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N° 1297

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 4 décembre 2008.

RAPPORT

FAIT

AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES, DE L’ÉCONOMIE GÉNÉRALE ET DU PLAN SUR LE PROJET DE loi de finances rectificative pour 2008 (n° 1266),

PAR M. GILLES CARREZ

Rapporteur général,

Député

——

SOMMAIRE

Pages

AIDE-MÉMOIRE DU PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE POUR 2008 9

EXPOSÉ GÉNÉRAL 11

LES GRANDES LIGNES DU PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE POUR 2008 11

I.– DES MOUVEMENTS DE CRÉDITS NEUTRES SUR L’ÉQUILIBRE 13

A.– LES MODIFICATIONS DE CRÉDITS PROPOSÉES DANS LE PRÉSENT PROJET 13

1.– Des ouvertures de crédits plus limitées qu’en 2007 13

2.– Des annulations compensant intégralement les ouvertures 22

B.– LES MOUVEMENTS DE CRÉDITS AU COURS DE L’EXÉCUTION 2008 29

1.– La régulation budgétaire en 2008 29

2.– Trois décrets d’avance publiés dans le courant de la gestion 32

C.– LA SITUATION FINALE DES CRÉDITS À L’ISSUE DU PRÉSENT PROJET 35

II.– UNE DIMINUTION SENSIBLE DES RECETTES 40

A.– UNE MOINS-VALUE DE RECETTES DE 7 MILLIARDS D’EUROS PAR RAPPORT À LA LOI DE FINANCES INITIALE 40

a) Des recettes fiscales en baisse de 7 milliards par rapport à la loi de finances initiale 41

b) Des recettes non fiscales presque stables par rapport à la loi de finances initiale 45

B.– UN DÉFICIT DE L’ÉTAT QUI S’ÉTABLIT À 51,4 MILLIARDS D’EUROS 47

ÉVOLUTION DES AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT 50

ÉVOLUTION DES CRÉDITS DE PAIEMENT 54

ANNEXE : RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES AU PARLEMENT EN APPLICATION DE L’ARTICLE 58 (6°) DE LA LOI ORGANIQUE DU 1er AOÛT 2001 RELATIVE AUX LOIS DE FINANCES 59

EXAMEN DES ARTICLES 139

PREMIÈRE PARTIE

CONDITIONS GÉNÉRALES DE L'ÉQUILIBRE FINANCIER

TITRE PREMIER

DISPOSITIONS RELATIVES AUX RESSOURCES

RESSOURCES AFFECTÉES

A.– Dispositions relatives aux collectivités territoriales

Article premier : Affectation aux régions d’une part du produit de la taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TIPP) 139

Article 2 : Affectation aux départements d’une part du produit de la taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers (TIPP) 154

Article 3 : Affectation du produit des amendes de police 168

Article 4 : Révision du droit à compensation des régions au titre de la compétence « Services régionaux voyageurs » (SRV) 181

Article 5 : Modification des formules de régularisation en cours d’exercice de la dotation spéciale pour le logement des instituteurs (DSI) 194

B.– Autres dispositions

Article 6 : Cadre budgétaire de gestion par l’État des quotas de CO2 205

Article 7 : Affectation des excédents du panier de recettes destiné au financement des exonérations sur les heures supplémentaires 224

Article 8 : Mesures relatives au compte de concours financiers « Avances à l’audiovisuel public » 239

Article 9 : Redevances d’utilisation des fréquences du service fixe et du service mobile par satellite 243

Article 10 : Modalité de clôture du Fonds pour le renouvellement urbain (FRU) 245

TITRE II

DISPOSITIONS RELATIVES À L’ÉQUILIBRE DES RESSOURCES ET DES CHARGES

Article 11 : Équilibre général du budget, trésorerie et plafond d’autorisation des emplois 252

SECONDE PARTIE

MOYENS DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DISPOSITIONS SPÉCIALES

TITRE PREMIER

AUTORISATIONS BUDGÉTAIRES POUR 2008

Article 12 : Budget général : ouverture de crédits supplémentaires 257

Article 13 : Budget général : annulation de crédits 258

Article 14 : Comptes spéciaux : ouverture de crédits supplémentaires 259

Article 15 : Comptes spéciaux : annulation de crédits 260

Article 16 : Comptes de commerce : autorisation de découvert supplémentaire 261

TITRE II

RATIFICATION D’UN DÉCRET D’AVANCE

Article 17 : Ratification d’un décret portant ouverture et annulation de crédits à titre d’avance 262

Annexe : Avis de la commission des Finances sur les projets de décret d’avance notifiés en 2008 265

TITRE III

DISPOSITIONS PERMANENTES

I.– MESURES FISCALES NON RATTACHÉES

A.– Mesures de soutien à l’économie

Article 18 : Dégrèvement permanent de taxe professionnelle pour les investissements nouveaux acquis entre le 23 octobre 2008 et le 31 décembre 2009 272

Après l’article 18  302

Article 19 : Instauration d’aides fiscales dans les zones de restructuration de la défense 303

B.– Sécurité juridique

Article 20 : Refonte de la procédure d’abus de droit 323

Article 21 : Contrôle sur demande en matière de donation et succession 332

Article additionnel après l’article 21 : Report des plus-values pour les cessions réalisées au profit des sociétés de crédit-bail 338

Article additionnel après l’article 21 : Restriction du champ d’application de la réduction d’ISF au titre de souscriptions au capital de holdings 341

Après l’article 21  341

Article 22 : Légalisation de la procédure de rescrit valeur 343

Article 23 : Extension de l’opposabilité des prises de position formelles publiées au recouvrement de l’impôt, aux majorations et aux intérêts de retard 346

Article 24 : Extension du régime d’approbation implicite pour la définition catégorielle des revenus professionnels 348

Article 25 : Non-application de l’intérêt de retard en cas de difficulté d’interprétation d’une loi nouvelle ou de détermination des incidences fiscales d’une règle comptable 350

Article 26 : Création d’un recours en matière de rescrit 354

C.– Lutte contre la fraude fiscale

Article 27 : Présomption de revenus des transferts physiques de sommes, titres ou valeurs non déclarés 357

Article 28 : Dispositif de lutte contre la fraude fiscale via les paradis fiscaux 361

Après l’article 28  377

Article 29 : Procédure de visite et de saisie 380

Article 30 : Lutte contre la fraude via Internet 386

Article 31 : Modification de la procédure de contrôle de la taxe de l’aviation civile 395

Article additionnel après l’article 31 : Limitation du blocage du compte bancaire en cas d’avis à tiers détenteur 399

D.– Simplifications

Article 32 : Harmonisation des dates de dépôt des déclarations annuelles des professionnels 402

Article 33 : Simplification des procédures de compensation fiscale (dettes et créances d’un contribuable) 405

Article 34 : Envoi en courrier simple de la mise en demeure de payer 407

Article 35 : Simplification du texte régissant le sursis de paiement 409

Article 36 : Suppression de l’obligation de payer une remise de 1 pour 1 000 du montant des droits de douanes pour les marchandises avant vérification en douane 411

Article 37 : Simplification des formalités en faveur des plaisanciers. Affectation du droit de passeport au budget du Conservatoire du littoral en 2009 413

Article 38 : Diverses mesures en matière de fiscalité douanière 420

Article 39 : Modification de la taxe sur les certificats d’immatriculation des véhicules 429

E.– Mesures en faveur de l’environnement

Article 40 : Extension du champ d’application de la TVA au taux réduit pour la fourniture de chaleur à partir de certaines sources d’énergies renouvelables 433

Après l’article 40  434

Article 41 : Annualisation du malus automobile pour les voitures particulières les plus polluantes 435

Article additionnel après l’article 41 : Instauration d’une TGAP sur les sacs plastiques 445

Article additionnel après l’article 41 : Prise en compte de la TICGN dans le prix de rachat de l’électricité produite par des installations de cogénération 445

Article additionnel après l’article 41 : Mise en conformité de la taxe sur le charbon au droit communautaire 445

Après l’article 41  446

F.– Mesures sectorielles

Article 42 : Réforme de la déduction pour aléas 447

Article additionnel après l’article 42 : Déductibilité des charges financières du nu-propriétaire d’un immeuble dont l’usufruitier est bailleur social 462

Article additionnel après l’article 42 : Plafonnement des charges imputables en cas de démembrement de propriété 463

Article additionnel après l’article 42 : Renforcement de la réduction d’impôt dite « Madelin » en faveur de l’amorçage et du démarrage des petites entreprises 464

Article additionnel après l’article 42 : Exonération du produit de la vente de l’électricité solaire 465

Article additionnel après l’article 42 : Conditions d’imposition des stocks agricoles 466

Après l’article 42  466

Article 43 : Aménagement du dispositif de financement en capital des sociétés d’approvisionnement à long terme d’électricité 470

Article additionnel après l’article 43 : Extension du crédit d’impôt recherche aux pôles de recherche et d’enseignement supérieur 475

Article additionnel après l’article 43 :  Remboursement immédiat de la créance de crédit d’impôt recherche pour les entreprises du secteur textile-habillement-cuir 476

Après l’article 43  477

Article 44 : Modifications de la déduction fiscale en faveur du mécénat d’entreprises 479

Article 45 : Aménagement du dégrèvement de taxe professionnelle en faveur des entreprises de transport sanitaire terrestre 491

G.– Mesures en faveur des collectivités territoriales

Article 46 : Instauration d’une taxe minière spécifique applicable à la production d’or en Guyane 494

Article 47 : Impositions directes locales et autres taxes perçues sur les mêmes bases : évaluation des établissements industriels 499

Article 48 : Amélioration de l’information des collectivités territoriales en matière de fiscalité directe locale 507

Article additionnel après l’article 48 : Révision générale des bases de la fiscalité directe locale 518

Article additionnel après l’article 48 : Assujettissement des forêts domaniales à la taxe foncière sur les propriétés non bâties 518

Article additionnel après l’article 48 : Rapport sur les taxes d’urbanisme  519

Après l’article 48  519

H.– Mesures diverses

Article 49 : Mise à jour des références aux règlements d’exemption de notification des aides d’État de la Commission européenne 522

Après l’article 49  541

II.– AUTRES MESURES

Article 50 : Création du Conseil de normalisation des comptes publics 542

Article 51 : Suppression de la réforme des contingents d’incendie et de secours 550

Article 52 : Octroi de la garantie de l’État à « OSEO Garantie SA » au titre de prêts aux étudiants 556

Article 53 : Octroi de la garantie de l’État à des opérations spatiales 560

Article 54 : Octroi de la garantie de l’État aux livrets d’épargne réglementés centralisés dans le fonds d’épargne 567

Article 55 : Régime des garanties de l’État octroyées à la COFACE 576

Article 56 : Octroi de la garantie de l’État à l’Agence française de développement (AFD) pour les prêts consentis dans le cadre de l’initiative climat de la Banque mondiale 586

Article 57 : Modification du plafond de l’autorisation de remises de dettes consenties aux pays pauvres très endettés (PPTE) 588

Article 58 : Modification du champ d’application de taxes affectées pour le développement de divers secteurs industriels 591

Article 59 : Définition de l’assiette de taxation des jeux de casinos exploités sous forme électronique 594

Article 60 : Exonération, en hiver, de la redevance chaleur pour les rejets en mer 601

Article 61 : Clarification des dispositions relatives au recouvrement et au contentieux des redevances perçues par les agences de l’eau 603

Article 62 : Régime de la composante additionnelle « Recherche » de la taxe sur les installations nucléaires de base 606

Article 63 : Financement du tarif réglementé transitoire d’ajustement du marché (TaRTAM) 610

Article 64 : Modification du régime de la taxe d’aéroport 620

Article additionnel après l’article 64 : Information du Parlement sur l’Agence française de développement  622

Article additionnel après l’article 64 : Rapport sur l’extension de l’allocation de chômage partiel aux personnels des régies directes 622

TABLEAU COMPARATIF 623

AMENDEMENTS NON ADOPTÉS PAR LA COMMISSION 879

AIDE-MÉMOIRE DU PROJET DE LOI DE FINANCES
RECTIFICATIVE POUR 2008

(en milliards d’euros)

I.- LES DÉPENSES (1)

A.– Ouvertures de crédits proposées dans le collectif : 2,2 d’AE et 2,1 de CP 

1. Budget général : 1,1

dont :

• Dépenses de solidarité : 0,4

• Exonérations de cotisations outre-mer : 0,2

• Régimes sociaux et de retraite : 0,1

• Ville et logement : 0,1

2. Budgets annexes : 0

3. Comptes spéciaux : 1,1

B.– Annulations de crédits proposées dans le collectif : 4,7 d’AE et 2,2 de CP

1. Budget général : 3,5 d’AE et 1,1 de CP

dont :

• Défense : 2,1 d’AE et 0,4 de CP

• Sécurité civile : 0,3 d’AE

• Écologie : 0,3 d’AE et 0,1 de CP

• Provisions : 0,1

• Ville et logement : 0,1 de CP

2. Budgets annexes : 0

3. Comptes spéciaux : 1,2

C.– Soldes des mouvements proposés dans le collectif :  – 2,5 d’AE et – 0,1 de CP

1. Budget général : – 2,4 d’AE et 0 en CP

2. Budgets annexes : 0

3. Comptes spéciaux : – 0,1

II.– LES RECETTES

A.– Les modifications par rapport à l’évaluation révisée associée
au projet de loi de finances rectificative du 16 octobre 2008

• Recettes fiscales brutes : – 1,24

• Remboursements et dégrèvements (R&D) : + 0,75

dont R&D d’impôts d’État : + 0,75

dont R&D d’impôts locaux : 0

• Recettes fiscales nettes : – 1,99

• Recettes non fiscales : – 0,58

B.– Les évaluations de recettes après intervention du présent collectif

• Recettes fiscales nettes : 264,66

Moins-values par rapport à la loi de finances initiale : – 6,9 ( 2,6%)

dont :

Ä IR : – 0,30 (– 0,5 %)

Ä TVA nette : – 1,8 (– 1,4 %)

Ä IS net : – 2,40 (– 0,5 %)

Ä TIPP : – 0,35 (– 2,1 %)

• Ressources non fiscales : 28,14

Plus-values par rapport à la loi de finances initiale : + 0,1 (+ 0,3 %)

• Prélèvements sur recettes : 69,80 (+ 0,3 %)

dont :

Ä collectivités territoriales : 51,09 (– 0,2 %)

Ä Communautés européennes : 18,71 (+ 1,7%)

• Ressources nettes du budget général : 222,93

Moins-values par rapport à la loi de finances initiale : – 7,07 (– 3,1 %)

III.– LE DÉFICIT

• Le déficit général prévisionnel passe de 41,7 à 51,4 (il augmente de 9,7 milliards d’euros, soit 23,2 %).

EXPOSÉ GÉNÉRAL

LES GRANDES LIGNES DU PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE POUR 2008

Le présent projet de loi de finances rectificative intervient dans un contexte très particulier. D’une part, c’est le deuxième collectif budgétaire proposé au Parlement en l’espace de quelques semaines : une loi de finances rectificative a déjà été promulguée le 16 octobre dernier (loi n° 2008-1 061 pour le financement de l’économie) afin de prendre en urgence des mesures exceptionnelles de soutien au secteur financier (2). D’autre part, avant le dépôt du présent projet, le Gouvernement a d’ores et déjà présenté une révision de ses prévisions économiques et de ses perspectives budgétaires, non seulement pour 2009-2012, mais aussi pour l’exercice en cours (3).

Ainsi, quoiqu’il ne soit pas revenu sur sa prévision de croissance pour 2008 de 1 % en volume, le Gouvernement a indiqué que l’effet de la crise financière mondiale sur le budget de l’État se traduirait principalement par des moins-values supplémentaires de recettes de TVA et d’impôt sur les sociétés d’un montant de 2 milliards d’euros. Ces moindres recettes amplifient la baisse de 5 milliards d’euros de ressources fiscales nettes déjà prise en compte dans la loi de finances rectificative du 16 octobre 2008.

S’agissant des dépenses, le précédent collectif budgétaire a consacré le dépassement de 4 milliards d’euros de la charge de la dette de l’État en 2008, du fait essentiellement de la forte augmentation de l’inflation au premier semestre. À l’issue du présent projet, compte tenu de l’évolution des prélèvements sur recettes (4), l’enveloppe élargie de dépenses excéderait donc de 4,2 milliards d’euros ce qu’autorisait la norme de stabilisation en volume définie dans loi de finances initiale (5).

L’amélioration du solde prévisionnel des comptes spéciaux (de 1,3 milliard d’euros dans le collectif budgétaire du 16 octobre puis de 95 millions d’euros dans le présent projet) ne viendrait que légèrement tempérer la très sensible aggravation du déficit budgétaire de l’État. Celui-ci atteindrait 51,4 milliards d’euros à la fin de cette année, à comparer à 41,7 milliards dans la loi de finances initiale pour 2008 et à 38,4 milliards d’euros à la fin 2007 (6).

Pour autant, en dépit de ce contexte aussi difficile qu’incertain, les choix budgétaires de la majorité sont pleinement confirmés par le présent projet de loi. Dans sa gestion des ressources, le Gouvernement se refuse à chercher à contrebalancer le ralentissement de la conjoncture par des prélèvements supplémentaires, qui ne feraient qu’ajouter « la crise à la crise ». Au contraire, un important effort de soutien à l’économie serait consenti par l’État – de l’ordre d’un milliard d’euros à partir de 2011 – sous forme d’un dégrèvement permanent de taxe professionnelle pour les investissements nouveaux acquis jusqu’à la fin 2009 (7). En matière de dépenses, le montant total des crédits du budget général nets des remboursements et dégrèvements, soit 275,3 milliards d’euros, demeurerait inchangé à l’issue du présent projet : les ouvertures de crédits proposées (essentiellement au bénéfice des organismes de sécurité sociale) sont strictement compensées par des annulations portant sur des crédits mis en réserve ou devenus sans emploi en cette fin de gestion. Il serait en effet irresponsable d’ériger la crise actuelle en un prétexte autorisant l’abandon de tout effort de maîtrise de la dépense, condition sine qua non de la soutenabilité de nos finances publiques.

Par ailleurs, l’économie générale du présent projet confirme que l’attention du Parlement doit, de plus en plus, se porter au-delà de la seule dimension budgétaire stricto sensu des projets de loi de finances. La deuxième partie du présent projet comporte ainsi des dispositions qui, dépourvues d’effet direct sur l’équilibre budgétaire pour 2008, représentent pour la puissance publique des engagements substantiels. C’est le cas par exemple des nombreuses demandes d’octroi de la garantie de l’État, aux articles 52 à 56 du présent projet : n’entraînant aucun décaissement immédiat, elles n’en constituent pas moins autant de charges potentielles. C’est le cas également des relèvements, proposés à l’article 57, de 2,1 milliards d’euros du plafond des remises de dettes susceptibles d’être décidées en Club de Paris et de 600 millions d’euros du plafond des remises de dettes pouvant être consenties aux pays pauvres très endettés.

La présence de ce type de dispositions, fréquente en collectif budgétaire de fin d’année, plaide – de nouveau – en faveur de la revalorisation de l’examen du projet de loi de règlement. Au-delà de la stricte analyse de l’exécution budgétaire, celui-ci doit être l’occasion, chaque printemps, de faire le point sur les engagements et obligations incombant à l’État, ainsi que sur les risques pesant sur lui.

I.– DES MOUVEMENTS DE CRÉDITS NEUTRES SUR L’ÉQUILIBRE

A.– LES MODIFICATIONS DE CRÉDITS PROPOSÉES DANS LE PRÉSENT PROJET

Les ouvertures de crédits de paiement (CP) proposées sont entièrement compensées par des annulations de crédits de même montant, soit 1,1 milliard d’euros hors remboursements et dégrèvements. Il appartiendra au Gouvernement comme au Parlement de s’assurer que cet équilibre soit préservé lors de la discussion du présent collectif budgétaire.

En matière d’autorisations d’engagement (AE), les annulations proposées excèdent de 2,4 milliards d’euros les ouvertures (en raison essentiellement du report de la construction d’un deuxième porte-avions militaire). Au contraire, les lois de finances rectificatives pour 2006 et pour 2007 s’étaient soldées par des ouvertures nettes d’AE, générant autant de CP à ouvrir les années suivantes.

1.– Des ouvertures de crédits plus limitées qu’en 2007

Le présent projet tend à ouvrir des crédits supplémentaires sur le budget général (8) à hauteur de :

– 1,9 milliard d’euros de crédits bruts en AE et 1,8 milliard d’euros en CP, soit des montants sensiblement inférieurs à ceux ouverts par la loi de finances rectificative pour 2007 (respectivement 5,4 milliards d’euros et 6,5 milliards d’euros). Il faut remarquer qu’aucune ouverture ne concerne des crédits de personnel (9) ;

– 1,1 milliard d’euros d’AE et de CP hors remboursements et dégrèvements, à comparer à 1,5 milliard d’euros d’AE et 2,7 milliards d’euros de CP dans la loi de finances rectificative pour 2007. L’écart, pour être apprécié de façon pertinente, doit cependant être réduit de 280 millions d’euros, correspondant au montant de la « prime de Noël » incluse dans le projet de collectif budgétaire pour 2007. En effet, cette année, le versement de cette prime destinée aux allocataires de minima sociaux ayant été avancé au mois de novembre (et accompagné d’une revalorisation forfaitaire exceptionnelle des prestations), c’est par décret d’avance que les crédits nécessaires ont été ouverts (10). Une telle pratique, peu respectueuse des prérogatives du Parlement, plaide une fois de plus pour l’inscription de ces crédits dans la loi de finances initiale.

OUVERTURES D’AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT PAR MISSION DU BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

OUVERTURES DE CRÉDITS DE PAIEMENT PAR MISSION DU BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

n.s. : non significatif.

OUVERTURES D’AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT PAR MISSION ET PROGRAMME
DU BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

Missions et programmes

Ouvertures

En % des AE initiales

Action extérieure de l’État

49,2

2,1 %

 Action de la France en Europe et dans le monde

49,2

3,1 %

Administration générale et territoriale de l’État

32,5

1,2 %

 Conduite et pilotage des politiques de l’intérieur

32,5

6,1 %

Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales

95,3

3,1 %

 Valorisation des produits, orientation et régulation des marchés

95,3

15,3 %

Culture 

n.s.

n.s

 Création

n.s.

n.s.

Défense 

57

0,2%

 Préparation et emploi des forces

57

0,3 %

Outre-mer 

215

12,3%

 Emploi outre-mer

215

21,7 %

Régimes sociaux et de retraite

106,2

2,0 %

 Régimes sociaux et de retraite des transports terrestres

106,2

3,1 %

Relations avec les collectivités territoriales

8,8

0,4 %

 Concours financiers aux départements

0,3

0,1 %

 Concours financiers aux régions

0,7

0,1 %

 Concours spécifiques et administration

7,8

2,3 %

Remboursements et dégrèvements

750

0,9 %

 Remboursements et dégrèvements d’impôts d’État

750

1,1 %

Sécurité sanitaire

n.s.

n.s.

 Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation

n.s

n.s.

Solidarité, insertion et égalité des chances

436,6

3,6 %

 Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables

11,1

1,1 %

 Actions en faveur des familles vulnérables

42

3,2 %

 Handicap et dépendance

289,3

3,6 %

 Protection maladie

94,2

18,4 %

Travail et emploi

1,5

n.s.

 Accès et retour à l’emploi

n.s.

n.s.

 Amélioration de la qualité de l’emploi et des relations du travail

1,5

0,9 %

Ville et logement

100

1,3 %

 Aide à l’accès au logement

100

2,0 %

Total AE 

1 852,2

0,5 %

Total hors remboursements et dégrèvements

1 102,2

0,4 %

OUVERTURES DE CRÉDITS DE PAIEMENT PAR MISSION ET PROGRAMME
DU BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

Missions et programmes

Ouvertures

En % des CP initiaux

Action extérieure de l’État

65

2,8 %

 Action de la France en Europe et dans le monde

65

4,2 %

Administration générale et territoriale de l’État

28,7

1,1 %

 Conduite et pilotage des politiques de l’intérieur

28,7

5,5 %

Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales

95,3

3,3 %

 Valorisation des produits, orientation et régulation des marchés

95,3

15,0 %

Culture 

n.s.

n.s

 Création

n.s.

n.s.

Développement et régulation économiques 

7

0,6%

 Tourisme

7

7,6 %

Outre-mer 

215

12,5%

 Emploi outre-mer

215

21,5 %

Régimes sociaux et de retraite

106,2

2,0 %

 Régimes sociaux et de retraite des transports terrestres

106,2

3,1 %

Relations avec les collectivités territoriales

12,8

0,5 %

 Concours financiers aux départements

0,3

0,1 %

 Concours financiers aux régions

0,7

0,1 %

 Concours spécifiques et administration

11,7

3,5 %

Remboursements et dégrèvements

750

0,9 %

 Remboursements et dégrèvements d’impôts d’État

750

1,1 %

Sécurité sanitaire

n.s.

n.s.

 Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation

n.s

n.s.

Solidarité, insertion et égalité des chances

436,6

3,6 %

 Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables

11,1

1,1 %

 Actions en faveur des familles vulnérables

42

3,2 %

 Handicap et dépendance

289,3

3,6 %

 Protection maladie

94,2

18,4 %

Travail et emploi

n.s.

n.s.

 Accès et retour à l’emploi

n.s.

n.s.

Ville et logement

100

1,4 %

 Aide à l’accès au logement

100

2,0 %

Total CP

1 816,7

0,5 %

Total hors remboursements et dégrèvements

1 066,7

0,4 %

Sur le budget général, les ouvertures proposées sont relativement nombreuses : comme le montrent les graphiques et tableaux présentés ci-avant, elles concernent 13 des 34 missions et 19 des 133 programmes (11). Le Rapporteur général rend compte des plus significatives d’entre elles dans les développements qui suivent.

• Comme les années précédentes, les ouvertures les plus importantes (750 millions d’euros d’AE et de CP) concernent la mission Remboursements et dégrèvements. S’agissant de dépenses en atténuation de recettes, le Rapporteur général renvoie aux développements du présent rapport consacrés aux ressources de l’État en 2008 (12).

• Hors remboursements et dégrèvements, la mission Solidarité, insertion et égalité des chances est, comme en 2006 et 2007, la principale bénéficiaire des ouvertures proposées dans le projet de collectif budgétaire de fin d’année. Elle rassemble ainsi plus de 40 % des ouvertures de crédits nets, soit 437 millions d’euros d’AE et de CP, répartis entre :

– le programme Handicap et dépendance pour 289,3 millions d’euros d’AE et de CP. Il s’agit de financer les besoins liés à l’allocation aux adultes handicapés (AAH) à hauteur de 236 millions d’euros et à la garantie de ressources des travailleurs handicapés (GRTH) à hauteur de 53,3 millions d’euros. Ainsi portée à 5,6 milliards d’euros, la dépense budgétaire au titre de l’AAH résulte du constat de l’augmentation, plus rapide que prévu (+ 4,1 % par rapport à 2007), des versements de la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF) sur les huit premiers mois de cette année. L’impact de la revalorisation de l’allocation en septembre (+ 3,9 %) est estimé à 53 millions d’euros en 2008. S’agissant de la GRTH, l’insuffisance de crédits s’explique par une augmentation du SMIC en 2008 plus rapide que celle initialement prévue (+ 3,2 %, au lieu de 2,1 %), ainsi que par le paiement d’une dette envers le Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles (CNASEA) constatée postérieurement à l’élaboration du projet de loi de finances pour 2008 ;

– le programme Protection maladie pour 94,2 millions d’euros d’AE et de CP (soit plus de 18 % des crédits initiaux), afin de couvrir le besoin de financement de l’aide médicale de l’État (AME). Bien que le nombre de bénéficiaires de l’AME soit globalement stable (environ 190 000 personnes), le coût moyen de l’aide a augmenté, suivant l’évolution du panier de soins. La dépense d’AME de droit commun est ainsi estimée à 460 millions d’euros en 2008, à laquelle s’ajoutent 40 millions d’euros au titre du paiement du forfait « soins urgents » et 14,5 millions d’euros d’autres dépenses (AME humanitaire et évacuations sanitaires). Selon les informations recueillies par le Rapporteur général, certaines économies prises en compte dans la loi de finances initiale pour 2008 n’ont été, en outre, que partiellement réalisées, du fait des délais inhérents à leur mise en œuvre (par exemple le contrôle médical des bénéficiaires de l’AME ou la mesure « tiers payant contre génériques ») ;

– le programme Action en faveur des familles vulnérables pour 42 millions d’euros d’AE et de CP. Le coût pour l’État des tutelles et curatelles s’établirait à 251 millions d’euros, nécessitant l’ouverture de 5,5 millions d’euros. L’allocation de parent isolé (API) mobiliserait 36,5 millions d’euros supplémentaires, à comparer à l’ouverture de 199 millions d’euros de crédits consentie l’année dernière dans la loi de finances rectificative pour 2007 ;

– le programme Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables pour 11 millions d’euros d’AE et de CP. Ces crédits viendraient compléter les 30 millions d’euros ouverts par le décret d’avance n° 2008-1089 du 24 octobre dernier, afin de faire face au surcoût lié à une mauvaise appréciation des conséquences de la prorogation, par l’article 101 de la loi de finances rectificative pour 2007, du dispositif de remboursement des prêts de réinstallation des rapatriés outre-mer. La loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés a en effet mis en place un système de remboursement par l’État de sommes prélevées au titre de récupérations sur des prêts de réinstallation accordés à des rapatriés au moment de la décolonisation. Ce dispositif de remboursement devait à l’origine n’être ouvert que pour deux ans, soit jusqu’au 27 mai 2007. Toutefois, à la suite d’un amendement du Gouvernement au projet de loi de finances rectificative pour 2007, il a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2008. À l’époque, le Gouvernement chiffrait le coût de ce report à 5 millions d’euros : il s’avère finalement plus de huit fois supérieur.

Au total, les nombreux dépassements constatés sur la mission Solidarité, insertion et égalité des chances montrent que les efforts d’ajustement des dotations budgétaires initiales aux besoins réels doivent être poursuivis.

• La mission Outre-mer mobiliserait 215 millions d’euros d’AE et de CP. Ces crédits bénéficieraient au programme Emploi outre-mer, support de la compensation à la sécurité sociale des exonérations de cotisations patronales prévues par la loi de programme pour l’outre-mer du 21 juillet 2003 (13). La loi de finances initiale prévoyait de consacrer 867 millions d’euros de crédits à ce dispositif, qui devrait finalement coûter 1,1 milliard d’euros en 2008.

Le caractère substantiel de l’ouverture proposée (plus de 21 % des crédits initiaux) devrait donc éviter un nouvel accroissement de la dette de l’État vis-à-vis des organismes sociaux. Par ailleurs, l’article 7 du présent collectif budgétaire tend à prévoir un remboursement à la sécurité sociale de 753 millions d’euros de dettes de l’État nées avant 2008 : sur ce montant, 373 millions d’euros correspondent à des dettes au titre des exonérations outre-mer. Le bilan de ces deux opérations devrait donc permettre de ramener les dettes de l’État liées à l’insuffisante compensation des exonérations outre-mer à environ 400 millions d’euros au 31 décembre 2008.

Il convient par ailleurs de rappeler que l’article 65 du projet de loi de finances pour 2009 vise à rationaliser et à mieux cibler les exonérations applicables outre-mer (14). Il devrait en découler une économie de 138 millions d’euros en année pleine, soit seulement 103 millions d’euros l’année prochaine compte tenu d’une entrée en vigueur au 1er avril 2009. À 1 038 millions d’euros, les crédits prévus à ce titre sur le programme Emploi outre-mer pour 2009 devraient en tout état de cause se révéler insuffisants, même si la budgétisation initiale s’avère en net progrès par rapport à la loi de finance pour 2008.

• Des montants de 106,2 millions d’AE et de CP supplémentaires sont demandés sur la mission Régimes sociaux et de retraite.

Ces ouvertures de crédits permettraient, d’une part, de couvrir des besoins de financement de 10,5 millions d’euros d’AE et de CP du régime de retraite de la SNCF et de 15,7 millions d’euros d’AE et de CP du dispositif de fin d’activité institué en faveur des conducteurs du transport routier de marchandises et de voyageurs.

Elles permettraient, d’autre part, d’assurer l’équilibre du régime de retraite de la RATP : 80 millions d’euros d’AE et de CP sont nécessaires pour pallier l’absence d’adossement au régime général, portant la subvention d’équilibre de l’État en 2008 à 470 millions d’euros. Le Rapporteur général rappelle que la réforme du financement du régime de retraite de la RATP, entrée en vigueur le 1er janvier 2006, s’est concrétisée par la création d’une caisse autonome devant être adossée aux régimes de droit commun (15), un relèvement des cotisations de retraite au niveau des taux de droit commun et une contribution d’équilibre versée par l’État couvrant l’écart entre les recettes et les charges de la caisse de retraite du personnel.

Le montant des crédits prévus dans la loi de finances initiale, soit 390 millions d’euros, était construit sur l’hypothèse d’un adossement effectif cette année. Ce dernier se heurte cependant à deux obstacles : la réforme des droits du régime spécial des agents de la RATP intervenue à la fin de l’année 2007 a obligé à revoir projections et travaux techniques ; le nouveau dispositif suppose un accord de la Commission européenne, qui n’a pas encore été obtenu (16). Le même phénomène s’était produit en 2007 : le décret d’avance n° 2007-1529 du 25 octobre 2007 avait dû ouvrir 60 millions d’euros supplémentaires, faute de réalisation de l’adossement en cours d’année.

Pour 2009, il semble que le Gouvernement ait décidé de mettre fin à ces pratiques contestables et de réajuster la subvention budgétaire au régime de la RATP : on peut espérer que la hausse proposée de 120 millions d’euros par rapport à la loi de finances initiale 2008 dispensera de recourir à des ouvertures supplémentaires en cours de gestion.

• La mission Ville et logement verrait ses crédits augmentés de 100 millions d’euros d’AE et de CP.

Il s’agit de couvrir un surcoût sur les dépenses du Fonds national d’aide au logement (FNAL), auxquelles l’État contribue via le programme Aide à l’accès au logement. Cette augmentation – relativement modérée au regard des 5 milliards d’euros votés dans la loi de finances initiale – s’explique par certaines simplifications des formalités d’accès aux aides personnelles au logement (17), par une moindre rotation observée dans les logements ouvrant droit aux APL-foyers et aux ALS servies aux étudiants (18), par une augmentation des loyers réels en zones non tendues et par la récente dégradation de la conjoncture économique.

• Comme souvent en fin d’année, la mission Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales bénéficierait d’importantes ouvertures de crédits, à hauteur de 95,3 millions d’euros d’AE et de CP.

Il s’agit, pour 44,5 millions d’euros d’AE et de CP, d’assurer le préfinancement des aides communautaires et, pour 31,8 millions d’euros d’AE et de CP, de faire face aux refus d’apurement communautaire. En effet, les aides agricoles versées en contradiction avec les règles communautaires donnent lieu chaque année à des refus d’apurement de la Commission européenne – c’est-à-dire à des refus de prise en charge sur le budget communautaire d’une partie des dépenses préfinancées par les États membres. Des indicateurs de performance, qui rapportent le montant des pénalités financières au montant total des aides versées, sont d’ailleurs associés au programme Gestion durable de l’agriculture, de la pêche et développement rural et au programme Valorisation des produits, orientation et régulation des marchés (19) afin de rendre compte des progrès dans le respect des critères de gestion et de contrôle imposés par la réglementation européenne. Leur intérêt est cependant tout relatif, dès lors que s’écoule un très long délai entre le versement des aides et les décisions définitives relatives à l’apurement. À titre d’exemple, les refus d’apurement notifiés à la France au cours de l’année 2007 portaient sur les campagnes 2002 à 2006.

Le présent projet tend également à ouvrir 25 millions d’euros d’AE et de CP destinés à financer des aides en faveur du secteur ovin, annoncées par le ministre de l’Agriculture et de la pêche lors de la conférence sur les revenus agricoles du 12 novembre dernier. Selon les informations recueillies par le Rapporteur général auprès du ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique, « ces aides, qui seront complétées par la mobilisation de crédits communautaires non utilisés (réserve de droits à paiement unique) ont vocation à permettre à la filière de se maintenir jusqu’à la réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC), prévue en 2010 ». Il faut rappeler que des aides en faveur des éleveurs ont également été financées par le décret d’avance du 24 octobre 2008 (20).

• Comme de coutume, des crédits supplémentaires sont demandés au profit de la mission Action extérieure de l’État afin de couvrir les contributions dues par la France aux organisations internationales dont elle est membre et aux opérations de maintien de la paix (OMP) de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Cette année, les crédits demandés, soit 49,2 millions d’euros d’AE et 65 millions d’euros de CP, représentent le montant nécessaire après libération de la totalité des crédits mis en réserve du programme Action de la France en Europe et dans le monde. Le montant global des contributions internationales devrait atteindre 788 millions d’euros en 2008, soit 81 millions d’euros de plus que les crédits votés dans la loi de finances initiale pour 2008. L’essentiel de ce dépassement tient au coût des OMP, qui s’élèverait à 385 millions d’euros en 2008, à comparer à 300 millions d’euros de crédits initiaux (21).

Pour 2009, les crédits relatifs aux OMP proposés dans le projet de loi de finances s’établissent à 340 millions d’euros, ce qui porte la dépense prévue à un niveau supérieur à la loi de finances initiale pour 2008 mais inférieur aux dépenses effectivement constatées cette année. Même si ces dépenses, tributaires des décisions de l’ONU, comportent une part d’imprévisibilité, l’effort de « remise à niveau » des crédits initiaux doit être poursuivi.

• Hors budget général, deux ouvertures de crédits d’inégale importance sont proposées en faveur des comptes spéciaux (22) :

– une ouverture de 1,1 milliard d’euros d’AE et de CP sur le programme Opérations en capital intéressant les participations financières de l’État du compte d’affectation spéciale Participations financières de l’État. Il s’agit de reconstituer les crédits destinés à financer l’opération « Campus » en faveur du patrimoine universitaire (3,6 milliards d’euros), alors qu’une fraction de 1,1 milliard d’euros de crédits a été mobilisée en urgence à la fin septembre dernier dans le but de recapitaliser la banque Dexia. Cette ouverture serait neutre sur l’équilibre, puisque compensée par des annulations à due concurrence sur l’autre programme du compte, consacré au désendettement public (23) ;

– une ouverture de 0,8 million d’euros d’AE et de CP sur le compte d’affectation spéciale Pensions, afin de couvrir un léger dépassement des dépenses en faveur du régime des cultes d’Alsace-Lorraine. Cette ouverture – la seule du présent collectif à porter sur des crédits de personnel – est neutre sur l’équilibre du compte, dans la mesure où elle trouve sa contrepartie en recettes, à l’état A annexé au présent projet de loi de finances rectificative.

2.– Des annulations compensant intégralement les ouvertures

Les annulations de crédits sur le budget général proposées dans le présent projet atteignent au total 3,5 milliards d’euros d’AE et 1,1 milliard d’euros de CP (24), dont 187 millions d’euros de crédits de personnel. La plupart visent des crédits figurant dans la réserve de précaution constituée en début de gestion ou des crédits devenus « sans emploi », selon l’expression du Gouvernement dans ses commentaires associés au présent projet (voir le tableau ci-après).

RÉPARTITION DES ANNULATIONS DE CRÉDITS SUR LE BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

 

AE

CP

Annulations sur la réserve de précaution

698

772

Annulations hors réserve de précaution

2 778

295

Total

3 476

1 067

Source : ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique.

À titre d’exemple d’annulations proposées sur des crédits ne figurant pas dans la réserve de précaution (25), peuvent être citées les annulations des AE prévues pour le deuxième porte-avions de la Défense, les annulations de 87 millions d’euros de crédits de personnel ou encore les annulations de CP sur le programme Rénovation urbaine (voir ci-après).

• Comme les graphiques ci-après invitent à le constater, les annulations de crédits proposées dans le présent projet de loi de finances rectificative portent sur la plupart des missions. Ainsi, 28 missions et 60 programmes connaissent des annulations d’AE et 25 missions et 50 programmes connaissent des annulations de CP. Il s’agit donc d’une contribution assez généralisée, si l’on tient compte des inévitables contraintes de fin de gestion et des programmes bénéficiaires d’ouvertures de crédits par décret d’avance ou dans le présent projet, qui ne font normalement pas l’objet d’annulations.

Comme pour les ouvertures de crédits, le Rapporteur général rend compte dans le présent rapport des annulations les plus significatives.

ANNULATIONS D’AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT PAR MISSION DU BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

ANNULATIONS DE CRÉDITS DE PAIEMENT PAR MISSION DU BUDGET GÉNÉRAL

(en millions d’euros)

• La mission Défense se singularise par le niveau élevé des annulations proposées : 2,1 milliards d’euros d’AE et 360 millions d’euros de CP.

Les annulations de CP portent uniquement sur le programme Équipement des forces. Ajoutées aux annulations de 159 millions d’euros effectuées dans le décret d’avance n° 2008-1244 du 28 novembre 2008, ce sont donc 519 millions d’euros de crédits d’équipement qui sont supprimés en cette fin de gestion, soit 5 % de la dotation initiale sur ce programme. Les commentaires associés au présent projet précisent que ces annulations correspondent « à une fraction des reports de CP des gestions précédentes ». La gestion des reports de crédits constitue en effet un enjeu essentiel de ce programme, qui à lui seul représentait plus du tiers des reports de CP sur le budget général à la fin 2007 (soit 1,3 milliard d’euros sur 3,8 milliards d’euros de crédits reportés) (26).

Le niveau très élevé des annulations d’AE (2 127 millions d’euros) sur la mission Défense résulte de deux phénomènes jouant en sens contraire. Le report du projet de construction d’un second porte-avions, décidé par le Président de la République en cohérence avec les orientations du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié en juillet 2008, se traduit par l’annulation de 3 milliards d’euros d’AE sur le programme Équipement des forces. Ces annulations sont cependant minorées par une opération de « régularisation technique » d’AE correspondant à des engagements juridiques du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) antérieurs à 2006, qui conduit à ouvrir des AE supplémentaires et à réduire les annulations d’AE prévues sur trois programmes de la mission, pour un montant total de 781 millions d’euros (27).

• La mission Écologie, développement et aménagement durables verrait ses crédits réduits de 310,8 millions d’euros d’AE et de 109,3 millions d’euros de CP.

Outre les annulations de crédits de personnel devenus inutiles (22,5 millions d’euros) ou de crédits mis en réserve, l’élément le plus notable concerne l’annulation de 225 millions d’euros d’AE sur le programme Transports terrestres et maritimes et visant une subvention à Réseau ferré de France (RFF). À compter de 2009, en effet, les concours de l’État au secteur ferroviaire sont profondément refondus et donnent lieu au versement de subventions d’exploitation exprimées en AE=CP en lieu et place des diverses subventions actuelles exprimées en AE≠CP : la transition entre les deux systèmes suppose de mettre fin au décalage, datant de 2004, entre les AE et les CP supports de la subvention de renouvellement et de mise aux normes du réseau ferroviaire.

• Le présent projet tend par ailleurs à annuler 11,4 millions d’euros d’AE et, surtout, 120,8 millions d’euros de CP sur la mission Ville et logement.

Comme l’année dernière, le programme Rénovation urbaine connaîtrait d’importantes annulations de CP : aux 120 millions d’euros annulés dans le présent projet doivent être ajoutés 33,5 millions d’euros annulés par les trois décrets pris en gestion (28). Après intervention du présent collectif budgétaire, les crédits demeurant inscrits sur ce programme s’élèveraient à 74 millions d’euros, soit une réduction en gestion de plus des deux tiers par rapport aux crédits votés en loi de finances initiale (227,3 millions d’euros). Dans ces conditions, les crédits de paiement du programme Rénovation urbaine s’analysent finalement moins comme des moyens destinés à l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) que comme un outil supplémentaire de régulation budgétaire, s’apparentant à une seconde « réserve de précaution ».

On sait que les CP bénéficiant à l’ANRU lui permettent principalement d’assurer les paiements des maîtres d’ouvrage, versés au fur et à mesure des réalisations effectives, et qu’en conséquence, les besoins de trésorerie de l’Agence sont fonction du rythme de réalisation des opérations de rénovation. Les annulations de CP effectuées en 2008 ne remettent donc nullement en cause la mise en œuvre du plan de rénovation urbaine programmé dans la loi n° 2003-710 du 1er août 2003 (29: le niveau de trésorerie de l’ANRU devrait être de l’ordre de 720 millions d’euros à la fin de cette année.

Toutefois, la gestion des crédits du programme Rénovation urbaine amène le Rapporteur général à réitérer trois observations, déjà formulées lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative pour 2007 :

– l’ampleur de l’écart entre les crédits soumis à l’approbation du Parlement à l’automne 2007 et les crédits effectivement consommés en 2008 est telle qu’il conviendrait que le Gouvernement s’explique sur son origine : le décalage est-il dû à la piètre qualité de la prévision de dépense ou, au contraire, résulte-t-il d’une volonté délibérée d’ « afficher » un montant de crédits jugé significatif lors de la discussion du projet de loi de finances initiale ?

– la sous-consommation des CP dédiés à l’ANRU rend plus fragile la légitimité du recours, fréquent ces dernières années et considérablement amplifié par l’actuel projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion, aux ressources dites « extrabudgétaires » destinées à abonder le programme Rénovation urbaine (30) ;

– l’effet probablement le plus pervers de la sous-consommation des CP destinés à l’ANRU est le caractère quelque peu « virtuel » ainsi conféré au budget consacré à la rénovation urbaine. Or, cette impression ne saurait masquer l’essentiel : l’ensemble des engagements non couverts par des CP devrait, à la fin 2009, atteindre environ 1,5 milliard d’euros (31), ce qui pose la question de la soutenabilité budgétaire du programme de rénovation urbaine. Selon des prévisions de besoins de trésorerie établis en juillet 2008 (32), la « bosse » des décaissements de l’ANRU surviendrait durant la période 2012-2018, les paiements prévisibles s’élevant à 761 millions d’euros en 2008, 933 millions d’euros en 2009, 1 096 millions d’euros en 2010 et 1 185 millions d’euros en 2011. Entre 2012 et 2018, les paiements annuels seraient systématiquement supérieurs à 1 200 millions d’euros.

• Des annulations de 110 millions d’euros d’AE et de CP sont proposées sur la mission Provisions.

D’une part, les crédits de la Provision relative aux rémunérations publiques, initialement dotée de 150 millions d’euros, seraient réduits de 60 millions d’euros. Selon les informations recueillies par le Rapporteur général, la sous-consommation de ces crédits destinés à compenser les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires effectuées dans la fonction publique s’explique par :

– une surestimation d’environ 20 millions d’euros du coût du dispositif pour le ministère de l’Éducation nationale en 2008, du fait notamment de décalages calendaires (33) ;

– le fait qu’au cours des quatre premiers mois de l’année, les ministères ont déduit de leurs versements au compte d’affectation spéciale Pensions les surcoûts liés aux exonérations de cotisations sociales, sans solliciter la dotation inscrite sur la mission Provisions.

D’autre part, 50 millions d’euros seraient annulés sur la Provision pour dépenses accidentelles et imprévisibles (soit les deux tiers de la dotation initiale), ramenant les crédits restant disponibles pour faire face aux aléas de fin de gestion à environ 13 millions d’euros.

• Deux autres missions du budget général sont marquées par des annulations touchant plus particulièrement les autorisations d’engagement :

– les annulations d’AE sur la mission Sécurité civile atteindraient 307,3 millions d’euros (à comparer à des annulations de CP de 8,2 millions d’euros) et seraient concentrées sur le programme Intervention des services opérationnels, représentant ainsi près de 55 % des AE prévues pour ce dernier dans la loi de finances initiale, en raison essentiellement du report d’engagements relatifs à des marchés de maintenance des avions ;

– la mission Recherche et enseignement supérieur ferait l’objet d’annulations d’AE à hauteur de 173,5 millions d’euros d’AE (à comparer à des annulations de CP de 58,3 millions d’euros). Il s’agit, comme souvent sur cette mission faisant intervenir de nombreux opérateurs, de tirer les conséquences du changement de régime de TVA applicable à certains établissements publics.

• Hors budget général, doivent également être signalées trois annulations de crédits sur les comptes spéciaux (34), pour un montant total de 1,2 milliard d’euros d’AE et de CP :

– 1,1 milliard d’euros d’AE et de CP serait annulé sur le programme Désendettement de l’État et d’établissements publics de l’État du compte d’affectation spéciale Participations financières de l’État. Comme le Rapporteur général l’a précédemment indiqué, cette annulation vise à compenser une ouverture de même montant sur l’autre programme du compte (finançant les opérations en capital de l’État) et permet de reconstituer les crédits destinés à l’opération « Campus » (35) ;

– 16 millions d’euros d’AE et de CP seraient annulés sur le compte d’affectation spéciale Pensions. Neutre sur l’équilibre du compte dès lors qu’elles s’accompagnent, à l’état A annexé au présent projet, de moindres recettes provenant du budget général, ces annulations sont la conséquence d’un simple changement de circuit comptable : certaines dépenses relatives aux allocations de reconnaissance en faveur des anciens supplétifs d’Algérie ne transitent plus par le compte Pensions mais sont directement versées à partir des crédits du budget général inscrits sur l’action Rapatriés du programme Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables de la mission Solidarité, insertion et égalité des chances ;

– 118 millions d’AE et de CP seraient annulés sur le compte de concours financiers Prêts à des États étrangers, du fait du report de certaines opérations de refinancement de dettes, notamment de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo (36).

B.– LES MOUVEMENTS DE CRÉDITS AU COURS DE L’EXÉCUTION 2008

1.– La régulation budgétaire en 2008

En début de gestion 2008, le ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique a procédé, comme de coutume, à une mise en réserve de crédits. Au fur et à mesure de l’exécution budgétaire, les crédits ont ensuite vocation à être rendus disponibles aux gestionnaires ou bien annulés, en fonction des aléas de gestion et des éventuels besoins nouveaux. Depuis la modification de la LOLF en 2005, cette pratique a gagné en visibilité, l’information sur le « gel » des crédits initiaux étant délivrée dès le projet de loi de finances de l’année, invitant à distinguer au sein des crédits une tranche « ferme » et une tranche « conditionnelle » (37).

Le Parlement y gagne une meilleure connaissance des conditions de l’exécution budgétaire, les gestionnaires une plus grande prévisibilité de la disponibilité de leurs crédits. Le Rapporteur général doit en revanche regretter - comme chaque année – que l’engagement du Gouvernement de fournir aux commissions des Finances du Parlement une information régulière sur l’évolution des crédits mis en réserve soit resté lettre morte.

En 2008, le montant des mises en réserve de crédits initiaux s’est élevé à 7,4 milliards d’euros d’AE et à 7,2 milliards d’euros de CP, correspondant à l’application d’un taux de 0,5 % sur les crédits de personnel et d’un taux de 6 % sur les autres crédits.

Ce montant apparaît cependant assez théorique, dans la mesure où il a été diminué dès le début de l’exercice de 420 millions d’euros d’AE et de CP pour tenir compte des réductions de crédits décidées au cours de la discussion parlementaire afin de financer les différentes ouvertures par amendement au projet de loi de finances pour 2008 (38). Un second « dégel » est intervenu immédiatement, à hauteur de 535 millions d’euros d’AE et de 818 millions d’euros de CP, au bénéfice de certaines subventions pour charges de service public qui, bien qu’imputées sur le titre 3, financent in fine des charges de personnel employé par des opérateurs de l’État (39).

Par ailleurs, comme chaque année, avant même le début de gestion ont été identifiés plusieurs programmes dont les crédits seraient nécessairement restitués aux gestionnaires, car correspondant à des dépenses « inéluctables » sur lesquelles l’État ne dispose pas de pouvoir discrétionnaire (« guichets sociaux », subventions aux régimes de retraites etc.) (40). Selon les informations recueillies par le Rapporteur général, environ 380 millions d’euros de crédits avaient été « dégelés » à ce titre au 19 novembre 2008.

Il faut en outre signaler que des « gels » supplémentaires, à hauteur de 622 millions d’euros d’AE et 795 millions d’euros de CP, sont intervenus au printemps dernier, portant sur les crédits reportés depuis l’exercice 2007 et sur la subvention budgétaire à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) (41).

Les tableaux ci-après présentent l’évolution des AE et des CP mis en réserve, ainsi que l’état prévisionnel de la réserve de précaution à l’issue du présent projet de loi de finances rectificative.

ÉVOLUTION DES AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT MISES EN RÉSERVE EN 2008

(en millions d’euros)

 

Hors titre 2

Titre 2

Total

Mise en réserve initiale

6 816

596

7 413

Dégel immédiat consécutif aux réductions de crédits votées par le Parlement

– 381

– 39

– 420

Dégel immédiat sur subventions pour charges de service public

– 535

– 535

Annulations par décret d’avance du 27 juin

– 326

– 1

– 327

Annulations par décret d’avance du 24 octobre

– 221

– 221

Solde des autres dégels et des gels supplémentaires

– 780

– 65

– 845

Réserve au 19 novembre

4 573

492

5 065

Annulations par décret d’avance du 28 novembre 2008

– 1 157

– 10

– 1 167

Annulations par présent PLFR

– 598

– 100

– 698

Réserve après présent PLFR

2 818

381

3 200

Source : Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique.

ÉVOLUTION DES CRÉDITS DE PAIEMENT MIS EN RÉSERVE EN 2008

(en millions d’euros)

 

Hors titre 2

Titre 2

Total

Mise en réserve initiale

6 583

596

7 179

Dégel immédiat consécutif aux réductions de crédits votées par le Parlement

– 381

– 39

– 420

Dégel immédiat sur subventions pour charges de service public

– 818

– 818

Annulations par décret d’avance du 27 juin

– 307

– 1

– 308

Annulations par décret d’avance du 24 octobre

– 211

– 211

Solde des autres dégels et des gels supplémentaires

– 473

– 65

– 538

Réserve au 19 novembre

4 392

492

4 884

Annulations par décret d’avance du 28 novembre 2008

– 979

– 10

– 989

Annulations par présent PLFR

– 671

– 100

– 772

Réserve après présent PLFR

2 742

381

3 123

Source : Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique.

Pour s’en tenir aux crédits de paiement, on peut constater que :

– le solde des « dégels » et des « gels » supplémentaires intervenus en cours de gestion s’établit à 0,5 milliard d’euros (au 19 novembre). Compte tenu des « dégels » consécutifs à la discussion parlementaire du projet de loi de finances pour 2008 et au titre des subventions pour charges de services publics, ce sont donc 1,8 milliard d’euros qui ont été « restitués » aux gestionnaires, soit moins de 25 % de la réserve initiale. À titre de comparaison, ce montant était de 3,8 milliards d’euros l’année dernière à pareille époque (42) ;

– 2,3 milliards d’euros de crédits mis en réserve ont été ou seraient annulés pour servir de gage aux différentes ouvertures de crédits : 1 508 millions d’euros au titre du gage des ouvertures effectuées par trois décrets d’avance (43) ; 772 millions d’euros au titre du gage des ouvertures du présent projet de loi de finances rectificative (qui, on l’a vu, tend à annuler 1,1 milliard d’euros de crédits nets, soit davantage que les seuls crédits « gelés ») ;

– 3,1 milliards d’euros de CP demeureront en réserve à l’issue du présent projet (44), au lieu d’environ 580 millions d’euros en 2007 à cette même période de l’année. Une fraction sera nécessairement libérée, en particulier pour couvrir les dépenses inéluctables précitées et faire face aux différents événements de fin de gestion. Les crédits restants pourront, au choix du Gouvernement, être reportés sur 2009 ou annulés par la loi de règlement.

Sans préjuger du montant final des annulations de crédits, il ressort de ces différents éléments que la régulation budgétaire mise en œuvre en 2008 est plus vigoureuse que les années passées : les mises en réserve sur les reports de crédits de 2007 ont offert une marge de manœuvre supplémentaire permettant de renforcer le pilotage de la dépense ; les crédits d’ores et déjà restitués aux gestionnaires à cette période de l’année sont plus faibles qu’en 2007, y compris sur les programmes à « dégels inéluctables » ; à 2,3 milliards d’euros, les annulations de CP finançant des redéploiements sont sensiblement supérieures à celles des années précédentes (environ 1,2 milliard d’euros en 2006 et 2007).

Pour 2009, le Rapporteur général rappelle que, dans l’exposé des motifs du projet de loi de finances, le Gouvernement a prévu de légèrement diminuer le montant de la réserve de précaution, en fixant le taux de « gel » à 5 % sur les crédits hors titre 2 (au lieu de 6 % cette année) et en laissant inchangé à 1,5 % le taux applicable aux dépenses de personnel. La mise en réserve atteindrait ainsi 6,9 milliards d’euros d’AE et 6,2 milliards d’euros de CP en 2009. Cet abaissement du niveau de la réserve de précaution, quelque peu paradoxal en cette période de sévères turbulences conjoncturelles, s’explique par la volonté de davantage responsabiliser ministères et gestionnaires, a fortiori dans le contexte du nouveau budget triennal. La contrepartie attendue de la démarche pluriannuelle engagée pour 2009-2011 est en effet un desserrement des contraintes pesant sur le pilotage infra-annuel des crédits – ou, plus exactement, un transfert de la responsabilité de ce pilotage sur les différents ministères en charge des missions et programmes du budget général (45).

2.– Trois décrets d’avance publiés dans le courant de la gestion

L’exécution 2008 confirme que, pour sa troisième année d’application, la LOLF n’a pas produit les effets escomptés quant à la limitation de la pratique des décrets d’avance, qui doit pourtant demeurer exceptionnelle au sens de son article 7. Il semble qu’au contraire les décrets d’avance soient devenus un moyen classique d’ajustement des dotations budgétaires, alors qu’il n’y était recouru auparavant qu’avec mesure, sauf changements politiques majeurs. Un calibrage plus « fin » des crédits initiaux explique sans doute que les tensions qui apparaissent inévitablement au cours de la gestion ne puissent être surmontées aujourd’hui par un recours aux autres instruments réglementaires dont dispose le Gouvernement (46).

Le commentaire de l’article 17 du présent projet, qui tend à ratifier les ouvertures et annulations effectuées par décret d’avance, rappelle les innovations introduites par la LOLF en la matière et reproduit les avis formulés depuis le début de l’année par la Commission sur ces décrets.

Au moment du dépôt du présent projet de loi de finances rectificative, deux décrets d’avance avaient été publiés en 2008. Toutefois, un troisième décret d’avance (n° 2008-1244 du 28 novembre 2008), sur lequel la Commission a émis un avis le 25 novembre, est intervenu postérieurement. Un amendement du Gouvernement invitera le Parlement à le ratifier. C’est pourquoi, bien qu’il ne soit pas annexé au présent projet, ce décret est commenté et pris en compte dans les développements qui suivent.

• Le décret d’avance n° 2008-629 du 27 juin 2008 a ouvert 327 millions d’euros d’AE et 308 millions d’euros de CP sur le budget général. Ces ouvertures de crédits ont concerné trois domaines :

– des aides aux pêcheurs (pour 179 millions d’euros d’AE et 160 millions d’euros de CP), réparties sur les missions Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales, Écologie, développement et aménagement durables et Régimes sociaux et de retraite ;

– des mesures en faveur de l’hébergement d’urgence (pour 147 millions d’euros d’AE et de CP), sur le programme Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables ;

– des moyens en personnel pour le secrétariat d’État chargé du « Grand Paris » (0,9 million d’euros d’AE et de CP), sur le programme Impulsion et coordination de la politique d’aménagement du territoire.

D’un montant égal aux ouvertures, les annulations ont visé 27 des 34 missions du budget général et porté essentiellement sur des crédits mis en réserve.

Ce décret a déjà été ratifié par le Parlement, à l’article 5 de la loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 pour le financement de l’économie.

• Le décret d’avance n° 2008-1089 du 24 octobre 2008, dont la ratification est proposée à l’article 17 du présent projet, a ouvert 233 millions d’euros d’AE et 223,4 millions de CP en faveur :

– des aides à l’agriculture et à l’élevage (145 millions d’euros d’AE et 135 millions d’euros de CP sur les programmes Valorisation des produits, orientation et régulation des marchés et Sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation), en raison notamment du développement de l’épidémie de fièvre catarrhale ovine ;

– des dépenses en faveur des demandeurs d’asile (36 millions d’euros d’AE et de CP), liées essentiellement à l’allongement des délais de traitement des dossiers par la Commission de recours des réfugiés ;

– de l’indemnisation de certains rapatriés d’outre-mer (30 millions d’euros d’AE et de CP) sur le programme Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables (47) ;

– la chaîne française d’information internationale (22 millions d’euros d’AE et de CP) sur la mission Médias, en raison de la réforme de l’audiovisuel extérieur.

Les annulations de crédits, d’un montant identique à celui des ouvertures, ont concerné 25 missions et 62 programmes. Elles ont été supportées, à hauteur d’environ 30 %, par les ministères bénéficiaires des ouvertures et, pour le solde, par le reste du budget général via la réserve de précaution.

• Le décret d’avance n° 2008-1244 du 28 novembre 2008 a ouvert 1 294 millions d’euros d’AE et 1 253 millions d’euros de CP sur 13 missions et 17 programmes du budget général. Il doit permettre de financer :

– des dépenses de solidarité (429 millions d’euros d’AE et de CP), en particulier la « prime de Noël », déjà évoquée, pour 379 millions d’euros d’AE et de CP sur le programme Prévention de l’exclusion et insertion des personnes vulnérables ;

– la politique de l’emploi, à hauteur de 334 millions d’euros d’AE et 293 millions d’euros de CP sur la mission Travail et emploi, pour tenir compte des 60 000 contrats aidés supplémentaires décidés en juillet dernier dans le secteur non marchand, mais aussi du surcoût constaté sur les aides en faveur des hôtels, cafés et restaurants ;

– les opérations extérieures (OPEX) du ministère de la Défense, pour 259 millions d’euros d’AE et de CP, portant leur coût total à plus de 850 millions d’euros cette année ;

– les primes des plans épargne logement, pour 150 millions d’euros d’AE et de CP (sur le programme Épargne), afin d’éviter que le montant des dettes de l’État à l’égard du Crédit foncier de France n’excède un milliard d’euros ;

– diverses dépenses de personnel, représentant 122 millions d’euros d’AE et de CP répartis sur 11 programmes. Les deux ouvertures les plus importantes ont concerné la mission Recherche et enseignement supérieur (65 millions d’euros, rendus nécessaires notamment par l’impact du relèvement du point fonction publique et par la mise en œuvre de la garantie individuelle du pouvoir d’achat) et la mission Action extérieure de l’État (24 millions d’euros, sous l’effet principalement d’une mauvaise répartition des effectifs prévisionnels entre agents résidant en France et agents résidant à l’étranger).

D’un montant égal aux ouvertures, les annulations de crédits ont touché prioritairement des crédits figurant dans la réserve de précaution et concerné 24 missions et 60 programmes.

Ce décret a également ouvert et annulé 34,6 millions d’euros sur le budget annexe Contrôle et exploitation aériens, afin de financer une insuffisance de crédits de personnel découlant de l’application de certaines mesures catégorielles.

• Au total, les trois décrets d’avance ont mobilisé des masses sensiblement supérieures aux années précédentes, soit 1 854,2 millions d’euros d’AE et 1 784,3 millions d’euros de CP (soit 0,7 % des crédits initiaux nets du budget général) (48). À titre de comparaison, l’année 2007 avait connu trois décrets d’avance portant sur un total de 1 562 millions d’euros d’AE et de 1 239 millions d’euros de CP. Les tableaux figurant à la fin du présent exposé général rendent compte des effets de ces décrets sur chaque mission et chaque programme. Globalement, les ouvertures ayant systématiquement été compensées par des annulations, leur influence a été nulle sur l’équilibre budgétaire défini par la loi de finances initiale pour 2008.

C.– LA SITUATION FINALE DES CRÉDITS À L’ISSUE DU PRÉSENT PROJET

• En prenant en compte les trois décrets d’avance intervenus en gestion, la loi de finances rectificative du 16 octobre dernier (49) et les modifications proposées dans le présent projet, il apparaît que les missions (50)dont les crédits de paiement ont été les plus fortement majorés par rapport à la loi de finances initiale sont les missions Engagements financiers de l’État (+ 4 145 millions d’euros, soit + 9,7 %), Solidarité, insertion et égalité des chances (+ 1 022 millions d’euros, soit + 8,5 %), Travail et emploi (+ 272 millions d’euros, soit + 2,2 %), Outre-mer (+ 200 millions d’euros, soit + 11,6 %) et Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales (+ 186 millions d’euros, soit + 6,5 %).

À l’inverse, les plus fortes diminutions en valeur absolue concernent les missions Recherche et enseignement supérieur (– 379 millions d’euros, soit
– 1,6 %), Défense (– 310 millions d’euros, soit – 0,8 %), Écologie, développement et aménagements durables (– 302 millions d’euros, soit – 3,4 %), et Gestion des finances publiques et des ressources humaines (– 221 millions d’euros, soit
– 2 %). En pourcentage des crédits initiaux, les baisses les plus significatives ont affecté les missions Sécurité civile (– 6,8 %), Développement et régulation économiques (– 4,9 %) et Santé (– 4,8 %).

Les évolutions des autorisations d’engagement sont assez comparables, à quelques exceptions près. Les plus notables concernent :

– la mission Défense, dont les AE ont diminué de 2,3 milliards d’euros (soit – 6,5 %), en raison du report déjà évoqué de la construction du deuxième porte-avions ;

– la mission Sécurité civile, qui connaît des annulations d’AE à hauteur de 320 millions d’euros, soit près de 44 % des AE initiales ;

– la mission Ville et logement, pour laquelle les modifications d’AE et de CP en cours d’année connaissent des trajectoires inverses, en raison des importantes annulations de CP sur le programme Rénovation urbaine.

On peut également relever que quelques – rares – programmes n’ont connu, à ce stade, aucune modification de leurs crédits en 2008 (51). Il s’agit de programmes dotés de crédits évaluatifs (Appels en garantie), de programmes portant des dépenses « inéluctables » (Concours financiers aux communes et groupements de communes) ou de programmes sur lesquels aucune marge de manœuvre n’a pu être dégagée (Météorologie ; Presse ; Offre de soins et qualité du système de soins ; Gendarmerie nationale).

À titre de synthèse, les deux tableaux ci-après récapitulent l’ensemble des mouvements effectués en cours de gestion au titre des trois décrets d’avance et les mouvements proposés spécifiquement au titre du présent projet (détaillés dans les états B, B’, C, C’ et dans les articles 12 à 15).

OUVERTURES ET ANNULATIONS D’AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT

(hors fonds de concours, en millions d’euros)

 

Loi de finances initiale

Mouvements en cours d’exercice 

Présent projet 

Montant révisé des AE

 

Ouvertures
(a)

Annulations (a)

Variation nette des AE

Ouvertures

Annulations

Variation nette des AE

Budget général

 

 

 

 

 

 

 

 

AE brutes

358 413

12 960

1 854

+ 11 106

1 852

3 476

– 1 624

367 896

Remboursements et dégrèvements

83 217

7 106

0

+ 7 106

750

+ 750

91 073

AE nettes du budget général

275 197

5 854

1 854

+ 4 000

1 102

3 476

– 2 374

276 823

Budgets annexes

1 976

35

35

 –

1 976

Comptes spéciaux

 

 

 

 

 

 

 

 

Comptes d’affectation spéciale

54 450

 –

1 051

1 066

– 15

54 434

Comptes de concours financiers

94 340

 –

1 489

– 1 489

118

– 118

92 733

(a) Décrets d’avance n° 2008-629 du 27 juin, n° 2008-1089 du 24 octobre et n° 2008-1244 du 28 novembre et loi de finances rectificative n° 2008-1 061 du 16 octobre.

OUVERTURES ET ANNULATIONS DE CRÉDITS DE PAIEMENT

(hors fonds de concours, en millions d’euros)

 

Loi de finances initiale

Mouvements en cours d’exercice 

Présent projet 

Montant révisé des CP

 

Ouvertures
(a)

Annulations (a)

Variation nette des CP

Ouvertures

Annulations

Variation nette des CP

Budget général

 

 

 

 

 

 

 

 

CP bruts

354 501

12 890

1 784

+ 11 106

1 817

1 067

+ 750

366 357

Remboursements et dégrèvements

83 217

7 106

0

+ 7 106

750

+ 750

91 073

CP nets du budget général

271 284

5 784

1 784

+ 4 000

1 067

1 067

– 

275 284

Budgets annexes

1 919

35

35

– 

– 

– 

– 

1 919

Comptes spéciaux

 

 

 

 

 

 

 

 

Comptes d’affectation spéciale

54 458

1 051

1 066

– 15

54 443

Comptes de concours financiers

93 965

-1 489

– 1 489

118

– 118

92 358

(a) Décrets d’avance n° 2008-629 du 27 juin, n° 2008-1089 du 24 octobre et n° 2008-1244 du 28 novembre et loi de finances rectificative n° 2008-1061 du 16 octobre.

 À titre de comparaison avec les exercices précédents, le tableau ci-dessous permet de constater qu’en raison notamment de la conjoncture économique le montant des seules ouvertures de crédits de 2008 se situe nettement au-delà des années précédentes, qu’il s’agisse des crédits bruts (du fait de remboursements et dégrèvements majorés en cours d’année de 7,9 milliards d’euros) ou des crédits nets (en raison principalement de l’augmentation de 4 milliards d’euros de la charge de la dette de l’État).

TOTAL DES OUVERTURES DE CRÉDITS NETS SUR LE BUDGET GÉNÉRAL PRISES EN COMPTE DANS LES COLLECTIFS BUDGÉTAIRES DE 2005 À 2008 (a)

 

2005

2006 (b)

2007

PLFR 2008

 

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

Autorisations d’engagement

2 992

1,1

3 104

1,1

6 956

2,5

Crédits de paiement

3 226

1,1

3 069

1,2

3 899

1,5

6 851

2,5

pour mémoire : CP bruts

3 336

0,9

7 755

2,3

7 730

2,3

14 707

4,1

(a) Ouvertures effectuées par décrets d’avance et en lois de finances rectificatives.

(b) Hors mesure exceptionnelle de régularisation des pensions de décembre 2005 (3,3 milliards d’euros d’AE et de CP) ; hors ouverture d’AE au titre de la transition entre l’ordonnance organique de 1959 et la LOLF (22,7 milliards d’euros).

En matière d’annulations de crédits, l’année 2008 apparaît plutôt en retrait par rapport aux exercices précédents : des annulations de 2,9 milliards d’euros de CP sont prises en compte dans le présent projet de loi de finances rectificative, soit un montant inférieur d’environ un milliard d’euros à celui de 2007. Faute d’annulations « sèches » (52), les réductions de crédits de 2008 s’analysent dans leur quasi-totalité comme des gages d’ouvertures de crédits (que ces dernières soient intervenues par décret d’avance ou en loi de finances rectificative) – à l’exception des crédits ouverts au titre de la charge de la dette, qui n’ont pu être compensés par des annulations à due concurrence. Le montant modéré des annulations de ces trois dernières années (sans commune mesure avec celui de 2005, par exemple) est également le résultat de la politique de résorption des reports de crédits menée sous la XIIe législature.

TOTAL DES ANNULATIONS DE CRÉDITS NETS SUR LE BUDGET GÉNÉRAL PRISES EN COMPTE DANS LES COLLECTIFS BUDGÉTAIRES DE 2005 À 2008 (a)

 

2005

2006

2007

PLFR 2008

 

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

En millions d’euros

En % des crédits initiaux

Autorisations d’engagement

2 641

1,0

2 994

1,1

5 330

1,9

Crédits de paiement

6 105

2,1

3 069

1,2

3 899

1,5

2 851

1,1

pour mémoire : CP bruts

6 439

1,8

3 715

1,1

4 098

1,2

2 851

0,8

(a) Annulations associées aux décrets d’avance et en lois de finances rectificatives.

Enfin, l’examen du solde des mouvements de crédits pris en compte dans le présent projet confirme les analyses qui précèdent. Le solde des ouvertures et des annulations de crédits de paiement en 2008 est entièrement imputable au dérapage de 4 milliards d’euros de la charge de la dette de l’État. En AE, ce solde est cependant limité à 1,6 milliard d’euros, en raison principalement de l’impact, en sens contraire, des annulations d’AE prévues pour le second porte-avions de la Défense.

Exception faite du dépassement exceptionnel sur la charge de la dette en 2008, le tableau ci-dessous permet de rappeler que, depuis 2006, le pilotage budgétaire infra-annuel se traduit par la stabilité du montant des crédits nets durant tout l’exercice, condition indispensable de la maîtrise de la dépense.

SOLDE DES MOUVEMENTS DE CRÉDITS NETS DU BUDGET GÉNÉRAL PRIS EN COMPTE
DANS LES COLLECTIFS BUDGÉTAIRES DE 2005 À 2008
(a)

 

2005

2006 (b)

2007

PLFR 2008

 

En
millions d’euros

En % des crédits initiaux

En
millions d’euros

En % des crédits initiaux

En
millions d’euros

En % des crédits initiaux

En
millions d’euros

En % des crédits initiaux

Autorisations d’engagement

– 

+ 351

+ 0,1

+ 110

n.s.

+ 1 626

+ 0,6

Crédits de paiement

– 2 879

– 1,0

0

0

0

0

+ 4 000

+ 1,5

pour mémoire : CP bruts

– 3 103

– 0,9

+ 4 040

+ 5,9

+ 3 632

+ 1,1

+ 11 856

+ 3,3

(a) Décrets d’avance (y compris le décret n° 2007-1666), ouvertures en lois de finances rectificatives et annulations associées.

(b) Hors mesure exceptionnelle de régularisation des pensions de décembre 2005 (3,3 milliards d’euros d’AE et de CP) ; hors ouverture d’AE au titre de la transition entre l’ordonnance organique de 1959 et la LOLF (22,7 milliards d’euros).

II.– UNE DIMINUTION SENSIBLE DES RECETTES

A.– UNE MOINS-VALUE DE RECETTES DE 7 MILLIARDS D’EUROS PAR RAPPORT À LA LOI DE FINANCES INITIALE

Le présent projet de loi de finances ne bouleverse pas les évaluations révisées des recettes du budget général de l’État associées à la loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 pour le financement de l’économie (loi n° 2008-1 061) et commentées en détail par le Rapporteur général dans le tome I de son rapport n° 276 du 11 octobre 2007, ainsi que dans l’Exposé général de son rapport n° 1158 déposé le 14 octobre 2008.

Les recettes fiscales et non fiscales diminuent de 6,88 milliards d’euros par rapport au montant prévu en loi de finance initiale. Les prélèvements sur recettes augmentent pour leur part de 193 millions d’euros.

Au total, les ressources nettes du budget général (hors fonds de concours) devraient ainsi atteindre 222 993 millions d’euros, soit 7 070 millions d’euros de moins (– 3 %) que prévu en loi de finances initiale.

LES RESSOURCES DE L’ÉTAT EN 2008

(en millions d'euros)

 

2007

LFI 2008

LFR oct. 2008

PLFR nov. 2008

PLFR nov. 2008/
LFR oct. 2008

PLFR 2008/
LFI 2008

 

en valeur

en %

en valeur

en %

Recettes fiscales nettes

266 711

271 622

266 649

264 662

– 1 987

– 0,75

– 6 960

– 2,56

Recettes fiscales brutes

347 710

354 839

356 972

355 735

– 1 237

– 0,35

+ 896

+ 0,25

Remboursements et dégrèvement (R&D)

80 999

83 217

90 323

91 073

+ 750

+ 0,83

+ 7 856

+ 9,44

Impôt sur le revenu

56 304

59 438(1)

59 430

59 130

– 300

– 0,50

– 308

– 0,52

Impôt sur les sociétés net et CSB

51 031

53 825

52 420

51 420

– 1 000

– 1,91

– 2 405

– 4,47

IS brut et CSB

65 259

63 725

65 020

64 020

– 1 000

– 1,54

+ 295

+ 0,46

R&D d'IS

12 233

9 900

12 600

12 600

0

0

+ 270

+ 27,27

TIPP

17 288

16 514

16 400

16 163

– 237

– 1,45

– 351

– 2,13

TVA nette

131 509

134 981

134 200

133 100

– 1 100

– 0,82

– 1 881

– 1,39

TVA brute

173 922

179 381

180 600

180 600

0

0

+ 1 219

+ 0,68

R&D de TVA

42 413

44 400

46 400

47 500

+ 1 100

+ 2,37

+ 3 100

+ 6,98

Ressources non fiscales

26 680

28 051

28 714

28 134

– 580

– 2,02

+ 83

+ 0,30

Prélèvements sur recettes

66 781

69 610

70 338

69 803

– 535

– 0,76

+ 193

+ 0,28

Au profit des collectivités territoriales

46 605

51 209

51 623

51 088

– 535

– 1,04

– 121

– 0,24

Au profit des Communautés européennes

17 176

18 400

18 714

18 714

0

0,00

+ 314

+ 1,71

Ressources nettes du budget général (hors FC)

228 610

230 063

225 025

222 993

– 2 032

– 0,90

– 7 070

– 3,07

(1) Le montant inscrit en LFI était de 60 455 millions d’euros, mais cela était dû à une erreur d’imputation du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes : en loi de finances initiale, il était imputé en IR alors qu’il aurait dû être imputé dans la catégorie des « autres impôts directs ».

a) Des recettes fiscales en baisse de 7 milliards par rapport à la loi de finances initiale

● Le montant des recettes fiscales nettes figurant dans le présent projet de loi de finances rectificative s’inscrit en retrait de 1,987 milliard d’euros par rapport à l’évaluation révisée associée au projet de loi de finances pour 2009 et reprise dans la loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 (– 0,75 %). Par rapport à la LFI, les moins-values de recettes fiscales s’établiraient ainsi à 6,9 milliards (– 2,56 %).

Le tableau ci-après donne les grandes lignes ces évolutions.

PRÉVISIONS DE RECETTES FISCALES NETTES

(en milliards d’euros)

 

LFI

LFI 2008 corrigée

LFR du 16 octobre 2008= révisé du PLF 2009

PLFR
novembre 2008

Écart entre les deux PLFR

IR net

53,7

53,1

51,8

51,5

– 0,3

Dont IR brut

60,5

59,3

59,4

59,1

– 0,3

Dont R et D

6,7

6,2

7,6

7,6

   0,0

IS net

53,8

53,8

52,4

51,4

– 1,0

TVA nette

135,0

135,0

134,2

133,1

– 1,1

TIPP

16,5

16,5

16,4

16,2

– 0,2

Autres recettes nettes

12,6

13,2

11,8

12,4

+ 0,7

Total RFN

271,6

271,6

266,6

264,6

– 2,0

Les écarts les plus importants par rapport au montant révisé associé à la loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 portent sur les recettes nettes d’impôt sur les sociétés et de TVA, qui baissent respectivement de 1,1 milliard d’euros et d’1 milliard d’euros.

La révision à la baisse de 1,1 milliard d’euros des recettes nettes de TVA s’explique exclusivement par une augmentation du montant des remboursements et dégrèvements, le montant de la TVA brute demeurant inchangé.

Cette hausse du montant des remboursements et dégrèvements s’explique par deux phénomènes :

– à hauteur de 500 millions d’euros par l’augmentation du niveau des demandes de restitutions de crédits de TVA déposées par les entreprises à la fin octobre ;

– à hauteur de 594 millions d’euros par le remboursement de la TVA collectée à tort sur les contributions d’exploitation des services régionaux de voyageurs versées à la SNCF par les régions entre 2002 et 2008 (cf. le commentaire de l’article 4 du présent projet de loi). L’État a restitué 594 millions d’euros le 19 novembre dernier à la SNCF pour qu’elle reverse cette somme aux régions en fonction de leurs contributions respectives. L’article 4 du présent projet de loi de finances rectificative prévoit en contrepartie une minoration à hauteur de 508 millions d’euros du montant de la dotation globale de fonctionnement des régions réparti en 2008. La perte pour le budget de l’État s’établit donc à 85 millions d’euros.

Les recettes nettes d’impôt sur les sociétés sont revues à la baisse de 1 milliard d’euros, le Gouvernement craignant que le dernier acompte se révèle plus mauvais que ce qu’il anticipait en octobre.

Les montants de l’impôt sur le revenu et de la de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) sont également revus à la baisse, à hauteur respectivement de 300 millions d’euros et de 237,4 millions d’euros. La diminution du montant de l’impôt sur le revenu s’expliquerait par une moindre progression du taux de recouvrement. La baisse de la TIPP se décompose en deux phénomènes : une baisse des encaissements à hauteur de 170 millions d’euros et des transferts supplémentaires aux départements et aux régions, prévus par le présent projet de loi (articles 1er et 2), pour un montant de 67,4 millions d’euros.

Les autres recettes fiscales nettes s’inscrivent en hausse de 650 millions d’euros, en raison d’un montant plus élevé que prévu de droits de succession (+ 300 millions d’euros), d’une part, et d’un niveau moins élevé de remboursements et dégrèvements liés à des contentieux, dont celui du précompte mobilier.

Le Gouvernement a fait le choix de la transparence et de la prudence en révisant une nouvelle fois à la baisse le montant des recettes fiscales nettes pour 2008.

Dans ce contexte difficile, il a fait en outre un choix courageux et vertueux. Il a prévu de faire bénéficier les organismes de sécurité sociale de l’excédent attendu du panier d’impôts et taxes affectés au financement des exonérations de cotisations sociales en faveur des heures supplémentaires et complémentaires, plutôt que d’affecter cet excédent au budget général (article 7). Cet excédent sera réparti à hauteur de 146 millions d’euros au financement des exonérations prévues par la loi du 8 février 2008 relative au pouvoir d’achat, et à hauteur de 753 millions d’euros à divers organismes de sécurité sociale au titre de l’apurement de dettes anciennes de l’État envers ces organismes. Il convient de saluer cette mesure qui traduit la volonté de ne pas laisser se reconstituer une dette de l’État à l’égard de la sécurité sociale.

(en milliards d'euros)

Les ressources fiscales dans la loi de finances initiale pour 2008 :

271,6

L’évaluation révisée contenue dans la LFR d’octobre 2008 : –  5

Dont,

IS net – 1,4
TVA nette – 0,8
IR net – 1,3
TIPP – 0,1
autres recettes nettes – 1,4

= 266,6

L’évaluation révisée contenue dans le présent projet de loi de finances rectificative : – 2

Dont,

Augmentation des remboursements et dégrèvements d’impôt : – 0,75

Transfert complémentaire de TIPP aux collectivités territoriales : –  0,07

= ressources fiscales dans le PLFR : 264,6

● Sans aucun coût sur l’exercice 2008, les principales mesures fiscales contenues dans le projet de loi de finances constituent des avancées intéressantes et s’organisent autour de trois thèmes principaux.

– Le soutien de l’économie et des entreprises.

En attendant une réforme d’ensemble de la fiscalité locale qui permettrait de moins pénaliser l’investissement, le présent projet de loi propose la création d’un dégrèvement permanent de taxe professionnelle à hauteur de la valeur locative des équipements et biens mobiliers neufs acquis par les entreprises entre le 23 octobre 2008, date de l’annonce de la mesure par le Président de la République, et le 31 décembre 2009. Les investissements réalisés pendant cette période seront ainsi définitivement exonérés de la taxe professionnelle, afin d’inciter les entreprises à concrétiser leurs projets de développement (article 18).

En outre, afin de soutenir le développement économique des territoires touchés par le redéploiement des armées, il est proposé de créer dans ces zones d’une part, une exonération d’impôt sur les bénéfices d’une durée de sept ans et d’impôts locaux sur délibération des collectivités territoriales et, d’autre part, un crédit de taxe professionnelle de 500 euros par salarié au profit des micro-entreprises commerciales et artisanales pendant trois ans (article 19).

– L’amélioration de la sécurité juridique des contribuables et la simplification des procédures

Le projet de loi procède à une refonte de la procédure d’abus de droit (article 20) qui passe par l’application de cette procédure à l’ensemble des impôts et des actes des contribuables, l’extension de la définition de l’abus de droit aux opérations effectuées dans un but exclusivement fiscal et l’instauration d’une solidarité de paiement des pénalités entre tous les bénéficiaires de l’abus, assortie d’une modulation des pénalités entre 80 % et 40 %.

De nombreuses autres dispositions ont pour objet conforter la sécurité juridique des contribuables. Il est ainsi proposé de créer un contrôle sur demande à titre expérimental pour trois ans en matière de donation et de succession (article 21). À défaut de contrôle dans l’année qui suit la demande, l’administration ne pourra remettre en cause les éléments déclarés. Il est également prévu d’étendre le champ de l’opposabilité des prises de position formelles au recouvrement de l’impôt et aux pénalités. En outre, l’absence d’application des pénalités de retard serait élargie aux contribuables qui ont interrogé l’administration, et qui n’ont pas obtenu de réponse avant l’expiration du délai de déclaration, sur une difficulté d’interprétation d’une loi nouvelle ou sur la détermination des incidences fiscales d’une règle comptable (article 24).

Trois mesures portent sur le rescrit. Il est prévu d’instituer un recours en la matière devant une commission composée de membres de l’administration (article 25), de légaliser la procédure de rescrit valeur en cas de transmission d’entreprise (article 22), et enfin d’instaurer un rescrit spécifique permettant d’obtenir de l’administration la qualification d’une activité au regard des revenus professionnels – BIC ou BNC – ou de l’impôt applicable (article 24).

Plusieurs mesures de simplification des procédures fiscales ou douanières sont proposées de manière notamment à harmoniser les dates de dépôt de l’ensemble des déclarations annuelles des professionnels ou à simplifier les procédures de compensation fiscale.

– La lutte contre la fraude fiscale

Thème essentiel et corollaire du précédent, la lutte contre la fraude fiscale fait l’objet de cinq articles.

Pour lutter contre l’évasion vers les territoires qui ne sont pas coopératifs en matière d’échange de données fiscales et bancaires, il est proposé de prévoir un allongement de la durée de prescription à 6 ans et de porter à 5 000 euros le montant de l’amende pour non déclaration d’un compte bancaire (article 28).

En outre, la présomption de revenu attachée aux transferts de capitaux non déclarés serait étendue quel que soit le pays de provenance ou de destination des fonds (article 27). Le projet de loi propose de renforcer les prérogatives des agents des impôts lors de la mise en œuvre de la procédure de visite et de saisie. La possibilité d’interroger l’occupant des lieux ou l’auteur de la fraude présumée serait ouverte et donnerait lieu à la rédaction d’un compte rendu. Par ailleurs, les documents saisis lors de la visite pourront être opposés aux contrevenants lorsque la restitution des pièces n’a pu avoir lieu du fait de ces derniers (article 29).

Afin de pouvoir lutter efficacement contre la fraude fiscale, il est enfin proposé d’étendre le droit de communication de l’administration aux données conservées et traitées par les opérateurs sur l’Internet dans le respect de la vie privée et du secret de la correspondance (article 30).

Relevons enfin qu’au titre du développement durable, il est proposé d’instaurer, en complément du malus à l’acquisition, un malus annuel égal à 160 euros pour les véhicules émettant plus de 250g de CO2 par kilomètre et d’assouplir les conditions pour bénéficier du taux de TVA sur la fourniture de chaleur produite à partir de sources d’énergies renouvelables (articles 40 et 41).

b) Des recettes non fiscales presque stables par rapport à la loi de finances initiale

● Le présent projet de loi de finances table sur une augmentation des recettes non fiscales très limitée de 83 millions d’euros par rapport à la loi de finances initiale, qui traduit une baisse de 580 millions d’euros par rapport à la prévision révisée associée à loi de finances rectificative du 16 octobre 2008.

L’évolution par rapport à la prévision révisée associée à loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 s’explique exclusivement par la conjonction de deux phénomènes : une révision à la baisse du prélèvement de l’État sur la COFACE, à hauteur de 550 millions d’euros, et une baisse de 30 millions d’euros des recettes attendues des amendes de la police et de la circulation.

 La loi de finances initiale pour 2008 prévoyait un prélèvement sur la COFACE de 2,9 milliards d’euros, soit le même montant qu’en 2007. Les évaluations révisées de recettes pour 2008 associées au projet de loi de finances pour 2009 faisaient état d’un abaissement du prélèvement de 400 millions d’euros pour le porter à 2,5 milliards d’euros. La loi de finances rectificative pour le financement de l’économie du 16 octobre dernier a relevé le montant du prélèvement sur la COFACE de 150 millions d’euros par rapport à la loi de finances initiale, pour le porter à 3,05 milliards d’euros.

Le présent projet de loi de finances rectificative diminue le montant du prélèvement sur la COFACE de 550 millions d’euros et le ramène à 2,5 milliards d’euros. Cette estimation paraît plus raisonnable, même si on peut penser qu’elle pêche encore par excès d’optimiste.

Rappelons que, présentant le 25 juin dernier devant la Commission le projet de loi de règlement du budget de l’année 2007, le ministre du Budget, des comptes publics et de la fonction publique avait indiqué que la détérioration du déficit public à 2,7 % du PIB en 2007 s’expliquait « pour 0,1 point [par des] retraitements comptables de recettes imposés par Eurostat qui réduis[ent] le déficit budgétaire, mais pas le déficit maastrichtien. Il s’agit essentiellement des recettes annuelles de la Coface qu’Eurostat, dans son calcul du déficit, a plafonnées au montant du résultat de la Coface ».

ÉVOLUTION DU PRÉLÈVEMENT SUR LA COFACE

(en milliards d’euros)

 

LFI 2008

Révision PLF 2009

LFR oct 2008

PLFR nov 2008

PLF 2009

Prélèvement COFACE

2,9

2,5

3,05

2,5

1,5

 Depuis 2004, le produit réellement encaissé par l’État au titre des amendes forfaitaires de police de la circulation, inscrit à la ligne n° 2312 du budget général, est en décalage croissant avec la prévision inscrite en loi de finances initiale.

Le présent projet de loi de finances prévoit une baisse de 30 millions du montant des recettes attendues des amendes forfaitaires de police de la circulation. En revanche, il ne diminue pas le montant prévu sur la ligne n° 2312 pour tenir compte du transfert de 60 millions d’euros du produit des amendes à l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE), prévu par l’article 3 du projet de loi, alors qu’il conviendrait de le faire.

En effet, la prévision de recettes révisée associée à loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 a rectifié le montant du prélèvement sur recettes au titre des amendes de la police et de la circulation pour tenir compte du transfert de recettes à l’ACSE, mais elle n’a pas modifié le montant figurant sur la ligne n° 2312 (cf. commentaire de l’article 3).

Ainsi, le montant des recettes attendues des amendes de la police et de la circulation devrait être diminué de 60 millions d’euros.

ÉVOLUTION DES RECETTES NON FISCALES

(en milliers d’euros)

Désignation
des recettes

LFI 2008

LFR oct. 2008

Écart LFR oct/LFI

PLFR nov. 2008

Écart PLFR nov/LFR oct

Exploitations industrielles et commerciales et établissements publics à caractère financier

9 264 600

10 608 600

+ 1 344 000

10 608 600

 

Produits et revenus du domaine de l’État

1 109 670

1 086 670

– 23 000

1 086 670

 

Taxes, redevances et recettes assimilées

9 905 000

10 100 000

+ 195 000

10 070 000

– 30 000

Intérêts des avances, des prêts et dotations
en capital

644 550

377 550

– 267 000

377 550

 

Retenues et cotisations sociales au profit de l’État

553 000

564 000

+ 11 000

564 000

 

Recettes provenant de l’extérieur

794 000

787 000

– 7 000

787 000

 

Opérations entre administrations et services publics

85 000

65 000

– 20 000

65 000

 

Divers

5 695 000

5 125 000

– 570 000

4 575 000

– 550 000

Total

28 050 820

28 713 820

+ 663 000

28 133 820

– 580 000

B.– UN DÉFICIT DE L’ÉTAT QUI S’ÉTABLIT À 51,4 MILLIARDS D’EUROS

DE LA LFI 2008 AU PLFR 2008

(en milliards d'euros)

Déficit LFI 2008

– 41,7

Moins-value de recettes fiscales nettes

– 7,0

Dépassement norme de dépense élargie

– 4,2

dont dépassement budget général

– 4,0

dont PSR Union européenne ("+" = économie)

 – 0,3

dont PSR coll. loc. ("+" = économie)

 + 0,1

Solde comptes spéciaux

+  1,4

Recettes non fiscales

+ 0,1

Déficit PLFR 2008

– 51,4 (a)

(a) Le Rapporteur général rappelle que le déficit de l’État est avant tout un déficit de fonctionnement.

Le présent projet de loi de finances rectificative pour 2008 porte le solde budgétaire à – 51,4 milliards d’euros, soit une dégradation de 9,7 milliards d’euros par rapport à la loi de finances initiale pour 2008 (41,7 milliards d’euros) et de 2 milliards d’euros par rapport à la loi de finances rectificative pour le financement de l’économie du 16 octobre dernier (loi n° 2008–1 061).

Le solde du budget général se dégrade d’environ 11 milliards d’euros : 4 milliards d’euros en raison de l’augmentation des crédits ouverts sur le budget général (hors crédits de la mission remboursements et dégrèvements) et le reste en raison d’une baisse du montant des recettes nettes.

Le solde des comptes spéciaux est légèrement modifié dans le présent projet de loi de finances rectificative. Après la très forte amélioration enregistrée dans la loi de finances rectificative du 16 octobre (+ 1,3 milliard d’euros), les excédents dégagés sur les comptes spéciaux progresseraient encore de 95 millions d’euros, sous l’effet de deux mouvements contradictoires :

– l’excédent des comptes de commerce diminuerait de 112 millions d’euros pour s’établir à 87 millions d’euros, en raison du déficit prévu sur le compte Approvisionnement des armées en produits pétroliers, causé par la forte augmentation des prix du pétrole au premier semestre 2008 et par la nécessité de reconstituer des stocks très réduits à la fin 2007. Cela conduit le Gouvernement à demander une majoration de 50 millions d’euros du découvert autorisé sur ce compte, le portant à 125 millions d’euros (53), soit un montant identique à celui proposé dans le projet de loi de finances pour 2009. À titre d’illustration, les évolutions du prix du pétrole et du cours de l’euro font que le découvert autorisé de 75 millions d’euros ne couvrirait plus que 9 % du montant des besoins annuels du compte sur la période 2009-2011, alors qu’il représentait encore 15 % de ceux en 2005 ;

– l’excédent des comptes de concours financiers augmenterait de 207 millions d’euros, sous l’unique effet de l’amélioration du solde du compte Prêts à des États étrangers (dont les dépenses ont déjà été revues à la baisse de 1,5 milliard d’euros dans la loi de finances rectificative du 16 octobre 2008 du fait du report à 2009 de l’opération de refinancement de la dette de la Côte d’Ivoire). Une nouvelle annulation de crédits de 118 millions d’euros sur le programme Prêts à des États étrangers pour consolidation de dettes envers la France est proposée dans le présent projet (54), tandis que les recettes du compte sont revues à la hausse de 89 millions d’euros, du fait de remboursements de prêts supplémentaires (55).

L’ÉQUILIBRE DU BUDGET DE L’ÉTAT EN 2007

(en millions d'euros)

 

Exécution 2007

LFI 2008

LFR
oct. 2008

PLFR nov. 2008

PLFR novembre 2008/
LFI 2008

En valeur

En %

BUDGET GÉNÉRAL DE L'ÉTAT

           

TOTAL des dépenses nettes du budget général

270 633

274 722

278 722

278 722

+ 4 000

1,46

Dépenses nettes du budget général hors fonds de concours

266 800

271 284

275 284

275 284

+ 4 000

1,47

Fonds de concours

3 833

3 438

3 438

3 438

0

0,00

Recettes fiscales nettes

266 710

271 622

266 649

264 662

– 6 960

– 2,56

Recettes non fiscales

28 680

28 051

28 714

28 134

83

0,30

Prélèvements sur recettes

66 781

69 610

70 338

69 803

193

0,28

Recettes nettes du budget général hors fonds de concours

228 609

230 063

225 025

222 993

– 7 070

– 3,07

Fonds de concours

3 833

3 438

3 438

3 438

0

0,00

TOTAL des recettes nettes du budget général

232 442

233 501

228 463

226 431

– 7 070

– 3,03

SOLDE DU BUDGET GÉNÉRAL

– 38 191

– 41 221

– 50 259

– 52 291

– 11 070

26,86

SOLDE DES BUDGETS ANNEXES

0

-

-

COMPTES SPÉCIAUX DU TRÉSOR

   

 

     

Dépenses des comptes d'affectation spéciale

52 146

54 458

54 458

54 458

0

0,00

Recettes des comptes d'affectation spéciale

55 000

54 450

54 450

54 450

0

0,00

Solde des comptes d'affectation spéciale

2 854

– 8

– 8

– 8

0

0,00

Dépenses des comptes de concours financiers

86 839

93 965

92 476

92 476

– 1 489

– 1,58

Recettes des comptes de concours financiers

87 117

93 248

93 048

93 048

– 200

– 0,21

Solde des comptes de concours financiers

278

– 717

 572

 779

1 496

– 208,65

Solde des comptes de commerce

284

199

199

87

– 112

– 56,28

Solde des comptes d'opérations financières (hors FMI)

57

59

59

59

0

0,00

SOLDE DES COMPTES SPÉCIAUX (hors FMI)

3 473

– 467

822

917

1 384

– 296,36

SOLDE GÉNÉRAL DU BUDGET DE L'ÉTAT

– 34 718(1)

– 41 687

– 49 437

– 51 374

– 9 687

23,24

Déficit de l’État au sens du Traité de Maastricht en %

– 2,1

– 2,2

– 2,4

– 2,5

   

(1) Y compris le produit des recettes de cessions de titres EDF d’un montant de 3,7 milliards d’euros.

ÉVOLUTION DES AUTORISATIONS D’ENGAGEMENT

(en milliers d’euros)

 

LFI

Décrets d’avance

Projet de loi de finances rectificative

AE révisées

 

Annulations

Ouvertures

Annulations

Ouvertures

Montant

Variation
en %

Action extérieure de l’État

2 368 585

28 551

23 550

2 664

49 196

2 410 115

+ 1,8%

Action de la France en Europe et dans le monde

1 571 823

10 533

23 550

 

49 196

1 634 036

+ 4,0%

Rayonnement culturel et scientifique

485 979

6 837

 

2 664

 

476 477

– 2,0%

Français à l’étranger, affaires consulaires et sécurité des personnes

310 783

11 181

 

 

 

299 602

– 3,6%

Administration générale et territoriale de l’État

2 761 010

34 679

 

111 227

32 500

2 647 604

– 4,1%

Administration territoriale

1 767 335

27 797

 

108 342

 

1 631 195

– 7,7%

Administration territoriale :
expérimentation Chorus

105 180

235

 

517

 

104 428

– 0,7%

Vie politique, cultuelle et associative

358 397

4 172

 

1 164

 

353 061

– 1,5%

Conduite et pilotage des politiques de l’intérieur

530 098

2 475

 

1 204

32 500

558 919

+ 5,4%

Agriculture, pêche, forêt et affaires rurales

3 093 438

13 940

176 372

45 477

95 322

3 305 715

+ 6,9%

Gestion durable de l’agriculture, de la pêche et développement rural

1 275 852

 

103 900

35 477

 

1 344 275

+ 5,4%

Valorisation des produits, orientation et régulation des marchés

623 743

 

72 472

 

95 322

791 537

+ 26,9%

Forêt

305 356

5 303

 

3 000

 

297 053

– 2,7%

Conduite et pilotage des politiques de l’agriculture

888 486

8 637

 

7 000

 

872 850

– 1,8%

Aide publique au développement

4 465 281

43 971

 

18 500

 

4 402 809

– 1,4%

Aide économique et financière au développement

2 237 728

10 000

 

14 000

 

2 213 728

– 1,1%

Solidarité à l’égard des pays en développement

2 167 014

27 195

 

 

 

2 139 819

– 1,3%

Codéveloppement

60 539

6 776

 

4 500

 

49 263

– 18,6%

Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation

3 759 549

80 944

 

500

 

3 678 105

– 2,2%

Liens entre la nation et son armée

255 614

5 996

 

 

 

249 617

– 2,3%

Mémoire, reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant

3 362 156

68 456

 

 

 

3 293 700

– 2,0%

Indemnisation des victimes des persécutions antisémites et des actes de barbarie pendant la seconde guerre mondiale

141 780

6 491

 

500

 

134 788

– 4,9%

Conseil et contrôle de l’État

491 783

1 589

 

5 849

 

484 344

– 1,5%

Conseil d’État et autres juridictions administratives

267 429

930

 

600

 

265 899

– 0,6%

Conseil économique et social

36 451

126

 

 

 

36 325

– 0,3%

Cour des comptes et autres juridictions financières

187 903

533

 

5 249

 

182 120

– 3,1%

Culture

2 877 035

24 147

12 612

8 020

41

2 857 521

– 0,7%

Patrimoines

1 258 862

21 237

 

 

 

1 237 625

– 1,7%

Création

796 897

2 910

 

 

41

794 028

– 0,4%

Transmission des savoirs et démocratisation de la culture

821 275

 

12 612

8 020

 

825 867

+ 0,6%

Défense

36 076 400

529 308

266 211

2 127 264

57 000

33 743 038

– 6,5%

Environnement et prospective de la politique de défense

1 686 555

4 017

7 000

 

 

1 689 539

+ 0,2%

Préparation et emploi des forces

21 072 830

 

259 211

 

57 000

21 389 041

+ 1,5%

Soutien de la politique de la défense

3 461 675

53 555

 

151 000

 

3 257 120

– 5,9%

Équipement des forces

9 855 339

471 736

 

1 976 264

 

7 407 339

– 24,8%

Développement et régulation économiques

1 288 190

40 225

 

6 000

 

1 241 964

– 3,6%

Développement des entreprises et des services

885 302

37 387

 

 

 

847 915

– 4,2%

Régulation économique

314 027

2 838

 

6 000

 

305 189

– 2,8%

Tourisme

88 861

 

 

 

 

88 861

 

Direction de l’action du Gouvernement

625 864

9 987

4 100

 

 

619 977

– 0,9%

Coordination du travail gouvernemental

437 275

8 226

4 100

 

 

433 149

– 0,9%

Présidence française de l’Union européenne

188 589

1 761

 

 

 

186 828

– 0,9%

 

LFI

Décrets d’avance

Projet de loi de finances rectificative

AE révisées

 

Annulations

Ouvertures

Annulations

Ouvertures

Montant

Variation
en %

Écologie, développement et aménagement durables

9 052 428

182 286

37 800

310 779

 

8 597 163

– 5,0%

Réseau routier national

469 279

24 783

 

 

 

444 496

– 5,3%

Sécurité routière

85 905

3 979

 

 

 

81 926

– 4,6%

Transports terrestres et maritimes

2 015 542

77 235

 

244 519

 

1 693 788

– 16,0%

Passifs financiers ferroviaires

730 000

 

 

43 800

 

686 200

– 6,0%

Sécurité et affaires maritimes

130 781

1 447

37 800

 

 

167 134

+ 27,8%

Transports aériens

97 224

4 855

 

 

 

92 369

– 5,0%

Météorologie

174 336

 

 

 

 

174 336

 

Aménagement, urbanisme et ingénierie publique

62 369

935

 

 

 

61 434

– 1,5%

Information géographique et cartographique

68 465

6 600

 

 

 

61 865

– 9,6%

Protection de l’environnement et prévention des risques

453 032

23 230

 

 

 

429 802

– 5,1%

Énergie et matières premières

897 386

17 050

 

 

 

880 336

– 1,9%

Conduite et pilotage des politiques de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables

3 868 110

22 173

 

22 460

 

3 823 477

– 1,2%

Engagements financiers de l’État

42 839 450

5 000

4 150 000

 

 

46 984 450

+ 9,7%

Charge de la dette et trésorerie de l’État

41 196 000

 

4 000 000

 

 

45 196 000

+ 9,7%

Appels en garantie de l’État

287 650

 

 

 

 

287 650

 

Épargne

1 128 800

 

150 000

 

 

1 278 800

+ 13,3%

Majoration de rentes

227 000

5 000

 

 

 

222 000

– 2,2%

Enseignement scolaire

59 106 752

65 563

 

24 035

 

59 017 154

– 0,2%

Enseignement scolaire public du premier degré

16 680 179

1 415

 

2 000

 

16 676 764

– 0,0%

Enseignement scolaire public du second degré

28 321 561

 

 

2 000

 

28 319 561

– 0,0%

Vie de l’élève

3 854 587

 

 

12 467

 

3 842 120

– 0,3%

Enseignement privé du premier et du second degrés

6 882 647

 

 

994

 

6 881 653

– 0,0%

Soutien de la politique de l’éducation nationale

2 078 390

55 984

 

2 574

 

2 019 832

– 2,8%

Enseignement technique agricole

1 289 389

8 164

 

4 000

 

1 277 225

– 0,9%

Gestion des finances publiques et des ressources humaines

11 660 912

158 561

2 300

76 356

 

11 428 295

– 2,0%

Gestion fiscale et financière de l’État et du secteur public local

8 490 865

96 746

 

66 104

 

8 328 016

– 1,9%

Stratégie des finances publiques et modernisation de l’État

411 630

20 478

 

1 210

 

389 942

– 5,3%

Conduite et pilotage des politiques économique
et financière

1 005 859

31 163

 

 

 

974 696

– 3,1%

Facilitation et sécurisation des échanges

1 528 786

7 787

2 300

3 185

 

1 520 114

– 0,6%

Fonction publique

223 772

2 388

 

5 857

 

215 527

– 3,7%

Immigration, asile et intégration

610 888

40 315

36 500

484

 

606 589

– 0,7%

Immigration et asile

418 170

 

36 180

 

 

454 350

+ 8,7%

Intégration et accès à la nationalité française

192 718

40 315

320

484

 

152 239

– 21,0%

Justice

7 283 338

55 442

3 000

45 020

 

7 185 876

– 1,3%

Justice judiciaire

2 689 270

13 195

 

40 122

 

2 635 954

– 2,0%

Administration pénitentiaire

3 089 276

 

3 000

46

 

3 092 230

+ 0,1%

Protection judiciaire de la jeunesse

865 957

22 551

 

3 547

 

839 859

– 3,0%

Accès au droit et à la justice

367 389

8 997

 

1 091

 

357 300

– 2,7%

Conduite et pilotage de la politique de la justice et organismes rattachés

271 445

10 699

 

214

 

260 533

– 4,0%

Médias

511 881

1 346

22 481

 

 

533 016

+ 4,1%

Presse

284 561

 

 

 

 

284 561

 

Chaîne française d’information internationale

70 000

 

22 481

 

 

92 481

+ 32,1%

Audiovisuel extérieur

157 320

1 346

 

 

 

155 974

– 0,9%

Outre-mer

1 753 452

8 130

 

8 044

215 000

1 952 277

+ 11,3%

Emploi outre-mer

990 827

 

 

 

215 000

1 205 827

+ 21,7%

Conditions de vie outre-mer

762 625

8 130

 

8 044

 

746 451

– 2,1%

               
               

Pilotage de l’économie française

838 604

2 380

 

2 000

 

834 224

– 0,5%

Statistiques et études économiques

447 839

2 380

 

1 500

 

443 960

– 0,9%

Politique économique et de l’emploi

390 765

 

 

500

 

390 265

– 0,1%

Politique des territoires

352 040

13 309

924

48

 

339 607

– 3,5%

Impulsion et coordination de la politique d’aménagement du territoire

283 481

12 182

924

48

 

272 175

– 4,0%

Interventions territoriales de l’État

68 559

1 127

 

 

 

67 432

– 1,6%

Pouvoirs publics

1 007 653

 

 

 

 

1 007 653

 

Présidence de la République

100 792

 

 

 

 

100 792

 

Assemblée nationale

533 910

 

 

 

 

533 910

 

Sénat

327 694

 

 

 

 

327 694

 

La chaîne parlementaire

28 595

 

 

 

 

28 595

 

Conseil constitutionnel

7 752

 

 

 

 

7 752

 

Haute Cour de justice

 

 

 

 

 

 

 

Cour de justice de la République

874

 

 

 

 

874

 

Indemnités des représentants français au Parlement européen

8 035

 

 

 

 

8 035

 

Provisions

225 030

 

 

110 000

 

115 030

– 48,9%

Provision relative aux rémunérations publiques

150 000

 

 

60 000

 

90 000

– 40,0%

Dépenses accidentelles et imprévisibles

75 030

 

 

50 000

 

25 030

– 66,6%

Recherche et enseignement supérieur

23 336 106

317 631

65 000

173 545

 

22 909 930

– 1,8%

Formations supérieures et recherche universitaire

11 190 531

53 805

65 000

 

 

11 201 726

+ 0,1%

Vie étudiante

1 981 529

4 514

 

30 000

 

1 947 015

– 1,7%

Recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires

4 982 497

97 715

 

92 787

 

4 791 995

– 3,8%

Recherche dans le domaine de la gestion des milieux et des ressources

1 216 844

16 053

 

21 208

 

1 179 583

– 3,1%

Recherche spatiale

1 277 750

39 662

 

 

 

1 238 088

– 3,1%

Recherche dans le domaine des risques et des pollutions

279 739

43 972

 

1 250

 

234 517

– 16,2%

Recherche dans le domaine de l’énergie

668 314

4 665

 

27 300

 

636 350

– 4,8%

Recherche industrielle

687 270

14 469

 

 

 

672 801

– 2,1%

Recherche dans le domaine des transports, de l’équipement et de l’habitat

413 357

22 492

 

 

 

390 865

– 5,4%

Recherche duale (civile et militaire)

200 000

4 951

 

 

 

195 049

– 2,5%

Recherche culturelle et culture scientifique

159 745

10 372

 

 

 

149 373

– 6,5%

Enseignement supérieur et recherche agricoles

278 531

4 962

 

1 000

 

272 568

– 2,1%

Régimes sociaux et de retraite

5 269 280

 

37 200

2 000

106 200

5 410 680

+ 2,7%

Régimes sociaux et de retraite des transports terrestres

3 476 730

 

 

 

106 200

3 582 930

+ 3,1%

Régimes de retraite et de sécurité sociale des marins

719 000

 

37 200

 

 

756 200

+ 5,2%

Régime de retraite des mines, de la SEITA et divers

1 073 550

 <