de l’un des délits prévus par les articles L. 150-2, L. 150-4 et L. 150-5, la durée de l’interdiction de conduire un aéronef peut être portée au double. »


IV. —  La deuxième phrase de l’article L. 122-2 du code de commerce est supprimée.


V. —  Le code de la construction et de l’habitation est ainsi modifié :


1° La dernière phrase de l’article L. 152-11 est supprimée ;


2° Le dernier alinéa de l’article L. 311-13 est supprimé ;


3° La dernière phrase du deuxième alinéa de l’article L. 351-13 est supprimée ;


4° À la fin de la première phrase de l’article L. 353-10, les mots : « pouvant être portée au double en cas de récidive » sont supprimés.


VI. —  Le code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure est ainsi modifié :


1° Le dernier alinéa de l’article 71 est supprimé ;


2° L’article 149 est abrogé.


VII. —  Le 3 de l’article 413 bis du code des douanes est abrogé.


VIII. —  Le code général des impôts est ainsi modifié :


1° La deuxième phrase du premier alinéa de l’article 1783 A est supprimée ;


2° Au premier alinéa de l’article 1810, les mots : « qui est obligatoirement prononcée en cas de récidive, » sont supprimés.


IX. —  À la fin de l’article 11 du code des instruments monétaires et des médailles, les mots : « et à 7 500 € en cas de récidive » sont supprimés.


X. —  Le code minier est ainsi modifié :


1° Le dernier alinéa de l’article 254 est supprimé ;


2° Le dernier alinéa de l’article 255 est supprimé.


XI. —  Les articles L. 39-5 et L. 74 du code des postes et des communications électroniques sont abrogés.


XII. —  Le code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :


1° Le début de l’article L. 335-9 est ainsi rédigé :


« Art. L. 335-9. – Si l’auteur de l’un des délits prévus et réprimés par le présent chapitre est ou a été lié … (le reste sans changement) » ;


2° Les deux dernières phrases de l’article L. 615-12 sont supprimées.


3° L’article L. 623-34 est abrogé.


XIII. —  Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié :


1° La dernière phrase de l’article L. 524-6 est supprimée ;


2° Le dernier alinéa de l’article L. 554-2 est supprimé.


XIV. —  L’article 11 du décret-loi du 9 janvier 1852 sur l’exercice de la pêche maritime est abrogé.


XV. —  Le cinquième alinéa de l’article 4 de la loi du 2 juin 1891 ayant pour objet de réglementer l’autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux est supprimé.


XVI. —  A la fin du premier alinéa de l’article 23 de la loi n° 47-520 du 21 mars 1947 relative à diverses dispositions d’ordre financier, les mots : « , celles-ci pouvant être doublées en cas de récidive » sont supprimés.


XVII. —  Au quatrième alinéa de l’article 7 de la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, les mots : « les responsables sont passibles d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 7 500 €. En outre, » sont supprimés.


XVIII. – L’article 6 de la loi n° 83-1119 du 23 décembre 1983 relative aux mesures pouvant être prises en cas d’atteinte aux intérêts maritimes et commerciaux de la France est ainsi modifié :


1° Le deuxième alinéa est supprimé ;


2° Au dernier alinéa, les mots : « des mêmes peines » sont remplacés par les mots : « de la même peine ».


XIX. —  Au deuxième alinéa de l’article 6 de la loi n° 85-706 du 12 juillet 1985 relative à la publicité en faveur des armes à feu et de leurs munitions, les mots : « l’amende peut être portée au double. En outre, » sont supprimés.


XX. —  À la fin du dernier alinéa de l’article 20 de la loi n° 87-571 du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat, les mots : « et, en cas de récidive, d’une amende de 7 500 € » sont supprimés.

Article 57


I. —  Au premier alinéa de l’article L. 514-2 du code des assurances, les mots : « 3 000 euros et, en cas de récidive, d’une amende de 15 000 euros et » sont remplacés par les mots : « 7 500 euros et, en cas de récidive, ».


II. —  La dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 152-4 du code de la construction et de l’habitation est ainsi rédigée : « En cas de récidive, une peine d’emprisonnement de six mois peut en outre être prononcée. ».


III. —  L’article L. 216-8 du code de l’environnement est ainsi modifié :


1° Au premier alinéa, le montant : « 18 000 euros » est remplacé par le montant : « 45 000 euros » ;


2° Le II est supprimé.


IV. —  Le code général des impôts est ainsi modifié :


1° L’avant-dernier alinéa de l’article 1741 est supprimé ;


2° Au premier alinéa du 1. de l’article 1772, le montant : « 4 500 euros » est remplacé par le montant : « 37 500 euros » ;


3° Le dernier alinéa de l’article 1774 est supprimé ;


4° L’article 1813 est ainsi modifié :


a)
 Dans le a., le montant : « 6 000 euros » est remplacé par le montant : « 7 500 euros » ;


b)
 Le c. est ainsi rédigé :


« c. En cas de récidive des infractions prévues aux a. et b. du présent article, une peine d’emprisonnement d’un an peut en outre être prononcée. ».


V. —  Le code de la santé publique est ainsi modifié :


1° Après les mots : « 45 000 euros d’amende », la fin du premier alinéa de l’article L. 1271-5 est ainsi rédigée : « . En cas de récidive, une peine d’emprisonnement de six mois peut en outre être prononcée. » ;


2° L’article L. 2326-1 est ainsi modifié :


a) 
Au premier alinéa, les mots : « trois mois » sont remplacés par les mots : « six mois » ;


b)
 Le cinquième alinéa est supprimé.


3°  L’article L. 3351-6 est ainsi modifié :


a)
 Au premier alinéa, le montant : « 3 750 euros » est remplacé par le montant : « 7 500 euros » ;


b)
 Le dernier alinéa est ainsi rédigé :


« En cas de récidive, un emprisonnement de six mois peut en outre être prononcé ».


4° L’article L. 3819-2 est ainsi modifié :


a)
 Au premier alinéa, le montant : « 3 750 euros » est remplacé par le montant : « 7 500 euros » ;


b) 
Le dernier alinéa est ainsi rédigé :


« En cas de récidive, un emprisonnement de six mois peut en outre être prononcé ».


VI. —  Après les mots : « emprisonnement de six mois », la fin de l’article L. 244-12 du code de la sécurité sociale est supprimée.


VII. —  Le dernier alinéa de l’article L. 312-14 du code du sport est supprimé.


VIII. —  Au premier alinéa de l’article L. 480-4-1 du code de l’urbanisme, les mots : « 18 000 euros et, en cas de récidive, d’une amende de 45 000 euros » sont remplacés par les mots : « 15 000 euros ».


IX. —  A la fin de la première phrase du premier alinéa de l’article 2 de la loi du 3 avril 1942 prohibant la conclusion de pacte sur le règlement des indemnités dues aux victimes d’accidents, les mots : « 4 500 euros et, en cas de récidive, d’une amende de 22 500 euros » sont remplacés par les mots : « 7 500 euros ».


X. —  La loi n° 68-1181 du 30 décembre 1968 relative à l’exploration du plateau continental et à l’exploitation des ressources naturelles est ainsi modifiée :


1° Le premier alinéa de l’article 24 est ainsi modifié :


a) 
Dans la première phrase, les mots : « de trois mois et d’une amende de 3 750 euros » sont remplacés par les mots : « d’un an et d’une amende de 15 000 euros » ;


b)
 La dernière phrase est supprimée.


2° L’article 32 est ainsi modifié :


a)
 Dans la première phrase, les mots : « de trois mois et d’une amende de 3 750 euros » sont remplacés par les mots : « d’un an et d’une amende de 15 000 euros » ;


b)
 La dernière phrase est supprimée.

Section 2

Clarification des règles relatives à la responsabilité pénale
des personnes morales

Article 58


Le code pénal est ainsi modifié :


1° Les deux premiers alinéas de l’article 213-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, de crimes contre l’humanité encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


2° Les trois premiers alinéas de l’article 215-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent sous-titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


3° Les quatre premiers alinéas de l’article 221-5-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


4° Les quatre premiers alinéas de l’article 221-7 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à l’article 221-6 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2°, 3°, 8° et 9° de l’article 131-39. » ;


5° Les quatre premiers alinéas de l’article 222-6-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent paragraphe encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


6° Les quatre premiers alinéas de l’article 222-16-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent paragraphe encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


7° Les trois premiers alinéas de l’article 222-18-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent paragraphe encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


8° Les quatre premiers alinéas de l’article 222-21 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies par la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2°, 3°, 8° et 9° de l’article 131-39. » ;


9° Les quatre premiers alinéas de l’article 222-33-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 222-22 à 222-31 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


10° Les quatre premiers alinéas de l’article 222-42 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 222-34 à 222-39 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


11° Les trois premiers alinéas de l’article 223-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à l’article 223-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2°, 3°, 8° et 9° de l’article 131-39. » ;


12° Les trois premiers alinéas de l’article 223-7-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


13° Les quatre premiers alinéas de l’article 223-9 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à l’article 223-8 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


14° Les trois premiers alinéas de l’article 223-15-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


15° Les quatre premiers alinéas de l’article 223-15-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


16° Les trois premiers alinéas de l’article 225-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à l’article 225-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 5°, 8° et 9° de l’article 131-39. » ;


17° L’article 225-4-6 est ainsi rédigé :


« Art. 225-4-6. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


18° L’article 225-12 est ainsi rédigé :


« Art. 225-12. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 225-5 à 225-10 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


19° Les quatre premiers alinéas de l’article 225-12-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


20° Les deux premiers alinéas de l’article 225-16 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 225-13 à 225-15 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


21° L’article 225-16-3 est ainsi rédigé :


« Art. 225-16-3. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 225-16-1 et 225-16-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 4° et 9° de l’article 131-39. » ;


22° Les trois premiers alinéas de l’article 225-18-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 225-17 et 225-18 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


23° Les trois premiers alinéas de l’article 226-7 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


24° Les trois premiers alinéas de l’article 226-12 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, de l’infraction définie à l’article 226-10 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


25° Les quatre premiers alinéas de l’article 226-24 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 5° et 7° à 9° de l’article 131-39. » ;


26° Les quatre premiers alinéas de l’article 226-30 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 5° et 7° à 9° de l’article 131-39. » ;


27° Les quatre premiers alinéas de l’article 227-4-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39. » ;


28° L’article 227-14 est ainsi rédigé :


« Art. 227-14. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 1° à 3°, 8° et 9° de l’article 131-39. » ;


29° L’article 227-17-2 est ainsi rédigé :


« Art. 227-17-2. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 227-15 à 227-17-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


30° Les quatre premiers alinéas de l’article 227-28-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 227-18 à 227-26 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 5° et 7° à 9° de l’article 131-39. » ;


31° Les trois premiers alinéas de l’article 311-16 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


32° Les quatre premiers alinéas de l’article 312-15 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


33° Les quatre premiers alinéas de l’article 313-9 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 313-1 à 313-3 et à l’article 313-6-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39. » ;


34° Les quatre premiers alinéas de l’article 314-12 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 314-1 et 314-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


35° L’article 314-13 est ainsi rédigé :


« Art. 314-13. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 314-5, 314-6 et 314-7 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 8° et 9° de l’article 131-39. » ;


36° L’article 321-12 est ainsi modifié :


a) 
Les trois premiers alinéas sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 321-1 à 321-4, 321-7 et 321-8 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


b)
 Au dernier alinéa, la référence : « 1° de l’article 131-37 » est remplacée par la référence : « 2° de l’article 131-39 » ;


37° Les quatre premiers alinéas de l’article 322-17 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, la peine prévue par le 2° de l’article 131-39, pour une durée de cinq ans au plus dans les cas prévus par les articles 322-1, 322-3, 322-5, 322-12, 322-13 et 322-14 et sans limitation de durée dans les cas prévus par les articles 322-6 à 322-10. » ;


38° Les quatre premiers alinéas de l’article 323-6 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


39° Les trois premiers alinéas de l’article 324-9 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 324-1 et 324-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


40° Les quatre premiers alinéas de l’article 414-7 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


41° Les quatre premiers alinéas de l’article 422-5 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


42° Les quatre premiers alinéas de l’article 431-20 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


43° Les trois premiers alinéas de l’article 433-25 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux sections 1, 6, 7, 9 et 10 du présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


44° Les quatre premiers alinéas de l’article 436-5 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, de l’infraction définie à l’article 436-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


45° Les quatre premiers alinéas de l’article 441-12 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


46° Les trois premiers alinéas de l’article 442-14 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


47° Les trois premiers alinéas de l’article 443-8 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


48° Les trois premiers alinéas de l’article 444-9 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


49° Les trois premiers alinéas de l’article 445-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux articles 445-1 et 445-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 : » ;


50° Les quatre premiers alinéas de l’article 450-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, de l’infraction définie à l’article 450-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


51° Les trois premiers alinéas de l’article 511-28 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par l’article 131-39. » ;


52° Les quatre premiers alinéas de l’article 717-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux deux premiers alinéas de l’article 717-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 6° et 9° de l’article 131-39. » ;


53° Les quatre premiers alinéas de l’article 727-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2, des infractions définies aux deux premiers alinéas de l’article 727-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38, les peines prévues par les 2° à 6° et 9° de l’article 131-39. »


II. —  Le code de procédure pénale est ainsi modifié :


1° La dernière phrase du deuxième alinéa de l’article 60-1 est supprimée ;


2° Les deux dernières phrases de l’avant-dernier alinéa de l’article 60-2 sont supprimées.

Article 59


I. —  Le code de l’action sociale et des familles est ainsi modifié :


1° Le dernier alinéa de l’article L. 227-8 est supprimé ;


2° L’article L. 473-4 est ainsi modifié :


a) 
Au premier alinéa, après le mot : « encourent », sont insérés les mots : « , outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, » ;


b) 
Le 1° est abrogé ;


II. —  Le code de l’aviation civile est ainsi modifié :


1° Le deuxième alinéa de l’article L. 324-1 est supprimé ;


2° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 741-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. »


III. —  Le code des assurances est ainsi modifié :


1° Les quatrième à avant-dernier alinéas de l’article L. 310-27 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 4° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° Le dernier alinéa de l’article L. 310-28 est supprimé.


IV. —  Le code de commerce est ainsi modifié :


1° L’article L. 310-6 est ainsi rédigé :


« Art. L. 310-6. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 310-5 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° Le III de l’article L. 321-15 est ainsi rédigé :


« III. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies par le présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, pour une durée de cinq ans au plus, les peines mentionnées aux 1° à 4°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction mentionnée au 2° du même article porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


3° Les I et II de l’article L. 654-7 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies par les articles L. 654-3 et L. 654-4 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


V. —  Le code de la consommation est ainsi modifié :


1° L’article L. 121-72 est ainsi rédigé :


« Art. L. 121-72. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 121-70 et L. 121-71 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


2° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 213-6 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 213-1 à L. 213-4 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


3° La dernière phrase du premier alinéa de l’article L. 218-7 est supprimée.


VI. —  Le code de la construction et de l’habitation est ainsi modifié :


1° Les deuxième à avant-dernier alinéas de l’article L. 152-12 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au premier alinéa encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° Le IV de l’article L. 511-6 est ainsi rédigé :


« IV. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. La confiscation mentionnée au 8° de cet article porte sur le fonds de commerce ou l’immeuble destiné à l’hébergement des personnes et ayant servi à commettre l’infraction. » ;


3° Les quatre premiers alinéas du III de l’article L. 521-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


4° Le II de l’article L. 642-28 est supprimé.


VII. —  Le code de la défense est ainsi modifié :


1° Le II de l’article L. 2339-2 est ainsi rédigé :


« II. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 1°, 2°, 4°, 5°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° Le II de l’article L. 2339-3 est ainsi rédigé :


« II. —   Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 5°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


3° Les trois premiers alinéas de l’article L. 2342-78 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 2342-57 à L. 2342-62, L. 2342-64 à L. 2342-71, L. 2342-74 et L. 2342-79 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal : » ;


4° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 2343-11 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 2343-9, sous réserve des dispositions de l’article L. 2343-3, encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. »


VIII. —  Les deuxième et troisième alinéas de l’article 209 du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure sont supprimés.


IX. —  Le 1 ter de l’article 459 du code des douanes est ainsi rédigé :


« 1 ter. Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux 1 et 1 bis du présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. »


X. —  Le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est ainsi modifié :


1° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 622-8 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 622-1 et L. 622-5 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 1° à 5°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 623-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux deuxième et troisième alinéas de l’article L. 623-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 1°à 5° et 9° de l’article 131-39 du même code. »


XI. —  Le code de l’environnement est ainsi modifié :


1° Le II de l’article L. 216-12 est ainsi rédigé :


« II. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 216-5 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° L’article L. 218-24 est ainsi rédigé :


« Art. L. 218-24. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 218-11 à L. 218-19 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


3° Les I et II de l’article L. 218-57 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


4° Les I et II de l’article L. 218-70 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à la présente section encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


5° Les I et II de l’article L. 218-80 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies par l’article L. 218-73 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


6° Les I et II de l’article L. 226-10 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions aux dispositions du présent titre et à celles prises pour son application encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


7° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 331-27 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 331-26 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


8° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 332-25-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 332-25 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


9° L’article L. 428-7-1 est ainsi rédigé :


« Art. L. 428-7-1. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


10° Les I et II de l’article L. 437-23 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies par le chapitre II du présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


11° Les I et II de l’article L. 514-18 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies par les articles L. 514-9 et L. 514-11 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


12° Les IV et V de l’article L. 521-21 sont remplacés par un IV ainsi rédigé :


« IV. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code.


« L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du code pénal porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. »


13° Le IV de l’article L. 522-16 est ainsi rédigé :


« IV. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code.


« L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du code pénal porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. »


14° Les I et II de l’article L. 541-47 sont remplacés par un I ainsi rédigé :


« I. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies par l’article L. 541-46 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


15° Le 4° de l’article L. 713-5 est supprimé.


XII. —  L’article L. 2223-36 du code général des collectivités territoriales est ainsi rédigé :


« Art. L. 2223-36. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 2223-35 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code.


« L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. »


XIII. —  Les quatre premiers alinéas de l’article L. 333-4 du code de justice militaire sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. »


XIV. —  Les quatre premiers alinéas de l’article 143 du code minier sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles 141 et 142 du présent code encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. »


XV. —  Le code monétaire et financier est ainsi modifié :


1° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 163-10-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 163-2 à L. 163-4-1, L. 163-7 et L. 163-10 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


2° Le troisième alinéa de l’article L. 351-1 est supprimé ;


3° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 353-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 353-1 et L. 353-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


4° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 465-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 465-1 et L. 465-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


5° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 571-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 571-3, L. 571-4, L. 571-6 à L. 571-9, L. 571-14 et L. 571-16 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


6° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 573-7 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 573-1 à L. 573-6 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


7° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 573-11 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 573-9 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. »


XVI. —  Le code de la mutualité est ainsi modifié :


1° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 114-55 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies dans le présent livre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


2° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 213-5 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies dans le présent livre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


3° Le dernier alinéa de l’article L. 510-12 est supprimé.


XVII. —  Le dernier alinéa de l’article L. 442-5 du code du patrimoine est supprimé.


XVIII. —  Le code des postes et des communications électroniques est ainsi modifié :


1° L’article L. 19 est ainsi rédigé :


« Art. L. 19. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’une des infractions définies à l’article L. 17 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 5°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction mentionnée au 2° du même article porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


2° La dernière phrase de l’article L. 39-2 est supprimée ;


3° Les trois premiers alinéas de l’article L. 39-10 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 39, L. 39-1 et L. 39-3 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal : » ;


4° Le dernier alinéa de l’article L. 65 est supprimé ;


5° Les deuxième à quatrième alinéas de l’article L. 97-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 4°, 5°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. »


XIX. —  Le code de la propriété intellectuelle est ainsi modifié :


1° Les trois premiers alinéas de l’article L. 335-8 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 335-2 à L. 335-4-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


2° Les trois premiers alinéas de l’article L. 343-6 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent chapitre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


3° Les trois premiers alinéas de l’article L. 521-12 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au premier alinéa de l’article L. 521-10 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


4° Les trois premiers alinéas de l’article L. 615-14-3 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 615-14 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


5° Les trois premiers alinéas de l’article L. 623-32-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 623-32 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


6° Les trois premiers alinéas de l’article L. 716-11-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 716-9 à L. 716-11 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. »


XX. —  Le code de la route est ainsi modifié :


1° Les trois premiers alinéas du III de l’article L. 213-6 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au I du présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal : » ;


2° L’article L. 317-8 est ainsi rédigé :


« Art. L. 317-8. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 317-5 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 4° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


3° L’article L. 321-4 est ainsi rédigé :


« Art. L. 321-4. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 321-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 4° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


4° L’article L. 413-5 est ainsi rédigé :


« Art. L. 413-5. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 413-2 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 4° à 6°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. »


XXI. —  Le code rural est ainsi modifié :


1° Les quatre derniers alinéas de l’article L. 215-10 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


2° Les quatre derniers alinéas de l’article L. 215-11 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 4° l’article 131-39 du même code. » ;


3° Les deux dernières phrases de l’article L. 215-13 sont supprimées ;


4° Le dernier alinéa du I de l’article L. 228-8 est supprimé ;


5° Le V de l’article L. 237-1 est ainsi rédigé :


« V. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


6° Le V de l’article L. 237-2 est ainsi rédigé :


« V. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 7°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


7° Le III de l’article L. 237-3 est ainsi rédigé :


« III. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 7°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


8° Les quatre derniers alinéas du IV de l’article L. 251-20 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


9° Les quatre derniers alinéas du III de l’article L. 251-21 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


10° Les quatre derniers alinéas du IV de l’article L. 253-17 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


11° Le III de l’article L. 257-12 est ainsi rédigé :


« III. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 7°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


12° Le dernier alinéa du I de l’article L. 671-10 est supprimé.


XXII. —  Le code de la santé publique est ainsi modifié :


1°L’article L. 1115-2 est ainsi rédigé :


« Art. L. 1115-2. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 1115-1 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 3°, 4°, 5° et 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction prononcée à ce titre porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de laquelle l’infraction a été commise. »


2° Les quatre premiers alinéas de l’article L. 1126-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 1126-3 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


3° L’article L. 1133-9 est ainsi rédigé :


« Art. L. 1133-9. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 1133-8 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code, dans les conditions prévues aux articles 131-46 à 131-48 du même code.


« L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur une ou plusieurs professions régies par le présent code ou toute autre activité professionnelle ou sociale à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


4° Le dernier alinéa de l’article L. 1133-10 est ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent l’amende prévue à l’article 433-17 du même code suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du même code, ainsi que les peines prévues aux 2° à 4° de l’article 433-25 du même code. » ;


5° L’article L. 1142-26 est ainsi rédigé :


« Art. L. 1142-26. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 1142-25 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine prévue par le 2° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction prononcée à ce titre porte sur l’activité dans l’exercice ou à l’occasion de laquelle l’infraction a été commise. Cette interdiction est portée à la connaissance du représentant de l’État dans la région, qui en informe les organismes d’assurance maladie. » ;


6° Les trois premiers alinéas de l’article L. 1274-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


7° Le II de l’article L. 1324-3 est abrogé ;


8° Le V de l’article L. 1337-4 est ainsi rédigé :


« V. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2°, 4°, 8° et 9° de l’article 131-39 du même code. La confiscation mentionnée au 8° de l’article 131-39 du même code porte sur le fonds de commerce ou l’immeuble destiné à l’hébergement des personnes et ayant servi à commettre l’infraction. » ;


9° L’article L. 1337-7 est abrogé ;


10° L’article L. 1337-9 est ainsi rédigé :


« Art. L. 1337-9. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies à l’article L. 1337-8 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, la peine d’interdiction de vente du produit dont la publicité aura été faite en violation de l’article L. 1337-8. » ;


11° Les trois premiers alinéas de l’article L. 2164-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, des infractions définies au présent titre encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par l’article 131-39 du même code. » ;


12° Le deuxième alinéa de l’article L. 3512-3 est supprimé ;


13° L’article L. 4161-6 est ainsi rédigé :


« Art. L. 4161-6. —  Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie à l’article L. 4161-5 encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code.


« L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur une ou plusieurs professions régies par le présent code ou toute autre activité professionnelle ou sociale à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


14° Le deuxième alinéa de l’article L. 4162-1 est ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent l’amende prévue à l’article 433-17 du même code suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du même code, ainsi que les peines prévues aux 2° à 4° de l’article 433-25 du même code. » ;


15° Les cinquième à avant-dernier alinéas de l’article L. 4163-2 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 5° et 9° de l’article 131-39 du même code. » ;


16° Les quatre derniers alinéas de l’article L. 4223-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur une ou plusieurs professions régies par le présent code ou toute autre activité professionnelle ou sociale à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


17° L’avant-dernier alinéa de l’article L. 4223-2 est ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent l’amende prévue à l’article 433-17 du même code suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du même code, ainsi que les peines prévues aux 2° à 4° de l’article 433-25 du même code. » ;


18° Les quatre derniers alinéas de l’article L. 4243-1 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur une ou plusieurs professions régies par le présent code ou toute autre activité professionnelle ou sociale à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


19° Le dernier alinéa de l’article L. 4243-2 est ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent l’amende prévue à l’article 433-17 du même code suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du même code, ainsi que les peines prévues aux 2° à 4° de l’article 433-25 du même code. » ;


20° Les quatre derniers alinéas de l’article L. 4314-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur une ou plusieurs professions régies par le présent code ou toute autre activité professionnelle ou sociale à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


21° Le dernier alinéa de l’article L. 4314-5 est ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent l’amende prévue à l’article 433-17 du même code suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du même code, ainsi que les peines prévues aux 2° à 4° de l’article 433-25 du même code. » ;


22° Les quatre derniers alinéas de l’article L. 4323-4 sont remplacés par un alinéa ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal, de l’infraction définie au présent article encourent, outre l’amende suivant les modalités prévues par l’article 131-38 du code pénal, les peines prévues par les 2° à 9° de l’article 131-39 du même code. L’interdiction mentionnée au 2° de l’article 131-39 du même code porte sur une ou plusieurs professions régies par le présent code ou toute autre activité professionnelle ou sociale à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise. » ;


23° Le dernier alinéa de l’article L. 4323-5 est ainsi rédigé :


« Les personnes morales déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues par l’article 121-2 du code pénal